Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.
**************************
MERCI BEAUCOUP pour toutes vos reviews !!!!!!!!
**************************
Pour les reviewers anonymes :
Nesi : Merci pour ta review, je vais aussi vite que je le peux pour publier ! A bientôt !
Laurie : Il lui faut du temps pour trouver ses marques et commencer à vivre… En tout cas, merci pour ta review ! A + !
Maho : Merci beaucoup ! Je suis heureuse que ma fic te plaise, j'espère que la suite te plaira tout autant !
Flap : Merci ! Voilà la suite, en espérant que tu adores toujours !
********************
BONNE LECTURE !!!
********************
Chapitre 4 : Avancer
Edward s'éveilla doucement. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas aussi bien dormi, d'un sommeil sans cauchemars. Il sentit une main douce caresser ses cheveux. Il ouvrit les yeux pour sourire à sa mère, souhaitant la remercier de son réveil empli de douceur. Il se figea lorsqu'il reconnut Esmé et non Ana. Il se raidit quelque peu, mais au lieu de suspendre son geste, elle lui sourit tendrement et continua à caresser ses cheveux.
« -Tu as bien dormi ? Demanda-t-elle de sa voix douce.
-Oui, répondit-il.
Il se souvint alors s'être endormi auprès de Carlisle et d'Esmé, ses parents… Il tourna légèrement la tête, mais ils étaient seuls dans le lit.
-Ton père, Carlisle, est descendu préparer le petit-déjeuner, confia Esmé en souriant, je ne voulais pas te quitter tant que tu n'étais pas réveillé. D'ailleurs, je ferais mieux de le rejoindre avant qu'il ne saccage ma cuisine. Tu as faim ?
-Non, mentit-il.
Ses joues s'enflammèrent quand son estomac grogna, le trahissant, il baissa la tête, honteux de son mensonge.
-Allons donc voir ce qu'il a préparé et si on peut réparer les dégâts, poursuivit Esmé en ignorant sa réponse.
Celle qui était sa mère sortit du lit, elle enfila un peignoir sur son vêtement de nuit avant de se tourner vers lui.
-Tu viens ?
-Oui.
Lentement, il sortit du lit. L'apaisement qu'il avait ressenti cette nuit avait disparu, le laissant seul avec ses interrogations et ses doutes. Il suivit Esmé jusqu'à la cuisine avant de s'arrêter devant la porte, hésitant à entrer. Un léger rire le sortit de sa torpeur. Esmé observait son époux d'un œil amusé. Apparemment, il avait essayé de faire des pancakes, la cuisine ressemblait à un champ de bataille et il observait d'un œil dépité une pâte qui avait une drôle de couleur. Un léger sourire s'étira sur ses lèvres quand il vit la pâte et la farine qui maculaient le visage et les cheveux du médecin. Son sourire disparut dès que ce dernier posa son regard sur lui.
-Bonjour, Anthony, le salua-t-il, j'espère que tu peux patienter un peu avant de prendre ton petit-déjeuner, le mien n'est pas très réussi.
-Oui, bien sûr, murmura le jeune homme soulagé que son impudence ne soit pas punie.
-Va donc te débarbouiller pendant que je prépare le repas, rigola Esmé en le chassant de son royaume avec une cuiller en bois.
-La cuisine n'est vraiment pas mon domaine, soupira Carlisle en passant à ses côtés.
-Viens donc t'asseoir Anthony, tu veux un jus d'orange ou un verre de lait le temps que je prépare le repas ?
-Non, répondit-il en s'avançant d'un pas hésitant, veux-tu que je t'aide ?
Il avait posé la question du bout des lèvres, ses yeux fixant ses pieds, n'osant croiser son regard.
-Bien sûr, mon chéri, acquiesça Esmé heureuse, si cela ne te dérange pas, bien entendu !
-Non, je peux nettoyer ou préparer les pancakes.
-Cela ne te dérange pas de cuisiner pendant que je fais la vaisselle ?
-Non, répondit-il simplement. »
Il avait souvent aidé sa mère lors des repas de la communauté lorsqu'il était enfant ou quand personne ne le surveillait et qu'il arrivait à la rejoindre en cuisine. La recette lui revint facilement en mémoire et il trouva un certain réconfort dans ses gestes de la vie courante, oubliant pour un instant le trouble qui l'habitait. Il terminait de faire cuire le dernier pancakes et le faisait glisser dans un plat quand le reste de la famille arriva d'un pas traînant. Apparemment, ils n'avaient pas assez dormi. Esmé lui demanda d'aller s'asseoir à table et il prit place au même endroit que la veille. Les enfants Cullen racontaient leur soirée d'une voix ensommeillée, parfois, ils riaient en évoquant un évènement particulièrement drôle. Esmé et Carlisle riaient, mais lui restait silencieux, il ne parvenait pas à partager leur bonheur. Il attrapa son verre de lait et but une gorgée. Il sentit peser sur lui le regard de Carlisle et aussitôt il reposa son verre.
« -Tes pancakes sont encore meilleurs que d'habitude ! Lâcha Emmett en se resservant.
-Merci, mon chéri, mais ce n'est pas moi que tu dois remercier, mais ton frère, Anthony, c'est lui qui les a cuisinés.
Il baissa la tête pour cacher ses joues qui avaient rougi et éviter le regard des autres. Il remarqua tout de même qu'Emmett reposait le pancake qu'il s'apprêtait à prendre avant de se renfermer sur lui-même.
-Tu ne manges pas ? S'inquiéta Esmé.
-Je n'ai pas faim.
-Ed…, commença Carlisle avant de se reprendre, Anthony, ce n'est pas avec une gorgée de lait que tu arriveras à tenir toute la journée.
-Papa, l'appela Jasper, j'ai eu un petit problème avec la voiture hier soir, tu peux venir voir ?
Il observa le blond qui s'était levé et attendait Carlisle.
-Cela peut attendre, tu ne crois pas ?
-S'il-te-plaît, insista Jasper.
Carlisle se leva et suivit son fils au salon. Il en profita pour saisir son verre et boire une nouvelle gorgée de lait. Les deux hommes ne tardèrent pas à revenir. Ils se réinstallèrent à table. Les discussions reprirent et ils continuèrent de manger. Il remarqua le discret échange entre les deux blonds, le regard de Carlisle se posa ensuite sur lui.
-Mange ! Ordonna le médecin d'une voix douce.
Lentement, il se saisit de sa fourchette et commença à manger. Un léger silence s'installa autour de la table, mais il disparut bien vite grâce à Jasper et à Alice. Il termina donc son assiette sous l'œil ravi de Carlisle et d'Esmé, cette dernière le resservit.
-Tu veux du sirop d'érable ou du chocolat sur tes pancakes ?
Il baissa la tête ne sachant quoi faire, la voix du Carlisle le sortit de sa réflexion, lui permettant de retrouver un terrain familier.
-Réponds à ta mère !
-Du chocolat, s'il-te-plaît.
-Carlisle, pourrais-tu arrêter…
-Plus tard, Esmé, la coupa-t-il alors qu'elle l'observait d'un air énervé.
-Merci, murmura-t-il alors qu'elle déposait l'assiette devant lui.
-Super l'ambiance, maugréa Emmett, bon, moi, je vais prendre l'air !
Sur ces mots, il se leva et rangea son assiette avant de quitter la cuisine.
-Ne fais pas attention à lui, dit Rosalie en se tournant vers lui, il est toujours grognon quand il n'a pas assez dormi.
Il hocha doucement la tête et lui sourit timidement. Il termina son verre de lait et attendit patiemment sur sa chaise.
-Va te doucher et prends un peu de temps pour toi, tu peux aller chercher un livre dans ma bibliothèque. »
Il hocha la tête aux paroles de Carlisle. Il débarrassa la vaisselle de son petit-déjeuner avant de rejoindre l'étage.
*******************
Carlisle observa son fils manger, il avait enfin réussi à le faire manger en lui donnant un ordre ! Il frémit. Edward se serait-il laissé mourir de faim s'il n'avait pas agi ainsi ? Sûrement… Son cœur se serra à cette pensée. Son fils avait terminé son repas et semblait attendre sur sa chaise, ne sachant pas quoi faire. Il n'aimait pas faire cela, mais si c'était la seule solution, il le ferait, du moins, pour le moment. Il lui donna à nouveau un ordre et il put voir une nouvelle fois les visages des femmes de la famille s'indigner. Esmé paraissait être à deux doigts de lui arracher les yeux pour oser parler ainsi à leur fils, il devait lui expliquer et vite, sinon, il le paierait très cher… Un silence menaçant régna dans la cuisine, elles attendaient qu'Edward ait refermé la porte de sa chambre pour toutes se jeter sur lui.
« -Tu as reçu un coup sur la tête, papa ? Interrogea Rose.
-Non, je…
-C'était quoi ça ! Le coupa Alice d'un ton indigné. Tu te la joues homme de Cro-Magnon, maintenant ?!
-Tu as intérêt à avoir une bonne excuse pour avoir osé parler ainsi à mon bébé, Carlisle Cullen ! Gronda Esmé.
-Calmez-vous, implora Carlisle alors qu'elles le dévisageaient, furieuses.
-C'était mon idée, coupa Jasper en essayant d'aider son père.
-Ton idée ? ! Répéta Alice en se rapprochant de lui et en le fusillant du regard.
-Edward a mangé ! Lâcha soudain Carlisle. Il a mangé ! Jasper avait raison.
-Que veux-tu dire ? Demanda Esmé en se calmant et en s'asseyant.
-J'avais un peu de mal à dormir cette nuit, j'ai fait quelques recherches sur les sectes sur Internet, avoua Jasper, je voulais comprendre pourquoi il ne semblait pas savoir comment agir. Sur les sites que j'ai visité, ils disaient que les adeptes n'avaient aucune liberté de penser ou d'agir, le gourou décidait tout pour eux. J'ai observé Edward. Hier soir, lors du repas, il ne savait pas comment agir, tout comme maintenant, il avait faim mais n'osait pas bouger.
-Jasper m'a alors suggéré de lui donner un ordre et cela a marché. Je suis le chef de famille, donc à ses yeux, c'est à moi qu'il doit obéir.
-Il faut faire quelque chose Carlisle ! Il faut qu'il agisse par lui-même ! Se révolta Esmé. Il doit se sentir libre de faire ce qu'il veut !
-Nous allons y travailler, mais rappelle-toi qu'il ne faut pas le brusquer.
-Et nous, nous allons tout faire pour qu'il soit à l'aise, promit Alice. »
Carlisle leur sourit. Esmé vint s'asseoir sur ses genoux et déposa un doux baiser sur ses lèvres pendant que leurs enfants finissaient de débarrasser la table tout en se moquant gentiment d'eux.
***********************
Bella venait de bifurquer dans le chemin menant à la villa des Cullen lorsqu'elle croisa Emmett qui marchait sur le bas côté. Elle ralentit. La jeune fille se pencha pour ouvrir la portière passager et fit signe à son ami de monter. Ce dernier enfonça ses mains dans ses poches tout en continuant obstinément de marcher.
« -Fais pas l'idiot, gronda doucement Bella, il pleut, monte !
-Non.
-Emmett !
Tout en soupirant bruyamment, l'aîné des Cullen grimpa dans sa camionnette rouge tout en refermant brutalement la porte.
-Hey ! Fais attention !
-Désolé, j'oubliais que tu conduisais une antiquité, se moqua-t-il.
-La ferme, Cullen ! Grogna-t-elle. Alors, que fais-tu à marcher ainsi sous la pluie ?
-Je prends l'air, maugréa le jeune homme.
-Emmett ?
-Y'a rien, j'avais juste besoin de marcher un peu avant de dire une connerie, confia-t-il.
-Que se passe-t-il ?
-Rien… Si ce n'est…
-Oui ?
-L'autre est en train de tout foutre en l'air ! Ils sont tous en train de baver devant lui… En plus, il est complètement dérangé… Tu sais qu'il a dormi avec mes parents cette nuit et … Aïe ! Cria Emmett.
Bella venait de freiner brusquement, le jeune homme qui n'avait pas pris la peine d'attacher sa ceinture, étant donné qu'ils étaient dans le chemin menant à la villa, se cogna le front contre le tableau de bord.
-Putain, t'es malade ! Pourquoi t'as freiné comme ça ?!
-Je suis désolée, s'excusa-t-elle en l'examinant rapidement pour voir s'il n'avait rien, mais tes propos m'ont choqué ! Mais qu'est-ce qu'Edward a bien pu te faire pour que tu le détestes autant ? C'est ton frère tout de même !
-Il s'appelle Anthony, lui rappela Emmett, et Anthony n'est pas mon frère !
Bella observa pendant quelques minutes son ami qui fixait obstinément le paysage, refusant de croiser son regard. Cela ne ressemblait pas à Emmett d'agir ainsi, c'était quelqu'un de gentil et de prévenant, alors, pourquoi ce comportait-il comme un idiot avec son frère ? Peut-être était-il jaloux de devoir partager ses parents ? Non, cela n'avait pas de sens, les Cullen avaient adopté Rose et Jasper et il ne le leur avait jamais reproché. Elle redémarra sa voiture, tout en se promettant d'éclaircir cette histoire. A peine s'était-elle garée devant la villa qu'Emmett sortit.
-Emmett, attends !
-Quoi ? Bougonna-t-il. Tu vas encore me faire la morale ?
-Non, je veux que tu saches que je suis là si tu veux parler.
-Je le sais, Bella, assura-t-il en esquissant un sourire et en la prenant dans ses bras.
-Essaie d'être gentil avec lui, lui demanda-t-elle.
-Mouais, on verra …
Sur ces mots, il l'entraîna à l'intérieur où elle fut accueillie par le reste de la famille. Ses yeux se baladèrent sur le salon, mais il n'était pas là.
-Il prend sa douche, murmura Alice à son oreille en souriant. »
Les joues de Bella se colorèrent aussitôt sous le regard espiègle de sa meilleure amie. Jasper arriva à cet instant, mettant fin à leur échange. Tous soupirèrent et sortirent leurs affaires scolaires. Ils avaient un devoir de mathématique à rendre à la fin des vacances et aucun des trois ne savait comment s'y prendre. Rosalie et Emmett ne tardèrent pas à s'installer avec eux pour terminer leurs propres devoirs.
*********************
Edward était dans le bureau de Carlisle et examinait les ouvrages qui peuplaient la bibliothèque. Le médecin et son épouse ne tardèrent pas à le rejoindre. Il paniqua un bref instant avant de se souvenir qu'il l'avait autorisé à venir ici.
« -As-tu trouvé ton bonheur ? Lui demanda gentiment Carlisle en se penchant pour examiner la couverture de son livre. L'Odyssée d'Homère, c'est un très bon choix.
-C'était difficile, avoua-t-il, je ne savais pas quoi choisir tant ta collection est impressionnante.
-Elle est aussi à toi, viens te servir quand tu veux, tu peux même rester ici pour lire si tu en as envie, l'invita Carlisle.
-Merci.
-Bien, vous parlerez littérature plus tard, décréta Esmé en prenant son fils et son mari par la main.
Tout comme Carlisle, il la suivit docilement jusqu'à une pièce non loin du bureau. Ils entrèrent dans une sorte de débarras. Esmé tendit un mètre à Carlisle et lui demanda de ne pas bouger le temps qu'elle prenne des mesures. Il s'avança dans la pièce, ne sachant pas trop ce qu'il devait faire ou ce que l'on attendait de lui. Son regard se posa sur la baie vitrée. La forêt s'étendait sous ses yeux, il pouvait apercevoir une petite cascade et une rivière qui passaient au milieu d'un magnifique jardin.
-Ca te plaît ? Le questionna Esmé.
-Oui.
-Parfait, car ce sera ta chambre. Je dois finir de prendre des mesures avec ton père, l'informa-t-elle tout en lui donnant une pile de magazines, commence à jeter un coup d'œil et tu me diras ce qui te plaît.
-Euh… Pourquoi ? Balbutia-t-il perdu.
-Pour ta chambre, répondit Esmé dans un sourire.
-Ta mère souhaiterait avoir ton avis sur la couleur des murs et le mobilier que tu aimerais avoir, expliqua Carlisle.
-Mais… Pourquoi ? Répéta-t-il.
-Edward, ici, ce sera ta chambre, répéta tendrement Carlisle en plongeant son regard dans le sien, tout sera comme toi tu le désires car c'est ton espace et je veux que tu t'y sentes bien. Donc, si tu souhaites que les murs soient peints en vert, rouge, bleu ou même rose, dis-le nous, tout comme si tu préfères avoir de la moquette ou du parquet. Tu comprends ?
Il hocha la tête, personne ne lui avait jamais demandé son avis, encore moins quand il s'agissait de sa chambre. Il allait là où on lui disait d'aller.
-Regarde aussi les modèles de chambre, tu me diras celle qui te plaît le plus et nous la commanderons, nous assortirons ensuite la peinture, précisa Esmé. D'accord ?
-Euh, oui, murmura-t-il, merci.
-Tu n'as pas à nous remercier, c'est la moindre des choses, assura Esmé.
-Installe-toi au salon et fait ton choix pendant que je sers d'ouvrier à ta mère, plaisanta Carlisle.
Il esquissa un sourire et prit soin de les remercier tous deux du regard, car les mots restaient bloqués dans sa gorge, puis il quitta la pièce. Tout en serrant précieusement les magazines contre sa poitrine, il gagna le salon. Il hésita à entrer lorsqu'il vit qu'ils étaient tous installés là. Son regard se posa sur la porte ouverte de la cuisine qui était vide, il allait s'y rendre mais il fut stoppé par Jasper.
-Anthony ! L'appela le blond. Viens t'asseoir près de moi.
Il hocha la tête et prit place à ses côtés sur un canapé.
-Bonjour, tu vas bien ? Le salua Bella.
Son cœur ne put s'empêcher de s'emballer lorsqu'il vit la jeune fille. Il esquissa un doux sourire avant de lui répondre.
-Oui, merci, toi aussi ?
-Ca pourrait aller mieux, bougonna-t-elle en observant d'un œil désespéré son livre de math.
-C'est quoi ? Lui demanda Alice en désignant les magazines qu'il tenait toujours contre sa poitrine.
-Carlisle et Esmé m'ont demandé de choisir ma chambre, expliqua-t-il.
-Tu veux que je t'aide ? Proposa-t-elle en lui faisant une moue attendrissante.
-Laisse-le, Alice ! Gronda Jasper. Et puis, je te signale qu'on a toujours pas fini nos maths !
Tout en boudant, la jeune fille se replongea dans son livre. Il ne put s'empêcher de remarquer qu'ils arboraient tous trois une mine lasse, ils ne cessaient de pousser des soupirs tout en mâchouillant leurs crayons.
-Tiens, tu pourras y noter ce qui te plaît, lui dit Rose en lui tendant un stylo et des feuilles blanches.
-Merci.
Il s'installa dans son coin et commença à feuilleter les différents magazines de décoration, jamais il n'aurait imaginé qu'il existait tant de choix pour meubler une chambre ! Pour la couleur de la peinture, il avait déjà une idée, il espérait que Carlisle et Esmé seraient d'accord.
-J'en ai marre, maugréa Jasper en fermant violemment son cahier.
-Calme-toi, lui demanda Bella, il faut que l'on termine cet exercice.
-Ca fait une heure qu'on est dessus et on n'avance pas, j'y comprends rien !
-Pareil pour moi ! Se plaignit Alice.
-Ouais, mais imaginez l'engueulade que Monsieur Klaus va nous mettre si on n'a pas fait nos devoirs ! Rétorqua Bella en les fusillant du regard.
Il cessa d'observer ses magazines et se pencha vers le livre de mathématique de Jasper qui était assis à ses côtés. Il lut rapidement l'énoncé, la réponse lui apparut tout aussi vite.
-Je…
-Oui ? Interrogea le blond en se tournant vers lui.
-Il faut multiplier ce chiffre avec celui-ci et vous obtiendrez le résultat de l'équation qui est là, si vous la divisez ensuite par ce chiffre vous trouverez la réponse au problème.
Il sentit peser sur lui les regards ahuris des trois jeunes gens, il baissa rapidement la tête et se replongea dans ses magazines. Leurs cris le firent sursauter, la seconde suivante, ils lui lançaient des regards emplis d'admiration qui le firent se sentir encore plus mal à l'aise.
-Mon frère est un vrai génie ! Hurla Alice en sautillant dans le salon.
-Grâce à toi, on va avoir une bonne note, le remercia Bella avec un sourire.
-Tu sais que je t'adore ? Lâcha Jasper en lui souriant.
-C'est rien, murmura-t-il gêné.
-Je te jure que pour nous c'est beaucoup ! Assura Alice en se levant pour déposer un baiser sur sa joue.
Il afficha un sourire embarrassé avant de se replonger dans ses magazines, mais Rosalie attira son attention.
-Tu t'y connais en chimie ?
-On peut se débrouiller, marmonna Emmett en soufflant.
-Je peux y jeter un coup d'œil, proposa-t-il timidement.
Rosalie poussa son frère de sur le canapé et prit place à côté de lui, son livre de chimie sur les genoux. Il lut rapidement la leçon et la lui réexpliqua.
-T'est génial ! S'extasia-t-elle en souriant et en l'embrassant à son tour. J'ai tout compris !
-Je… c'est … rien, bredouilla-t-il.
-Tu as compris Emmett ou tu veux qu'il te réexplique ? Lui demanda Rose d'un ton légèrement moqueur.
-C'est bon, Rose, souffla-t-il grognon.
-Tiens, tiens, voilà qui est étrange, mes enfants qui sourient alors qu'ils font leurs devoirs, remarqua Carlisle d'un ton intrigué en entrant dans le salon. Rassurez-moi, vous n'êtes pas en train de faire vos devoirs de math et de chimie ?
-Si, répondit Jasper en refermant son manuel d'un geste théâtral, et on a fini !
-Mon chéri, qu'est-il arrivé à nos enfants ? Se moqua Esmé en passant un bras autour de la taille de son époux.
-C'est vous qui nous sous-estimez ! Râla Alice.
-On vous connaît, rectifia Esmé, en général, je n'entends que des lamentations quand vous étudiez ces matières, qu'est-ce qui a pu changer pour que cela soit fait rapidement et que vous paraissiez heureux ?
-Je pense que j'ai la réponse, mon amour, répondit Carlisle, tu leur as donné un coup de main Anthony ?
Dès qu'il entendit son prénom, il se figea. Il respira aussi discrètement que possible pour tenter d'apaiser son cœur qui s'était emballé.
-C'est pas notre faute si notre frère est un génie ! Lâcha Alice. Il a résolu le problème en moins de 5 minutes et a trouvé le chiffre exact sans utiliser de calculatrice ! »
Son corps trembla alors qu'Alice était en train d'avouer à Carlisle qu'il avait agi sans qu'il ne le lui ait demandé. Ses mains devenues moites laissèrent échapper les magazines qui se répandirent sur le sol. Rapidement, il se baissa pour les ramasser. Il avait sûrement bougé trop vite car un malaise le saisit, sa vision devint floue alors qu'il essayait de se rattraper à quelque chose. Il chuta. Une violente douleur traversa son bras lorsqu'il percuta l'angle de la table basse. Il entendit des cris et des pas se précipiter vers lui, il sentit plusieurs mains le toucher avant que l'une des voix, calme et autoritaire, ne les fasse taire. Quelqu'un courut dans l'escalier. Une main chaude se posa sur son visage alors que la voix l'appelait. Un bruit de course lui parvint. La seconde suivante quelqu'un souleva l'une de ses paupières, une violente lueur l'aveugla. Il grogna. Il ne comprit pas les mots qui furent prononcés, mais des mains vinrent se saisir de son corps pour le déplacer. Il tenta de s'enfoncer dans l'inconscience, tous ces mouvements le rendaient nauséeux. Il atterrit finalement sur quelque chose de doux. Des mains lui enlevèrent ses chaussures. Il trembla en sentant une main se poser sur son pull qu'on lui ôta, il lutta pour reprendre conscience. Ses paupières frémirent. Il fut ébloui par la lueur du jour, mais tint bon.
« -Doucement, murmura Carlisle, reste tranquille.
Le médecin lui sourit tout en se penchant vers son bras. Il grimaça quand il sentit qu'il enlevait le pansement.
-Ta blessure a saigné lorsque tu t'es cogné contre la table basse, lui expliqua-t-il, quelques points ont sauté, je vais être obligé de les refaire. Comment te sens-tu ?
-…
-Ta tension est basse, tu as besoin de repos et de bien te nourrir, poursuivit le médecin, mais je ne pense pas que ce soit la cause de ton malaise, je pense que celui-ci est dû au stress, n'est-ce pas ?
-Comment va-t-il ? Questionna Esmé en entrant dans la chambre.
-Il est réveillé, lui annonça Carlisle, viens t'asseoir avec nous.
Esmé hocha la tête et vint s'asseoir auprès de lui, elle caressa doucement ses cheveux avant de déposer un baiser sur son front.
-Ca va, mon chéri ? Lui demanda-t-elle.
A son tour, il hocha la tête, sa gorge était trop nouée pour qu'il laisse échapper le moindre son.
-Bien, je comptais avoir cette discussion avec toi plus tard, mais cela ne peut plus attendre, lâcha Carlisle.
Il se raidit. Il allait être puni. Il sentit son cœur s'accélérer dans sa poitrine, ses mains devinrent moites et il dut bander ses muscles pour les empêcher de trembler.
-Calme-toi, lui demanda doucement le médecin qui avait perçu son trouble, écoute-moi bien, Anthony, tu es ici chez toi, c'est ta maison, tu es en famille et tu es libre d'agir comme bon te semble. Si je t'ai donné des ordres aujourd'hui c'est parce que tu semblais en avoir besoin, tu ne paraissais pas savoir comment agir et j'ai voulu mettre un terme à ton mal être. Mais tout à l'heure dans le salon, tu as paniqué car tu as agi de ton propre chef quand tu as aidé tes frères et tes sœurs. Pourtant, je t'assure que tu n'as rien fait de mal ou de répréhensible. Je veux que tu comprennes que tu es libre de tes mouvements, tu peux les aider à faire leurs devoirs, tu peux sortir marcher, tu peux regarder la télé, écouter de la musique, lire, tu peux tout faire sans que quiconque ne te le dise. A mes yeux, une seule personne a le droit de décider de ce que tu veux faire et cette personne c'est toi. Si tu as envie de manger, ouvre les placards, le frigo et mange ce qui te fait plaisir. Si tu veux envoyer balader l'un de tes frères ou sœurs, fait-le, je sais qu'ils ne sont pas toujours subtils et il en va de même pour nous, on risque de te couver un peu trop alors n'hésite pas à nous le dire !
-Ton père a raison, Anthony, tu es libre d'agir à ta guise, fais ce que tu as envie sans te soucier de savoir s'il y aura ou non des répercussions car il n'y en aura pas, nous ne te punirons pas pour avoir pris une décision par toi-même.
-Est-ce que tu comprends ce que nous attendons de toi ? Lui demanda tendrement Carlisle.
-Oui, mais… Mais je n'ai jamais… Enfin, il y avait toujours quelqu'un pour me dire quoi faire…
-C'est terminé, tu es libre, répéta Esmé en caressant ses cheveux.
-Je sais ce que ça veut dire, mais je ne sais pas ce que cela représente, avoua-t-il dans un murmure.
-Anthony, regarde-moi, mon fils.
Il leva la tête et ses yeux fixèrent ceux du blond, ils étaient de la même couleur que les siens, le même vert profond et chatoyant.
-Je te jure sur ce que j'ai de plus cher que jamais je ne lèverai la main sur toi, si tu fais des bêtises, j'élèverai un peu la voix, mais jamais, tu m'entends, jamais je ne te punirai durement. Tu peux demander à tes frères et à tes sœurs, ils n'ont jamais reçu une seule fessée et pourtant tu as du remarquer qu'ils étaient plutôt turbulents ? Tu me crois ? Me fais-tu confiance ?
-Oui, avoua-t-il convaincu par la sincérité qu'il lisait dans les yeux de Carlisle.
-Bien, je vais chercher de quoi nettoyer et suturer ta plaie. Ensuite, tu mangeras un peu et tu te reposeras, d'accord ?
-Merci, Carlisle.
-Je t'en prie, mon fils. »
Le médecin se leva pour aller chercher son matériel. Esmé resta assise à ses côtés et le prit dans ses bras, elle déposa un baiser sur son front tout en lui répétant qu'ils l'aimaient. Il se sentait étrangement bien, il avait le sentiment d'être à sa place. Une douce chaleur réchauffait son corps et la main d'Esmé dans ses cheveux était bien plus apaisante que celle d'Ana. Il avait l'impression que le vide qu'il avait toujours ressenti au fond de lui était enfin comblé. Carlisle revint et installa son matériel. Il ne détourna pas le regard. Il aimait voir les gestes doux et pourtant précis du médecin qui après l'avoir anesthésié localement commença à le recoudre. Quand il eut terminé, il le borda avant de s'asseoir lui aussi sur le lit pour nettoyer son matériel. Il l'observait à la dérobée. Il n'y avait pas que son regard qui était semblable au sien. Lorsqu'il était nerveux, Carlisle passait souvent sa main dans ses cheveux, tout comme lui. Ils avaient aussi la même forme de visage. Pour ce qui était de son nez et de ses lèvres, elles ressemblaient à celles d'Esmé, il n'avait aucun doute là-dessus. Carlisle rangea son matériel dans sa sacoche et se tourna vers eux. Un sourire se dessina sur le visage du médecin, un sourire dédié à Esmé, cependant, il frémit en reconnaissant son sourire, ils avaient le même ! Lentement, l'idée s'imposa à son esprit, ils étaient ses parents, sa famille… Il était leur fils... Le poids qui pesait sur sa poitrine depuis son arrivée chez les Cullen disparut aussitôt.
« -Bien, tu vas te reposer pendant une heure, puis, Esmé t'apportera de quoi grignoter, d'accord ?
-Oui.
-Quelque chose te ferait plaisir, Anthony ? L'interrogea Esmé de sa voix douce.
-Edward, rectifia-t-il dans un chuchotis.
-Qu'as-tu dit ? Demanda Carlisle d'une voix tremblante.
-Edward, enfin… je… C'est mon prénom ?
-Oui, mon chéri, balbutia Esmé dont les larmes inondaient le visage.
Esmé… Non, sa mère s'approcha de lui et le serra dans ses bras tout en déposant des baisers humides sur ses joues. Elle se recula et Carlisle, son père, prit sa place, l'étreignant avec douceur. Il remarqua que ce dernier retenait difficilement ses larmes.
-On va te laisser te reposer, Edward.
-A tout à l'heure, mon chéri. »
Il répondit à leurs sourires avant de s'allonger confortablement dans le lit. Sans qu'il ne se rende compte, il s'endormit et pour une fois il n'eut pas besoin de l'aide des médicaments pour que son sommeil soit agréable et reposant. Il ne pensait qu'à une seule chose, à ses parents, Carlisle et Esmé, et à l'amour qu'ils lui offraient…
*********************
Voilà, j'espère que ce chapitre vous a plu, n'hésitez pas à me le faire savoir !
Passez une bonne semaine et à dimanche prochain !!!
