Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.
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Chapitre 6 : Sombrer
Edward sortit de la voiture de Carlisle, une bourrasque le fit frissonner, il ferma le manteau de Jasper et enfonça ses mains dans les poches de son jeans. Esmé et Carlisle vinrent l'entourer et ensemble ils rejoignirent les deux autres voitures qui venaient de se garer. Alice bondit hors de sa Porsche et se précipita vers lui. Avant qu'il n'ait pu dire quoi que ce soit, elle lui enroula une épaisse écharpe et sortit ses mains de leurs abris pour lui enfiler des gants. Ainsi paré, ils s'avancèrent dans les rues animées malgré le froid. Les filles, avec à leur tête Alice, ne tardèrent pas à s'éclipser, Emmett et Jasper suivirent rapidement leur exemple. Il resta avec Esmé et Carlisle, il les accompagna dans une librairie où ils insistèrent pour lui acheter des livres. Après, ils entrèrent dans une boutique de décoration. Il choisit avec leur aide des bibelots, des tableaux pour sa chambre. Alors qu'ils sortaient du magasin, Carlisle jeta un coup d'œil à sa montre et leur annonça qu'il était temps de rejoindre les autres au restaurant.
Edward s'arrêta un instant devant le luxueux établissement. Il hésita avant d'entrer, la panique l'envahissait, il n'avait jamais mangé dans un tel endroit et son ignorance le terrorisait, il ne voulait pas mettre les Cullen mal à l'aise. Il sursauta en sentant la main de Carlisle se poser sur son épaule, le médecin lui souriait et Esmé passa son bras autour de sa taille pour l'entraîner dans le restaurant. Un homme vêtu d'un costume noir et d'une cravate vint à leur rencontre, Carlisle leur donna son nom et il les accompagna jusqu'à une table un peu en retrait, ils étaient les premiers. Carlisle prit place en bout de table, Esmé s'assit à sa gauche tout en lui faisant signe de venir à côté d'elle. Ils s'étaient à peine installés que l'homme en costume revint vers eux, accompagnant un autre homme qu'il se rappela avoir vu le soir de son arrivée. Le père de Bella les salua et s'installa à la droite de Carlisle.
« -Les enfants en ont profité pour faire une petite balade ? Questionna Charlie.
-Oui, répondit Esmé en souriant, Alice ne peut pas résister à l'appel des magasins, Rosalie et elle ont traîné Bella dans leur sillage.
-Jasper et Emmett les ont suivis ?
-Non, ils sont partis de leur côté. Ils ne devraient pas tarder à arriver.
-Alors, Edward comment vas-tu ?
-Je vais bien, merci, Monsieur.
-Pas besoin d'être aussi formel, appelle-moi Charlie.
-D'accord, Monsieur… Euh, Charlie.
-Ah ! Vous voilà enfin ! S'écria Esmé en voyant ses enfants arriver.
Bella déposa un baiser sur le front de son père et s'installa à ses côtés, il vit ses joues se colorer quand elle s'aperçut qu'ils étaient face à face. Rosalie et Emmett s'assirent à la suite de Bella alors qu'Alice s'asseyait à ses côtés, Jasper prenant place le siège à côté de sa compagne. Deux serveurs les rejoignirent et leur donnèrent des menus. Edward imita les autres et ouvrit le sien. Ses yeux parcoururent les différents plats et l'inquiétude l'étreignit une nouvelle fois, il ignorait ce qu'était la plupart des mets.
-C'est un restaurant de poisson, mon chéri, l'informa Esmé qui avait dû percevoir son trouble, mais si tu préfères, on peut te commander une viande ? Ils font des exceptions.
-Non, c'est juste… C'est juste que je ne connais pas ces plats, avoua-t-il.
-Tu veux que je t'aide à choisir ? Proposa-t-elle.
-Oui, s'il-te-plaît.
-Pourquoi ne prendrait-on pas un plateau de fruits de mer ? Offrit Carlisle. Comme ça tu pourras goûter un peu à tout et si rien ne te convient, on te commandera autre chose, d'accord ?
-Oui.
-Tout le monde est partant pour le plateau ? Demanda le médecin à la tablée. »
Tous acquiescèrent. Carlisle appela alors le serveur pour passer leur commande. Les discussions autour de la table reprirent et Edward, comme à son habitude, écouta plus qu'il ne parla. Deux serveurs ne tardèrent pas à revenir, ils portaient deux grands plateaux qu'ils installèrent en centre de table pour que tout le monde puisse se servir. Une serveuse les rejoignit et déposa des accompagnements. Edward suivit les conseils d'Esmé. Il fit rapidement le tri de ce qu'il aimait et n'aimait pas, plus jamais il ne mangerait une huître et puis Jasper et Emmett n'avaient pas manqué de lui faire remarquer que cela ressemblait à un crachat au moment où il l'avalait, puis, Alice lui avait appris que l'huître était vivante. Esmé s'était inquiétée par sa soudaine pâleur, il avait failli quitter la table pour se rendre aux toilettes, mais Bella avait volé à son secours en lui disant de manger du pain.
Alice avait ensuite déposé une langouste dans son assiette. Il observa un instant le mollusque en se demandant comment le manger ? Il entendit le ricanement d'Emmett qui l'observait d'un œil narquois, attendant sûrement qu'il commette un impair. Esmé discutait avec Carlisle et Charlie, quant à Alice, elle était trop occupée à parler avec Rosalie pour lui venir en aide. Edward sursauta en sentant un pied effleurer le sien, il releva la tête et croisa le regard de Bella. Cette dernière lui fit un clin d'œil avant d'attraper une langoustine, lentement, elle la découpa, il l'imita en la remerciant d'un sourire. Ils ne tardèrent pas à terminer les plateaux. Au cours du repas, Edward en avait appris un peu plus sur les caractères et les passions de ses frères et sœurs et aussi sur Bella. Après que leur table eut été débarrassée, un serveur revint vers eux avec la carte des desserts. Au moment où il les distribuait, un homme d'un certain âge les rejoignit. Il n'était pas très grand et un peu enrobé, ses cheveux gris étaient savamment coiffés, mais ce qui retint le plus l'attention d'Edward fut sa moustache qui était impressionnante. Les deux bouts de cette dernière formaient plusieurs boucles donnant un aspect artistique au tout. L'homme s'arrêta à leur table et salua chaleureusement Carlisle.
« -Bonsoir, tout le monde ! Quel plaisir de voir les familles Cullen et Swan dans mon établissement !
-Bonsoir Monsieur Rovetta, le salua Carlisle. Comment allez-vous ?
-Je me porte comme un charme et cela grâce à vous, Docteur, sans vous je mangerais sûrement des pissenlits par la racine ! S'esclaffa le restaurateur tout en lançant un regard reconnaissant au médecin. Sinon, le repas vous a convenu ?
Tous opinèrent de la tête et le complimentèrent. Edward sentit soudain le regard de l'homme se poser sur lui, un sourire se dessina sur son visage avant qu'il ne pose une main sur l'épaule de Bella.
-Alors, se pourrait-il que la charmante Bella ait enfin trouvé un jeune homme digne d'elle ?
Bella qui était en train de boire une gorgée d'eau faillit s'étouffer, elle recracha l'eau tout en toussant. Edward s'écarta, mais il ne fut pas assez rapide. Bella rougit et sembla sur le point de s'évanouir quand elle remarqua qu'elle lui avait recraché l'eau dessus. Aussitôt, elle se répandit en excuses tout en se penchant avec sa serviette pour lui essuyer le visage. Edward ne parvenait pas à détacher son regard de ses joues rougies et de ses yeux chocolat qui le fixaient avec anxiété.
-C'est rien, la rassura-t-il en lui adressant un petit sourire qui eut pour effet de la faire bafouiller.
-Je… Suis… Je…. Désolée… Edward…
-C'est rien, répéta le jeune homme.
-Oh, pardon, pardon, pardon…
-Je crois qu'il a compris, ricana Jasper.
Bella lança un regard noir au blond avant de se rasseoir sur sa chaise.
-Je suis navré, s'excusa Monsieur Rovetta, il semblerait que j'ai commis une erreur.
-Monsieur Rovetta, voici Edward, mon cadet, le présenta Carlisle.
-Je suis ravi de vous rencontrer, jeune homme, dit Rovetta en lui serrant la main, j'ignorais que vous aviez un 5ème enfant ?
Un silence gêné s'abattit sur la table, Edward se tortilla sur sa chaise peu envieux que tous soient au courant de son passé.
-Edward étudiait dans un établissement privé, expliqua Carlisle d'un ton nonchalant, malheureusement, cela l'a obligé à être pensionnaire, mais maintenant il est de retour parmi nous.
-D'ailleurs, nous sommes ici pour fêter son retour et son anniversaire, poursuivit Alice en passant un bras autour de ses épaules, puis, elle déposa un baiser sur sa joue.
-Votre anniversaire ?! Mais c'est merveilleux ! Venez, suivez-moi !
Carlisle se leva et prit la main d'Esmé. Les autres leur emboîtèrent le pas, Alice passa son bras autour de sa taille et ils marchèrent ainsi enlacés jusqu'à une petite salle très accueillante. Il y avait une grande cheminée où flambait un feu, des canapés étaient disposés autour d'une grande table basse tout en faisant face à la cheminée. Les murs étaient en pierre apparente, le sol était recouvert pas un parquet en bois ancien, la pièce était décorée dans des déclinaisons de rouge et or la rendant chaleureuse. Son regard fut attiré par un objet imposant qui était mis en valeur sur une petite estrade. Si Alice ne l'avait pas tenu, il se serait sûrement précipité vers lui.
-Il est magnifique, murmura Esmé en s'approchant de l'impressionnant piano noir.
-Oui, il m'a coûté une petite fortune, c'est un Schimmel. Vous jouez Madame Cullen ?
-Non, je n'ai malheureusement pas ce talent, reconnut Esmé, mais j'aurais aimé…
-Il n'est jamais trop tard pour apprendre, lança Charlie.
-Elle n'a pas l'oreille musicale, lui rappela Carlisle tout en prenant une mine penaude en voyant le regard noir que lui lançait son épouse.
-Vous pourriez nous jouer quelque chose ? Demanda Rosalie à Monsieur Rovetta.
-Je ne joue pas, avoua ce dernier, en réalité, je l'ai acheté pour ma fille.
Edward n'écouta pas les explications de Monsieur Rovetta, Alice était allée rejoindre les bras de Jasper. Il se rapprocha de l'instrument qui semblait l'appeler. Ses doigts tremblant se posèrent sur le bois noir laqué, le caressant doucement.
-Tu joues mon garçon ?
Edward sursauta en voyant que Monsieur Rovetta avait surpris son geste, ses joues rougirent et il se recula tel un enfant prit en faute.
-Tu sais jouer ? Lui demanda tendrement Esmé qui était à ses côtés.
-Oui, enfin, un peu.
-Joue-nous quelque chose ! S'écria Alice en frappant dans ses mains.
-Non, ce n'est pas mon piano, je ne peux pas…
-Vas-y, mon garçon, lui permit Monsieur Rovetta en le poussant vers le banc. »
Edward s'assit. Ses doigts hésitant se posèrent sur les touches ivoires, tirant des sons indistincts de l'instrument. Il inspira discrètement avant de fermer les yeux. Soudain, il oublia tout. Ses doigts volèrent sur les touches, une douce mélodie envahit la pièce. Il ne pensait plus à rien, il ne voyait plus rien, il ne ressentait qu'une seule chose la musique. A cet instant, il ne vivait que pour elle, que par elle. Lorsque le morceau se termina, il en débuta un autre, son préféré, Clair de Lune de Debussy. Il allait enchaîner sur un nouvel arrangement lorsqu'un mouvement sur sa gauche lui rappela qu'il n'était pas seul. Ses doigts se crispèrent et il arrêta immédiatement de jouer. Il releva la tête en constatant l'étrange silence qui régnait dans la pièce. Tous le regardaient, une lueur de joie et d'admiration luisaient dans leurs yeux embués pour certains, alors que d'autres, comme Esmé, Rosalie, Alice et Bella, n'avaient pas su retenir leurs larmes. Esmé fut la première à bouger, remarquant sûrement son embarras. Elle l'enlaça tendrement tout en caressant ses cheveux.
« -C'était magnifique, mon chéri.
-C'était… C'était… On aurait dit que tu vivais la musique, tu étais comme possédé par elle, balbutia Carlisle ébahi.
-Je n'avais jamais vu quelqu'un faire ainsi vivre la musique, confessa une jeune femme.
-Caro ! S'écria Monsieur Rovetta. Je vous présente ma fille, Caroline, voici la famille Cullen et la famille Swan.
-Bonsoir, les salua-t-elle.
-Je suis désolé d'avoir joué de votre piano sans votre permission, s'excusa Edward en se levant.
-Tu n'as pas à t'excuser. Tu joues vraiment très bien. J'ai reconnu le Clair de Lune de Debussy, mais j'ignore quel est le premier morceau que tu as joué ? Il était à la fois triste et plein d'espoir.
-Je l'ai composé, avoua-t-il en baissant la tête.
-Tu es vraiment doué, admit Caroline d'un ton pensif, depuis combien temps étudies-tu le piano ? Qui a été ton professeur ?
-Je… J'ai appris tout seul.
-Seul ? ! S'exclama-t-elle le faisant sursauter. Pardonne-moi, mais tu me bluffes là. Quel âge as-tu ?
Edward se tourna vers Carlisle, cherchant son aide. Il ignorait si les autres lui avaient dit la vérité sur son âge ou non.
-Il a 17 ans, répondit le médecin à sa place.
-Tu es jeune, mais tu me sembles avoir la tête sur les épaules et être assez mûr pour ton âge, songea-t-elle à voix haute.
Il se sentait mal à l'aise face à son regard qui ne cessait de le détailler, il baissa la tête et se rapprocha d'Esmé.
-Tu es au lycée ? Questionna Caroline.
-Non, il étudie à la maison pour le moment, lâcha Carlisle.
-Caro, peux-tu arrêter ton interrogatoire ? Demanda son père visiblement mécontent de son comportement.
-Ecoute, tu as énormément de talent et ce serait un gâchis que tu ne t'exerces pas, je suis Professeur au Conservatoire de Port Angeles et j'aimerais que mes élèves aient au moins 1/5ème de la passion qui t'anime ! Que dirais-tu de venir participer à quelques cours et puis tu pourras passer l'examen d'admission quand tu auras terminé le lycée ?
-Je ne sais pas, murmura Edward bien qu'il trouva cette proposition alléchante.
-Nous en discuterons à la maison, promit Carlisle en lui souriant, y'a-t-il un âge minimum pour entrer au Conservatoire ?
-Non, répondit Caroline déstabilisée par sa question. Pourquoi ?
-Je me disais que mon fils pourrait tenter l'examen d'entrée cette année.
-Mais… Enfin, j'en serais plus qu'heureuse, il sera sûrement le plus jeune et en général les parents souhaitent que leurs enfants terminent leur cursus scolaire avant de les laisser s'engager dans une voie qui leur semble peu sûre pour leur avenir.
-Edward est différent, affirma Carlisle, je pense qu'il risquerait de s'ennuyer au lycée de Forks, mais vous avez raison, il faut que nous en discutions entre nous.
-C'est sûr qu'avec son QI, il pourrait donner des cours au prof, ricana Jasper.
-Alors, j'avais raison de penser que tu étais un petit géni, sourit Caroline. Je vous ferais passer le formulaire Docteur Cullen. Edward je serais ravie de te compter parmi mes élèves.
La jeune femme lui sourit avant de quitter la pièce. Monsieur Rovetta ne tarda pas à l'imiter prétextant un travail urgent en cuisine.
-Tu es vraiment très doué, le complimenta une nouvelle fois Esmé.
-Tu veux pas nous jouer autre chose ? Lui demanda Rosalie.
-Vous croyez que je peux ? Hésita-t-il.
-Je suis sûr que Monsieur Rovetta sera ravi que tu utilises à nouveau son piano, assura Charlie.
Sans attendre plus longtemps, il reprit place devant l'instrument. Il se borna à jouer les classiques qu'il connaissait, ne souhaitant pas prendre le risque de se dévoiler dans l'une de ses œuvres. Les autres prirent place dans les canapés et se laissèrent bercer par la mélodie. Il joua plusieurs morceaux avant que Monsieur Rovetta ne revienne accompagné de deux serveurs, l'un d'eux tenait un immense gâteau au chocolat sur lequel brûlaient des bougies. Tous se mirent à chanter Joyeux Anniversaire et il sentit ses joues se colorer. Esmé lui tendit la main pour le guider jusqu'au gâteau.
-Avant de souffler les bougies, tu dois faire un vœu ! L'informa Alice.
Il ferma les yeux quelques secondes. Que pouvait-il souhaiter ? Il l'ignorait. Sa vie avait tant changé en si peu de temps, il était heureux et tellement reconnaissant d'avoir rencontré les Cullen qu'il ne se sentait pas le droit de formuler un souhait. Une seule chose lui vint à l'esprit. Au moment où il souffla les bougies, il pria pour que rien ne vienne troubler leur bonheur. Quelques minutes plus tard, il se retrouva assis sur le canapé entre Esmé et Carlisle. Monsieur Rovetta leur avait offert du champagne avant de s'éclipser, malgré l'invitation d'Esmé. Alors qu'il allait goûter sa part de gâteau, Alice lui prit son assiette.
-Tu pourrais le laisser respirer et déguster tranquillement son gâteau ! La réprimanda Rosalie.
-J'attends ce moment depuis le début du repas ! Lui rappela le petit lutin. Tiens !
Edward saisit la boîte empaquetée que sa sœur lui tendait. Il observa le papier coloré ainsi que l'immense nœud avant de lui lancer un regard empli de questions.
-Bon anniversaire ! S'écria Alice. Ouvre ton cadeau !
-C'est pour moi ? S'étonna-t-il.
-Pour qui veux-tu que ce soit, idiot ! Répliqua-t-elle en haussant les épaules.
Edward inspira tranquillement pour cacher son trouble, personne ne lui avait jamais fait de cadeaux. Ses doigts décollèrent doucement le scotch, il souhaitait prendre son temps, savourer cet instant, mais c'était sans compter sur l'impatience du petit lutin.
-Plus vite ! Lui ordonna-t-elle.
Elle se serait sans doute lever pour déchirer le paquet cadeau si Jasper ne l'avait pas arrêté en passant un bras autour de sa taille pour la faire asseoir sur ses genoux. Il enleva l'emballage pour découvrir un grand carton. Il haussa un sourcil alors qu'Alice le suppliait presque de l'ouvrir. Il le fit. Edward resta un moment interdit devant ce que contenait le paquet, il se demanda un instant comment autant de choses pouvaient y rentrer ?
-Tu n'as pas pu résister, soupira Carlisle.
-Il faudra que tu les essaies, mais je suis sûre que c'est ta taille. Quant aux couleurs, fais-moi confiance, elles vont te mettre en valeur.
-Merci, Alice, dit-il en observant les deux jeans, les chemises et les pulls.
-C'est pas tout ! Poursuivit-elle. Jasper !
-Je suis désolé, je voulais t'offrir autre chose, mais elle ne m'a pas laissé le choix… Aïe ! S'exclama-t-il alors qu'elle venait de lui donner un coup sur la tête.
Edward ouvrit le paquet et se dépêcha de le refermer, ses joues durent s'enflammer alors qu'il imaginait la jeune fille choisir ça pour lui…
-C'est quoi ? Questionna Charlie en se penchant pour observer la boîte.
-Des sous-vêtements et des pyjamas, répondit Alice comme s'il était tout à fait normal qu'elle les ait choisi pour lui.
-C'est très personnel comme cadeau, ton frère aurait peut-être préféré les choisir lui-même, lui fit remarquer Esmé, et puis, la taille ne sera peut-être pas…
-Ils sont à sa taille, affirma Alice, n'oublie pas que j'ai l'œil ! Et Bella aussi puisqu'elle m'a aidé !
Edward sut à cet instant qu'il n'était pas le seul à avoir les joues en feux, Bella fusillait son amie du regard tout en protestant.
-Tiens, c'est de notre part à Emmett et à moi, dit Rosalie en détournant ainsi la conversation.
-Merci, souffla-t-il en prenant le petit paquet qui contenait un téléphone portable dernier cri, merci beaucoup.
-Je t'en prie, sourit Rosalie.
-A qui le tour ?! S'exclama Alice.
-Je n'ai malheureusement rien prévu, s'excusa Charlie, mais que dirais-tu de m'accompagner à la pêche ?
-Je ne sais pas pêcher, mais je serais ravi que vous m'appreniez.
-Ce sera avec plaisir, mon gars, approuva le Chef Swan.
-Bella ! Gronda Alice.
-C'est bon, tiens, Edward, bon anniversaire.
-Merci, Bella, murmura-t-il en prenant le petit paquet, il l'ouvrit et ses yeux brillèrent quand il vit le double CD de musique classique qui contenait ses titres favoris.
-Comment t'as fait pour deviner qu'il aimait ce genre de musique ? L'interrogea Jasper.
-Je ne savais pas, je l'espérais… Ce sont mes titres préférés, confia la jeune fille.
Edward lui rendit son sourire. Alice allait ouvrir la bouche, mais Bella la fit taire d'un regard.
-Merci à tous pour cette soirée, murmura-t-il d'une voix émue, merci beaucoup.
-Je t'en prie, mon grand, dit Esmé en l'enlaçant, et dis-toi que c'est la première d'une longue série !
-Et puis, la soirée n'est pas terminé, annonça Jasper, que diriez-vous d'aller faire un tour à la fête foraine entre jeunes ?
-Entre jeunes ? Reprit Charlie en haussant un sourcil amusé.
-Ce que Jasper veut dire, c'est que vous pourriez siroter bien tranquillement un café ici au chaud pendant qu'on va faire un tour ? Proposa Rosalie.
-Un petit tour, accorda Esmé, il commence à être tard et il fait froid.
Tous se levèrent en un seul bond et se dirigèrent vers la sortie en papotant avec vigueur. Emmett et Jasper étaient excités comme des enfants à l'idée de monter sur certains manèges. Il allait les suivre quand Carlisle l'arrêta.
-Attends, lui demanda le médecin en posant sa main sur la sienne, tiens.
Edward observa les billets que Carlisle venait de lui donner. Aussitôt, il voulut les lui rendre, mais il refusa.
-Garde cet argent et achète-toi ce qui te fait plaisir.
-Mais…
-Il n'y a pas de mais Edward, coupa Esmé, tes frères et sœurs ont de l'argent de poche, il n'y a pas de raison pour que tu n'en ais pas toi aussi !
-Merci.
-Promets-moi juste une chose, lui demanda-t-elle en plongeant son regard dans le sien. Ne quitte pas tes frères et sœurs, reste bien avec eux, d'accord ?
-C'est promis. »
Il sentit les regards d'Esmé et de Carlisle le suivre jusqu'à ce qu'il sorte de la salle. Ils ne devaient pas s'en douter, mais il avait entendu Charlie leur dire qu'ils devaient le laisser prendre son envol, qu'il était en sécurité ici. Il n'eut pas le loisir de songer d'avantage à ces propos, Alice venait de le rejoindre, elle le prit par la main, trouvant qu'il ne marchait pas assez vite.
Ils ne tardèrent pas à rejoindre la fête foraine. Edward n'en avait vu que parfois à la télévision quand on l'autorisait à la regarder. Ses yeux s'agrandirent quand il vit les lumières, il ne cessait d'observer tout ce qui l'entourait, ne souhaitant rien manquer du spectacle. Alice l'entraîna vers un manège qui tournait sur lui-même à une vitesse hallucinante, les gens qui étaient à l'intérieur ne cessaient d'hurler. Il fut soulagé lorsqu'elle suivit les autres qui se tenaient devant un parterre de petites voitures qui se rentraient les unes dans les autres. Jasper se précipita vers la caisse et revint vers eux les mains pleines de jetons. Alice se dépêcha de former des équipes. Il était perdu, il savait juste qu'il se retrouvait avec Bella. Alors que les voitures cessaient de bouger, la jeune fille saisit sa main et l'entraîna vers une voiture. Ils s'y installèrent. Elle lui demanda s'il voulait conduire, il refusa. Une sonnerie retentit et leur véhicule se mit en marche.
Il savoura l'instant présent. Le vent fouettait agréablement ses cheveux lui donnant une impression de liberté qu'il avait rarement éprouvé. Les lumières, la musique renforçaient se moment de plénitude, tout comme la présence de la jeune fille à ses côtés. Le rire de Bella résonnait agréablement à ses oreilles, ses longs cheveux bruns caressaient son visage lui permettant de se repaître de son odeur enivrante. Soudain, un rire tonitruant suivit d'un choc brutal le sortit de sa rêverie. Bella agita son petit poing à l'encontre d'Emmett et Rosalie dont la voiture partait déjà à l'autre bout de la piste. Elle se lança à leur poursuite. Il aperçut Alice et Jasper qui venaient dans l'autre sens. Le choc fut rude quand ils entrèrent tous trois en collisions. De grands éclats de rire retentirent.
Au bout d'un moment, les voitures s'arrêtèrent, le tour était terminé. Bella réinséra un jeton et lui dit de prendre le volant. Il hésita et finit par accepter face à son insistance. Ils passèrent les premières secondes à tourner en rond. Bella riait. Il trouvait ce son magnifique. Une décharge électrique parcourut son corps quand la jeune fille posa ses mains sur les siennes pour le guider créant une bulle autour d'eux. Les autres percutèrent leur véhicule, mais c'est à peine s'ils le remarquèrent. Le tour se termina bien trop vite et ce fut Alice qui les sortit de leur petit monde en se positionnant devant leur voiture, les poings sur les hanches, un étrange sourire illuminant son visage. A peine avaient-ils quitté le manège qu'elle se précipita sur Bella et l'entraîna quelque peu à l'écart.
Il rejoignit le reste du groupe. Rosalie était en train d'embêter son frère pour qu'il lui offre une pomme d'amour. Il comprit que c'était une sorte de rituel entre eux depuis qu'ils étaient enfants. Les deux blonds ne tardèrent pas à s'éclipser vers le stand tout en leur demandant de rester là au cas où Bella et Alice reviendraient. Il se retrouva donc seul avec Emmett. De toute la famille Cullen, c'est avec lui qu'il avait eu le moins de contact et il était certain de ne pas se tromper en disant qu'il ne l'aimait pas trop. Emmett se laissa tomber sur un banc en laissant échapper un bruyant soupir. Edward se rapprocha timidement de lui. Les autres membres de la famille étaient venus à lui, peut-être était-ce à son tour de faire le premier pas ?
« -Merci encore pour le téléphone portable, le remercia-t-il une nouvelle fois.
-C'était l'idée de Rosalie, pas la mienne.
-C'est quand même très gentil, assura-t-il sans se laisser démonter par la mauvaise humeur apparente du grand brun. Tu m'apprendras à m'en servir ?
-T'as pas un QI de 180 ? Lâcha Emmett d'un ton narquois.
-Je ne sais pas.
-Tu es plus intelligent que la moyenne, non ? Insista-t-il.
-Il paraît, concéda Edward qui était maintenant mal à l'aise.
-Alors tu peux te débrouiller seul avec la notice, je suis certain que tu t'en sortiras très bien ! Conclut Emmett d'un ton sec.
-Oui, tu as raison, bredouilla-t-il en observant ses pieds, je ne voulais pas t'embêter.
Un silence pesant s'abattit sur eux, Emmett fixait obstinément un manège alors que lui, il se perdait dans la contemplation de ses chaussures. Il ignorait pourquoi, mais il comprit qu'Emmett ne l'appréciait pas, pas plus qu'il n'appréciait sa venue dans leur famille.
-On peut savoir ce qu'il se passe ici ? Gronda la voix d'Alice.
Il releva la tête et croisa le regard furieux du petit lutin, aussitôt, il se remit à fixer ses chaussures, ses mains se crispèrent nerveusement sur son jean.
-Je vais voir si Rose et Jazz ont trouvé leurs pommes d'amour, annonça Emmett en se levant.
Dès qu'il fut parti, Alice et Bella prirent place à ses côtés. La main d'Alice vint se poser sur la sienne le forçant à décrisper ses doigts qui serraient convulsivement l'étoffe de son pantalon.
-Quoi que ce crétin t'ait dit, tu ne dois pas l'écouter, nous sommes très heureux que tu sois parmi nous, affirma Alice.
La main du petit lutin se crispa sur la sienne quand elle aperçut les larmes qu'il tentait de dissimuler.
-Emmett a juste besoin de mettre son sale caractère de côté, poursuivit Bella, tu verras dans peu de temps tu râleras après lui car il sera un grand frère envahissant et trop protecteur.
-Ca va aller, répéta Alice en lui caressant le dos avant de le prendre dans ses bras.
-On peut se joindre à votre séance câlin ? Questionna Jasper, les bras chargés de nourriture.
-C'est quoi tout ça ? Demanda Bella.
-Avec Jasper, on s'est dit qu'il était temps qu'Edward choisisse ce qu'il préfère comme friandise dans la fête foraine. Donc on a des barbes à papa, des churros, des pommes d'amour, des gaufres, des crêpes, des bonbons, du pop-corn, etc.…, récita Rosalie alors qu'ils l'entraînaient vers une table de pique-nique. Allez, on commence par la barbe à papa !
Edward observa un peu dubitatif l'immense morceau de coton qu'elle lui tendait, car oui, cela ressemblait à du coton et il n'avait vraiment pas envie d'y goûter, même pour lui faire plaisir !
-Je peux ? Lui demanda Jasper qui avait vu son hésitation. J'adore ça !
Le jeune homme arracha un morceau de coton et le fourra dans sa bouche. Il sourit avant de se lécher les doigts. Edward tendit une main hésitante. C'était collant et étrange, il le porta à sa bouche sous l'œil attentif de tous. Il fut étonné de sentir la barbe à papa fondre dans sa bouche, c'était sucré et pas désagréable.
-Alors ? L'interrogea Bella.
-C'est bon.
Ils lui firent goûter toutes sortes de nourriture jusqu'à ce qu'il proteste, son estomac ne pourrait plus rien avaler sous peine d'être malade. Jasper se proposa donc pour terminer son sac de Churros pendant qu'Emmett mangeait un énième hot dog, il se demanda comment ils allaient faire pour ne pas être malades ?
-Non, mais dites-moi que je rêve ?!
Tous se tournèrent pour croiser le regard furieux d'Esmé, Carlisle et Charlie étaient à ses côtés et se retenaient manifestement pour ne pas rire.
-Quand vous avez dit aller à la fête foraine, j'ai pensé que vous vouliez vous amuser et non pas vous empiffrer ! Vous allez être malades !
-Mais maman, protesta Alice, il fallait bien qu'on découvre ce qu'Edward préférait.
Esmé soupira, mais il avait vu son regard se faire plus tendre lorsque le petit lutin avait prononcé son nom.
-Alors, lui demanda-t-elle, que préfères-tu ?
-Il adore la barbe à papa, répondit Alice à sa place, et les tours d'auto-tampons avec Bella !
-Alice ! Grogna Bella en lui donnant un coup de pied sous la table.
-Il me semble que c'est à ton frère que je m'adressais, la gronda Esmé. »
Des éclats de rires résonnèrent face à la mine boudeuse que prit Alice. Ils firent un dernier tour dans la fête foraine. Il ne put s'empêcher d'être ému en voyant Carlisle jouer au tir à la carabine pour pouvoir offrir un ours en peluche à Esmé. Il n'avait jamais vu de couple aussi soudé et amoureux. Puis, lentement, ils revinrent vers les voitures pour rentrer à la villa. Edward remonta avec ses parents après avoir saluer Charlie et Bella. Il monta à l'arrière de la voiture de Carlisle. Il se laissa bercer par la musique qui résonnait dans l'habitacle, Carlisle avait mis le CD que Bella lui avait offert. Il se sentait bien, il était heureux. Sans qu'il ne s'en rende compte, ses paupières s'abaissèrent. Il s'endormit.
Hôpital de Seattle :
Il était tard. Aaron savait que Lynda ne manquerait pas de lui passer un savon en voyant l'heure à laquelle il rentrerait, surtout qu'il lui avait dit qu'il rentrerait tôt, mais peut-être se calmerait-elle s'il réussissait à trouver quelque chose ? Il avait lu et relu le dossier du patient 405-C et n'avait rien trouvé, rien… Et cela le contrariait. Le Docteur March étant en vacances, il espérait pouvoir interroger un aide soignant ou une infirmière qui se serait occupé de ce patient à son arrivée. Il venait d'entrer dans le service quand il fut accosté par un médecin.
« -Aaron ! Que me vaut l'honneur de ta visite ?
-Salut, Chris, dit-il en serrant la main de son ami, je suis là pour le boulot. J'aurais besoin de rencontrer l'équipe qui travaille avec le Docteur March.
-La plupart ne sont pas là, avoua son ami, mais puis-je savoir ce que tu veux à ce bon Docteur ?
-On dirait que tu ne le portes pas dans ton cœur, sourit l'agent.
-Tu es un excellent profiler, railla le médecin, March est plus attiré par les feux de la rampe que par son travail. Quand vous êtes arrivés l'autre jour avec vos gros sabots, il m'a tout simplement viré du service pour prendre la suite des opérations en main et pouvoir collaborer avec le FBI. Personnellement, cela ne me dérangerait pas si cela ne se faisait pas au détriment de ses patients.
-Que veux-tu dire ?
-Rien, pardonne-moi, je suis fatigué et ce jour là, il m'a vraiment énervé ! J'étais avec un patient quand il est venu me virer manu militari de la salle d'examen pour s'occuper de lui. J'ai failli lui dire ce que je pensais, mais le gamin semblait tellement terrorisé que j'ai préféré lui éviter ce spectacle.
-Un gamin ? Répéta Aaron avec intérêt.
-Ouais, il devait avoir 16 ou 17 ans, guère plus. On l'avait emmené pour une blessure par balle au bras.
-On peut aller dans ton bureau ?
-Oui, bien sûr, répondit son ami intrigué.
A peine la porte s'était-elle refermée qu'Aaron sortit le dossier du patient 405-C de sa sacoche et le remit à son ami en lui demandant de le lire.
-Ouais et alors ? Interrogea ce dernier en levant les yeux du dossier. A part la prose insipide de March que devrais-je remarquer ?
-C'est le dossier du gamin que tu as vu, avoua Aaron.
-Quoi ?! Attends….Non ! S'énerva Chris en feuilletant fébrilement le dossier. Putain, mais quel connard !
-Chris ? Tu peux m'expliquer ce que tu as ?
-J'aurais dû le virer de cette salle et rester avec le gamin ! Ragea-t-il.
-Chris ?! S'impatienta Aaron.
-Putain, mais quel con ! Ecoute, il était dans un état second et je voyais bien que je le terrorisais, tout ce qui l'entourait l'effrayait et c'était normal vu l'endroit où il avait grandi, mais… Pendant que je suturais sa plaie, je l'ai fait parler. Je pense qu'il était tellement choqué par ce qu'il venait de voir qu'il n'était plus sur ses gardes. J'ai fait l'interrogatoire habituel pour ce genre de situation, même si la sienne sortait de la norme étant donné qu'il a été enlevé bébé… Putain, je te jure que je vais coller mon poing dans la gueule de March à son retour ! Tout était prêt, j'avais tout préparé, il suffisait de faire l'examen, mais non… Monsieur a fait un pansement sur son bras et l'a laissé sortir, sans songer qu'il pouvait avoir d'autres blessures ! Mais quel connard ! Il croyait que j'avais sorti le kit pour faire jolie ou quoi ?!
-Chris ! Calme-toi ! S'énerva à son tour Aaron. De quoi tu parles ?! »
Cinq minutes plus tard, l'agent Gibson sortait en courant de l'hôpital. A peine était-il monté dans sa voiture qu'il appela son épouse pour qu'elle l'attende devant chez eux avec leurs bagages. Etant des agents du FBI, leurs valises étaient toujours prêtes. Bien qu'alarmée par le ton de sa voix, Lynda lui obéit sans poser de questions. Alors qu'il roulait en direction de leur maison, il réserva deux places sur le prochain vol pour Port Angeles. Quand il eut raccroché, il hésita, devait-il appeler les Cullen ? Les prévenir ? Sa main se tendit vers son portable avant qu'il ne se ravise. Non, il valait mieux qu'il leur parle de vive voix et puis tout se passait bien pour le moment. Lynda avait eu Edward, ils étaient sortis pour son anniversaire et il avait l'air heureux… Cependant, un mot ou un geste anodin pourrait briser ce fragile bonheur et détruire Edward… Il accéléra, pressé d'arriver à Forks.
Aaron stoppa sa voiture devant leur demeure. Il fronça les sourcils en voyant son épouse porter une cigarette à ses lèvres. Lynda ne fumait jamais, sauf quand elle était très énervée. Il coupa le moteur de sa voiture et descendit du véhicule quand il vit que sa compagne n'avait pas préparé leurs bagages.
« -Pourquoi n'es-tu pas prête ? Demanda-t-il.
-Je ne suis pas d'accord avec toi, Aaron, tu agis sous le coup de la colère.
-On doit y aller ! On doit les prévenir !
-Calme-toi et réfléchis ! Que vas-tu faire ? Aller sonner à leur porte à deux heures du matin et tirer Edward de son lit ? ! Tu vas faire quoi ?! Le forcer à te parler alors que deux minutes auparavant il dormait paisiblement ?
-Mais je dois…
-Tu ne dois rien ! Aaron, tu te laisses aveugler par tes sentiments, ton jugement est faussé.
-Je veux juste… je veux juste…
-Je sais que tu veux le protéger, mais rappelle-toi qu'il est enfin heureux.
-Ce n'est qu'un masque, il risque de s'écrouler à tout moment !
-Je sais et c'est pour ça que nous irons à Forks pour lui parler et essayer de l'aider. J'ai pris des places pour le vol de demain, nous devrions arriver à Forks à 15h00.
-Nous pourrions y arriver plus tôt, protesta Aaron.
-Nous profiterons de ce temps pour parler à Chris. Edward est très intelligent et si Chris a réussit à le faire parler c'est uniquement parce qu'il était en état de choc et que ses défenses étaient brisées. »
Aaron fit quelques pas pour tenter de se calmer, son épouse avait raison, ce n'était pas le bon moment pour se rendre à Forks. Il devait retrouver sa sérénité avant de lui parler. Il se rangea aux arguments de son épouse. Lynda écrasa sa cigarette et passa un bras autour de sa taille. Blottis l'un contre l'autre, ils regagnèrent leur demeure.
******************
Edward s'éveilla lentement. Il s'étira tout en dégageant le livre qui reposait sur son torse. Ils étaient rentrés à deux heures du matin et Alice les avaient réveillés aux aurores car il avait neigé. Après avoir pris un bon petit-déjeuner et s'être emmitouflés dans leurs manteaux, ils étaient sortis jouer dans la neige. Il avait participé à sa première bataille de boules de neige et avait fait son premier bonhomme de neige. Ils s'étaient vraiment amusés, Carlisle et Esmé c'étaient même joints à eux ! C'est trempés qu'ils avaient regagné la villa pour prendre une douche chaude et passer des vêtements secs. Ils s'étaient ensuite regroupés autour de la cheminée, certains discutaient, d'autres lisaient, lui, il se contentait d'apprécier le moment présent. Esmé les avait appelés pour le déjeuner. Quand le repas fut terminé, il se réfugia dans sa chambre pour être un peu au calme et lire. Cependant, la fatigue l'avait rattrapé et il s'était endormi.
Tout en prenant son livre, il gagna le rez-de-chaussée. La villa était étrangement calme. Alors qu'il entrait dans le salon, il trouva Esmé.
« -Tu t'es bien reposé, mon chéri ?
-Oui, merci, répondit-il en s'asseyant à ses côtés. C'est bien calme.
-Alice, Jasper et Rosalie sont allés à Forks pour changer les pneus de la voiture de cette dernière. Carlisle a été appelé d'urgence à l'hôpital et Emmett est dans le garage.
-D'accord.
-Edward cela m'ennuie, mais il faut que je fasse un saut à Forks pour récupérer un colis. Je ne suis pas arrivée à joindre les enfants et j'en ai vraiment besoin pour mon travail. Veux-tu venir avec moi ou préfères-tu rester ici avec Emmett ? »
Edward hésita. Il savait qu'Emmett ne le portait pas dans son cœur, mais s'il restait ici avec lui, il pourrait peut-être essayer de comprendre pourquoi le grand brun ne l'appréciait pas et tenter d'arranger les choses avec lui. Fier de cette résolution, il déclina l'offre d'Esmé. Après l'avoir embrassé, elle partie.
Edward hésita un moment avant d'aller pousser la porte du garage. Il s'arrêta sur le seuil en voyant Emmett en train de cogner dans un sac de frappe, il paraissait de mauvaise humeur. Ne souhaitant pas lui parler alors qu'il était dans cet état, il fit demi-tour, mais la voix dure de l'aîné des Cullen le stoppa.
« -Qu'est-ce que tu veux ?
-Je voulais juste discuter avec toi, mais apparemment ce n'est pas le bon moment…
-Effectivement, sauf si tu veux remplacer le sac de frappe ?
-Non, désolé, je ne voulais pas t'ennuyer.
-Alors, dégage !
-Oui. »
Edward s'empressa de quitter le garage et de rejoindre le salon. Il se laissa tomber sur le canapé et ramena ses jambes contre son buste. Il enfouit son visage entre ses genoux pour dissimuler ses larmes. Il souffrait. Il ne comprenait pas comment il avait pu réveiller une telle haine chez Emmett ? Car c'état bien de la haine qu'il avait lu dans son regard… Il ignorait quoi faire pour essayer de gagner au moins son respect… Cette situation réveillait en lui un sentiment d'insécurité qui l'effrayait. D'un geste tremblant, il prit son livre et l'ouvrit. Une photo lui servait de marque-page, une photo d'Ana. Il se perdit dans sa contemplation cherchant un peu de réconfort dans le sourire figé de la seule mère qu'il avait connu. Son doigt caressa la joue de sa mère alors qu'une de ses larmes vint s'écraser sur le papier glacé.
« -Putain ! Mais qu'est-ce que tu fous ?! Hurla Emmett en le faisant sursauter.
Edward se redressa rapidement et essuya ses larmes. Il tituba sous le regard empli de colère d'Emmett qui lui arracha la photo des mains.
-Je peux savoir ce que tu fais ?!
-Rends-la-moi, s'il te plaît, implora-t-il.
-Que fais-tu avec la photo de cette criminelle ?!
-Ce n'est pas une criminelle ! S'emporta Edward. C'est ma mère !
-NON !!!! Rugit Emmett. Esmé est ta mère, TA MERE !!!! Pas cette folle qui t'a enlevé !
-Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire, se défendit-il, Esmé et Carlisle sont mes parents, je le sais, mais Ana m'a élevé et malgré ce qu'elle a fait, elle est la seule mère que j'ai connu.
-Tu vas encore détruire ma famille, cria Emmett, j'aurais préféré qu'on ne te retrouve jamais ! Putain, tu n'as jamais pensé qu'en te raccrochant à cette femme tu blesses mes parents ! Tout comme le fait de les traiter comme des étrangers !
-Mais c'est ce qu'ils sont, murmura-t-il.
-Alors, tu vas prendre sur toi ! Et tourner la page !
-Ce n'est pas si facile…
-Je vais donc te donner un coup de main ! Déclara Emmett en jetant la photo dans la cheminée.
-Non !!!! Hurla Edward en se précipitant vers l'âtre.
Emmett le ceintura pour l'empêcher de se jeter dans les flammes pour récupérer la photo.
-Pourquoi t'as fait ça ?! Sanglota Edward en se laissant tomber sur le sol. C'était la seule photo que j'avais d'elle…
-Maintenant, tu vas l'oublier et tout faire pour que ma famille soit heureuse !
-Mais…
-Y'a pas de mais qui tienne ! Quand je pense que les parents ne te voulaient même pas !
-Quoi ? Balbutia Edward dont le cœur manqua un battement.
-Tu ne le sais pas ? Ricana Emmett. Tu es un accident ! Un putain d'accident ! Papa et maman ne voulaient pas d'un troisième enfant ! Quand je pense que si t'étais pas venu au monde on aurait pu être heureux !
-Tu peux pas dire ça… Esmé et Carlisle m'aiment, ils me l'ont dit…
-Parce qu'ils sont obligés ! Pourtant, rappelle-toi de ce que tu es : un accident ! Ils ne te voulaient pas, du moins, pas comme ils nous désiraient Alice et moi !
Edward chancela, il se raccrocha à un guéridon pour ne pas chuter, mais il fit tomber le vase qui était dessus. Il tenta de le rattraper mais ne réussit pas, ce dernier se brisa sur le sol. Il se baissa pour ramasser les bouts de verre. Le rire menaçant d'Emmett résonna le faisant trembler.
-J'y crois pas ! T'as cassé le vase de papa ! Il est dans la famille depuis plusieurs générations ! Il va être fou de rage, tu vas voir ce que tu vas prendre ! J'ose même pas imaginer la punition que tu vas avoir ! Tu as intérêt de planquer ton derrière, car il va te coller un … »
Edward ne le laissa pas terminer sa phrase. Il gagna maladroitement sa chambre, chutant plusieurs fois dans les escaliers tant ses larmes l'aveuglaient. Il n'arrivait pas à contrôler les tremblements qui parcouraient son corps. La peur avait pris le dessus sur la raison, ses anciennes terreurs revenaient l'étreindre. Il ne le supporterait pas, non…. Non, il ne le voulait plus ! Il enfila son manteau et pris son portable qu'Alice s'était chargée de mettre en marche dans la matinée. Edward fit coulisser la porte fenêtre de sa chambre. Il sauta et atterrit dans la neige. Il prit quelques secondes pour se remettre de sa chute, puis, il avança d'un pas hésitant dans l'épais manteau blanc. Tout en marchant, il souffla sur ses doigts pour les réchauffer tout en s'enfonçant dans les bois. La nuit commençait à tomber, pourtant, il devait continuer, mettre le plus de distance possible entre la villa et lui… Les flocons de neige ne cessaient de tomber, humidifiant ses vêtements, laissant le froid envahir lentement son être…
J'espère que ce chapitre vous a plu, si tout va bien (si mes cervicales sont guéries) la suite sera en ligne dimanche prochain !
Bonne soirée et à bientôt !
