Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.
MERCI, MERCI, MERCI pour toutes vos reviews !!!!!!!!! Merci pour tous vos messages concernant mes cervicales qui vont mieux !
Attention : âmes sensibles s'abstenir, ce chapitre est assez dur…
Tifolitoi : T'inquiète, tu ne passes pour une geek !!! Merci beaucoup pour ta review et je suis sincèrement heureuse que ma fic te plaise autant !! Merci aussi de t'inquiéter pour mon cou, il va mieux… Bonne chance pour tes examens et j'espère que cette suite te plaira ! A bientôt !
Ousna : Heureuse de te retrouver sur cette fic ! Je suis contente qu'elle te plaise. T'inquiète pas Emmett sera puni … J'espère que la suite te plaira ! A plus !
Camille : Mes cervicales vont mieux, merci et voilà la suite, j'espère qu'elle te plaira !
Bonne lecture !!!!
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Chapitre 7 : Souffrances
Alice était blottie dans les bras de son amoureux, ils étaient bien au chaud dans un café et regardaient les flocons de neige tomber sur la ville. Rosalie était allée récupérer sa voiture chez le garagiste et devait les rejoindre. Alice s'apprêtait à déposer un baiser sur les lèvres de Jasper quand elle se figea, reconnaissant sa mère qui marchait sur le trottoir près du café. Etonnée de la voir là, elle se précipita à l'extérieur, oubliant de prendre son manteau. Elle appela sa mère qui lui fit signe de la main avant de traverser la rue pour la rejoindre. Jasper la rejoignit au même instant et déposa son manteau sur ses épaules, elle le remercia.
« -Qu'est-ce que tu fais ici ? Demanda Alice à Esmé.
-Il fallait absolument que je récupère ce colis, répondit-elle en désignant un paquet que Jasper s'empressa de prendre, merci, mon chéri. La neige doit brouiller les réseaux téléphoniques, je n'ai pas réussi à vous joindre sur vos portables.
-Où est Edward ? Questionna le jeune homme en le cherchant du regard.
-Il est resté à la villa.
-A la villa ? Répéta Alice. Seul ?
-Non, Emmett est avec lui !
-Quoi ?! S'inquiéta le couple.
-D'ailleurs, je vais en profiter pour faire deux ou trois courses. Vous rentrez bientôt à la maison ?
-On y va de suite ! Déclara Alice qui se dirigeait déjà vers sa voiture.
-Alice, que se passe-t-il ? L'interpella Esmé.
-J'ai un mauvais pressentiment, l'informa le petit lutin, il faut rentrer à la villa !
-Que se passe-t-il ? Questionna Rosalie qui venait d'arriver.»
En quelques mots, Jasper expliqua la situation à sa sœur qui parut, elle aussi, inquiète que les deux garçons se retrouvent seuls. Même si elle ne comprenait pas l'objet de leur angoisse, Esmé décida de les suivre. Alice ignora les plaintes de son compagnon et conduisit rapidement jusqu'à la villa, dérapant parfois sur la neige qui avait gelé par endroits. Elle gara sa voiture à côté de celle de son père qui venait tout juste d'arriver. Sous son regard ahuri, elle grimpa les marches du perron et pénétra dans la villa telle une furie. Alice stoppa net quand elle vit Emmett assit dans le salon en train de regarder un match de foot. Tout avait l'air calme et normal, pourtant, elle n'arrivait pas à se débarrasser de ce malaise qui l'étreignait. Elle allait demander à Emmett où était leur frère, quand Carlisle laissa échapper une plainte. Toute la famille se tourna vers lui alors qu'il regardait les morceaux de verre qui avaient été réunis en un tas.
« -Emmett ! Que s'est-il passé avec le vase de grand-mère Cullen ? Interrogea le médecin dont la colère était perceptible dans la voix.
-Demande à Edward ! Lâcha Emmett en ne quittant pas son match des yeux.
-Edward ? Il l'a sûrement renversé sans le faire exprès, dit Esmé en se baissant pour ramasser les morceaux.
-Que s'est-il passé ? Demanda à nouveau le père.
-Je sais pas, murmura Emmett en daignant avant les regarder. Il a pété un câble et a balancé ce qu'il avait sous la main, manque de chance pour toi, c'est tombé sur ton vase.
-Et j'imagine que tu es innocent dans cette histoire, s'énerva Jasper en le fusillant du regard.
-J'y peux rien s'il n'est pas bien dans ses baskets ! Se défendit Emmett. Je regardais tranquillement la télé quand il est venu s'installer au salon avec son bouquin, j'ai rien dit, il a soudain pété un câble.
-C'est étrange, s'inquiéta Esmé, pourquoi a-t-il réagi ainsi ?
-Que regardais-tu à la télévision ? S'enquit Carlisle.
-Pourquoi ?
-Parce c'est peut-être ce qu'il y avait à la télé qui l'a mis dans cet état, expliqua le médecin.
-Je regardais un match, marmonna Emmett.
-Bon, souffla Carlisle en passant une main nerveuse dans ses cheveux, où est-il ?
-Dans la chambre d'amis.
-Je vais le voir.
-Que vas-tu faire ? Le questionna Esmé légèrement inquiète.
-Je suis désolé, mais il va falloir que je le punisse.
-Mais c'est mon bébé, Carlisle, tu ne peux pas…
-Je vais écouter ce qu'il a à dire, mais Esmé, tout comme nos autres enfants, il doit avoir des limites, il sera puni.
Esmé acquiesça de la tête, Carlisle disparut dans les escaliers. Rosalie passa un bras protecteur autour des épaules de leur mère et l'accompagna dans la cuisine pour lui faire un café. Jasper et elle se tournèrent vers Emmett en l'observant avec attention.
-Quoi ?! Maugréa Emmett.
-Qu'est-ce que tu as fait ? S'écria Alice en le fusillant du regard.
-Rien ! Mais pourquoi j'aurais fait quelque chose ?!
-Parce que tu ne peux pas t'empêcher de lui faire du mal, donc je suis sûr que tu as dû provoquer Edward ! Tu peux duper les parents, mais pas nous, lança Jasper.
-Edward ! Edward !
Tous se figèrent en entendant la voix de leur père et ses pas précipités dans les escaliers. Carlisle déboula dans le salon, il était pâle, la panique se lisait aisément sur son visage.
-Papa ! L'interpella Alice. Papa ! Que se passe-t-il ?
-Edward… Edward n'est plus là ! La fenêtre… La fenêtre…
-Carlisle ! S'angoissa Esmé qui semblait être sur le point de se trouver mal.
-La fenêtre de sa chambre est ouverte, il s'est enfui !
Alice jeta un coup d'œil par l'immense baie vitrée, les autres semblèrent suivre le même raisonnement qu'elle. La neige tombait toujours, la nuit s'installait, comment Edward allait-il s'en sortir en pleine forêt la nuit avec le froid qu'il faisait ? Jasper passa un bras protecteur autour de sa taille, sa main se posa sur la sienne en quête de réconfort.
-J'appelle Charlie, déclara leur père qui semblait avoir retrouvé son sang-froid, il faut qu'on lance les recherches au plus vite ! »
Alice se précipita auprès de sa mère qui venait de s'effondrer, son beau visage était baigné de larmes. Rosalie et elle la prirent dans leurs bras. Jasper attrapa son portable appelant le numéro d'Edward, priant pour que les portables fonctionnent à nouveau. Son compagnon lâcha un juron quand il tomba sur le répondeur du jeune homme. A peine Carlisle avait-il raccroché avec Charlie qu'il se précipita à l'extérieur de la villa, il courut autour de celle-ci appelant son cadet. Alice vit Jasper attraper le manteau du médecin et le rejoindre à l'extérieur. Le petit lutin avait du mal à retenir ses larmes, mais la colère remplaça la peine quand elle vit Emmett installé devant la télé en train de regarder le match. Avec Rosalie, elles aidèrent leur mère à se calmer. Puis, elles rejoignirent Jasper et Carlisle à l'extérieur, Rosalie s'était absentée le temps d'allumer toutes les lumières extérieures espérant qu'ainsi Edward pourrait retrouver le chemin de la maison. Elle entendit aussi la blonde se mettre en colère contre Emmett, la seconde suivante, tous deux les rejoignaient. Au même instant, une voiture de police ce gara devant leur demeure, Charlie bondit hors de son véhicule et se dirigea vers eux. Ils regagnèrent tous la villa pour organiser les recherches. Alice trembla, elle savait que si Edward passait la nuit dehors, il n'y survivrait pas…
Edward ignorait depuis combien d'heures il marchait dans la neige. Il s'était arrêté quelques minutes seulement, il avait voulu s'asseoir pour reprendre son souffle qui était toujours erratique depuis qu'il avait quitté la villa, ses larmes, quant à elles, s'étaient séchées sur son visage y lisant des traces brûlantes à cause du froid. Edward avait essayé de joindre Lynda et Aaron, mais son portable ne trouvait pas de réseaux. Ses dents se mirent à claquer sans qu'il ne puisse les arrêter, ses paupières se baissaient sans qu'il ne le veuille. Il dut se faire violence pour se remettre à marcher, le froid engourdissait ses membres et il sentait le sommeil l'envahir. Serrant les poings, il avait poursuivit sa route dans la neige, ses pas étaient hésitants, il trébucha plusieurs fois, se relevant toujours avec plus de difficulté. La neige continuait de tomber, son manteau était humide et glacé tout comme ses chaussures. Soudain, son pied dérapa de sur une pierre, il glissa. Sans qu'il ne puisse se raccrocher à quoi que ce soit, il tomba. Son corps dégringola le long d'un talus, heurtant des roches et des arbustes. Il atterrit lourdement sur un sol dur et froid. Son corps le faisait atrocement souffrir, le froid mordait sa chair.
Péniblement, il réussit à se remettre debout. D'un œil hagard, il observa ce qui l'entourait, il était sur une route ! Il avait pu quitter la forêt ! Il hésita un instant, ne sachant pas quelle direction prendre. Edward attrapa son téléphone portable, qui n'avait pas trop souffert de sa chute, il sentit son cœur s'emballer lorsqu'il vit qu'il avait du réseau ! Il composa le numéro de Lynda. Des larmes inondèrent ses yeux quand il tomba sur le répondeur de la jeune femme. Il laissa quelques mots hésitants, sa gorge était tellement serrée qu'il avait du mal à parler. Il rangea son téléphone et malgré la fatigue qui l'étreignait, il se remit à marcher. Sans qu'il ne le veuille, ses pensées vagabondèrent vers la villa. Que s'y passait-il ? Etaient-ils rentrés ? Le cherchaient-ils ? Cette hypothèse le fit frémir, il ne voulait pas qu'ils le retrouvent, même si… Même si ne plus voir leurs visages joyeux, leurs sourires, ne plus sentir leurs gestes tendres, lui faisait atrocement mal au ventre. Pourtant, il savait qu'il avait raison de fuir. Tout ceci n'était qu'une comédie censée endormir sa méfiance, une façade, en réalité, ils étaient, il était comme lui… Il avait été stupide de penser que tout pourrait changer… Mais cette fois, il avait la possibilité de fuir ! Tout en réunissant ses forces, il poursuivit sa route. Tout à coup, il se figea. Il entendait un bruit, le bruit d'un moteur, une voiture arrivait ! Que devait-il faire ? Se cacher ou demander de l'aide ? Alors qu'il allait plonger dans un fourré pour se cacher, une petite voix résonna dans sa tête, lui ordonnant de ne pas bouger. Il se protégea le visage lorsque les phares l'aveuglèrent. Il entendit des pneus crisser, la voiture stoppa à sa hauteur, une portière claqua.
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Bella marmonnait dans sa barbe, elle n'aurait jamais dû rester aussi tard à la Push avec cette neige qui ne cessait de tomber ! Elle avait essayé d'appeler son père pour lui dire qu'elle n'allait pas tarder à rentrer, mais elle n'avait pas de réseau. Elle roulait prudemment en ne quittant pas la route des yeux quand au détour d'un virage, une forme sombre apparut dans son champ de vision. Elle freina, la peur l'étreignit quand elle reconnut la silhouette. Elle arrêta sa Chevrolet et sortit rapidement du véhicule. La jeune fille se figea quand elle fut à sa hauteur, il paraissait terrorisé ! Que s'était-il passé ? Pourquoi était-il là en pleine nuit ? Elle posa sa main sur son bras pour le sortir de sa torpeur et ne put réprimer un frisson quand elle vit qu'il était gelé.
« -Edward, c'est moi, c'est Bella, dit-elle d'une voix douce alors qu'il ouvrait doucement les yeux. Viens, monte dans la voiture, tu es gelé.
Elle ouvrit la portière de sa camionnette, mais il ne bougea pas. Il semblait paralysé sur place. Elle prit sa main et essaya de le tirer, sa peau était vraiment froide, ses lèvres étaient bleuies, il devait se réchauffer et rapidement !
-Edward, je t'en prie, implora la jeune fille, tu es gelé ! Monte, s'il-te-plaît !
Elle faillit pousser un cri de joie quand il accepta enfin de bouger, il monta dans la camionnette. Bella se dépêcha de faire le tour du véhicule pour reprendre sa place, non sans avoir dû se retenir une ou deux fois à sa voiture pour ne pas chuter. Une fois à l'intérieur, elle mit le chauffage à fond tout en maudissant sa vieille voiture qui n'avait pas un radiateur très puissant. Elle attrapa une couverture qu'elle gardait dans le véhicule.
-Enlève ton manteau ! Ordonna-t-elle.
Bella se pencha pour l'aider quand elle vit ses gestes maladroits, il ne cessait de trembler. Elle l'enveloppa dans la couverture avant de frictionner son corps, tentant de le réchauffer.
-Ca va aller, on est pas très loin de la villa, tu vas pouvoir te réchauffer.
-Non ! Protesta-t-il d'une voix faible. Non, ne me ramène pas là-bas.
-Il le faut, ça va aller, ne t'inquiète pas.
-Je t'en supplie Bella, implora-t-il, ne me ramène pas là-bas. Je ne veux pas y retourner !
-Edward, je ne sais pas ce qui s'est passé, mais je t'assure que tu ne risques rien, les Cullen ne te feront pas de mal. Et puis, tu as besoin de voir un médecin et ton père l'est.
Malgré la supplique qu'elle lisait dans son regard, elle démarra et prit la direction de la villa. Qu'avait-il bien pu se passer pour qu'Edward réagisse ainsi ? Son cœur se serra et elle faillit faire demi-tour quand elle vit les larmes qui coulaient le long de ses joues.
-Tout va bien se passer, Edward, promit-elle en posant sa main sur celle du jeune homme. »
Bella se sentit mal lorsqu'il retira sa main, se tournant vers la fenêtre. Elle l'avait blessé, elle lui avait fait du mal et cela la fit souffrir. Alors qu'elle remontait le chemin menant à la villa, elle envisagea de faire demi-tour, mais sa raison l'emporta et elle se gara devant la demeure.
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Carlisle tournait comme un lion en cage en attendant que Charlie réunisse des bénévoles. Son regard se posa sur la baie vitrée donnant sur le chemin quand il entendit le bruit d'une voiture. Il reconnut sans mal la camionnette de Bella. Il vit la jeune fille descendre maladroitement de son véhicule, manquant de glisser dans la neige. Au lieu de se diriger vers la villa, elle contourna sa voiture. C'est alors qu'il aperçut une silhouette à l'intérieur du véhicule, son cœur s'affola, un immense poids disparut de sa poitrine. Il se précipita à l'extérieur sous les regards intrigués des autres personnes présentes.
« -Edward ! Appela-t-il en sortant de la villa.
Bella leva les yeux vers lui, sa mine inquiète le figea. Il posa son regard sur son fils, ce dernier arborait une expression neutre. Il contourna Bella, ses mains effleurèrent le visage de son cadet avant de resserrer la couverture autour du corps d'Edward, il était frigorifié ! Il passa un bras autour de ses épaules pour le guider jusqu'à l'intérieur de la maison. Il s'inquiéta en voyant les difficultés qu'il avait à marcher, il paraissait être à bout de force et surtout il était en hypothermie !
-Que s'est-il passé ?
-Je revenais de la Push et je l'ai trouvé sur le bord de la route. Carlisle, que s'est-il passé ? Il…
-Plus tard, Bella, on doit le réchauffer.
Ils venaient d'entrer dans le salon quand Esmé se jeta sur eux, manquant de les faire tomber à la renverse. Son épouse étreignit leur fils, déposant des baisers sur ses joues glacées.
-Rosalie va faire couler un bain pour ton frère, Alice va lui chercher des vêtements chauds, Jasper augmente le chauffage dans sa chambre, Emmett va chercher ma trousse et toi Esmé prépare-lui un bol de soupe ! Charlie peux-tu m'aider à le monter à l'étage ?
Charlie l'accompagna. Carlisle s'inquiétait, Edward semblait s'être enfermé dans une sorte de carapace, comme s'il s'était coupé de tout ce qui l'entourait. Cependant, pour le moment il ne pouvait pas s'en préoccuper, il devait le réchauffer. Arrivés dans la salle de bain, il le fit asseoir sur un tabouret et lui ôta ses chaussures et ses chaussettes. Le médecin fut soulagé en ne voyant pas d'engelures. Il allait lui ôter le reste de ses vêtements, mais Edward le repoussa faiblement. Alice frappa à la porte de la salle de bain et lui tendit un épais pyjama ainsi qu'une robe de chambre.
-Déshabille-toi et rentre dans ce bain. Je reste à côté, appelle-moi si tu as besoin d'aide.
Edward ne prit même pas la peine de répondre, Carlisle attendit de le voir bouger avant de refermer la porte. Charlie patientait dans la chambre.
-Comment va-t-il ? Demanda le Chef Swan.
-Ca va aller, il aura sûrement un bon rhume et besoin de repos, mais il n'y a rien de grave.
-Tu sais pourquoi il s'est enfui ?
-Non, je n'en ai aucune idée, avoua le médecin.
-Il est différent, lui fit remarquer Charlie, on dirait une toute autre personne.
-Je sais. Il va falloir que je lui parle.
-Ne sois pas forcément tendre avec lui, je veux dire que tu es content qu'il soit sain et sauf, qu'il aille bien, dis-le lui, mais n'oublie pas non plus que ce qu'il a fait est mal, il doit être puni pour avoir conscience que son acte vous a blessé.
-Oui, tu as raison. Je vais lui parler dès qu'il sera réchauffé. »
Les deux hommes se turent en entendant la baignoire qui se vidait. Charlie lui donna une brève accolade avant de quitter la chambre, le laissant seul avec Edward. Carlisle se focalisa sur la peine qu'il avait ressentie lorsqu'il avait vu le vase familial brisé et surtout sur la vive douleur qui l'avait étreint quand il avait remarqué la fuite de son jeune fils. La porte de la salle de bain s'ouvrit, laissant échapper de la buée. Edward s'avança lentement dans la chambre ses yeux ne quittaient pas le sol. Esmé frappa à la porte et entra avec un bol de soupe fumant. Elle le déposa sur la table de nuit avant d'esquisser un geste vers Edward pour le prendre dans ses bras, mais il l'en dissuada d'un regard. Tout en effleurant sa main, elle sortie. Il hocha discrètement la tête, lui faisant ainsi comprendre que lui non plus ne souhaitait pas blesser le jeune homme, mais que cette discussion était nécessaire.
Lynda posa une main sur celle de son mari qui serrait frénétiquement le levier de vitesse de la jeep qu'ils avaient loué à leur descente de l'avion. Aaron devait se calmer, sinon, ils finiraient dans le décor ! Elle n'avait pas prévu qu'une tempête de neige s'abattrait sur Forks et ses alentours, ni que les routes seraient aussi glissantes ! La nervosité de son compagnon était plus que palpable, son pied avait tendance à appuyer un peu trop sur l'accélérateur avant qu'il ne freine ou ne tourne violemment le volant pour éviter qu'ils aient un accident.
« -J'aimerais bien arriver vivante ! Maugréa-t-elle tout en s'accrochant à son siège.
-Mais c'est pas vrai ! Grommela Aaron alors que la voiture dérapait à nouveau.
-Aaron, s'il-te-plaît ! »
Son mari se tourna vers elle, il releva aussitôt le pied de sur l'accélérateur et se concentra sur la route. Elle comprenait son inquiétude, mais avoir un accident n'arrangerait rien à la situation. Lynda était encore plus anxieuse depuis qu'elle avait pu parler à Chris. Elle l'avait appelé ce matin pendant qu'Aaron était sous la douche, n'ayant pas souhaité en parler avec son compagnon pour ne pas le mettre dans tous ses états. Les mots de Chris ne cessaient de la hanter, comment avaient-ils pu être aussi aveugles ? Ils étaient profilers tout de même ! Cependant, elle devait admettre qu'elle n'avait jamais vu quelqu'un d'aussi complexe qu'Edward, il se servait de son intelligence pour se protéger et au fil des ans il s'était construit une véritable carapace. Seul le choc de la fusillade et la peur qu'il avait ressenti avaient quelque peu fissuré sa bulle et Chris avait réussi à y entrer.
« -Ca va Anthony ? L'anesthésie fait effet, tu ne sens rien ? Demanda Chris en nettoyant le bras du jeune homme.
Aucune réponse ne lui parvenant, il tourna la tête vers le jeune homme encore en état de choc qui était allongé sur la table d'examen. Malgré ses 16 ou 17 ans, il ressemblait à un petit garçon perdu.
-Tout va bien, tu es en sécurité, personne ne te fera de mal. Alors, dis-moi, tu aimes le foot ?
Toujours pas de réponse. Chris ne renonça pas, il devait arriver à le faire parler, il avait rapidement examiné ce gamin avant de s'occuper de son bras, le regard émeraude s'était teinté de peur mêlé d'un sentiment qu'il avait vu chez bien des victimes.
-Tu aimes la musique ?
-…
-Tu joues peut-être d'un instrument ? Moi, je joue de la guitare. J'aimerais avoir un peu plus de temps pour pratiquer, mais avec mon métier c'est pas évident.
-Du piano.
Cela avait été à peine un chuchotis, mais Anthony avait parlé, il baissait sa garde.
-Et tu joues souvent ?
-Non, je… Je n'ai plus le droit. Je ne suis pas assez sage.
-Tu sais, Anthony, dit-il en plongeant son regard dans celui du jeune homme, je suis certain que tu vas pouvoir très bientôt rejouer. Je sais que tu traînes un lourd passé derrière toi et que tu dois être complètement perdu, mais je te promets que l'on va prendre soin de toi. Les agents Gibson sont des amis à moi et je te jure qu'ils vont tout faire pour te protéger et pour que tu sois enfin heureux.
Le regard du jeune homme s'était embué, il mordait nerveusement ses lèvres pour retenir son chagrin. Chris ôta ses gants et le prit dans ses bras, l'étreignant fermement, étonné de ne pas sentir ses larmes couler. Ce gamin avait une volonté de fer, il ne laisserait pas son chagrin lui échapper.
-Tu sais, ça fait du bien de pleurer, lui murmura-t-il, tu te sentiras mieux.
-Il va me punir…
C'était à peine un murmure, un souffle, il ne l'aurait pas entendu s'il ne le tenait pas dans ses bras.
-Que fait-il quand il te punit ? Demanda Chris d'une voix qu'il essayait de rendre rassurante.
Il sentit le jeune homme trembler dans ses bras, son silence étant en quelque sorte un aveu. Lentement, il se redressa et renfila ses gants, se dépêchant de terminer de soigner sa plaie au bras. Chris ne cessa de lui parler de tout et de rien, cependant, ce gamin était loin d'être bête, il avait compris que son secret avait été percé à jour. Tout en lui souriant, Chris attrapa un kit et le déposa à côté des fils de suture. Quand il releva la tête, il remarqua qu'Anthony fixait le set médical, des frissons secouèrent son corps.
-Ne t'inquiète pas, je vais te donner quelque chose pour que tu sois groggy, ce sera vite fait.
-Je veux ma mère.
Chris savait qu'elle n'était pas réellement sa mère et il ignorait si le FBI laisserait Anthony l'approcher. Cependant, il savait aussi qu'elle avait peu de chance de survivre à ses blessures, mais cela le gosse ne le savait pas.
-Dès que nous aurons terminé, je t'accompagnerai auprès d'elle, promit-il tout en priant pour qu'il ne soit pas trop tard. »
A peine avait-il prononcé ces mots que le Docteur March déboula dans la salle d'examen. Aussitôt, Anthony se renferma sur lui-même, dévisageant cet inconnu avec méfiance. Chris avait essayé de le faire sortir, mais il n'y parvint pas. Le jeune homme paraissait inquiet face à leur échange quelque peu houleux, il avait donc préféré sortir, se promettant de revenir le voir dès que March serait partit. Malheureusement, on l'avait bipé pour une urgence. Il était resté un long moment au bloc opératoire. Quand il en ressortit, on lui apprit que la mère d'Anthony était décédée et que le FBI avait pris en charge le jeune homme. Il avait demandé à voir le dossier du gamin, mais l'infirmière lui avait dit que seul le Docteur March pouvait le consulter ou un membre du FBI. N'étant ni l'un, ni l'autre, il poussa un soupir agacé. Il songea à appeler Aaron ou Lynda, mais l'infirmière le rassura en lui disant que le Docteur March avait pris en compte ses notes et avait pratiqué tous les examens sur le jeune homme avant qu'il ne parte. Il avait été rassuré, au moins, ils étaient au courant de son état.
Lynda avait raccroché, choquée par les paroles de leur ami, un léger sourire se dessina sur son visage quand Chris lui apprit que le Docteur March, qui était rentré plus tôt de son voyage, se trouvait actuellement en attente d'une rhinoplastie. Chris lui avait cassé le nez en lui donnant un coup de poing. La jeune femme sortit de ses pensées en entendant la sonnerie de son portable, le réseau devait fonctionner à nouveau. Alors qu'elle sortait l'appareil de son sac à main, elle se rendit compte qu'ils étaient à Forks. Elle écouta son message et pâlit.
« -Quoi ?! S'inquiéta Aaron en percevant son trouble.
-C'était Edward… Il s'est enfui…
-Quoi ?!
-Il était paniqué… Aaron, il est là quelque part dehors ! Oh, mon Dieu avec cette neige et ce froid, il va… »
Tout en pestant et sans ralentir, son mari s'engagea dans le chemin menant à la maison des Cullen.
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Edward ferma les yeux quelques secondes profitant du bienfait que l'eau chaude avait sur son corps transit. Il apprécia de sentir ses muscles se détendre, sa peau reprenait une belle couleur rosée et ses dents cessaient de claquer. Il aurait aimé rester enfermer pendant des heures voir des jours dans cette pièce, au moins, pour le moment il y était en sécurité. Pourtant, il savait bien qu'il ne serait plus jamais en sécurité, tout comme, il allait devoir sortir de là avant qu'il ne vienne le chercher, car cela risquerait de le mettre encore plus en colère et il ne souhaitait pas l'énerver plus qu'il ne l'était déjà.
A regret, le jeune homme sortit du bain et se sécha. Il enfila le pyjama et passa négligemment la robe de chambre par-dessus. Il inspira profondément avant d'ouvrir la porte menant à la chambre où il l'attendait. Ses doigts se crispèrent sur la poignée alors qu'il tentait de réfréner les tremblements qui secouaient son corps. Edward tenta de se raisonner, ce n'était pas la première fois qu'il serait puni, ni la dernière… Il savait que ce serait un mauvais moment à passer, mais qu'il passerait, il essaierait ensuite d'oublier, jusqu'à ce qu'il recommence… Son estomac se noua, pourquoi cela était-il pire que d'habitude ? Pourquoi se sentait-il trahi ? Sûrement parce qu'il avait cru aux paroles de Carlisle, il avait cru ses paroles douces, ses promesses… Il s'était bien moqué de lui, jamais il n'avait eu l'intention de veiller sur lui, de le protéger… Comme tous les autres, il lui avait menti, ils lui avaient tous menti !
Se décidant enfin, il poussa la porte de la chambre. Carlisle était seul. Il croisa un instant le regard du médecin avant de baisser précipitamment la tête lorsqu'il vit la colère dans ses prunelles si semblables aux siennes. Edward sursauta lorsqu'on frappa à la porte. Esmé entra rapidement et déposa un bol de soupe sur sa table de nuit, elle esquissa un geste vers lui, mais Carlisle la stoppa d'un regard. Elle sortit. Elle l'abandonna. Tout comme Ana l'abandonnait dans ces moments-là… Il serra les poings quand il entendit Carlisle s'approcher de lui, tentant de maîtriser sa peur.
« -Edward, j'espère que tu sais que nous tenons tous à toi, nous t'aimons énormément.
Carlisle se tut. Entendait-il une réponse ? Le jeune homme hocha doucement la tête, cherchant une réponse qui atténuerait sa colère.
-Très bien, soupira le médecin, cependant, tu dois savoir que ton comportement aujourd'hui m'a beaucoup déçu. J'aurais pu passer outre le fait que tu ais cassé le vase de grand-mère Cullen si tu ne t'étais pas enfui. Réponds à mes questions s'il te plaît, pourquoi es-tu parti ? Et pour quelle raison t'es-tu mis en colère ?
Edward continua de fixer le sol, il ne parlerait pas, il ne dirait rien, l'expérience lui avait pris qu'il valait mieux se taire ainsi il ne risquait pas d'accroître sa colère.
-S'est-il passé quelque chose avec Emmett ? Poursuivit Carlisle. Vous êtes-vous disputés ?
Ne rien dire, ne pas parler, ne surtout pas critiquer leurs enfants, eux sont précieux, eux sont désirés et aimés, pas lui, ils ne voulaient même pas de lui.
-Edward ? Insista-t-il. Parle-moi, je t'en prie, dis-moi ce qui t'ait passé par la tête ? Es-tu conscient du risque que tu as pris en t'enfuyant par ce temps ? Tu aurais pu mourir ! Sais-tu quelle peine tu nous as infligé ? Nous étions morts d'inquiétude !
Ou bien heureux de vous être débarrassé du caillou dans votre chaussure, car c'est ce que je suis et ce que j'ai toujours été, quelqu'un de trop encombrant dont on ne sait pas quoi faire, pensa amèrement Edward.
-Tu ne veux pas parler ? Soit. Cependant, tu vas être puni car tu as désobéi à une des règles en quittant cette maison. Tu comprends ?
Edward acquiesça avant de s'avancer lentement vers Carlisle. Il connaissait les punitions, il savait ce qu'il devait faire. Son esprit commençait déjà à chercher un refuge loin de son corps, ce dernier n'agissait que par automatisme. Il laissa tomber sa robe de chambre sur le sol avant de s'agenouiller devant le blond. Ses mains, qu'il maudit tant elles tremblaient, se posèrent sur la ceinture du médecin. A sa grande surprise, ce dernier recula.
-Mais qu'est-ce que tu fais ? ! S'écria la voix emplie de stupeur de Carlisle.
-Pardon, s'excusa-t-il aussitôt. »
Edward se redressa tout en priant pour qu'il ne tienne pas compte de son erreur. D'un pas lourd, il se dirigea vers le lit et s'y allongea. Il ne cherchait même plus à réprimer les spasmes qui parcouraient son corps, des larmes coulaient le long de ses joues sans qu'il ne puisse les retenir ou ne fasse un geste pour les essuyer. Ses mains tremblantes se posèrent sur son pyjama qu'il abaissa…
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Carlisle était comme paralysé. Que se passait-il ?! Qu'avait-il fait ?! Avec stupeur, il avait vu son fils s'agenouiller devant lui, Edward avait l'air absent, il agissait tel un robot, son visage reflétait une telle souffrance qu'il détourna le regard. Il fit un bond en arrière quand il sentit les doigts de son cadet se poser sur la ceinture de son pantalon. Que faisait-il ?! Sa voix vacilla quand il lui posa la question. Edward était tout aussi tremblant quand il lui demanda pardon.
Sans un mot, il regarda son jeune fils s'allonger sur son lit, sur le ventre. Edward était terrifié, son corps tremblait, il pleurait, pourtant, il voyait bien que le jeune homme faisait tout pour se maîtriser. Péniblement, il le vit descendre le pantalon de son pyjama, son sang se glaça dans ses veines. En un instant, il avait compris. Son cœur de père se brisa, l'air vint à manquer dans sa poitrine. Il savait maintenant pourquoi Edward avait tant tremblé lorsqu'il avait parlé de punition. Etait-ce le genre de punition qu'ils lui infligeaient ? Une rage sans nom s'empara de son être. Qu'avaient-ils osé faire à son fils ? Il allait les tuer, oui, il les tuerait tous dans d'atroces souffrances ! Il les retrouverait, nulle cachette ne pourrait les protéger de sa fureur !
Des sanglots étouffés chassèrent ses envies de vengeance. Avec mille et une précautions, il s'assit sur le rebord du lit. Edward trembla, enfouissant toujours plus son visage dans la couette. Sa main se posa sur le pantalon de son pyjama, il souhaitait remettre le vêtement à sa place, mais son geste effraya son fils. Carlisle prit alors la couette et le recouvrit. Malgré ses gestes, ses pleurs de protestations, il le prit dans ses bras, attendant patiemment qu'il se calme, le berçant tout en caressant ses cheveux. Au bout d'un moment, Edward cessa de se débattre.
« -Je t'aime, mon fils, je t'aime plus que tout au monde, plus que ma propre vie et jamais, tu m'entends, jamais je ne te ferais du mal, jamais je ne te toucherais de cette manière. Pardonne-moi Edward, pardonne-moi, j'aurais dû comprendre. Pardonne-moi de t'avoir fait souffrir. Je t'en prie, mon chéri, n'ai pas peur de moi… »
Sa voix se brisa, étouffée par les sanglots que Carlisle ne retenaient plus. Les pleurs d'Edward s'étaient quelque peu apaisés, mais il ignorait si c'était parce qu'il était rassuré ou à bout de forces. Tout à coup, Edward se dégagea de son étreinte. Il tenta de descendre du lit, mais chuta lourdement sur le sol. Carlisle voulut l'aider à se relever, mais son fils se précipita dans un coin de sa chambre, se recroquevillant sur lui-même. Le médecin eut l'impression de revoir le jeune homme le soir de son arrivée, sauf que cette fois, il paraissait encore plus terrifié. Il tendit une main vers son fils, un gémissement plaintif s'échappa de son visage dissimulé contre ses genoux. Carlisle recula, impuissant.
Le médecin se laissa tomber sur le sol, son corps tremblait. Pour une personne étrangère qui serait entrée dans la pièce, elle les aurait trouvé tout deux prostrés. Cependant, Carlisle ne tremblait pas de peur, il bouillait de rage. Il était furieux, furieux contre ces étrangers qui lui avaient volé son fils, qui l'avaient si cruellement blessé, qui lui avait enlevé son innocence ! Il était aussi en colère contre lui-même, pourquoi n'avait-il pas été capable de protéger son fils cette fameuse nuit il y a 17 ans ?! Il aurait pu lui éviter tant de souffrance ! Son poing s'abattit violement sur le plancher en bois, il regretta son geste quand Edward gémit de peur. Soudain, une main ferme s'enroula autour de son buste l'obligeant à se redresser, l'entraînant hors de la chambre. Carlisle ignorait qui l'emmenait loin de son fils, il voyait seulement son enfant détruit qui ne cessait de sangloter, des plaintes déchirantes s'échappaient parfois de ses lèvres pourtant closes. Alors qu'on le traînait dans le couloir, il vit une femme blonde s'agenouiller aux côtés de son fils.
A peine Esmé avait-elle ouvert la porte de la villa qu'Aaron était entré. Il n'avait pas pris la peine de répondre de la saluer, ni de répondre à leurs questions, son regard balayait la salle, observant les personnes présentes. Il entendit vaguement la voix de Lynda demander à Esmé des nouvelles d'Edward, cette dernière lui répondit qu'il allait bien et qu'il était avec Carlisle à l'étage. Aaron frémit. Un sentiment d'urgence l'étreignait alors qu'il se précipitait vers la chambre du jeune homme, Lynda le suivit après avoir demandé à la famille de rester au rez-de-chaussée. Aaron ouvrit la porte. Il resta un instant interdit face à la souffrance qui s'échappait du père et du fils, tout deux souffraient et Carlisle semblait sur le point de craquer. Il prit sa décision. Il s'agenouilla devant le médecin et l'aida à se relever, il ne fallait surtout pas qu'il craque devant Edward ! Alors qu'il l'entraînait hors de la chambre, Lynda entra dans celle-ci. Il fut rassuré en voyant qu'Edward la laissait approcher, le jeune homme avait déjà trouvé refuge entre ses bras. Tout en soutenant Carlisle, il referma la porte et l'aida à descendre au rez-de-chaussée.
« -Oh, mon Dieu ! Carlisle ! S'écria Esmé en les voyant arriver.
-Que se passe-t-il, papa ? S'inquiéta Jasper en se précipitant vers eux.
-Laissez-nous ! Ordonna Aaron en plongeant son regard acéré dans les leurs. Laissez-nous, ça va aller ! Il est juste en état de choc.
Aaron sentit que Carlisle sortait de sa torpeur, le médecin leva la tête vers le plafond tout en esquissant un geste vers les escaliers, mais il le stoppa et continua à l'entraîner vers l'extérieur.
-Mais qu'est-ce que vous faites ?! S'énerva Emmett en s'avançant vers eux.
-Tout va bien ! Répéta Aaron. Restez ici ! On revient dans 5 minutes !
-Edward ! Souffla soudain Esmé.
-Non, restez ici, Edward est avec Lynda, elle prend soin de lui. Restez dans le salon, ne quittez pas cette pièce !
Tous hochèrent la tête. Il percevait et il comprenait leur inquiétude, mais pour le moment, le plus urgent était de s'occuper de Carlisle et de prendre soin d'Edward. Alors qu'ils sortaient par l'une des grandes baies vitrées, il vit le regard du Chef Swan se poser sur lui. Aaron ne referma pas la baie vitrée, comprenant que sinon, l'homme les suivrait. Dès qu'ils furent à l'extérieur, il lâcha Carlisle qui s'agenouilla dans la neige.
-Il faut vous reprendre Carlisle, dit-il en s'accroupissant à ses côtés et en traçant des cercles rassurant dans son dos, respirez calmement. Ne laissez pas la haine et la colère vous envahir.
-Pourquoi… Pourquoi… nous avez-vous menti ?
-Je suis navré, le médecin qui l'a examiné a mal fait son travail.
-Vous auriez dû vous en rendre compte ! Accusa le médecin qui s'était redressé et le fixait avec fureur.
-Je vous demande pardon, Carlisle, mais la carapace qu'Edward s'est construit est très dure à percer.
-Mon bébé… Comment… Comment ont-ils pu ? Ce … Ce n'est qu'un enfant…
-Je sais, Carlisle, je sais, murmura Aaron tout en jetant un coup d'œil à la famille qui s'était rapprochée de la baie vitrée et écoutait leur conversation.
-Je vais les tuer, tous !
-Ils seront jugés et emprisonnés, promit Aaron.
-Ce n'est pas suffisant ! Rugit Carlisle qui le saisit par le col de son manteau.
Aaron perçut un mouvement sur sa gauche, le Chef Swan s'était rapproché, prêt à intervenir, il lui fit signe de ne pas bouger.
-Vous valez mieux que ça Carlisle, vous êtes un homme bien ! Je sais que mes paroles n'ont aucun sens pour le moment, que vous êtes aveuglé par la colère et c'est normal, mais il faut vous reprendre pour votre famille, pour Edward !
-Ne me dites pas quoi faire !
-Frappez-moi ! Frappez-moi ! Si cela peut vous soulager, allez-y ! Mais je vous en prie, ne laissez pas la colère prendre le dessus, n'oubliez pas qui vous êtes !
Carlisle le relâcha avant de faire quelques pas d'une démarche chancelante. Soudain, le médecin se plia en deux et vomit. Aaron se précipita à ses côtés, le retenant pour ne qu'il chute pas. Puis, lentement, ils regagnèrent la villa. Il le fit asseoir dans un fauteuil. Alice s'approcha et déposa une couverture sur les épaules de son père qui tremblait.
-Ca va aller, murmura Aaron en posant une main sur son épaule.
-Tiens, bois ça, mon chéri, dit Esmé en lui tendant une tasse fumante.
-Que se passe-t-il ? Demanda Rosalie.
-Carlisle ? Insista Jasper.
Aaron pouvait lire la peine sur tous les visages présents, chacun retenait difficilement ses larmes et son angoisse.
-Ca va aller, on va s'en sortir, assura Carlisle d'une voix étrangement sûre.
-Vous n'êtes pas seuls, nous serons là, ajouta Aaron. Il…
L'agent Gibson se tut quand il vit son épouse entrer dans le salon, tous les regards convergèrent vers elle. Aaron se leva pour l'étreindre, elle avait pleuré. Elle stoppa son geste et inspira profondément tout en regardant la famille Cullen.
-Edward est en train de préparer sa valise, il rentre avec nous, annonça-t-elle.
-Non !
Le cri d'Esmé lui fit mal, il pouvait entendre son cœur de mère se briser.
-Non ! Protesta-t-elle en larmes. Ne me l'enlevez pas une nouvelle fois !
-Ce n'est que temporaire Esmé, la rassura Lynda, nous allons tout faire pour qu'il accepte de revenir ici, mais pour l'instant, il ne veut pas rester et je pense que nous devons écouter ses désirs.
-Pourquoi ? Demanda Alice qui ne cachait pas ses larmes.
-Il a besoin de temps, répondit Aaron, nous resterons à Port Angeles, nous ne serons pas loin.
-Pourquoi ne veut-il pas rester avec nous ? Questionna Jasper.
-Ca suffit ! Coupa Carlisle d'une voix ferme. Edward reviendra parmi nous quand il le désirera.
-Merci, Carlisle, souffla Aaron.
-Promettez-moi juste une chose, prenez soin de mon fils.
-C'est juré, promirent-ils.
-Bien, maintenant, nous allons tous aller dans la cuisine, ordonna Carlisle, nous y resterons jusqu'à ce que vous soyez partis.
-Merci, murmura Lynda avant de remonter à l'étage. »
Aaron plongea son regard dans celui du médecin, il avait l'impression que malgré la blessure qu'il lisait dans son regard, il était déterminé et prêt à tous les sacrifices pour son fils. Malgré les protestations des siens, il les entraîna dans la cuisine dont il ferma la porte. Lynda ne tarda pas à apparaître, elle aidait tant bien que mal Edward à marcher. Son cœur se serra quand il vit visage du jeune homme, il paraissait sur le point de s'effondrer. Il s'approcha lentement de lui, lui donnant ainsi la possibilité de le repousser, ce qu'Edward ne fit pas. Tendrement, il le prit dans ses bras et l'installa à l'arrière de la voiture, Lynda prit place à ses côtés. Alors que la voiture s'engageait dans le chemin enneigé, il vit la silhouette du Docteur Cullen sur le perron qui fixait leur véhicule. A cet instant, Aaron se promit de tout faire pour réunir cette famille car eux seuls pourraient apporter la guérison et le bonheur au jeune homme qui somnolait dans les bras de son épouse.
