Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.

Merci énormément pour toutes vos reviews ! Je suis désolée de ne pas avoir eu le temps de vous répondre, mais entre mes problèmes de cou et quelques imprévus ça n'a pas été simple, je n'ai donc pas eu trop de temps pour moi et pour vous, sorry. Merci encore pour votre présence et pour vos reviews ! Merci !


Bonne lecture !!!


Chapitre 8 : La vérité

Carlisle resta sous le porche, dans le froid, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus entendre le moteur de la voiture qui emmenait son fils loin de lui. D'un pas lourd, il entra dans la villa. Sept paires d'yeux le fixaient avec insistance, il pouvait lire les questions et l'angoisse qui brûlaient dans leurs prunelles. Sans un mot, il alla s'asseoir sur un fauteuil, il posa ses coudes sur ses genoux, son visage trouva refuge dans le creux de ses mains. Une main douce se posa sur son épaule, le sortant quelque peu de sa torpeur.

« -Carlisle ? Interrogea la voix inquiète d'Esmé. Carlisle que se passe-t-il ?

-Plus tard, Esmé, s'il te plaît, plus tard, murmura-t-il d'une voix éteinte.

-Pourquoi ont-ils pris Edward ? Interrogea Rosalie.

-En plus, ils ont dit qu'il voulait partir ! Rappela Jasper.

-Mais qu'est ce qui se passe ?! S'énerva Alice.

Carlisle sentait la tristesse et l'angoisse dans les voix de ses enfants, pourtant, il ne pouvait rien leur dire, seul Edward pouvait prendre cette décision.

-Edward a besoin de temps, déclara Carlisle, au cours des années, votre frère s'est forgé une carapace et elle s'est brisée ce soir. Il va avoir besoin de temps, vous devrez être patients.

-Il avait pourtant l'air de bien se plaire ici avec nous, lui fit remarquer Rose.

-Je pense qu'Edward apprenait à nous faire confiance, à baisser sa garde pour nous faire entrer dans sa vie, mais j'ai tout brisé ce soir, confessa-t-il, j'ai perdu sa confiance.

-Comment ça ? Demanda Esmé.

-Je… J'ai besoin d'être seul, excusez-moi, dit le médecin. »

Carlisle se leva précipitamment et rejoignit son bureau où il s'enferma. Il se sentait vraiment mal. Pour la première fois dans sa vie, il avait eu envie de tuer, jamais il n'avait ressenti une telle haine, pas même quand on leur avait enlevé Edward. Le médecin quitta son siège de bureau et se dirigea vers le bar. Il se servit un verre de whisky qu'il but d'un trait. Le liquide ambré lui brûla la gorge et lui tira une grimace, il n'avait pas l'habitude de boire de l'alcool. Il était en train de se servir un second verre quand la porte de son bureau s'ouvrit. Il se tourna. Esmé lui faisait face, son beau visage était ravagé par le chagrin et la peur. Carlisle posa son verre et ouvrit ses bras, elle vint se réfugier contre lui. Ils restèrent ainsi pendant de longues minutes avant qu'il ne l'entraîne vers leur chambre. Sans un mot, ils se douchèrent et mirent leurs vêtements de nuit. Une fois dans leur immense lit, Esmé blottie dans ses bras, il parla… Esmé tremblait entre ses bras, les sanglots de son épouse mouillaient son tee-shirt. Il raffermit son emprise sur son corps frémissant tout en lui promettant que tout s'arrangerait. Au fond de lui-même, il pria pour avoir raison.

****************

Bella avait l'impression de vivre un cauchemar depuis qu'elle était rentrée à la villa. Elle avait bien vu qu'Edward était perturbé, mais elle n'imaginait pas que c'était à ce point. Que lui était-il arrivé ? La jeune fille se laissa tomber dans un fauteuil, indifférente aux discussions qui l'entouraient. Elle attendait vaguement ses amis, son père et Esmé qui ne cessaient de lancer des hypothèses sur ce qui s'était passé. Peu lui importait de savoir, tout ce dont elle était sûre c'est que cela avait pratiquement brisé Carlisle. Ce dernier lui était toujours apparu comme quelqu'un de solide, plein de bonté et de générosité, mais là en l'espace de quelques secondes, il était passé par tant de sentiments qu'elle avait du mal à le reconnaître. Elle avait vu la haine, la rage, mais aussi une grande peine, une souffrance insupportable, la même qui éclairait le regard d'Edward… Elle frémit rien qu'en repensant au visage dévasté du jeune homme, pourquoi ne l'avait-elle pas écouté ? Pourquoi ne l'avait-elle pas ramené chez elle plutôt qu'à la villa ? Si elle l'avait écouté, si elle avait accepté de l'emmener ailleurs, il ne serait pas partie, la famille Cullen ne serait pas en train de souffrir… Edward serait toujours là.

« -Bella ? L'appela doucement Alice en s'asseyant sur l'accoudoir de son fauteuil. Bella, tu m'entends ?

-Oui, répondit-elle. Oh, Alice ! Je suis vraiment désolée.

-Tu n'y es pour rien, la rassura-t-elle.

Alice la pris dans ses bras, Bella serra très fort son amie, toutes deux retenaient péniblement leurs larmes.

-Tout va bien se passer, déclara farouchement le petit lutin, je suis sûre que nous allons bientôt être tous réunis.

-Tout de même, soupira Rose, pourquoi Edward a-t-il réagit comme ça ?

-Je ne sais pas ma chérie, murmura Esmé avant de se tourner vers Alice, j'espère que tu as raison. En attendant, je vais aller voir votre père.

-Il n'avait l'air vraiment pas bien, s'inquiéta Emmett.

-Je sais… Charlie, Bella, je suis navrée de vous avoir imposé tout ceci.

-Ce n'est rien Esmé, assura le Chef Swan, veux-tu que nous fassions quelque chose ?

-Non, merci à vous deux, mais vous feriez mieux de rentrer, il est tard.

-N'hésite pas à m'appeler ? Lui fit promettre Charlie.

-Merci, chuchota Esmé avant de disparaître dans les escaliers.

Tous écoutèrent les pas de la maîtresse de maison à l'étage, ils entendirent la porte du bureau du médecin s'ouvrir. Un soupir leur échappa, ils étaient rassurés que Carlisle l'ait laissé entrer, elle seule pouvait apporter un peu d'aide au père de famille.

-Putain, grogna Emmett, je supporte pas de les voir comme ça ! J'étais sûr qu'il allait encore tout foutre en l'air et les faire souffrir !

-Tu étais avec lui, tu es sûr que tu n'as rien fait ou dit quelque chose qui l'aurait perturbé ? Demanda Jasper suspicieux.

-Bien sûr, ça va me retomber dessus ! C'est pas comme si ce type n'avait pas une case en moins et qu'il était dérangé !

-Ce type comme tu dis, c'est ton frère ! S'énerva Alice. Comment oses-tu parler ainsi de lui ?

-Stop ! S'interposa Charlie. Ca suffit ! Arrêtez ! Vous croyez vraiment que vos parents ont besoin de ça en ce moment ?!

-Vous avez raison, Charlie, admit Jasper.

-Allez vous coucher, dit-il d'un ton plus doux, demain est un autre jour et je suis sûr que tout s'arrangera. »

A cet instant, Bella pria pour que son père ait raison. Elle se leva et serra tendrement Alice dans ses bras, elle fit de même avec Jasper et Rosalie, Emmett, lui, avait déjà regagné sa chambre. Le cœur lourd, elle quitta la villa des Cullen.

******************

Aaron s'éveilla en sursaut de sur le fauteuil où il s'était assoupi. Il passa une main lasse sur son visage avant de se lever et de s'asseoir sur le rebord du lit. Il appela doucement le jeune homme tout en prenant garde de le toucher le moins possible. Edward avait passé la nuit à pleurer et quand ses larmes se tarissaient, il sombrait dans un profond sommeil tant il était épuisé. Malheureusement, même dans son sommeil il ne parvenait pas à trouver le repos, le jeune homme n'avait pas cessé de faire des cauchemars. Ambre et lui s'étaient occupés de lui à tour de rôle.

Maintenant qu'ils avaient découvert son secret, sa carapace s'était fissurée laissant libre court à toutes les émotions qu'il avait bridé pendant tant d'années. Lorsque son regard croisa celui emplit de larmes de son protégé, Aaron sut qu'il pouvait s'approcher, il le prit dans ses bras, le serrant très fort contre lui, sachant qu'aucun mot ne pourrait soulager sa douleur et sa peine. Alors qu'il caressait d'un geste apaisant ses cheveux, sa main effleura le front du jeune homme. Il se figea avant de reposer sa main. Il détailla avec attention Edward : ses yeux brillaient, ses joues étaient rouges, sa respiration difficile. Les larmes n'étaient pas les seules responsables de son état, il était malade. Tout en prenant bien soin de le garder au chaud dans sa couette, il le porta jusqu'au salon et l'allongea sur le canapé.

« -Tout va bien Edward, le rassura-t-il alors que le jeune homme l'observait d'un œil inquiet, Lynda ?

La porte de leur chambre ne tarda pas à s'ouvrir, son épouse les rejoignit, un air anxieux peint sur son visage. Un seul regard vers Edward et, contrairement à lui, elle comprit de suite. Elle disparut dans la salle de bain et revint avec un verre d'eau et un flacon de médicament.

-Tiens, prends de l'aspirine, ça te fera du bien.

Edward prit le comprimé et avala péniblement une gorgée d'eau. Aaron ne manqua pas de le remarquer, apparemment, son protégé était en train de payer son escapade dans la neige et le froid.

-Il faut que tu voies un médecin, annonça-t-il.

-Non, protesta faiblement Edward qui frissonnait sous l'épaisse couette.

-Il n'y a pas de non qui tienne, jeune homme, répliqua Aaron, soit nous appelons un médecin quelconque, soit, je demande à ton père de venir, que préfères-tu ?

-Laissez-moi, murmura Edward en se cachant sous la couette pour dissimuler ses larmes.

-Non, Edward, je ne te laisserai pas, poursuivit Aaron qui s'agenouilla à ses côtés et retira doucement la couette pour voir son visage, regarde-moi, Edward, regarde-moi, s'il te plaît. Bien. Ecoute-moi, Carlisle, Esmé, tes frères et tes sœurs, tous t'aiment et ton passé ne changera rien à cela, tu seras toujours leur fils, leur frère.

-C'est faux !

-Que veux-tu dire ? L'interrogea doucement Lynda, intriguée par ses propos.

-Chérie, peux-tu commander un petit-déjeuner pour notre malade et demander au service d'étage de changer les draps d'Edward, ils sont trempés de sueur.

-Euh, oui, acquiesça-t-elle en attrapant le téléphone.

-A la réception, articula silencieusement Aaron.

-Je vais aller à la réception, ça ira plus vite, déclara à haute voix Lynda, je reviens dans 5 minutes.

Aaron lui sourit pour la remercier. Il attendit que son épouse soit sortie pour reporter son attention sur Edward.

-Edward, que s'est-il passé avec Carlisle ?

-…

-Edward, je ne peux pas t'aider si tu ne me parles pas.

-…

-Edward ? Bon, tu ne veux rien dire très bien.

-…

-Je vais parler pour toi. Hier soir lorsque Bella Swan t'a ramené à la villa, tu étais terrorisé car d'une manière ou d'une autre tu savais que Carlisle allait te punir. Malgré toi, malgré l'amour qu'ils t'ont montré, ta peur a pris le dessus, les mauvais souvenirs sont revenus t'assaillir. Alors, tu as fait la seule chose qui pouvait, selon toi, te protéger quelque peu de sa colère : prendre les devants.

Un gémissement de douleur échappa à Edward qui gardait les yeux clos, tentant de contrôler ses larmes qui pourtant réussissaient à lui échapper.

-Carlisle a alors compris, poursuivit doucement Aaron, et toi aussi, tu as compris que jamais il n'avait envisagé de te punir de cette manière. Alors, tu as eu honte, honte de ton comportement, honte de ton corps salit, honte de ce que tu as subi, honte de le lui avoir montré. Mais, Edward, tu n'as pas à avoir honte, tout ce qui t'es arrivé n'est pas de ta faute et crois-moi lorsque je te dis que Carlisle ne t'aimera pas moins parce qu'il sait. Au contraire, tu vas pouvoir compter sur lui, compter sur tes parents pour surmonter tout ceci, leur amour va t'aider à aller de l'avant. Je…

Aaron se tut en voyant que son petit discours n'avait aucun effet sur le jeune homme, Edward paraissait enfermé dans sa bulle. Peut-être était-il trop malade pour pouvoir l'écouter ? Non. Il y avait autre chose, quelque chose qui faisait souffrir son protégé presqu'autant que son pesant secret.

-Que s'est-il passé Edward ? Demanda soudain Aaron. Pourquoi t'es-tu enfui de la villa ?

Une quinte de toux lui répondit, Aaron se pencha vers Edward pour l'aider à se redresser, le jeune homme peinait à retrouver sa respiration.

-Il faut que tu voies un médecin. Pour la dernière fois, je te laisse le choix, Carlisle ou un étranger ?

-…

-Très bien, lâcha Aaron en se relevant alors que Lynda entrait dans leur suite. Tu veux bien rester avec lui, je vais chercher un médecin.

-D'accord. »

Aaron enfila son manteau tout en observant son épouse s'asseoir sur le canapé, aussitôt, Edward trouva refuge dans ses bras. Il se dépêcha de sortir de l'hôtel et de monter dans sa voiture. Heureusement, la neige avait cessé de tomber, il pourrait être rapidement à Forks et ramener tout aussi vite Carlisle.

*****************

Edward entendit la porte de la suite se refermer sur Aaron, il savait très bien ce que l'agent du FBI allait faire et il n'avait pas trouvé la force de protester. Aaron se rendrait bien compte de son erreur, il comprendrait quand il verrait Carlisle et les autres Cullen. Un nouveau sanglot secoua son corps et Lynda resserra son étreinte. Dès qu'il fermait les yeux, des images ne cessaient de venir le hanter, celles de son calvaire à la secte, celles de la soirée chez les Cullen. Il sentait encore le lit s'affaisser sous le poids de Carlisle, il tremblait en attendant que le supplice commence, ses doigts sur son corps… Son corps sur le sien… La douleur… Lui en lui… Son estomac se contracta. Maladroitement, il quitta les bras réconfortants de Lynda pour se diriger vers la salle de bain qu'il réussit à atteindre. Il était en train de vomir de la bile, quand il sentit une main douce sur son front, Lynda l'avait suivi. Il se laissa tomber sur le carrelage de la salle de bain. La jeune femme attrapa un gant humide et s'appliqua à nettoyer son visage tout en lui murmurant des paroles réconfortantes.

Des paroles réconfortantes… Alors qu'il était allongé sur le lit, attendant sa punition, il avait senti les doigts de Carlisle se poser sur son bas de pyjama. Il avait frémit, le médecin l'avait senti et avait aussitôt retiré ses doigts. Edward s'était alors crispé, attendant un coup pour avoir osé montrer sa faiblesse, mais rien ne vint… Carlisle avait caché sa semi-nudité avec la couette avant de le prendre dans ses bras et de lui murmurer des paroles réconfortantes. Edward s'était laissé bercer, réconforter pas ses propos avant de se rappeler que tout n'était que mensonge. Les paroles d'Emmett le frappèrent une nouvelle fois en pleine poitrine. Le doute, la peur qui avaient régis toute sa courte vie revinrent l'étreindre. Brutalement, il s'était dégagé de l'étreinte du médecin. Il avait chuté. Ses jambes tremblaient, péniblement, il avait rejoint un coin de la chambre, se repliant sur lui-même, défiant quiconque de l'approcher. Il avait tremblé en entendant un bruit sourd.

Puis, ils étaient arrivés, Aaron et Lynda. Aaron avait emmené Carlisle pendant que Lynda le réconfortait. Il n'avait été capable de dire qu'une seule chose, il voulait partir, quitter la villa. Lynda l'avait observé silencieusement pendant de longues minutes, jugeant certainement de ce qui était le mieux pour lui, puis, elle avait acquiescé de la tête. Elle l'avait alors repris dans ses bras. Quand il s'était quelque peu calmé, la jeune femme lui demanda de réunir ses affaires. Elle était descendue prévenir les Cullen. Le cœur lourd, il avait préparé son sac, il s'était attaché à cette famille, il aurait tellement aimé en faire partie… Mais c'était trop tard… Cela n'avait été qu'un rêve, jamais ils n'avaient voulu de lui… Il allait enlever ce fardeau de leurs épaules en partant.

Lynda revint le chercher, il se demanda si Aaron et elle voudraient bien le garder, il les aimait bien et se sentait en sécurité avec eux, jamais ils ne lui avaient menti… Il avait inspiré un grand coup avant de descendre les escaliers se préparant à affronter leurs regards. Il fut surpris de ne trouver qu'Aaron dans le salon. Sans un mot, ils s'étaient dirigés vers la porte, lorsqu'il l'eut franchi, il n'eut qu'une envie : retourner sur ses pas et se réfugier dans la villa blanche pour se blottir dans les bras rassurants d'Esmé et de Carlisle, voir Alice sautiller partout, sentir la présence apaisante de Jasper, apprécier le côté protecteur de Rosalie. Il serra les poings, tout était finit. Ils ne seraient jamais sa famille. Son cœur se brisa un peu plus lorsqu'il vit la camionnette de Bella, elle non plus il ne la reverrait plus… Il se serait écroulé dans la neige si la poigne ferme d'Aaron n'était pas venue le retenir.

Il revint à la réalité quand il sentit que Lynda tentait de le relever. Ses jambes flageolaient, il s'accrocha à la jeune femme pour ne pas chuter. Doucement, elle le raccompagna dans sa chambre où la femme de ménage avait changé ses draps. Il s'allongea et elle s'empressa de le border. Elle s'absenta quelques secondes avant de revenir, un bol fumant à la main. Lynda s'assit sur le rebord du lit, puis, elle lui tendit une cuillère de potage.

« -Ouvre la bouche ! Ordonna-t-elle alors qu'il refusait obstinément de se nourrir. Je t'assure que ça va te faire du bien !

-…

-Edward ? Fais pas ta tête de mule ! Edward ?

Lynda posa le bol sur la table de chevet avant de le couver du regard. Elle se pencha et caressa tendrement sa joue.

-Je vais aller où ? Demanda-t-il d'une voix rauque.

-Que veux-tu dire ? Interrogea Lynda en fronçant les sourcils.

-Je vais aller dans un foyer ?

-Tu as déjà un foyer, Edward, je sais que cela fait des heures que nous te le répétons, les Cullen t'aiment et je t'assure que ce qui s'est passé hier soir n'affectera pas l'amour qu'ils ressentent pour toi.

Edward ferma les yeux quand il sentit le regard acéré de la jeune femme plonger dans le ciel. Juste avant qu'il ne ferme les paupières, un éclair de compréhension était apparu dans ses prunelles azur.

-Edward ? L'appela-t-elle doucement. Edward, tu sais qu'ils t'aiment, n'est-ce pas ?

-…

-Edward, je t'en prie, dis-moi que tu sais qu'ils t'aiment ? Dis-moi que tu les as crus quand ils te l'ont dit ?

-C'est bien le problème, lâcha-t-il dans un murmure rempli d'amertume.

-Edward ! Souffla Lynda en se penchant pour le prendre dans ses bras. Carlisle et Esmé t'aiment, n'en doute pas, n'en doute jamais. C'est pour ça que tu t'es enfui ? Ca et la peur d'être puni ?

-…

Lynda déposa un baiser sur son front avant de se lever et de quitter la chambre. Edward ne put s'empêcher de frémir, avait-il réussi à la faire fuir elle aussi ? Il ne put s'empêcher d'être soulagé quand elle revint. Elle s'assit à ses côtés, elle tenait entre ses mains un gros cahier dont la couverture en cuir noir était usée.

-Je pense que tu ne le sais pas, mais mon père travaillait au FBI, il est mort il y a quelques années, raconta Lynda émue, le cancer l'a emporté trop tôt, il aurait tant aimé de connaître, te serrer dans ses bras.

-Pourquoi ? Murmura Edward curieux.

-Il y a 17 ans, j'étais tranquillement chez moi en train de profiter de la présence trop rare de mon père, il passait beaucoup de temps à l'extérieur en mission. Alors qu'on allait regarder mon dessin-animé préféré, il a été appelé pour une urgence : un enlèvement de nouveau-né, poursuivit Lynda alors qu'il ne put retenir un frisson en comprenant qu'elle parlait de lui. Il m'a confié à ma grand-mère qui habitait à côté de chez nous. Je lui en ai voulu de m'avoir laissé alors que cela faisait longtemps que je n'avais pas passé du temps seule avec lui. Je ne l'ai revu que le lendemain après-midi en rentrant de l'école. J'avais prévu de lui faire payer son absence, mais je ne l'ai pas fait… Même si je n'étais qu'une petite fille, j'ai compris la peine et la souffrance qui l'étreignaient. Pendant plusieurs minutes, il m'a serré dans ses bras, en murmurant des paroles dans sa barbe. Tu sais ce qu'il faisait ? Il remerciait le ciel que je sois auprès de lui. C'est la première fois que je voyais mon père pleurer. La souffrance de tes parents l'avait affecté à tel point qu'il a passé toute sa vie à te chercher, même quand ton dossier a été clos. Tu vois ce cahier ? C'est son journal te concernant. Il y a tout noté : du moindre indice à chaque rencontre avec tes parents. Il y relate leur souffrance, leurs espoirs brisés, tout l'amour qu'ils t'ont toujours porté. Quand il a été trop malade pour continuer, il m'a confié ce cahier et m'a demandé de le lire. J'ai hésité, je connaissais tes parents, j'avais gardé Emmett et Alice. Il a insisté. J'avais vu tout ceci avec mes yeux d'enfant, d'adolescente, ce n'est qu'en lisant ces lignes que j'ai compris la souffrance de tes parents. Je lui ai alors promis de continuer à te chercher. Cependant, quelque chose m'intriguait, pourquoi en plus des différentes pistes avait-il pris soin de consigner chaque geste, chaque état d'âme de tes parents ? Pour ne jamais oublier la souffrance de Carlisle et d'Esmé, pour continuer à chercher leur enfant, pour qu'un jour cet enfant sache que personne ne l'a oublié, que quelqu'un continuait à le chercher, pour qu'il puisse connaître l'étreinte rassurante et aimante de ses parents. Peu importe le nombre d'années qui se seront écoulées, peu importe qu'il ait 20, 30, 50 ans quand tu le retrouveras, peu importe que Carlisle et Esmé ne soient plus de ce monde, l'important est que tu le retrouves et que tu lui donnes ce cahier pour qu'il sache qu'on l'a cherché, que ses parents l'ont toujours aimé, pour qu'il comprenne son histoire. Voilà ce que mon père m'a dit, termina Lynda en lui tendant le cahier, je reste à tes côtés, lis-le et comprends ton histoire. »

D'une main tremblante, Edward ouvrit le cahier. Lynda le prit dans ses bras quand elle vit que lire était au-dessus de ses forces. Il se blottit contre elle, fermant les yeux, écoutant sa voix raconter une histoire, son histoire. Au fur et à mesure qu'elle avançait dans les écrits de son père, il sentit des larmes glisser sur sa joue, les larmes de la jeune femme se mêlèrent aux siennes…

*****************

Bella se gara devant l'immense villa blanche qui était recouverte de neige. A peine avait-elle posé un pied sur le sol que la porte s'ouvrit sur Alice qui lui adressa un pâle sourire. Elle se dépêcha de la rejoindre pour l'étreindre. Elles rentrèrent et gagnèrent la cuisine où se trouvaient Rosalie et Jasper qu'elle salua. Leurs traits étaient aussi tirés que les siens.

« -Merci, dit-elle à Alice qui lui tendait une tasse de café, vous avez eu des nouvelles ?

-Non, murmura Rose avant d'essuyer une larme.

-Maman et papa ont pratiquement passé tout leur temps dans leur chambre, annonça Alice d'une voix tremblante, on n'a pas osé les déranger…

-Ils pleuraient, on les a entendu pleurer presque toute la nuit, poursuivit Jasper qui étreignit sa douce.

-On se levait régulièrement pour voir s'ils allaient bien, on s'approchait de leur porte sans oser frapper tant leurs sanglots étaient déchirants, pleura Rosalie.

Bella sentit son cœur se serrer, elle ravala ses larmes pour prendre son amie dans ses bras.

-Mais c'est pas possible, s'écria soudain Alice, tout allait bien, tellement bien, qu'est-ce qui s'est passé ?!

-Où est Emmett ? Osa demander Bella.

-Il se défoule dans le garage, confia Rose.

-Je suis sûr qu'il a foutu la merdre, grogna Jasper.

-Jazz ! Gronda Rosalie d'un ton empli de reproche. Il m'a assuré qu'il n'y était pour rien, jamais il ne me mentirait !

-J'en suis pas si sûr ! Déclara Jasper en quittant la cuisine.

-Où vas-tu ? S'inquiéta Bella.

-M'occuper l'esprit ! Répondit le blond. »

Alice allait le suivre, mais Rosalie lui fit signe de le laisser seul. Elles s'installèrent toutes les trois à la table de la cuisine, laissant un lourd silence s'installer entre elles. Des pas leur firent relever la tête, Carlisle et Esmé entraient dans la cuisine. Aussitôt, leurs filles se levèrent pour les étreindre. Bella ne put s'empêcher de les imiter lorsqu'elle vit leurs visages ravagés par la douleur et le chagrin. La situation était grave, vraiment grave, comprit-elle en même temps que ses amies, quel qu'ait été le comportement d'Emmett, il n'aurait pas pu engendrer autant de souffrance. Esmé et Carlisle savaient quelque chose qu'ils ignoraient, quelque chose qui les avait détruits. Esmé servit un café à son époux qui déposa un baiser sur son front. Carlisle marcha vers la baie vitrée. Soudain, il se retourna, posa sa tasse sur la table et se précipita vers l'extérieur.


Carlisle sortit précipitamment sur le perron da la villa quand il reconnut la jeep noire qui venait de se garer devant la demeure. Son cœur manqua un battement quand il vit que l'agent Gibson était seul à l'intérieur. Il sursauta en sentant une main se poser sur la sienne, Esmé l'avait suivi, tout comme ses filles et Bella.

« -Bonjour, les salua Aaron.

Carlisle tressaillit en voyant ses traits tirés, il se passait quelque chose.

-Tout va bien ? Demanda-t-il avec anxiété.

-Edward …

Aaron ne put terminer sa phrase. Un bruit sourd suivit de cris les attirèrent à l'intérieur de la villa. Ils se figèrent en entrant dans le salon. Emmett et Jasper étaient en train de se battre et, malgré sa carrure impressionnante, Emmett semblait en difficulté. Aussitôt, l'agent Gibson se précipita vers eux. Carlisle l'imita, ceinturant Jasper tout en l'entraînant à l'autre bout de la pièce pendant qu'Aaron agissait de la même manière avec Emmett. Les deux frères ne cessaient de s'insulter et de se débattre pour reprendre là où ils avaient été interrompus.

-Ca suffit ! Cria Carlisle énervé. Arrêtez ça immédiatement !

-Lâche-moi, Carlisle ! Répliqua Jasper en luttant pour se dégager. Je vais lui faire ravaler sa connerie ! Putain, Emmett, je te jure que tu vas…

-Je t'attends, gringalet !

-Stop ! Hurla Aaron. Calmez-vous immédiatement ! Je n'ai pratiquement pas dormi de la nuit, je suis inquiet, votre dispute m'exaspère au plus haut et point, bref, tout ceci pour vous rappeler que je suis armé et à bout, alors, la ferme !

Aussitôt le silence s'abattit sur le salon, les deux frères cessèrent de se débattre. Hormis les deux concernés, tous jetèrent un regard à l'agent du FBI qui leur sourit, il n'avait jamais eut l'intention de sortir son arme.

-Je peux savoir ce qui vous a pris ? Questionna Carlisle.

Ses deux fils se défiaient toujours du regard, puis, lentement, Jasper lui tendit un bout de papier brûlé. Emmett grogna face au geste du blond. Carlisle observa le bout de papier et comprit qu'il s'agissait d'une photo, il regarda Jasper, perplexe qu'une photo ait déclenché une telle bagarre.

-Je voulais m'occuper et j'ai décidé de vider les cendres de la cheminée, expliqua Jasper face à son incompréhension, j'ai trouvé la photo, elle était contre le mur et n'a pas entièrement brûlée.

Carlisle observa le bout de papier glacé, il pouvait distinguer la taille d'une personne, une femme à en juger par les vêtements et la main manucurée. Les pièces du puzzle se mirent lentement en place dans sa tête, il croisa le regard d'Aaron qui en était arrivé aux mêmes conclusions.

-Continue, demanda Carlisle à l'adresse de Jasper.

-C'est une photo d'Ana, j'ai souvent vu Edward l'observer quand il pensait que personne ne le voyait. Il s'en servait comme marque page pour son livre.

-Pourquoi Edward aurait-il brûlé cette photo ? Murmura Esmé.

-Il ne l'a pas fait, la contredit Jasper. Je pense qu'hier après que tu sois partie en ville, Edward a peut-être tenté une nouvelle approche avec Emmett.

-Une nouvelle approche ? Répéta Carlisle.

-Vous étiez tellement perdu dans votre bulle de bonheur, et ce n'est pas un reproche, ajouta rapidement Jasper avant de planter son regard dans celui du grand brun, que vous n'avez pas vu qu'Emmett ne partageait pas notre joie. Je pense que tu as encore rembarré Edward quand il est venu te voir. Tes propos l'ont blessé et il a cherché un peu de réconfort en regardant la photo d'Ana. Tu as du arriver et voir qu'il observait la photo de cette femme, tu t'es mis en colère et tu as jeté la photo au feu, n'est-ce pas ? C'est pour ça qu'Edward s'est enfui ?

Carlisle observa son aîné, il serra les poings ravalant la colère qui risquait de l'envahir et qui allait sûrement lui faire perdre toute son calme. Aaron posa la question qui lui brûlait les lèvres.

-Qu'as-tu dit à Edward ?

-…

-Emmett, j'ai besoin de savoir ce que tu lui as dit pour pouvoir l'aider à aller mieux, dis-le moi, insista Aaron.

-La vérité, confia le jeune homme, je n'ai fait que lui dire la vérité. »