Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.

MERCI pour toutes vos reviews et pour vos messages de soutien !!! Merci !

Elise : Merci pour ta review, je suis heureuse que ma fic te plaise. Voilà la suite, j'espère que tu accrocheras autant !

Viriginie : Merci, je sais que je vous ai laissé en plein suspens, alors, la suite est là, j'espère qu'elle répondra à tes attentes !

Ousna : Tout d'abord : merci. Ensuite, je pense que pas mal de monde en veut à Emmett, mais bon, tout n'est peut-être pas perdu pour lui… A bientôt !


Bonne lecture !!!


Chapitre 9 : Ma famille, mes parents

Carlisle observa son aîné, il serra les poings ravalant la colère qui risquait de l'envahir et qui allait sûrement lui faire perdre toute son calme. Aaron posa la question qui lui brûlait les lèvres.

-Qu'as-tu dit à Edward ?

-…

-Emmett, j'ai besoin de savoir ce que tu lui as dit pour pouvoir l'aider à aller mieux, dis-le moi, insista Aaron.

-La vérité, confia le jeune homme, je n'ai fait que lui dire la vérité.

-La vérité ? Répéta Carlisle d'une voix dangereusement calme. Et quelle est cette vérité selon toi ?

-Oh, mon Dieu, Emmett, qu'as-tu fait ? Sanglota Esmé.

-Putain ! Mais ouvrez les yeux ! S'énerva Emmett. Vous voyez pas qu'encore une fois il est en train de détruire notre famille ?!

-Le seul qui est en train de faire ça, c'est toi ! Accusa Jasper.

-Emmett, reprit Carlisle avec un peu plus d'impatience, qu'as-tu dit ?

-Pff ! Souffla l'aîné des Cullen. Je suis rentré dans le salon, il était en train de regarder la photo de cette femme, cette femme qui a détruit notre famille ! Ca m'a encore plus énervé qu'il trouve plus de réconfort en regardant cette photo qu'auprès de ses parents, alors, je le lui ai dit ! Comme il ne semblait pas comprendre, j'ai voulu lui forcer la main : j'ai jeté la photo.

-Pourquoi tu as fait ça ! S'écria Alice qui se jeta sur son frère, mais Jasper la retint. C'est la seule famille qu'il ait connu abruti ! Pendant 17 ans, il a cru qu'elle était sa mère et tu veux qu'il balaie ça d'un geste de la main !

-Mais tu vois pas que pendant que Monsieur se cherche, gronda Emmett, il fait souffrir notre famille !

-Il n'y a que toi qui la fait souffrir, tu me déçois Emmett, lâcha Rosalie en ravalant ses larmes.

-Je suis sûr que tu ne t'es pas arrêté à ça, remarqua Carlisle, poursuit, s'il te plaît.

-Je… Je n'ai fait que lui dire la vérité, tenta de se justifier Emmett dont le regard soutenait celui de son père.

-Tu n'aurais pas dû, s'énerva Carlisle en comprenant les propos de son fils, tu n'avais pas le droit de lui dire ça !

-Carlisle ? L'interrogea doucement Esmé en prenant sa main.

-Il lui a dit que nous n'avions pas prévu sa naissance, j'imagine que tu lui as dit qu'il n'était pas désiré ? Qu'on ne l'aimait pas ?

-J'y crois pas ! S'écria Alice. Je vais te …

-Stop ! Intervint Carlisle. Je ne veux rien entendre.

-Mais…

-Ecoutez, calmez-vous s'il vous plaît, demanda Aaron, vous êtes en colère et ce n'est pas le bon moment pour discuter, vous diriez des choses que vous ne pensez pas et il y a plus urgent.

-Plus urgent ? S'inquiéta Esmé.

-Edward est malade, l'informa l'agent Gibson, je pense que c'est la conséquence de sa balade dans la neige. Carlisle, pourriez-vous m'accompagner à Port Angeles ?

-Oui, bien sûr, je vais chercher ma mallette.

-Puis-je vous accompagner ? Demanda Esmé.

-Je ne suis désolé, Esmé, mais je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Edward a besoin de temps.

-J'attendrais, je l'attendrais, assura la mère de famille.

Carlisle serra son épouse dans ses bras avant de suivre l'agent Gibson à l'extérieur. Ils grimpèrent dans la voiture et prirent la direction de Port Angeles. Carlisle tentait de se perdre dans le paysage enneigé qui défilait devant ses yeux, mais les paroles d'Emmett ne cessaient de le hanter. Comment avait-il pu faire ça ? Comment avait-il pu ainsi blesser son frère ? Pourquoi ne s'était-il rendu compte de rien ?! Il aurait du se rendre compte de la tension qui régnait entre ses deux fils !

-Vous n'avez pas à vous en vouloir, dit soudain Aaron.

-Vous plaisantez j'espère ? A cause de ma stupidité, ma famille vole en éclat ! J'aurais du voir qu'Emmett n'acceptait pas la venue de son frère.

-Carlisle, vous venez de retrouver votre fils après 17 ans de séparation, il est normal que toute votre attention se soit concentrée sur lui.

-Je n'arrive pas à croire qu'Emmett ait réagi ainsi, il me déçoit énormément. Tout ce que j'espère, c'est que l'on pourra réparer ce qu'il a fait à Edward.

-J'en suis sûr, cependant, ne soyez pas trop dur envers votre aîné.

-Pardon ? S'étonna le médecin.

-Même s'il n'était qu'un petit garçon, votre aîné se souvient de votre état à la disparition d'Edward et je pense que votre fils essaie de vous protéger, de protéger sa famille. Parlez-lui, parlez calmement avec lui et écoutez ce qu'il a à dire. Emmett n'est pas quelqu'un de mauvais, je suis certain que dans peu de temps, il va regretter son comportement. Promettez-moi de l'écouter en mettant de côté votre colère. »

Carlisle acquiesça avant de reporter son attention sur les premières maisons qui annonçaient leur arrivée à Port Angeles. Le médecin inspira profondément tout en tentant de calmer sa colère, mais aussi son appréhension de retrouver son cadet. Edward le laisserait-il l'approcher après ce qui s'était passé hier soir ?

*******************

Edward sommeillait dans les bras de Lynda. Il entendait vaguement la voix de la jeune femme qui continuait de lui lire son histoire tout en caressant doucement ses cheveux. Soudain, il se redressa à cause d'une violente quinte de toux. Lynda le soutint. Il avait l'impression que ses poumons étaient en feu et la toux ne faisait qu'irriter un peu plus sa gorge elle aussi douloureuse. La jeune femme essuya son front couvert de sueur avant d'attraper une tasse de thé avec du miel qui apaisa quelque peu la douleur, mais son estomac se contracta. Edward quitta le lit pour se rendre en titubant vers la salle de bain. Lynda le suivit et s'accroupit à ses côtés pour le soutenir. Alors qu'elle l'aidait à se redresser, il se rendit compte qu'ils n'étaient plus seuls. Aaron et Carlisle se tenaient dans l'entrée de la salle de bain. Il baissa les yeux n'osant pas croiser le regard du médecin. Ce dernier fit un pas dans sa direction et aussitôt il se plaça derrière Lynda.

« -Il a 39,5° de fièvre, il tousse, il a mal à la gorge et apparemment il ne supporte d'ingérer aucun aliment, expliqua Lynda.

-Ton pyjama est trempé de sueur, il faut que tu te changes, annonça Carlisle qui ne se laissa pas démonter par son regard fuyant, ce serait bien que tu prennes aussi une douche, cela te fera du bien.

-Je ne pense pas qu'il soit assez costaud pour se doucher, remarqua Lynda.

-L'un de nous devra rester avec lui, décida Aaron, Lynda, peux-tu aller préparer notre chambre pour Edward ? Pendant ce temps, je vais demander au service de chambre de refaire la sienne.

Edward comprit qu'il allait rester seul avec Carlisle. Il frémit. La porte de la salle de bain se ferma. Il n'osait toujours pas regarder le médecin, il ne supporterait pas de voir la pitié ou le dédain dans son regard. Il sursauta en entendant l'eau de la douche couler. Même s'il continuait à fixer ses pieds, il perçut la présence de Carlisle à ses côtés.

-Veux-tu que je t'aide à enlever ton pyjama ? Demanda le médecin.

Edward bougea rapidement la tête de droite à gauche. Ses doigts engourdis se posèrent sur la ceinture de son peignoir qu'il défit. Quand le vêtement chuta à ses pieds, il frissonna de froid.

-Garde ton boxer.

Il ne put s'empêcher d'être reconnaissant envers Carlisle. Il laissa le médecin l'aider à enlever son tee-shirt et son pantalon de pyjama, il fut heureux de ne pas ressentir de peur, seulement, de la gêne. Le médecin l'aida à entrer dans la douche. L'eau chaude délassait et réchauffait son corps, ses tremblements cessaient. Il eut un mouvement de recul quand il sentit les mains de Carlisle se poser sur son torse.

-Je ne te ferais pas de mal, promit Carlisle, laisse-moi prendre soin de toi.

L'eau chaude et les paroles rassurantes du médecin brisèrent ses dernières résistances. Il ferma les yeux et laissa l'homme l'aider à le laver et à rincer son corps couvert de mousse. Puis, comme s'il était un enfant, Carlisle l'enveloppa dans une grande serviette blanche. Il le fit asseoir sur un tabouret alors qu'il continuait à le sécher. Trois petits coups furent frappés à la porte de la salle de bain, Aaron entra en portant des vêtements propres.

-Tout va bien ? Demanda l'agent du FBI.

-Je pense que oui, répondit Carlisle.

-Ca va, assura Edward d'une voix rauque avant de se mettre à tousser.

-Reste blotti dans la serviette, lui demanda Carlisle qui en profita pour lui ôter rapidement son sous-vêtement mouillé. Tout va bien.

Le médecin continua de lui parler tout en lui enfilant des vêtements propres. Puis, tendrement, il passa un bras autour de sa taille pour le soutenir jusqu'à la chambre. Lynda se dépêcha d'ouvrir le lit et de rabattre la couette sur lui une fois qu'il fut installé. Elle lui sourit et caressa sa joue. Lynda se recula pour laisser sa place à Carlisle. Le médecin commença à l'examiner tout en lui expliquant ce qu'il faisait pour qu'il se détende.

-Je vais te faire une piqûre pour faire baisser la fièvre, l'informa Carlisle, pour la toux et ta gorge, tu vas prendre des médicaments. Par contre, tu as besoin de repos, ta tension est basse. A quand remonte ton dernier repas ?

Sans réfléchir, Edward releva la tête et croisa le regard empli de douceur et d'amour du médecin. Ce dernier lui sourit avant de se pencher pour caresser tendrement sa joue. Son cœur fit un bond dans sa poitrine quand il vit que l'homme ne le regardait pas avec horreur. Il esquissa un pâle sourire qui devait ressembler à une grimace.

-Tu n'as rien mangé depuis hier midi ? Demanda Carlisle.

Edward hocha la tête, incapable de parler tant sa gorge était en feu.

-Vous pensez qu'il serait possible d'avoir un bouillon de légumes ?

-Je m'en occupe, Carlisle, répondit Lynda en sortant de la chambre.

-Repose-toi, murmura Aaron avant de sortir à son tour.

Le jeune homme ferma les yeux quand il sentit que le médecin sortait son bras de sous la couette. Il les rouvrit quand il perçut le contact du coton humide sur sa peau. Son regard croisa celui de Carlisle qui préparait la seringue.

-Tu vas voir, tu vas aller mieux quand les médicaments agiront.

Il ne quitta pas le médecin du regard quand celui-ci introduisit l'aiguille dans sa peau.

-Voilà, c'est fini, annonça Carlisle.

Il remit son bras bien au chaud sous la couette. Puis, il remplit un verre d'eau et lui fit prendre différents cachets. Il ferma les yeux quelques secondes, ces derniers le brûlaient, sûrement à cause de la fièvre et il lui était pénible de les garder ouverts. Il entendit une porte s'ouvrir et des pas feutrés.

-Edward, l'appela doucement Carlisle, il faut que tu manges un peu.

Péniblement, il rouvrit les yeux. Ils étaient seuls. Carlisle l'aida à s'asseoir en mettant plusieurs coussins dans son dos. Lentement, le médecin le fit manger, portant des cuillerées de soupe à ses lèvres. Cependant, rapidement, il ne put plus rien avaler.

-Ce n'est pas grave, le rassura Carlisle, maintenant, il faut te reposer.

Le médecin l'aida à se réinstaller avant de le border. Ensuite, il se pencha et déposa un baiser sur son front avant de se diriger vers la porte. Soudain, Edward ne voulait plus qu'il parte ! Il voulait qu'il reste avec lui !

-Carlisle…

-Oui ?

Comment pourrait-il lui expliquer qu'il voulait qu'il reste ? Le médecin avait sûrement autre chose à faire que de rester à ses côtés !

-Edward ? Qu'y-a-t-il ? Tu as mal quelque part ? S'alarma le blond.

-Non… Tu peux… Peux-tu… »

Carlisle s'éloigna de la porte et revint à ses côtés. Tout en lui souriant, il s'allongea sur le lit à ses côtés. Doucement, il l'attira dans ses bras. Edward se sentit aussitôt en sécurité, il laissa échapper un petit soupir de bien-être. Carlisle caressa ses cheveux tout en fredonnant une berceuse. Il aurait aimé rester éveillé pour profiter de ce moment, mais la fatigue était la plus forte, il s'endormit.

****************

Bella ne savait plus quoi faire. Elle avait d'abord tenté d'apaiser l'angoisse qui étreignait Esmé qui ne cessait de penser à son cadet. La mère qu'elle était ne supportait pas d'être loin de lui, mais elle essayait de se faire une raison, sachant qu'ils agissaient pour le bien d'Edward. Pour s'occuper l'esprit, Esmé se lança dans la préparation d'un repas compliqué pour le soir. Bella la regarda faire sans rien dire, de toute manière, elle savait qu'aucun mot ne pourrait apaiser son angoisse et son chagrin.

La jeune fille quitta la cuisine pour se rendre au salon. Elle se figea quelques minutes sur le seuil tant la tension qui régnait dans cette pièce était palpable. Elle observa les occupants qui discutaient bruyamment. Elle hésita à les rejoindre ou à aller voir Emmett qui s'était enfermé dans sa chambre depuis le départ de Carlisle et de l'agent Gibson. Finalement, le ton qui montait dans le salon lui en fit franchir le seuil. Rosalie tentait maladroitement de défendre Emmett mettant encore plus en colère Alice et Jasper.

« -Je ne dis pas qu'il a eu raison de faire ce qu'il a fait ! Se défendit Rose. Il faut juste essayer de comprendre pourquoi il a fait ça et essayer de lui faire comprendre ses erreurs !

-Tu veux pas non plus lui donner une médaille ? ! S'exclama Alice outrée.

-Calme-toi, Alice, s'il-te-plaît, demanda Rosalie soudain lasse, je sais que ce qu'il a fait est mal, mais, tout comme nous, vous savez que ça ne lui ressemble pas !

-Attends ! Il déconne depuis qu'Edward a franchit le seuil de la maison ! Lui rappela Jasper.

-Rose a raison, intervint Bella, ce comportement ne ressemble pas à Emmett, laissons-lui une chance de s'excuser et de faire table rase du passé.

-Parce que tu crois vraiment qu'il va s'excuser ? Lança Alice ironique.

-J'en suis certaine, laissez-lui une chance, plaida Rose.

-Ok, souffla Alice en croisant les bras sur sa poitrine, mais il a vraiment intérêt à se plier en 4 pour se faire pardonner !

-Et il devra s'excuser auprès d'Edward, rajouta Jasper, il lui a fait énormément de mal.

-Je sais, sanglota Rosalie, je suis tellement désolée…

-Oh, Rose, murmura Bella en la prenant dans ses bras, ne t'inquiète pas, je suis certaine que tout va s'arranger !

-Oui, assura Alice en venant les étreindre, je suis sûre qu'Emmett s'est rendu compte de ses erreurs !

-Tout va rentrer dans l'ordre, promit Jasper en se joignant à elles.

Bella se sentit un peu étouffée par cette étreinte où ils étaient si nombreux, mais c'était tellement bon de ressentir le lien qui les unissait qu'elle n'échangerait sa place pour rien au monde ! Il manquait juste Emmett et Edward pour que leur groupe soit complet, son cœur se serra en pensant à ce dernier, elle espérait qu'il allait bien. Un bruit sourd les fit sortir de leur bulle. Ils se retournèrent vers l'escalier pour voir Emmett, un gros sac de voyage à ses pieds.

-Je peux savoir ce que tu fais ?! Gronda Alice en le fusillant du regard.

-Je vais prendre l'air, c'est invivable ici ! Lâcha Emmett.

-La faute à qui ! Répliqua Jasper entre ses dents.

-Tu ne peux pas partir ! S'exclama Rose en se plantant devant lui. Tu n'as pas le droit de me laisser, de nous laisser !

-Suis-moi, proposa le grand brun, suis-moi car moi je ne resterai pas ici, pas tant que vous n'aurez pas ouvert les yeux sur l'autre !

-Putain, Emmett ! S'énerva soudain Bella. C'est ton frère ! Comment peux-tu être aussi borné et stupide ?! Edward ne t'a rien fait…

-Il…

-Si tu me ressors l'argument : il détruit la famille, le coupa Bella, je te fais bouffer ton sac ! Tu ne vois pas que c'est toi qui est en train de foutre la merde ! En plus, il s'est sauvé à cause de ta méchanceté ! Tu savais qu'il était fragile et tu as consciemment appuyé là où ça fait mal ! Que se serait-il passé si je n'avais pas trouvé Edward ? Que se serait-il passé s'il était resté toute la nuit dehors sous la neige et dans le froid ?

Bella remarqua que l'aîné des Cullen avait blêmi, ainsi, il était conscient de sa bêtise.

-Alors, maintenant, tu arrêtes tes jérémiades, tu redeviens le Emmett que nous apprécions et tu iras ramper aux pieds de ton frère pour qu'il te pardonne ! Termina-t-elle à bout de souffle.

-Jamais ! Jamais je ne m'abaisserais devant lui ! Il n'est pas mon frère, il n'est rien, il…

Un bruit sec claqua dans la pièce figeant tout le monde, Rosalie venait de gifler son compagnon. Elle l'observait furieuse, les poings sur les hanches.

-Je te conseille pendant ton petit séjour hors de la maison de bien réfléchir à ta stupidité et à tes actes ! Je te promets que tant que tu n'auras pas ouvert les yeux, ce n'est pas la peine de m'adresser la parole.

-Mais bébé…

-Je me demande bien pourquoi j'ai perdu mon temps à te défendre, tu me déçois énormément Emmett Cullen !

-Que se passe-t-il ? Demanda Esmé en entrant dans le salon attirée par leurs cris.

Bella se sentit d'autant plus mal quand elle vit Esmé pâlir, son regard allait du sac de son fils à son visage fermé.

-Où vas-tu Emmett ? Interrogea-t-elle d'une voix blanche.

-Je vais chez un copain sur le campus, répondit-il.

-Mais… Mais, tu ne peux pas, balbutia Esmé en se rapprochant de lui, Emmett, tu ne peux pas partir, pas maintenant… Je suis sûre que tout va s'arranger… Je parlerais à ton père, il se calmera… Et… Et je suis sûre qu'Edward n'est pas rancunier, ton petit frère a tellement de cœur qu'il te pardonnera, il…

-Il est tellement parfait ! Coupa Emmett en attrapant son sac et en traversant le salon. Faites-moi signe quand vous aurez ré-ouvert les yeux, je viendrais une nouvelle fois ramasser les morceaux !

Sur ces mots, Emmett sortit en claquant la porte. Esmé voulut se précipiter à sa suite, mais ses jambes refusèrent de la porter, elle chancela et se serait écrasée sur le sol si Jasper ne l'avait pas retenu. Bella se précipita à la cuisine pour aller chercher un verre d'eau tout en pestant contre son ami, Esmé n'avait pas besoin de ça en ce moment ! Elle n'osait imaginer la réaction de Carlisle… Chaque chose en son temps, se dit-elle, en regagnant le salon.

-Merci, Bella, chuchota Esmé qui était assise sur un divan et contenait difficilement ses larmes.

-Quel abruti ! Maugréa Jasper qui tentait de consoler sa sœur.

-Tout va s'arranger, tenta de se convaincre Esmé, tout va s'arranger. Votre père va rentrer ! Il va tout arranger et Edward ainsi qu'Emmett seront bientôt de retour. Oui, ils vont tous rentrer !

Sur ces mots, elle se leva d'un pas décidé sous les regards ahuris de ses enfants et de Bella.

-Esmé, où allez-vous ? Osa l'interroger Bella.

-Préparer le repas, répondit-elle, Bella, appelle ton père, vous dînez avec nous ce soir ! Tout le monde sera réuni pour le dîner !

-Tout le monde ? Répéta Bella surprise.

-Oui, Carlisle va ramener Edward et… Oh, il faut aussi qu'Aaron et Lynda dînent avec nous… Je vais faire plus de pommes de terre, avec Emmett à table, il risque de ne pas y en avoir assez.

-Maman ? Appela Alice qui était blanche.

-Plus tard, ma chérie, j'ai beaucoup de travail en cuisine !

Esmé sortit sous leurs regards incrédules et inquiets. Rosalie fut la première à réagir en attrapant le téléphone.

-Que fais-tu ? Lui demanda son frère.

-J'appelle Carlisle, il faut qu'il rentre !

-Maman a pété un câble, murmura Alice dont le visage avait perdu toute trace de gaieté, maman a …

-Alice ! L'appela durement Bella. Tu vas pas t'y mettre toi aussi ?!

-Non, je…, dit le petit lutin avant de respirer un grand coup, je ne suis pas certaine que ce soit une bonne idée d'appeler papa, il doit être suffisamment occupé avec Edward. Tu pourrais peut-être appeler ton père ?

-Je ne suis pas certaine qu'il soit d'une grande aide, avoua Bella, il n'est pas très doué ou à l'aise pour ce genre de chose.

-J'ai une idée ! Déclara Jasper en se dirigeant vers une commode où il prit un petit carton. Le numéro des agents Gibson !

-Donne ! Ordonna Rosalie en reprenant le téléphone. »

*******************

Edward s'éveilla lentement. Une main caressait ses cheveux et cela aurait pu l'angoisser s'il ne s'était pas senti en sécurité. Il ouvrit les yeux et croisa les prunelles émeraude de son père. Ce dernier lui sourit tout en posant sa main sur son front.

« -Ta fièvre a baissé, comment te sens-tu ?

Pour toute réponse, Edward reposa sa tête contre sa poitrine et referma les yeux. Il se figea quand un léger rire parcourut le corps de son père.

-Apparemment, je suis un oreiller plutôt confortable, sourit Carlisle.

Edward allait hocher la tête quand il se figea. Qu'avait-il pensé ? Comment avait-il appelé Carlisle ? Jusqu'à présent, il s'était borné à appeler Carlisle et Esmé par leurs prénoms, même s'il savait qu'ils étaient ses parents, il ne les voyait pas comme tels, mais là… Carlisle, son père. Esmé, sa mère. C'était tellement simple, tellement agréable de les voir ainsi.

-Tout va bien, Edward ? L'interrogea Carlisle sûrement inquiet face à son silence.

-Oui.

-Bien, comment te sens-tu ?

-Mieux.

-Très bien, écoute, Edward, je ne sais pas si c'est le moment, mais j'aimerais parler de ce que t'as dit Emmett. Ton frère n'aurait jamais dû te parler de cette manière, pas plus qu'il n'aurait dû brûler la photo d'Ana. Je te prie de bien vouloir accepter mes excuses. Excuse-moi pour le comportement idiot d'Emmett, excuse-moi pour ne pas avoir vu qu'il n'était pas tendre avec toi.

-Tu n'as pas à t'excuser, je sais que tu n'y es pour rien.

-Je tiens pourtant à le faire. Je veux aussi que tu saches que même si Emmett avait raison quand il a dit que nous ne désirions pas de suite un troisième enfant, ton arrivée a été une belle surprise, ta mère et moi étions ravis. Notre amour pour toi était aussi grand que celui que nous éprouvions pour Alice ou Emmett et plus tard Rose et Jasper.

-Je le sais.

-Tu le sais ?

-Oui, Lynda m'a donné le cahier de son père. Il parle beaucoup de vous, de votre amour, de votre peine. J'ai compris, je sais que vous m'aimez.

Son père se pencha et déposa un baiser sur son front.

-Je t'aime, mon fils, ta mère et moi, nous t'aimons, n'en doute plus jamais.

-Promis.

-Je veux aussi que tu saches que ce qui s'est passé l'autre soir dans ta chambre…

Edward se raidit aussitôt dans ses bras, pourquoi en reparlait-il ? Pourquoi remuait-il le couteau dans la plaie ? Il tenta de quitter l'étreinte de ses bras, mais son père ne le laissa pas faire.

-Edward, mon fils, écoute-moi, s'il-te-plaît, demanda Carlisle en le retenant dans ses bras, cela ne change rien à l'amour que nous ressentons pour toi. Tu es notre fils et nous t'aimons. Je ne te forcerais pas à parler car je pense que la décision doit venir de toi. Je veux juste que tu comprennes, que tu saches que ma porte te sera toujours ouverte, que tu peux me parler à tout moment. Ta mère et moi serons toujours là pour toi.

-Tu… Tu le lui as dit ? S'angoissa Edward dont la voix avait grimpé dans les aigüe.

-Je suis navré, mais elle est ta mère, elle avait le droit de savoir…

-Mais…

-Edward, tout comme moi, elle est blessée par ce que tu as subi, mais je peux te jurer qu'elle t'aime toujours autant ! Promit Carlisle avec ferveur. Tu sais, maintenant, ce que je vais te demander ?

-De rentrer avec toi.

-Oui, mais seulement quand tu seras prêt. Bien sûr, je serais heureux que tu rentres avec moi, ta mère, tes frères et tes sœurs attendent ton retour avec impatience, mais si tu as besoin de plus de temps, n'hésite pas à le prendre, personne ne t'en tiendra rigueur. »

Edward hocha la tête. Il avait eu envie de lui demander s'il était sûr qu'Emmett apprécierait son retour, il lui paraissait improbable que son aîné ait changé d'opinion en si peu de temps sur lui. Une partie de lui n'avait pas envie de quitter Carlisle et de retrouver le contact rassurant de sa famille, mais une autre partie de son être craignait qu'un nouveau conflit ne vienne briser la confiance, l'attachement qu'il commençait à avoir pour eux.

******************

Carlisle continua de bercer son fils. Sa respiration était régulière, mais il ne dormait pas. Il était certain que son cadet était en train de réfléchir à sa proposition, de peser le pour et le contre. Bien entendu, il aurait aimé qu'il ne se pose pas autant de questions, qu'il soit heureux de les retrouver, mais Edward avait trop souffert et il était plus qu'évident que maintenant son fils ferait tout pour se protéger d'une nouvelle blessure. Il tenta de se rassurer en se disant qu'il serait en sécurité avec Lynda et Aaron, et puis, ils étaient bien placés pour l'aider.

Pensant qu'Edward s'était rendormi, il se dégagea doucement de son étreinte pour aller voir les deux agents. Il ne put retenir un frémissement quand il fut stoppé dans son geste par la main de son fils qui agrippait fermement sa chemise. Une image, un souvenir s'imposa aussitôt à son esprit, Edward s'était accroché de la même manière à son doigt alors qu'il n'était qu'un bébé. Aussitôt, il se réinstalla sur le lit et resserra l'étreinte autour du corps assoupi de son fils.

Alors qu'il le pensait endormi, Edward parla, juste une phrase, quelques mots qui enflammèrent son cœur. Il ne put retenir un sourire et il était certain que ses yeux émeraude devaient pétiller de joie lorsqu'il entendit le dernier mot qui résonna agréablement à ses oreilles.

« -Ramène-moi à la maison, papa. »