Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.

MERCI, MERCI, MERCI pour toutes vos reviews !!!!!!!!! Merci pour vos encouragements !!!!

Virginie : Merci pour ta review… Pour Emmett, un début de réponse dans ce chapitre qui je l'espère te plaira. A bientôt !

Sophiebelier : Merci, voilà la suite, j'espère qu'elle te plaira !

Ousna : Merci pour ta review, je pense qu'Emmett à un grand fan club prêt à lui coller des baffes, lol… Merci pour tes encouragements, j'espère que cette suite te plaira. A + !

Bonne lecture !!!!

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Chapitre 10 : Faire le premier pas

Le véhicule tout terrain des agents du FBI roulait sur les routes enneigées. Edward resserra la couverture autour de son corps qui avait dû mal à se réchauffer. Carlisle s'en rendit compte, son père détacha sa ceinture et vint s'installer sur le siège du milieu. Après s'être rattaché, il le prit dans ses bras tout en les frictionnant. Il vit Lynda se pencher vers le tableau de bord pour augmenter le chauffage. Il voulut la remercier, mais une quinte de toux l'en empêcha. Carlisle posa sa main sur son front pour voir s'il avait de la température, vue la manière dont il fronça les sourcils, il comprit que celle-ci était revenue. Pourtant, il ne regrettait pas sa décision, même s'il appréhendait de revenir dans sa famille. Celui qu'il craignait le plus était Emmett, mais il craignait aussi le regard de sa mère, après tout, elle était au courant, au courant de tout... Il frissonna et son père resserra aussitôt son étreinte. Edward ne tarda pas à sentir la fatigue le gagner à nouveau. Sa tête lui semblait lourde, il voulut l'appuyer contre l'appuie-tête, cependant, elle glissa et elle reposa sur l'épaule de son père. Les lèvres de Carlisle déposaient un baiser sur son front au moment où il s'endormait.

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Bella, Alice et Rosalie aidaient Esmé en cuisine pendant que Jasper mettait la table. Les quatre jeunes gens ne cessaient d'observer du coin de l'œil la mère de famille qui semblait être perdue dans son univers. Bella regarda une nouvelle fois la pendule qui ornait l'un des murs de la cuisine, les autres suivirent son regard. Carlisle n'allait pas tarder à renter, sûrement accompagné de l'agent Gibson. Ils imaginaient sans peine la déception qu'aurait Esmé. Bella sursauta quand Jasper posa bruyamment la carafe d'eau sur la table.

« -Fais attention, mon chéri, lui demanda Esmé, tu vas mouiller la nappe !

-Pardon, Esmé… Esmé ?

-Oui, mon chéri ?

Bella suivit l'exemple de ses amies et fusillèrent le jeune homme du regard. Ce dernier soupira.

-Non, rien.

Esmé l'observa, un peu intriguée, son regard se posa ensuite sur la table, elle fronça les sourcils.

-Jasper, il manque des couverts, dit-elle tout en recomptant, il en manque trois.

-Emmett ne reviendra pas ce soir, maman, lui rappela Jazz alors que les filles scrutaient avec attention la réaction de leur mère, quant à Edward, tu sais qu'il a voulu partir. Je pense que Lynda restera avec lui.

-Je…Non, il va rentrer ! Ils vont tous rentrer !

-Maman, murmura Alice en retenant ses larmes, maman, tu…

-Ils sont revenus ! S'écria Esmé en entendant une voiture se garer.

Bella lui emboîta le pas. Esmé ouvrit à la volée la porte d'entrée. Son visage se figea et elle masqua difficilement sa déception.

-J'arrive trop tôt ? Demanda Charlie en voyant son expression.

-Non, non ! Le rassura-t-elle en le faisant entrer. Tu veux boire quelque chose ? Les autres ne sont pas arrivés.

-Non, ça ira, mais j'irais bien me réchauffer un peu devant la cheminée.

-Installe-toi, l'invita Esmé, je retourne en cuisine, j'ai deux à trois choses à terminer.

Charlie lui sourit et alla s'asseoir dans un fauteuil près de l'âtre, Bella le suivit.

-Que se passe-t-il ? Interrogea Charlie en dévisageant sa fille.

Bella soupira et tout en surveillant la porte de la cuisine, elle vint s'asseoir à ses côtés.

-Emmett a déconné, avoua-t-elle à voix basse, il a dit des choses horribles à Edward et c'est pour ça qu'il est parti. Puis, Emmett a pris la mouche et s'est barré.

-Celui-là, il aurait vraiment besoin de réfléchir avant d'agir.

-Tu sais que quand il est en colère, la réflexion est une chose qui n'existe pas chez lui. Bref, Carlisle est parti avec l'agent Aaron Gibson parce qu'Edward est malade. Et depuis…

-Depuis ? L'encouragea son père.

-Il semblerait qu'Esmé ait un peu perdu les pédales.

-C'est-à-dire ?

-Elle est persuadée qu'ils vont tous rentrer ce soir. Elle a préparé un repas pour eux.

-Tu sais, il faut lui laisser du temps. Cela fait beaucoup d'un seul coup.

-Je sais, mais je m'inquiète pour elle… »

Bella se tut en entendant une voiture s'arrêter devant la villa. Cette fois, elle était certaine que c'était Carlisle. Esmé jaillit dans le salon et se précipitait déjà vers la porte, Jasper la stoppa en l'emprisonnant dans ses bras. Rosalie et Alice se soutenaient et couvaient leur mère d'un regard anxieux.

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Carlisle observait son fils qui luttait pour rester éveiller. Il ne put se retenir de l'embrasser quand il s'endormit, sa tête blottie contre son épaule. La présence d'Edward avait quelque chose d'apaisant car il était la seule lueur d'espoir dans sa famille. Il avait retrouvé son enfant. Il l'avait vu terrifié, blessé, brisé, puis, doucement, Edward s'était ouvert, il les avait acceptés. Il était sûr que son fils avait tellement d'amour en lui qu'il serait le ciment qui réunirait et unirait sa famille jusqu'à la fin.

Aaron lui avait fait part de l'appel paniqué de ses enfants. Lynda était restée un long moment avec eux au téléphone, les rassurant, leur expliquant que tout allait s'arranger. Et tout allait s'arranger grâce au jeune homme blotti dans ses bras. Il avait aussi appris qu'Emmett était parti. Son cœur de père avait été blessé par sa réaction. Il avait eu envie de lui courir après et de le ramener manu militari à la villa après lui avoir passé le savon du siècle. Cependant, il savait qu'Emmett était celui de ses enfants qui avait un caractère explosif, il devait lui laisser le temps de se calmer et cela pouvait prendre du temps… Carlisle avait alors prit la décision de s'occuper en priorité d'Edward et d'Esmé, ensuite, il se chargerait d'Emmett. Le médecin ne put s'empêcher de sourire quand Aaron s'engagea dans le chemin qui menait à la villa. Lynda avait dit à ses enfants qu'il allait rentrer, mais elle n'avait rien dit au sujet d'Edward lui avouant que cela leur ferait une belle surprise. Aaron arrêta la voiture devant le perron.

***************

Bella serrait nerveusement la main de son père quand la porte s'ouvrit. L'agent Lynda Gibson entra et leur sourit. Elle s'écarta pour laisser entrer Carlisle qui tenait Edward dans ses bras, le second agent portait les bagages du jeune homme. Alors que tous allaient laisser éclater leur joie de le revoir, Carlisle coupa court à leurs cris de joie, il ne souhaitait pas qu'ils le réveillent. Avant qu'il ne l'emmène à l'étage, Esmé s'approcha pour embrasser son fils. La minute suivante, Carlisle emmenait le jeune homme à l'étage en compagnie d'Aaron. Lynda passa un bras autour de la taille d'Esmé.

« -Ca sent divinement bon, dit Lynda.

-Vous restez dîner avec nous, l'invita aussitôt Esmé, j'ai préparé un rôti avec des petits légumes.

-Merci pour l'invitation et ce sera avec plaisir, mais je dois admettre que je suis une piètre cuisinière, au grand damne de mon mari. Me donneriez-vous quelques conseils ?

En un tour de main, Lynda emmena Esmé dans la cuisine. Alice se laissa tomber dans le canapé, Rosalie et Jasper la rejoignirent. Tous trois soupirèrent de soulagement.

-Tout va s'arranger les enfants, garantit Charlie.

-Déjà le fait qu'Edward rentre va soulager maman, soupira Alice.

-Manque plus qu'Emmett et croyez-moi, je vais me charger de son cas ! Assura Rose d'un ton rageur.

-Chaque chose en son temps, tempéra Bella, profitons plutôt de la soirée.

-Tout à fait d'accord avec toi ma fille ! »

Carlisle redescendit en compagnie d'Aaron. Alors qu'ils s'installaient avec eux au salon, Esmé et Lynda les rejoignirent avec des plateaux. Elles déposèrent l'apéritif sur la table basse et commencèrent à servir tout le monde. Bella ne put s'empêcher de se réjouir. Il était revenu. Edward était rentré ! Elle avait senti son cœur s'emballer quand elle l'avait vu blotti dans les bras de Carlisle. Le jeune homme avait fait des progrès, il avait accepté de revenir. Elle pria pour que rien ne vienne gâcher son bonheur.

******************

Edward s'éveilla lentement. Il se sentait mieux, il s'enroula un peu plus dans sa couette et enfouit son visage dans son oreiller. Il resta ainsi quelques minutes sans bouger appréciant le fait de ne pas grelotter, ni de voir la pièce tanguer devant ses yeux. Le jeune homme se figea un instant. La pièce. Il rouvrit un œil et observa la chambre dans laquelle il se trouvait. Il se souvenait avoir demandé à son père de le ramener, tout comme il se rappelait à quoi ressemblait la chambre d'amis des Cullen et cela n'avait rien à voir avec ça !

Une douce chaleur s'insinua dans son corps alors qu'un sourire se dessinait sur son visage, il était dans sa chambre ! Son regard se posa sur les murs peints en bleu, puis, sur les meubles qu'il avait choisi. Il se leva, entraînant la couette dans son sillage qu'il garda autour de lui. Il sortit une main pour effleurer du bout des doigts le bureau, la bibliothèque déjà bien remplie, il sourit en reconnaissant quelques ouvrages qui étaient auparavant dans le bureau de son père. Il poursuivit son chemin, observant le canapé qui faisait face à un écran plat qui se trouvait non loin d'une chaîne stéréo murale. Son regard se posa enfin sur une porte qu'il entrouvrit. Il resta stupéfait sur le seuil en observant la salle de bain, sa salle de bain. Il ne comprenait pas, comment avaient-ils pu aller aussi vite dans les travaux ? Comment était-ce possible que tout soit déjà à sa place ?

En revenant dans sa chambre, il s'arrêta quelques minutes pour observer le paysage enneigé qui s'offrait à lui. La douce lueur de la lune baignait la petite clairière qui semblait scintiller sous ses rayons. C'est alors qu'il remarqua qu'il faisait nuit, la personne qui l'avait couché, sûrement Carlisle, avait pris soin de laisser une lampe allumée pour qu'il ne soit pas perdu. Tout en se dirigeant vers son armoire, il étouffa une quinte de toux. Il attrapa un jeans noir et un pull bleu qui lui paru suffisamment épais. Il frissonna lorsqu'il laissa tomber la couette et ôta ses autres vêtements. Il se dépêcha de mettre des vêtements propres.

Edward fit quelques pas dans sa chambre pour tenter de se réchauffer avant de se diriger vers la porte. Alors qu'il était en haut des escaliers, ses doutes revinrent l'assaillir. Qu'allait-il se passer ? Comment allait réagir Emmett ? Et Esmé ? Il respira profondément pour tenter de calmer ses nerfs et se dirigea vers la cuisine d'où provenait des rires. Il entra et s'arrêta timidement sur le seuil. Carlisle fut le premier à le remarquer, son père lui sourit aussitôt et se leva pour le rejoindre.

« -Comment te sens-tu ? Demanda-t-il en posant une main sur son front. Il semblerait que tu n'ais plus de fièvre.

-Mon chéri, s'écria Esmé.

Carlisle eut tout juste le temps de s'écarter avant que son épouse ne le bouscule pour, Esmé le prit dans ses bras, le serrant fermement contre elle. Il pouvait sentir les sanglots de sa mère glisser sur la peau de son cou. Esmé resserra son étreinte tout en tentant de reprendre le contrôle de son être.

-Je suis désolé, murmura Edward en percevant sa souffrance.

-Ne t'excuse jamais ! Ordonna sa mère à son oreille. Tu n'y es pour rien ! Et sache que je t'aime toujours autant, mon fils.

-Merci, maman.

Sa mère fondit une nouvelle fois en larmes, mais cette fois-ci il s'agissait de larmes de bonheur. Après avoir déposé des baisers sur ses joues, elle se recula et essuya rapidement son visage.

-Allez, viens t'asseoir, dit-elle, tu dois avoir faim ?

Edward laissa son regard errer sur la table qui croulait d'aliments. Son estomac se contracta à la vue de la nourriture.

-Je pense qu'Edward préfèrerait un potage, proposa Carlisle en voyant son expression.

-Je ne veux pas déranger…

Il se tut en voyant le regard réprobateur d'Esmé et de Carlisle. Ce dernier tira une chaise entre Jasper et Lynda.

-J'ai compris, chuchota Edward, je m'assois et je me tais.

Tous éclatèrent de rire, Esmé lui envoya un baiser depuis la cuisine où elle réchauffait le potage. Carlisle déposa divers comprimés devant lui.

-Tout va bien, murmura Jasper à son oreille, on est tous très heureux que tu sois de retour et Emmett ne t'embêtera pas.

-Vraiment ? S'étonna-t-il.

-Il est parti. »

Edward voulut en savoir plus, mais Jasper l'en dissuada du regard. Esmé déposa devant lui un bol fumant de potage. Les discussions reprirent autour de la table. Edward se laissa bercer par le ton joyeux. Carlisle, Aaron, Charlie et Jasper étaient en train de parler de voitures. C'était un sujet qu'il ne connaissait qu'à travers les livres, mais les hommes parlaient plutôt des sensations que des caractéristiques techniques qu'il avait retenues. Malheureusement, il n'avait jamais conduit et ne pouvait donc pas comprendre ce dont ils parlaient. Il se tourna vers les filles qui elles étaient en train de parler de vêtements ou de recettes de cuisine. Edward reporta alors son attention sur sa soupe. Il sursauta presque quand Aaron l'interpella.

« -Oui ?

-J'ai l'impression que tu étais perdu dans tes pensées, s'amusa l'agent du FBI, j'ai donné à Carlisle les résultats de tes tests d'aptitude. Tu peux intégrer le lycée de Forks si tu le souhaites, étudier à la maison ou t'inscrire à l'université.

-Oh, oui ! S'écria Alice. Tu vas venir au lycée avec nous !

-Tu risques de t'y ennuyer, remarqua Lynda.

-Alors, viens avec moi à la fac ! Lui proposa Rosalie. Tu vas voir on va bien s'amuser !

-Tout le monde se calme ! Intervint Esmé alors que Rosalie et Alice se disputaient leur frère. Edward restera à la maison avec moi !

Un léger silence s'abattit sur la tablée, alors que tous observaient avec appréhension la mère de famille.

-Euh, chérie, tu ne pourras pas garder éternellement Edward à la maison, il a besoin de sortir, de voir des gens, de se faire des amis, expliqua prudemment Carlisle.

-Cela peut attendre un peu, non ? Insista son épouse en le fusillant du regard.

-Je…

-Il faut qu'Edward sorte de sa bulle, dit doucement Lynda en lui prenant la main, il a 17 ans et ne connaît rien du monde qui l'entoure. Il doit le découvrir, faire ses propres expériences.

-Mais si…

-Il ne m'arrivera rien, assura Edward en plongeant son regard dans le sien.

-Oui, mais que tu ailles à l'université, murmura Esmé, ils seront tous plus âgés que toi et…

Edward n'écouta plus ses explications, ni celles de ses sœurs et de son frère qui exposaient les avantages qu'il vienne soit au lycée, soit à l'université. Pour sa part, il avait une autre envie et même si le lycée lui paraissait attrayant, son regard se posa quelques secondes sur Bella, il avait envie de faire tout autre chose.

-Edward a peut-être une idée de ce qu'il souhaiterait faire ? Proposa Bella mettant fin aux discussions.

-Bella a raison, appuya Carlisle alors que les autres allaient ouvrir la bouche, Edward ?

-J'aimerais… Enfin, je ne sais pas si c'est possible, mais j'aimerais suivre les cours de Mademoiselle Rovetta.

-Oh ! S'exclama Esmé. Je… Demain, je vais l'appeler pour lui en parler.

-Pas la peine, l'informa Carlisle, j'ai déjà inscrit Edward. Caroline m'a précisé que tu pouvais commencer dès que tu le souhaites.

-Merci, sourit Edward.

-Je me suis discrètement renseignée, commença Lynda en rougissant quelque peu, vue ton niveau scolaire, le directeur du lycée de Forks accepte de te recevoir pour quelques heures de cours.

-Mais il n'en a pas besoin, fit remarquer Rosalie.

-Je sais, mais…

-Mais ce que Lynda essaie de te dire, Edward, c'est que tu as besoin de côtoyer des jeunes de ton âge, compléta Aaron avant de fixer son épouse, je peux savoir quand tu as organisé cela ?

-Euh… En fait, je me suis dit que ce serait plus simple… Enfin, j'ai demandé à Nadia de lui fabriquer un dossier scolaire et j'ai appelé le directeur en me faisant passer pour une conseillère d'orientation. J'ai expliqué qu'Edward étudiait dans une école spécialisée pour surdoués, mais qu'il souhaitait se rapprocher de sa famille et vivre avec des jeunes de son âge car il était le cadet de sa promotion, admit la jeune femme.

-Un faux dossier scolaire ?

-Vois plutôt ça comme une couverture, Aaron, les gens se poseront moins de questions.

-Mais si quelqu'un appelle l'école ? Interrogea Charlie.

-J'ai donné un numéro spécial, il tombera directement sur Nadia qui a des consignes.

-Je vois que tu as pensé à tout, rigola Aaron. Cependant, je pense qu'Edward devrait avoir son mot à dire, tu n'es pas obligé de commencer les deux en même temps, choisis ce que tu as envie de faire.

-J'aimerais bien aller au Conservatoire, admit Edward.

-Et bien soit, acquiesça Carlisle, lundi tu passeras la journée au Conservatoire. »

Edward lui sourit pour le remercier. Les conversations reprirent autour de la table et la bonne humeur était de rigueur. Il découvrit que malgré son air sérieux, Aaron s'entendait bien avec son père et Charlie pour s'amuser. Quand ils eurent terminés leur repas, Esmé envoya tous les jeunes au salon pour regarder un film. Sous leurs yeux amusés, Jasper et Alice se chamaillèrent pour le choix du DVD, l'un voulait un film d'action et l'autre une comédie. Alors que le blond lui demandait son soutien en invoquant la solidarité masculine, Alice se mit à faire la moue. Edward retint un fou-rire face à la mine déconfite de Jasper que le petit lutin ne lâchait pas du regard. Tout en maugréant, Jazz rangea son DVD et alla s'asseoir pendant que sa compagne mettait son film en route tout en sautillant. Rosalie se déplaça et alla prendre place dans un fauteuil pendant qu'Alice se blottissait contre Jasper, il resta seul assis à côté de Bella.

Edward tenta de se concentrer sur le film, mais il avait dû mal tant la présence de la jeune fille assise à ses côtés le troublait. Au fur et à mesure que le film défilait, Bella avait changé plusieurs fois de position, elle s'était assise en tailleur avant d'allonger ses jambes devant elle, puis, elle s'était réinstallée en s'asseyant sur une de ses jambes repliée et laissa l'autre allongée. Durant tous ces mouvements, elle s'était rapprochée de lui, tant et si bien que maintenant leurs épaules se touchaient presque. Edward tentait de ne pas y penser pourtant il ne put réprimer un frisson. Aussitôt, il sentit Bella s'agiter. La seconde suivante, elle l'enveloppait dans une couverture tout en lui souriant. Il sentit ses joues rougir et baissa la tête après avoir murmuré un merci.

Le film défilait toujours devant ses yeux, mais maintenant il n'essayait même plus de s'y intéresser, il était trop occupé à lutter contre le sommeil. Soudain, il s'était un peu raidi. Bella s'était rapprochée de lui, elle avait ramené ses jambes contre son torse, tout en lui adressant un petit sourire, elle avait tiré un peu sur sa couverture pour couvrir ses pieds. Elle lui avait chuchoté qu'ils étaient gelés. La jeune fille se tint à nouveau tranquille. Il l'observa discrètement, contrairement à lui, elle semblait captivée par le film. Edward se laissa un peu glisser dans le canapé, sa tête s'appuyant contre le dossier de celui-ci. Peu à peu, ses paupières se fermèrent, il s'endormait. Edward se sentait bien, il était au chaud, une douce odeur de freesia l'entourait et il se blotti un peu plus contre cette source de chaleur d'où émanait ce parfum envoûtant.

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Les deux jours qui suivirent passèrent rapidement à ses yeux. Edward s'était réveillé une nouvelle fois sans savoir comment il était arrivé dans sa chambre. Il était descendu à la cuisine pour rejoindre les autres membres de la famille pour le petit-déjeuner. Alors qu'il venait tout juste de s'installer, il avait senti peser sur lui les regards amusés de Jasper, Alice et Rosalie. Alors qu'ils allaient ouvrir la bouche, Carlisle toussa en les regardant sévèrement, Esmé agit de même tout en remplissant son bol de lait. Edward se demanda s'il se passait quelque chose de grave. Il paniqua un instant en imaginant qu'ils étaient au courant de son secret, mais leurs yeux rieurs le détrompèrent et le rassurèrent. Carlisle proposa une sortie à Port Angeles au cinéma. Tout le monde accepta, Alice demanda si Bella pouvait venir, leurs parents acquiescèrent et cette fois, il lut la même étincelle dans tous leurs regards. Que se passait-il donc ?

Plus personne ne fit d'allusion, il surprit simplement quelques regards dans sa direction. Il avait essayé de demander des explications à son frère ou à ses sœurs, mais apparemment, ils ne souhaitaient pas le renseigner. Edward finit par se dire que ce n'était rien, peut-être était-ce lui qui se faisait des idées ? Ils allèrent donc au cinéma. A la sortie de la séance, il ne fut pas étonné de croiser Aaron et Lynda. Sans un mot, Carlisle tendit sa carte bleue à Alice qui entraîna aussitôt les filles dans une virée shopping ainsi que Jasper qui était censé porter leurs sacs. Ce fut le seul moment déplaisant du week-end. Ils étaient rentrés à l'hôtel et s'étaient installés dans le salon de la suite des deux agents. Edward était vraiment nerveux, il savait de quoi ils voulaient lui parler et il était étonné qu'ils lui aient laissé autant de répit.

Aaron parla, puis, Lynda. Il écouta, tête baissée, ses mains crispées sur ses genoux. Esmé caressait tendrement ses cheveux, Carlisle avait passé un bras protecteur autour de ses épaules. Ils lui demandèrent de parler, il resta muet. Ils posèrent des questions, il les ignora. Lentement, il se renfermait dans sa bulle. Il ne se rendit même pas compte que tous s'étaient tus. S'il avait relevé la tête, il aurait croisé leurs regards anxieux. Ce qui le ramena à la réalité fut les sanglots d'Esmé. Doucement, il releva la tête et croisa le visage striée de larmes de sa mère. Il ouvrit la bouche, un flot d'excuses lui échappa, il n'aimait pas la voir pleurer. Esmé le prit dans ses bras tout en lui demandant d'arrêter de s'excuser. Alors qu'il était toujours blotti dans les bras de sa mère, la voix de Carlisle résonna, ferme, mais pleine d'émotion. Lentement, il acquiesça donnant son accord. Aussitôt, les bras de Carlisle se refermèrent sur Esmé et lui. Aaron et Lynda quittèrent la pièce, les laissant seuls.

Ils avaient rejoint le reste de la famille dès qu'ils eurent retrouvé un visage serein. Personne ne les interrogea sur leur absence. Alice et Jasper souhaitaient aller au restaurant, mais personnellement, il serait incapable de manger. Esmé trouva un compromis, ils iraient chez le traiteur et mangeraient à la maison. Leur petit groupe parcourait tranquillement les rues de Port Angeles. Il ralentit le pas quand il vit que Rosalie marchait en retrait. Il ne tarda pas à être à la hauteur de sa sœur, celle-ci jeta rageusement son téléphone dans son sac. Elle essuya rapidement ses larmes en se rendant compte qu'elle n'était pas seule. Sans un mot, il la prit dans ses bras. Il sentit les bras de la jeune femme enserrer fermement sa taille alors qu'elle laissait libre cours à son chagrin contre son torse. Edward caressa tendrement ses cheveux, tout en lui murmurant que tout allait s'arranger. Rosalie aspira de grandes bouffées d'air avant de le relâcher. Elle chercha un mouchoir et essuya ses larmes avant d'esquisser un petit sourire pour le rassurer. Elle le remercia, déposa un baiser sur sa joue et le prit par la main pour qu'ils rejoignent les autres.

Edward avait remarqué que Rosalie n'était pas la seule à être affectée par le départ d'Emmett. Toute la famille s'inquiétait de l'absence de l'aîné, il avait entendu Esmé et Carlisle tenter de l'appeler plusieurs fois, ils chassaient rapidement leur peine quand leurs enfants arrivaient ne souhaitant pas les affecter. Cependant, ils n'étaient pas dupes. Il savait que Jasper était allé sur le campus pour essayer de faire entendre raison à Emmett, mais il avait échoué. Edward sortit de ses pensées et soupira tout en refermant son sac à dos pour les cours. Esmé avait insisté pour l'accompagner jusqu'au Conservatoire de Port Angeles, elle serait même restée en cours avec lui si Carlisle n'était pas intervenu. Un compromis fut donc trouvé, Edward l'appellerait à chacune de ses pauses ou lui enverrait un texto du moins durant la matinée. Il avait ensuite comme consigne de l'appeler avant de retourner en cours après le déjeuner, puis, lorsqu'il serait dans le bus pour rentrer à Forks où elle l'attendrait. Esmé avait fusillé son mari du regard quand il avait annoncé qu'Edward rentrerait seul. Carlisle avait alors argué que leur fils était grand et qu'il avait besoin d'indépendance et puis ce n'était qu'un petit trajet en bus. Esmé lui avait alors demandé son avis, bien sûr, Edward était un peu anxieux de se retrouver seul, mais il avait le désir de découvrir le monde qui l'entourait.

***************

Edward déjeunait avec les autres. Esmé ne cessait de le couver du regard ce qui attira sur lui les moqueries de ses sœurs et de son frère. Ces derniers ne tardèrent pas à partir. Esmé déposa un baiser sur son front, embrassa Carlisle et alla dans le garage pour sortir sa voiture. Alors qu'il allait saluer son père, celui-ci le retint par le bras et lui donna un petit paquet.

« -Qu'est-ce que s'est ? Demanda le jeune homme.

-Ouvre et tu le sauras, répondit son père dans un sourire.

Edward déchira l'emballage et remercia son père quand il vit le portefeuille en cuir noir.

-Merci, murmura-t-il.

-Il est rempli.

-Quoi ?!

Il ouvrit le portefeuille et souleva un sourcil quand il vit les billets ainsi qu'une carte bleue.

-Tiens, voilà le code, dit son père en lui tendant un papier, retiens-le et jette-le.

-Mais…

-Il n'y a pas de mais, il faut bien que tu ais de quoi payer ton déjeuner et le bus.

-Mais c'est trop.

-Comme je te l'ai dit, tous mes enfants ont le même argent de poche.

-Merci, papa.

-Allez, file, sinon ta mère va croire que tu as changé d'avis et elle va te séquestrer ici, rigola son père en l'embrassant.

Edward allait sortir de la cuisine tout en observant son nouveau portefeuille quand il stoppa, il se tourna vers son père et l'observa d'un air amusé.

-C'est juste au cas où, dit Carlisle un peu gêné, c'est le numéro de mon portable, de mon bureau, de la Clinique et de mon beeper… S'il-te-plaît, ne le dis pas à ta mère.

-Je ne dirais rien, assura Edward en souriant, je t'appelle à midi ?

-Merci. »

Edward lui fit un petit signe de la main avant de rejoindre sa mère. Ils roulèrent en silence jusqu'au Conservatoire. Quand ils s'arrêtèrent devant l'élégant établissement, Esmé lui avait déjà répété trois fois le numéro de bus qu'il devait prendre et l'endroit où il devait l'attendre. Elle l'embrassa une énième fois avant qu'elle ne le laisse sortir de la voiture. Il rejoignit Mademoiselle Rovetta qui l'attendait en haut des escaliers. Au moment où ils entraient dans le bâtiment, Esmé repartit.

« -Comment vas-tu, Edward ?

-Bien, Mademoiselle Rovetta.

-Appelle-moi Caroline, s'il-te-plaît, excuse-moi, mais tu me sembles un peu anxieux ?

-Je n'avais pas trop le loisir de sortir à mon ancienne école, murmura Edward.

-Ne te fais pas de soucis, j'ai promis à tes parents que tu resterais avec moi toute la journée. »

Edward lui sourit, il appréciait les efforts qu'elle faisait pour le mettre à l'aise. Ils ne tardèrent pas à rejoindre une salle où un orchestre répétait. Ils s'installèrent dans un coin de la salle et écoutèrent la répétition. Lorsqu'ils eurent terminés le chef d'orchestre remarqua leur présence, Caroline l'entraîna vers les étudiants et leur professeur. Il les écouta parler du choix des partitions et des arrangements. Sans qu'il ne le veuille son regard se posa sur l'immense piano noir à queue qui trônait non loin de lui.

« -Tu fais du baby-sitting ? Demanda le chef d'orchestre en lui jetant un coup d'œil.

-Non, je m'occupe d'une future star de la musique.

Edward sentit ses joues rougir et il baissa automatiquement les yeux vers ses chaussures, il n'était pas à l'aise avec les compliments.

-Tu me disais que tes élèves avaient dû mal à apprécier le Clair de Lune de Debussy ?

Le professeur grimaça tout en acquiesçant et Edward sentit ses mains devenir moites quand il entendit le nom du morceau, il savait ce que Caroline avait derrière la tête.

-Edward, peux-tu nous jouer le Clair de Lune ?

-Je… Je ne sais pas, murmura-t-il en sentant plusieurs regards peser sur lui.

-Edward, regardes-moi, ordonna Caroline en passant une main sous son menton pour lui faire relever la tête. Tu es doué, très doué, alors, monte sur scène et montre-leur à quoi ressemble un vrai musicien !

Edward sentit des regards moqueurs peser sur lui alors qu'il grimpait sur scène. Il s'assit sur le banc du piano et essuya ses mains sur son jean. Ses mains se posèrent ensuite sur les touches d'ivoire, un son indistinct et peu agréable sortit de l'instrument. Quelques rires résonnèrent vite étouffés par le regard sévère de Caroline. Il respira calmement et commença à jouer se laissant emporter par la musique. Lorsqu'il eut terminé, il se tourna avec anxiété vers les deux professeurs.

-Je suis jaloux, souffla l'homme, où as-tu trouvé cette perle rare ?

-Dans le restaurant de mon père, rigola Caroline. Peter Mac Clay voici Edward Cullen.

L'homme le rejoignit sur scène et lui serra la main.

-Attends, ce n'est pas fini, l'informa Caroline. Edward, peux-tu nous jouer l'une de tes compositions ? »

Edward acquiesça et se lança. Quand il eut terminé, il rougit en entendant les applaudissements. Sous les félicitations de tous, il descendit de sur scène car l'orchestre devait reprendre ses répétitions. Caroline et lui restèrent un instant à les écouter, puis, elle lui fit visiter le reste du Conservatoire. Comme promit, il appela Esmé et aussi Carlisle à la pause déjeuner. Alors qu'il terminait son repas, il sortit le plan qu'il avait imprimé discrètement à la maison. Prenant son courage à deux mains, il s'approcha de Caroline et lui demanda s'il pouvait aller faire un tour, remarquant le regard hésitant de la jeune femme il abattit sa carte secrète, elle lui sourit, rassurée et accepta qu'il sorte. Edward la salua.

Lorsqu'il se retrouva hors des murs du Conservatoire, Edward fit son possible pour calmer son cœur. Tout allait bien se passer, il n'avait aucune raison d'appréhender. Il avait tout calculé, il serait revenu à temps pour prendre son bus et rentrer à Forks. Un peu rassuré, il se mêla à la foule des passants.

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Emmett entra dans l'amphithéâtre et rejoignit les membres de son équipe de football américain. Il souffla en sortant ses affaires de cours. Il se demandait encore pourquoi il avait choisi ce cours ! Il n'y comprenait rien et en plus le prof prenait un malin plaisir à ridiculiser les membres des équipes sportives. Emmett était sûr qu'il devait se venger de ce qui lui était arrivé durant sa jeunesse. L'homme aigri entra et débuta son cours. Rapidement, il décrocha. Ses pensées, comme depuis plusieurs jours, errèrent vers sa famille, Rosalie… Ils lui manquaient, il avait dû mal à ne pas répondre à leurs appels. Brian, son coéquipier et meilleur ami, l'avait accueilli sans poser de questions, il avait essayé de lui changer les idées, mais il n'y parvint pas. Il essayait de se rappeler du planning de Rosalie, peut-être pourrait-il la croiser par hasard sur le campus ? Alice, Jasper et Bella devaient avoir repris les cours. Ses parents devaient être au travail, il ne put retenir un léger ricanement, non, ils devaient être à la maison en train de chercher un moyen de ramener l'autre !

« -Monsieur Cullen ! L'interpella le professeur. Vous avez dit quelque chose ?

-Non, monsieur Pratt.

-Il me semble bien que si, peut-être la réponse à ce problème ?

Emmett observa rapidement le tableau et il dut admettre qu'il n'y comprenait rien. Il serra les poings quand il vit le regard moqueur du professeur Pratt.

-Alors, monsieur Cullen ?

-…

-C'est bien ce qui me semblait, je ne vois pas pourquoi vous vous êtes inscrit à mon cours étant donné que vous n'êtes pas capable de suivre !

Emmett faillit lui répondre, mais il se rappela qu'il ne valait mieux pas. Soudain, Brian posa discrètement une feuille face à lui. Il observa quelques secondes avant de se décider, de toute manière, ça ne pourrait pas être pire.

-A est égal à la somme de l'équation de Cane et à celle de Brens. On peut aussi dire que A est le théorème de Thomas qui a été publié et validé par les scientifiques en 2006.***

Un étrange silence régna dans l'amphithéâtre. Emmett ne put retenir un sourire quand il vit le visage rouge de colère du professeur Pratt, il paraissait sur le point de s'étouffer.

-C'est exact, Monsieur Cullen, admit-il à contrecœur.

La cloche sonna à cet instant. Le professeur rangea rapidement ses affaires et sortit presqu'en courant de la salle. Emmett et ses amis ne retenaient plus leurs rires. Des élèves vinrent le féliciter pour avoir cloué le bec à leur professeur.

-Merci, les mecs, dit Emmett en se tournant vers ses coéquipiers, sans vouloir vous vexer, je ne pensais pas que l'un d'entre vous s'y connaissait autant !

-Tu dois remercier, John, c'est lui qui me l'a fait passer, avoua Brian.

-Mais ça ne venait pas de moi, le détrompa John, c'est ce môme qui me la filé. »

Emmett suivit son regard. Sa mâchoire se contracta, ses poings se serrèrent. Qu'est-ce qu'il foutait là ?! D'un pas déterminé, il se dirigea vers lui. Il le vit baisser la tête face à son regard furieux, il pouvait voir ses jointures blanchir alors qu'il s'accrochait désespérément aux bretelles de son sac à dos. Emmett se plaça face à lui et ne put retenir un grognement.

« -Qu'est-ce que tu fous là ?! »


*** : Ca ne veut rien dire, suis trop nulle en math....

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J'espère que ce chapitre vous a plu !! Je ne sais pas quand je pourrais publier la suite, je vais avoir pas mal de travail avant de partir en vacances où je n'aurais pas de connexion internet… Donc la suite sera en ligne au plus tard le 3 janvier. Je vous souhaite à toutes et à tous ( ?) de bonnes vacances et de bonnes fêtes de fin d'années !!!!!!