Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.

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Bonsoir tout le monde !!!

Avant mon blabla habituel, je tenais à vous souhaiter une bonne et heureuse année 2010, que ce nouvel an vous apporte amour, santé, bonheur, argent, bref, tout ce qui pourra le rendre parfait.

J'espère aussi que le Père Noël vous a gâté et que vous avez passé de bonnes vacances !

Encore une fois bonne année !

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Avant ce nouveau chapitre, je tiens encore à vous remercier pour toutes vos reviews ! Merci énormément !

Pour les anonymes :

Kimpa2007: Merci pour ta review !!! J'espère que la suite te plaira. Meilleurs vœux pour 2010 !!

Ousna : Merci pour ta review, j'espère que tu as passé de bonnes fêtes ! Et que le Père Noël t'a gâté ! Meilleurs vœux pour 2010 et à bientôt !

Bonne lecture !!!!

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Chapitre 11 : Mon frère

Edward déglutit péniblement en voyant Emmett se diriger vers lui d'un pas menaçant. Son regard croisa pendant quelques secondes celui de son aîné et il put y lire toute la colère qui l'habitait. Edward baissa les yeux espérant ainsi lui prouver qu'il ne cherchait pas le conflit, il voulait juste parler. Il risqua un dernier coup d'œil au grand brun avant de resserrer l'emprise de ses poings autour des bretelles de son sac à dos pour que son frère ne voit pas ses mains trembler. Edward inspira aussi discrètement que possible quand Emmett s'arrêta face à lui. Il serra les dents quand deux mains empoignèrent fermement son col de chemise et lorsque ses pieds quittèrent le sol.

« -Que fais-tu ici ? ! Gronda Emmett d'une voix emplie de colère.

Edward n'eut pas le temps de lui répondre, son aîné le plaqua brutalement contre le mur. Un gémissement de douleur lui échappa.

-Arrête ! Ordonna un grand brun qui essayait de lui faire lâcher prise. Putain, Emmett ! Lâche-le !

-Emmett ! Cria un blond qui ceintura son assaillant. T'es devenu dingue ou quoi ?!

Edward respira bruyamment quand il fut enfin libéré de la poigne de son frère. Il s'assit sur le sol pour reprendre ses esprits.

-Ca va aller ? Lui demanda le grand brun en s'agenouillant à ses côtés alors que le blond forçait Emmett à reculer.

-Oui, merci.

-Y'a pas de quoi, sourit l'homme en posant une main affectueuse sur son épaule.

-Putain, mais lâche-moi, John ! Hurla Emmett en se débattant.

-Ca suffit ! Arrête ton cirque ! S'énerva à son tour le grand brun en se postant devant Edward. Calme-toi !

-Brian a raison, dit celui qui s'appelait John, c'est grâce à ce gars que tu as pu fermer sa grande gueule à Pratt ! … Au fait, t'es pas un peu jeune pour être étudiant ?

Edward baissa la tête, il n'avait pas le droit d'être ici. Alors qu'il allait répondre, Emmett le fit pour lui.

-Oh, non ! Monsieur Parfait pourrait même être prof ! Il est tout à fait dans son élément ici et il vient même de prouver une fois de plus sa supériorité !

-Ecoute, Emmett, je ne suis pas venu pour me battre avec toi, je veux juste te parler, plaida Edward.

-Oh ! Attention ! Monsieur Perfection va parler ! Ecoutez chacune de ses paroles car, nous, ignares, trouverons la lumière !

-T'as pas fini de dire des conneries, grogna Brian en aidant Edward à se relever. Bon, tout le monde retourne à ses occupations pendant que je m'occupe de ces deux là ! Allez, venez.

Edward suivit sans difficulté le jeune home qui l'avait aidé, ce qui n'était pas le cas d'Emmett qui traînait des pieds. Cependant, son bienfaiteur réussit à les entraîner dans une petite salle de repos qui était déserte. Il lui fit signe de s'asseoir, ce qu'il fit. Emmett, quant à lui, se tenait debout, les bras croisés sur sa poitrine, bien décidé à les ignorer.

-Arrête de faire la tête, Emmett, ça ne changera rien, déclara Brian.

Emmett soupira avant de venir s'asseoir en traînant des pieds.

-Bien, acquiesça le grand brun, comme tu l'as sans doute deviné, je m'appelle Brian, et toi, comment tu t'appelles ?

-Edward.

-Enchanté Edward. Maintenant que les présentations sont faites, l'un de vous deux pourrait-il m'expliquer ce qu'il se passe ? Emmett ?

-…

Edward releva la tête. Emmett était assis dans un fauteuil, ses bras étaient croisés sur son torse et il fixait obstinément la fenêtre. Edward soupira. Il savait que ce ne serait pas simple, mais là, ça n'annonçait rien de bon.

-Emmett ? Insista son ami. Arrête de faire ta tronche de cake ! Emmett ! Bon, tu ne veux pas parler ? Très bien. Alors, je vais te dire ce que je pense. Il y a quelques jours, tu débarques chez moi comme un dingue. Tu es d'une humeur massacrante. Tu ne parles plus à ta famille et encore moins à Rosalie, ce qui est irréel. Puis, Edward débarque et tu te mets à vouloir jouer des poings. C'est fini avec Rosalie ? C'est pour ça que tu as quitté la villa ?

-Quoi ?! S'écria Emmett en sortant brutalement de son mutisme.

-Elle sort avec lui, c'est ça ?

-Non, mais ça va pas ! Hurla l'aîné des Cullen.

Edward se sentait vraiment mal à l'aise, l'ami d'Emmett avait vraiment tout faux ! Il devait éclaircir la situation avant que Brian n'envenime les choses sans le vouloir ! Alors qu'il allait ouvrir la bouche, Emmett soupira bruyamment avant de lui lancer un regard peu amène.

-C'est mon frère, marmonna-t-il.

-Ton frère ? Répéta Brian. Ok. C'est plus compliqué que je ne le pensais, qu'est-ce que Jasper a à voir dans cette histoire ?

-Pourquoi tu me parles de Jasper ?! Maugréa Emmett.

-Tu viens de me parler de ton frère, lui rappela Brian perdu.

Emmett soupira une nouvelle fois avant de lever les yeux au ciel et de se mettre à marmonner dans sa barbe.

-Je suis désolé, s'excusa Edward attirant ainsi l'attention de Brian, il ne parlait pas de Jasper, mais de moi.

-De toi ? Répéta Brian éberlué avant de se tourner vers son ami. Je croyais que t'avais qu'un frère ?

-Ouais, ben, j'aurais préféré, souffla Emmett.

-J'aurais jamais cru que le Doc serait allé voir ailleurs, ta mère est vraiment une femme bien, elle ne mérite pas ça, assura Brian. Franchement, c'est pas contre toi Edward, tu y'es pour rien, mais jamais je n'aurais cru que Carlisle pourrait…

-Non ! Le stoppa Edward avant qu'il n'en dise plus. Carlisle et Esmé sont mes parents.

-Euh… Donc… Je capte plus rien, les gars… Pourquoi tu ne m'as jamais parlé de ce frère ? Attends… Je suis souvent venu chez toi, j'ai jamais vu des photos ou quoi que ce soit concernant Edward ?

-C'est une longue histoire, je… Nous avons été séparés pendant bien des années, expliqua Edward, et on vient juste de se retrouver.

Une lueur de compréhension passa dans le regard de Brian, peut-être avait-il compris ? Sûrement, même, mais il ne faisait qu'entrevoir une partie de la vérité et cela était suffisant.

-Donc, ton frère se ramène à la maison et toi tu claques la porte ? Résuma Brian.

Emmett se contenta de soutenir son regard et de froncer les sourcils. Edward se rendait bien compte qu'ils étaient en train de mener une conversation silencieuse et il ne savait pas si cela allait l'aider ou non.

-T'es vraiment un con ! Lâcha soudain Brian. Et j'imagine que ton comportement de tout à l'heure n'est qu'un aperçu de ce que tu as fait ?

-…

-Tu sais pourtant que quand tu es en colère, tu ne réfléchis plus ! Lui rappela son ami. J'aimerais que tu sois honnête avec moi, Edward, ton frère, a-t-il fait quelque chose qui mérite un tel comportement ?

-…

-Emmett ? Réponds-moi, s'il-te-plaît !

-Non, reconnut de mauvaise grâce Emmett.

-Bien, on progresse, soupira Brian soulagé. Edward, veux-tu que je colle un pain à ton crétin de frère ?

-Non, s'empressa-t-il de répondre, il ne voulait surtout pas qu'ils se battent, je veux juste parler avec Emmett, enfin, s'il est d'accord ?

Edward avait terminé sa phrase dans un murmure, craignant la réaction de son aîné qui était toujours aussi renfrogné.

-Il me semble que c'est la moindre des choses, admit Brian en se levant.

Edward fut surpris de voir le jeune homme se pencher vers Emmett, il lui murmura quelques mots à l'oreille, aussitôt, son frère se raidit et grogna un oui.

-Parfait, sourit Brian, je vous laisse discuter. Je suis juste derrière la porte Edward, appelle-moi si tu as besoin de quoi que ce soit.

-Merci, chuchota-t-il.

Le jeune homme lui sourit avant de sortir de la salle, les laissant seuls. Un silence assez inconfortable s'installa entre eux. Il ouvrit plusieurs fois la bouche, mais aucun son n'en sortait. Pourtant, il avait répété un bon nombre de fois ce qu'il allait dire au grand brun, mais là, plus rien ne lui semblait approprier.

-Je t'écoute !

La voix sèche d'Emmett le fit sursauter. Il releva la tête et croisa son regard à la fois furieux et impatient.

-Je suis désolé, murmura Edward, désolé que les choses aient aussi mal tournées. Je suis navré d'avoir bouleversé ta vie…. Je… J'ai beau réfléchir, je ne vois pas ce que j'ai fait pour te blesser. Alors, j'espère juste que tu m'expliques pour que je puisse m'excuser et que tout s'arrange entre nous.

-Et si je n'avais pas envie d'arranger quoi que ce soit ?

-Il le faut, Emmett. Je te promets que je ferais tout ce qu'il faut pour que tu arrives à me supporter, je resterais dans ma chambre, je serais aussi discret que possible, je…

-Pourquoi fais-tu ça ? Coupa soudain Emmett.

-Ils sont malheureux, avoua Edward, ils sont tous malheureux que tu sois parti, je sais qu'ils essaient de ne pas le montrer mais… Jasper s'ennuie, Alice est souvent triste, tout comme Bella, Rosalie pleure et … Papa et maman, je sais qu'ils cachent leur peine, mais parfois, quand ils croient qu'on ne les entend pas… Maman pleure et papa ne sait plus quoi faire pour la réconforter. Alors, il faut que tu reviennes, pour eux, mais aussi pour toi, je vois bien que toi aussi tu n'es pas heureux. Je t'en prie, Emmett, essayons d'arranger les choses. Dis-moi quoi faire ?

Son frère se leva et marcha d'un pas lourd vers la fenêtre, ses mains enfoncées dans les poches de son jeans. Tout en contemplant le paysage, il soupira. Edward ne savait pas quoi penser de son comportement.

-Tu vas partir, lâcha soudain Emmett.

Edward eut l'impression de recevoir un coup de poing dans le ventre. Il peina à retrouver sa respiration alors que ses doigts se crispaient sur les accoudoirs du fauteuil. Etait-ce donc la seule solution ? N'y avait-il pas une autre conclusion possible ? Non, sûrement que non… Il voulait ce qu'il y avait de mieux pour sa famille. Il souhaitait les voir à nouveau réunis. Après tout, ils étaient heureux avant son arrivée, c'était lui qui avait tout gâché. Emmett avait raison, c'était à lui de partir, c'était lui l'intrus. Edward se leva, se tenant au fauteuil tant ses jambes tremblaient, il ravala les larmes qui brûlaient ses yeux.

-D'accord, bafouilla-t-il à cause des sanglots qu'il retenait, je suis sûr que Lynda et Aaron trouveront une solution. Je…

-Quoi ? !

Edward releva la tête et croisa le regard intrigué d'Emmett qui daignait enfin le regarder.

-Ne t'inquiète pas, je vais partir, tout va redevenir comme avant.

-Tu veux partir ?

-Je fais ce qui me semble être le mieux.

-Réponds-moi, veux-tu partir ?

-Non, confia Edward, je tiens à eux et à toi aussi… C'est pour ça que j'accepte de partir. Tout va redevenir comme avant, vous serez heureux.

-Tu les appelles papa et maman ? Demanda Emmett en retournant dans sa contemplation de la fenêtre.

-Oui.

-Je… Assieds-toi, Edward, souffla Emmett d'une voix lasse en revenant s'asseoir en face de lui, il faut qu'on parle.

Edward, bien que surpris, obéit et s'assit sur son fauteuil.

-Tu veux pas te mettre à l'aise ? Questionna son frère en lui adressant pour la première fois un vrai sourire. Enlève ce sac à dos et détends-toi, je vais pas te mordre.

Edward esquissa un faible sourire, il était bien trop étonné par le changement de comportement de son aîné. Il ôta son sac et le posa à ses pieds.

-Tout à l'heure, quand j'ai dit que tu allais partir, je n'ai pas dit que je souhaitais que tu partes.

-Je ne comprends pas, balbutia Edward.

-Depuis que j'ai quitté la maison, j'ai eu pas mal de temps pour réfléchir, pour repenser à tout ça et je dois admettre que je ne suis pas fier de ce que j'ai fait ou dit. Tout d'abord, je voudrais que tu me pardonnes, jamais je n'aurais dû jeter la photo de cette femme au feu.

-Je…

-Non, laisse-moi terminer, s'il-te-plaît. Je me suis conduit comme un vrai connard avec toi, tu es mon petit frère, tu avais besoin de mon aide et je t'ai rejeté, pour cela aussi je te demande de me pardonner. Je n'ai aucune excuse pour expliquer mon comportement, sauf peut-être que j'avais peur.

-Peur ?

-Peur que tu partes une nouvelle fois, avoua Emmett. Tu sais, contrairement aux autres, j'ai des souvenirs des années qui ont suivi ta disparition, j'ai vu nos parents souffrir, pleurer. Je les ai entendus murmurer, appeler ton prénom dans leur sommeil. Je les ai vus se déchirer, se disputer. J'ai vu mon père se reprocher de n'être pas resté à tes côtés. Je n'étais qu'un petit garçon, je ne comprenais pas réellement ce qu'il se passait, la seule chose que je savais c'était qu'ils étaient malheureux par ta faute. J'ai alors commencé à te haïr, je te détestais de faire souffrir ainsi nos parents. Au fur et à mesure que leur peine disparaissait, qu'ils se reconstruisaient, ma colère à ton encontre s'amenuisait. Mais quand tu es revenu, ce sentiment a remplacé l'amour que j'aurais dû éprouver pour toi. Je n'avais qu'une crainte : que tu fasses encore souffrir notre famille.

-Et c'est ce que j'ai fait, reconnut Edward d'une voix étranglée.

-Non ! Non ! S'empressa de protester Emmett. Tu n'y es pour rien, si je n'avais pas été un parfait crétin, nous serions tous ensemble à la villa, nous serions en famille. Le seul responsable de ce carnage, c'est moi, tu m'entends ? Je ne veux surtout pas que tu culpabilises à ma place, d'accord ?

-Je… Je vais essayer, mais…

-Pas de mais, Edward ! Je … Bon, souffla Emmett avant de se lever et de s'avancer vers lui, que dirais-tu de tout recommencer à zéro ?

-D'accord, accepta Edward avec joie en serrant la main du grand brun.

-Viens, par là, maugréa Emmett.

Edward fut surpris par l'étreinte maladroite que lui donna son aîné. Aussi rapidement qu'il le prit dans ses bras, il le relâcha, visiblement mal à l'aise. Ils se fixèrent un instant, aucun des deux n'osant parler.

-Tu vas rentrer ? Osa demander Edward dans un murmure.

-Oui, acquiesça son frère, oui, j'ai pas mal de choses à me faire pardonner… Putain, Rose, va m'en faire chier ! Oh, et Alice…

Emmett se laissa tomber dans un fauteuil et prit sa tête entre ses mains tout en se lamentant.

-Je… Je suis sûr que ça va pas être si terrible que ça, tenta de le réconforter Edward, et puis si ça peut t'aider, pour moi, il n'y a aucun problème, je t'ai déjà pardonné.

L'aîné des Cullen releva la tête, Edward se sentit déstabiliser par son regard. Aussitôt, il baissa la tête, ses mains venant trifouiller nerveusement le rebord de son manteau.

-Tu es vraiment quelqu'un de bien, Edward, lâcha Emmett avec sérieux, papa avait raison, tu es un parfait mélange d'Alice et moi, en plus, il semblerait que tu ais prit le meilleur.

-Non, tu…

-Ne baisse pas la tête.

Edward sentit les doigts de son frère se poser sur son menton pour le forcer à relever la tête.

-Tu es quelqu'un de bien, tu dois avoir confiance en toi et je t'y aiderai. Première leçon : ne baisse jamais les yeux, tu es un Cullen !

-A ta place, je ferais gaffe, Edward, lança Brian de sur le pas de la porte, sinon dans quelques minutes, il va t'apprendre à parader comme un paon.

-Qu'est-ce que tu fous là ? Grogna Emmett à l'encontre de son ami.

-Je n'entendais pas de bruits, je me suis donc demandé si tout allait bien. Bon, les gars, c'est pas que ça me fait pas plaisir de vous voir dans les bras l'un de l'autre, mais il se fait tard et si vous voulez rentrer à Forks vous feriez mieux d'y aller.

-Il est si tard que ça ? Demanda Emmett.

-18 heures.

-J'ai manqué mon bus ! Réalisa Edward avec effroi.

-T'inquiète, je te ramène, lui rappela Emmett.

-Mais, maman…

Edward sortit son portable de la poche de son jean, étonné de ne pas l'avoir entendu sonner, pourtant, Esmé devait attendre son appel. Il appuya sur une des touches du mobile mais celui-ci restait éteint.

-J'ai plus de batterie, se lamenta-t-il, maman va être mal quand elle ne me verra pas à la descente du bus. Il faut que je la prévienne. Tu pourrais me prêter ton téléphone ?

-Non, attends, on va lui faire la surprise, décida Emmett.

-Mais… Le temps que l'on rentre, ils auront le temps de s'inquiéter et…

-Allez, on sera à la villa dans une heure, ne te fais pas de soucis !

-Emmett ! »

Edward suivit son frère et son ami dans les couloirs, ils se dirigeaient vers les dortoirs pour récupérer les affaires d'Emmett. Il aurait bien aimé pouvoir appeler Esmé ou Carlisle pour les rassurer, mais même Brian refusa de lui prêter son téléphone arguant qu'il allait gâcher la surprise. Il essaya de se rassurer en se disant qu'il serait rapidement à Forks, mais il n'y serait jamais avant l'arrivée du bus… Esmé allait l'y attendre. Il commença à se ronger les ongles pendant que son aîné était en train de réunir ses affaires. Il ne put s'empêcher de soupirer de soulagement quand son frère vint le rejoindre, son sac prêt. Brian les accompagna jusqu'à la jeep d'Emmett. Ils traversaient le campus et il ne put s'empêcher d'observer tout ce qui l'entourait. Il régnait en ces lieux une effervescence qui lui plaisait. Les étudiants riaient, parlaient entre eux ou avec des professeurs. Edward avait devant lui un lieu qui pourrait satisfaire sa curiosité, assouvir sa soif de connaissance. Ses yeux se posèrent sur l'immense bibliothèque qui se tenait devant lui, il devait y avoir tant d'ouvrages, tant de livre qu'il aurait aimé consulter.

« - Edward ! Edward ! You hou !

Le jeune homme sursauta en entendant la voix de son frère, il tourna la tête et croisa les regards amusés des deux jeunes gens.

-Quelque chose me dit que tu es plus intéressé par la bibliothèque que par les demoiselles, ricana Brian.

Edward rougit quelque peu alors qu'un groupe d'étudiantes passait devant eux, leurs regards le mirent mal à l'aise, elles le détaillaient avec insistance et des gloussements leur échappaient.

-Tu ne nous présentes pas Emmett ? Questionna une blonde plantureuse.

-Euh… Laisse-moi réfléchir, Tanya, non ! Lâcha Emmett.

-Pff ! Souffla dédaigneusement la blonde en s'approchant et en lui tendant sa main. Je m'appelle Tanya et toi ?

-Et lui, il est en retard, dit Brian en s'emparant de son bras pour l'éloigner du groupe de filles.

-T'es pas son père, répliqua Tanya, alors, comment tu t'appelles, beau gosse ?

Edward était de plus en plus mal à l'aise, son frère et son ami essayaient de l'entraîner ailleurs, mais elles leur barraient le passage.

-Vous ne devriez pas être en cours ? Lança la voix d'un homme.

Malgré quelques protestations, les étudiantes s'éloignèrent, laissant place à un homme d'une quarantaine d'années qui les dévisageait avec bienveillance. Edward sentit son cœur s'arrêter lorsque leurs regards se croisèrent.

-Merci pour votre aide, Docteur Matthews, le remercia Brian.

-Je t'en prie, Brian, me présentes-tu tes amis ?

-Oui, voici Emmett et Edward Cullen. Les gars voici le Docteur Matthews, imminent médecin de l'Hôpital de Seattle qui vient donner quelques cours aux humbles étudiants que nous sommes.

-Serait-ce de la raillerie que je perçois dans ta voix ? Demanda le médecin en souriant.

-Non, bien sûr que non, s'empressa de répondre Brian.

-Je suis rassuré, rigola le médecin.

Ils se mirent à rire pendant qu'Edward tentait de trouver un moyen pour s'éclipser le plus discrètement possible.

-Oh, fait pourras-tu dire à Cathy qu'elle a eu une bonne note à son TP ?

-Voilà qui va rassurer ma copine, dit Brian soulagé, elle adore vos cours et a toujours peur de vous décevoir.

-Peut-être même que Cathy apprécie plus le professeur que le cours ? Se moqua Emmett.

Brian cessa aussitôt de rire et se lança à la poursuite de son ami à qui il proférait mille et une menaces. Edward esquissa un sourire quand il vit son aîné se faire plaquer brutalement sur l'herbe.

-Cela me fait plaisir de te voir sourire, dit doucement le Docteur Matthews, comment va ton bras ?

-Ca va, murmura Edward en évitant son regard.

-Je suis heureux que tu ais trouvé une famille.

-C'est ma famille, ma vraie famille.

-C'est d'autant plus magnifique. Edward, chuchota l'homme en posant une main réconfortante sur son épaule, tout va bien se passer. Je sais que tu ne me crois sûrement pas, mais je vais tout faire pour que cela se passe au mieux.

-Vous avez raison, je ne vous crois pas, balbutia-t-il d'une voix tremblante.

-Hey ! Edward ! Cria Emmett en courant vers lui. Faut qu'on y aille ! Merci, Docteur ! Au revoir !

-Au revoir, les garçons et soyez prudents sur la route. A bientôt, Edward, termina l'homme dans un murmure qu'il fut le seul à entendre. »

Edward hocha discrètement la tête et suivit son frère vers sa voiture. Ils saluèrent Brian et Emmett prit la route de Forks. Alors qu'ils roulaient, Emmett trafiquait la radio pour pouvoir suivre un match des Giants. Edward sourit en voyant son frère s'emporter derrière son volant comme si les joueurs pouvaient l'entendre. Tout en continuant à suivre le match, il lui expliquait les rudiments de ce sport tout en tentant de l'y convertir. Edward ne vit pas le trajet défiler sous ses yeux, il fut donc surpris lorsqu'ils s'engagèrent dans le chemin menant à leur maison. Emmett se garait tout en lui promettant de l'emmener bientôt voir un vrai match. Edward descendit de la jeep et sentit son angoisse revenir quand il vit la voiture de patrouille de Charlie ainsi que celle des agents fédéraux. Il se dépêcha de gagner la villa et d'y entrer. Il pénétra dans le salon et tous les visages se tournèrent vers lui affichant une mine soulagée. Esmé se leva et se précipita pour l'étreindre fermement.

« -Merci, Seigneur, tu vas bien, murmura-t-elle en couvrant son visage de baisers.

-Que s'est-il passé ? Pourquoi as-tu quitté le Conservatoire ? L'interrogea Carlisle en le prenant à son tour dans ses bras. Pourquoi ne répondais-tu pas au téléphone ?

-Nous étions morts d'inquiétude ! Avoua Esmé.

-Où étais-tu ? Demanda Aaron dont le regard acéré plongea dans le sien.

Edward déglutit. Même s'il paraissait soulagé, Aaron semblait furieux, tout comme Charlie. L'agent du FBI allait parler, mais Lynda le fit taire.

-Je suis sûre qu'Edward avait une bonne raison d'agir ainsi, plaida Lynda.

-Je…

-Bonjour ! Lança la voix de son frère qui se tenait maintenant à ses côtés.

-Emmett ! Souffla Esmé en le prenant dans ses bras. Oh, mon chéri ! Tu es rentré ! Enfin !

-Oui, maman, murmura l'aîné des Cullen en déposant un baiser sur son front, je suis rentré.

-Mais… Mais comment… Enfin, je pensais que tu étais toujours fâché, que tu…

-J'ai été un vrai idiot, reconnut Emmett, heureusement, mon petit frère est venu me remettre les idées en place.

-Tu… Tu es allé à l'Université ? Demanda Carlisle en le fixant.

-Je… Oui, je suis désolé, je sais que je devais rester au Conservatoire, mais… mais il fallait que j'essaye de tout arranger.

-C'était très imprudent de ta part de partir en douce, le gronda son père en le reprenant dans ses bras, mais c'est très courageux et très généreux d'avoir fait ça. Merci.

-Bon et bien, je crois que notre présence ici n'est plus nécessaire, déclara Lynda, on va rentrer.

-Je vous suis, ajouta Charlie, à bientôt !

-Merci et je suis vraiment désolé de vous avoir alerté pour rien, s'excusa Carlisle.

-Je vous assure que je préfère que vous nous ayez appelés pour rien, dit Aaron. Au revoir.

Edward salua les trois représentants de l'ordre qui quittèrent rapidement les lieux. Ils se retrouvèrent seuls avec leurs parents qui les firent asseoir dans le salon.

-Ca va barder ! Murmura Emmett en s'asseyant à ses côtés.

Edward respira lentement pour se calmer, malgré lui, ses mains se crispèrent sur son pantalon et une sueur froide glissa le long de son échine.

-Edward ? Appela doucement la voix de Carlisle.

D'un geste hésitant, il releva la tête pour croiser le regard empli de douceur de son père.

-Edward, calme-toi, s'il-te-plaît. Ta mère et moi, nous comprenons pourquoi tu as agi de la sorte et nous te sommes reconnaissant d'avoir réuni notre famille car il semblerait que tout aille pour le mieux entre vous deux ?

Il hocha la tête pour confirmer ses dires, Emmett en faisait tout autant.

-Bien, poursuivit Carlisle, cependant, même si cela partait d'un bon sentiment, tu nous as désobéi et tu ne répondais pas au téléphone.

-Il n'avait plus de batterie, le défendit Emmett, il voulait m'emprunter mon téléphone, mais j'ai refusé, je voulais que l'on vous fasse une surprise. Je suis désolé que vous vous soyez autant inquiétés, mais c'est ma faute et pas la sienne.

-Enfin, mon chéri, tu devais bien te douter que je serais folle d'angoisse quand je ne verrai pas ton frère à la descente du bus ?

-Pardon, maman.

-Mais le pire, poursuivit Carlisle, c'est lorsque nous avons appelé Mademoiselle Rovetta pour savoir si tu étais avec elle et qu'elle nous a annoncé qu'elle te pensait avec nous, tu lui as dit que nous étions venus te chercher ?

-Oui, avoua Edward en baissant la tête.

-Tu sais que tu vas être puni pour avoir menti et avoir désobéi ? Continua son père.

-Oui.

-Edward, mon fils, murmura Carlisle en se levant pour venir s'agenouiller en face de lui, chut… Tout va bien, regarde-moi.

Edward releva la tête, leurs regards émeraudes se mélangèrent. Carlisle caressa tendrement sa joue.

-Comme punition, tu vas rester dans ta chambre jusqu'à l'heure du repas. Je ne veux pas que tu en sortes tant que je ne t'aurais pas appelé, d'accord ?

-Oui, soupira Edward rassuré.

-N'oublie jamais que je ne te ferais jamais du mal, murmura son père à son oreille.

Edward acquiesça de la tête et sous l'invite de son père se leva pour se rendre dans sa chambre. Esmé l'intercepta au passage pour l'embrasser une nouvelle fois.

-Je t'apporte des cookies et un verre de lait dans quelques minutes, chuchota sa mère en lui faisant un clin d'œil.

Il lui sourit et c'est le cœur léger qu'il s'engagea dans l'escalier.

-Edward ?

Le jeune homme s'arrêta et se tourna vers son père qui venait de l'interpeller, ce dernier arborait un petit sourire moqueur.

-Oui, papa ?

-Pendant que tu seras dans ta chambre, pense à charger la batterie de ton portable !

-Oui, papa. Et… Enfin, ne soyez pas trop durs avec Emmett. Il… Ecoutez ce qu'il a à dire. »

Ses parents lui sourirent avant qu'il ne grimpe les marches de l'escalier et qu'il ne regagne sa chambre. Il ôta son manteau et le déposa sur le fauteuil de son bureau. Il ouvrit l'un des tiroirs et sortit le chargeur de son téléphone qu'il brancha aussitôt. Il prit ensuite un livre dans sa bibliothèque et s'allongea sur son lit. Il commença sa lecture, mais son esprit vagabondait vers le rez-de-chaussée, il espérait que leurs parents n'étaient pas trop durs avec son frère. Malgré tout, Edward était serein. Sa famille était réunie et Carlisle lui avait encore prouvé qu'il l'aimait et que jamais il ne lui ferait du mal. Le jeune homme s'installa plus confortablement sur son lit. Au fur et à mesure qu'il progressait dans sa lecture, il ressentit une légère brûlure au niveau de ses yeux. Lentement, il s'endormit.

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Carlisle était passé par toute une palette de sentiments qui avaient mis ses nerfs à rude épreuve. Il était en consultation à l'Hôpital quand il avait reçu un coup de fil d'Esmé qui était au bord de la crise de nerf : Edward n'était pas dans le bus et il ne répondait pas au téléphone ! L'angoisse de son épouse l'étreignit, il tenta de la rassurer et lui demanda de regagner la villa. Dès qu'il raccrocha avec elle, il appela Mademoiselle Rovetta. Cette dernière était surprise par son appel, elle pensait qu'Edward était avec son épouse et lui. Lorsque Carlisle raccrocha, il était dans un état second. Edward avait menti ! Edward était parti ! D'une voix tremblante, il avait demandé à sa secrétaire de reporter ses rendez-vous car il devait partir suite à une urgence familiale. Tout en roulant vers la villa, il avait appelé les agents Gibson et Charlie qui s'étaient empressés de le rassurer. Ils décidèrent de se retrouver à la villa. A peine était-il arrivé, qu'Esmé s'était jetée dans ses bras, le visage baigné de larmes. Leurs amis ne tardèrent pas à les rejoindre, ils venaient de s'installer dans le salon quand la porte de la villa s'était ouverte. Son cœur avait bondi dans sa poitrine quand son fils apparut sur le seuil du salon.

Carlisle passa une main lasse sur son visage avant de se tourner vers son aîné. Edward avait vraiment un cœur immense. Il ne pouvait qu'imaginer le courage et la ténacité dont son cadet avait dû faire preuve pour se rendre à l'Université, puis, pour affronter son frère. Bien qu'heureux du dénouement, il restait tout de même en colère contre Emmett. Son regard croisa celui de son fils qui baissa aussitôt la tête, un air penaud peint sur le visage. Esmé s'assit à ses côtés et posa une main douce sur son bras, le priant silencieusement d'écouter ce qu'Emmett avait à dire.

Son fils avait parlé. Ils l'avaient écouté. Emmett était conscient de ses erreurs et prêt à en assumer les conséquences. Cependant, sa colère s'était amoindrit. Jamais, il n'aurait imaginé qu'Emmett ait tant souffert de la disparition de son frère, comment n'avait-il pas pu voir la souffrance de son enfant ? Sûrement parce que sa propre douleur le rendait aveugle à tout autre chose. Et puis, Emmett laissait rarement entrevoir ses sentiments, préférant son image de grand dur, pourtant, il savait que son fils était tout aussi sensible que ses autres enfants. Après avoir croisé le regard d'Esmé, il rassura son aîné. Ils l'aimaient et l'aimeraient toujours malgré ce qu'il avait fait. Carlisle annonça ensuite sa punition et pour la première fois de sa vie, son fils accepta sans rechigner.

Carlisle sourit quand il vit Esmé étreindre son grand gaillard de fils, sa femme semblait si minuscule entre ses bras, pourtant, à cet instant, il ressemblait à un petit garçon qui se faisait consoler par sa mère. Il se leva et le prit également dans ses bras. Carlisle soupira quand il entendit la porte de la maison s'ouvrir, ses autres enfants étaient là. Il se retourna pour les voir figés sur le seuil. Esmé et lui s'éclipsèrent en cuisine. Il savait que leurs enfants seraient moins indulgents qu'eux, d'où sa punition qui pouvait paraître dérisoire par rapport à ses actes. Il aida Esmé en cuisine tout en prêtant une oreille aux propos qui lui parvenaient du salon. Comme à son habitude, Rosalie criait, Alice se joignait à elle et Jasper les imita au début avant de retrouver son rôle de médiateur. Le trio accusateur se calma quelque peu quand ils surent que tout s'était arrangé entre Edward et lui. Edward… Carlisle remarqua alors l'heure, il ne pensait pas qu'il soit si tard. Il embrassa son épouse avant de se rendre au salon pour mettre un terme aux hostilités. Puis, il grimpa à l'étage. Il frappa à la porte de la chambre de son cadet mais il n'obtint aucune réponse. Il ouvrit doucement la porte et le trouva endormit sur son lit. Doucement, il s'approcha de lui et se pencha pour le réveiller. Edward semblait tellement innocent, paisible dans son sommeil que pendant quelques secondes il souhaita que cela reste tout le temps ainsi. Pourtant, il savait que dans peu de temps, il allait devoir réveiller des blessures, il n'avait pas le choix… Edward ouvrit les yeux et tout en lui souriant il se redressa. Carlisle l'étreignit, bien que surpris, Edward lui rendit son étreinte. Le médecin qui était en lui savait que c'était le meilleur choix à faire, mais le père lui frémissait que cette nouvelle épreuve ne brise l'équilibre précaire que son fils avait réussi à trouver...