Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.

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Merci énormément ! Merci beaucoup pour toutes vos reviews !!!!!!!!!!!

Pour les anonymes :

Lily: Merci pour ta review !!! Bella va revenir, mais il était important, je pense, qu'Edward crée des liens avec sa famille. Tu vas retrouver Bella dans ce chapitre. Effectivement, les adeptes de la secte pensent qu'Edward est spécial parce que le gourou les manipule, Edward est un simple humain.

Ousna : Merci pour ta review et oui j'ai passé de bonnes fêtes ! Voilà la suite, j'espère qu'elle te plaira. A bientôt !

Bonne lecture !!!!

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Chapitre 12 : Le divertir

Edward se leva. Il resta un moment allongé dans son lit, il ferma les yeux et inspira profondément pour tenter de se détendre. Il avait passé une mauvaise nuit. Carlisle et Esmé avait fait plusieurs aller retour entre leur chambre et la sienne pour finir par dormir avec lui. Leur présence, même si elle était apaisante, n'avait pas suffit à chasser ses démons. Carlisle était allé lui chercher un somnifère. Il devait être deux heures du matin lorsqu'il s'était endormi. Edward passa une main fatiguée sur son visage. Avec des gestes lents, il sortit du lit et se dirigea vers sa salle de bain. Après avoir pris une douche, il enfila des vêtements confortables et descendit à la cuisine. Esmé l'accueillit avec un sourire et s'avança pour l'embrasser. Après lui avoir rendu son étreinte, il se dirigea vers son père qui le prit simplement dans ses bras. Ensemble, ils s'assirent autour de la table. Esmé se dépêcha de lui porter son petit-déjeuner. Il but son lait chocolaté, mais il ne toucha pas aux pancakes ou aux viennoiseries, son ventre était toujours noué.

« -Il faut que tu manges un peu, demanda Carlisle en approchant une assiette.

-Je n'ai pas faim, murmura le jeune homme.

-Mon chéri, essaie de manger un peu.

Edward soupira et saisit l'assiette de pancakes, il prit une fourchette et découpa un morceau qu'il mâcha difficilement. A son tour, Carlisle soupira et se leva. Il ouvrit la porte du frigo et revint avec un yaourt.

-Ca passera mieux, dit-il en le lui donnant.

Le jeune homme le remercia et mangea le laitage. Tout était calme dans la maison, Esmé était en train de préparer le repas de midi et Carlisle lisait des dossiers de patients.

-Tu ne travailles pas aujourd'hui ? Lui demanda Edward.

-Non, j'ai décidé de rester à la maison pour passer un peu de temps avec Esmé et toi.

-Je ne veux pas que tu mettes ta carrière entre parenthèse pour rester avec moi.

-Crois-tu réellement que ma carrière est plus importante que ma famille ? Interrogea Carlisle en le couvant du regard.

-Non, répondit le jeune homme.

-Et puis, l'Hôpital me doit pas mal de jours de congé, alors, autant en profiter. Edward, j'aimerais que nous discutions de cette nuit.

Aussitôt, il sentit une boule se former dans sa gorge, il baissa la tête, ses mains jouaient nerveusement avec la petite cuillère.

-Edward, tu sais que tu peux te confier à nous, nous sommes tes parents, nous t'aimons et jamais, tu m'entends bien, jamais ton passé ne changera ça, assura Carlisle en l'obligeant à le regarder.

-Tes nuits étaient devenues plus calmes, lui rappela sa mère, s'est-il passé quelque chose hier qui t'a troublé ?

-Ou est-ce le rendez-vous de demain qui t'inquiète ? Questionna son père.

Comment leur dire qu'ils avaient tous deux raisons ? Qu'il ne voulait surtout pas quitter la maison demain, qu'il voulait simplement oublier et passer à autre chose.

-Tu ne pourras tourner la page que si nous allons à ce rendez-vous demain, dit doucement Carlisle en lui tenant la main, je sais que ce sera une épreuve, mais une fois que cela sera fait, tu te sentiras mieux et tu pourras aller de l'avant.

-Je… Je n'en vois pas l'utilité, bredouilla Edward en ravalant ses sanglots.

-Le père que je suis souhaiterait t'éviter cette épreuve, mais le médecin sait que c'est une étape nécessaire pour que tu redeviennes maître de ta vie.

-Mais j'allais bien avant, je…

Edward ne put terminer sa phrase, les larmes qu'il retenait venaient de lui échapper. Aussitôt, Esmé le prit dans ses bras et le berça tout en lui murmurant des paroles réconfortantes.

-Est-ce vraiment nécessaire ? Demanda Esmé d'une voix tremblante.

-Oui, répondit Carlisle, je suis désolé, mon fils, si je pouvais porter ce fardeau à ta place, je le ferais.

-Ne pourrait-on pas attendre un peu ? Insista sa mère et il lui en fut reconnaissant.

-Non, plus nous attendrons, plus ce sera difficile pour lui et il y a un délai légal à respecter. Edward, je t'en prie, calme-toi.

-Je… Je veux pas…, sanglota le jeune homme.

-Edward, écoute-moi, implora Carlisle d'une voix emplie de souffrance, je t'en prie, il faut…

-C'est nous !!!!! Cria Alice.

Edward se redressa, sécha rapidement ses larmes et fit son possible pour se composer un visage impassible. Les années dans la secte lui avaient apprit à dissimuler ses sentiments. Alice, Jasper et Bella pénétrèrent dans la cuisine, tous trois se figèrent en voyant les traits tirés de Carlisle et d'Esmé.

-Tout va bien ? Interrogea Jasper en fronçant les sourcils.

-Oui, s'empressa de répondre Carlisle.

-Puis-je aller dans ma chambre ? Demanda Edward à son père.

-Oui, bien sûr, accepta ce dernier. »

Edward sortit rapidement de la cuisine. Il ne supportait pas de voir les visages tristes de ses parents. Une fois enfermé dans sa chambre, il ôta ses chaussures et se glissa sous sa couette. Il enfonça son visage dans un oreiller et pleura. Pourquoi ne comprenaient-ils pas qu'il veuille simplement oublier ? Pourquoi l'obligeaient-ils à faire ça ? Il n'en avait pas envie. Il avait peur. Ses pleurs redoublèrent et sa respiration devint difficile. Edward sursauta en sentant une main douce caresser ses cheveux. Il se jeta dans les bras de sa mère. Esmé le serra fort contre elle et tout en fredonnant elle le berça. Il pleura un long moment avant que la fatigue ne se fasse ressentir. Lentement, il sombra dans un profond sommeil toujours blottit dans les bras de sa mère.

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Peu après qu'Edward se soit éclipsé de la cuisine, Esmé avait suivi leur fils. Il avait attendu un peu avant de monter les rejoindre. Il avait poussé la porte de la chambre d'Edward, Esmé berçait leur enfant. La peine et la souffrance qu'il lisait sur son jeune visage lui broyèrent le cœur. Sans bruit, il referma la porte, il ne voulait pas les déranger. Rapidement, il gagna le rez-de-chaussée. Il était dans un état second. Il traversa le salon pour se rendre au garage. Ses enfants lui parlèrent, mais il ne les entendit pas. Une fois dans le garage, il trouva ce qu'il cherchait. Il enfila les gants d'Emmett et commença à se défouler sur le sac de frappe. Son fils souffrait ! Edward avait mal et il ne pouvait rien faire pour l'aider ! Il était fou de rage face à ce constat, il était en colère contre ceux qui avait osé toucher son fils ! Comment pouvait-on faire ça à un enfant ?! Un grognement secoua son être, il frappa violemment dans le sac. Alors qu'il allait recommencer, il remarqua des mèches blondes. Il se pencha et vit que Jasper tenait le sac.

« -Cogne ! Ordonna son fils.

Carlisle obéit. Pendant plusieurs minutes, il frappa sans relâche le sac, évacuant quelque peu sa colère. Son corps aussi s'apaisait face à l'effort qu'il venait de faire. Après un dernier coup de poing, il inspira profondément avant d'aller s'appuyer conter le capot de sa voiture. Jasper le suivit et s'installa à ses côtés.

-Je ne poserais pas de question, car je pense que si cela nous regardait vous nous en auriez parlé.

-Merci, Jasper.

-Mais sache que nous sommes là, quoi qu'il se passe nous sommes là, on est une famille, ne l'oublie pas.

-Je me sens si impuissant, confessa Carlisle.

-Y'a-t-il quelque chose que je puisse faire ? Proposa son fils.

-Je… Pourquoi n'êtes-vous pas en cours ? Réalisa soudain le médecin.

-Le repas d'hier à la cantine n'était pas très frais, la moitié des profs et des élèves sont malades. Du coup, ils nous ont renvoyé chez nous.

Carlisle hocha la tête. Il passa un bras autour des épaules de son fils et déposa un baiser sur son front.

-Merci, Jasper.

-Je t'en prie.

-Jazz ? Il y a quelque chose que tu pourrais faire pour moi.

-Quoi ?

-Cet après-midi, Alice, Bella et toi emmenez Edward loin d'ici. Allez à Port Angeles et changez-lui les idées. Faites… Faites tout ce qu'il faut pour le distraire.

-Je suis même prêt à passer l'après-midi à un concert de musique classique ! Assura Jasper avant de poursuivre d'une voix inquiète. Il va bien ?

-Non, non il ne va pas bien Jazz, mais nous allons tout faire pour que cela change.

-Je pensais qu'il se plaisait avec nous.

-C'est le cas, mais son passé continue de le hanter et…

Carlisle se tut en voyant une lueur de compréhension passer dans le regard de son fils. Aussitôt, ses yeux bleus se voilèrent et il serra les poings. Jasper avait toujours été très attentifs aux émotions des autres entre la détresse qui émanait de son frère et la colère qu'il lui avait montrée, il avait compris.

-Jasper ? L'appela Carlisle en posant ses mains sur ses épaules.

-Il… Il n'a pas de traces de coups, donc… Il… Ils l'ont…

-Jasper, écoute-moi, personne ne doit savoir ! Je sais que c'est un lourd secret, mais Edward n'est pas prêt à le partager ou à en parler, tu comprends ?

-Mais…

-Ne le laisse pas comprendre que tu sais, sinon, il se renfermera sur lui !

-Comment… Comment peut-on l'aider ?

-En l'aidant à avancer pas à pas, la première chose que je veux c'est qu'il passe une bonne après-midi.

-Je ferais en sorte qu'il oublie tout pendant ces quelques heures.

-Merci, Jazz. »

Ils s'étreignirent une nouvelle fois avant de gagner le salon où Alice et Bella feuilletaient des magazines. Jasper s'installa auprès de sa moitié et lui annonça qu'ils allaient passer la fin de journée à Port Angeles. Aussitôt, le petit lutin se mit à sautiller et prévoyait une virée shopping. Carlisle allait intervenir, mais Jasper le fit. Il calma sa compagne en lui disant que ce serait Edward qui déciderait des activités. Rassuré, le médecin monta à la chambre de son fils. Esmé et Edward s'étaient endormis. Il s'installa de l'autre côté du lit, sa main se posa sur celle d'Esmé qui reposait sur le torse d'Edward, il posa sa joue sur le sommet de la tête de son fils et ferma les yeux.

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Bella était inquiète. Lorsqu'ils étaient entrés tout à l'heure, elle avait bien vu les yeux rougis de Carlisle et d'Esmé. Edward semblait lui aussi avoir pleuré, même si son visage lui avait paru étrangement stoïque. La sortie précipitée du jeune homme ne fit que confirmer ses soupçons. Esmé n'avait pas tardé à suivre Edward, puis, Carlisle l'avait imité. Ils s'étaient alors regroupés dans le salon, ils étaient tous les trois inquiets. Ils le furent encore plus quand Carlisle traversa le salon d'un pas furieux pour aller s'enfermer dans le garage. Jasper se leva et emboîta le pas à son père sans que celui-ci ne s'en rende compte. Bella se leva et vint s'asseoir à côté de son amie qui se rongeait les ongles tout en fixant la porte menant au garage. Elle passa un bras autour de ses épaules en un geste rassurant. Elles restèrent ainsi durant de longues minutes, puis, en entendant des pas, elles attrapèrent des magazines. Jasper et Carlisle les rejoignirent. Le premier annonça alors qu'ils allaient passer l'après-midi à Port Angeles. Bella fut éberluée d'entendre Jasper dire à Alice qu'elle ne pourrait pas faire de shopping, mais que la sortie serait entièrement dédiée à Edward. Le petit lutin esquissa un sourire et ne répliqua pas. Jasper parut étonné d'avoir obtenu gain de cause aussi facilement. Carlisle ayant disparu à l'étage sûrement pour rejoindre Esmé et Edward, Alice et Jasper étant en train de s'embrasser, Bella décida d'aller en cuisine. Elle trouva les vestiges du repas qu'Esmé avait commencé à préparer et prit les choses en main.

Bella avait toujours aimé cuisiner, cela la détendait et l'aidait à réfléchir. Son inquiétude pour Edward ne cessait de croître, il semblait pourtant bien ces derniers jours et il avait réussi l'exploit de ramener Emmett ! Qu'avait-il bien pu se passer ? Elle ignorait pourquoi, mais elle éprouvait un besoin presque maladif de le protéger. Elle se souvenait encore de la merveilleuse sensation de bien-être quand Edward s'était endormi dans ses bras en regardant le DVD. La jeune fille n'était même pas certaine qu'il s'en était rendu compte, mais il était venu vers elle et elle ne pouvait que s'en réjouir. Elle se souvenait encore de la chaleur de son corps blottit contre le sien, du doux parfum qui émanait de sa personne. Elle s'était même perdue dans la contemplation de ses traits parfaits, oubliant de regarder le film ce qui avait fait pouffer de rire ses amis. Puis, les adultes les avaient rejoints. Elle avait senti ses joues s'empourprer quand tous les regards s'étaient posés sur elle. Son père avait froncé les sourcils en l'interrogeant du regard, Aaron et Carlisle avait une lueur identique qui pétillait dans leurs yeux et Esmé et Lynda avait tout simplement sourit. Carlisle s'était doucement approché pour prendre son fils dans ses bras et monter le coucher. Bella dut se mordre les lèvres pour retenir le cri de protestation qui avait menacé de franchir ses lèvres quand il le lui avait enlevé. Depuis ce jour, il n'y avait pas une nuit où elle n'avait pas rêvé d'Edward Cullen.

Une violente douleur la sortit de ses rêveries. Elle baissa les yeux et vit son doigt couvert de sang. Au lieu d'enrouler son doigt blessé dans un chiffon ou de le passer sous l'eau, elle resta hypnotisée par la fine goutte de sang. Bella sentait ses jambes devenir du coton, une sueur froide coula le long de son échine. Elle aurait sûrement tourné de l'œil si une main ferme ne s'était pas enroulée autour de sa taille pendant qu'une autre main enroulait un torchon autour de son doigt. Elle releva la tête et croisa un regard émeraude, elle allait remercier Carlisle quand elle se rendit compte que ce n'était pas lui. Son cœur s'emballa dans sa poitrine.

« -Merci, Edward.

-Je t'en prie, murmura le jeune homme.

Elle se laissa guider par Edward jusqu'à une chaise où il la fit asseoir.

-Oh, mon Dieu, Bella ! S'écria Esmé en entrant dans la cuisine. Tu vas bien ? Tu es toute pâle !

-Ce n'est rien Esmé, la rassura-t-elle, je me suis juste coupée en préparant le déjeuner.

-Oh, ma pauvre chérie, je suis désolée, je me suis assoupie et …

-Ce n'est pas grave Esmé, assura Bella, si je n'étais pas aussi maladroite cela ne serait pas arrivé.

-Carlisle ! Cria la mère de famille.

-Non, souffla Bella, ne le dérangez pas pour une simple coupure.

-Esmé ? Appela le médecin en se précipitant dans la cuisine. Que se passe-t-il ?

-Bella s'est coupée tu peux regarder.

-Bien sûr, sourit ce dernier. »

Bella en put s'empêcher de remarquer que le médecin soit soulagé que son épouse l'ai appelé pour une simple coupure. Alors qu'il nettoyait sa plaie, elle remarqua les regards en coin qu'il ne cessait de lancer à Edward. Que se passait-il donc ? Le jeune homme était en train de terminer son travail en découpant les légumes. Son visage ne reflétait aucun trouble, mais elle avait pu remarquer que son regard était voilé. Jasper et Alice les rejoignirent et mirent la table. Peu de temps après, ils passaient tous à table. Ils mangeaient tranquillement quand Jasper proposa à Edward d'aller faire un tour à Port Angeles, ce dernier semblait hésitant, mais Esmé et Carlisle l'encouragèrent à aller faire un tour. Finalement, Edward capitula et Jasper s'empressa de lui proposer différente choses à faire tout en guettant la réaction du jeune homme pour savoir ce qui lui plairait le plus. Il fut donc décidé que dans un premier temps ils iraient au cinéma.

Après le repas, Bella se retrouva dans la chambre d'Alice où cette dernière joua avec elle, l'obligeant à se changer, coiffant ses cheveux et la maquillant légèrement. Une fois prête, elles rejoignirent les garçons qui les attendaient au salon. Tous les quatre montèrent dans la voiture de Jasper, lui au volant, Edward à ses côtés et les filles derrière. Alice chantonna durant tout le trajet, Bella se joignit parfois à elle lorsqu'elle n'était pas occupée à fixer aussi discrètement que possible le magnifique jeune homme assit devant elle. Bella sursauta quand un coude s'enfonça dans ses côtes, elle se tourna vers Alice pour la fusiller du regard, mais cette dernière arborait un sourire qui lui fit froid dans le dos. Alice pointa du doigt son petit frère avant de lui faire un clin d'œil. Bella soupira tout en fronçant les sourcils et en secouant la tête. Le sourire d'Alice s'agrandit. Quand ils seraient arrivés à Port Angeles, elle se promit d'avoir une conversation avec elle, sinon, le petit lutin risquait de se mettre des idées en tête.

Jasper se gara enfin devant le cinéma. Ils sortirent de la voiture et se dirigèrent vers le panneau d'affichage pour voir quels films étaient à l'affiche. Comme à son habitude, Alice annonça qu'elle souhaitait voir une comédie. Jasper soupira et se fit un plaisir de lui rappeler que c'était Edward qui devait choisir. Le petit lutin se jeta sur son frère et lui fit sa moue tout en le suppliant de choisir ce film car les vampires étaient trop sexy ! Edward n'étant pas habitué à la moue de sa sœur céda facilement. Alors qu'ils allaient acheter leurs places, Emmett et Rosalie les rejoignirent. Les garçons partirent acheter des sucreries pendant qu'elles les attendaient dans la salle.

« -Crache le morceaux ! Ordonna Alice en la fixant.

-De quoi tu parles ? Demanda Bella d'un air innocent.

-Bella Swan ! Si tu crois que je n'ai pas vu la manière dont tu le dévisageais, tu te trompes ! Alors, raconte !

-Tu prends tes rêves pour des réalités ! Grogna la jeune fille.

-Qu'est-ce qui se passe ? Interrogea Rosalie.

-Rien ! S'empressa de répondre Bella.

-Rien ? Répéta Alice. Tu plaisantes, là ? J'ai surpris Bella en train de reluquer sans vergogne un pauvre jeune homme !

-Qui ? Qui ? Questionna Rosalie surexcitée.

-Il n'y a rien ! Coupa Bella. Alice se fait un film !

-Tu parles ! Tu bavais littéralement en le regardant et c'est pas la première fois !

-Mais qui ?! S'agaça Rose.

-Edward ! Lâcha Alice d'un ton victorieux.

-Edward ? Notre Edward ?

-Oui, notre petit frère, Edward !

-Oui ?

Toutes les trois se tournèrent pour voir Edward, les bras chargés de pop-corn, qui les observaient d'un air interrogateur. Bella sentit ses joues rougir et elle s'enfonça dans son fauteuil tout en priant pour qu'il n'ait rien entendu de leur conversation.

-Je leur disais que tu étais notre sauveur ! Grâce à toi, on va pouvoir voir ce film !

Même si elle avait envie d'étrangler Alice, elle appréciait que son amie lui ait sauvé la face. Edward leur sourit et leur tendit un pot de pop-corn à chacune. Alors que Jasper et Emmett arrivaient, Alice se leva.

-Prends ma place, Edward, dit-elle en désignant le fauteuil sui se trouvait entre Bella et Rose.

Bella ne put s'empêcher de maugréer à l'encontre de son amie.

-Ca te pose un problème que mon frère s'assoie à côté de toi ? Releva Emmett en fronçant les sourcils.

-Non, ça ne la dérange pas du tout, répondit Rosalie, et puis si Edward est fatigué, il pourra aura un bon oreiller.

Bella s'enfonça un peu plus dans son siège et se cacha derrière le rideau de ses longs cheveux.

-Qu'est-ce que tu veux dire ? Interrogea Edward en observant la blonde.

-Tu ne te souviens pas ? S'amusa Alice. L'autre soir quand nous regardions les DVD, tu t'es endormi dans les bras de Bella.

La jeune fille put voir les joues du plus jeune des Cullen prendre une teinte aussi rouge que les siennes. Edward baissa la tête et joua nerveusement avec son pot de pop-corn.

-Trop fort, le frangin ! S'écria Emmett en s'asseyant à côté de Rose. Déjà l'autre jour, il a failli créer une émeute sur le campus !

-Quoi ? Qui s'est approché de mon frère ? S'enquit Rosalie.

-Tanya, avoua Emmett d'un ton prudent.

-Tanya et sa bande de cruches ! Tu as osé les laisser s'approcher d'Edward ? Rugit la blonde.

-Elles ne lui ont rien fait, je t'assure !

-Ouais, ben, tu as intérêt à ce que...

Rosalie ne put terminer sa phrase, la salle venait d'être plongée dans le noir, pourtant, Bella aurait aimé en savoir un peu plus sur cette Tanya ! Et surtout, elle aurait voulu savoir comment Edward avait réagi ! Aurait-il accepté ses avances si Emmett n'avait pas été avec lui ? Elle n'eut pas le loisir de s'interroger d'avantage, le film commençait. Soudain, elle sentit Edward se rapprocher d'elle, elle se figea et retint son souffle.

-Je suis désolé, murmura-t-il à son oreille, je ne voulais pas te mettre mal à l'aise en m'endormant contre toi.

-Ce n'est rien, chuchota à son tour Bella, il n'y a pas de mal. »

Et tu peux recommencer quand tu veux, aurait-elle voulu rajouter. Edward reprit sa place dans son siège. Elle aurait tant aimé qu'il reste près d'elle. Malgré la présence du jeune homme, elle ne tarda pas à être captivée par l'histoire qui défilait à l'écran. Bella ne vit pas le temps passer tant et si bien qu'elle fut surprise quand le générique de fin commença à défiler. Tout en commentant le film, ils sortirent de la salle. Une fois dans la rue, ils se regroupèrent pour savoir quoi faire. La décision revenait à Edward, mais Emmett et ses sœurs essayaient de l'influencer. Alors que Jasper s'énervait après eux, elle observa Edward qui fixait un bâtiment à l'autre bout de la rue.

« -Et si on allait à la patinoire ? Proposa Bella.

Tous les regards convergèrent vers elle, tous étaient surpris par sa proposition car ils connaissaient sa maladresse et ils savaient qu'elle n'appréciait pas les sports qui risquaient de mettre son équilibre précaire en danger. Seul, Edward l'observait avec un sourire, de toute évidence, il appréciait sa proposition.

-Ca marche pour moi, déclara Jasper qui avait vu le sourire de son frère. »

Ils traversèrent la rue et se rendirent à la patinoire. Comme il n'y avait pas grand monde, ils se retrouvèrent rapidement dans le vestiaire pour enfiler les patins. Ses amis se retrouvèrent rapidement sur la glace alors qu'elle hésitait toujours à se lancer, se cramponnant désespérément au rebord. Son attention fut alors attirée par Edward qui évoluait gracieusement et avec aisance sur la glace. Ses amis s'aperçurent alors qu'elle n'avait pas bougé. Alice se dirigea vers elle, mais Edward fut le plus rapide.

« -Tu ne viens pas ? Demanda-t-il.

-Je ne suis pas très à l'aise sur des patins, avoua la jeune fille.

-Alors, pourquoi avoir proposé de venir à la patinoire ? Questionna Edward un peu confus.

-Tu semblais avoir envie de venir.

Edward lui sourit avant de plonger son regard dans le sien.

-Merci, Bella, merci tu m'aides toujours, murmura-t-il, accepteras-tu mon aide ?

Bella ne put s'empêcher de lui sourire en saisissant les mains qu'il lui tendait. Doucement, il l'entraîna sur la glace. Bella ne voyait rien de ce qui l'entourait, son regard chocolat était ancré dans celui d'Edward.

-Wow ! S'écria Emmett alors que le reste de leur groupe les rejoignaient. C'est la première fois que je vois Bella patiner plus de 5 minutes sans tomber.

La jeune fille avait quitté Edward du regard pour se tourner vers Emmett, aussitôt, ses jambes commencèrent à partir dans tous les sens. Elle se sentit chuter, mais Edward la rattrapa et la plaqua contre lui.

-Tout va bien ?

-Oui, merci, Edward.

-Je pense que tu ne devrais pas lâcher Bella, demanda Alice à son frère, de toute évidence, elle est plus en sécurité avec toi. »

Edward hocha la tête alors que Bella fusillait son amie du regard. Heureusement, le jeune homme ne semblait pas avoir comprit l'allusion du petit lutin. Edward reprit sa main et l'entraîna sur la glace sous les regards pétillants d'Alice et de Rosalie.

Bien trop tôt à son goût, ils quittèrent la glace. Edward la guida vers la sortie et lâcha sa main dès qu'elle fut accrochée à la rambarde. Une sensation de froid l'envahit alors qu'elle regardait le jeune homme s'éloigner. Une fois chaussés, ils se dirigèrent vers la sortie. Bella jeta un coup d'œil à sa montre, il était temps qu'elle rentre pour préparer le dîner du soir. La jeune fille grimaça quand Alice réclama ses clefs de voiture à Jasper pour la raccompagner, Rosalie se joignit à elles pendant que les garçons montaient dans la jeep d'Emmett. Bella ne put s'empêcher de suivre du regard la voiture qui s'éloignait ce qui n'échappa pas à ses deux amies.

« -Vous étiez super mignons sur la glace ! S'exclama Alice.

-Vous faites vraiment un beau couple ! Ajouta Rosalie.

-Calmez-vous les filles ! Ordonna Bella. Premièrement, nous ne sommes pas un couple ! Deuxièmement, vous avez vu votre frère ? !

-Euh, oui ? Répondirent les deux sœurs légèrement perplexes.

-Vous ne comprenez pas, soupira la jeune fille, il est parfait ! Comment un être aussi parfait que lui pourrait…

-Stop ! Hurla Alice. Je t'interdis de dire que tu es banale !

-Et puis, maintenant, nous sommes là, nous allons t'aider ! »

Bella s'inquiéta en voyant le regard que se lancèrent Alice et Rosalie. Oui, elle craignait le pire lorsqu'elles se regardaient de cette manière !

****************

Edward descendit de la jeep d'Emmett et suivit ses frères dans le salon. Il avait apprécié cette après-midi en compagnie de sa famille et de Bella. Bella… Il se sentait bien en sa présence, elle l'apaisait et le rassuré. Lorsqu'ils étaient assis côte à côte dans le cinéma, il avait été enivré par la douce odeur de freesia et de fraise qui émanait d'elle. Puis, à la patinoire, il avait pu lui tenir la main, la prendre dans ses bras et il avait été troublé. Un étrange sentiment naissait en lui, un sentiment inconnu qui l'effrayait autant qu'il le ravissait. Ils dînèrent paisiblement. Carlisle et Esmé l'observaient discrètement, mais il le remarqua à peine tant il était encore plongé dans ses pensées concernant Bella. Il s'interrogeait encore sur ses sentiments pour elle quand il monta se coucher. Carlisle et Esmé passèrent l'embrasser avant qu'il ne s'endorme, son père lui donna un comprimé pour qu'il dorme. Ses parents restèrent avec lui jusqu'à ce qu'il plonge dans un sommeil dénué de rêves.

Une main douce se posa sur son visage et caressa sa joue, il reconnut sans peine la voix d'Esmé qui lui demandait tendrement de se réveiller. Edward ouvrit difficilement un œil, il avait l'impression de s'être endormi il y a 5 minutes. Il se sentait groggy. Sa mère le tira du lit et docilement il la suivit jusqu'à sa salle de bain où elle déposa des vêtements qu'elle lui demanda de mettre après s'être douché. Tel un automate, Edward lui obéit une fois qu'elle fut sortie. Il espéra que l'eau de la douche le sortirait de la torpeur dans laquelle il évoluait depuis son éveil, mais cela ne fonctionna pas. Les yeux pratiquement fermés, il sortit de sa chambre. Arrivé devant l'escalier menant au rez-de-chaussée, il hésita. Un bras ferme vint le soutenir et l'aida à descendre. Il remercia son père alors que ce dernier l'accompagnait à la cuisine, il se demandait pourquoi Carlisle l'observait avec cette lueur d'anxiété dans le regard. Son père le fit asseoir et demanda à Esmé de lui apporter son petit-déjeuner qu'Edward refusa de manger, préférant finir sa nuit sur le rebord de la table, sa tête enfouie dans ses bras.

« -Carlisle ? Qu'est-ce qu'il a ? S'inquiéta Esmé.

-Ce n'est rien, ne te fais pas de soucis. Le somnifère agit toujours, je lui ai donné la dose maximale.

-Mais, pourquoi as-tu fait ça ?

-Je ne pensais pas qu'il serait dans cet état, avoua son père, mais voyons le bon côté des choses, je préfère qu'il fasse le voyage jusqu'à Seattle endormi qu'éveillé.

-Oui, tu as raison, convint sa mère, je vais lui préparer un en-cas pour la route si jamais il se réveille.

-Esmé ?

-Oui ?

-Tu es sûre de vouloir venir ?

-Quelle question ! C'est mon fils !

-Je sais, mais cette journée ne va pas être évidente, ni pour lui, ni pour nous.

-Ne crois-tu pas que je le sais ? S'énerva sa mère.

-Chérie, calme-toi, ce que j'essaie de te faire comprendre, c'est que nous ne devrons surtout pas craquer devant lui. Si cela devient trop insupportable pour toi, tu ne pourras pas sortir, tu devras rester à ses côtés, sinon, il sera terrifié, terrifié par ce qui lui arrive, terrifié de perdre notre amour.

-Je serais forte Carlisle, promit sa mère.

-Autre chose, il devra parfois être seul, tu devras le laisser partir, tout comme, tu devras accepter que j'aille seul avec lui.

-Pourquoi ne pourrais-je pas vous accompagner ?

-Parce que tu ne le supporteras pas, confessa Carlisle dans un murmure.

-Tu me fais peur, gémit Esmé.

-Je suis navrée, mon amour, mais il faut que tu saches à quoi t'attendre. »

Mais de quoi parlaient-ils ? Il n'y comprenait rien. Pourquoi iraient-ils à Seattle ? Pourquoi ses parents étaient-ils aussi inquiets ? Edward tentait de réunir toutes les informations pour comprendre, mais son cerveau refusait de se réveiller, pourtant, quelque chose au fond de lui hurlait qu'il devait se réveiller. Il sentit des bras le soulever. Son père le portait. Alors qu'ils traversaient le salon, il entendit les voix endormies de ses frères et de ses sœurs. La conversation fut courte et il ne l'écouta pas tant il était concentré pour essayer de comprendre ce qui se passait. Bientôt, il fut installé à l'arrière de la voiture de son père, ce dernier l'attacha avant de le couvrir avec une épaisse couverture. La porte se ferma. Une nouvelle fois, une alarme résonna dans sa tête lui criant de se réveiller et de descendre du véhicule, mais il était trop fatigué. Il ouvrit péniblement les yeux en entendant le moteur de la voiture, il fut étonné de voir qu'il faisait encore nuit, en même temps, s'ils allaient à Seattle, ils avaient beaucoup de chemin à parcourir. Il se rendormit rapidement, mais un étrange nœud nouait son estomac et ses doigts restaient crispés autour du tissu de son pantalon.