Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.
******************
Merci énormément ! Merci beaucoup pour toutes vos reviews !!!!!!!!!!!
ATTENTION, chapitre assez dur, âmes sensibles s'abstenir !
Pour les anonymes :
Lululadivine : Merci beaucoup pour ta review ! Je suis heureuse qu'elle te plaise et qu'elle fasse vraie. Edward et Bella sont mignons et c'est pas fini même s'il leur faudra du temps, surtout à lui. A bientôt !
Lily : Merci, je suis ravie que l'histoire te plaise toujours autant. Pour Esmé, il est vrai que j'ai pas mis de E, comme dans le premier livre il n'y en avait pas et que les deux écritures existent, sorry… Edward n'a pas de marques de coups et l'explication viendra dans ce chapitre. A + !
Ousna : Un grand merci pour ta review !!! C'est vrai que le dernier chapitre était calme, je voulais qu'Edward oublie pendant un moment ses tourments. Merci encore pour ton message, bisous et à bientôt !
Tifoiltoi : Merci pour ta review ! La réponse à certaines de tes questions dans ce chapitre ! A bientôt ! Bisous.
Bonne lecture !!!!
*****************
Chapitre 13 : Une journée sans fin
Edward se réveilla lentement, sa bouche était pâteuse et il avait l'impression que ses paupières étaient très lourdes. Il se recroquevilla un peu plus sous la couverture, espérant se rendormir. Alors qu'il gigotait pour trouver une position confortable, quelque chose l'interpella : il était assis. Pourquoi diable était-il assis dans son lit ? Avant qu'il n'ait pu esquisser un geste pour s'allonger, une force inconnue le retint, le plaquant fermement contre un dossier. Un dossier ? C'est alors qu'il remarqua que même si son corps n'était pas en mouvement, il avait l'impression de bouger. Il ouvrit difficilement un œil. Il n'était pas dans son lit, il était assis à l'arrière de la voiture de son père. Ce dernier conduisait et Esmé était assise sur le siège avant. Le jeune homme retint de justesse une plainte quand il se rappela pour quelle raison il était assis à l'arrière de cette voiture.
« -Edward ? Appela doucement son père.
Le jeune homme eut le temps de croiser le regard de son père dans le rétroviseur avant qu'il ne rabatte la couverture sur sa tête.
-Edward, mon chéri, dit tendrement Esmé.
Il sentit une main se poser sur sa couverture et tirer lentement dessus, dévoilant son visage. Il garda obstinément les yeux fermés, mais il pouvait sentir le regard de sa mère peser sur lui. Le jeune homme entendit un léger bruit et la seconde suivante la main de sa mère caressait son visage. Il ouvrit les yeux et plongea dans son regard rassurant.
-Esmé, rattache-toi, s'il-te-plaît, demanda Carlisle qui avait ralenti.
-Tout va bien se passer, lui promit sa mère avant de se rattacher.
Edward ramena ses jambes contre son torse, tout en restant blottit sous la couverture.
-Je t'ai pris de quoi petit-déjeuner, veux-tu quelque chose ? »
Il ne prit même pas la peine de répondre, se contentant simplement de secouer la tête. Il entendit un petit soupir, il s'en voulut aussitôt de reporter sa mauvaise humeur sur sa mère. Il allait s'excuser, mais les mots restèrent boqués dans sa gorge. Edward ferma les yeux quelques minutes avant de les rouvrir pour se perdre dans le paysage qui défilait par la fenêtre. Une douce musique envahit l'habitacle, il reconnut sans peine le CD que Bella lui avait offert pour son anniversaire. Il aimait vraiment les musiques qui se trouvaient sur ce dernier, il imagina que l'un de ses parents avait dû le prendre dans sa chambre pensant ainsi lui rendre le voyage plus agréable. Edward se laissa bercer pas les notes, son regard se perdit par la fenêtre.
Ses pensées s'envolèrent. Sa vie avait tellement changée en si peu de temps qu'il en avait parfois le tournis. Il avait grandi tant bien que mal parmi les gens de la secte, il les avait toujours considéré comme sa famille, une famille étrange, mais la sienne. Durant toutes ces années, Ana avait été son point d'encrage, son roc, pour elle, il supportait tout. Il se souvenait avec émotion de leurs moments de complicité lorsqu'elle lui apprenait à faire un gâteau ou quand plus grand, elle lui avait appris à lire, à compter, à écrire. Il avait été tellement fier la première fois qu'il avait réussi à lire seul un chapitre du livre qu'elle lui lisait au coucher. Elle avait versé quelques larmes, il n'avait pas compris pourquoi. Plus tard, les autres enfants lui avaient expliqué qu'il n'était pas normal. De par son statut, il était déjà seul, mais après ce jour-là cela fut pire. Ana lui avait demandé de ne pas les écouter, qu'il était normal, mais plus intelligent que les autres. Là où ses camarades mettaient plusieurs années d'apprentissage, quelques mois ou même semaines étaient suffisantes pour lui. Sans le savoir, Ana avait rendu sa vie supportable en lui apprenant à lire, grâce à elle, il avait dévoré tous les livres qu'il pouvait trouver.
Seul, il avait éveillé son esprit au monde qui l'entourait. Il devenait imbattable en mathématique, littérature, sciences, il avait tout étudié et tout comprit avec aisance. Alors que l'ennuie menaçait de s'installer dans sa vie, Ana lui avait alors fait remarquer qu'il ne s'était pas intéressé à l'art que ce soit le dessin ou la musique. Il se mit donc au dessin, mais se lassa vite. C'est alors qu'un jour, le Maître était arrivé avec une surprise pour lui : un piano. C'était peut-être l'unique chose bien venant de lui, mais Edward avait compris plus tard qu'il souhaitait l'occuper pour qu'il ne réfléchisse pas trop, ses questions concernant leurs croyances commençaient à le déranger. Cependant, même s'il passait de nombreuses heures à jouer, son cerveau continuait à travailler, à se poser des questions. Le jeune homme avait besoin de réponses, il était alors parti à sa recherche pour le questionner, ne l'ayant pas trouvé il s'était rabattu sur l'autre… Ce fut la première fois qu'il le punit…
Edward ferma ses paupières pour ne pas laisser échapper les larmes qui noyaient ses yeux. Il mordilla sa lèvre inférieure tout en s'obligeant à respirer calmement. Quand il rouvrit les yeux, il se rendit compte qu'ils étaient en ville. Ses poings se crispèrent, le poids qui comprimait son ventre s'accentua lui donnant l'impression qu'il manquait d'air. Ils arrivèrent enfin face à un immense bâtiment, il aurait souhaité ne jamais y revenir. Carlisle entra dans un parking, Edward pensa gagner quelques minutes supplémentaires, il n'y avait pas beaucoup de places de libre, mais bien sûr, son père était médecin et même s'il n'exerçait pas dans cet Hôpital, il avait droit à une place dans un parking réservé ! Carlisle se gara et coupa le moteur de la Mercedes. Pendant un instant, il se demanda quelle serait la réaction de ses parents s'il refusait de sortir de la voiture ? Jamais, ils n'oseraient le sortir de force et le traîner jusque dans l'immense bâtiment. Il sursauta en voyant sa portière s'ouvrir.
« -Bonjour, Edward, le salua Aaron Gibson.
Bien sûr, il était là. Son idée s'évapora aussitôt, lui, il n'aurait aucun remord à le traîner de force dans le bâtiment.
-Bonjour, marmonna-t-il en sortant de la voiture.
Edward frissonna. La portière claqua et il regretta de ne pas avoir pris la couverture. L'agent Gibson passa un bras autour de ses épaules pour le guider vers l'Hôpital, Edward ne savait pas si c'était un geste réconfortant ou s'il essayait ainsi le dissuader de rebrousser chemin.
-Tout va bien se passer, je sais que ça va être difficile, mais nous sommes là, ne l'oublie pas.
Il s'agissait donc de la première hypothèse, Aaron s'inquiétait pour lui. Ils entrèrent dans le grand bâtiment et l'agent du FBI les guida à travers le dédale de couloirs jusqu'à un bureau. Il frappa avant d'ouvrir la porte. Lynda se leva et vint les saluer, elle le serra un moment dans ses bras et il lui en fut reconnaissant.
-Bonjour, Edward, dit un homme en blouse blanche.
-Bonjour Docteur Matthews, murmura-t-il d'une voix enrouée.
-Appelle-moi Chris, lui demanda le médecin en lui donnant une tape amicale, vous devez être Monsieur et Madame Cullen ?
-Oui, répondit Esmé en serrant la main de Chris.
-Docteur Cullen, c'est un plaisir de vous revoir, assura Chris en serrant la main de son père, bien que j'aurais aimé que ce soit dans d'autres circonstances.
-Nous connaissons-nous ? Interrogea son père intrigué.
-Vous m'aviez surnommé Docteur White, avoua le médecin un peu gêné.
-Oh ! Souffla Carlisle dont le regard s'éclaira d'une lueur amusée. Vous étiez un étudiant très prometteur, je suis ravi de voir que vous avez réussi.
-J'ai eu un bon professeur, le remercia Chris.
-Docteur White ? Répéta Aaron amusé. Peut-on m'expliquer ?
-Il se trouve que Chris avait tendance à virer au blanc et à perdre connaissance lorsque nous avons débuté les travaux pratiques, expliqua Carlisle, il lui a fallu quelques jours avant de pouvoir inciser un cada… Enfin, bref, il a réussi à se contrôler et a rapidement progressé.
Aaron s'esclaffa sans vergogne en dévisageant son ami qui rougissait, Lynda et Esmé peinaient à ne pas rire devant l'air gêné du jeune médecin. Edward se détendit quelque peu en les voyant rire.
-Je sens que j'ai pas fini d'en entendre parler, maugréa Chris en observant Aaron.
-Non, avoua l'agent.
-Ca va…, grommela son ami avant de désigner différents sièges, asseyez-vous.
Edward s'installa entre ses parents qui prirent aussitôt l'une de ses mains qu'ils serrèrent fermement car ils avaient senti les tremblements qui parcouraient son corps.
-Voulez-vous boire quelque chose ? Demanda Lynda qui se tenait près d'une desserte où étaient posés plusieurs thermos.
La jeune femme servit un café aux hommes et un thé à Esmé, elle l'interrogea du regard, mais il lui fit signe qu'il ne voulait rien. Pourtant, Lynda déposa un verre de jus d'orange devant lui. Elle reprit ensuite sa place près de son mari.
-Edward, l'appela doucement Chris pour attirer son attention, nous allons faire notre possible pour que tout se passe bien et rapidement. Le Docteur Emma Brauner qui est psychologue nous rejoindra dans peu de temps pour un entretien. Dans la première partie de celui-ci, tes parents pourront rester, mais ensuite, il n'y aura que le Docteur Brauner et les agents du FBI. On fera une pause et…
Edward cessa d'observer le médecin, il ne voulait pas entendre la fin de la phrase. Il lâcha les mains de ses parents pour les presser contre ses oreilles, il voulut se recroqueviller sur lui-même, mais Esmé l'en empêcha pour le prendre dans ses bras. Il sentit ses lèvres douces sur son front. Carlisle posa une main rassurante sur son épaule avant de glisser ses mains vers ses oreilles pour lui faire ôter les siennes.
-Edward, murmura son père en s'agenouillant face à lui, tout va bien se passer, nous sommes là. Je veux que tu gardes à l'esprit une seule chose qui sera vraie tant que nous vivrons tous. Je t'aime, Esmé t'aime, Emmett, Rosalie, Jasper et Alice t'aiment. Accroche-toi à ça. Nous t'aimons ! Ce ne sont que quelques mauvaises heures à passer, nous rentrerons ensuite à la maison et nous t'aiderons à aller de l'avant. Edward, tu m'entends ? As-tu compris ce que j'ai dit ?
-Oui, chuchota le jeune homme.
-Nous sommes là, assura Esmé en le gardant dans ses bras.
Le jeune homme sursauta lorsque quelqu'un frappa à la porte, le Docteur Matthews se leva en les informant que ce devait être le Docteur Brauner. Une femme de l'âge de ses parents entra et les salua.
-Carlisle ? S'étonna-t-elle.
Mais c'est pas vrai, pensa Edward, tout le monde connaissait son père ou quoi ?! Il est vrai que ce dernier était très respecté dans sa profession et que sa renommée n'était plus à faire.
-Bonjour Emma, la salua Carlisle.
-Bonjour, Carlisle, Esmé, dit la femme en embrassant ses parents. Je ne comprends pas…
-Edward est notre fils, coupa Esmé.
Une lueur de compassion et de tristesse passa dans les prunelles du médecin, elle se rendit compte qu'il l'observait et elle lui adressa un sourire empli d'excuse avant de se reprendre.
-Ravie de te rencontrer Edward, je vais prendre soin de toi, promit-elle. »
Elle s'installa dans le siège que lui désignait Chris. Alors qu'ils parlaient de tout et de rien, il se rendit compte que l'entretien avait commencé en apercevant un magnétophone qui enregistrait leur discussion. Comme il n'avait pas spécialement envie de parler, Lynda prit les choses en main et l'interrogea sur ces derniers jours avec sa famille et les personnes qu'il avait rencontrées. Lentement, Edward répondit à ses questions, parlant de sa journée au Conservatoire, puis il raconta leur après-midi au cinéma et à la patinoire.
« -Tu faisais beaucoup de patin à glace ? Interrogea Aaron.
-Oui, le lac était gelé les deux tiers de l'année, on…
Edward se tut en réalisant qu'il en avait trop dit, Lynda et Aaron l'observaient avec attention.
-Il devait faire vraiment froid, remarqua Lynda, vous habitiez où ?
Le jeune homme baissa la tête et serra les poings, il ne répondrait pas et ils le savaient.
-Comment se passait ta vie avec Ana ? Demanda le Docteur Brauner.
-Elle prenait soin de moi, elle m'aimait, enfin, je crois…
-Tu peux en être certain, assura Lynda avec ferveur, elle a tout fait pour que tu retrouves les tiens. Cependant, malgré tout l'amour qu'elle éprouvait pour toi, elle n'a malheureusement pas été capable de te protéger…
Edward inspira profondément, Esmé raffermit sa prise autour de son corps alors que Carlisle prenait sa main dans la sienne.
-Edward, je peux accepter que tu ne veuilles pas parler de la secte, mais nous avons besoin de ta déposition sur ce qu'ils t'ont fait, ils doivent payer, tu comprends ? Expliqua Aaron.
-A quoi ça servira ? Murmura Edward.
-Je peux te jurer que tu en auras besoin pour tourner la page, cela va t'aider à avancer.
-C'est ce que je suis en train de faire, protesta-t-il faiblement.
Pourquoi insistait-il autant ? Pourquoi Aaron ne voulait-il pas le laisser tranquille ? Son regard croisa celui de l'agent et il crut y lire quelque chose.
-Fais-moi confiance, insista l'agent du FBI, c'est la seule solution pour que tu t'en sortes. Laisse-moi… laisse-nous t'aider.
Edward comprit. Il n'eut pas besoin d'autres explications. A cet instant, le regard d'Aaron était semblable au sien lorsqu'il laissait ses démons l'envahir. Aaron saisit la main de son épouse et aussitôt l'obscurité qu'il avait perçu dans ses yeux disparue.
-Parle-nous, laisse-nous t'aider à porter ce fardeau, demanda Lynda.
Le jeune homme rechercha la chaleur et le réconfort de ses parents, Carlisle le comprit et passa un bras autour de sa taille. Esmé caressa ses cheveux, il blottit sa tête dans le creux de son cou, elle déposa un baiser sur son front.
-J'avais 14 ans, chuchota Edward, je… J'avais compris que les paroles des… du Maître n'étaient que des mensonges, qu'ils se servaient de moi avec l'heure histoire d'ange divin. Je suis allé le voir, mais il… L'autre était là… Enfin, non, il était là, le Maître était là… J'aurais dû me méfier… Cela faisait longtemps qu'il me regardait bizarrement… Une fois… Une fois, je l'ai surpris dans ma salle de bain… pendant que je me douchais… La nuit… Il… Il me regardait… Mais ce jour-là… Je savais que j'aurais mieux fait de passer mon chemin, mais j'étais en colère, j'ai réclamé la vérité…. Ca ne lui a pas plu… Il… Il…
Edward s'était figé en entendant le sanglot étouffé de sa mère, ses doigts se crispaient sur son épaule. Il ne pouvait pas, comment pourrait-il parler devant elle ? Non… Il releva la tête et croisa le regard emplit de colère de son père, ses poings étaient serrés.
-Esmé, Carlisle, j'ai quelques questions à vous poser, dit Chris en se levant.
-Non, protesta sa mère en resserrant son emprise autour de son corps.
-Esmé, souviens-toi de notre conversation, lui rappela Carlisle.
A regret sa mère se leva, non sans l'avoir étreint une dernière fois. Son père caressa ses cheveux avant de prendre la main de son épouse et de sortir. Lynda quitta son fauteuil pour venir s'asseoir à ses côtés. Ses parents lui manquaient, pourtant, il ne pouvait pas parler devant eux, non, il n'y parviendrait pas. Ses mains se crispèrent sur ses genoux alors qu'il tentait de contrôler ses tremblements. Du coin de l'œil, il vit le Docteur Brauner se lever et attraper le manteau de Carlisle, elle s'approcha de lui et le posa sur ses épaules. Il se blottit dans le vêtement, respirant l'odeur de son père ce qui l'apaisa quelque peu.
-Edward, nous ne te demandons pas de tout nous raconter dans les détails, il te faudra du temps pour arriver à en parler et nous le comprenons, assura le Docteur Brauner, peut-être pourrions-nous te poser des questions ?
-D'accord.
-Ne réponds que si tu t'en sens capable, ajouta-t-elle. Avait-il déjà eu des gestes déplacés envers toi ?
Le jeune homme réfléchit, avant ce jour fatidique, il avait senti son regard peser sur lui, cependant, il n'y avait rien eu de plus.
-Non.
-Te faisait-il souvent du mal ?
La question d'Aaron le fit frémir, il était incapable d'y répondre. Quand cela arrivait, il faisait tout pour oublier ce que son corps subissait, laissant son esprit s'évader.
-Plusieurs fois par semaine ? Insista Aaron.
Edward hocha la tête, une boule s'était formée dans sa gorge et il était incapable de parler.
-Lorsqu'il te blessait était-ce toujours parce que tu avais fait quelque chose de mal selon lui ?
-Au début oui, admit Edward, c'était quand je posais trop de questions ou que je parlais aux nouveaux adeptes, mais au bout d'un moment…
-Il n'a plus eu besoin de raisons pour te punir, termina le Docteur Brauner, Edward, tu sais qu'il a détourné ce qu'est réellement une punition pour tenter de justifier ce qu'il te faisait subir. Si un adulte souhaite te punir, il te privera de sortie, de…
-C'est bon, il a compris, assura Aaron en voyant sa mine décomposée.
Aux mots de la psychologue, il avait revu le visage figé puis horrifié de Carlisle lorsqu'il s'était agenouillé face à lui pour sa punition.
-Edward ! Reste avec nous ! Ordonna doucement Aaron.
Il leva la tête vers lui et l'homme lui offrit un sourire encourageant. Lynda posa sa main sur la sienne pour attirer son attention.
-Sais-tu si d'autres enfants ou adolescents ont été abusés ?
-Je ne sais pas, avoua-t-il dans un murmure, j'étais isolé des autres.
-Isolé, répéta le Docteur Brauner en le notant dans un petit cahier, tu étais souvent seul ?
-Au début non, mais à partir de mes 10 ans, j'ai commencé à poser des questions et ils n'appréciaient pas, je pense qu'ils ne souhaitaient pas que je sème le doute chez mes camarades.
-Tes amis n'ont pas essayé de te voir quand même ou toi, n'as-tu pas essayé de les rejoindre ? Demanda la psychologue.
-Je n'avais pas d'amis. Ils se tenaient éloignés de moi parce que je n'étais pas normal.
-Parce que tu étais l'élu ? Interrogea Lynda.
-Non, parce que j'apprenais vite, il suffisait qu'on dise une chose et je le retenais, je lisais un exercice et la solution m'apparaissait, les autres enfants disaient que ce n'était pas normal.
-Cela a dû te faire souffrir, remarqua Aaron.
-J'étais habitué et puis Ana faisait tout pour m'occuper.
-Edward, j'ai besoin de savoir s'il n'y avait qu'une seule personne qui te faisait du mal ? Interrogea le Docteur Brauner.
-Oui.
-A quand remonte la dernière fois où il t'a touché ? Demanda Lynda.
-Peu avant votre arrivée, chuchota Edward en baissant la tête.
-Nous avons envahi le camp à 16 heures, peux-tu être plus précis, s'il-te-plaît ?
-Le matin, je dormais quand il est venu me réveiller…
-Très bien, coupa Aaron, cela fait moins de trois semaines, nous sommes dans les délais.
-Je pense qu'il est temps de faire une pause, déclara le Docteur Brauner en lui souriant. Tu es un jeune homme très courageux, Edward. Veux-tu que tes parents viennent ?
Edward hocha la tête tout en tentant de ravaler ses sanglots. Aaron se leva pour aller chercher ses parents et le Docteur Brauner s'approcha de lui pour caresser tendrement le visage.
-Tu peux pleurer, tu sais, ce n'est pas une preuve de faiblesse et en plus ça fait du bien. »
Edward hocha simplement la tête, il était incapable de parler. Les larmes obstruaient sa vue ce qui l'empêcha de voir sa mère se précipiter vers lui. Esmé l'enferma dans l'étau rassurant de ses bras, pendant que son père caressait son dos l'aidant à calmer ses sanglots qui l'empêchaient de respirer correctement. Il entendit plusieurs pas et comprit que les autres étaient sortis. Edward se cramponna alors au chemisier de sa mère et enfoui son visage dans sa poitrine, cherchant son réconfort. Son père s'était rapproché, sa voix enrouée ne cessait de lui répéter combien ils l'aimaient et ils étaient fiers de lui. Ils restèrent de longues minutes ainsi enlacés. Bien que ses larmes ne paraissaient pas vouloir se tarir, il se calmait peu à peu. Ses paupières se fermèrent et il somnolait entre les bras de sa mère qui le berçait.
Carlisle observa les traits tirés de son fils, il passa une main aimante dans ses cheveux avant de se pencher pour l'embrasser. Lorsqu'il se redressa, ses yeux croisèrent ceux de son épouse qui laissaient transparaitre sa souffrance. Carlisle effleura les lèvres de la femme qui avait toujours éclairé sa vie, espérant ainsi lui insuffler sa force. Elle devait tenir, la journée n'était pas terminée et la dernière chose qu'il souhaitait c'était qu'Edward s'inquiète pour eux car il ne manquerait pas de le faire s'il percevait leur douleur. Son fils s'était finalement endormi dans les bras de sa mère. Doucement, il se leva et prit les jambes d'Edward pour les installer à sa place sur le canapé. Il le recouvrit avec son manteau. Esmé l'interrogea du regard, surprise qu'il les quitte.
« -Je vais demander à Chris si l'on ne peut pas avoir une chambre, Edward sera plus à l'aise, chuchota-t-il.
Esmé hocha la tête et il sortit sur la pointe des pieds. Carlisle traversa le couloir en direction du petit salon où Chris les avait emmené tout à l'heure. Alors qu'il s'apprêtait à entrer, la conversation qu'il entendit le figea.
-Comment oses-tu dire cela Aaron ?! S'énerva une voix qu'il reconnut sans peine.
-Il nous ment, Lynda et pourrais-tu te calmer, s'il-te-plaît ! Cette affaire te touche de trop près, je le savais.
-Oh, parce que toi tu es indifférent ? Je te signale que tu…
-Stop ! Tais-toi !
-Ne me parle pas sur ce ton ou je te promets que…
Carlisle fronça les sourcils, il n'entendait plus rien. Curieux de savoir ce qui se passait, il avança discrètement. Aaron était en train d'embrasser son épouse, la réduisant ainsi au silence, il se promit d'agir de même quand Esmé serait en colère après lui, sauf qu'il se rendit compte que cela n'arrivait quasiment jamais. Lorsqu'ils se séparèrent, il reprit sa place derrière le mur.
-Maintenant que tu es disposée à m'écouter, quand je disais qu'Edward mentait, je sous-entendais plutôt qu'il nous cachait quelque chose d'important. Cependant, même s'il était troublé…
-Même s'il était troublé ? S'énerva Lynda face à son soudain mutisme.
-A moins qu'il ne l'ait fait exprès pour nous aiguiller… N'as-tu pas trouvé ses propos étrange quand il nous a parlé du Maître ?
-Euh, non, qu'y avait-il d'étrange ?
-Lorsqu'il a voulu voir le Maître pour le confronter à ses mensonges, il a parlé de l'autre et n'as-tu pas remarqué que parfois il parlait au pluriel du gourou ?
-Aaron, il y avait une hiérarchie dans cette secte, il est clair que certains adeptes que nous avons emprisonné, dont l'un en particulier, faisaient partie des hauts dignitaires et qu'ils dirigeaient les autres.
-C'est exact, mais ce n'est pas ce que je voulais dire. Ils sont plusieurs gourous. Réfléchis ! Cela expliquerait pourquoi certains de leurs actes n'avaient pas de sens, pourquoi leurs réactions sont si difficiles à prévoir !
-Parce que ce n'est pas toujours la même personne qui prend la décision, comprit Lynda. Il va falloir qu'on reparte à zéro, on a rien et aucun des adeptes ne parlera !
-On va y arriver, déclara Aaron avec espoir, il faut qu'on y arrive, sinon…
-Non ! Non, ils ne peuvent pas savoir où il est, personne ne penserait à aller le chercher à Forks ! Ils doivent sûrement penser qu'il est sous notre garde.
-Peut-être, mais il y a fort à parier qu'ils savent qui sont ses vrais parents !
-On écoute aux portes Docteur Cullen ?
Carlisle sursauta en entendant la voix du Docteur Brauner, il se retourna vers elle, honteux de s'être fait surprendre dans cette position.
-Je…
-C'est rien, coupa-t-elle, si c'était mon fils, je voudrais moi aussi savoir.
-Merci, Emma.
-Comment va-t-il ?
-Il s'est endormi dans les bras d'Esmé. Je venais voir si Chris n'aurait pas une chambre de libre pour lui.
-Il a eu la même idée que toi, avoua Emma avant de le fixer intensément, et toi comment vas-tu ?
-Ca va, mentit-il.
-T'es vraiment un piètre menteur, soupira sa consœur, et Esmé ?
-Elle tient le coup, pour le moment, elle est forte, mais…
-Elle va craquer et toi aussi, prédit Emma, vous ne devriez pas assister à la suite.
-Je suis d'accord avec le fait qu'Esmé n'assiste pas à la suite, corrigea Carlisle, moi, je resterai.
-Carl…
-Non ! Je l'ai déjà abandonné une fois, je ne recommencerais pas !
-J'ai lu le dossier, sans savoir qu'il s'agissait de ton fils, c'est un bon garçon qui ne mérite pas ce qui lui est arrivé, il est le digne héritier de ses parents. Cependant, je pense que tu es le seul à croire que tu l'as abandonné, personne n'aurait pu imaginer qu'il allait être enlevé et tu ne m'écouteras pas, conclut-elle en voyant son regard, soit… Peut-être accepteras-tu mon aide pour Edward ?
-Ton aide ?
-Tu n'avais pas prévu qu'il voit un autre psychologue que moi, n'est-ce pas ?
-J'avais plutôt pensé à un terrain neutre, avoua Carlisle, tout se sait à Forks et…
-Oui, c'est vrai, approuva-t-elle, mais je pensais que les premières séances pourraient se passer chez vous, dans un environnement apaisant pour lui et quand il se sentira prêt, je le verrai dans le cabinet d'un confrère à Port Angeles.
-Tu as pensé à tout, soupira Carlisle avant de froncer les sourcils, est-ce pour mon fils que tu fais tant d'efforts ou pour avoir la primeur d'étudier le cas unique qu'il représente ?
-Un peu des deux, admit Emma.
-Ah, vous êtes là ! Dit Chris en les rejoignant. J'ai trouvé une chambre pour Edward, on y va ? »
Carlisle hocha discrètement la tête en direction de son amie avant de suivre son ancien élève. Il lui confierait Edward car elle était une excellente amie et surtout elle excellait dans son domaine, son fils serait entre de bonnes mains. Edward dormait toujours quand ils entrèrent dans le bureau. Tendrement, il le prit dans ses bras et suivit Chris jusqu'à la chambre où il déposa son précieux fardeau.
Lorsqu'Edward s'éveilla, il était allongé dans un lit. Il sentit la chaleur d'un corps dans son dos. Il se tourna lentement et aperçut sa mère. Elle s'était endormie, mais ses mains étaient toujours fermement accrochées autour de sa taille. Son regard balaya la chambre et il ne tarda pas à croiser celui de son père. Ce dernier, voyant qu'il était éveillé, s'approcha.
« -Comment te sens-tu ?
-Fatigué, vidé, avoua Edward.
-As-tu faim ?
-Non.
-Tu n'as rien mangé depuis hier soir, lui rappela son père, essaie au moins d'avaler quelque chose.
Edward acquiesça et son père approcha une tablette sur roulette. Il sentit sa mère bouger dans son dos, elle devait se réveiller. Deux lèvres douces se posèrent sur son front et confirmèrent son hypothèse. Esmé se leva et vint s'asseoir à côté de son mari qui la prit dans ses bras. Edward observa le plateau avec dégoût. Alors qu'il allait le repousser, sa mère attrapa la pomme qui s'y trouvait et commença à l'éplucher. Elle découpa ensuite des morceaux qu'elle posa devant lui.
-Mange, s'il-te-plaît, demanda Esmé.
-Je suis sûr que vous non plus vous n'avez rien mangé de la journée, répliqua-t-il.
-Tu as raison, acquiesça Carlisle en attrapant un morceau pour le donner à son épouse.
Edward accepta de mauvaise grâce le morceau que lui tendait son père. Ce dernier mangea sa portion, Esmé l'imita, se retrouvant au pied du mur, il fit de même en grimaçant. Sa mère allait insister pour qu'il mange le dernier morceau lorsqu'on frappa à la porte. Le Docteur Matthews entra. Aussitôt, son père se raidit.
-Alors, Edward, tu t'es reposé ?
-Oui.
-Bien, je vais t'expliquer maintenant ce qui va se passer. Je vais devoir t'examiner pour pouvoir faire mon rapport. Je sais que ce n'est pas agréable pour toi, mais je vais faire mon possible pour que ce soit vite terminé. Tu pourras ensuite rentrer chez toi avec tes parents.
Edward hocha simplement la tête, il ne pouvait pas parler. Son corps commençait déjà à trembler, tous s'en rendirent compte et furent en un clin d'œil à ses côtés.
-Ecoute, c'est à toi de choisir, soit nous sommes seul, toi et moi, pour l'examen, soit l'un de tes parents peut t'accompagner, que choisis-tu ?
Le jeune homme sentit les regards de ses parents peser sur lui, apparemment, ils ne souhaitaient pas le quitter. Leur présence l'apaiserait sûrement, cependant, il ne voulait pas qu'ils le voient ainsi. Il se contenta de baisser la tête.
-Bien, Aaron ou Lynda peuvent t'accompagner, si tu préfères ?
Il aurait aimé répondre, mais il ne voulait pas blesser ses parents en choisissant des étrangers plutôt qu'eux.
-Ca ira, murmura-t-il.
-Ok, tu veux marcher ou je te propose une balade dans ce magnifique petit bolide ? Proposa Chris en désignant un fauteuil roulant.
-Je peux marcher, assura Edward en se levant.
Cependant, il avait à peine fait quelques pas que ses jambes se dérobèrent sous lui, son père le rattrapa et l'installa dans le fauteuil. Ils sortirent de la chambre. Le Docteur Brauner et Lynda entraînèrent sa mère vers la salle de repos, Aaron marchait silencieusement à leurs côtés. Ils s'arrêtèrent devant une salle d'examen.
-Je reste là, promit Carlisle, un seul mot de ta part et je serais à tes côtés.
Edward hocha la tête. Son père le suivit du regard jusqu'à ce que le Docteur Matthews referme la porte. Le médecin déplia un paravent devant le fauteuil roulant et lui donna une infâme chemise d'Hôpital à mettre. Le jeune homme avala péniblement sa salive tout en ôtant ses vêtements. Ses poils s'hérissaient sur ses bras et il avait la chair de poule en entendant les instruments que le Docteur Matthews préparait à l'abri de son regard.
-Au fait, Edward, je voulais m'excuser pour notre rencontre l'autre jour sur le campus, je n'avais pas vu que tu étais avec les étudiants et je souhaitais juste donner un coup de main à Emmett et à John pour se débarrasser de ces pintades.
-Y'a pas de mal, assura-t-il en sortant de derrière le paravent.
-Si, je t'ai mis mal à l'aise, je t'ai rappelé de mauvais souvenirs et la journée que tu allais devoir affronter. Pardonne-moi.
-C'est rien.
-Tu sais que ton frère Emmett est un sacré numéro ! S'esclaffa Chris. J'ai fait des bêtises pendant mes études, mais lui et ses copains n'en ratent pas une. Installe-toi ici. Savais-tu qu'ils avaient peint le caniche du Doyen aux couleurs de la fac ? J'ai cru que ce pauvre homme allait faire une crise cardiaque. Avance-toi au bord de la table, voilà, c'est bien. Il y aussi une fois où ils avaient dû perdre un pari car ils ont fait le tour du campus en courant et dans le plus simple appareil, le seul problème c'était qu'on était au mois de novembre, ils sont tous tombés malades. Mets tes jambes dans ces sortes d'étrier. Voilà. Détends-toi. Ta sœur Rosalie n'est pas en reste non plus, elle a un de ces caractères ! Un jour, un gars lui a demandé…
Edward n'écoutait plus les propos du médecin, il savait qu'il essayait de le distraire, mais ça ne marchait pas. Une sueur froide coula le long de son échine, son cœur s'emballa et il dut se mordre la lèvre inférieure pour ne pas laisser échapper ses larmes. Il se sentait exposé, humilié, ainsi installé sur cette table d'examen.
-Edward ! L'appela doucement Chris en tapotant sa joue. Reste avec moi, Edward ! C'est bien, regarde-moi. Voilà. Ecoute, je sais que ce n'est pas agréable, mais plus vite on commencera, plus vite ce sera terminé.
Doucement, les doigts du Docteur Matthews se posèrent sur l'encolure de la blouse qu'il lui avait demandé de mettre, il la fit glisser dévoilant son torse. Ses doigts gantés de latex le firent frémir, il étouffa difficilement une plainte.
-Chut, souffla le médecin, tout va bien. Fais-moi confiance.
Edward fut déstabilisé lorsque le médecin stoppa son examen pour se diriger vers la porte. Il revint en compagnie de son père qui prit un tabouret et s'installa à ses côtés.
-Avant que tu ne protestes, déclara Chris, sache que ton père en sa qualité de médecin a malheureusement déjà pratiqué ce genre d'examen. Donc, qu'il soit derrière cette porte ou ici, il sait ce qui se passe et personnellement, je pense qu'il est plus utile dans cette pièce que dans le couloir.
-Je veux que tu te concentres sur moi, Edward, lui demanda son père en prenant sa main. Regarde mes yeux. C'est bien. Chris va simplement faire un examen superficiel, il note si tu as des traces de coups ou toute autre blessure, sur le torse, le dos, les bras.
-Il n'y en a pas, constata Chris d'une voix étonnée.
-Je sais, murmura Carlisle, c'est pour ça que je ne me suis pas posé de questions.
-Edward, te droguait-il ? Interrogea le Docteur Matthews.
-Non, répondit pour lui son père dont le regard était toujours plongé dans le sien, au bout d'un certain temps, tu as cessé de te débattre, tu savais que c'était inévitable, n'est-ce pas ? Alors, tu préférais le laisser faire, priant pour qu'il termine le plus vite possible.
Edward hocha la tête. Ses larmes coulaient librement sur ses joues, Carlisle les essuya avec tendresse.
-Je vais te faire une prise de sang, l'avertit Chris, serre le poing.
Le jeune homme obéit, il tourna la tête pour observer les gestes du médecin. Ce dernier lui sourit en enfonçant l'aiguille dans sa chair, le tube transparent prit une couleur rougeâtre au fur et à mesure que son sang le remplissait. Le Docteur Matthews retira l'aiguille et lui mit un pansement. Il attrapa ensuite un drap bleu qu'il posa sur lui.
-C'est la partie la moins agréable, prévint Chris, mais je vais faire aussi vite que possible. Je veux que tu regardes ton père et que tu ne portes ton attention que sur lui.
Edward hocha la tête. Il ne put retenir un frisson en sentant les mains du médecin passer sous le drap pour retirer sa blouse, il posa ensuite ses mains sur ses hanches pour le faire glisser. Le jeune homme sursauta quand la table se suréleva. S'il avait pu mourir de honte, il serait mort. Ses larmes l'aveuglaient, sa respiration était difficile, son corps tremblait de peur.
-Calme-toi, mon fils, ordonna la voix douce de Carlisle qui posa ses deux mains de part et d'autre de son visage. Regarde-moi ! Inspire, expire, c'est bien. Dis-moi, ça te ferait plaisir que l'on parte en week-end ? As-tu déjà skié ?
-Oui, répondit Edward d'une voix crispée en sentant les doigts de Chris sur une partie de son anatomie où ils n'auraient jamais dû se trouver.
-Edward ! Ecoute-moi, Edward ! On pourrait aller skier avec tes frères et tes sœurs.
-Tu crois… Tu crois que… Bella voudra venir ?
-Oui, on lui demandera, je suis sûr que ça lui fera plaisir, mais il faudra bien la surveiller, je n'ai pas envie de la ramener à son père avec une jambe ou un bras dans le plâtre !
Edward ne put retenir un sourire, il était vrai que la jeune fille était particulièrement maladroite. Soudain, ses doigts se crispèrent sur le drap alors qu'il retenait difficilement une plainte.
-Il faut que tu essaies de te détendre, lui demanda Chris, détends-toi, s'il-te-plaît.
Ses larmes qui avaient cessé de couler glissèrent à nouveau sur ses joues. Son père attrapa ses mains et le força à le regarder.
-Serre mes mains, plus fort ! Plus fort, Edward ! Ce n'est pas suffisant, serre ! Encore !
Edward ne comprenait pas ce que son père lui demandait, il était sûr qu'il lui faisait mal en serrant aussi fort. Il voulut desserrer son emprise, mais son père l'en empêcha. Il ferma les yeux en sentant l'intrusion dans son corps, il trembla.
-Edward, regarde-moi ! Mon chéri, regarde papa !
Son père se pencha pour déposer un baiser sur son front.
-Respire calmement… C'est bien… Tu es très courageux, mon fils, c'est bientôt terminé, je te le promets. C'est la dernière partie de l'examen.
-C'est très bien, Edward, l'encouragea Chris, reste aussi détendu que possible. J'ai presque terminé.
En effet quelques minutes plus tard, Chris rabattit le drap. Il ôta ses jambes des étriers et le fit rallonger correctement, ses fesses n'étaient plus dans le vide. Edward se sentait vidé et il avait soudain très froid. Son père le prit dans ses bras et frictionna ses bras pour tenter de le réchauffer. Il aperçut Chris près de la porte qui remerciait une infirmière. Il revint vers lui en dépliant une couverture, son père l'aida à l'envelopper à l'intérieur. La couverture était chaude et Edward ne put que fermer les yeux face à cette agréable sensation. Carlisle se réinstallait à ses côtés quand sa mère entra dans la pièce. Elle vint aussitôt le prendre dans ses bras.
-Je vais te faire une ordonnance avec des médicaments qui t'aideront à te détendre et à dormir, tu vas aussi suivre une antibiothérapie pendant 15 jours jusqu'à ce que j'ai les résultats de tous tes examens.
-Une antibiothérapie ? Releva Carlisle en se rapprochant de Chris pour parler à voix basse avec lui.
-Il a plusieurs déchirures, certaines ne sont pas cicatrisées et doivent le faire souffrir.
-Il n'en a jamais rien laissé paraître.
-Je pense qu'il a un excellent entraînement pour cacher ses blessures. »
Edward ferma les yeux. Il avait été toujours de plus en plus violent avec lui, pas étonnant qu'il ait encore des marques. Il observa les deux médecins qui discutèrent pendant quelques minutes avant que Carlisle ne demande à son épouse de sortir un instant. Esmé lui obéit et sortit avec Chris. Son père l'aida à se rhabiller tout en lui promettant qu'ils seraient vite à la maison. Il l'installa dans le fauteuil roulant, puis il le couvrit avec la couverture. Ils sortirent. Ils étaient tous là à l'attendre.
« -Je suis désolé pour cette journée éprouvante, s'excusa Aaron en s'agenouillant face à lui, tu verras maintenant ça ira mieux.
Edward hocha la tête, un peu dubitatif avant de se rappeler qu'Aaron savait de quoi il parlait.
-Appelle-moi, n'hésite pas à m'appeler n'importe quand, peu importe que cela concerne l'affaire ou autre chose. D'accord ?
-Merci, murmura-t-il.
-Tu n'as pas à me remercier, assura Aaron en caressant sa joue.
-Tu as été très courageux, déclara Lynda en déposant un baiser sur son front. Comme Aaron te l'a dit, n'hésite pas à nous appeler.
-Soyez prudents sur la route, lança Chris en les saluant, je vous tiens au courant de ses résultats Docteur Cullen.
-A bientôt, Edward, dit le Docteur Brauner, Carlisle, Esmé, je vous passe un coup de fil. »
Rapidement, tous disparurent. Carlisle poussa son fauteuil jusqu'à la Mercedes. Il l'installa à l'arrière avant de partir ramener le fauteuil à l'accueil. Esmé s'assit à ses côtés et arrangea la couverture sur son corps. Elle le prit dans ses bras et le câlina. Edward ferma les yeux pour profiter pleinement de l'étreinte de sa mère. La voiture se mit à bouger, l'éloignant de l'Hôpital où il n'avait que des mauvais souvenirs. Une immense fatigue menaçait de le submerger, il avait été sur ses gardes toute la journée pour ne pas craquer, ses nerfs avaient étaient mis à rude épreuve et il se sentait vidé de toute force. Pourtant, il ne put s'empêcher de repenser à la conversation qu'ils avaient eue, il ne pouvait rien dire concernant la secte, le secret était trop bien ancré dans sa tête depuis son plus jeune âge et il se sentait incapable de le briser. Il leur avait cependant laissé des indices, il espérait qu'ils comprendraient. Il sortit de ses pensées en entendant le Clair de Lune de Debussy résonner agréablement dans la voiture. Il se détendit et laissa la fatigue l'emporter. Juste avant de s'endormir, le jeune homme ne put retenir un soupir de soulagement, ils rentraient enfin à la maison !
