Bonjour,

Et voici le chapitre tant espéré, je remercie toutes les personnes formidables qui me soutiennent chaque jour sur le forum de TF mais aussi vous lecteurs et lectrices qui me laissaient des reviews… vous ne pouvez pas savoir le bien fou et la motivation que vous me donnez :D

Chapitre 4 : Lâche.

Je n'avais pas la notion du temps contre ce mur. Des questions interminables et sans réponses embrouillaient mon esprit. Comment j'en étais arrivée à cette situation ! J'avais vraiment la poisse, surtout que Demetri était mon seul amant mais j'avais si peur de sa réaction. J'allais tout faire pour ne pas le lui avouer, j'étais encore plus perdue. Quel monde de merde ! J'entendis une respiration toute proche, je voulus me mettre debout mais j'étais encore secouée de sanglots et mes jambes ne me répondaient pas. Une main féminine se glissa sur mon épaule et cette présence s'assit à mes côtés. Elle ne dit rien, elle attendait que je fasse le premier pas, que ce soit moi qui me mette à parler. Je n'en avais pas le courage. Une profonde inspiration plus tard et la jeune femme prit la parole. Je reconnus instantanément la voix de Rosalie.

« Comment te sens-tu ? Nous nous sommes inquiétés quand nous t'avons vu partir en titubant…

-Bien…

-Tes sanglots me prouvent le contraire…

- Je n'ai pas envie d'en parler, je t'en prie n'insiste pas. C'est très gentil de votre part de prendre de mes nouvelles mais ma vie est si insignifiante, elle ne vaut pas la peine de s'y pencher…

- Ne dis pas des bêtises pareilles. Bien que tu sortes avec Demetri (grimace) et que tu traînes avec les Volturi (frissons de dégoût), tu m'as l'air d'être une fille droite, sincère et qui a la tête sur les épaules.

- S'il te plaît, ne me dis pas ça alors que tu ne me connais même pas. Si tu savais…

- Nous ne voulons que cela ma famille et moi. Nous voulons t'aider car tu as l'air mal depuis notre arrivée et nous ne voulons pas t'importuner si c'est le cas. Si tu as besoin, tu sais où nous trouver… »

Sur ces mots, elle se leva, attendit un moment pour scruter ma réaction ou plutôt ma non réaction et repartit. Je me remis à pleurer et pour mieux me protéger du regard des autres, j'enroulais mes bras autour de mes genoux et nichais ma tête contre ces derniers. Il me tardait de parler à ma mère pour qu'elle me donne des conseils, je me sentais comme aspirer dans une spirale sans fin et sans fond. La sonnerie me fit sursauter mais je ne pouvais bouger, je ne le voulais pas. Comment peut-on devenir mère aussi tôt, je savais que j'avais été conçue dans des circonstances similaires mais je ne faisais pas assez confiance à Demetri et plus particulièrement sa famille sachant leur opinion à mon égard. Alice essaya de venir vers moi, j'avais senti son odeur mais un membre de sa famille avait dû l'en empêcher.
Je me mis debout tant bien que mal, mes jambes chancelaient encore mais je ferais avec. Je n'avais pas eu une idée très brillante en mettant des talons aujourd'hui. Je m'appuyais contre les murs de l'enceinte, heureusement l'infirmière m'avait excusé pour le reste des cours de la journée, je n'aurais pas pu suivre ni le cours de biologie qui porte sur un sujet maintenant tabou, ni les cours de sport, avec mes nausées ce ne serait pas approprié.
Je partis alors sur le chemin menant chez moi, j'avais quatre bons kilomètres à parcourir à travers les champs mais il me fallait ce temps pour réfléchir. J'avais si peur. Je marchais lentement mais il me fallait attendre pour me stabiliser comme si j'étais sur des échasses et puis mon manque d'alimentation comme mes maux de tête n'arrangeaient rien. Je ne savais même plus depuis combien de temps je marchais mais je décidais de couper mon chemin, j'enlevais mes chaussures et je m'avançais pieds nus dans les champs de blé. Ma main caressait les épis alors que mon esprit divaguait dans le lointain. Je me sentais comme en paix, libre. Le vent caressait mes cheveux, une onde de bien être relaxait mon corps tendu par ces derniers jours. Depuis l'annonce de ma grossesse, j'avais l'impression de ne plus vivre et ce bref instant me ravivait. Je m'enfonçais alors dans le champs sec et m'y allongeais, regardant le ciel. Cela m'avait toujours aidé lors de grandes décisions, rien qu'en visionnant les nuages, les traînées d'avions et l'immensité de l'horizon. Je me posais ces questions existentielles et trouvais sans les chercher mes réponses. Pourtant en cet instant je me trouvais dans une impasse.

Renée m'avait prévenu de son retour pour la fin du mois or nous étions dans la première quinzaine de septembre, mon anniversaire n'allait pas tarder et maintenant je me retrouvais enceinte à 18 ans. Je n'avais fait que gâcher ma vie depuis toujours : les relations tendues voire haineuses avec mon père, l'absence de ma mère et mon amour à sens unique avec Dem enfin c'est ce que je ressentais. Il ne m'avait jamais montrée ses sentiments, ni déclarés. Je n'avais jamais été aussi seule jusqu'à cet instant et je ne faisais que m'emmurer dans mon silence. Que devais-je faire ? Seuls les Cullen m'avaient montré leur soutien mais il ne fallait pas que je m'approche d'eux.

J'entendis au loin une voiture passer et s'arrêter, qui pouvait bien venir vers le champs où je me trouvais, qui osait me déranger dans mon nouvel exil. Mon humeur mélancolique se changea en colère, j'étais maintenant prise du syndrome des sautes d'humeur pourvu que l'étranger ne vienne pas vers moi. Des bruissements vinrent dans ma direction et je le vis. Des cheveux en bataille, des yeux verts insolents, une bouche sensuelle et un corps digne des dieux anciens. Edward Cullen était devant moi et me regardait, d'un regard certes rempli d'interrogations mais aussi de colère, de frustration et encore rempli, selon moi, de tristesse et de déception. Tu dois fabuler Bella, ce n'est pas parce que ce mec est devenu ton fantasme qu'il va éprouver des sentiments en retour ! Tu regarde trop de films et de livres remplis d'amour.

« Je peux m'asseoir ?

- Ce champs n'est pas à moi, fais comme bon te semble… »

Ma voix était égale avec une nuance de mélancolie et de peine. Mes larmes n'allaient pas tarder à faire surface.

« Que t'arrive-t-il ? Nous ne nous connaissons pas mais j'ai l'impression que tu es dans une spirale avec des personnes dont tu ne connaissais pas le vrai visage…

- J'en ai plus que marre de vos histoires, tu sais quoi je préfère m'en aller.

- C'est moi qui le devrait, je suis arrivé après toi.

- D'ailleurs comment tu as su où j'étais ?

- Là n'est pas la question, je te laisse.

-Edward Cullen tu n'es qu'un lâche, tu n'oses même pas me dire la raison de ta venue ici. Laissez moi en paix une bonne fois pour toute. Depuis que vous êtes arrivés, je suis comme emmurée dans un silence et dans une ambiance des plus désagréables. Mon petit ami n'est pas des plus attentionné, ma meilleure amie ne fait que me mettre en garde, toute la famille se méfie de moi alors que je n'étais pas dans les meilleures grâces jusque là. Pars je t'en prie…

- Je m'en vais et sache que nous ne t'importunerons plus, j'en fais la promesse. Adieu Bella. »

Il partit comme il était arrivé, je me rallongeais et libérais mes larmes meurtrières trop longtemps retenues face à sa présence. Je ne sentis même pas la pluie salvatrice léchant mon corps recroquevillé. J'avais oublié la notion du temps, je ne sentais ni la fraîcheur de l'averse, ni le froid de la nuit, s'il avait fait soleil je ne m'en serais pas rendu compte. En position fœtale, on se sent protégé de tout et le temps suivait son cours sans que l'on ressente douleur et meurtrissures provenant de l'extérieur. Je m'endormis dans un état de vide jamais égalé auparavant dans ma vie pathétique. Ce sont des bras forts qui m'encerclèrent et qui me réveillèrent. On me portait mais pour aller où ? Je me débattais mais on me fit vite comprendre que je n'avais pas le choix. Je sombrais de nouveau dans l'inconscient.

Je me réveillais je ne sais pas combien de temps après mais j'avais encore envie de dormir. Je me trouvais dans une pièce aux murs blancs et j'étais relié à de nombreux fils, des perfusions beurk ! Je ne savais pas où j'étais mais ça ressemblait à une chambre d'hôpital, qu'as-tu fait Bella ? Mes larmes se mirent à couler en silence, une boule dans ma gorge se forma mais je ne voulais pas que l'on entende ma détresse alors je rejetais au loin ces sanglots. Un mouvement si fit derrière moi et je vis enfin l'émetteur. Aro. Quelle merde ! Manquait plus qu'une confrontation avec la famille de mon amant, qui n'est autre que le père de mon enfant.

« Tu es réveillée à ce que je vois. Bien. Tes constantes sont bonnes malgré une tension faible et un rythme cardiaque au ralenti mais avec un traitement adapté, tu seras sur pieds en moins de temps qu'il ne le faut pour le dire.

- Qu'allez-vous me donner ?

- Ne t'occupes pas de cela. Repose-toi, tu vas avoir besoin de toute ton énergie pour te remettre sur pieds. »

C'est ce que je fis, je n'avais pas d'autres choix que d'obéir cependant une question s'insinuait dans mon esprit.

« Excusez-moi mais comment m'avez-vous trouvé ?

- Un appel anonyme laissé aux urgences, je t'ai ramené ensuite dans notre demeure pour te prodiguer des soins sous notre surveillance. Maintenant repose toi et fais silence. »

Je n'eus pas le temps de réagir qu'il injectait une dose de somnifère dans ma perfusion. Je retournais donc dans les bras de Morphée.
Je me réveillais en sursaut, une douleur logée dans mon bas ventre, je n'en avais jamais ressenti de telle de ma vie. Je me mis à pleurer, je voulais crier, appeler mais il avait dû me donner un médicament pour que je n'émette aucun son. Je me tordais dans tous les sens pour trouver une position où la douleur serait moins insupportable mais rien n'y fit. Je ne pouvais supporter plus que cela, je préférais encore la mort à cette douleur. A force de me débattre, je rendis les armes et je laissais les langues de feu de mon bas ventre prendre le pouvoir, peut-être seront-elles apaisées au matin ?
Je me réveillais dans un état second, j'essayais de mettre un pied au sol mais je ne pus, des liens entravaient mes poignets. Était-ce un rêve ou bien est-ce qu'Aro avait été là la veille à mes côtés ? Je ne pouvais croire en ce cauchemar, je me tournais pour prendre place. Un liquide chaud suintait le long de mes cuisses, j'y jetais un coup d'œil. Mauvaise idée, du sang coagulait à cet endroit. Impossible à moins que j'ai fait une fausse couche ou un avortement ! La première cause m'intriguait, est-ce qu'une simple chute de tension pouvait entraîner la perte d'un petit être. Je préférais me conforter à cette idée que sur la probabilité d'une interruption de grossesse volontaire. J'entendis des pas approchés, je recouvris mon corps jusque sur mon cou, je me sentais sale et honteuse. Comment allait-il le prendre et comment allait réagir le reste de la famille ? J'étais terrorisée mais je ne devais pas sous peine de représailles.

La porte s'ouvrit et les trois patriarches me firent face, ils fermèrent bien la porte après eux et tirèrent les rideaux pour que personne ne vienne. Ma peur ne baissait pas en intensité et en croisant le regard de glace de Caïus, cela empira.

« Tu pensais vraiment que nous allions te laisser faire un bâtard, pauvre ignorante. Salir notre nom de la sorte, toi une fille de la rue. Comment mon fils peut-il rester avec une créature comme toi ?

- Calme mon frère.

- Calme, calme, il y a des limites… Comme si nous avions besoin de cela avec les Cullen de retour. Non je ne me calmerais pas. N'essaie plus de côtoyer, ni d'approcher nos enfants, nous te l'interdisons. Dieu est béni l'appel inconnu, je l'embrasserais presque. Si nous ne l'avions point eu qu'aurions nous fait ? Tu es certain Aro que la chose est faite ?

- Oui, avant qu'elle ne se réveille, j'y ai jeté un coup d'œil et elle avait tout rendu.

- Bien. Je te préviens une dernière fois chienne, ne viens plus vers nous et je ferai en sorte que tu ne sois reçu nulle part, je ferai de ta vie un enfer puisque tu voulais nous abuser. Je vais laisser Jane et Demetri te faire leurs adieux, tu les as beaucoup déçu alors ne les approche plus jamais, c'est bien entendu ? Tu n'es qu'une petite lâche qui ne veut pas faire face à ses responsabilités. Tu n'aurais eu aucun espoir de finir parmi nous, tu n'es qu'une fille qui mérite à peine qu'on la baise. »

J'acquiesçais et ils sortirent. Marcus n'avait pas prononcé un mot, Aro était en accord avec son troisième frère car son regard n'était que dégoût, désolation et haine. Je me recroquevillais pour pleurer mais je n'en eus pas le temps car la porte s'ouvrit sur ma meilleure amie et sur mon amant.

« Comment oses-tu nous regarder encore ? Moi qui te faisais confiance ! Tu me dégoûtes, ne reste plus dans les parages et vas-t-en vite. Rien que ta présence sur Terre devrait être interdite, tu pollue l'air et le contamine. N'essaie même pas de croiser ne serait-ce notre regard, ne nous adresse même plus la parole, nous ferons comme si tu n'avais jamais existé sois-en sûre et sache que je vais faire de ta vie un enfer. La douleur que tu as ressentie cette nuit ne sera rien comparée à cela… »


Demetri ne prononça aucun mot et c'était bien pire à mes yeux. Je venais de perdre mon clan. Je n'étais plus rien sans eux, je me levais après avoir détaché mes liens, pris mes affaires et sortis pour rejoindre encore toute déboussolée ma maison à dix kilomètres de là. Je ne pris même pas le temps d'une douche, ça aurait été de trop, je partis la tête basse. Je voulais courir mais entre la peur qui logeait encore dans mes jambes, qui jouaient des castagnettes, mon manque d'alimentation et les médicaments qu'ils m'avaient injectés, je ne le pouvais pas. J'avais dû parcourir une longue distance car je ne sentais plus mes jambes et je m'effondrais sur le bas côté de la route, puis plus rien.
Je me réveillais de nouveau dans un lieu inconnu, je pris peur et voulais me dégager quand je vis un visage proche du mien en train de panser et nettoyer mon corps nu.

J'espère que ce nouveau chapitre vous a plu et comme le dit souvent les auteurs/auteures, le petit bouton vert ne va pas vous manger XD

J'attend avec impatience vos théories et vos avis :D, énormes bisous