Chapitre 7 : Retour en enfer, le lycée…

Je me réveillai tôt, bien avant que la sonnerie de mon réveil s'enclenche. Pour la première fois depuis bien longtemps, je me levais aux aurores. Je n'ai pas pour habitude de trainer au lit, mais je n'aime pas non plus en sortir de trop bonne heure. Je pris la précaution de ne pas faire trop de bruit en allant prendre mon petit déjeuner dans la cuisine. J'y retrouvai Carlisle et Esmée en pleine discussion matinale. Ne voulant pas les déranger, je m'apprêtai à rebrousser chemin, quand ils m'invitèrent à me joindre à eux. Je vins donc m'installer à leur table, non sans une certaine gène.

« As-tu passé une bonne nuit Bella ?

- Oui, très bonne Carlisle, merci.

- Tu te lèves bien tôt pourtant…

- Je n'arrivais plus à me rendormir et comme il ne vaut mieux pas que je me rendorme, j'ai préféré me lever. »

Devant leurs regards interrogateurs, il valait mieux que je précise.

« Si je me rendors, vous n'êtes pas prêts de me réveiller même en faisant d'énormes bruits…

- Oui, nous avons pu le constater, même Emmett avec sa batterie la semaine dernière, n'a pas suffit à te réveiller…

- Que désires-tu manger , ma chérie ? Des tartines te conviendraient ?

- Oui, merci, c'est très gentil de votre part…

- Je t'en prie Bella. ...Et puis tutoies-nous, s'il te plait, on a déjà l'impression de vieillir beaucoup trop vite, alors avec le vouvoiement c'est encore pire…

- Très bien, je vais essayer. Répondis-je, ne pouvant contrôler un rougissement.

- Bien. Me sourit elle tendrement

- Bella, tu es déjà levée ? »

Avant même que je ne puisse répondre, Alice poussa un crie de stupeur si strident qu'il aurait pu me percer les tympans. Nous nous retournâmes surpris, et la vîmes pétrifiée dans une expression mortifiée. Je suivis son regard et vis l'objet de son horreur, mon pyjama.

Merde!

Je n'étais pas la seule à avoir suivi son regard. Carlisle et Esmée avaient eu le même reflexe que moi, et souriaient de façon entendue. Connaissant leur fille, ils savaient déjà que mon pyjama vivait ses derniers instants.

Le reste de la maisonnée, émergeaient progressivement de part et d'autre de la demeure avec des têtes plus ou moins ensommeillées, réveillaient par les cries du lutin hystérique.

« Alice c'est un peu extrême comme réaction, tu ne crois pas? demanda Emmet, la bouche pâteuse, en s'avançant pour se servir un jus d'orange.

- Parles pour toi Emmett. Un jogging pour pyjama, on est vraiment au bord de la catastrophe, heureusement que j'ai programmé une journée shopping.

-Je trouves que ce jogging lui va très bien. Intervint un beau ténor, encore enroué par le sommeil, dans mon dos.

- Edward! Toi et la mode ça fait deux , alors n'en rajoutes pas, ou ma santé mentale n'y survivra pas! Dit-elle de plus en plus agacée.

- Je suis d'accord avec Edward sur ce point », ajouta Jasper.

Elle ne répondit pas comme si tout ce que disait Jasper comptait plus que tout. De plus son regard ne trompait pas, elle était amoureuse de lui. Je ne pus m'empêcher de sourire et je n'étais pas la seule, tout le monde à part les deux intéressés s'en étaient rendus compte, et vu les regards moqueurs d'Emmett et d'Edward, Alice allait bientôt regretter de s'être moquée d'eux auparavant. Rosalie me fit un clin d'œil, nous allions avoir une discussion sérieuse avec notre lutin préféré et cela le plus tôt possible.

Nous prîmes le petit-déjeuner dans une bonne humeur générale, et les garçons glissant quelques pics à Alice, qui ne pouvait pas s'empêchait de rougir, ce qui redoubla notre hilarité. Même Jasper riait sans qu'il ne sache vraiment pourquoi. Le reste du temps Alice me jetait des regards pleins de sous entendus, ne laissant aucun doute quant au destin funeste qu'elle réservait à mon pyjama. Je détournais, les yeux évitant ainsi les éclairs que me lançait Alice, et par la même occasion, de me ridiculiser, en bavant devant cet Apollon roux en face de moi, Bon Dieu! Il était encore plus excitant le matin avec ses cheveux en bataille et son torse nu. Dès que nous étions dans la même pièce, mes hormones étaient en ébullition et il me fallait l'ignorer pour les atténuer, et c'est donc ce que je m'efforçais de faire, enfin du mieux que je le pouvais.

Dés que nous eûmes fini, Alice m'entraîna sous le regard de toute l'assemblée et me fit entrer dans sa chambre. Elle se précipita sans un mot dans son dressing, aussi grand que ma chambre. Cela ne présageait rien de bon. Elle en sortit un ensemble rouge sang avec un petit sourire diabolique.

« Alice, qu'est-ce que c'est que ces habits ?

- Ton ensemble pour la journée. Les Volturis vont regretter leurs mauvais traitements. A partir d'aujourd'hui je suis ta styliste personnelle et Rosalie ta coiffeuse attitrée. Et il n'y a pas de « mais » qui tienne. Nous allons te rendre fracassant!

- Je ne cherche pas à être fracassante, Alice ! Lui répondis-je légèrement exaspérée

- Ah mais tu fais partie du clan Cullen maintenant, et il va falloir t'y faire. Me dit-elle sur un ton sans appel. Alors ce corset a été fait main, il a des lanières qui se lacent dans le dos , je vais donc t'aider à le mettre. Je vais te demander de passer ce jean slim rouge avant, puis tu m'accompagneras dans ma salle de bain pour le maquillage. »

Autant dire qu'aujourd'hui je n'allais pas passer inaperçu!

Rosalie prit le temps de me faire de belles boucles descendant en cascade dans mon dos et Alice me maquilla de manière à faire ressortir mes yeux de biche. Le tout parachevé par des talons aiguilles dorés et un cache cœur de la même couleur.

Quand nous descendîmes les escaliers, je crus que les mâchoires des garçons allaient se décrocher. Je me sentais gênée, mais aussi heureuse, car j'avais eu peur de ne plus attirer le regard des hommes après ma mésaventure. J'avais le sentiment qu'une nouvelle Bella était née. Je ne me sentais peut être pas femme fatale, mais une femme tout de même. Cette épreuve aura eu le mérite de me faire grandir.

*****

Nous partîmes de la villa à deux voitures, les garçons dans celle d'Edward, et nous dans le superbe coupé BMW rouge de Rose. A notre arrivée, nous nous garâmes sur des emplacements voisins. Le moins qu'on puisse dire, c'est que nous ne passions pas inaperçu! Tous les visages étaient braqués sur nous. Je baissais le regard, je n'avais pas l'habitude de me faire dévisager. Curieusement, (Mais) malgré cette désagréable sensation, je me sentais bien et entière, la famille Cullen m'entourait, et nous discutions de choses et d'autres sans prêter attention aux regards. Seul Edward restait à distance, sans pour autant me quitter des yeux.Ce n'étaient pas gênants, je me sentais plutôt flattée de son attention.

Soudainement, une tension m'envahit quand je vis l'Audi se garer au loin. Mon cœur cognait fort et un léger vertige me prit. Rosalie vint à mes côtés, suivit d'Alice afin de me soutenir. Les garçons regardaient attentivement les Volturi arriver. Les autres élèves observaient avec curiosité.Les regards de Volturi étaient dur et perçant, et faisant la navette entre moi et mes nouveaux amis. Ça me faisait froid dans le dos, j'avais l'impression d'être à leurs yeux qu'un vulgaire parasite à exterminer. Un affrontement silencieux s'en suivit, j'eus soudain l'impression d'être propulsé au beau milieu d'un mauvais Western spaghetti. Jane s'approcha de nous suivit par Félix. Demetri restait en retrait. Cela valait mieux pour lui, car je crois que je n'aurai répondu de rien si il lui été venu à l'esprit d'essayer de me parler.

« Tiens maintenant la pute ambulante a trouvé la bande de parasites qui lui ressemble. Cracha Jane.

- Prends garde à tes paroles, Jane!intervint Jasper.

- Venant de toi Jasper,vu la façon dont ton père a fini, je ne m'étonne plus de rien! Rétorqua t-elle venimeuse.

- Jasper ne fais pas attention aux mots de cette sorcière. Le tempéra Edward, en pausant la main sur son épaule, pour prévenir un éventuel mouvement de Jasper.

-Ne t'inquiète pas pour moi Edward. Dit-il les bras croisés sur son torse. Mon père était innocent. Il faudrait plutôt rendre des comptes à ton oncle, c'est votre famille qui ressemble à une bande de cloportes.

- Fais attention Hale, tes mots peuvent avoir des conséquences. Dit-elle les yeux remplient de colère. Je pense que Bella voit de quoi nous parlons, elle aurait dû se méfier de ses faits et gestes. Ajouta t-elle en se tournant vers moi.

- Elle aurait surtout mieux fait de nous rencontrer plus tôt, elle ne vous aurait pas fréquenté et elle s'en porterait beaucoup mieux. La moucha Rosalie.

- C'est vrai que traîner avec des enfants de meurtriers, c'est beaucoup mieux! Rétorqua Jane, fière de son effet en voyant Jasper et Rosalie, furieux.

- Calmez-vous Jasper et Rose. S'interposa Edward. Elle ne veut que vous énerver, elle n'en vaut pas la peine.

- Tu as raison Edward, c'est encore mieux d'être les enfants de lâches qui soutiennent un meurtrier! Répondit-elle sourire aux lèvres.

Là, c'était le mot de trop et se jetèrent sur Jane protégée instantanément par Félix. Je dus mettre toutes mes forces pour retenir Alice et Rose, cette dernière étant hors de contrôle. Quand Jane s'adressa à moi, son sourire était encore plus mesquin.

« Franchement Bella tu es tombée bien bas.

- Moi, je peux garder la tête haute alors que toi, tu n'es qu'une vermine puante. Une orgueilleuse, égoïste, sans cœur et je suis heureuse de ne plus être amie avec toi car vous ne m'avez apporté que peines. Je ne suis pas une femme soumise et sans cervelle comme toi !

Elle éclata d'un rire sans joie.

- Mais moi je n'ai jamais porté de bâtard!

C'en fût trop. Je me jetais sur elle, lui assenant des coups sur son minable visage. J'y mettais toute ma force, voulant lui faire ravaler ses paroles (et ses dents par la même occasion!) Je voulais la battre à mort, mais je n'en eus pas le temps, car la voix du principal rugit derrière nous.

« Mais...qu'est ce qu'il se passe ici? MISS SWAN ARRÊTEZ TOUT DE SUITE! Je me figeai en pleine action.MR Volturi accompagnez votre cousine à l'infirmerie.
Cullen, Swan dans mon bureau, les autres, allez en cours. »

Tous les Cullen et moi-même suivîmes le proviseur, en silence, les pieds traînants. J'étais dans une rage folle, j'allais lui faire regretter ses paroles à cette garce! Foi de Bella Swan ! Nous rentrâmes dans le spacieux et luxueux bureau de , tout l'argent permettant l'entretien et l'équipement de notre lycée, provenait de généreuses subventions de la famille Volturi. Le Proviseur n'allait sûrement pas s'en prendre à leur progéniture.

« Peut-on savoir pourquoi vous vous êtes battus ? Mademoiselle Swan, vous qui reveniez d'une absence inexpliquée, vous auriez dû vous faire toute petite et raser les murs pour ne pas vous faire remarquer mais au lieu de cela, vous prenez part à une bagarre!

- Je ne vois pas pourquoi je devrais raser les murs puisque Madame Cullen vous a expliqué la cause de mon absence. Et Puis ce sont les Volturi qui sont venus à nous et qui nous ont provoqué. Répondis je avec tout l'aplomb, dont j'étais capable.

- C'est très petit Mademoiselle Swan d'accuser cette famille admirable. Me dit-il d'une voix mielleuse, en resserrant ses petits yeux de fouine.

- Et pourtant ce n'est que la vérité. Intervint Jasper pour me venir en aide. Mr Barner détournant lentement ses yeux pour les poser sur Jasper, et le regardant comme si il regardait un insecte.

- Monsieur Hale, je ne vous adressais pas encore la parole.

- Pourtant nous avons tous été présents à cette dispute qui a dégénéré. Renchérit Edward

- N'aggravez pas votre cas monsieur Edward Cullen. Messieurs Volturi m'avaient prévenus de vos cas à tous…

- Ah! Et parce que « Messieurs » Volturi vous ont prévenu, nous sommes plus à discriminer que leurs propres enfants?! Demandais-je, complètement abasourdis.

- Absolument Miss Cullen.

- Ça ne se passera pas comme cela . Dit Rose en se levant brusquement, en faisant tomber sa chaise.

- Baissez le ton, voulez vous Miss Hale! Dit sèchement Mr Barner. Et rassoyez-vous! Sachez que vous êtes renvoyés pour une durée d'une semaine de cet établissement, et si vous ne présentez pas d'excuses, à l'honorable famille Volturi, cette durée pourrait être prolongée. Sur ce, prenez vos affaires et veuillez quitter l'enceinte de l'établissement. Vous avez une heure. Je vais appeler vos parents de ce pas. »

Nous sortîmes tous ensemble, sans parler, nos visages trahissant notre colère contenue. Nous prîmes le chemin de la demeure des Cullen, elle était grande plutôt simple avec un grand parc sur l'arrière, avec des champs qui l'entouraient. Tout le cadre était romantique et de très bon goût. Je n'avais jamais remarqué ces détails durant mon séjour chez eux, ni hier d'ailleurs.

Je baissais la tête car j'avais peur de la réaction d'Esmée. Je ne la connaissais pas, mais j'avais un peu peur de la voir en colère. Rosalie et Alice étaient restées également silencieuses et ce qui n'aida pas à me détendre. Les garçons nous attendaient pour que nous affrontions la situation ensemble. Décidément, c'était mauvais signe. Mes jambes tremblaient avec force et je sentais des gouttes de sueur (devaient) perler sur mon front. Tout le monde me regardait avec inquiétude, à l'exception d'Emmett qui se retenait de rire, et d'Edward qui lui avait un air interrogateurmais j'avais tout de même l'impression d'avancer vers le Purgatoire.
Esmé nous attendait à l'entrée, un air colérique sur son visage, ses yeux étaient noircis et ses narines étaient dilatées. Ce n'était pas beau de la voir, elle d'habitude si douce, là, elle était carrément effrayante! Dans cet état et j'avais encore plus peur.

« Mes enfants, qui vous as foutu un abruti pareil en Proviseur ? Un lèche-botte de première à la solde des Volturi! Mais je pense avoir la solution et j'attends votre père pour vous en parler. Et Bella, ta mère est au courant, je l'ai appelé et elle m'a donné les pleins pouvoirs concernant ton éducation donc ne te fais pas de soucis. »