Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.
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Merci encore une fois pour votre soutien et pour toutes vos reviews !!!!!!!!!!! Merci ! Merci !
J'arrive pas à y croire, plus de 530 reviews : MERCI !!!! MERCI BEAUCOUP !!!!
Pour les anonymes :
Ilonka : Merci énormément pour ta review !!!! Aaron va-t-il mourir ? Le danger n'est-il ailleurs ? Les réponses dans ce chapitre qui je l'espère te plaira ! A bientôt !
Catiuski : Merci pour beaucoup pour ta review ! C'est clair qu'Emmett avec une cloche autour du cou, ça vaudrait le détour, lol. Oui, mon côté sadique est de retour. A dimanche pour la suite et à bientôt ! Kiss.
Angelik : Merci beaucoup, je suis heureuse que ma fic te plaise, j'espère que la suite te plaira tout autant ! Merci encore et à bientôt ! Bises.
Marion : Merci beaucoup !!!! Et oui, Emmett débarque toujours au bon moment, lol. La réponse à ta question dans ce chapitre ! A bientôt ! Bises.
Tounimiss : Hello ! J'aime bien ton pseudo, il semble aussi pétillant que toi ! lol. Merci beaucoup pour tes reviews qui me font super plaisir !!! ^_^ Je suis très touchée que tes mots, merci encore. Le premier baiser ne sera pas pour tout de suite. Je ne peux pas te dire combien il y aura de chapitres, j'écris au fur et à mesure. Tu auras des nouvelles d'Aaron dans ce chapitre, mais il n'est pas le seul à être en danger… Bref, j'espère que ce chapitre te plaira et t'inquiète pas tu me soules pas ! Passe une bonne soirée et à bientôt ! Bisous.
Tifolitoi : Merci beaucoup pour ta review !!! J'espère que ce chapitre te plaira tout autant ! La suite d'Aimer à en mourir sera en ligne dimanche prochain. Passe une bonne soirée !
Chloé : Qu'est-il arrivé à Aaron ? La réponse dans ce chapitre ! J'espère que la suite te plaira !! En tout cas, merci beaucoup pour ta review !! Bonne soirée. Bises.
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Sur ce :
Bonne lecture !!!!
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Chapitre 24 : Perte de contrôle
Jasper descendit du véhicule de son ami Ben, il le remercia pour l'avoir ramené et lui proposa d'entrer boire un verre, mais ce dernier refusa car il avait pas mal de devoirs en retard. Jasper soupira en se souvenant que c'était aussi son cas. Tout en faisant un dernier signe à son ami, il se demanda si ce serait mal de demander un coup de main à son petit frère ? Après tout, cela ferait plaisir à Edward de se rendre utile et quant à lui ça lui permettrait de passer plus de temps avec son frère. Le jeune homme se frappa le front quand il réalisa la tournure que prenait son raisonnement, il était en train de penser comme Emmett !
Tout en pestant contre lui-même, il pénétra dans la villa qui était silencieuse, chose qui arrivait très rarement. Il alla dans la cuisine qui était déserte pour prendre un cookie dans la boîte à gâteaux. Tout en le mangeant et en servant un verre de lait, il pensa à la manière dont Alice l'avait abandonné sur le parking du lycée. Sa petite-amie avait décrété que Bella avait besoin d'une nouvelle garde robe étant donné qu'elle sortait avec leur frère. Les protestations de Bella n'eurent aucun effet. Les deux jeunes filles prirent donc sa voiture pour aller faire les magasins à Port Angeles pendant qu'il se retrouvait seul et à pied sur le parking. Il était en train de maudire son petit lutin qui l'avait lâchement abandonné quand Ben lui avait proposé de le raccompagner.
Il soupira en réalisant qu'après réflexion, il était mieux ici, plutôt qu'avec Alice en train de faire les boutiques, mais ça bien sûr il ne l'avouerait jamais à sa compagne... Après avoir rangé son verre dans le lave-vaisselle, Jasper se rendit compte qu'il était étrange qu'Esmé ne soit pas venue le voir en l'entendant arriver. Il n'y avait qu'une explication au fait qu'elle ne soit pas venue l'embrasser, elle devait être sortie. Il se demanda alors si Edward était avec elle, il en doutait, il ne se déplaçait pas aisément avec sa cheville. Tout en prenant son sac de cours, il grimpa à l'étage. Jasper s'arrêta au premier étage et frappa à la porte de la chambre de son frère. N'obtenant aucune réponse, il ouvrit doucement la porte ne souhaitant pas le réveiller si jamais il dormait. La chambre était déserte. Peut-être s'était-il trompé ? Peut-être Edward avait-il suivi leur mère ?
Alors qu'il allait rejoindre sa chambre au second étage, il entendit des sanglots provenir du bureau de son père. Il s'approcha de la pièce et se figea quelques secondes devant le panneau de bois, des sanglots et d'autres sons étranges lui parvenaient. Tout en appelant doucement son frère pour ne pas le surprendre, il entrouvrit la porte.
« -Edward, c'est Jasper, tout va bien ? J'entre, prévint-il.
Lorsque son regard se posa sur le bureau de son père, Jasper se raidit, la pièce était méconnaissable. Des feuilles déchirées, roulées en boule s'éparpillaient un peu partout. Au milieu de ce capharnaüm, assit sur le sol, Edward dessinait sur un bloc note, apparemment, il avait usé tout le papier qu'il avait pu trouver. Doucement, il s'approcha de son frère. Son cœur se serra quand il vit les larmes qui inondaient ses joues ainsi que son regard perdu.
-Edward ? L'appela-t-il en s'agenouillant face à lui. Edward que fais-tu ?
Son frère laissa échapper une plainte avant d'arracher violemment la feuille sur laquelle il dessinait. Tout en poussant des grognements de frustration, il la déchira avant d'envoyer valser les bouts de papier à travers la pièce. Jasper commença à sentir la panique et l'angoisse l'envahir.
-Edward ? C'est Jasper. Parle-moi, s'il-te-plaît, laisse-moi t'aider.
Son frère ne semblait pas l'entendre, Edward était concentré sur ses esquisses, ses mains étaient noires de fusain et il pouvait voir les restes de deux crayons près de lui. Depuis combien de temps était-il dans cet état ? Jasper tendit une main vers l'une des feuilles froissée et la déplia. Apparemment, son frère tentait de faire le portrait d'une personne. Il pouvait reconnaître les contours d'un visage, sur une autre feuille, il devina un nez, puis sur une autre des yeux. Après avoir observé un certain nombre de feuilles, il remarqua qu'Edward avait dessiné différentes formes de visages, il en allait de même pour les yeux, les lèvres, les nez, les oreilles. Passait-il en revu les détails de l'anatomie du visage ? Il ne comprenait pas ce qu'essayait de faire Edward et surtout pourquoi il déchirait ou froissait ses esquisses, ses dessins étaient plutôt réussis !
-Edward ? L'appela-t-il à nouveau. Dis-moi ce que tu essaies de faire ? Je pourrais peut-être t'aider ?
Jasper se demanda si son frère avait remarqué sa présence. Ce dernier arracha la page qu'il venait de noircir avant de la déchirer. Une lueur de panique passa dans ses yeux émeraude quand il remarqua qu'il n'avait plus de feuilles ! Edward se releva et maladroitement pour chercher du papier dans la pièce. Le blond remarqua alors qu'il s'appuyait sur sa cheville, la douleur ne semblait pas parvenir à le sortir de son état de transe. Ce constat le fit trembler. Edward commença à sortir les précieux livres de leur père des étagères où ils étaient bien rangés.
-Non, Edward ! Intervint-il. Se sont les livres de papa, tu ne peux pas dessiner dessus !
Edward sembla le comprendre car il abandonna les livres pour errer dans la pièce. Soudain, Jasper se figea quand il vit son cadet prendre son sac de cours qu'il avait abandonné sur le sol. Personnellement, ça ne le dérangeait pas qu'il dessine sur ses cours de math, mais il n'était pas certain que l'excuse : mon frère a dessiné sur mes devoirs, tiendrait face à Monsieur Klaus ! Quoi qu'il aimerait bien voir la tête que tirerait ce vieux c…
-Edward ! Tu ne peux pas dessiner sur mes cours ! Dit-il en tentant d'arracher son cahier des mains de son frère.
Ils luttèrent un moment, chacun tirant de son côté pour s'emparer du cahier, Jasper pria pour que ce dernier ne se déchire pas en deux. Soudain, Edward lâcha prise et alla se réfugier dans un coin de la pièce. Son frère ramena ses jambes contre son torse, ses doigts se crispèrent dans ses cheveux bronze et sa respiration devint erratique, il commença à se balancer d'avant en arrière. Le blond paniqua, Edward était en train de perdre contact avec la réalité ! Jasper se précipita vers lui, il voyait la lutte que menait Edward pour trouver un peu d'air. Il avait besoin d'aide et vite ! Jasper sortit son portable et composa rapidement le numéro de son père. Le blond lâcha tout un chapelet de jurons quand il tomba sur sa messagerie, il essaya le téléphone de son bureau mais obtint le même résultat. Tout en maudissant son paternel, il tapa le numéro de l'hôpital.
-Hôpital de Forks, bonjour.
-Bonjour, c'est Jasper Cullen, j'ai besoin de parler à mon père. C'est urgent ! Finit-il par crier.
-Ne quittez pas.
-Respire, Edward, je t'en prie, essaie de respirer calmement, supplia-t-il tout en entendant que son père lui réponde. S'il-te-plaît, petit frère, fait comme moi ! Inspire, expire !
-Jasper ?
Le jeune homme hésita pendant une seconde entre hurler de joie parce qu'il entendait enfin la voix de son père ou lui crier dessus parce qu'il avait eu du mal à le joindre !
-Jasper ? Répéta son père sûrement étonné de ne pas l'entendre parler.
-Je suis avec Edward ! Je crois qu'il fait une crise d'angoisse, expliqua-t-il d'une voix tendue, il arrive plus à respirer ! Putain, il s'étouffe !
-Jasper, ne perds pas ton sang froid. Parle-lui, je vais raccrocher et te rappeler avec mon portable, j'arrive.
Le jeune homme hocha la tête avant de se rendre compte que son père ne pouvait pas le voir, il allait lui répondre, mais Carlisle avait déjà raccroché. Il se concentra alors sur son frère.
-Respire calmement Edward. Je t'en prie, prends exemple sur moi, inspire, expire. Edward, je t'en prie !
Jasper frémit quand il vit les lèvres de son frère bleuir, sa respiration était quasi-nulle ! Il sursauta en entendant son portable sonner.
-Papa ! S'écria-t-il angoissé. Ses lèvres son bleues !
-Jasper, est-il conscient de ta présence ?
-Non, je ne pense pas.
-Je veux que tu prennes sa main et que tu la serres aussi fort que tu le peux tout en lui parlant !
-D'accord.
Jasper eut du mal à prendre la main de son frère qui s'était crispée autour de ses cheveux. Lorsqu'il réussit enfin à la lui prendre, il mit en application les conseils de son père, il lui parla, mais cela ne semblait pas avoir d'effet sur lui.
-Papa ! Il ne réagit pas !
-Calme-toi, Jasper ! Inspire ! Expire !
-Putain, ne me dis pas comment respirer ! S'énerva-t-il.
-Jasper, reprends-toi, tu dois aider ton frère ! Je serais là dans 5 minutes, mais il doit retrouver une respiration normale !
-Edward ! Edward, je t'en prie, regarde-moi ! Respire comme moi ! Ordonna-t-il.
Jasper inspira profondément avant d'expirer. Edward ne l'imita pas. Le corps de son frère fut soudain secoué par des spasmes, sa main se crispa sur la sienne. Il devenait urgent qu'il respire normalement ! La situation lui échappait complètement, cependant, il ne pouvait pas rester là sans rien faire et regarder son frère s'étouffer ! Tout à coup, une idée germa dans son esprit. Il ne pouvait y avoir qu'une seule chose qui ait mis son frère dans cet état : la secte.
-Anthony ! Cria-t-il. Anthony, regarde-moi !
Lentement, son frère leva la tête, ses yeux émeraude cherchèrent les siens.
-C'est bien, l'encouragea Jasper, je veux que tu te calmes et que tu respires correctement, Anthony !
Jasper faillit pousser un hurlement de joie quand il vit que le corps de son frère se détendre un peu, sa respiration devenait plus régulière.
-Inspire, expire, Anthony, inspire, expire, le guida-t-il.
-Je… Je, murmura son frère.
-Chut, le dissuada Jasper, ne t'épuise pas à parler, concentre-toi uniquement sur ton souffle.
-Je… Je m'appelle… Edward ! Haleta le jeune homme.
-Oui, c'est ton nom et tu es mon petit frère.
-Jazz… Jasper ?
-Oui, c'est moi.
Jasper eut du mal à retenir les larmes qui brouillaient sa vue, il avait enfin retrouvé son petit frère. Sans attendre une seconde de plus, il étreignit Edward tout en continuant à l'encourager à respirer calmement. Le blond attendit vaguement le bruit des pneu crissant sur les graviers et la porte d'entrée claquer.
-Jasper ! Les garçons, vous êtes où ?
Le jeune homme fut soulagé d'entendre la voix de son père. Il lui cria qu'ils étaient dans son bureau, il ne tarda pas à percevoir ses pas dans les escaliers. Son père déboula dans le bureau, il portait encore sa blouse, ses cheveux étaient en bataille et il tenait fermement sa sacoche. Carlisle vint s'agenouiller près d'eux. Il lui demanda de garder Edward dans ses bras pendant qu'il contrôlait ses constantes.
-Il t'a parlé ? Le questionna-t-il.
-Il m'a dit qu'il s'appelait Edward, sourit Jasper.
-Tu as eu un excellent réflexe en l'appelant Anthony, cela a été comme un électrochoc pour lui, expliqua Carlisle. Edward, mon fils, tu m'entends ?
Edward ne répondit pas, mais ils le virent acquiescer de la tête qu'il avait toujours enfouit contre son torse. Délicatement, Carlisle prit sa place. Jasper se laissa tomber sur le sol tout en poussant un soupir de soulagement.
-Que s'est-il passé, Edward ? Lui demanda leur père.
-Je… Je me souviens de rien… J'y arrive pas… Je sers à rien…
Carlisle berça doucement son frère quand il vit que ses larmes revenaient. Jasper ne comprenait pas ce qu'Edward tentait de leur expliquer, cependant, il voyait bien que son frère était à bout.
-Edward, tu es épuisé, tu as besoin de repos. Jasper et moi allons t'accompagner dans ta chambre, d'accord ?
-Oui.
Jasper se mit sur ses pieds et s'approcha pour aider son père à relever son frère. Ils le soutinrent fermement car Edward peinait à tenir debout. Soudain, il sentit son frère se raidir, son regard balayait le bureau avec des yeux affolés alors qu'il se rendait compte de ce qu'il avait fait.
-Ce n'est rien, le rassura Carlisle, ne te préoccupe pas de ça.
-Je… Je ne me suis pas rendu compte… Je… Je vais ranger… Je… Je…
Edward tenta de se dégager de leur étreinte, mais ils tinrent bon. Carlisle lui fit signe de le tenir pendant qu'il se mettait face à lui, leur père posa ses mains sur le visage d'Edward l'obligeant ainsi à le regarder.
-Ce n'est rien, répéta le médecin en articulant bien chaque mot, ce ne sont que des feuilles de papier, il n'y a pas de quoi se mettre dans un tel état, d'accord ?
-Je me suis pas rendu compte que j'avais fait ça ! S'énerva Edward d'une voix paniquée.
-Comme je te l'ai dit ce n'est rien, tu as fait une crise d'angoisse. Nous essaierons de comprendre pourquoi, mais pour le moment, il est important que tu te reposes !
-Non, je veux…
-Ca suffit ! Déclara Carlisle alors qu'ils l'entraînaient hors du bureau.
Edward continua à marmonner dans sa barbe jusqu'à ce qu'ils l'allongent sur son lit. Jasper était inquiet, son frère semblait avoir perdu les pédales, ses paroles n'avaient aucun sens. Son père s'absenta quelques secondes et revint avec une seringue remplit d'un liquide transparent. Il remonta la manche d'Edward et passa un bout de coton imbibé d'alcool sur sa peau. Jasper détourna les yeux quand son père enfonça l'aiguille, il n'était pas particulièrement à l'aise avec les piqûres.
-J'ai fini, l'informa son père qui se souvenait de sa terreur.
-Comment va-t-il ?
-Il va dormir pendant un moment, mais ne t'inquiète pas, il va s'en remettre.
-J'ai cru qu'il avait perdu la raison, il était obnubilé par ses dessins !
-Les crises d'angoisse sont toujours impressionnantes. Allez, viens, laissons-le dormir.
Jasper suivit son père hors de la chambre et jusqu'à son bureau, les deux hommes s'arrêtèrent sur le seuil, observant la pièce couverte de papiers déchirés, froissés, roulés en boule, ils ne parvenaient même pas à distinguer le dessus du bureau.
-Que s'est-il passé ? Murmura Jasper.
-Je n'en sais rien, avoua son père, mais cela doit faire un moment qu'il est dans cet état. »
Jasper assimila les paroles de Carlisle, il frissonna en imaginant la peur qui avait dû étreindre son jeune frère alors qu'il était seul, l'amenant lentement aux portes de la folie. Son père s'agenouilla et déplia l'une des feuilles, il parut aussi perplexe que lui quand il vit les esquisses d'Edward. Jasper soupira et alla chercher un sac poubelle pour jeter toutes les feuilles, cependant, Carlisle l'en empêcha, il lui demanda de l'aider à les ranger, il souhaitait les montrer au FBI.
Carlisle referma la porte de la chambre de son cadet. Edward dormait paisiblement, Jasper s'était installé sur le canapé de son frère et faisait ses devoirs tout en le veillant. Avant de rejoindre la chambre d'Edward, il était resté un long moment dans son bureau, Jasper blottit dans ses bras, son fils avait vraiment été touché par la détresse du cadet de la famille. Carlisle l'avait rassuré du mieux qu'il le pouvait, il avait essuyé ses larmes et après quelques minutes de silence, ils étaient retournés voir Edward. Le médecin avait examiné son fils, Edward dormait paisiblement, cependant, ses sourcils s'étaient froncés lorsqu'il avait vu les doigts de son cadet s'agiter sous la couette. Le sédatif qu'il lui avait administré ne suffisait pas à chasser son état de stress, le réveil risquait de ne pas être aussi facile qu'il le pensait.
Le médecin retourna dans son bureau et composa le numéro d'Aaron, lui seul pouvait l'aider, lui indiquer la marche à suivre car son instinct lui soufflait que l'agent du FBI savait ce qui arrivait à son fils. Carlisle patienta en entendant les sonneries s'égrener, il ne put retenir un soupir d'agacement quand il tomba sur la messagerie. Il laissa un message, demandant à l'agent de le rappeler le plus rapidement possible. Il prit son portable et retourna dans la chambre d'Edward, si ses soupçons étaient exacts, il ne tenait pas à ce que Jasper se retrouve à nouveau confronté à l'angoisse de son frère. Il entra sur la pointe des pieds et alla s'installer sur le lit. Doucement, il obligea Edward à venir se blottir contre lui, il plongea ensuite ses mains dans ses cheveux et s'appliqua à masser ses temps qui semblaient douloureuses. Il n'ignorait pas que son geste était dérisoire, mais c'était le seul moyen qu'il connaissait pour soulager un peu son fils.
Carlisle raccrochait pour la énième fois son téléphone, une vague de colère l'envahit, pourquoi Aaron ne lui répondait-il pas ? L'agent lui avait pourtant dit qu'il serait toujours joignable pour eux ?! Où était-il maintenant qu'il avait besoin de lui ?! Carlisle avait finalement trouvé le numéro de Lynda dans le répertoire du portable d'Edward, il allait l'appeler lorsqu'il entendit des voitures s'arrêter devant la villa. Jasper descendit de sur le canapé et s'approcha de la baie vitrée.
« -C'est maman, lui apprit-il, elle n'est pas seule. Elle est avec Lynda et David Green, c'est aussi un agent du FBI.
-Tu veux bien rester avec Edward ?
-Oui, bien sûr.
-Tu…
-Je t'appelle dès qu'il se réveille, assura Jasper.
Carlisle se dégagea doucement de l'étreinte de son fils, il allait l'installer sur un oreiller quand il fut surpris de voir Jasper prendre sa place. Jasper prit Edward contre lui. Le jeune homme alluma la télé qui faisait face au lit, il mit le son au minimum et reprit le massage qu'effectuait son père.
-Merci, Jasper, le remercia Carlisle émut par la tendresse que déployait Jasper envers Edward.
-T'as pas à me remercier, c'est normal.
Carlisle sourit à son fils avant de gagner le rez-de-chaussée où sa femme faisait entrer les agents du FBI.
-Carlisle ! Le salua-t-elle lorsqu'elle le vit. Tu es déjà rentré ? Regarde qui j'ai trouvé à Port Angeles ! Je les ai invités à venir boire un café et puis je suis certaine que ça fera plaisir à Edward de vous voir.
-Comment va sa cheville ? Demanda Lynda.
-Tout va bien Docteur Cullen ? L'interrogea un homme qu'il ne connaissait pas.
-Carlisle, je te présente l'agent David Green, il travaille avec… Carlisle, tu vas bien ?
-Vous n'êtes pas là à cause de mon appel ? Lança-t-il à Lynda.
-Non, mais… Que se passe-t-il ?
-Edward… Edward a fait une très violente crise d'angoisse.
-Oh, mon Dieu ! S'écria Esmé.
-Il va bien, la rassura aussitôt Carlisle en la prenant dans ses bras, enfin, je crois… Il dort, Jasper est avec lui.
-Que s'est-il passé ? Répéta Lynda qui affichait une mine soucieuse.
-Je l'ignore, admit le médecin, Jasper l'a trouvé dans mon bureau assit au milieu de centaines de pages froissées, apparemment, il essayait de dessiner quelque chose.
-Que dessinait-il ? Demanda l'agent Green.
-Cela ressemblait à des parties de visages, le renseigna Carlisle.
Le médecin ne put ignorer le regard que se lancèrent les deux agents, ils savaient quelque chose !
-Que nous cachez-vous ?! S'énerva-t-il.
-Dans quel état est-il ? Répondez à ma question, s'il-vous-plaît ! Insista l'homme du FBI.
-Je lui ai donné un sédatif, mais sa main est parcourue par des tremblements.
-Il continue de dessiner, comprit Lynda.
-Malgré le sédatif ? Releva son collègue. Quoi que… Ca ne serait pas étonnant si l'on prend en compte ses capacités intellectuelles. Il risque d'être dans le même état à son réveil.
-Tu pourrais essayer de le débloquer ?
-Débloquer ? Répéta l'agent en regardant la jeune femme.
-Désolée, je n'ai pas d'autre terme en tête, marmonna-t-elle.
-Je vais essayer, mais sans avoir connaissance du conditionnement cela risque d'être difficile, admit l'agent Green. Où se trouve la chambre d'Edward ?
-Pourriez-vous nous expliquer ce qui se passe ? S'énerva à son tour Esmé.
-Premier étage, deuxième porte à droite, lui indiqua Lynda.
Alors que l'agent gagnait l'étage, Lynda les entraîna vers le salon où elle leur fit signe de s'asseoir.
-Lorsque Edward est venu chez nous, il a pas mal discuté avec Aaron. Votre fils a essayé de nous donner des renseignements sur la secte, mais Edward s'est retrouvé dans l'incapacité de parler.
-Comment ça ? Demanda Esmé.
-Edward était un pion essentiel de la secte de par ce fait il était au courant de beaucoup de choses, il pouvait donc se révéler être une menace pour eux. Nous pensons donc que pour éviter qu'il ne révèle quoi que ce soit à leur sujet, ils ont mis une sorte de verrouillage psychologique dans son esprit.
-Hypnose ?
-Oui, Carlisle et ils ont eu 17 ans pour s'assurer qu'il ne révèle rien. J'ignore pourquoi, mais Edward a dû avoir un déclic et il a voulu nous aider.
-Il a voulu dessiner les visages de ses ravisseurs, comprit Esmé.
-Mais le blocage l'en a empêché, poursuivit Carlisle.
-Oui et comme Edward s'est obstiné cela a déclenché sa crise d'angoisse. Quand il se réveillera, on va devoir lui expliquer ce qu'ils lui ont fait, il ne doit pas s'obstiner à atteindre ces souvenirs, c'est trop douloureux et violent pour lui.
Carlisle hocha la tête, il était d'accord avec les paroles de Lynda. Soudain, il sentit Esmé quitter l'étau protecteur de ses bras, son épouse tentait d'essuyer les larmes qui maculaient son visage.
-Esmé, murmura-t-il en se levant pour la prendre contre lui.
-Jamais je n'aurais dû le laisser seul, pleura-t-elle, c'est de ma faute, si j'avais été là…
-Cela n'aurait rien changé, la coupa le médecin.
-Carlisle a raison Esmé…
-Combien de temps ?! Cria soudain la mère de famille. Combien de temps mon fils est-il resté dans cet état ? Réponds-moi !
-Vue l'état dans lequel il était, sa crise a dû débuter peu de temps après ton départ.
-Mais quelle mère suis-je ?! Comment ai-je pu le laisser seul !
-Esmé, mon amour, regarde-moi ! Tu n'y es pour rien ! Tu ne peux pas toujours être derrière Edward, il est grand et il doit apprendre à vivre, cela veut dire qu'il va avancer mais aussi chuter comme aujourd'hui et c'est là qu'il aura besoin de toi. Nous allons être là pour lui, nous allons l'aider à se relever, d'accord ? Il faut que tu te reprennes, Esmé, tu n'y es pour rien.
-Oui, murmura son épouse avant de le fixer avec détermination, tu as raison. Je… Je vais aller me passer un peu d'eau sur le visage.
-Vas-y, dit-il tout en déposant un léger baiser sur ses lèvres.
-Au fait, pourquoi avoir dit que vous nous attendiez ? Lui demanda soudain Lynda intriguée.
-J'ai tenté de joindre Aaron après la crise d'Edward, expliqua Carlisle, je n'ai eu que son répondeur.
-C'est étrange, s'étonna Lynda, il est au bureau avec le reste de l'équipe.
La jeune femme s'éloigna de quelques pas tout en sortant son téléphone de sa poche. Carlisle la vit foncer les sourcils quand elle tomba elle aussi sur le répondeur. Lynda allait composer un autre numéro quand l'agent Green revint dans le salon, ses sourcils étaient froncés et il paraissait anxieux.
-Il y a un problème avec Edward ? S'inquiéta Esmé en voyant son visage.
L'agent lui fit signe que non de la tête avant de fixer Lynda. La jeune femme pâlit lorsqu'elle vit le regard qu'il lui lançait.
-Lynda, je viens d'avoir Chase au téléphone. Aaron s'est fait agresser, il est à l'hôpital.
-Quoi ?!
Carlisle lâcha son épouse pour soutenir la jeune femme qui semblait sur le point de s'évanouir. Esmé partit à la cuisine pour aller chercher un verre d'eau. Carlisle et l'agent Green la firent asseoir sur le canapé.
-Lynda, regarde-moi, il va bien ! Assura l'agent en insistant bien sur chaque mot. Il a pris un mauvais coup sur la tête, il est encore inconscient, mais Chase m'a dit que Chris l'avait pris en charge. Les premiers examens n'ont rien révélé d'inquiétant.
-Qu'est-ce qui s'est passé ?
-Je ne sais pas tout, Lynda. Apparemment, il aurait tenté d'appréhender un suspect dans une voiture, son complice a pris Aaron par surprise et l'a assommé.
-Mais pourquoi ? S'énerva la jeune femme. Pourquoi cet idiot a-t-il tenté d'arrêter un suspect seul ?
-Tenez. Buvez ça vous fera du bien.
-Merci, Esmé.
-Tu connais Aaron, il a dû décider d'agir vite de crainte que le suspect ne s'enfuit. Ecoute, tu devrais appeler Chris, il te rassurera.
-Oui, tu as raison.
Carlisle observa la jeune femme prendre quelques profondes inspirations avant de prendre son téléphone. Elle sortit de la villa pour passer son appel.
-Agent Green, Aaron va bien ? Demanda Esmé.
-Appelez-moi, David, et oui, il ira bien, il a la tête dure. Ecoutez pour le moment le plus important c'est de s'occuper d'Edward, il ne va pas tarder à se réveiller et il va avoir besoin de nous. Madame Cullen pouvez-vous rester avec Lynda ?
-Oui, bien sûr, je vais prendre soin d'elle.
-Merci.
Sans plus attendre, David l'entraîna à l'étage. Avant d'entrer dans la chambre, l'agent du FBI le stoppa et plongea son regard acéré dans le sien.
-Ce qui va suivre risque de ne pas être évident pour un père, vous devrez me laisser travailler, je vais tenter de briser le bouclier dans lequel sa mémoire est enfermée, vous serez uniquement là pour le soutenir et le réconforter. Vous devez me promettre de ne pas intervenir.
-C'est promis.
-Votre autre fils, Jasper, devrait descendre.
-Je m'en charge.
Ils entrèrent dans la chambre et après quelques minutes il réussit à faire descendre Jasper pour qu'il veille sur Esmé et Lynda. Carlisle reprit sa place sur le lit pendant que l'agent Green s'installait sur le canapé. Le médecin caressa avec tendresse le visage de son fils.
-Il a déjà tellement souffert, pourquoi doit-il encore surmonter une épreuve ?
-Votre fils est fort, c'est un battant, même si pour le moment c'est dur, il se relèvera.
-Je me sens tellement impuissant, confia-t-il, j'aimerais tant faire plus. Je…
-Oui ?
-Non, rien.
-Je vois que quelque chose vous travaille, avoua David, vous ne voulez pas me parler ? Cela vous ferait peut-être du bien ?
-…
-Je sais maintenant de qui votre fils tient son côté tête de mule, tout comme lui, vous ne pouvez pas tout garder pour vous.
-J'étais furieux après Aaron, confessa Carlisle, furieux qu'il ne réponde pas, qu'il ne vienne pas en aide à mon fils et pendant ce temps, il…
-Edward tient énormément de vous, lui aussi se culpabilise pour des fautes dont il n'est pas coupable. Aaron va bien et n'importe quel père aurait réagi comme vous.
Carlisle laissa échapper un petit rire amer avant de continuer d'une voix emplie de remords.
-Oui, mais un père normal sait rassurer son fils, chose que je n'arrive pas à faire avec Edward alors qu'Aaron y parvient parfaitement.
Le médecin regretta aussitôt ses propos. Il se sentait ridicule d'éprouver de la jalousie vis-à-vis d'Aaron alors que ce dernier ne faisait qu'aider Edward.
-Vous avez raison, Edward prend Aaron en exemple et si j'étais à votre place, moi aussi, je serais dans le même état d'esprit que vous. Cependant, Edward ne voit pas en Aaron un père de substitution, il voit en lui un moyen de s'en sortir.
-Que voulez-vous dire ?
-J'ai rencontré Aaron à ses débuts, je suis profiler et même si nous nous efforçons de ne pas nous profiler les uns les autres, il nous arrive de noter certaines choses. A l'époque, Aaron était beaucoup moins endurci, il laissait plus facilement transparaitre ses émotions. Après une enquête éprouvante, Aaron a eu besoin de parler, il s'est confié à moi, son père abusait de lui. Je pense qu'en écoutant son histoire, Edward a compris qu'il pourrait s'en sortir. Ils partagent un passé qui les rapproche l'un de l'autre, sur ce point là, Aaron sera toujours plus proche de votre fils que vous.
-Je ne pensais pas… Je n'imaginais pas, bafouilla Carlisle surpris par la confession de David.
-Je sais... Docteur Cullen, puis-je compter sur votre discrétion ?
-Bien entendu et c'est Carlisle. »
Les deux hommes se sourirent et reportèrent leur attention sur Edward qui commençait à s'éveiller. David se leva et vint s'asseoir sur le rebord du lit. Son fils ouvrit enfin les yeux. Une lueur de panique passa dans son regard et Carlisle raffermit aussitôt son emprise sur son corps.
Bella soupira de soulagement lorsqu'Alice annonça que leur séance shopping était terminée. Sans attendre, elle s'installa dans la voiture de Jasper pendant que son amie se glissait au volant. Bella ne put réprimer un sourire quand elle revit la tête de Jasper lorsqu'il s'était retrouvé seul sur le parking, un air incrédule mêlé de stupeur s'était peint sur son visage alors qu'il observait sa voiture s'éloigner. La jeune fille avait tenté de convaincre son amie d'au moins le ramener jusqu'à la villa, mais le petit lutin était trop pressé.
Heureusement, elle avait aperçu Ben s'arrêter devant Jasper, leur ami allait sûrement le ramener à la villa. La villa… Edward devait l'y attendre, elle espérait que Jasper lui avait dit qu'elle serait en retard à cause d'Alice. La jeune fille avait hâte de le retrouver. Elle se perdit dans les moments qu'ils avaient partagés. Edward était touchant, ses doutes, son innocence le rendaient encore plus parfait et désirable… Elle devait bien admettre qu'elle avait de plus en plus de mal à réfréner ses envies, Edward ne semblait pas s'en rendre compte mais il était très attirant. A chaque fois qu'il la touchait ou la regardait, Bella avait du mal à tenir la promesse qu'elle avait fait à Lynda.
« -A quoi tu penses ?
La voix d'Alice la fit sursauter, elle se tourna vers sa meilleure amie qui l'observait d'un œil rieur.
-Non, ne réponds pas, lui ordonna le petit lutin, vu la teinte de tes joues, je suis sûre que tu penses à mon frère. Je me trompe ?
-Non, avoua-t-elle, et je devrais te détester car au lieu d'être avec lui, je me retrouve coincée avec toi à faire les boutiques !
-Oui, mais tu me remercieras quand il verra cette magnifique robe bleu nuit que tu portes.
Bella soupira avant d'observer la robe qu'Alice l'avait forcée à mettre. Elle la trouvait trop courte et elle ne cessait de tirer dessus pour essayer de l'allonger, mais ça ne servait à rien.
-Arrête de tirer dessus ! S'énerva Alice. Tu vas l'abîmer.
-Mais elle est trop courte ! Gémit Bella.
-Pense à la réaction de mon frère ! Il va te sauter dessus !
-Si c'était possible, marmonna la jeune fille.
-Que veux-tu dire ? Emmett m'a pourtant dit qu'il vous avait trouvé dans une position assez équivoque.
-Oui, mais ça ne veut rien dire. Je pense que les gens qui ont enlevé ton frère lui ont fait beaucoup de mal. Lynda m'a demandé d'y aller doucement avec lui. Je crois qu'il est vraiment ignorant sur le sujet, mais je sais pas il y a autre chose qui me gêne.
-Que veux-tu dire ?
-Ses réactions me paraissent étranges, presque disproportionnées.
-Les relations sexuelles étaient peut-être quelque chose de tabou dans la secte, raisonna Alice, et puis, tu sais ça ne doit pas être évident pour lui.
-Peut-être, mais il se laisse difficilement laisser aller, on dirait toujours qu'il est sur le qui-vive, comme s'il guettait le moindre de mes gestes. C'est comme s'il…
-Comme s'il ? L'encouragea Alice.
-Comme s'il avait peur, avoua Bella songeuse.
-Peur de toi ? S'étonna le petit lutin.
-Peut-être ou alors il a peur de ses propres réactions. Tout ceci n'est pas très clair, je suis un peu perdue et je me fais peut-être des idées.
-Si tu veux, je peux demander à Jasper et à Emmett de discuter avec lui, entre frères, ça devrait bien se passer.
-Merci, mais demande seulement à Jasper, j'ai peur qu'Emmett ne le fasse fuir.
Toutes deux ne purent retenir un léger rire, Emmett n'était pas la meilleure personne avec qui parler de sexe à part si l'on voulait avoir la honte de sa vie, les remarques plus que douteuses du grand brun n'aidaient pas à la confidence. Soudain, Bella se rendit compte qu'elles allaient arriver à la villa. Un sourire impatient se dessina sur son visage, elle avait hâte de retrouver Edward !
-Tiens, on dirait qu'on a de la visite, réalisa Alice en se garant à côté d'un tout terrain noir. Vu le style, je pense que le FBI est à la maison.
-J'espère que tout va bien, murmura Bella soudain inquiète en descendant de la voiture.
Les deux jeunes filles gagnèrent tranquillement l'immense demeure. Un silence inquiétant régnait dans celle-ci. Elles rejoignirent le salon où elles trouvèrent Esmé en compagnie de Lynda et de Jasper. Leurs mines inquiètes ne firent que renforcer l'angoisse qui avait commencé à l'étreindre.
-Que se passe-t-il ? Demanda-t-elle d'une petite voix.
Lynda se leva et vint vers elle. La jeune femme lui sourit avant de l'entraîner vers un canapé où elle la fit asseoir.
-Edward a fait une crise d'angoisse, David, que vous avez déjà rencontré, et Carlisle sont avec lui.
-Qu'est-ce qu'on peut faire ? Demanda Alice inquiète.
-Rien pour le moment, l'informa Lynda. Il faut attendre.
-Je vais prendre l'air, annonça soudain Jasper.
Le jeune homme se leva rapidement, ses traits étaient tirés. Bella et Alice se lancèrent un regard avant de le suivre à l'extérieur. Jasper s'était réfugié à l'arrière de la maison, il était assis sur les marches menant au jardin et avait dissimulé sa tête sous la capuche de son sweet. Sans un mot, elles s'installèrent à ses cotés. Alice se dépêcha de l'étreindre quand elle se rendit compte qu'il pleurait.
-Ca va aller, Jasper, lui murmura le petit lutin.
-Tu l'as pas vu, souffla Jazz en essuyant nerveusement ses larmes, on aurait dit qu'il était fou ! Il ne me reconnaissait pas ! Il semblait tellement perdu et paniqué, je n'ai jamais vu personne dans un tel état !
Bella sentit son cœur se serrer, elle ne supportait pas qu'Edward souffre autant. Elle aurait aimé le rejoindre dans sa chambre et d'un geste effacer son chagrin.
-Il va aller mieux, affirma Alice à Jasper.
-Je ne sais pas, avoua le jeune homme, on dirait qu'il est arrivé à un point de rupture… Alice, j'ai peur qu'il ne s'en relève pas. »
Bella sentit sa vue se brouiller en entendant ces mots. Edward était-il trop brisé pour pouvoir continuer à avancer ? Non, elle ne voulait pas le croire. Pourtant, tout le monde semblait très inquiet. Comment tout avait pu bousculer aussi vite ? Et dire qu'il y a 24 heures, ils étaient tendrement blottis l'un contre l'autre. Les larmes coulaient librement sur son visage. Elle sentit le bras de Jasper se poser sur ses épaules. Le jeune homme la rapprocha de lui et il en fit de même avec Alice, tous trois partageaient le même chagrin et les mêmes inquiétudes…
*******************
Edward avait mal. Il avait terriblement mal à la tête. Pourtant, il n'avait qu'une obsession, il devait dessiner leurs visages ! Il le fallait, ainsi, Aaron pourrait les arrêter ! Edward savait très bien que ce qu'il avait écrit sur son journal ne serait pas d'une grande aide pour son ami, il n'avait raconté que ses états d'âme, les rituels accomplis dans la journée. Il se souvenait d'autres choses, mais il n'arrivait pas à les exprimer. Il semblait avoir le même blocage qu'à l'oral, ses mains s'étaient mises à trembler et il avait été incapable d'écrire les noms des Maîtres. Le dessin paraissait être le seul moyen pour lui d'y parvenir. Il avait réussi à tracer le contour du visage du Grand Maître, mais au moment où il allait esquisser le contour de ses lèvres, il s'était rendu compte qu'il ne s'en souvenait pas ! Ce constat l'avait effrayé tout comme la douleur de plus en plus grande qui se propageait dans sa tête.
Il s'était alors entêté, attrapant une nouvelle feuille, tentant de les dessiner. Il n'y parvenait pas, ses doigts déchiraient, froissaient, les feuilles, il les jetait loin de lui, il ne supportait pas de les voir, elles étaient des pages blanches, incomplètes, comme lui. Que lui avaient-ils fait ? Pourquoi ne pouvait-il rien divulguer à leur sujet ? Il était fou de rage, fou de rage contre eux, fou de rage contre lui, il ne supportait pas son impuissance. Ses mains saisissaient toujours de nouvelles feuilles, il devait absolument y arriver !
Dessiner. Déchirer. Dessiner. Froisser. Dessiner. Raturer. Du blanc toujours du blanc. Rien. Dessiner encore. Déchirer. Son souffle devenait erratique, il avait l'impression que sa poitrine était en feu. Pourtant, il devait continuer. Dessiner. Froisser. Des larmes de colère glissèrent sur ses joues, il devait y arriver ! Dessiner. Déchirer. Plus de feuilles ! Sa respiration devint douloureuse, un sifflement emplissait la pièce à chaque fois qu'il tentait de respirer. La panique l'envahit, non à cause de l'étau qui enserrait son torse, mais parce qu'il n'avait plus de feuilles !
Son regard perdu balayait la pièce à la recherche des précieuses feuilles, mais rien. Pourtant quelque chose avait changé, quelqu'un était près de lui, quelqu'un lui parlait, mais il s'en moquait, il devait y arriver ! Il faillit hurler de joie lorsqu'il vit les livres qui recouvraient tout un pan de mur, il allait pouvoir dessiner ! D'un pas maladroit, il parvint à les attraper. La douleur empira à cet instant autant dans sa poitrine que dans sa tête, tout devint flou…
Edward ouvrit doucement les yeux, il ne se souvenait pas vraiment de ce qui s'était passé ensuite, il se rappelait avoir vu son père et même Jasper, mais tout était vague dans son esprit. Soudain, il se rappela ! Il devait les dessiner ! Il devait y arriver ! Il voulut se lever, mais un bras enserra fermement sa taille, son dos heurta le torse d'un homme. Il allait se débattre lorsqu'il reconnut la voix de celui qu'il avait pris pour une menace.
« -Du calme, Edward, c'est papa.
-Laisse-moi, demanda-t-il en tentant de se défaire de son emprise, il faut que j'y arrive ! Je dois… Je dois…
-Edward ! Calme-toi ! Ordonna une voix forte qu'il ne reconnut pas.
Le jeune homme se figea tout en tentant de se raisonner, il ne risquait rien, son père était près de lui, cet homme ne pourrait rien lui faire. Il poussa un soupir de soulagement lorsqu'il reconnut l'agent David Green.
-Il faut que…, tenta-t-il de lui expliquer mais l'homme le fit taire.
-Tu ne vas rien faire du tout, coupa David en plongeant son regard acéré dans le sien.
-Si, s'entêta-t-il, il faut que…
-Tu ne peux pas, lui dit sérieusement David, quoi que tu fasses, malgré toute ta bonne volonté, tu n'y arriveras pas.
-Si ! Si, je sais !
-Edward à moins que tu ne les croises dans la rue, tu ne pourras pas nous montrer leurs visages. Et encore, même si tu les croisais, je ne suis pas certain que tu serais capable de les désigner.
-Mais, si… Je…
-Non, Edward. Je suis désolé, mon grand. Te souviens-tu si tu as eu des séances d'hypnose ?
Le jeune homme fronça les sourcils, où voulait-il en venir ?
-Non.
-En es-tu certain ? Ils lui donnaient certainement un autre nom. Tu devais passer du temps avec une personne, toujours la même, il est probable qu'à la fin de ces rencontres tu te sentais un peu perdu, nauséeux et que tu ais mal à la tête.
-Je… Non…
Edward serra les dents. En plus de tout ce qu'il avait subi, il avait fallu qu'ils touchent aussi à ses souvenirs, à son cerveau ! La colère grondait en lui, des larmes de rage coulaient le long de ses joues. Tendrement, Carlisle raffermit son étreinte et doucement il essuya ses larmes.
-Je suis navré d'insister, Edward, mais j'ai besoin d'une réponse.
-Oui, finit-il par murmurer, ils disaient…. Ils disaient que je devais…
La douleur dans sa tête s'accentuait, il avait l'impression qu'on lui enfonçait une pique brûlante dans le cerveau.
-Chut, souffla doucement l'agent Green, ne cherche pas à m'expliquer. Par contre, peux-tu me parler de la personne avec qui tu discutais ?
-C'était un homme… Un homme d'une quarantaine d'années, articula-t-il péniblement tant la douleur devenait insupportable.
-Continue, l'encouragea David.
Edward sentit son père se raidir dans son dos, apparemment, il ne souhaitait pas qu'il poursuive. L'agent Green cessa de l'observer un instant pour fixer silencieusement son père. Ce dernier serra les poings et enfouit son visage dans ses cheveux. De toute évidence, les deux hommes avaient passé un accord.
-Vas-y continue, lui demanda l'homme.
-Aussi loin que je m'en souvienne, j'allais… J'allais le voir une fois par semaine… Ils voulaient que je lui parle et… Je me sentais toujours fatigué et perdu lorsque je ressortais de son bureau.
-Te souviens-tu de son nom ou d'un détail de son physique ?
-Son nom… Je crois… Art… Artorus, mais c'était son nom dans la secte… Mais… Mais il avait… Ses… Ses yeux…
Edward se crispa, sa tête lui faisait atrocement mal. Les mains de Carlisle qui massaient délicatement ses tempes ne lui faisaient plus aucun effet, la douleur était trop forte.
-Edward dis-moi, qu'avaient ses yeux ? Le pressa David.
-Je… Je ne sais plus… Je… J'ai trop mal…
-David, lança Carlisle d'une voix à la fois inquiète et énervée.
-Edward, il faut que tu me le dises ! Dis-moi ce qu'avaient ses yeux ?! Il faut que tu me le dises avant de l'oublier ! Edward !
-Vert, l'un de ses yeux était ve… Et l'autre était bleu…
-C'est bien, Edward, respire calmement, lui ordonna l'agent du FBI, c'est ça, inspire, expire. C'est bien.
Edward eut juste le temps de voir le regard que s'échangèrent son père et David avant que son corps ne se mette à réagir violemment face à tout le stress accumulé.
-Allonge-toi, essaie de te détendre, lui demanda Carlisle.
-Il tremble, remarqua David, il est en état de choc.
-Je ne peux pas lui donner à nouveau un tranquillisant, c'est trop tôt, dit le médecin, pouvez-vous me faire passer une couverture ? Il doit y en avoir dans l'armoire.
Il entendit les pas de l'agent Green s'éloigner avant qu'il ne revienne auprès d'eux. Il étendit la couverture sur lui, mais cela ne l'aida pas à se réchauffer.
-Je vais aller lui chercher une boisson chaude. »
Edward ferma les yeux pendant que son père continuait de masser ses tempes, son cuir chevelu. Il lui fit prendre un antalgique mais celui-ci ne semblait pas agir. Son corps tremblait toujours tant il était dans un état second. Carlisle ne cessait de lui parler, le rassurant, lui demandant d'essayer de se détendre, mais rien n'y faisait.
***************
L'agent Green gagna le rez-de-chaussée où régnait une étrange effervescence. Il vit Jasper et Alice blottis l'un contre l'autre et Esmé tenait Bella dans ses bras, lui caressant le dos pour la réconforter. Il fut surpris quand il vit Lynda faire les cents pas dans le salon, elle était accrochée à son téléphone et paraissait furieuse.
« -Je me fous de tes explications à deux balles Chris ! Cria Lynda. Il était sous ta responsabilité !
-Que se passe-t-il ? Demanda David aux autres personnes présentes.
-Je ne sais pas, lui répondit Esmé, elle a appelé pour avoir des nouvelles d'Aaron et depuis…
-Je vais le tuer ! S'énerva Lynda en raccrochant son téléphone.
Il voulut tenter de calmer sa collègue, mais la porte de la villa Cullen s'ouvrit brutalement. Il comprit aussitôt pourquoi Lynda était aussi furieuse. Aaron venait d'entrer, Chase sur ses pas. Son supérieur était anormalement pâle, un pansement était collé sur sa tempe gauche. Lynda se dirigea vers lui, mais il l'écarta d'un geste et sans prononcer un mot, il grimpa à l'étage.
-Tu l'as aidé à sortir ?! S'énerva Lynda en frappant le torse de Chase et en reportant sa colère sur lui.
-Tu sais à quel point il est têtu ! Si je ne l'avais pas accompagné, il serait venu tout seul !
-Chris a dit qu'il devait être surveillé, sa commotion était peut-être plus importante qu'il n'y paraît !
-Oui et le boss lui a répondu qu'il se rendait chez un médecin, rétorqua Chase.
-Tu ferais mieux de la boucler ! Le menaça Lynda.
-Ecoutez, je pense que ce n'est ni le lieu, ni le moment de vous disputer, les coupa David, vous réglerez vos comptes plus tard. »
Les deux agents s'observèrent un moment avant de détourner tous les deux leurs regards. David soupira. Certes, Aaron aurait dû rester en observation à l'hôpital, mais David savait aussi qu'il serait peut-être le seul à pouvoir calmer Edward.
****************
Bella s'était réfugiée dans les bras d'Esmé, priant, espérant pour que la crise d'Edward passe au plus vite. Elle aurait aimé aller le voir, mais Jasper l'en avait dissuadé, il valait mieux qu'elle ne le voit pas dans cet état. Lorsque l'agent Green était redescendu, elle n'avait pu que remarquer ses traits inquiets, son cœur s'était serré en imaginant que l'état d'Edward ne s'améliorait pas. Puis, l'arrivée d'Aaron avait ranimé l'espoir, elle espérait de tout cœur qu'il allait pouvoir l'aider. Alors qu'elle allait accompagner Alice à la cuisine pour préparer des boissons pour tout le monde, Aaron redescendit et il lui demanda de le suivre.
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Edward se sentait toujours mal. Sa tête devenait moins douloureuse, mais son corps était toujours parcouru par des tremblements. Au milieu de cet enfer, il sentit soudain que son père s'éloignait. Quelqu'un prit sa place dans le lit, il sentit soudain des bras fins s'enrouler autour de sa taille. Une porte se referma. Doucement, on l'obligea à se tourner. De lui-même son visage trouva sa place dans le creux d'un cou. Il inspira et aussitôt une douce odeur de freesia envahit ses poumons. Elle était là. L'une de ses mains caressait tendrement ses cheveux pendant que ses lèvres posaient de doux baisers sur son visage. Peu à peu, il se détendit entre les bras de Bella. Les tremblements s'apaisèrent. La jeune fille parvenait à chasser la douleur, le mal-être qui étreignait son être. Edward se laissa glisser dans le sommeil alors que Bella le serrait un peu plus contre elle, il entendait toujours ses paroles rassurantes alors qu'il s'endormait enfin apaisé.
