Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.
Ca y'est on a dépassé les 1000 reviews ! Je n'ai qu'une seule chose à dire : MERCI énormément ! Merci ! ^_^
Je suis allée voir Eclipse que j'ai trouvé excellent ! Mon préféré des trois, même si le premier a une place particulière (et oui c'est la rencontre, lol).
Pour les anonymes :
Ages :Désolée, je n'ai pas pu te répondre car tu n'es pas inscrite, mais comme tu as pu le remarquer c'est de ce lundi que je parle. A bientôt !
Ilonka : Merci beaucoup pour ta review ! J'espère que la suite te plaira. Bonne semaine et à bientôt !
Charlene : Merci beaucoup ! Je suis heureuse que la suite t'ait plu, j'espère qu'il en sera de même avec ce nouveau chapitre ! D'autres explications concernant Crystal arriveront dans les prochains chapitres. Les choses vont encore se corser dans ce chapitre. Merci encore pour ta review ! Au fait, j'ai adoré Eclipse et toi ? Bonne semaine et à bientôt !
Leo : Merci, merci beaucoup pour ta review ! J'espère que la suite te plaira ! Bonne semaine et à bientôt !
Gogom : La vie d'Aaron et d'Edward risquent d'être difficile surtout qu'ils vont se retrouver en contact avec leurs tortionnaires… Les choses vont se compliquer à cause de l'entêtement de Bella et de Lynda… En tout cas, merci énormément pour ta review ! Merci ! Bonne semaine et à bientôt !
Sabrinabella : Si je sors avec mon drapeau blanc, ça ira ? Je vais prendre ça pour un oui, lol. Donc, je reste à découvert juste le temps pour te dire que concernant Crystal il y aura d'autres réponses dans les prochains chapitres. Quant à celui qui arrive, il risque d'y avoir pas mal de rebondissements surtout à cause de l'entêtement de Bella et de Lynda… Donc, merci énormément pour ta review ! Sur ce, je retourne me planquer… Bonne semaine et à bientôt !
Marion : Les choses vont encore se corser dans le prochain chapitre, si c'est possible, mon esprit dérangé le peu, lol. Merci beaucoup pour ta review ! Bonne semaine et à bientôt !
Angelik : Merci ça va et toi ? Chaudement, non ? Tout va encore bouger dans le prochain chapitre et j'espère qu'il te plaira… Merci énormément pour ta review ! Merci ! Bonne semaine et à bientôt ! Bises.
Sur ce :
Bonne lecture !
Chapitre 35 : Le piège
Edward était mort de peur. Sa main agrippait fermement la chemise de son mentor dont les poings étaient serrés. Aaron recula quelques peu quand les deux hommes s'approchèrent d'eux, l'entraînant dans son mouvement, son dos heurta le mur, ils étaient coincés. Le jeune homme inspira profondément pour tenter de calmer les tremblements qui secouaient son corps. Il mordit violement sa lèvre inférieure, la douleur l'aida quelque peu à reprendre ses esprits. Il ne faiblirait pas, malgré la peur, il se battrait, il ne décevrait ni Aaron, ni Bella, ni sa famille, quoi qu'il advienne, il ne se laisserait pas faire !
« -Approche, Anthony ! Ordonna Caïus d'une voix qui n'admettait aucune contestation.
Il hésita. Peut-être n'oserait-il pas lui faire du mal à cause de la présence d'Aaron ? S'il lui obéissait, peut-être les laisserait-il tranquilles ? Après tout, il avait toujours su qu'il fallait éviter de mettre le Maître en colère. Il fit un pas tremblant pour le rejoindre, mais Aaron l'en empêcha, lui bloquant le passage avec son bras.
-Anthony ! S'impatienta Caïus. Tu m'as déjà mis en colère en te conduisant de manière irrespectueuse avec William alors n'en rajoute pas !
-Ce n'est pas la peine de le menacer, prévint Aaron d'une voix calme et sûre, il ne bougera pas !
-Je vois que tu es toujours aussi indiscipliné, fils ! Constata William en le fusillant du regard. Mais fais attention, ta vie ne tient qu'à un fil !
-Ce ne sont pas tes menaces qui vont me faire trembler ou changer d'avis ! Vous ne le toucherez pas ! Promit Aaron en insistant bien sûr les derniers mots.
-Ca suffit ! »
Edward frémit. Depuis qu'ils étaient entrés dans la chambre, une lueur de folie et de colère brillait dans les yeux de William, la vision d'Aaron n'avait fait que la décupler. En quelques secondes, l'homme se tint devant eux, ses mains enserrèrent la chemise de son protecteur qui ne bougea pas. Un sourire victorieux se dessina sur le visage de William quand il vit qu'Aaron ne bougeait pas, Edward trembla de voir que le père de son mentor avait toujours autant d'ascendant sur lui.
Cependant, les lèvres d'Aaron s'étirèrent en un fin sourire et la minute suivante, la situation changea du tout au tout. En un geste souple, l'agent se défit de l'emprise de William, il se saisit des bras de l'avocat véreux pour le faire tourner dos à lui et tordre ces derniers. Un gémissement de douleur résonna dans la pièce. Caïus, rouge de colère, vint à la rescousse de son ami, mais Aaron donna un violent coup de pied dans les fesses de son père l'envoyant valser sur le Maître, tout deux tombèrent lourdement sur le sol. Edward ne put retenir un sourire de les voir si facilement terrassés.
Les deux hommes leur jetèrent un regard meurtrier avant de se relever péniblement. Edward tira violemment sur la chemise d'Aaron quand il vit Caïus porter sa main à sa ceinture dissimulée par sa veste, le jeune homme savait qu'il y gardait une arme et là, ils ne pourraient rien faire… Aaron qui dû comprendre, se rapprocha de lui, le protégeant avec son corps. Tout à coup, ils sursautèrent en entendant la porte s'ouvrir avec violence. Nathaniel se tenait aux côtés de Maître Marcus et d'Alec, tous trois les observèrent et Caïus laissa son arme dans son étui.
« -Que se passe-t-il ici ? Demanda Marcus en pénétrant dans la chambre.
-Rien qui ne te concerne, cingla Caïus.
Les deux Maîtres se défièrent du regard, la tension était palpable dans la pièce.
-Pourquoi tout ce raffut ? Interrogea le Grand Maître en les rejoignant.
-C'est exactement ce que je demandais à Caïus, il me semblait que nous étions d'accord sur le fait qu'Anthony avait besoin d'une bonne nuit au calme avant que nous ne reprenions la route, n'est-ce pas ?
Edward vit les poings de Maître Caïus se serrer, ses jointures blanchirent avant qu'il n'inspire pour tenter de se calmer.
-Je souhaitais juste une bonne nuit à Anthony et à notre invité, mais ce dernier m'a sauté à la gorge, expliqua Caïus.
Aaron laissa échapper un ricanement alors que lui se trouvait incapable de faire quoi que ce soit, il craignait trop la réaction d'Aro et s'il décidait de le séparer de son mentor ? Et s'il faisait du mal à Aaron ? Ou pire… Il allait ouvrir la bouche pour plaider leur cause, mais son mentor lui fit signe de se taire.
-Vous êtes une récompense, agent Gibson, uniquement une récompense pour les services que nous a rendu ce cher William ! Votre vie est entre ses mains. Personnellement, je ne vois pas l'intérêt de nous embarrasser d'un agent du FBI ! Confia Aro. Alors, si vous souhaitez rester en vie, je vous conseille de vous plier à nos règles, votre père, dans son immense bonté, a souhaité que vous voyez vous aussi la lumière et que la grâce de notre Ange vous envahisse !
-Immense bonté ! Railla Aaron. Etes-vous sûr de connaître l'homme à qui vous vouez une telle confiance ? Je ne pense pas. Tout comme je crois que vous ignorez qui vous entoure !
-Ca suffit ! Le coupa William en se jetant une nouvelle fois sur Aaron.
-Stop ! Ordonna Marcus en s'interposant. William, il me semblait t'avoir demandé de ne plus t'approcher de l'Elu ! Sors immédiatement de cette chambre !
-Ne parle pas sur ce ton à mon ami ! Dit aussitôt Caïus. Il mérite tout ton respect !
-J'en ai assez ! Gronda Aro. Que chacun retourne immédiatement dans ses appartements ! Nous rediscuterons de tout ceci à tête reposée !
-Aro, je ne pense pas qu'il soit judicieux de laisser Anthony avec un impur, lui fit remarquer Caïus.
Edward se rapprocha un peu plus d'Aaron, il ne voulait pas rester seul, la présence de son mentor le rassurait, l'apaisait. Aro les observa pendant quelques secondes avant de froncer les sourcils, de toute évidence, il n'appréciait pas de les voir aussi proche.
-Père, je vous en prie, supplia Edward en sortant de sa cachette, laissez-moi lui expliquer nos préceptes et notre mode de vie. Père, faites-moi confiance.
Appeler Aro père lui écorchait la gorge, pourtant, il savait que c'était la meilleure solution pour faire plier l'homme, lui montrer sa docilité et ne pas contester le fait qu'il lui appartenait. Aaron tenta de le retenir quand il s'avança vers le Grand Maître, mais il l'ignora. Une fois face à lui, il s'agenouilla respectueusement.
-Aaron m'a protégé et sauvé la vie, je me sens redevable envers lui, laissez-moi la possibilité de payer ma dette en faisant de lui l'un des nôtres. Il sera une bonne recrue, ses connaissances, sa force nous serons utiles pour mener à bien nos desseins.
-Tes propos et ta ferveur me touchent énormément, fils, relève-toi !
Edward obéit, mais garda la tête baissée en signe de soumission. Il ne la releva que quand la main d'Aro se posa sous son menton pour l'y inviter. Il tenta de garder un visage neutre quand le Grand Maître l'observa avec attention.
-J'espère que tu es sincère dans tes propos, Anthony.
-Je le suis, Père, pourquoi doutez-vous de moi ? Cela me blesse.
-J'ai confiance en toi, mon Ange, je suis plus inquiet par ce que les impurs ont pu faire à ton esprit si pur. Pour l'instant, je te crois, mais viens me trouver si tu as des doutes ou si quelque chose te perturbe.
-Oui, Père.
-Parfait, donc, notre invité restera auprès d'Anthony.
-Mais… , protesta Caïus.
-J'ai décidé ! Claqua la voix forte d'Aro. Maintenant, tout le monde quitte cette chambre !
Tous obéirent, Caïus et William sortirent, masquant difficilement leur colère, Marcus lui adressa un petit signe de tête, apparemment, il était satisfait de son comportement. Il ne restait maintenant plus que deux gardes, dont Nathaniel, avec Aro et leurs deux prisonniers. Le Grand Maître déposa ses mains sur ses épaules, mais son regard, lui, se posa sur Aaron.
-Je vous ai à l'œil, ne faites pas du mal à notre Ange sinon la sanction sera funeste !
Edward déglutit péniblement, il savait que l'agent du FBI aurait du mal à se contenir surtout face à Caïus et à William. La voix du Grand Maître le sortit de ses pensées.
-Bonne nuit, Anthony.
-Bonne nuit, Père.
Comme avant son départ de la secte, il se pencha et déposa deux baisers sur ses joues. Aro le serra dans ses bras et sortit de la chambre les laissant seuls. Dès que la porte fut refermée, Edward se laissa tomber sur le sol. Tout son self-control avait disparu, il se mit à trembler et il sentit son estomac se contracter, un haut de cœur le saisit.
-Chut… Tout va bien, je suis là, le rassura Aaron en le prenant dans ses bras, craque, tu en as le droit. Tu as été très courageux, Edward, je suis très fier de toi.
-Anthony, je m'appelle Anthony.
Il sentit son mentor se raidir. Aaron l'obligea à relever la tête, son regard onyx inquiet plongea dans le sien pendant que sa main essuyait sur ses larmes.
-Edward, tu…
-Non, Anthony, chuchota-t-il la voix rendue rauque par ses sanglots retenus, ne m'appelle plus Edward… Anthony… Je suis Anthony… Je… Je ne veux pas qu'ils te fassent du mal.
-On va s'en sortir, mais je t'en prie, il ne faut pas que tu redeviennes Anthony. »
Edward secoua la tête tout en mordillant nerveusement sa lèvre, un goût de fer envahit sa bouche. Aaron sortit un mouchoir de sa poche et l'appliqua sur sa lèvre en sang. Son mentor passa ensuite un bras sous ses jambes et l'autre dans son dos. Il le souleva et l'allongea sur le lit. Il lui retira ensuite ses chaussures avant de le faire glisser sous la couette. Aaron se déchaussa et le rejoignit, il le prit dans ses bras. Edward enfonça son visage contre son torse, ses mains s'agrippèrent fermement à sa chemise et il ne tarda pas à éclater en sanglots. Le jeune homme était mort de peur, pas seulement pour lui, mais pour Aaron aussi et une question ne cessait de le hanter : son père, Carlisle, était-il en vie ? Des paroles revinrent alors le hanter, Emmett avait eu raison, jamais il n'aurait dû revenir dans sa famille, il les avait une nouvelle fois blessés et cette fois-ci encore plus cruellement que la dernière fois car aujourd'hui il les avait privé d'un époux, d'un père…
Bella s'éveilla doucement. Elle était allongée dans un lit blanc, elle tenta de bouger mais quelque chose l'en empêcha. Elle tourna la tête et vit que son bras était rattaché à une perfusion. Alors qu'elle posait sa main sur celle-ci, une main se posa sur la sienne. Elle releva la tête et croisa le regard inquiet de Charlie.
« -Comment te sens-tu ma chérie ? Demanda son père.
-Dis-moi que c'est un cauchemar ? Murmura-t-elle la voix chargée de sanglots contenus.
-J'aimerais, Bella, crois-moi, j'aimerais que tout ceci ne soit qu'un cauchemar.
Son père la prit dans ses bras pour la bercer. Il déposa un baiser sur son front pendant qu'elle s'épanchait sur sa chemise. Charlie caressa son dos alors que les propos du Docteur Matthews ne cessaient de la hanter. Edward était père ! Edward avait une petite fille ! Comment était-ce possible ? Pourquoi Edward n'avait-il rien dit ? Parmi ses sanglots, elle entendit le bruit d'une porte. Son père se redressa et soupira. La jeune fille l'imita et essuya ses larmes avant de croiser le regard de Lynda.
-Bonjour, ma douce, comment te sens-tu ?
-Comment elle se sent ? S'énerva soudain Charlie. Comment voulez-vous qu'elle se sente après tout ce qui vient de se passer ? Je savais ! Je savais qu'il ne sortirait rien de bon de cette histoire ! Ce gamin s'est bien moqué de nous !
Bella fusilla son père du regard, mais Lynda fut plus rapide qu'elle.
-Je ne vais rien dire car je pense que c'est le père blessé de voir sa fille souffrir qui parle et qu'en réalité vous ne pensez pas ceci. Edward a été enlevé, nous ignorons où il est et je vous rappelle que pour l'instant nous ne sommes pas sûrs qu'Edward soit le père de Crystal.
-Le Docteur Matthews a dit que…
-Je sais Charlie, coupa-t-elle, seulement, mais comme l'a aussi dit Chris, les analyses ne sont pas terminées.
-80% ! Leur rappela Charlie.
-Ce n'est pas 100%. Par ailleurs, Aaron avait demandé un test de paternité pour un autre ADN, donc, tant que nous n'aurons pas la preuve formelle de la paternité d'Edward, je vous conseille de ne pas le considérer comme le géniteur de cette petite fille. Quant à toi, Bella, Edward a toujours été sincère vis-à vis de toi, n'en doute jamais.
-Mais… Mais s'il est le père ?
-Charlie, pouvez-vous nous laisser ?
Son père bougonna et ne paraissait pas décidé à les laisser seules. Bella serra sa main pour lui faire signe qu'elle était d'accord pour rester avec la jeune femme. A contrecœur, Charlie sortit, non sans avoir lancé un regard menaçant à l'agent du FBI. Lynda s'approcha de son lit et c'est là qu'elle se rendit compte que la jeune femme était sur un fauteuil roulant, son visage était marqué, elle avait des points au niveau de son arcade sourcilière et un hématome sur une pommette.
-Que t'est-il arrivé ?
-Une explosion dans nos locaux du FBI.
-Oh, mon Dieu ! Tout le monde va bien ?
-Emma… Emma est décédée, répondit Lynda en essuyant une larme, mais sinon ça va.
-Et le bébé ? Demanda Bella inquiète.
-Le bébé va bien, mais il faut que je me calme, mais revenons-en à Edward. Tu sais, si jamais il est bien le père de Crystal, je suis sûre qu'il l'ignore.
-Mais comment est-ce possible ?
-Les gourous de la secte sont des gens dangereux et dérangés. Tu sais, il suffit d'un peu de sperme et d'une éprouvette pour féconder une femme, un rapport n'est pas obligatoire. Par ailleurs, l'innocence d'Edward dans ce domaine a dû leur permettre d'agir sans éveiller ses soupçons.
Bella médita pendant quelques secondes les paroles de son amie. L'instant d'après, elle se demanda comment elle avait pu douter d'Edward ? Elle était indigne de lui !
-Si tu es en train de te flageller, je te conseille d'arrêter immédiatement ! Lui ordonna Lynda. Tu as vécu un choc aujourd'hui, tu as été agressée et je suis certaine que si tu avais eu tout tes esprits, jamais tu n'aurais émis le moindre doute au sujet d'Edward.
-Comment ai-je pu penser… Non, tu as raison, ce n'est pas le moment de m'apitoyer sur mon sort. Il faut retrouver Edward ! Aaron et toi, vous allez le retrouver, n'est-ce pas ?
-Je vais le retrouver, je te le promets, mais j'ai besoin de toi. Je sais qu'Edward s'est confié à toi, tu dois tout me dire, même s'il te semble que cela n'a pas d'importance, laisse-moi en juger.
Bella hocha la tête en signe d'acquiescement, mais par où commencer ? Edward n'avait laissé échapper que quelques brides de son passé, sans jamais s'y appesantir.
-Parle-moi de la soirée que vous avez passé chez nous à Seattle, le soir du concert.
Bella serra les poings en se rappelant la confession d'Edward, c'était ce soir là qu'elle avait pu appréhender les horreurs qu'avait vécu son petit-ami. D'une voix tremblante, elle commença à raconter. Lynda prit sa main et la serra pour l'encourager dans son récit. La jeune fille vit le regard de l'agent se voiler quand elle comprit ce que son mari avait lui aussi vécu.
-Serait-ce possible que le père d'Aaron soit le gourou qui ait fait du mal à Edward ? Interrogea la jeune fille en se rappelant les similitudes entre les calvaires des deux hommes.
-Je ne pense pas. Aaron ressemble un peu à son père et Edward n'aurait jamais pu lui faire confiance.
-Mais son conditionnement ?
-Il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de l'instinct, crois-moi, malgré le verrou psychologique, Edward ne se serait pas accroché de cette manière à Aaron s'il lui avait rappelé un tant soit peu son tortionnaire. Cependant, je pense que Bentley a un lien avec la secte. Cet homme a toujours trempé dans des affaires louches et je crois qu'il a aidé les gourous à rester invisibles aux yeux de la loi et des forces de l'ordre. Bella, réfléchis bien, n'y a-t-il rien d'autre ?
La jeune fille ferma les yeux et tenta de se remémorer chaque mot, chaque geste de cette soirée. Soudain, un souvenir lui revint et elle se maudit de ne pas avoir rapporté cela plus tôt !
-Pendant qu'il me parlait, il a tenté de dire le nom d'un des gourous, je crois, il a parlé d'un Maître Ar… Il n'a pas pu terminer sa phrase à cause de la douleur !
-C'est très bien, Bella, merci ! Cela va nous aider !
-Mais comment ? Demanda la jeune fille dubitative. Je n'ai pas le nom complet et…
-Nous pensons que les gourous sont des proches des Cullen et, ma foi, je connais peu de prénom qui commencent par Ar… Cela nous aidera. Bien, repose-toi. Je te tiens au courant.
-Laisse-moi venir, supplia Bella qui ne voulait pas rester seule et surtout souhaitait se rendre utile. »
Lynda l'observa quelques secondes en caressant tendrement son ventre, une lueur de tristesse passa dans son regard avant qu'elle n'acquiesce. Son amie lui demanda juste d'attendre que Chris l'ausculte et donne son autorisation. Quelques minutes plus tard, Bella avait enfilé une robe de chambre et elles se dirigeaient vers la salle de repos qui était devenue le QG des agents du FBI. Bella serra dans ses bras chaque membre de la famille Cullen avant de chercher du regard Carlisle. Des larmes lui échappèrent quand elle sut que celui qu'elle considérait comme son deuxième père avait été grièvement blessé en protégeant Edward, ses sanglots redoublèrent quand elle apprit qu'Aaron avait lui aussi disparu. Pourtant, elle fit son possible pour se calmer quand elle vit le regard inquiet de son père, il était capable de demander au Docteur Matthews de la renvoyer dans sa chambre. Bella sécha ses larmes et fit son possible pour se concentrer et leur apporter son aide, aussi maigre soit-elle. Esmé et ses enfants cherchaient désespérément qui pouvait être ce Ar…
Lynda sentait le désespoir la gagner peu à peu. Bella lui avait pratiquement fourni le nom d'un des gourous, elle y avait cru avant de rapidement déchanter, rien ne correspondait à la liste d'Esmé. Les gourous devaient utiliser des noms d'emprunt et à ce moment-là chercher un rapport entre les deux ne servaient à rien ! Ils n'avançaient pas et plus le temps passait, plus Edward et Aaron s'éloignaient d'eux. Sa main se crispa sur son ventre, jamais les membres de la secte ne toucheraient à Edward, mais, si comme elle le pensait Bentley était avec eux, elle n'osait imaginer le sort qu'il réserverait à Aaron. Elle sentit la nausée l'envahir et son estomac se contracta. Ses mains enserrèrent les accoudoirs du fauteuil pour tenter de chasser son malaise, David le remarqua. Sans lui demander son avis, il poussa son fauteuil pour la conduire dans une autre pièce où il l'emmena près d'une fenêtre qu'il ouvrit. L'air frais lui fit du bien.
« -Tu devrais te reposer, lui conseilla doucement David.
-Ca va.
-Lynda, tu as subi un choc et tu es enceinte, il n'est pas prudent de…
-Je sais ! Le coupa-t-elle tout en le défiant du regard de poursuivre.
David hocha doucement la tête avant d'aller remplir un verre d'eau et de le lui donner. La jeune femme savait qu'elle était à bout, mais elle ne pouvait pas rester tranquillement dans une chambre alors qu'Aaron était peut-être en danger de mort, peut-être était-il même déjà trop tard…
-Il est vivant ! J'en suis certain ! Déclara avec ferveur David qui avait lu en elle
-Tu crois ? Souffla Lynda dont le regard s'était perdu dans le vide. Crois-tu réellement que Bentley ne le touchera pas ? Ne se vengera pas ?
Son ami ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. Elle avait réussi à ébranler la certitude de David.
-Il ne faut pas perdre espoir, assura l'agent Green.
-Mais quel espoir ? S'énerva Lynda. On a rien ! Putain ! Ils sont en train de nous échapper ! Et si je n'arrive pas à sauver Aaron… Il faut au moins que je sauve Edward !
-Lynda !
-Non ! Tout ce que je veux c'est retrouver Edward ! Et si tu as raison, Aaron sera avec lui !
Elle fut reconnaissante à David de ne pas argumenter davantage. Sa main caressa son ventre et le bébé bougea doucement sous sa paume. Au plus profond d'elle-même, elle voulait croire qu'elle l'aurait senti si son mari n'était plus de ce monde et, contrairement à ce qu'elle disait, elle avait le pressentiment qu'il était vivant. Lynda était en train de se construire une carapace au cas où son cœur se tromperait. Un léger sourire s'étira sur son visage quand elle reçut un coup de pied un peu plus violent, leur enfant serait aussi énergique que ses parents. Soudain, une idée traversa son esprit… Ce serait risqué, mais son plan pourrait fonctionner…
-A quoi penses-tu ? Questionna David.
-Quoi ?
-Je connais ce regard, Lynda, tu as une idée derrière la tête et j'ai comme l'impression que ça ne va pas me plaire.
-On a rien sur la secte, sauf une chose : Bentley.
-Et ?
-On connaît son point faible, expliqua Lynda, un point faible qui va le faire sortir de l'ombre.
-Non ! C'est de la folie ! S'écria David quand il comprit où elle voulait en venir.
-C'est la meilleure solution, si on attend plus longtemps, on les perdra !
-Les frontières sont surveillées, rétorqua l'agent Green.
-Tu sais aussi bien que moi que cela ne signifie rien, cela fait des années qu'ils réussissent à se rendre invisible, cette fois n'échappera pas aux autres !
-On a diffusé des photos d'Edward et d'Aaron à toutes les polices.
-Tu sais très bien que tout cela n'apportera peut-être rien, il faut mettre toutes les chances de notre côté !
-Carlisle ! Chris peut le sortir de son sommeil artificiel et…
-Hors de question que la vie d'un Cullen soit de nouveau mise en danger ! Demande à Ryan d'organiser une conférence de presse et envoie-moi Carla, il faut que je me change.
-C'est de la folie, souffla David.
-Tu as une autre proposition ?
-Non.
-Tout va bien se passer, le rassura-t-elle.
-Je ne vais pas te quitter des yeux !
-J'y compte bien, lui sourit-elle. »
David se pencha pour l'étreindre avant de déposer un baiser sur son front. Son ami sortit. Une fois que la porte fut fermée, elle autorisa les larmes qu'elle retenait à sortir. Elle mordit son poing pour tenter de se calmer. Son enfant bougea, un sourire apparut son visage, on aurait dit que son petit bout de chou voulait la rassurer, lui faire comprendre qu'elle avait pris la bonne décision. D'un geste déterminé, elle essuya ses larmes. Bentley allait tomber dans son piège et ce salaud les conduirait ensuite à Edward et à Aaron !
Aaron passa une main douce sur les joues d'Edward pour essuyer ses larmes. Il avait compris dans ses propos confus que Carlisle avait été blessé lors de son enlèvement, grièvement blessé… Il pria pour que le médecin aille bien. Il se pencha et déposa un baiser dans ses cheveux, Edward se détendit légèrement. Il était inquiet pour le jeune homme, entrer dans le jeu des Maîtres était à double tranchant, certes Edward avait réussi à les amadouer, mais il avait peur que cela le fragilise et qu'il retombe ainsi facilement entre leurs griffes. Aaron inspira discrètement pour ne pas déranger son protégé, revoir la chose qui lui servait de père avait éveillé ses anciens démons. L'avoir frappé lui avait fait un bien fou, il aurait bien réitéré l'expérience, il se moquait bien des répercussions que cela pourrait avoir pour lui, mais il n'était pas seul dans cette histoire, il ne devait pas l'oublier, il devrait se contenir pour pouvoir rester près d'Edward.
Aaron devait garder espoir pour Edward, il était certain que son équipe devait déjà s'être mise au travail. Il avait confiance en son épouse, jamais Lynda ne l'abandonnerait. Il espérait qu'elle arriverait à temps pour les sauver, ou du moins sauver Edward, car il n'était pas certain qu'il fasse long feu… Cependant, il y avait peut-être une autre solution, il avait commencé à semer le doute dans l'esprit du Maître qui se nommait Marcus, apparemment, il ignorait tout du calvaire d'Edward. Il lui semblait que leur Grand Maître, Aro, ne connaissait pas non plus la situation. Aaron était certain que cela pourrait les aider à un moment ou à un autre, en attendant, il se promit que ni William, ni ce Caïus, ne toucheraient à son protégé. Ils pourraient aussi tenter de s'enfuir, mais pour le moment, ce n'était pas envisageable, ils lui avaient bandé les yeux et il ignorait combien de gardes il y avait et s'ils étaient armés. Tout comme, il ne savait pas où ils étaient. Il allait devoir être sur ses gardes et attendre le bon moment pour qu'ils s'enfuient. Malgré la peur et le stress, il sombra dans un sommeil léger quand le jour commença à poindre à travers les volets.
L'agent du FBI s'éveilla en sursaut quand il sentit une main se poser sur son épaule. Il se redressa brusquement réveillant par la même occasion Edward qui dormait toujours dans ses bras. Le jeune homme paniqua sûrement en se rappelant les derniers évènements.
« -Chut, tout va bien, je suis là, murmura Aaron en le prenant dans ses bras.
-As-tu fait un cauchemar, Anthony ? Demanda celui qui s'appelait Marcus.
-Je… Oui, répondit son protégé qui semblait avoir repris ses esprits, mais ça va mieux.
-Parfait, Félix et Démétri vont vous accompagner. Des vêtements propres vous y attendent, ensuite, vous prendrez votre petit-déjeuner et nous reprendrons la route. Anthony, je suis ravi de ton comportement et j'espère que tu vas progresser dans cette voie. Quant à vous Aaron, j'espère que vous vous tiendrez tranquille et respecterez nos principes, je ne tiens pas à peiner Anthony avec votre disparition. Suis-je clair ? »
Aaron hocha la tête et Marcus le dévisagea un instant avant de sortir de la chambre. Ils l'imitèrent et deux gardes s'inclinèrent devant Edward avant de les escorter jusqu'à la salle de bain. L'agent jeta un coup d'œil à la carrure impressionnante de leurs deux gardes, ils n'avaient rien à voir avec Nathaniel. Une fois dans la salle de bain, il en profita pour nettoyer ses poignets ensanglantés, tournant ainsi le dos à la baignoire pour laisser un peu d'intimité au jeune homme. Il prit rapidement sa douche pendant qu'Edward l'attendait sagement dans un coin, recroquevillé sur lui-même. A regret, il délaissa son costume pour enfiler un pantalon en toile blanche et une chemise assortie. Edward était vêtu de la même manière sauf que les broderies dorées qui ornaient le sien démontraient son rang privilégié dans la secte. Il s'approcha et s'agenouilla face à son protégé.
« -Tout va bien se passer, on va s'en sortir ! Continue comme ça, tu agis au mieux.
Un léger coup frappé à la porte les força à se redresser, il plaça Edward derrière lui.
-Parfait, vous êtes prêts, dit Marcus en les observant.
L'homme fit un petit signe aux deux gardes pour qu'ils s'éloignent de la porte qu'il referma quelque peu.
-J'ai eu l'Hôpital de Seattle, le Docteur Cullen est en bonne voie de guérison.
Aaron sentit un poids disparaître de sur sa poitrine, un sanglot attira son attention et il se tourna vers Edward pour l'étreindre.
-Je t'avais promis de te tenir au courant de l'état de ton géniteur, rappela Marcus à son protégé, maintenant que tu es rassuré, je compte sur toi pour faire une croix sur les Cullen et ta vie à Forks, nous sommes ta famille, comprit ?
-Oui, Maître Marcus, articula péniblement Edward en tentant de ravaler ses larmes.
-Contrôle-toi !
En réponse au ton sec du gourou, Aaron le fusilla du regard. Une légère lueur de regret brilla dans les prunelles de l'homme et cela conforta l'agent dans l'idée que cet homme serait peut-être leur porte de sortie.
-Allez, venez, reprit plus doucement Marcus lorsqu'il vit que les larmes d'Edward s'étaient taries. Passe-toi un peu d'eau sur le visage.
Edward obéit et aspergea son visage d'eau froide. Ils suivirent ensuite le Maître jusqu'à une petite salle où on leur servit de quoi déjeuner. Aaron croisa le regard de son père qui se tenait dans un coin et il dut serrer les poings pour ne pas se jeter sur lui ou sur Caïus qui observait peu discrètement Edward. Au bout de quelques minutes, il se rendit compte qu'ils étaient seuls avec ces deux salauds et quelques gardes.
-Félix ? Appela Caïus. Démétri a-t-il trouvé un chemin sûr ?
-Oui, Maître.
-Parfait.
Un jeune homme de l'âge d'Edward entra, il salua son protégé avant d'attraper la télécommande d'une télé et de l'allumer. Avec grâce, il se laissa ensuite tomber dans un fauteuil.
-Crois-tu que ce soit le moment, Alec ? Gronda doucement Caïus.
-On parle de nous.
-Quoi ? S'exclamèrent Caïus et William alors que les autres gardes se figeaient.
-Suite à l'attentat qui s'est produit au siège du FBI à Seattle, nous nous trouvons maintenant devant l'Hôpital où une conférence de presse a été organisée….
Aaron n'écouta pas la suite des paroles de la journaliste, une bombe ! Une bombe avait explosé dans leurs locaux ! Y'avait-il des morts ? Son équipe allait-elle bien ? Lynda ! Comment allait Lynda ? Et leur bébé, était-il… Une main se glissa dans la sienne pour la serrer fermement, il croisa le regard confiant d'Edward qui lui désigna l'écran, Lynda venait d'apparaître pour parler aux journalistes. Il serra les dents quand il remarqua son visage tuméfié et sa démarche un peu hésitante, mais son regard déterminé le rassura quelque peu lui signifiant que le bébé et elle allaient bien.
-Bonjour, je suis l'agent superviseur Lynda Gibson, je suis ici pour vous informer de la situation et je ne répondrais à aucune de vos questions. Hier, le siège du FBI de Seattle a été l'objet d'un attentat. Cette bombe visait tout particulièrement le Bureau d'analyse du comportement qui actuellement enquête sur une secte nommée Orion. Nous déplorons malheureusement la perte de trois personnes Monsieur Brandon Wenzel, soupçonné d'avoir posé la bombe, l'agent Douglass et l'agent Richardson. Le FBI ainsi que tout le bureau se joint à moi pour présenter nos condoléances et témoigner notre soutien aux familles de ces deux agents qui sont décédés en faisant leur devoir.
Aaron ferma les yeux, la main d'Edward se crispa dans la sienne, Emma n'avait pas survécu à l'explosion.
-Sachez que tous les moyens ont été mis en place pour retrouver les coupables de cet acte barbare. Justice sera rendue. Je vous remercie pour votre attention, lança Lynda à la foule de journalistes qui criaient des questions qu'elle ignora. »
Aaron regarda son épouse faire quelques pas, David la rejoignit pour passer un bras autour de sa taille. Sa femme s'éventa avec sa main, Chase lui tendit une bouteille qu'elle prit après avoir ôté sa veste dévoilant ainsi son ventre qui avait été quelque peu dissimulé par le vêtement. Ignorant les journalistes, les trois agents entrèrent dans l'Hôpital. La caméra suivit le trio, un zoom du caméraman leur permit de les voir entrer dans un ascenseur, Lynda se tourna alors et fit face à la caméra. Aaron laissa échapper une plainte quand il vit les motifs qui ornaient le tee-shirt noir de sa femme, deux empreintes de mains blanches ornaient son ventre arrondi, au-dessus, il put lire : It's a boy ! Comment ? Lynda et lui avaient décidé de garder la surprise sur le sexe du bébé, ils ne tenaient pas à le savoir, alors, pourquoi portait-elle ce tee-shirt ? Soudain, la lumière se fit dans son esprit ! Il frémit en réalisant qu'elle se jetait elle-même dans la gueule du loup ! Aaron jeta un coup d'œil à Bentley, une lueur brillait dans les yeux de ce monstre, une lueur qu'il connaissait trop bien. Il remarqua le regard qu'échangèrent les deux hommes, cela ne laissait rien présager de bon…
Marcus entra dans le salon et posa devant Edward et lui des petits comprimés bleus. Il leur ordonna de les prendre. Le jeune homme l'observa, hésitant à prendre le somnifère, mais Aaron lui fit signe d'obéir. Edward avala le comprimé et il l'imita. Les gardes les conduisirent jusqu'à un tout-terrain où ils les installèrent. Le véhicule roulait depuis quelques minutes quand il sentit la tête de son protégé se poser sur son épaule, il dormait. Aaron, lui, luttait du mieux qu'il pouvait contre le médicament, mais bientôt, il dû abandonner le combat. Il s'endormit.
Bella sortit de sa salle de bain enfin habillée, Alice et Rose étaient allées lui chercher des vêtements dans une boutique non loin de l'Hôpital et bien entendu les jeunes filles avaient tout fait en grand. Ainsi, Bella eut le choix entre deux jeans, différents sous-vêtements et trois hauts. Elle finit par choisir un jean et une tunique bleue. Elle attacha ses cheveux et rejoignit ses amies. Elle s'assit entre elles sur son lit et elles passèrent un bras autour de ses épaules.
« -On va le retrouver, promit Rosalie en essuyant les larmes d'Alice et les siennes.
-Comment peux-tu en être sûre ? Murmura Alice.
-Edward a déjà retrouvé une fois le chemin de la maison, il reviendra, assura Rose. Vous devez y croire, ne pas perdre espoir.
-Je veux croire qu'on le retrouvera, admit Bella, mais dans quel état ? Vous vous souvenez à quel point il était blessé lorsqu'il est arrivé dans votre famille. Je… Je n'ose même pas imaginer ce qu'ils vont lui faire…
-Ca va aller, Bella, assura le petit lutin qui paraissait avoir retrouvé la foi. Tout va bien se passer ! Bon, si tu es prête, on va aller retrouver maman ?
-Oui, répondit Bella. »
Les jeunes filles sortirent ensemble de la chambre pour rejoindre le dernier étage où une salle de conférence qui avait été transformée en véritable QG du FBI. Les garçons étaient assis dans un coin et planchaient sur la liste qu'Esmé avait faite, ils leurs apprirent que leur mère était au chevet de Carlisle. Alice demanda s'ils pourraient lui rendre visite, mais Jasper lui apprit que seule Esmé pouvait aller le voir, normalement, il n'aurait pas eu droit aux visites, mais Chris l'y avait autorisé en voyant à quel point Esmé avait besoin de le voir même si ce n'était que pour quelques minutes.
L'attention de Bella fut soudain dirigée vers les agents du FBI qui paraissaient être en effervescence. La jeune fille savait pourtant par son père qu'ils n'avaient pour le moment aucune piste. Charlie était parti sur le terrain et avec l'aide des Quileute, il aidait les fédéraux à quadriller le secteur. Bella était sûre que Lynda les aurait informé si elle avait eu du nouveau, donc à quoi rimait toute cette agitation ? La jeune fille vit Lynda, Ryan et Chase sortir discrètement de la pièce. Tout en prétextant d'aller chercher une boisson, elle leur emboîta le pas, s'arrêtant au coin du couloir pour les épier.
« -Je le répète encore une fois : c'est une mauvaise idée, déclara Chase.
-Ecoute, si tu as autre chose à proposer, je suis toute ouïe, offrit Lynda.
Chase soupira avant de commencer à équiper la jeune femme d'un micro, Ryan était en train de trafiquer la montre de la future mère.
-Bien que je souhaite que nous n'ayons pas à nous en servir, dit Ryan, j'ai mis un mouchard dans ta montre, tous tes déplacements seront retranscris grâce à un satellite.
-Vous avez sorti le matériel high-tech, plaisanta la jeune femme.
-Non, c'est juste une garantie, lui expliqua Ryan.
-Une garantie ? Répéta Lynda.
-Je n'ose même pas imaginer ce que le Boss va nous faire si jamais il vous arrive quelque chose, au bébé et à toi ! Donc, on préfère prendre toutes les précautions pour éviter sa colère.
-Bande de trouillards, se moqua gentiment Lynda.
-On peut encore faire demi-tour, dit Ryan en serrant la jeune femme dans ses bras.
-Tout va bien se passer, le rassura Lynda, et puis, vous allez me coller aux fesses, non ?
Les deux hommes acquiescèrent et la prirent une nouvelle fois dans ses bras avant de s'écarter lorsque l'agent Green les rejoignit.
-Tu es sûre de toi ? Demanda David en observant avec attention sa collègue.
-Oui, tout va bien se passer.
-Alors, allons-y, souffla le plus âgé des agents, tout est en place.
-Bien, je vais sortir par la porte arrière, décida Lynda.
-Ta voiture est garée au deuxième étage, voilà les clefs.
-Ok. A tout à l'heure.
-Sois prudente, recommanda une dernière fois David. »
Les agents se séparèrent sur ces dernières paroles. Bella ignorait ce qui se passait, mais il était évident qu'ils allaient entrer en action. Pourquoi ne leur avaient-ils rien dit ? La jeune fille s'élança dans les escaliers pour une véritable course poursuite, priant pour atteindre le second étage avant son amie. Bella poussa brutalement la porte menant au parking, elle balaya l'étage du regard à la recherche de la voiture de Lynda. Un petit cri de joie lui échappa quand elle aperçut le cabriolet rouge de l'agent. Bella courut vers le véhicule, elle jura quand elle vit que celui-ci était capoté, elle contourna la voiture. La jeune fille décida de s'agenouiller à côté de la portière arrière, de là où elle était, Lynda ne pourrait pas la voir. La jeune fille attendit, tentant de calmer les battements de son cœur, il fallait absolument qu'elle soit discrète ! Bella sursauta quand elle entendit la voiture se déverrouiller. Elle se releva quelques peu et aperçut Lynda qui était encore à plusieurs mètres du cabriolet. Discrètement, elle ouvrit la portière arrière et se glissa à l'intérieur avant que la jeune femme ne grimpe à son tour dans la voiture. Bella fit son possible pour se tasser sur le sol et ne pas se faire remarquer. Lynda démarra son véhicule et sortit du parking.
Lynda roulait depuis plusieurs minutes tout en rapportant régulièrement à David ce qu'elle voyait quand elle se demanda si c'était l'angoisse de ses collègues qui déteignait sur elle, mais la jeune femme avait la nette impression d'être épiée. Elle posa une main sur son ventre pour se rassurer, elle ne risquait rien, Chase la suivait avec sa moto et David était dans une voiture banalisée non loin d'elle, quant à Ryan et Carla, ils étaient derrière leurs ordinateurs et ils la surveillaient grâce aux caméras de la sécurité routière. Elle ne risquait rien ! Alors, pourquoi avait-elle l'impression de ne pas être seule ? Bon, techniquement, elle n'était pas seule se dit-elle en passant une main sur son ventre, mais là ça lui faisait penser à de mauvais films d'horreur où les tueurs bondissaient de sur la banquette arrière pour se jeter sur leur victime qui conduisait tranquillement. C'était débile ! Elle était vraiment en train de faire n'importe quoi ! Pourtant, alors qu'elle ralentissait à cause d'un feu rouge, elle tourna légèrement la tête avant de pousser un cri.
« -Quoi ? Qu'est-ce qui se passe ? Tu vas bien ? S'inquiéta aussitôt David.
-J'arrive ! Annonça Chase dans son oreillette.
-Stop ! Ne bougez pas tout va bien ! Les rassura Lynda. J'ai juste un passager clandestin !
-Quoi ? T'es en train d'accoucher ? Demanda Chase d'une voix aigüe et affolée.
-Mais non ! J'en ai encore pour trois mois, crétin ! Allez, Bella, sors de là !
-Bella ? S'écrièrent ses collègues.
-Oui, bon, je vais prendre la prochaine sortie pour laisser cette demoiselle sur le trottoir, David tu peux la prendre ?
-Oui.
-Standby pour le moment, déclara Lynda en appuyant sur un bouton avant de se tourner vers la jeune fille, putain, Bella ! Que fais-tu ici ?
-J'ai entendu que vous alliez agir, répondit-elle en passant entre les sièges pour s'installer sur le fauteuil passager et s'attacher, je veux vous aider à retrouver Edward et Aaron !
-C'est très courageux de ta part, mais incroyablement stupide ! Dis-moi ce qu'une gamine de ton âge, sans défense, sans arme, pourrait faire face à des hommes de la secte ? Alors, réponds ! Qu'aurais-tu fais face à ce James si Chase n'avait pas été là ?
Bella ne répondit pas, mais des larmes coulèrent le long de ses joues alors qu'elle serrait ses poings. Lynda soupira, elle comprenait ce que ressentait la jeune fille, mais là, elle se mettait en danger.
-Ca va aller, ma belle, murmura-t-elle en lui tendant un mouchoir, on va le retrouver ton prince charmant, je te le promets.
-Laisse-moi t'aider, supplia Bella.
-J'aimerais et je te promets que je ferais appel à toi si… Qu'est-ce qui se passe ? »
Lynda détourna son attention de sur Bella lorsqu'elle vit que la sortie qui leur faisait emprunter un tunnel était bouchée. La jeune femme demanda l'appui de ses collègues. Carla lui répondit qu'un camion était tombé en panne dans le tunnel, bloquant ainsi une des trois voies et ralentissant par la même occasion la circulation. Lynda pesta quand elle se rendit compte qu'elle était sur la mauvaise voie. La jeune femme mit son clignotant et attendit qu'un véhicule la laisse s'engager sur l'autre voie, ce que fit une camionnette blanche. Lynda fronça les sourcils quand elle remarqua que le véhicule était proche de son cabriolet. Elle n'aimait pas du tout ce qui était en train de se passer, son instinct lui criait de sortir au plus vite du tunnel !
L'agent du FBI chercha à changer une nouvelle fois de voie, mais la circulation était trop dense. La voiture blanche qui se trouvait devant elle réussit à doubler et elle se retrouva derrière un camion. Lynda fronça les sourcils quand elle vit que la berline blanche, qui se trouvait quelques secondes plus tôt devant elle, stagnait maintenant sur la voie à gauche, l'empêchant ainsi de doubler. Bella poussa un petit cri pendant que ses mains à elle se crispèrent sur le volant, la porte arrière du camion s'abaissa pour finalement toucher le sol, on aurait dit une gueule béante prête à les avaler. Lynda lança l'alerte au moment où la camionnette blanche percuta l'arrière de son cabriolet. La jeune femme appuya de toutes ses forces sur la pédale du frein, mais la camionnette était plus puissante et elle poussa sa voiture rouge dans le camion. Aussitôt, la porte du camion se referma. Lynda pesta quand elle se rendit compte que la communication avec son équipe était coupée.
« -Reste dans la voiture ! Ordonna Lynda à Bella en sortant son arme. Enferme-toi dès que je suis sortie ! »
Bella semblait terrorisée, mais elle retrouva rapidement ses esprits et acquiesça. Lynda lui fit un sourire encourageant avant d'attraper une lampe torche et d'ôter le cran de sécurité de son revolver. Elle sortit.
Bella savait que Lynda était furieuse. La tête basse elle s'était glissée entre les deux sièges pour s'asseoir à l'avant. La jeune fille attacha sa ceinture en écoutant les réprimandes de son amie. Elle savait que ce qu'elle venait de faire était stupide, mais elle en avait assez de rester enfermée à ne rien faire ! Sa colère explosa en des larmes de frustration. Lynda se radoucit et lui tendit un mouchoir en papier. La jeune fille essuya ses larmes quand soudain la colère fut remplacée par l'adrénaline. Le changement de comportement de son amie l'alerta, elle était sur ses gardes. Un cri lui échappa quand elle vit la porte arrière d'un camion s'abaisser. La seconde suivante, une camionnette les percuta violemment pour les pousser à l'intérieur. Avant que Lynda n'ai pu enclencher la marche arrière, la porte arrière se referma, les emprisonnant. Son amie sortit son arme et lui demanda de ne pas bouger. Bella lui obéit et s'enferma dans le cabriolet. Elle se retourna sur son siège pour suivre du regard la progression de l'agent. Lynda était en train d'examiner la porte arrière pour tenter de trouver un moyen de l'ouvrir, mais soudain Lynda balaya le haut du camion avec sa torche. Bella laissa échapper un cri d'effroi lorsqu'elle vit des volutes de fumée. Lynda revint vers elle, mais la jeune femme n'arrêtait pas de tousser, elle avait couvert sa bouche, cependant, elle ne tenait pas vraiment sur ses jambes.
Bella inspira profondément et bloqua sa respiration avant de sortir du véhicule qu'elle contourna pour aider Lynda à se relever. Elle l'aida à entrer dans la voiture et s'autorisa à respirer lorsqu'elles furent enfin enfermées. Lynda retrouva rapidement ses esprits. Elle lui demanda de s'asseoir correctement sur sa place et de s'attacher. Bella lui obéit. Lynda redémarra sa voiture et enclencha la marche arrière, les pneus crissèrent alors qu'elle accélérait tout en retenant le cabriolet en appuyant sur le frein, soudain, elle le relâcha et l'arrière de la voiture percuta la porte de la camion. Cette dernière s'entrouvrit quelque peu. Tout en toussant, Lynda passa la première pour avancer au maximum pour prendre le plus d'élan possible. L'agent du FBI enclencha la marche arrière. Bella toussa. Le gaz réussissait à s'infiltrer dans la voiture ! Soudain, elle n'entendit plus le moteur du cabriolet rugir. Lynda avait perdu connaissance ! La jeune fille glissa son pied gauche vers les pédales pour appuyer sur l'accélérateur et l'une de ses mains se posa sur le frein à main pour le débloquer. A chaque respiration, elle sentait quelque chose s'insinuer en elle brûlant et picotant sa gorge. Elle réunit ses forces, mais avant d'avoir pu agir, les ténèbres l'envahirent.
David était fou de rage et d'inquiétude ! Cette idée était stupide et suicidaire, la preuve ils venaient de perdre le contact avec le cabriolet ! Il klaxonna comme un malade, mit en marche la sirène et les lumières bleu et rouge, mais rien n'y fit, il ne pouvait pas avancer ! Il tenta de contacter Chase, mais ce dernier ne répondait pas, pas plus que Lynda ! L'agent du FBI sortit précipitamment de sa voiture, arme au poing et courut vers le tunnel.
« -Ryan ! Clara ! Dites-moi que vous les voyez !
-Elles sont bloquées dans le tunnel sur la deuxième file, lui annonça Carla.
Les propos de son agent auraient dû le rassurer, mais ce n'était pas le cas. Où était donc passé Chase ? Il avait pris une moto au cas où justement, lui, il serait coincé par la circulation. L'agent Green ne ralentit pas sa course quand il vit le cabriolet rouge.
-Où est Chase ? Hurla-t-il dans son micro.
-J'arrive ! L'informa celui-ci dans son oreillette.
Il entendit un bruit de moto et la seconde suivante, son collègue était descendu et le rejoignait tout en observant les alentours. David tapa à la vitre du cabriolet qui s'abaissa.
-Tu ne peux pas répondre quand je t'appelle ? Hurla-t-il avant de blanchir.
-Pardon ? Murmura une jeune femme qui poussa un cri d'effroi en voyant son arme.
-Du calme, Madame, FBI, déclara David en sortant sa plaque.
-Putain ! Mais où sont-elles ? S'écria Chase qui commençait à courir entre les voitures s'attirant un concert de klaxon. Je les vois pas !
-Clara ! Ryan ! Je croyais que vous ne les quittiez pas des yeux ? Interrogea David.
-Vous êtes dans un angle mort de la caméra, répondit Ryan, mais je peux vous assurer que l'on n'a pas perdu de vue l'arrière droit de la voiture.
-C'est tout ce que vous voyiez ? Grogna David.
-Oui, avoua le plus jeune des agents.
-Attendez, il y a eu des parasites pendant quelques secondes on a perdu l'image, mais vu la circulation, c'est impossible que la voiture ait disparu de la sorte en si peu de temps, expliqua Carla.
-Dites aux autres équipes de nous rejoindre, on bloque le tunnel et emmenez la fille avec le cabriolet pour interrogatoire ! Ordonna David avant de ranger son arme et de rejoindre Chase. Clara a raison, elles n'ont pas pu disparaître en quelques secondes et cette voiture n'est pas celle de Lynda même si elle y ressemble.
-Peut-être qu'elles ont été enlevées avant leur entrée dans le tunnel ? Proposa Chase.
-Non, j'avais un visuel. Y'a-t-il une issue de secours en cas d'incendie ?
-Oui, mais jamais une voiture n'aurait pu y passer, contra son collègue.
David observa les alentours avant que son regard ne se pose sur le camion qui était en panne sur la dernière voie, celui-ci était en train d'être remorqué. Il se précipita vers eux, sa carte à la main, sa main posée sur son arme toujours dans son étui et Chase sur ses pas.
-FBI ! Cria l'agent Green. Descendez de ce véhicule !
Un brin étonnés, les hommes lui obéirent pourtant et descendirent sur le bord de la route. David les observait avec attention, à première vue, ils paraissaient vraiment perplexes.
-Ouvrez les portes du camion ! Ordonna Chase qui avait suivi son raisonnement.
David ne put retenir un cri de rage quand il vit les piles de cartons bien ordonnées. Il attrapa son talkie-walkie pendant que Chase grimpait sur les cartons pour voir s'ils ne dissimulaient rien.
-Avez-vous arrêtez un camion ou un véhicule suspect ? Demanda-t-il aux agents qui se trouvaient à la sortie du tunnel.
-On a arrêté deux camions, mais rien, annonça l'agent qui lui répondit.
David jura avant de demander un appui aérien. Il venait de couper la communication au moment où Chase sautait du rebord du camion.
-C'est bon les gars, dit son agent aux hommes, vous pouvez remorquer le camion hors du tunnel. Vous n'auriez pas vu un cabriolet rouge avec deux jeunes femmes à l'intérieur ?
-Y'en a un qui est passé, je crois, murmura l'un des hommes, enfin, j'en suis pas certain, on se concentrait plutôt sur le remorquage.
-Très bien, laissez-nous vos noms et vos coordonnées, demanda Chase en faisant signe à un groupe d'agents qui venaient de les rejoindre.
-Prenez les dépositions de tous les conducteurs qui sont dans le tunnel ! Ordonna David aux nouveaux arrivants. Quelqu'un a bien vu quelque chose ! »
L'agent Green passa une main nerveuse sur son visage. Les premiers résultats tombaient et personne n'avait rien vu ou entendu ! C'était impossible ! Une voiture ne disparaissait pas aussi facilement ! Il avait demandé à Carla d'activer le traceur qu'ils avaient placé sur Lynda et ce dernier situait la jeune femme dans le tunnel, hors, elle n'y était pas ! Il était prêt à faire retourner tout le tunnel, mais les autorités municipales ne l'entendaient pas de cette oreille, ils étaient en train de créer un embouteillage monstre dans Seattle. Chase ne tarda pas à la rejoindre, il avait emprunté l'issue de secours avec un groupe et ils venaient de retrouver les sacs de Lynda et de Bella. Dans celui de sa collègue, il trouva tous ses bijoux, y compris son alliance, ils avaient vraiment pris toutes leurs précautions pour qu'ils ne les suivent pas ! David ordonna un repli et monta dans sa voiture, Chase pris le volant pendant que lui organisait des barrages routiers à la sortie de la ville. Mais seraient-ils assez nombreux ? De plus, le temps jouait toujours contre eux !
Le soleil se couchait quand il se réveilla à nouveau. Edward fut étonné de voir qu'ils ne se trouvaient plus en forêt, mais sur un grand axe routier où ils roulaient à vive allure. Le jeune homme tourna la tête et vit qu'Aaron était toujours endormi. Il se tourna vers la fenêtre pour tenter d'apercevoir un panneau qui lui indiquerait où ils se trouvaient. Edward sursauta en voyant un panneau annoncer plus que 50 kilomètres avant San Francisco ! Il était bien plus loin de chez lui qu'il ne le croyait ! Sa main se posa sur celle d'Aaron souhaitant le réveiller pour lui faire partager son angoisse. Son ami bougea légèrement et ouvrit péniblement un œil. Cependant avant qu'il n'ait pu faire quoi que ce soit, Alec qui était assis avec eux lui fit signe de ne pas bouger.
« -Bien dormit la Belle au bois dormant ? Railla-t-il.
Il ne répondit pas, que pouvait-il répondre sans déclencher une bagarre ? Alec se pencha et sortit deux cagoules d'un sac.
-Enfile ça à ton ami et mets l'autre. »
Edward obéit. Aaron eut un mouvement de recul quand il voulut la lui enfiler, mais il se laissa finalement faire quand il le reconnut. Edward déroula ensuite le dernier vêtement sur sa tête et il se retrouva dans le noir. Le véhicule perdit sensiblement de l'allure et il sut qu'ils avaient changé de voie de circulation, ils se retrouvaient à nouveau sur un chemin de terre. Ils roulèrent pendant encore un long moment, sûrement une heure, avant que le véhicule ne s'arrête. Ils ne bougèrent pas, attendant les consignes de leurs ravisseurs. Finalement, Alec leur dit qu'ils pouvaient retirer leurs cagoules et ils descendirent du tout-terrain. Edward se tint au véhicule, ses jambes étaient engourdies par le long trajet. Aaron se tenait à ses côtés et il put voir son air étonné quand on les laissa seuls.
« -Nous sommes dans un de leurs camps, lui expliqua-t-il en reconnaissant les lieux, il y a des gardes et des caméras de surveillance partout rendant toute fuite impossible.
Aaron hocha discrètement la tête tout en observant avec attention les alentours, cherchant sûrement une faille. Edward aperçut alors un groupe de fidèles s'approcher avec un peu de crainte d'eux, leurs regards pesaient sur lui et il n'eut qu'une envie : fuir.
-Viens, demanda le jeune homme à son mentor.
Il l'entraîna vers une maison qui se trouvait au centre du petit village. Ils réussirent à franchir le porche avant que les fidèles ne les rattrapent, mais la voix d'Aro les figea.
-Mon Ange, où vas-tu d'un pas si pressé ?
-Pardonnez-moi, Père, mais le voyage a été long, tenta de se justifier Edward.
-Prends au moins le temps de saluer tes fidèles, Anthony. »
Le jeune homme réprima un soupir et s'avança vers le Grand Maître qui passa une main dans son dos pour l'entraîner au milieu des fidèles qui s'agenouillèrent face à lui et baisèrent ses pieds. Edward n'avait qu'une envie leur hurler la vérité au visage, qu'il n'avait rien de divin, qu'il n'était qu'un enfant enlevé à sa famille aimante pour satisfaire les caprices de vieux fous ! Aro était en train de proposer un rituel pour la soirée quand son attention fut attirée par l'arrivée d'un Hummer noir. Il fut un peu surpris quand il vit le Grand Maître congédier tous les fidèles comme s'il ne souhaitait pas qu'ils assistent à ce qui allait suivre. Du coin de l'œil, il vit que deux gardes à la carrure massive se postèrent de part et d'autre d'Aaron. Son mentor avait remarqué leur manège et s'était lui aussi tendu. Le jeune homme sentit son sang se glacer dans ses veines quand il vit Démétri descendre du véhicule en portant une jeune fille inconsciente aux longs cheveux bruns, Félix sortit à son tour et attrapa un autre corps.
« -Bella ! S'écria-t-il en ignorant toute prudence pour courir vers sa petite-amie.
-Du calme, Roméo, lui lança Alec qui le ceintura.
-Dégage ! Grogna Edward en lui décochant un coup de coude dans l'estomac et en reprenant sa course.
-Anthony ! L'appela Aro dont la voix démontrait qu'il réprimait son comportement.
-Lâche-la ! Ordonna-t-il à Démétri en souhaitant prendre sa petite-amie.
-Il suffit Anthony ! S'énerva le Grand Maître qui l'avait rejoint. Qu'est-ce que cela signifie ?
-Qui sont ces femmes ? Questionna Marcus qui venaient de les rejoindre.
Edward tourna la tête pour voir Félix porter Lynda qui était elle aussi endormie. Un cri de rage s'échappa de la gorge de son mentor qui se débattait des mains de ses geôliers, mais ils étaient plus fort que lui. Lorsqu'il vit Aaron pâlir, il suivit son regard, William Bentley venait de poser ses mains sur le ventre arrondi de Lynda.
-Ne la touche pas ! Espèce de salaud ! Ote tes mains de sur ma femme et mon enfant ! Cria Aaron avant de recevoir un violent coup dans le ventre qui le fit taire.
-Qu'est-ce que cela signifie ? S'impatienta Aro.
-Je suis navré, je n'ai pas eu le temps de vous avertir, annonça Caïus en prenant une mine contrite, William a appris qu'il allait être grand-père et vous comprenez sa déception de savoir que son petit-fils allait grandir parmi les impurs.
-Maîtres, intervint William en s'agenouillant, à ma plus grande honte, je n'ai pas pu maintenir mon fils dans la voie de la lumière, permettez-moi de réparer mon erreur en faisant de mon petit-fils un parfait disciple d'Orion.
-Je comprends ton désir et ta sincérité me touche, avoua le Grand Maître, ta famille est la bienvenue parmi nous. Cependant, qui est cette jeune fille ? Tu sembles la connaître Anthony ?
Edward se tourna vers Aro. Que devait-il lui répondre ? Qu'elle était sa petite-amie ? Il n'était pas certain que le Grand Maître apprécie sa réponse.
-Je crois savoir qu'il s'agit de la petite-amie de ce cher Anthony, répondit Caïus avec un plaisir malsain, il n'était pas prévu qu'elle nous rejoigne, James et Laurent devait lui régler son compte, mais il semblerait que le Destin nous offre une chance de réparer leur erreur.
-Non ! Maître, Père, je vous en supplie, ne lui faites pas de mal ! Supplia Edward. Pitié, tout mais pas elle…
-Que signifie ce comportement ? Demanda Aro d'une voix dangereusement calme. Comment as-tu pu t'amouracher d'une impure ?
-Aro, mon frère, intervint Marcus, tu ne peux pas en vouloir à Anthony, il s'est retrouvé dans un monde inconnu entouré d'étrangers, il est normal qu'il se soit lié d'amitié avec certains. Je pense que la présence de cette jeune fille parmi nous n'est pas une mauvaise chose, elle pourrait être une recrue intéressante et je crois qu'Anthony saura montrer sa gratitude, n'est-ce pas ?
-Oui, s'empressa de répondre le jeune homme.
-Tu sais très bien quels sont nos projets pour Anthony, nous avons déjà choisi sa compagne ! »
Malgré le fait que le Grand Maître ait murmuré ces propos, Edward les entendit et frissonna. Il se moquait de son avenir, mais si Aro ne prenait pas la défense de Bella cela signifierait qu'il laisserait carte blanche à Caïus. Une plainte de frayeur lui échappa quand il vit le regard meurtrier que porta Caïus sur sa douce…
Esmé s'éveilla doucement. La fatigue avait finalement réussi à vaincre sa résistance et elle s'était endormie entourée de ses garçons. Elle se redressa dans son fauteuil et Emmett lui sourit avant de se replonger dans la liste des noms de leur connaissance. Esmé massa ses tempes douloureuses, pourquoi n'arrivait-elle pas à trouver ces fichus noms ? Elle avait besoin de calme pour réfléchir, mais comment pourrait-elle être calme alors que son tout petit avait à nouveau disparu ! Qu'est-ce que ces monstres allaient lui faire ? Elle ne cessait de penser à son bébé, à son Edward. Elle retint difficilement un sanglot et Alice vint aussitôt s'asseoir à ses côtés pour passer un bras réconfortant autour de ses épaules. Jasper et Rosalie les rejoignirent, les deux blonds portaient des gobelets de café ou de thé qu'ils leur distribuèrent.
« -On n'a pas trouvé Bella, leur apprit Rosalie.
-Bella ? Demanda Esmé confuse.
-Oui, elle était partie chercher des boissons, mais ça va faire une demi-heure, lui expliqua Alice.
-Vous avez essayé son portable ? Questionna Emmett.
-Elle ne répond pas, répondit Jasper en passant une main dans ses cheveux.
-Où sont Lynda et les autres ? Interrogea-t-elle en observant la pièce pratiquement vide.
-Je crois qu'ils sont allés suivre une piste, murmura Emmett.
-Bella est peut-être avec Lynda, proposa Esmé, après tout, ça m'étonnerait que Chris l'ait laissé sortir de l'Hôpital.
-Tu as sûrement raison, approuva Rose, elles sont peut-être en train de discuter tranquillement dans un coin.
-Je vais quand même faire un tour pour voir si je les vois, annonça Jasper.
-Je t'accompagne, annonça Emmett, faut que je bouge.
Ses fils s'approchèrent d'elle pour déposer un baiser sur ses joues avant de se diriger vers la porte qui s'ouvrit sur Chris.
-Vous n'auriez pas vu Bella ? Lui demanda-t-elle.
-Bella ? Il me semble l'avoir aperçu se diriger vers Lynda tout à l'heure, se rappela le jeune médecin. Vous avez eu des nouvelles de…
Le Docteur Matthews ne put terminer sa phrase, une alarme résonna à l'étage et ils entendirent des pas de course dans le couloir. A force d'aller rendre visite à Carlisle, Esmé était habituée à voir les infirmières et les médecins se précipiter ainsi auprès d'un patient dont l'état était précaire. Chris s'approcha de la porte qui s'ouvrit brutalement sur une infirmière.
-Docteur Matthews ! Venez c'est votre patient !
-Mon patient ?
-Le Docteur Cullen ! »
Tout en criant ces trois mots, l'infirmière tourna les talons pour partir en direction de la chambre de son mari. Chris lui emboîta le pas et ils voulurent suivre, mais ils furent stoppés au bout du couloir par des aides-soignants plutôt costauds qui tentèrent de les calmer en leur rappelant que leur présence ne ferait que gêner le personnel soignant. Esmé s'agrippa fermement aux bras musclés de son aîné. Quand se cauchemar se terminerait-il ? Quand pourrait-elle enfin ramener sa famille saine et sauve dans leur demeure ? Elle n'en pouvait plus…
