Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.
Comme d'habitude : un immense MERCI pour toutes vos reviews et votre soutien ! Merci ! ^_^ Merci de faire exploser ma boîte mail !
Pour les anonymes :
Sabrinabella : Voilà la suite, j'espère qu'elle te plaira ! Merci beaucoup pour ta review ! Bonne semaine et à bientôt !
Alicee : Merci, je suis heureuse que ma fic te plaise, il doit rester environ 5 ou 6 chapitres, je pense, mais j'écris au fur et à mesure donc tout dépend de mon inspiration. Merci beaucoup pour ta review ! Bonne semaine et à bientôt.
Chou : Oui, je sais que je suis pas sympa, mais je vais essayer de me rattraper avec ce chapitre. Merci beaucoup pour toutes tes reviews ! Elles me font très plaisir ! Passe de bonnes vacances et je prierai pour mon salut à ton retour ! A bientôt !
Altha : Promis ! J'essaie de me rattraper avec ce chapitre où le suspens diminue quelque peu, j'espère que ton cœur appréciera ! Merci beaucoup pour ta review ! Merci ! Bonne semaine et à bientôt !
Melody : Merci beaucoup pour ta review ! Merci ! J'espère que la suite te plaira ! Bonne semaine et à bientôt !
Beatrice : Merci beaucoup ! ^_^ La réponse a ta question dans le chapitre qui arrive ! Encore merci pour ta review ! Bonne semaine et à bientôt !
Marion : Merci beaucoup pour ta review ! J'espère que la suite te plaira ! Bonne semaine et à bientôt ! Bises.
Charlene : Merci pour ta review ! Je sais, je suis sadique, mais j'essaie de me soigner, lol. La réponse à certaines de tes questions dans le chapitre qui arrive ! Encore un immense merci pour ta review ! Bonne semaine et à bientôt !
Ilonka : Merci beaucoup pour ta review ! J'espère que la suite te plaise ! Bonne semaine et à bientôt !
Tounimiss : Merci beaucoup pour ta review ! Je suis heureuse que ma fic te plaise toujours. Toutes les réponses à tes questions dans ce chapitre qui je l'espère te plaira ! Bonne semaine et à bientôt !
Lolilol : J'espère que tu vas bien ? En tout cas, je suis heureuse que le chapitre t'ait plu ! Merci beaucoup pour ta review ! Bonne semaine et à bientôt !
Angeoudemon50393 : Merci beaucoup ! J'espère que la suite te plaira ! Bonne semaine et à bientôt !
PatiewSnow : Merci beaucoup, je suis heureuse que mon histoire te plaise ! Je peux comprendre ta crainte de lire la suite, prends ton temps, je ne trouve pas ça bête, je fais parfois pareil quand des histoires me prennent trop à cœur. En tout cas, merci pour ta review et pour tes compliments ! Bonne semaine et à bientôt !
Angelik : Ca va, merci, et toi ? Je suis heureuse que ce chapitre t'ait plu, merci beaucoup pour ta review ! Merci ! J'espère que mes autres fics te plairont. Encore merci et à bientôt ! Bonne semaine ! Bises.
Mlanie : Merci beaucoup pour ta review ! Voilà la suite, j'espère qu'elle te plaira ! Bonne semaine et à bientôt !
Sur ce :
Bonne lecture !
Chapitre 38 : Se retrouver, se perdre…
Lynda ouvrit péniblement les yeux quand elle sentit de l'eau couler sur son visage. Elle eut un instant de panique, ne sachant pas où elle se trouvait. Tout à coup, les derniers évènements lui revinrent en mémoire. La jeune femme réunit toutes ses forces pour se relever. Elle tremblait de froid à cause de ses vêtements humides, mais aussi à cause de la douleur qui avait envahi tout son être. Ses mains se crispèrent sur son ventre quand une violente douleur traversa à nouveau son dos pour terminer sa course dans son ventre, ce dernier était dur et elle commençait à craindre le pire. Etait-ce des contractions ? Elle l'ignorait, mais elle pria pour que ce ne soit pas le cas, elle n'était qu'à son septième mois et surtout elle se trouvait en pleine forêt ! Lynda devait trouver au plus vite de l'aide pour Edward, pour son mari et aussi pour son bébé !
Tout en serrant les dents, elle commença à avancer lentement, se soutenant à tout ce qui se trouvait à sa portée. La jeune femme ignorait combien de temps elle était restée inconsciente, mais le ciel s'était obscurci, cependant, cela était peut-être dû à l'orage. Elle sursauta en entendant un coup de tonnerre suivit d'un éclair, elle devait trouver un abri ! Néanmoins, elle décida que c'était secondaire, elle devait surtout chercher de l'aide! Ses vêtements trempés collaient à son corps, ses cheveux se plaquaient sur son visage l'empêchant de bien y voir. A bout de nerf, elle attrapa violemment le bas de son chemisier qu'elle déchira, elle prit le bout de tissu et attacha avec ses longs cheveux bruns. Elle les couperait ! Oui, elle les couperait et peu importe qu'Aaron râle ! Aaron… Elle réprima un sanglot. Etait-il vivant ? Allait-il bien ? Et Edward ? Elle espérait de tout son cœur que les gourous ne leur avaient pas fait du mal.
Lynda ignorait depuis combien de temps elle marchait, mais la douleur et la fatigue commençaient à anéantir sa volonté. Elle n'en pouvait plus. Alors qu'elle allait abandonner, elle vit enfin un peu de lueur au milieu des ténèbres dans lesquelles elle se trouvait ! La forêt s'éclaircissait enfin et cela ne pouvait signifier qu'une seule chose, un retour à la civilisation. A travers les torrents d'eau, il lui sembla apercevoir une route et une sorte d'établissement. Réunissant ses forces, elle s'avança vers cette lueur d'espoir. Arrivée au bord de la route, elle fut soulagée de voir de la lumière dans l'établissement qui était en fait une sorte de relais routier. Elle traversa le bitume humide avant que ses pieds ne foulent le parking boueux qui se trouvait devant le restaurant. Alors qu'elle allait grimper les premières marches, ses forces l'abandonnèrent, elle s'écroula inconsciente.
L'agent Green donna un violent coup de pied dans l'arbre qui se tenait près de lui. L'hélicoptère avait fini par repérer le village de la secte, ils s'étaient dépêchés de s'y rendre pour trouver ce dernier désert. Apparemment, les adeptes avaient fui à la dernière minute, laissant derrière eux leurs affaires que Ryan fouillait avec l'aide d'une équipe pour tenter de trouver le moindre indice. Chase était parti en forêt avec un autre groupe suivant plus ou moins les indications que Bella leur avait donné pour tenter de retrouver les disparus. Il venait juste de recevoir des nouvelles de Chase, ils avaient trouvé le fameux pont ! Ils avaient ensuite suivi une piste jusqu'à une clairière où apparemment de nombreux coups de feu avaient été échangés. Chase l'avait informé qu'ils avaient trouvé une grande quantité de sang derrière des rochers. D'après son collègue, c'était la position idéale pour tendre une embuscade. Aaron avait dû se poster là pour laisser une chance à Edward et à Lynda de s'enfuir, leur fuite avait dû être ralenti par la grossesse de la jeune femme, il était d'ailleurs étonné qu'elle ait pu parcourir une aussi grande distance !
« -Des nouvelles ?
La question de Ryan le sortit de ses obscures pensées.
-Chase a trouvé le pont et une clairière où des coups de feu auraient été échangés.
-Ils… Sont-ils ?
-Non, ils n'ont trouvé aucun corps, seulement une grande quantité de sang. Et toi, tu as découvert quelque chose ?
-Rien, les documents importants ont été emportés, cependant, je serais d'avis de faire établir des barrages routier sur 50 km environ pour interpeller toutes les personnes se déplaçant en groupe ou au comportement étrange, nous n'attraperons peut-être pas les gourous, mais les adeptes sont partis rapidement et ils sont moins bien discrets. Ils risquent d'être nerveux face à une présence policière et si nous en attrapons quelques-uns nous pourrons peut-être récolter des informations.
-Excellente idée, demande à Carla de tout organiser.
Ryan fit quelques pas et décrocha son téléphone pour joindre sa collègue pour qu'elle organise tout. Au même instant, son talkie grésilla.
-David ? Appela la voix de Chase.
-Oui, répondit-il.
-On va avoir besoin de la scientifique, lui annonça son collègue d'une voix tremblante. On vient de trouver une fosse avec plusieurs cadavres.
-As-tu… Y'a-t-il quelqu'un que nous connaissons ?
-Je ne sais pas, il faut que l'on creuse, il y en a plusieurs, mais David si comme je le pense c'est son sang derrière les rochers…
-Je te rejoints avec la scientifique, l'informa-t-il.
David allait appeler ses collègues quand il vit l'extrême pâleur de Ryan.
-Tant que nous n'avons pas la preuve qu'ils sont morts, nous devons espérer, lui ordonna David. Ils sont vivants, Ryan !
-Vous pensez qu'il est mort, ne le niez pas, je le sais.
-Peut-être, reconnut l'agent Green, mais Lynda et son enfant sont encore perdus dans cette forêt, tout comme Edward et notre devoir est de les retrouver ! C'est compris ?
-Oui, on va les retrouver ! »
David donna une tape amicale dans le dos de leur plus jeune recrue avant d'aller chercher une équipe de la scientifique qui travaillait dans une des petites maisons. Ils s'avancèrent dans les bois au moment où l'orage redoubla d'intensité. Ils se dépêchèrent de rejoindre Chase avant que l'eau et la violence du vent n'effacent toutes les preuves.
Une fois sur place, il resta auprès de Chase, croisant les doigts avec lui pour qu'Aaron ne se trouve pas dans cette fosse commune improvisée. Une once de fierté l'envahit tout de même quand il se rendit compte du nombre d'adeptes tués, Aaron s'était battu jusqu'à la dernière minute !
Des agents de la brigade cynophile les rejoignirent, ils avaient perdu les traces d'Edward et de Lynda au niveau de la rivière. David espérait qu'ils avaient réussi à s'enfuir. Cependant, il devenait urgent de les retrouver. Ils devaient être trempés et épuisés, ils risquaient l'hypothermie, c'était grave et sûrement mortel pour le bébé qu'attendait Lynda. David tressaillit quand le chef des scientifiques l'appela d'un ton alarmant. L'homme leur apprit que les corps n'étaient guères identifiables, ils avaient été recouvert d'une bonne dose de chaux, des examens complémentaires, qui ne pouvaient être réalisés qu'en laboratoire, devraient être effectués pour identifier les victimes. Cependant, le scientifique avait trouvé quelque chose. Il tendit le sachet transparent à David qui reconnut sans difficulté l'objet. Lynda avait instauré une règle dans leur service, chaque année, à Noël, ils devaient piocher dans un chapeau le nom d'un collègue et lui offrir un cadeau lors du petit repas qu'ils organisaient entre eux. Cette année, il avait tiré le nom d'Aaron, il lui avait offert une montre, la même montre qu'il tenait entre ses mains…
Lynda bondit aussi vite qu'elle le put sur ses pieds quand elle sentit un linge humide caresser son visage. Aussitôt, ses jambes flageolèrent et une poigne ferme, mais douce, la rattrapa et elle se retrouva assise sur une banquette. La jeune femme observa les alentours tout en se rappelant qu'elle s'était écroulée face à un restaurant qui se trouvait au bord d'une route. Une femme d'une cinquantaine d'années la couvait du regard, elle paraissait à l'étroit dans son uniforme de serveuse, ses cheveux roux et bouclés étaient ramenés à un chignon sous sa petite coiffe à l'enseigne du restaurant.
« -Tout va bien, ma belle, la rassura-t-elle. Je m'appelle Margaret et toi mon chou ?
-Lynda, répondit-elle d'une voix rauque.
-Ne parle pas ma chérie, tu es faible et malheureusement il n'y a pas de docteur dans le coin. As-tu des contractions ? Souffres-tu ? Lui demanda la serveuse tout en la forçant à allonger ses jambes sur la banquette. Crois-moi, il vaut mieux que tu ais les jambes surélevées au cas où. Tony, alors, elle vient cette couverture ?
-C'est bon, c'est bon, j'arrive ! Grogna un cuisinier qui lui sembla tout aussi caricatural que la serveuse avec son ventre bedonnant et son tee-shirt trop court. Tiens.
Margaret s'approcha d'elle et l'enveloppa dans la couverture, Lynda la remercia d'un signe de tête.
-Maintenant, ma jolie, tu vas me dire ce qu'une femme enceinte fait dehors par un temps pareil et sans chaussures.
Lynda regarda ses pieds et fut étonnée de les voir déchaussés, elle se rappela alors avoir perdu les ballerines que les adeptes lui avaient donné lors de sa traversée de la rivière.
-Auriez-vous un téléphone ? Demanda-t-elle.
-Oui, mon chou, mais la ligne est coupée à cause de l'orage.
-Une voiture ? Espéra Lynda.
-Encore désolée, mon cœur, mais la vieille guimbarde de Tony a rendu l'âme, ça le dérange pas comme il habite au-dessus et moi c'est mon fils qui vient me chercher, mais il ne passera pas avant plusieurs heures. Alors, mon chou, que t'est-il arrivé ?
-Je… Je suis tombée en panne sur la route et j'ai… j'ai marché jusqu'ici, mentit Lynda en réprimant un frisson, malgré la couverture, elle était toujours transie de froid.
-Bien sûr, murmura Margaret qui observait ses vêtements déchirés et ses bleus, elle ne croyait pas en son mensonge, mais elle n'en dit rien. Tony ! Prépare donc un chocolat chaud pour la petite et une assiette de crêpes.
-Et elle a de quoi payer ? Marmonna Tony qui paraissait être le patron de l'établissement.
-Je suis désolée, je n'ai rien, avoua Lynda, mais ça va, ne vous inquiétez pas, Madame, assura-t-elle à la serveuse.
-C'est Margaret, mon chou, rectifia-t-elle avec un sourire avant de se tourner vers le cuistot un air moins aimable peint sur son visage, dépêche-toi de préparer quelque chose pour la petite ou je te jure que je te colle mon pied dans ton gros arrière train ! Que dirais-tu si nous allions jusqu'aux toilettes pour te nettoyer un peu ?
Lynda acquiesça, elle prit appui sur ses mains pour se lever, mais elle retomba lourdement sur la banquette, elle n'avait plus aucune force, en plus, la douleur lancinante dans son dos revenait.
-Rassure-moi, ma chérie, demanda Margaret, tu es sûre de ne pas avoir de contractions ?
-Je sais pas, avoua Lynda qui n'arriva plus à retenir ses larmes, je… je suis désolée.
-Ne le soit pas, mon chou, c'est ton premier ?
La jeune femme ne put répondre tant ses sanglots étaient importants, elle tenta de se calmer, mais cela lui était impossible ! Elle avait sûrement perdu son mari, elle avait abandonné Edward et elle allait perdre son bébé !
-Du calme, ma belle, la rassura Margaret en s'asseyant à ses côtés pour caresser son dos en un geste apaisant, tout va bien se passer. Tu n'as pas perdu les eaux ?
-Non… Non… Je crois pas.
-Bien, c'est peut-être simplement la fatigue et le froid, supposa la serveuse.
-Mange, gamine, dit Tony en posant la boisson chaude et les crêpes devant elle, ça va te réchauffer.
-Mer… Merci…
-Tiens, souffla le cuisinier en poussant vers elle une pile de serviette en papier.
La jeune femme voulut le remercier, mais ses sanglots reprirent de plus belle, elle se saisit d'une serviette pour essuyer ses larmes et se moucher. Au bout de quelques minutes de paroles rassurantes, elle réussit à se calmer et à boire une gorgée de chocolat. La boisson sucrée apaisa sa soif et réchauffa son corps, elle se dépêcha de la terminer. Tony alla lui en préparer un autre pendant que Margaret l'obligeait à manger un peu. Comme on disait, la faim venait en mangeant, rapidement, l'assiette fut vide et elle but quelques gorgées du chocolat que venait de lui ramener Tony.
-Merci, murmura-t-elle.
Lynda se tourna vers la baie vitrée. Son regard se perdit sous la pluie diluvienne qui tombait sur la route, un coup de tonnerre la fit sursauter et Margaret posa une main rassurante sur son épaule. Aaron… Son mari… Elle essuya rapidement une larme. Comment leur vie avait-elle pu basculer ainsi ? Elle avait tout perdu. Tout… Elle avait promis à Edward de venir le chercher et que faisait-elle ? Elle était tranquillement assise dans un café en train de siroter un chocolat chaud !
-A combien de kilomètres se trouvent le poste de police ou la prochaine maison ?
-Tu ne ressortiras pas avec ce temps, mon chou, prévint Margaret, dans ton état ce serait de la folie !
-C'est vraiment important ! Il faut que je contacte des amis !
-Pourquoi j'ai l'impression que t'es pas tombée en panne avec ta voiture ? Maugréa Tony qui la fixait de ses yeux étonnement perçants.
-Je… »
Lynda se tut en entendant des moteurs vrombir, elle tourna la tête vers la baie vitrée pour voir passer plusieurs Chevrolet Tahoe ainsi que des vans flanqués du sigle du FBI ! Serrant les dents, elle se releva et sortit en titubant du café restaurant. Margaret et Tony tentèrent de la retenir à l'intérieur, mais elle les repoussa. La jeune femme ouvrit la porte et reçut une violente bourrasque de pluie dans le visage. Tout en luttant pour rester debout, elle dévala les marches en criant et en agitant les bras, mais elle n'apercevait que l'arrière du dernier tout-terrain. Un cri de désespoir lui échappa alors qu'elle tombait à genoux dans la boue. Elle entendit vaguement les pas précipités de Margaret et de Tony qui accouraient vers elle. La jeune femme releva la tête pour voir passer à vive allure un Hummer suivit d'une Mercedes. Soudain, la Mercedes pila dans un bruyant grincement de pneu avant d'entamer une marche arrière. Le Hummer stoppa aussi sa course et revint lui aussi sur ses pas. La portière avant de la Mercedes s'ouvrit et elle vit sortir Carlisle. Le médecin se dirigea péniblement vers elle. Esmé, quant à elle, avait bondi hors du véhicule et l'abritait déjà sous son parapluie.
« -Emmett ! Rattrape-les ! Ordonna Jasper à son frère qui avait baissé la vitre du Hummer.
L'énorme véhicule rugit avant de s'élancer à la poursuite des voitures du FBI.
-Il faut la rentrer, vite ! Commanda Carlisle pendant que son fils venait le soutenir. Alice, va chercher ma trousse et la couverture de survie !
Lynda sentit les mains d'Esmé, aidée de Margaret, la soulever sous les aisselles pendant que Tony se saisissait de ses jambes. Ils regagnèrent le restaurant où, malgré ses protestations, ils la déposèrent sur une table. Esmé retira sa veste et la roula en boule sur l'envers sec pour la glisser sous sa tête. Jasper attrapa un tabouret pour que Carlisle s'asseye près d'elle.
-Esmé, Alice, il faut lui ôter ces vêtements humides, demanda le médecin, on va l'enrouler dans une couverture puis dans celle de survie.
Tony et Jasper se détournèrent pour lui laisser un peu d'intimité. Lynda se laissa faire, elle n'avait plus la force de protester. Elle ressentit une légère pression sur son bras et tourna la tête pour croiser le regard inquiet de Carlisle.
-Ta tension est basse. Jasper, il faut appeler une ambulance.
-J'ai essayé de joindre l'agent Green, mais je n'ai pas de réseaux, lui apprit le jeune homme.
-Ok, as-tu mal quelque part ? Questionna le médecin.
-Vous les avez trouvé ? Dites-moi que vous avez trouvé Bella et Edward ? Supplia-t-elle.
-Bella est avec David, lui apprit Esmé, il avait des questions à lui poser. Et Edward…
Esmé n'avait pas besoin de terminer sa phrase, les larmes de la mère lui apprirent qu'ils n'avaient pas retrouvé le jeune homme. Elle allait poser une autre question quand des crissements de pneu attirèrent leur attention.
-Bon Dieu ! S'écria Chase en entrant. Tu es vivante !
-Tu vas bien ? Questionna David visiblement soucieux.
-Tu as mal quelque part ? Interrogea Ryan l'oreille collée à son téléphone. Oui, Carla, je la vois ! Envoie-nous une ambulance ! Oui, je te rappelle dès qu'elle a été examinée !
-David ! Cria Lynda pour se faire entendre. Il y a… Il y a une rivière à 5 km environ vers le…
-Je sais, nos chiens ont perdu ta trace et celle d'Edward à cet endroit, l'informa l'agent.
-Il était là !... Il était resté là…
Lynda serra les poings pendant que Carlisle palpait doucement son ventre, elle ignora le froncement de sourcils du médecin.
-Ils ont dû le rattraper, murmura David avant de se pencher vers elle, tu n'y es pour rien.
-Si ! Vous… Vous avez bien cherché, il s'est peut-être caché et avec la pluie…
-On a tout fouillé, assura Chase.
-Où…Où est Bella ? Demanda-t-elle d'une voix tremblante. Elle va bien ?
-Oui. Elle s'est endormie dans notre voiture, Emmett et Rosalie sont restés avec elle.
-Bon, ça suffit ! Gronda Carlisle. Vous allez tous vous mettre dans un coin à l'autre bout de la pièce et je ne veux plus vous entendre !
Tous sursautèrent face à l'éclat de voix du médecin et elle sentit la panique l'envahir, cela ne ressemblait pas à Carlisle !
-Vous bougez ou vous attendez qu'elle accouche devant vous ?
Sans attendre plus longtemps, ils partirent tous vers l'autre extrémité de la pièce sauf, Esmé, Margaret et Alice. Avec appréhension, elle vit Carlisle enfiler des gants en latex et faire glisser son tabouret au niveau de ses jambes. Il posa ses mains sur ses chevilles pour lui faire plier les jambes, elle résista.
-Qu'est-ce que tu fais ? S'écria-t-elle en serrant les jambes.
-Je veux t'examiner et surtout vérifier ton col, car vu ton état, tu as pu perdre les eaux sans t'en rendre compte.
-Non !
-Non ? Et comment peux-tu en être certaine ? Tu n'as pas des contractions ? Riposta le médecin.
-Et alors ? Je ne peux pas accoucher ! Je ne suis pas à terme !
-Super ! T'as plus qu'à en informer le bébé !
-La ferme, Cullen !
-Et toi ! Boucle-la ! Et écarte les jambes !
-Non ! Jamais je n'écarterai les jambes !
-Rassure-moi ! Tu sais comment se déroule un accouchement ?
-Vous croyez qu'on doit les interrompre ou c'est trop risqué ? Demanda Jasper.
-Je te conseille de m'obéir ou je demande à Chase et à Jasper de venir tenir tes jambes, menaça Carlisle.
Tout en soufflant, Lynda lui obéit. Alice recouvrit ses jambes avec une couverture pendant que le médecin jetait un coup d'œil à Esmé.
-10, annonça son épouse en observant le tensiomètre.
-C'est bien, ta tension remonte, releva Carlisle dans un sourire, satisfait que leur petit échange ait fait monter sa tension.
Lynda se laissa retomber sur son oreiller improvisé en poussant un soupir, elle pensait que l'examen serait terminé, mais elle se trompait. La jeune femme se raidit en sentant les doigts de Carlisle se poser à un endroit où ils n'auraient jamais dû être !
-Hey ! S'écria-t-elle en voulant se redresser.
-Je plaisante pas, Lynda ! Je suis capable d'appeler Jasper et Chase pour qu'ils tiennent tes satanées chevilles en places !
Lynda réprima un soupir, mais finit par obéir. Même si elle était gênée, elle devait penser avant tout à son enfant. Elle se rallongea et laissa Carlisle l'examiner. Au bout de quelques minutes, elle entendit les gants du médecin claquer lorsqu'il les ôta.
-Je vais te donner quelque chose pour calmer les contractions, annonça le médecin, mais ça va, malgré tous les efforts que tu as fournis, ton col n'est pas trop dilaté et tu n'as eu que de légères pertes de sang. Une échographie sera nécessaire, mais je pense que tout va bien.
Lynda poussa un soupir de soulagement. Ses mains glissèrent vers son ventre qu'elle caressa tendrement, le bébé bougea sous ses paumes comme pour la rassurer.
-Tout va bien se passer, l'apaisa Esmé en caressant ses cheveux, ne pleure pas, ma belle, tout va s'arranger.
-Je suis désolée, s'excusa Lynda, je… je l'ai laissé…
-Que…que veux-tu dire ? Demanda Esmé d'une voix tremblante.
-Edward… Edward s'est fait mal… Je crois… Je crois qu'il n'a pas vu un trou dans le sol, sa cheville… sa cheville …
-Celle qu'il s'était blessé au ski ? Interrogea Jasper.
-Oui, elle s'est tordue et son genou aussi… Ils avaient doublé de volume… Il… Il ne pouvait plus marcher… j'ai… J'ai essayé de le porter… mais… mais j'y suis pas arrivée… Je suis désolée.
-Ce n'est rien, assura Carlisle le visage fermé. Tu as fait ce qu'il fallait.
Malgré ses propos, Lynda savait que le médecin n'en pensait pas un mot. Péniblement, elle le regarda se lever et Esmé le rejoignit pour le soutenir, ils allèrent s'asseoir sur une banquette un peu plus loin, étroitement enlacés. La jeune femme sentit son cœur se serrer en pensant qu'elle ne leur avait pas tout dit… Les sirènes de l'ambulance la sortirent de ses pensées. Les secouristes ne tardèrent pas à entrer avec un brancard, Carlisle se redressa en serrant les dents et donna ses consignes au médecin qui les accompagnait.
-Tu as fait ce qu'il fallait.
Lynda releva la tête pour croiser le regard triste, mais compréhensif d'Esmé. En cet instant, elle se sentit pour la première fois réellement mère et c'était parce qu'elle en était une aussi qu'Esmé comprenait son geste. La mère de famille passa une main douce sur son visage avant de déposer un baiser sur son front. Au moment où les ambulanciers faisaient passer la porte du restaurant au brancard, Carlisle les stoppa, il l'enlaça tendrement avant de retourner près des siens. Une fois dans l'ambulance, elle demanda aux secouristes d'attendre un peu et fit signe à David de la rejoindre, ce que fit son collègue en refermant la porte du véhicule pour qu'ils soient isolés des autres.
-Quelle était la position d'Edward ?
-Pourquoi ? Répondit David.
-Où les chiens ont-ils perdu sa trace ? Insista-t-elle.
-Pourquoi cette question ? Demanda son collègue avant de céder face à son regard déterminé. D'après ce que les chiens ont reniflés, ils ont perdu sa trace en haut d'une corniche.
Lynda ferma les yeux et serra les poings. Les dernières paroles d'Edward la hantaient et ce qu'elle s'apprêtait à demander la faisait frissonner d'horreur.
-Demande à une équipe de draguer le fleuve.
-Tu… Non, je ne pense pas que les adeptes lui auraient fait du mal.
-Eux non, mais lui, oui. David, il n'allait pas les laisser le ramener là-bas.
L'agent Green plongea son regard dans le sien. Elle ferma les paupières pour ne pas lire la compassion qui devait y luire.
-Tu as pris la bonne décision, Lynda, assura David, il fallait que tu penses à toi et à ton enfant.
-Mais…
-Il n'y a pas de mais qui tienne, jeune fille ! La gronda-t-il tendrement. Je veux que tu te reposes et que tu ne penses qu'à toi et au bébé. Laisse-moi m'occuper du reste. Quant à Edward, je suis sûr qu'il est vivant et j'ai toujours de l'espoir pour Aaron.
-Je n'en ai plus, confia-t-elle dans un murmure.
-C'est pas grave, j'en ai assez pour deux. Pour le moment, prends soin du bébé et de toi, je me charge du reste. »
David la serra dans ses bras et déposa un baiser sur son front avant de descendre de l'ambulance. Alors que le véhicule allait démarrer, la porte de l'ambulance se rouvrit, Esmé grimpa dans le véhicule de secours et s'assit à ses côtés. Tout en lui adressant un regard rassurant, Esmé prit sa main et la serra tendrement. Lynda sentit une légère pression dans le creux de son coude, elle tourna la tête et fut surprise de voir Carlisle, elle ne l'avait pas vu monter. Le médecin lui sourit avant de demander quelque chose à l'ambulancier qui le lui tendit. Elle vit l'aiguille de la seringue s'insérer dans sa chair, un produit froid glissa dans ses veines et la minute suivante, elle perdit conscience.
Bella s'éveilla en sursaut. Son cœur battait à un rythme fou et elle avait du mal à retrouver son souffle. Elle gémit le prénom d'Edward avant d'être prise de panique lorsqu'elle sentit des mains se poser sur elle. Elle se débattit, mais les mains la tenaient fermement. Elle hurla avant d'ouvrir brutalement les yeux quand elle sentit une main s'abattre violemment sur sa joue. La jeune fille mit quelques secondes à réaliser ce qui se passait, elle ne sursauta pas quand la main qui l'avait frappé caressa tendrement sa joue.
« -Je suis désolée, Bella, s'excusa Rosalie, mais tu ne semblais pas vouloir te réveiller.
-C'est rien, la rassura-t-elle pendant que son amie la prenait dans ses bras.
-Tu ne risques plus rien, ma belle, je suis là, assura Emmett en passant une main dans ses cheveux.
-Où on est ? Demanda Bella en voyant qu'ils étaient arrêtés. Pourquoi on ne roule plus ? Et pourquoi je suis dans le Hummer ?
-On a retrouvé Lynda, lui apprit Rosalie, tu dormais et David ne voulait pas te réveiller, il disait que tu avais besoin de repos. Du coup, on t'a transporté ici et on est resté avec toi.
-Ils ont des nouvelles ? Ils l'ont retrouvé ?
-Je ne sais pas, avoua Emmett, tu te sens suffisamment en forme pour aller voir ? »
Bella acquiesça. Rosalie lui donna un imperméable et prit aussi un parapluie. Le ciel s'était accordé à son humeur, noir et pluvieux. Bella frissonna en entendant un coup de tonnerre, Emmett passa un bras protecteur sur ses épaules. Ils rejoignirent le petit restaurant au moment où une ambulance s'éloignait. Les agents du FBI partaient rejoindre leur véhicule et ils leur demandèrent de suivre l'ambulance. La jeune fille voulant avoir des réponses à ses questions, elle fit signe à Rosalie et à Emmett qu'elle montait avec Jasper et Alice pour avoir des réponses. Une fois installée dans la Mercedes, elle fut surprise de ne pas voir Carlisle et Esmé. Au lieu de s'asseoir à l'avant, Alice vint prendre place à ses côtés, le petit lutin passa un bras protecteur autour de ses épaules pendant qu'elle lui racontait ce qu'elle savait.
Telle un automate, elle suivit la famille Cullen à la sortie des voitures, puis, dans leur traversée du parking et enfin lors de l'attente dans la salle des urgences de l'Hôpital. Toutes ses pensées n'étaient occupées que par une personne : Edward. Allait-il bien ? L'avaient-ils rattrapé ou était-il toujours seul, perdu, à courir dans la forêt ? La jeune fille ramena ses pieds sur le rebord de sa chaise, se recroquevillant sur elle-même. Bella n'avait jamais été croyante, ses parents ne l'avaient jamais amené à l'Eglise, elle n'y était allée que pour quelques rares évènements : le décès d'une grande tante, le mariage d'une amie de Renée et quelques Noëls depuis qu'elle était à Forks, les Cullen et son père ayant l'habitude d'y aller. Elle ne savait pas trop comment faire, mais elle souhaitait de tout cœur qu'il existe une puissance supérieure qui viendrait secourir son petit-ami, qui veillerait sur lui, le protégerait… Mais… Mais si un tel être divin existait, comment avait-il pu laisser de telles atrocités arriver à Edward ? Ses mains se crispèrent dans ses cheveux alors que ses larmes glissaient sur ses joues pour mouiller son jean au niveau de ses genoux.
Soudain, elle sentit une main maladroite, mais apaisante passer autour de ses épaules. Elle l'attira dans une étreinte aimante et malhabile. Malgré ses larmes, elle esquissa un faible sourire face à l'étreinte gauche de son père. Les doigts de Charlie essuyèrent ses larmes alors qu'il la serrait de toutes ses forces contre lui. Tout en lui murmurant des paroles rassurantes, il la berça. Ses larmes, le stress avaient vaincu ses dernières forces, tendrement blottie dans les bras de Charlie, elle sombra dans un sommeil où ce n'était pas son père qui la berçait, mais Edward, elle pouvait même entendre sa voix qui fredonnait la berceuse qu'il avait composé pour elle. Bella était si bien qu'elle aurait aimé ne jamais se réveiller …
Lorsque Bella s'éveilla à nouveau, elle était allongée sur les fauteuils de la salle d'attente, sa tête reposait sur les genoux d'Esmé qui caressait d'une main douce ses cheveux. La mère de famille se rendit compte qu'elle était réveillée et elle lui adressa un sourire.
« -Comment te sens-tu ma belle ? Lui demanda tendrement Esmé.
-Ca va, murmura Bella avant de remarquer ses yeux rougis. Et vous, comment vous allez ?
-Je tiendrais le coup, lui répondit Esmé, pour mon fils, pour ma famille et pour toi.
-J'aimerais être aussi forte que vous, admit Bella.
-Tu l'es, ma chérie. Rassure-toi, je suis sûre qu'il va bien et que nous allons bientôt le retrouver.
Bella se redressa et déposa un baiser sur la joue d'Esmé qui lui sourit en retour. Alice et Jasper les rejoignirent à cet instant et leur tendirent des gobelets de café, Bella les remercia.
-Où sont Carlisle, Rosalie, Emmett et Char… papa ? Demanda-t-elle en étant étonnée par leur absence.
-Emmett et Charlie sont allés acheter à manger, répondit Alice, Rosalie est restée auprès de Lynda, elle dort.
-Papa a été embarqué par les médecins, l'informa Jasper, il a fait un petit malaise à l'arrivée de l'ambulance, mais rien de grave, rassure-toi.
-Ils lui ont donné des antalgiques et là il est au scanner pour vérifier que tout va bien, lui apprit Esmé, et après quelques heures de repos, il sera de nouveau sur pieds.
-Et Lynda ?
-Elle a besoin de repos pour l'instant, ils ont bien cru qu'elle allait accoucher, mais papa a eu les bons gestes au bon moment, du coup, elle a l'obligation de rester allongée et ils lui donnent quelque chose pour stopper les contractions, poursuivit Alice.
-Vous avez des nouvelles de l'agent Green ? Demanda-t-elle avec espoir.
Les Cullen échangèrent un regard triste avant de lui faire signe que non. Alice et Jasper vinrent s'asseoir près d'elles, le petit lutin lui prit la main, pendant que Jasper faisait de même avec leur mère. Ils attendirent patiemment jusqu'à ce que Charlie et Emmett les rejoignent. Son père l'obligea à manger un peu, mais elle n'avala que quelques bouchées, n'ayant ni la force, ni l'envie de manger quoi que ce soit. Rosalie revint à cet instant dans la salle d'attente, lui offrant une échappatoire, et avant qu'Esmé ne se propose, elle annonça qu'elle allait tenir compagnie à Lynda. Suivant les indications de Rosalie, elle arriva devant la chambre de la jeune femme. Elle frappa doucement et entra sur la pointe des pieds ne voulant pas la réveiller si elle dormait, malheureusement, son équilibre précaire lui joua des tours, elle s'emmêla les pieds et se retint de justesse au lit pour ne pas chuter. Bella se releva doucement priant pour ne pas avoir réveillé la future mère, mais, apparemment, c'était raté. Lynda s'appuya sur ses avant-bras pour se redresser et s'asseoir, elle tapota le rebord de son lit et la jeune fille vint s'y installer.
« -Comment vas-tu, ma belle ? Lui demanda l'agent.
-C'est plutôt à toi qu'il faut le demander.
-On va bien, la rassura Lynda en caressant tendrement son ventre. Et toi ?
-Ca va, murmura Bella avant que ses yeux ne lui piquent et que des larmes ne s'échappent, il… il me manque… J'ai peur… J'ai peur de ne plus le revoir…
-On le retrouvera, Bella, on le retrouvera, assura la future mère en la prenant tant bien que mal dans ses bras.
La jeune fille se laissa aller quelques minutes dans ses bras avant de tenter de se reprendre, après tout, elle n'était pas la seule à avoir perdu son amour, on était toujours sans nouvelles d'Aaron. Bella se redressa et c'est à cet instant qu'elle croisa le regard de Lynda, la jeune femme détourna la tête, mais c'était trop tard, elle avait vu le désespoir dans ses yeux. Son cœur se serra alors qu'elle posait une main sur sa bouche pour retenir un cri d'effroi. Elle ignorait comment, mais elle savait que l'inquiétude que Lynda ressentait était pour Edward et non pour Aaron.
-Lynda…
Son amie releva la tête et leurs regards s'accrochèrent, Lynda serra fermement ses mains dans les siennes.
-Il m'a dit de te dire qu'il t'aimait, lui rapporta la jeune femme.
Bella aurait aimé lui poser la question qui lui brûlait les lèvres, mais elle n'osait pas la formuler. D'un autre côté, elle ne voyait pas comment Edward aurait pu se faire du mal…
-Je suis sûre qu'il va bien, insista Lynda, il va bien !
-Et Aaron ?
-David t'a raconté ce qui s'est passé après que nous nous soyons séparés ?
-Oui.
-Chase a trouvé une fosse creusée à la va vite, ils n'ont pas pu identifier tous les corps… Ils y travaillent encore.
-Il est peut-être toujours prisonnier.
-Je ne pense pas, ils ont trouvé sa montre dans cette fosse, murmura Lynda, et puis, ils ne prendront pas le risque qu'il aide une nouvelle fois Edward à s'évader. Non, ils ne prendront pas ce risque…
La jeune femme caressa son ventre à la recherche d'un peu de réconfort, en un sens, elle l'enviait, Lynda avait au moins une part d'Aaron qui grandissait en elle.
-Chasse ces idées noires de ta tête, Bella, nous le retrouverons et vous pourrez reprendre le cours de vos vies.
Bella acquiesça, elle voulait croire aux paroles de son amie. Elle voulait se rassurer en se disant que son cœur l'aurait su s'il était arrivé quelque chose de grave, mais rien… Elle ne pouvait que douter et espérer.
-Ce sont mes fleurs préférées.
Le murmure de Lynda la sortie de ses pensées, la future mère observait un bouquet de lys blancs qui se trouvait dans un vase posé sur la table de chevet.
-Comment le saviez-vous ?
-Pardon ? Demanda Bella.
-Comment saviez-vous que c'était mes fleurs préférées ?
-Je l'ignorais, avoua la jeune fille en fronçant les sourcils, en plus, je ne me souviens pas que l'un d'entre nous soit allé en acheter.
Bella se leva et alla attraper le petit bristol qu'elle venait d'apercevoir au milieu des fleurs. Elle le tendit à Lynda qui l'ouvrit. Sous ses yeux inquiets, elle vit la jeune femme pâlir avant qu'elle ne se reprenne et ne repousse la couette pour se lever.
-Qu'est-ce que tu fais ? S'inquiéta Bella. Tu ne dois pas te lever !
-Avance ce fauteuil, s'il-te-plaît ! Ordonna Lynda.
-Non ! Recouche-toi !
-Si tu ne m'aides pas, je me débrouille toute seule ! La prévint la jeune femme dont les pieds touchaient déjà le sol.
-Très bien, grogna Bella en approchant le fauteuil et en l'aidant à s'installer dessus.
-Tu peux accrocher ce truc à celle qui est sur le fauteuil ?
Bella décrocha la perfusion pour la transférer sur l'espèce de perche qui se trouvait sur le fauteuil roulant.
-Les autres vont me tuer, marmonna Bella.
-Lis et fais-moi confiance.
La jeune fille lut les quelques mots tracés sur la petite carte et resta perplexe face au soudain entrain de Lynda.
Chambre 1405 en traumatologie. Ayez confiance.
Bella observa pendant quelques secondes l'écriture raffinée avant de se dire que c'était une mauvaise idée.
-Tu ne trouves pas étrange qu'une personne t'envoie des fleurs et te demande de te rendre à un endroit précis ? Dois-je te rappeler qu'ils veulent ton bébé ?
-Je n'y vais pas seule, puisque tu m'accompagnes.
-On devrait peut-être prévenir…
-Préviens-les si tu veux, murmura Lynda en gagnant le couloir en poussant le fauteuil vers l'ascenseur, moi, j'y vais.
Bella soupira avant de rejoindre la jeune femme et de pousser son fauteuil pour qu'elle ne se fatigue pas. Après tout que risquaient-elles ? Elles étaient tout de même dans un Hôpital ! Rapidement, l'ascenseur les emmena à l'étage où résidait le service de traumatologie. Bella mordilla sa lèvre inférieure, l'étage lui paraissait étrangement désert, en même temps, le personnel soignant était peut-être occupé auprès d'un patient ? Elles arrivèrent devant le panneau en bois portant le chiffre 1405 et Bella hésita. Lynda décida pour elle et ouvrit la porte de la chambre. Elles se figèrent.
-Va chercher David ! Lui ordonna Lynda d'une voix tremblante. »
Bella mit quelques secondes à comprendre les paroles de Lynda. Alors que la jeune femme s'avançait dans la chambre, Bella se mit à courir. Elle atteignit l'ascenseur, mais celui-ci était déjà parti vers un autre étage. Sans réfléchir, elle s'engouffra dans les escaliers, l'adrénaline coulait dans ses veines la rendant plus sûre sur ses pieds qu'elle ne l'avait jamais été !
Carlisle sortit de sa chambre après avoir échangé la blouse bleue qu'il portait contre ses vêtements. Esmé venait sûrement lui rendre visite dans sa chambre car il la croisa dans le couloir. Elle fronça les sourcils quand elle le vit debout et se dépêcha de le rejoindre.
« -Les médecins ont dit que tout allait bien, se dépêcha-t-il de la rassurer, et j'ai le feu vert pour me lever !
-Oui, mais pas pour courir un marathon, gronda Esmé. Appuie-toi sur moi.
Tout en réprimant un soupir, il obéit, il ne voulait pas inquiéter davantage son épouse, elle avait déjà suffisamment de soucis en tête. Tout en rejoignant la salle d'attente, Esmé l'informa qu'elle avait reçu des consignes strictes le concernant et que dorénavant il se déplacerait en fauteuil roulant. D'ailleurs, comme s'il avait entendu les propos de sa mère, Jasper arriva vers eux en poussant un fauteuil. Il s'y installa de mauvaise grâce.
-A-t-on des nouvelles ? Leur demanda-t-il.
-Non.
Soudain, il releva la tête en entendant des pas précipités venir vers eux, Rosalie les rejoignit, essoufflée.
-Que se passe-t-il ? Demanda Jasper à sa sœur. Tu vas bien ?
-Je… Je voulais allez voir… voir…
-Calme-toi, dit Esmé en caressant le dos de sa fille, respire calmement, ma chérie.
-Lynda… Lynda et Bella ne sont plus dans la chambre.
-Quoi ? S'écria Jasper.
-Oh, non, souffla Carlisle, ça va pas recommencer !
-Qu'est ce qui recommence ? Interrogea David en les rejoignant.
-Lynda et Bella ont disparu, répondit Esmé en tordant les mains d'angoisse.
-Mais c'est pas vrai, maugréa l'agent en décrochant son téléphone sûrement pour appeler des renforts.
-Attendez ! L'arrêta-t-il en voyant une Bella rouge et essoufflée descendre en courant les dernières marches de l'escalier.
-Bella ! Mais où étais-tu ? Où est Lynda ? Lui demanda Esmé.
-Venez, vite ! »
D'une main ferme, Jasper l'obligea à prendre place sur le fauteuil roulant et ils entrèrent à la suite de leur petit groupe dans l'ascenseur. Bella s'appuya contre une des parois en métal après avoir appuyé sur le bouton du 4ème étage. La jeune fille peinait à retrouver son souffle et ne pouvait donc pas répondre à leurs questions. Cependant quand elle respira mieux, elle se contenta de les guider vers une chambre. Ils y entrèrent et tous se figèrent. Lynda avait quitté son fauteuil roulant pour s'asseoir sur le rebord du lit, sa main, non perfusée, caressait tendrement le visage d'Aaron qui était paisiblement endormi.
« -Qu'est-ce que ça veut dire ? Murmura David. Comment va-t-il ?
-Je sais pas, avoua Lynda en attrapant un dossier, c'est du charabia pour moi.
-Donne, demanda Carlisle.
Jasper attrapa le dossier pour qu'aucun d'eux n'ait à se lever et le lui remit. Carlisle le parcourut sous l'œil impatient des autres personnes présentes.
-Ca va aller, annonça le médecin, apparemment, il a reçu un coup de couteau dans la cuisse, mais il n'a pas fait trop de dégât.
-Et ça tête ? Questionna Lynda en effleurant le bandage du bout des doigts.
-A priori, une balle qui l'aurait effleuré, elle n'a pas fait de dégâts, il a eu énormément de chance !
-Merci, Seigneur, souffla Lynda.
-Mais pourquoi personne ne nous a prévenu de sa présence ? Et comment se fait-il qui tu sois au courant ? Interrogea David.
-Si personne n'a prévenu les autorités c'est parce que le personnel ignorait qui il était, répondit Carlisle avant de lui montrer le nom sur le dossier, John Doe, il est noté qu'il a été déposé aux urgences, cela fait plusieurs heures qu'il est ici !
-Quant à moi, quelqu'un a déposé un bouquet de lys dans ma chambre, l'informa Lynda avant de lui tendre une carte, il y avait ce mot dedans.
-Et tu es venue ici ? Sans prendre aucune précaution ? S'énerva David.
-Oui, je sais, c'était stupide, mais Aaron est le seul à savoir que ce sont mes fleurs préférées.
-Cela aurait pu être une coïncidence ! Gronda David. C'était inconscient de se lancer dans…
-Tu peux baisser d'une octave, s'il-te-plaît ? Demanda une voix groggy.
-Aaron ! S'écria David.
-Comment te sens-tu, mon chéri ? Questionna Lynda.
-Mal à la tête et… j'ai… j'ai soif.
Carlisle hocha la tête pour donner l'autorisation à Bella, la jeune fille prit la carafe qui était sur une tablette et versa un peu d'eau dans un verre. Elle le tendit à Lynda, mais cette dernière était gênée par son ventre, Esmé prit le gobelet et aida Aaron à avaler quelques gorgées.
-Je sais que tu es fatigué, mais j'ai besoin que tu me racontes tout ce que tu sais, demanda David.
Carlisle ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. Le médecin qui était en lui se disputait avec le père. Il était manifeste qu'Aaron avait besoin de repos et qu'il n'était pas en état de subir un interrogatoire, cependant, le père qu'il était voulait avoir des nouvelles de son fils !
-C'est flou, avoua Aaron.
-Quelle est la dernière chose dont tu te souviennes ? Précisa Carlisle pour l'aider.
-Bentley… Bentley pointait le canon de son arme sur ma tête.
-Et ? L'encouragea Lynda en serrant sa main.
-Je… Il n'avait plus besoin de moi… Ils… Ils avaient retrouvé la piste d'Edward… Il a tiré…
-Sois sûr que je suis très heureux qu'il t'ait manqué, assura David, mais comment a-t-il fait pour te louper s'il tenait en joue d'aussi près ?
-Il… Il a été distrait… Marcus et ses hommes sont arrivés…Je pense… Je pense que… son attention a été déviée par les propos de Marcus. Quand il m'a vu à terre, il a voulu tirer une autre balle, mais le… Marcus l'en a empêché en disant que j'étais déjà mort… Il lui a ordonné de partir… partir à la recherche d'Edward pendant… pendant qu'il se chargeait de faire disparaître les corps… Il a pris ma montre et… C'est flou ensuite… Je me souviens d'un trajet en voiture… Marcus était toujours là… Il… Il me parlait… mais je ne comprenais rien… Je me suis évanoui… Quand… Quand j'ai repris connaissance j'étais aux urgences… Je pensais qu'il… qu'il était parti, mais il est revenu et m'a demandé quelles… quelles étaient tes fleurs préférées.
-A-t-il parlé d'Edward ? Demanda Carlisle avec espoir.
-Ils… Ils l'ont.
Carlisle fut étonné d'entendre un soupir de soulagement s'échapper des lèvres de Lynda et de Bella. Savaient-elles quelque chose qu'il ignorait ?
-Il te l'a clairement dit ? Insista Lynda ce qu'il trouva étrange.
-Je… je me rappelle plus très bien, avoua Aaron.
Il était évident que l'agent faisait son possible pour se rappeler, ses traits étaient tirés, la douleur se lisait aisément sur son visage, pourtant, il faisait tout pour se concentrer.
-Mais qu'est-ce que c'est que ça ? Vous vous croyez où ? S'écria une infirmière furieuse de voir toutes ces personnes dans la chambre de son patient.
-Agent David Green, FBI ! Lança-t-il en lui collant sa carte sous le nez. Cet homme est mon collègue, avez-vous vu la personne qui l'a amené ?
-Non ! Et ce n'est pas parce que vous êtes du FBI qui vous pouvez importuner ainsi un patient ! Il a besoin de repos et ces deux-là aussi ! Dit-elle en le désignant ainsi que Lynda.
-Hors de question que je parte ! Décréta Lynda en s'allongeant près d'Aaron tout en s'emmêlant avec leurs perfusions.
-Faites donc attention ! S'énerva l'infirmière.
-Ecoutez, Betty, intervint-il après avoir lu son nom sur sa blouse, je suis le Docteur Cullen et ces deux personnes sont mes patients. Je vous promets de veiller sur eux et de les faire se tenir tranquille, mais s'il-vous-plait, ne les séparez pas, cela n'augurerait rien de bon pour la paix du service.
Il termina son petit laïus par un sourire en coin et l'infirmière céda. Il s'installa sur un fauteuil avec un repose-pied sous l'œil bienveillant de Betty qui n'oublia pas de rappeler aux autres de partir. Esmé s'installa à ses côtés et il sut que personne ne délogerait son épouse de sa place. L'infirmière sortit en poussant un soupir résigné.
-Tu uses souvent de tes charmes sur les infirmières ? L'interrogea soudain son épouse.
-Rarement et uniquement pour avoir gain de cause, cependant, elle a raison, Aaron a besoin de repos. Les enfants vous devriez emmener Bella se reposer à l'Hôtel. On vous prévient s'il se passe quoi que ce soit.
-Je vous tiens moi aussi informé, annonça David. Quant à vous deux reposez-vous et Aaron si tu te souviens de quelque chose appelle-moi.
Après avoir embrassé ses enfants et Bella, les enfants prirent la direction de la sortie quand soudain Aaron rappela David.
-Je… Je ne sais pas ce que ça voulait dire… mais je crois… je crois qu'il m'a dit de ne pas continuer à chercher Edward, qu'il n'était plus…que… que seul Anthony subsistait… »
Aaron n'ajouta rien de plus, cela faisait plusieurs minutes qu'il luttait pour garder les yeux ouverts, la fatigue fut la plus forte et il s'endormit. Tous s'observèrent pendant quelques secondes, tous réfléchissaient à ces propos. Qu'avait voulu dire Marcus ? Carlisle l'ignorait, mais son inquiétude s'accrut. Qu'avaient-ils fait à Edward ?
Péniblement, il ouvrit un œil qu'il referma tout de suite à cause de la lueur qui inondait la pièce. Une grimace déforma ses traits, il souffrait, sa tête lui faisait terriblement mal, tout comme sa jambe. Il se pencha un peu pour observer l'endroit où il se trouvait, mais tout ce qui l'entourait lui était étranger. Il croisa alors son reflet dans un miroir, son visage était pâle et un large bandage dissimulait ses cheveux. La douleur ne semblait pas vouloir le quitter, il aurait aimé sombrer dans l'inconscience pour y échapper, mais des tonnes de questions l'en empêchaient. Où était-il ? Pourquoi était-il attaché sur un brancard ? Comment s'était-il blessé ? Son attention fut alors attirée par l'une des drôles de fenêtres, pourquoi tout était bleu au dehors ? Et cette chose blanche, cela ressemblait à un nuage. Etait-il dans un avion ? Qu'y faisait-il ?
« -Tu es réveillé ?
Il sursauta avant de porter son attention sur l'homme qui venait d'entrer dans la petite pièce, celui-ci l'observait avec tendresse, pourtant, il ne put s'empêcher de ressentir une pointe de peur.
-Qui… Qui êtes-vous ? Demanda-t-il d'une voix faible.
-Je m'appelle Aro et je suis ton père.
-Mon père ?
-Oui, Anthony.
-Anthony ?
-C'est ainsi que tu t'appelles.
Il aurait aimé lui dire qu'il le savait, mais il ne le pouvait pas. Il se concentra, mais rien, il ne se souvenait de rien.
-Doucement, mon fils, tu as eu un accident et il faut que tu te reposes. Laisse les souvenirs revenir à toi, ne cherche pas à les retrouver.
-Vous… Vous êtes mon père ?
-Oui, mon ange, tu peux m'appeler papa et me tutoyer, lui dit l'homme en prenant un air peiné.
Il s'en voulait de le blesser, mais il avait du mal à appeler papa un homme qui était pour l'instant un étranger pour lui.
-Que… Que s'est-il passé ?
-Tu as fait une mauvaise chute, l'informa son père en vérifiant ses constantes, tu essayais de fuir des impurs qui souhaitaient ta perte et ils y sont presque arrivés. Heureusement, nous sommes arrivés à temps.
-Des impurs ?
-Oui, tu ne te souviens pas ?
-Non.
-Ce n'est pas grave, je te raconterai ton histoire dès que tu iras mieux. Tu es quelqu'un d'exceptionnel et d'unique, mon fils.
Anthony, ainsi s'était son prénom, c'était étrange pourquoi avait-il le sentiment que quelque chose clochait ? L'homme le détourna de ses pensées en passant une main douce sur sa joue. Soudain, la porte s'ouvrit à la volée et il aperçut une petite fille pas plus haute que trois pommes courir vers lui.
-Crystal ! Reviens ici !
Une jeune fille aux longs cheveux blonds entra à la suite de l'enfant et tenta de s'en saisir, mais la petite fille avait réussi à s'accrocher à sa main et refusait de le lâcher.
-Je suis désolée, s'excusa la nouvelle venue, elle m'a échappé.
-Ce n'est pas grave, la rassura Aro, elle avait envie de voir son père.
-Papa, bobo ? Lui demanda la fillette inquiète.
Papa ? Cette enfant l'avait appelé papa ? Un vent de panique l'envahit faisant sonner l'appareil qui contrôlait son rythme cardiaque.
-Ton papa a besoin de se reposer, ma puce, dit doucement Aro.
La fillette l'observa quelques secondes de son regard émeraude si limpide avant de s'avancer doucement vers lui. Elle lui fit un petit sourire, puis, prudemment, elle déposa un baiser sur le bandage qui entourait sa tête.
-Plus bobo ? Lui demanda-t-elle avec espoir.
-Non, ma chérie, ton bisou magique m'a aidé.
La petite fille parut fière d'elle et elle l'embrassa sur la joue avant de rejoindre sa mère. Edward caressa tendrement ses cheveux, ce geste avait quelque chose de familier et de rassurant, cela prouvait-il qu'elle était bien sa fille ?
-Repose-toi bien, souffla la mère de l'enfant en l'embrassant aussi sur la joue.
Une fois qu'elles furent sorties, il se tourna vers son père, tant de questions se bousculaient dans son esprit qu'il ne savait pas par où commencer.
-Crystal est ta fille et Jane que tu viens de voir est ton épouse, expliqua doucement Aro.
-Ma… Ma femme ?
-Oui, elle était très inquiète pour toi, elle voulait te veiller, mais je préférais qu'elle reste auprès de Crystal. Ta fille t'aime énormément et elle souhaitait rester avec son papa, mais tu avais besoin de repos.
-Je me sens perdu, avoua-t-il dans un murmure, pourquoi je ne me souviens de rien ? Pourquoi tout est si flou ? Tout ceci ne me sembla pas familier et… et… »
Il ne termina pas sa phrase, comment pourrait-il avouer à son père qu'une partie de son être était morte de peur ? L'angoisse gagna lentement chaque parcelle de son corps. Pourquoi était-il terrifié alors qu'il était en sécurité avec sa famille ? Son père ? Sa femme ? Sa fille ? Crystal… Il y avait quelque chose en elle, quelque chose de familier et de rassurant. Il s'y raccrocha tout en espérant qu'il ressentirait bientôt la même chose pour les autres membres de sa famille. Tout à coup, il sentit quelque chose de froid glisser à l'intérieur de ses veines, il tourna la tête pour voir qu'Aro venait d'enfoncer une seringue dans le creux de son coude. Lentement, le produit remonta vers son épaule, sa gorge commença à le démanger et ses paupières se fermèrent sans qu'il ne puisse rien y faire. Au même instant, l'avion quittait l'espace aérien des Etats-Unis.
