Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.
Comme d'habitude : un immense MERCI pour toutes vos reviews et votre soutien ! Merci ! ^_^ Merci !
Bonjour tout le monde !
J'espère que vous allez tous bien !
Tout d'abord, je suis désolée pour le décalage, mais les dernières semaines n'ont pas été évidentes et je n'ai pas vraiment eu le temps d'écrire. Mais ça y'est voilà la suite !
Sinon, je suis enfin en vacance, je vais pouvoir souffler un peu. Je ne publierais donc pas régulièrement, je vais partir quelques jours et je n'aurai pas accès à Internet, les prochains chapitres de mes fics seront donc postés aux alentours du 22 août (ce sera peut-être avant, je ne sais pas encore comment tout va se dérouler). Merci de votre compréhension ! Bonnes vacances pour ceux qui y sont et bon courage aux autres !
A bientôt !
Pour les anonymes :
Angeoudemon50393 : Je suis navrée de ne pas pouvoir te répondre, mais les réponses à tes questions seront dans ce chapitre et le suivant. J'espère qu'ils te plairont ! Merci beaucoup pour ta review ! Merci ! Bonne semaine et à bientôt !
Ilonka : Concernant Crystal, la réponse concernant son père sera dans le prochain chapitre. Merci beaucoup pour ta review ! Merci ! Bonne semaine et à bientôt !
Altha : Merci beaucoup pour ta review ! Tu risques encore de faire une overdose d'Italie, mais juste pour ce chapitre. Oui, effectivement, je te trouve un peu dure, pour Jane ça peut passer, mais Crystal n'est qu'un bébé qui n'a rien demandé à personne, donc, je ne toucherais pas à un seul cheveu de sa tête, contrairement à d'autres… Tu crois t'être égarée ? Peut-être pas… Réponse au prochain chapitre… Encore merci pour ta review ! Je suis très touchée par ce que tu as écris ! Merci ! Bonne semaine et à bientôt !
Meghane, megane, The sister of Megane : Je vous réponds en même temps pour éviter de me répéter. Je suis très touchée que mon histoire vous plaise, mais je pense que je vais devoir mettre quelques petites choses au clair.
Premièrement : concernant le FBI, leur enquête est longue et parait difficile : c'est normal, ce n'est pas parce qu'ils sont nuls, c'est parce que je l'ai voulu ainsi. Je souhaitais que quand la secte ferait à nouveau son apparition, Edward soit reconstruit et avec Bella. Le FBI ne pouvait donc pas trouver les coupables rapidement car, après tout ce qu'il a vécu, Edward ne se serait jamais remis en 3 semaines ou un mois. Par ailleurs, ceci est une fic, je ne suis ni flic, ni agent du FBI et mon histoire se concentre plus sur Edward que sur l'enquête qui pour moi est secondaire.
Deuxièmement : Je n'ai jamais confirmé ou infirmé qu'Edward était le père de Crystal, pour l'instant, on a que les propos d'Aro (ça vaut ce que ça vaut…) et les soupçons d'Aaron. Je vous laisse vous faire votre idée, mais depuis le début je sais où je vais et la réponse sera dans le prochain chapitre.
Troisièmement : Je ne trouve pas Bella faible ou sans ressource. Elle a 17 ans c'est encore une adolescente et je trouve qu'elle est déjà très forte pour faire face au passé d'Edward et pour l'aider à avancer. Je ne pense pas que toutes les jeunes filles de cet âge arriverait à en faire autant qu'elle.
Quatrièmement : Merci beaucoup pour l'intérêt que vous portez à mon histoire ! Merci ! Bonne semaine et à bientôt !
Cricri2388 : Ne te fais pas de soucis, la réponse dans ce chapitre ! Merci beaucoup pour ta review ! Merci ! Bonne semaine et à bientôt !
Mili : Je suis navrée que mon histoire ne te plaise plus. Cependant, je trouve un peu gonflé de dire que ce que je raconte n'a aucun sens ! Je te remercie pour ton explication concernant l'éjaculation et le sperme, tu penses que je n'étais pas au courant ? …. Je n'oblige personne à lire mon histoire, donc si tu la trouves trop lassante et nulle, arrête de t'imposer ça et ne la lit plus !
Mlanie : Ne t'inquiète pas ils vont le retrouver. J'espère que la suite te plaira ! Merci énormément pour ta review ! Merci ! Bonne semaine et à bientôt ! Bises.
Lilia68 : Merci beaucoup pour ta review ! Ne te fais pas de soucis, les retrouvailles sont pour bientôt… Bonne semaine et à bientôt !
Lucie : Ne t'inquiète pas, ça ne finit pas comme ça ! Merci beaucoup pour ta review ! Merci ! ^_^ Bonne semaine et à bientôt !
Angelik : Merci, je vais bien, toi aussi ? Merci beaucoup pour ta review ! Merci ! Elle me fait super plaisir ! J'espère que la suite te plaira tout autant ! Bonne semaine et à bientôt ! Bises.
Charlène : Euh, si… J'ai un peu honte, c'est vrai… Mais les choses évoluent pas mal dans ce chapitre, promis ! Edward était bel et bien puceau avant de rencontrer Bella, les explications viendront plus tard, mais un indice : FIV (fécondation in vitro). Merci beaucoup pour ta review ! Merci ! Bonne semaine et à bientôt !
Sur ce :
Bonne lecture !
Chapitre 39 : Mon fils, ma bataille
Carlisle inspira profondément devant l'immense porte en bois qui lui faisait face. Ses yeux se posèrent sur les hauts murs qui entouraient le château, une fois qu'il les aurait franchis, pourrait-il en ressortir ? Il l'ignorait, mais il ferait son possible pour mener à bien la mission qu'il s'était fixée. Le médecin ferma les yeux pendant quelques secondes avant de se décider. Carlisle s'approcha d'une corde qui pendait le long de la porte. Il l'agita et un carillon retentit dans le silence oppressant qui l'entourait. Lentement et dans un grincement terrifiant la porte s'ouvrit, les dés étaient lancés, il venait de mettre en jeu sa vie et celle de son fils…
24 heures plus tôt :
Quinze jours, cela faisait quinze jours qu'Edward avait disparu et ils n'avaient aucune nouvelle. Ses enfants et Bella s'étaient lancés à sa recherche, suivant le FBI et Aaron dans tous leurs déplacements pendant qu'eux restaient à la villa au cas où Edward reviendrait.
La journée tirait à sa fin, Esmé dormait paisiblement dans leur chambre, il lui avait donné un somnifère pour qu'elle trouve un peu de repos et de quiétude. Quant à lui, il cherchait sans relâche un indice, quelque chose qui aurait pu le conduire à son fils. Il avait bien connu Aro, Marcus et Caïus avant que toute cette folie n'éclate, il était donc possible qu'il sache où se trouvait son fils ! Mais il ne trouvait rien… Carlisle était en train de réprimer un sanglot lorsqu'il entendit les pneus d'une voiture crisser et des pas précipités. La porte d'entrée claqua alors qu'il sortait rapidement de son bureau, sa main posée sur sa blessure comme pour chasser la douleur qui s'était éveillée avec ses gestes brusques.
Dès qu'il atteignit le rez-de-chaussée, il croisa les regards inquiets de ses enfants. Jasper et Emmett étaient appuyés contre la porte, cherchant à empêcher quelqu'un d'entrer pendant que Bella, Rosalie et Alice abaissaient les stores, dissimulant ainsi les immenses baies vitrées et eux aussi par la même occasion. Alors qu'il allait leur demander des explications, il put entendre des cris et il fut aveuglé par une pluie de flashs qu'Alice stoppa en abaissant un volet. Bella et Alice vinrent lui expliquer que les journalistes étaient au courant pour la secte pendant que Rosalie allait s'assurer que la porte de derrière était correctement fermée.
Ils venaient juste de s'asseoir dans le salon quand ils entendirent les sirènes de plusieurs véhicules de police, Charlie et ses hommes firent leur possible pour faire partir les journalistes. Un léger silence s'était installé dans le salon qu'Emmett brisa en allumant l'immense télévision pour tomber sur le journal dont le gros titre était Orion, une photo d'Edward s'afficha à l'écran durant quelques secondes suivie ensuite par celles des gourous.
« -C'est pas bon, murmura son aîné d'une voix blanche.
-Les journalistes du monde entier diffusent leurs portraits, poursuivit Jasper inquiet, ces tarés vont se sentir pris au piège.
-Non, ils ne vont pas… Tu crois ? Demanda Alice d'une voix tremblante.
-Il faut continuer d'y croire, déclara soudain Bella avec fougue, je suis sûre qu'on va les retrouver !
-Bella a raison, la médiatisation n'est pas une mauvaise chose, lança Rosalie, peut-être que des gens qui les ont vu prendront contact avec les autorités ? Et nous pourrons ainsi le retrouver.
Carlisle pouvait aisément voir deux groupes s'affronter, Bella et Rosalie continuaient d'y croire, alors que Jasper et Emmett n'avaient plus d'espoir. Alice, son petit lutin d'habitude si enjoué, vint s'asseoir à ses côtés et posa sa tête sur son épaule en quête de réconfort.
-Qu'en penses-tu ? Lui demanda-t-il.
Sa fille avait toujours eu une sorte d'intuition, il ignorait si elle avait un don ou simplement un sixième sens exacerbé. Alice ferma les yeux quelques secondes avant de chercher refuge dans ses bras. Carlisle ne savait pas si elle ne voulait pas répondre parce qu'elle n'avait aucun pressentiment ou si elle ne savait pas quoi répondre de peur de briser tous leurs espoirs.
-Ce n'est rien, Ali, la rassura-t-il en déposant un baiser sur son front. Allez, les enfants vous devriez monter vous reposer. Bella, tu peux t'installer dans la chambre d'Edward.
-Merci.
-Je t'en prie. »
Un à un ses enfants gagnèrent l'étage après l'avoir embrassé ou étreint. Au bout de quelques minutes, il monta lui aussi au premier et après avoir vérifié qu'Esmé dormait toujours, il alla s'enfermer dans son bureau. Il rouvrit la malle qui contenait tous les trésors de sa jeunesse pour chercher désespérément un indice.
La nuit était bien avancée, il avait du mal à ce concentrer et à garder les yeux ouverts. Carlisle passa une main lasse sur son visage et observa pendant un long moment le livre qu'il venait de relire pour la énième fois. Volterra… C'était la réponse qu'il cherchait. Il devait maintenant trouver l'emplacement de cette ville fantôme qui était née de l'imagination folle d'Aro. Il était certain que son fils était là-bas, qu'ils étaient tous là-bas ! Il alluma son ordinateur et son connecta à Internet, il tapa le nom de la ville sur le moteur de recherche, il trouva quelques sites de propagande qui vantaient les mérites d'Orion, mais rien qui ne lui apprit où se cachaient les adeptes. Alors qu'il allait abandonner tout espoir son regard se posa sur une photo de leur petit groupe durant ses études, ils étaient cinq, cinq en le comptant lui, où était donc passé le 4ème membre ? Il retourna sur Internet et tapa son nom, rien. Carlisle tenta de se rappeler d'un détail, de quelque chose qui pourrait le mettre sur sa trace, mais cela faisait si longtemps… Ses doigts tournèrent et retournèrent la photo qu'il avait entre ses mains, il fallait qu'il fasse quelque chose sinon, il allait devenir dingue !
Tout à coup, son regard se posa sur une autre photographie sur laquelle ils posaient en compagnie de leurs épouses. A nouveau, il lança une recherche sur le net, mais cette fois au nom de Carmen. Un soupir lui échappa lorsque le résultat ne fut guère plus concluant. Il allait fermer la fenêtre quand une publicité attira son attention, enfin, plutôt le nom inscrit sous celle-ci : Carmen Garcia. Il lui semblait que l'épouse de son ami était d'origine espagnole. Peu sûr de trouver des réponses, il composa tout de même le numéro.
« -Epicerie fine de Denver, bonsoir.
-Bonsoir, Monsieur. Je suis navré de vous déranger, mais je cherche à joindre Monsieur ou Madame Denali et l'on m'a donné ce numéro, travailleraient-ils chez vous ?
-Je suis désolé, mais on vous aura mal renseigné, je ne connais pas ces personnes, ici.
-Madame Garcia est-elle là ?
-Non.
-Vous êtes sûr ?
-N'insistez pas !
-Pardonnez-moi, mais c'est urgent, je suis le Docteur Cullen, puis-je vous laisser mon numéro pour qu'elle me rappelle si… Allo ? »
Carlisle n'obtint aucune réponse, son correspondant avait déjà raccroché. Il fit de même et observa le téléphone quelque peu dubitatif, l'homme lui avait paru bien virulent pour quelqu'un qui ne connaîtrait ni Eléazar, ni Carmen. Il hésita à recomposer le numéro, mais une intuition l'en empêcha, il ne devait pas insister. Tout en réprimant un soupir de lassitude, il rangea soigneusement son bureau, puis, il alla rejoindre Esmé. Il s'allongea près de son épouse et la prit dans ses bras, il ferma les yeux, mais le sommeil ne vint pas abréger son attente.
Le jour était levé quand Carlisle s'éveilla, finalement, il avait pris un somnifère pour pouvoir se reposer. Pourtant, alors qu'il se levait, il avait le sentiment de ne pas avoir fermé l'œil de la nuit. Il gagna la cuisine où toute sa famille, en compagnie de Bella et de Charlie, prenait un petit-déjeuner tardif.
« -Bonjour, les salua-t-il d'une voix rauque.
Tous lui répondirent et Esmé vint déposer un baiser sur ses lèvres tout en lui donnant une tasse de café.
-L'Hôpital a téléphoné, lui dit-elle, ils auraient besoin de toi pour quelques heures. Je ne leur ai pas répondu, ne sachant pas ce que tu souhaitais faire.
-J'ai besoin de prendre l'air, avoua Carlisle, je vais y aller.
-Les enfants et moi, nous resterons à la maison, continua son épouse. Le révérend Webber a téléphoné, les paroissiens et lui souhaitent organiser une veillée pour Edward, j'aimerais y aller.
-Nous irons, lui promit-il en voyant à quel point cela la touchait.
-Mais pourquoi ? S'écria Emmett. Mon frère n'est pas… n'est pas m…
-Emmett, le coupa Bella, si j'ai bien compris ce que m'a dit Angela, ils vont prier pour nous aider à retrouver Edward.
-C'est cela, acquiesça Esmé. Carlisle veux-tu que je te conduise ?
-Non, ça ira.
-N'en fais pas trop, lui demanda-t-elle, tu es encore convalescent.
-Ca va aller, ne t'inquiète pas. »
Tendrement, il embrassa sa femme, puis, ses enfants et Bella. Charlie lui donna une brève accolade avant qu'il ne sorte de la maison. Il prit sa Mercedes et sortit du petit chemin qui menait à la villa. Alors qu'il accélérait pour rejoindre l'Hôpital, il pila. Une ombre noire se tenait sur le bord de la route, son cœur s'accéléra dans sa poitrine, la peur s'insinua dans son être alors qu'il ralentissait. L'homme, entièrement vêtu de noir et dont le visage était dissimulé par une capuche, s'approcha de la portière passager. Automatiquement, il verrouilla les portières. L'homme frappa doucement à la vitre. Il l'abaissa quand il reconnut la chevalière aux armoiries d'Orion.
« -Tu as cherché à me joindre ?
-Oui, est-ce que…
-Non, je ne te poserais qu'une seule question.
-Laquelle ?
-Qu'es-tu prêt à perdre ?
-Tout. Je donnerai tout ce que j'ai pour le retrouver et le sauver.
-Ouvre !
Carlisle obéit et déverrouilla la voiture. Aussitôt, l'homme monta à l'intérieur.
-Roule ! Ordonna-t-il.
Il lui obéit et se tendit quelque peu quand il le vit en train de fouiller son intérieur, son passager ouvrit la fenêtre et jeta son téléphone portable par la fenêtre. Alors qu'ils allaient atteindre Forks, il l'obligea à tourner dans un petit chemin de terre. Ils abandonnèrent sa Mercedes et marchèrent jusqu'à un tout-terrain qui était dissimulé par une bâche kaki.
-Comment va ta blessure ?
-Ca va.
-Nous n'avons pas beaucoup de temps. Tu vas devoir me faire confiance. Je sais où ils sont.
-Dis-le-moi, il faut prévenir le FBI.
-Non, s'ils débarquent là-bas avec leurs gros sabots, ils ne trouveront que des cadavres. La médiatisation de l'affaire a déjà dû décider Aro à avancer le grand voyage. Je vais donc t'amener à eux, mais après je ne te garantie pas de pouvoir vous faire sortir tous les deux.
-Peu importe ce qui m'arrivera, je veux juste sauver mon fils.
-Je ferais tout pour t'aider, je t'en fais le serment. Tiens, enfile-ça.
Son ancien ami lui tendit une casquette et des lunettes noires, il troqua ensuite son costume et sa chemise pour un baggy marron et un sweet bleu marine. Eléazar lui demanda son portefeuille qu'il laissa dans sa Mercedes avant de lui tendre ses nouveaux papiers d'identité.
-Pourquoi m'aides-tu ? Demanda soudain Carlisle.
-Parce que cela fait des années que je cherche le courage de venir te voir pour te dire que ton fils est bien vivant, que je l'ai vu grandir jusqu'à ses 7 ans... J'ai quitté la secte car je ne supportais plus leur folie, mais il n'y avait pas que ça, admit Eléazar, je ne pouvais plus le croiser, quand ses yeux se posaient sur moi, c'est toi que je voyais. J'ai voulu l'emmener avec moi et je sais pas… le déposer devant ta porte ? Mais… Il était trop bien gardé.
-Tu aurais dû tenter quelque chose ! Tu aurais dû parler ! S'écria Carlisle en le saisissant violemment par le col de sa veste. Il n'aurait pas vécu toutes ces horreurs ! Il n'aurait pas été…
Le médecin ne put terminer sa phrase, ses gestes trop brusques avaient réveillé la douleur et il serra les dents pour ne pas laisser échapper une plainte.
-Calme-toi. Je suis navré, je te promets de ne pas t'abandonner cette fois. Si tu es toujours d'accord, il est grand temps pour nous de partir.
-Allons-y ! »
Carlisle s'installa côté passager pendant qu'Eléazar se glissait derrière le volant et démarra. Le médecin ferma les yeux. Il savait qu'il allait faire du mal à sa famille, il allait accroître leur inquiétude et il se détestait de leur imposer ça, mais il devait le faire, pour Edward, pour son fils. Ils quittèrent bientôt les petites routes de campagne pour s'engager sur la voie rapide. Eléazar lui tendit une bouteille d'eau ainsi qu'une boîte de comprimés. Il le remercia d'un signe de tête et avala un antalgique avec une gorgée d'eau. Le médecin rangea la bouteille et laissa sa tête reposer contre l'appuie-tête, il s'endormit.
Le voyage s'était passé sans encombre, Eléazar avait pris des dizaines de précautions pour qu'ils ne soient pas suivis et finalement, 24 heures plus tard, ils atteignaient enfin Volterra. Carlisle aurait dû se douter qu'Aro établirait sa cité promise en Italie, il avait toujours eu un attachement particulier pour ce pays. Ils avaient décidé qu'il irait seul à la rencontre de la secte, il n'aurait pas été prudent qu'il apparaisse avec Eléazar à ses côtés, cela aurait soulevé trop de questions. Carlisle serra les poings tout en se remémorant chaque partie du plan. Enfin, la grande porte en bois entourée de ses hauts murs de pierre ne se tenait plus qu'à quelques mètres de lui et derrière son fils l'attendait…
Aujourd'hui
Sans se débattre, Carlisle laissa les adeptes le fouiller, sans un mot, il les suivit dans un dédale de couloirs, il tenta de mémoriser le chemin, mais tous les couloirs se ressemblaient. Il se demanda pendant un court instant quel avait pu être cet endroit ? Une forteresse abritant une ancienne abbaye, sûrement s'il en jugeait par l'architecture et les vitraux. Il aperçut des adeptes agenouillés dans un jardin qui semblaient prier. Ils grimpèrent un escalier et l'un des gardes frappa à une porte. Ils entrèrent après y avoir été invité. Aro était assis derrière un grand bureau, il se leva à leur entrée et vint l'étreindre comme s'ils s'étaient quittés en bon terme. Caïus l'observait d'un air renfrogné, sa venue ne lui plaisait pas. Quant à Marcus, il sembla soudain nerveux et laissa échapper un petit soupir d'agacement.
« -Mon ami ! S'écria Aro d'un ton joyeux en le serrant une nouvelle fois contre lui. Si tu savais à quel point je suis heureux que tu ais trouvé la foi !
-Il me semblerait plutôt que c'est son fils qui l'a attiré ici, remarqua Caïus d'une voix sèche.
-Que racontes-tu ? S'énerva Aro. C'est sa foi qui l'a guidé jusqu'à nous ! Cela ne peut-être qu'elle sinon comment veux-tu qu'il nous ait trouvé ? !
-C'est vrai que je serais curieux de savoir comment tu nous as retrouvé, murmura Caïus pour que seulement Marcus et lui l'entendent.
-Allons, allons, mes frères, l'essentiel c'est que Carlisle nous ait enfin rejoint avant notre grand voyage, je ne m'imaginais pas partir sans toi, lui confia Aro.
-Je vais accompagner notre ami pour qu'il revête une tenue plus approprié, et puis, je pense que tu aimerais te reposer après le long voyage que tu as fait ? Proposa Marcus.
-Oui, j'admets qu'une douche me ferait le plus grand bien.
-Suis-moi.
-Où l'emmènes-tu ? Gronda Caïus en les fusillant du regard.
-Dans mes appartements, je pense qu'ils sont suffisamment grands pour nous accueillir tous les deux.
-Parfait, acquiesça Aro. »
Marcus posa un bras dans son dos pour l'entraîner vers la sortie, juste avant que la porte ne se referme il put entendre Caïus demander les numéros de leurs comptes bancaires à Aro pour faire certaines vérifications. Contrairement au Grand Maître, Carlisle n'était pas dupe, il comprit que Caïus ne ferait sûrement pas le grand voyage, il était déjà en train de mettre l'argent de la secte à l'abri. Alors qu'ils traversaient un énième couloir, Carlisle remarqua que Marcus avait stoppé ses pas. L'homme se tenait debout devant une fenêtre, un léger sourire se dessinait sur son visage et dans ses yeux luisait un peu de gaieté. Il s'approcha pour voir ce qui attirait l'attention de Marcus et son cœur bondit dans sa poitrine.
Soudain, il eut envie de sauter par cette fenêtre pour rejoindre son fils et le serrer dans ses bras. Edward se trouvait dans ce qui ressemblait à un jardin privé. Son fils portait une tunique blanche relevée de fils dorés, il n'avait pas de chaussures et un long foulard de couleur dorée dissimulait ses cheveux. Il était assis sur une couverture et s'amusait avec une petite fille qu'il supposa être Crystal. Son fils riait aux éclats devant les facéties de l'enfant. Tendrement, il le vit la prendre dans ses bras pour la câliner, Edward l'aimait, il n'avait aucun doute là-dessus.
« -Vous êtes des monstres.
Sa voix glaciale et tranchante fit sursauter Marcus. Ils s'observèrent quelques secondes avant que son ancien ami ne baisse les yeux.
-Je sais… Suis-moi.
Sans échanger un mot de plus, ils reprirent leur déambulation. Ils arrivèrent enfin aux appartements de Marcus dont ce dernier ouvrit la porte. Ils se retrouvèrent dans un petit salon et le Maître ouvrit une porte pour lui montrer sa chambre ainsi que la salle de bain attenante. Alors qu'il allait sortir, Carlisle le retint.
-Tu as sauvé Aaron. Pourquoi ?
-Ne trouves-tu pas que suffisamment de vie ont été gâchées ?
-La faute à qui ! Lâcha-t-il d'un ton acerbe.
-C'est Eléazar qui t'a aidé ?
Carlisle ne répondit pas, il passa une main lasse dans ses cheveux. Un léger coup frappé à la porte de l'appartement brisa le silence pesant qui s'était installé entre eux.
-Entrez !
La porte s'ouvrit. Carlisle ne put s'empêcher de sourire et de s'avancer vers son fils pour le prendre dans ses bras.
-Oh, pardon, Maître Marcus, j'ignorais que vous aviez de la visite.
Tout son corps se figea, pourquoi Edward ne le regardait pas ? Pourquoi l'observait-il comme s'il était un étranger ?
-Ce n'est rien, assura Marcus, comment te sens-tu ?
-J'ai un peu mal à la tête, mais ça va. J'ai pris les médicaments que père m'a donné.
Carlisle serra les poings pour ne pas hurler, c'était lui son père et nul autre !
-Assieds-toi ! Ordonna doucement Marcus à Edward.
Son fils obéit et prit place dans un fauteuil. Marcus s'approcha du jeune homme et tout en lui souriant, il défit le foulard révélant son crâne chauve et lisse. Carlisle ne put réprimer un hoquet de stupeur. Lentement, il s'approcha pour voir ce qu'examinait Marcus, il vit la plaie à l'arrière du crâne ainsi que les sutures.
-Veux-tu l'examiner ? Proposa Marcus.
Carlisle posa ses doigts tremblants sur la tête de son fils, aussi délicatement qu'il le put, il palpa les chairs blessées.
-La cicatrice est jolie, il n'y a pas d'hématome, murmura-t-il un brin rassuré.
-Anthony, pourquoi n'irais-tu pas t'allonger dans ma chambre pour te reposer avant la cérémonie ?
-Oui, Maître.
Son fils se leva, il ouvrit une porte et s'arrêta sur le seuil de cette dernière, son regard se perdit pendant quelques minutes sur lui et il vit la confusion brûler dans ses prunelles.
-Anthony, souffla doucement Marcus.
Le jeune homme réagit en entendant son prénom et gagna la chambre dont il referma doucement la porte.
-Allons sur le balcon.
Carlisle suivit le Maître, désireux d'avoir des réponses aux questions qu'il se posait depuis qu'il avait vu son fils. Ils s'installèrent et Marcus leur servit un verre de thé glacé.
-Au moment où les adeptes l'on rattrapé, Antho… Edward a eu un geste malheureux. Il s'est jeté dans le vide, pensant sûrement en finir. Heureusement, il est tombé dans la rivière, cependant, lors de sa chute, sa tête a dû heurter un rocher. Le choc l'a rendu amnésique et Aro s'est fait un plaisir de lui raconter son histoire. Je te montrerais son dernier scanner, les résultats sont plutôt bons. Je…
Marcus se tut en entendant la sonnerie de son portable, il décrocha pendant que lui essayait d'encaisser les informations qu'il venait de recevoir. Il n'écouta pas la conversation de son vis-à-vis, mais il vit ses sourcils se froncer, il lui jeta un coup d'œil avant d'informer son correspondant qu'il arrivait.
-Je suis navré, s'excusa-t-il, mais une affaire urgente m'appelle. Reste ici, ne sors sous aucun prétexte de mes appartements. Je n'ai pas besoin de te mettre en garde contre Caïus ?
-Non.
-Tu peux veiller sur lui, mais je ne pense pas que ce soit une bonne idée que tu lui parles cela risquerait de le perturber et mettrait vos vies en danger. »
Carlisle acquiesça et son ancien ami partit. Doucement, il se leva et gagna la chambre où Edward s'était enfermé pour se reposer. Il entrouvrit la porte. Son fils était allongé, recroquevillé sur lui-même. Il ne put s'empêcher de s'approcher et de caresser sa joue. Carlisle prit un plaid et le recouvrit avec avant de s'installer dans un fauteuil pour le veiller.
Caïus entra dans son bureau et claqua violemment la porte de celui-ci faisant sursauter William qui travaillait sur l'ordinateur. Son ami releva la tête pour l'interroger, mais il ne lui laissa pas le temps de parler, il donna un violent coup de pied dans une commode dont le bois craqua.
« -C'est pas vrai ! Rugit Caïus.
-Que se passe-t-il ? Lui demanda William. Marcus t'a encore empêché de l'approcher ?
-Pire ! Grogna-t-il. Carlisle est ici !
-Quoi ?
-Oui ! Et Aro l'a accueilli à bras ouverts !
-S'il est ici c'est que quelqu'un l'a conduit jusqu'à nous, réfléchit Bentley, il faut faire vite !
-Tiens, Aro m'a confié les numéros de nos comptes en banque.
-Je me charge de transférer les fonds sur nos comptes dans des paradis fiscaux.
-Fais vite, j'ai convaincu Aro d'avancer le grand voyage. Cependant, il va falloir nous débarrasser de Marcus et de Carlisle.
-Ce n'est pas un problème. Et Anthony ?
-Je ferais mon possible pour que nous l'emmenions, il faudra bien que nous nous divertissions avant de trouver plus jeune ? Lança Aro.
-C'est vrai qu'il commence à être un peu vieux, mais il est terriblement attirant.
-Exact… Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour ne pas qu'il soit sacrifié.
-Anthony n'est pas irremplaçable, mais l'argent oui, alors, ne fais pas le mauvais choix. »
Caïus passa une main frustrée dans ses cheveux, il crevait d'envie de s'approcher d'Anthony, mais Marcus veillait sur le gamin, il ne le lâchait pas ! Il avait bien remarqué ses regards, sa mine sérieuse, Marcus avait compris ce qu'il faisait avec Anthony et il le réprouvait. Cela le peinait de devoir de se débarrasser de son frère, mais rien ne se mettrait entre l'argent, Anthony et lui !
Doucement, il ouvrit les yeux. Où était-il ? Il l'ignorait. Sa main se posa sur le piano noir qu'il caressa amoureusement, ses doigts rêvaient de se poser sur les touches noires et blanches, mais un doux parfum l'en empêcha. Il inspira profondément, s'imprégnant de cette odeur sucrée, cela lui rappelait un parfum de fleur, mais il ne savait plus laquelle. Sans qu'il ne le décide ses pieds se mirent à se mouvoir, il grimpa les marches suivant l'odeur qui l'envoûtait. Il arriva sur un palier où une douce lumière filtrait à travers une porte entrouverte. Il s'approcha. Sa main tremblante se posa sur le panneau de bois, d'un pas hésitant, il entra dans une chambre. Il observa vaguement les murs bleu nuit, les meubles laqué de noir d'inspiration asiatique, tout cela lui semblait familier et étranger à la fois, il était perdu. Son attention fut alors attirée par une silhouette. Une femme se tenait face à l'immense baie vitrée, elle contemplait l'extérieur, lui tournant le dos. Ses longs cheveux bruns descendaient librement sur ses épaules, son dos. Il fit un pas dans sa direction. Il ignorait pourquoi, mais il était irrémédiablement attirée par elle.
Lentement, la silhouette se retourna. La jeune fille lui offrit un sourire emplit de tendresse et d'amour ? Il se perdit quelques secondes dans la douceur de son regard chocolat. Il s'approcha une nouvelle fois d'elle, tendant une main vers elle. Un murmure lui échappa.
« -Bella. »
Il ignorait pourquoi il l'avait appelé ainsi, mais cela lui correspondait parfaitement, elle était magnifique. La jeune fille lui sourit et tendit elle aussi sa main. Leurs doigts se frôlèrent au moment où l'image devint floue. Il voulut la retenir, mais elle disparut en hurlant un prénom.
« -Edward ! »
Le nom résonna à ses oreilles alors que ses entrailles se nouaient de douleur. Pourquoi criait-elle le nom d'un autre alors qu'il avait cru lire de l'amour dans son regard ? S'était-il trompé ? Il voulut la rattraper, mais elle disparaissait ! Non ! Il ne voulait pas la perdre ! Il avait besoin d'elle !
Anthony ouvrit brutalement les yeux. Il se redressa sur son lit, son souffle était court, son cœur battait violemment dans sa poitrine, son corps était en sueur. Pourquoi n'arrêtait-il pas de faire ce rêve ? Pourquoi disparaissait-elle à chaque fois ? Il tentait tant bien que mal de reprendre ses esprits quand il sentit une main douce se poser sur son épaule. Il sursauta et eut un mouvement de recul avant de croiser le regard inquiet du nouvel adepte. Il se rappela alors que l'homme se trouvait avec Maître Marcus lors de son arrivée, le Maître lui avait parlé d'égal à égal, cet homme devait donc être important.
« -Je suis désolé, s'excusa-t-il. Je ne voulais pas vous déranger, Monsieur.
-Appelle-moi, Carlisle, lui demanda gentiment l'homme. Comment te sens-tu ?
-Je vais bien, je vous remercie.
-Tu es sûr, Anthony ? Tu sembles un peu perturbé.
-Je vous remercie pour votre sollicitude, mais je vous assure que je vais bien, ce n'était qu'un cauchemar.
-Tu es sûr qu'il s'agissait d'un cauchemar ? Insista l'homme dont le regard luisait d'espoir. Tu as prononcé un prénom, Bella, qui est-ce ?
-Je ne sais pas… Je… Ca ne veut rien dire.
-Tu es sûr ?
-Je… Pardon, je ne veux pas paraître impoli, mais je dois retrouver ma femme et ma fille.
-Ta femme ?
-Oui, Jane. Je vous la présenterais après la cérémonie de ce soir si vous le désirez.
Lentement, il descendit du lit et se dirigea vers la porte. Ses pas étaient lents, il était troublé. Pourquoi cet homme paraissait-il soudain si triste ? D'où lui venait cette envie de se jeter dans ses bras pour s'y réfugier ?
-Edward.
C'était à peine un murmure, une supplique qui avait franchi les lèvres de l'homme. Il se retourna. Son regard plongea dans les yeux émeraude de Carlisle. Ce qu'il y lut oppressa sa poitrine, personne ne l'avait jamais observé ainsi, il se sentait important, unique, aimé… L'homme fit un pas vers lui et il ne bougea pas. Il détestait les contacts, il devait prendre sur lui quand son père ou quand Jane l'étreignait, mais il ne se déroba pas face à cet étranger. Il ferma les yeux étonné de se sentir à sa place et en sécurité. La porte de la chambre s'ouvrit mettant un terme à leur accolade.
-Anthony, il est temps de te préparer.
-Oui, Maître Marcus. »
Il salua les deux adultes d'un léger mouvement de tête avant de rejoindre ses quartiers. Il entra et sourit à Jane qui était en train d'habiller leur fille, il s'approcha d'elles. Anthony embrassa tendrement le front de Crystal qui lui sourit avant de se pencher vers son épouse pour déposer un baiser sur sa joue, mais celle-ci tourna la tête et leurs lèvres se trouvèrent. Il ne se déroba pas pour ne pas offenser sa femme, mais un sentiment de trahison nouait ses entrailles. Jane caressa tendrement sa joue avant de prendre Crystal dans ses bras et de sortir. Soulagé d'être enfin seul, Anthony se dépêcha d'aller prendre sa douche.
Il sortait de la salle de bain, une serviette nouée autour de ses hanches pour se rendre dans sa chambre, car il avait oublié de prendre des vêtements propres, quand il se figea. Il n'était pas seul. Maître Caïus était installé dans l'un des fauteuils du salon, le regard qu'il posa sur lui le fit frissonner et il regretta de ne pas avoir pris ses vêtements. Lentement, le Maître se leva, au fur et à mesure qu'il s'approchait de lui, il reculait pour conserver le plus de distance possible entre eux. Malheureusement, son dos ne tarda pas à heurter le mur du salon. Un sourire amusé se dessina sur le visage de Maître Caïus quand il laissa échapper un hoquet de peur. Anthony ne savait pas pourquoi, mais tout son être lui hurlait de partir, de courir loin de cet homme, mais la peur paralysait son corps. Le Maître posa une main sur sa serviette, sa respiration se bloqua dans sa poitrine et il se mit à trembler.
« -Anthony ! Tu es prêt ?
Maître Caïus recula vivement d'un pas quand le Grand Maître fit son entrée. Son père s'arrêta sur le seuil du salon pour les dévisager à tour de rôle, un froncement de sourcils remplaça son visage auparavant jovial.
-Que fais-tu ici Caïus ?
-Je venais demander à ce jeune homme de se presser, répondit le Maître d'un ton nonchalant.
-Vraiment ?
-Oui.
-Anthony, vas t'habiller !
Le ton soudain sec de son père le fit réagir. Aussitôt, il partit s'enfermer dans sa chambre. Il était en train d'enfiler ses vêtements quand il entendit malgré lui la conversation qui se déroulait dans l'autre pièce, les deux hommes paraissaient furieux et leurs cris devaient être audibles même dans le couloir.
-Comment ai-je pu être aussi aveugle ? Rugit son père. Et dire que j'ai envoyé balader Marcus quand il m'a dit que tu avais un comportement plus que déplacé avec le petit ! Comment as-tu pu le toucher ?
-Tu te trompes, Aro, Marcus t'a raconté n'importe quoi, tu ne trouves pas que c'est plutôt lui qui a un comportement suspect vis-à-vis d'Anthony ? N'as-tu pas remarqué qu'il reste tout le temps près de lui ?
-J'ai remarqué, mais je pense qu'il fait cela pour que tu ne puisses plus lui faire du mal !
-Tu me fatigues, Aro ! J'en ai plus qu'assez de toutes ces simagrées ! Te rends-tu comptes de ta folie ? Tu n'as plus conscience de quoi que ce soit ! Et en plus tu nous mets tous en danger en acceptant Carlisle ici ! Combien de temps penses-tu qu'il nous reste avant que le FBI ne donne l'assaut ?
-Carlisle est venu car il croit en Orion, il croit en nos principes et…
-Arrêtes tes bêtises et ouvre les yeux ! Ton cher Carlisle n'est là que pour une seule chose : récupérer son fils ! Récupérer Edward !
Edward… Anthony repensa à son rêve, à la jeune fille qui avait murmuré ce même prénom… Et puis, il y avait cet homme, ce Carlisle, selon Maître Caïus il était venu chercher son fils, il ferma les yeux et se rappela la chaleur de son regard, ses gestes tendres… Serait-il possible ? Non…
-Ne l'appelle pas comme ça ! Rugit Aro ce qui le sortit de ses réflexions.
-Et pourquoi ne l'appellerais-je pas ainsi ? C'est son nom ! Celui que Carlisle lui a donné à sa naissance ! Il s'appelle Edward et non Anthony !
Anthony posa sa main sur sa bouche pour réprimer un cri. C'était lui ! Il était Edward ! Son cœur se gonfla de joie quand il repensa à son rêve : c'était lui qu'elle appelait et non un autre ! Où était-elle ? Car maintenant il était presque certain qu'elle existait, l'impatience naquit en lui alors qu'il se demandait comment la retrouver. Soudain, une des paroles de Maître Caïus lui revint en mémoire… Cet homme qu'il avait croisé tout à l'heure, Carlisle, était son père ! Il ne saurait pas l'expliquer, mais il lui semblait que tout ceci était vrai. Il avait ressenti plus de choses auprès de cet homme qu'avec ceux qui se disaient être sa famille. Un coup frappé à la porte de sa chambre le sortit de ses pensées.
-Es-tu prêt ?
-Euh, oui.
Le jeune homme mourrait d'envie de demander des comptes à son soi-disant père, mais une petite voix lui souffla qu'il valait mieux qu'il se taise. Il sortit de sa chambre pour voir qu'Aro était seul, il semblait mécontent et l'observa avec attention, le Grand Maître devait se demander s'il avait entendu leur conversation.
-Je n'arrive pas à mettre ce truc, avoua-t-il d'une voix douce en montrant le bout de tissu, peux-tu m'aider père ?
Aussitôt, le regard d'Aro se radoucit. Il lui sourit et s'approcha de lui pour nouer le foulard autour de sa tête et dissimuler ainsi sa calvitie aux adeptes. Quand il eut terminé, le Grand Maître caressa tendrement sa joue.
-Nous allons partir, Anthony, lui confia-t-il dans un murmure. Ce soir, tu nous guideras vers Orion. Nous serons en sécurité là-bas, nous y vivrons heureux et toi, mon ange, tu y règneras avec toute ton innocence et ta beauté. »
Le jeune homme tenta d'afficher un sourire convaincant, il dut y parvenir car Aro l'étreignit avant de le guider vers le jardin où les adeptes attendaient le début de la cérémonie. Le Grand Maître ne le quitta pas, gardant toujours une main dans son dos pour qu'il reste à ses côtés. Son regard balaya les alentours, il le cherchait, il avait besoin de le voir, de lui dire que ce soir il allait se passer quelque chose de grave. Soudain, il aperçut ses cheveux blonds où se reflétait la lueur des flambeaux. Son cœur s'emballa dans sa poitrine, c'était son père. L'homme regardait nerveusement autour de lui, se pouvait-il qu'il le cherche ? Soudain, leurs regards se croisèrent et un sourire se dessina sur le visage de Carlisle. Par son regard, il essaya de lui faire comprendre ce qui se tramait, il espéra qu'il comprit car soudain, le sourire de son père se fana. Cependant, il n'eut pas le loisir de l'observer davantage, car Aro l'emmena à l'intérieur de la salle des prières.
Le jeune homme se figea sur le seuil, la pièce était différente. Il n'y avait plus les rangées de chaises, il n'y avait plus l'autel recouvert d'une nappe brodée, il n'y avait plus les trois immenses trônes où s'installaient les Maîtres durant les prières. Son sang se glaça dans ses veines alors qu'ils marchaient entre les coussins blancs éparpillés sur un immense tapis doré qui accueillerait certainement les adeptes. Aro lui fit grimper les quelques marches qui menaient à l'autel, ils surplombaient ainsi la salle. Il observa pendant quelques secondes les dizaines de bouquets de fleurs blanches dont le parfum entêtant commençait à lui faire mal à la tête, à moins que ce ne soit l'encens ou la peur… Le Grand Maître lui tourna le dos et s'affaira dans une préparation qui lui parut étrange : il écrasait des petits comprimés avant de les verser dans du vin. Il mélangea le tout. Le jeune homme détourna le regard pour ne pas lui montrer son trouble, ses doigts se posèrent sur la pierre fraîche et rugueuse de l'autel. Sa peur s'accentua quand il vit l'immense poignard qui se trouvait sur un recoin. Son manche en or incrusté de pierres précieuse et surtout sa lame incurvée et tranchante.
« -Anthony !
La voix du Maître le fit trembler, il se tourna et ne fut pas rassuré par le regard doux de ce dernier.
-Bois, ordonna-t-il en lui donnant un gobelet.
-Je… Je n'ai pas soif.
-Ce n'était pas une suggestion, mon ange, bois !
-Non, refusa-t-il en reculant.
-Félix !
Avant qu'il n'ait pu esquisser le moindre geste, la poigne ferme du garde s'abattit sur lui, ses mains se crispèrent sur ses épaules pour l'empêcher de bouger, le Grand Maître s'approcha, le verre à la main.
-Pitié, supplia-t-il, je vous en prie…
-N'aie pas peur, mon ange, tu vas voir, tout va bien se passer. »
Le jeune homme tenta une nouvelle fois de se débattre, mais il ne faisait pas le poids face à Félix. Le Grand Maître tenta de lui faire ouvrir la bouche, mais il ne céda pas. Alec vint alors l'aider, appuyant fermement sur sa mâchoire, il entendit un craquement et la seconde suivante il était contraint d'ouvrir la bouche sous le coup de la douleur. Aussitôt, Aro y versa son étrange mixture. Il en recracha, refusant d'avaler, mais Alec referma sa bouche l'obligeant ainsi à avaler ce qu'il n'avait pu recracher. Alors que le Grand Maître le félicitait pour avoir tout bu. Les mains de Félix quittèrent ses épaules pour le soutenir au niveau de la taille, ses pieds ne le portaient plus, la salle valsaient dangereusement devant ses yeux. Alec attrapa ses pieds et ils le déposèrent sur l'autel. Malgré la torpeur qui envahissait son esprit, il voulut bouger, mais il s'en révéla incapable. Le jeune homme sentit une larme couler le long de sa joue quand Aro approcha le poignard de sa tunique. La fraîcheur du métal effleura sa peau.
Carlisle avait enfilé la tenue que Marcus lui avait donné et maintenant il le suivait dans le dédale de couloirs pour se joindre aux autres adeptes pour la cérémonie. Marcus était nerveux, il avait tenté de l'interroger, mais il n'avait obtenu aucune réponse. Ils étaient maintenant dans le jardin éclairé par des lampions, l'endroit était magnifique et il aurait pu l'apprécier s'il n'avait pas été dans une situation aussi critique ! Son regard balaya la foule, il reconnut certains visages, des médecins, des hommes politiques, de riches héritiers, il se demanda pendant un instant comment Aro avait pu duper des gens aussi sérieux. Au fur et à mesure qu'il détaillait l'endroit, il sentit l'angoisse naître en lui : où était son fils ? Soudain, il trouva ce qu'il cherchait : Edward. Le jeune homme l'observait avec attention, un fin sourire s'étira sur le visage de son enfant et la lueur qui brûlait dans son regard l'interpella. Il avait l'impression de ne plus être un inconnu, le jeune homme semblait savoir qui il était. A son tour, il lui sourit. Cependant son sourire disparut quand il vit la peur transparaître sur le visage de son fils, celle-ci s'accentua quand Aro l'entraîna à l'intérieur. Il allait leur emboîter le pas, mais Marcus l'en empêcha, il l'entraîna vers une petite salle qui se trouvait non loin de là.
« -Quel est le plan ?
-Quoi ? Demanda Carlisle perdu.
-Tu n'es pas venu ici sans avoir un plan, sans avoir un moyen de sortir ton fils de là ? Quel est-il ?
-Tu crois vraiment que je vais te parler ?
-Il le faut, Carlisle ! Aro a prévu le grand voyage pour ce soir ! S'écria Marcus paniqué. Il a complètement perdu la tête !
-Alors, fais quelque chose !
-J'ai essayé, mais il ne m'écoute pas ! Il a eu une violente dispute avec Caïus et cela l'a conforté dans son idée que le grand départ aurait lieu ce soir ! Je vais essayer de vous faire sortir avec Edward, mais vous n'irez pas bien loin si tu n'as pas un plan de secours.
-Eléazar m'a indiqué un passage secret qui donne sur le fleuve, il a caché un téléphone portable à la sortie du tunnel, révéla Carlisle car il n'avait plus le choix, je dois l'appeler dès que nous sommes sortis, normalement, il se tient prêt. Dès que je l'appelle, il vient nous chercher en bateau.
-A ce que je vois, Eléazar est toujours aussi futé, nous ne possédons pas de bateau, nous n'en avons pas l'utilité. Son plan peut marcher.
-Mais pour cela, il faut récupérer Edward !
-Je m'en charge, assura Marcus. Où se trouve l'entrée du passage ?
-Il m'a dit qu'elle était près de la statue qui se trouve à l'angle Nord du jardin.
-Très bien, tu vas m'attendre ici pendant que je vais chercher Edward, puis, je vous emmènerais là-bas.
-Je…
-Oui ?
-Ils vont mourir, n'est-ce pas ?
Marcus ne répondit pas, il baissa la tête avant de serrer les poings. Puis, tout en laissant échapper un soupir, il se dirigea vers la porte.
-Marcus ! On ne peut pas laisser faire ça ! Tous ces gens ne méritent pas de finir ainsi, il faut…
-Rien, nous ne pouvons rien faire, le coupa-t-il, s'ils ne meurent pas de la main d'Aro ce sera de celle de Caïus et crois-moi, il vaut mieux pour eux qu'ils meurent paisiblement.
-C'est horrible ! On doit…
-Rien, tu ne feras rien, Carlisle, car si tu parles, tu signes ton arrêt de mort, Aro n'empêchera pas Caïus de te tuer et Edward mourra aussi. Si tu veux sauver ton fils tu n'as pas le choix. Alors, vais-je le chercher ?
-Oui, répondit-il honteux de sacrifier tous ces gens pour sauver son enfant.
-Attends-moi ici.
-Marcus, attends, s'il-te-plaît.
-Qu'y-a-t-il encore ? Grogna le Maître.
-Et… Et Crystal ?
-Tu m'en demandes trop.
-Ce n'est qu'une petite fille, je t'en prie, Marcus !
-Soit, soupira-t-il, je ne pense pas que quiconque trouve étrange de la voir avec nous, après tout, elle sera avec son père.
Carlisle acquiesça et le remercia d'un mouvement de tête. Marcus s'approcha de la porte, il posa sa main sur la poignée qu'il tourna, mais rien ne se passa. Il essaya une nouvelle fois, mais toujours rien.
-Nous sommes enfermés !
Carlisle le rejoignit en quelques enjambées et tenta lui aussi d'ouvrir la porte, mais il n'y parvint pas. Un cri de désespoir franchit ses lèvres et il se mit à tambouriner contre l'épais panneau en bois, après tout, les adeptes étaient dans le jardin, quelqu'un les entendraient bien.
-Ca ne sert à rien, cette pièce est insonorisée, nous nous en servions pour surveiller les adeptes.
-Quoi ? Que veux-tu dire ? »
Marcus ne lui répondit pas. Il se contenta d'éteindre la lumière et de tirer sur une teinture qui obstruait tout un pan de mur qui se révéla être une immense vitre sans tain. Un cri d'horreur lui échappa quand il vit un autel de pierre sur lequel son fils reposait, il était là offert en sacrifice à la folie d'un homme. Au premier abord, il crut qu'il était inconscient, mais le regard paniqué d'Edward le détrompa. Carlisle tressaillit quand il vit le poignard posé sur le torse quasi-imberbe de son enfant. La cérémonie allait commencer ! Les adeptes étaient en train d'entrer et de s'installer ! Un grognement attira son attention, il se tourna vers Marcus qui était furieux, il suivit son regard pour voir que Caïus les fixait d'un air narquois. C'était lui qui les avait enfermés ! Caïus se réjouissait de savoir qu'ils allaient assister au carnage sans pouvoir intervenir ! Carlisle cria son désespoir alors que ses poings s'abattaient violemment sur la vitre sans que pour autant celle-ci ne cède.
Sans un mot, Bella monta à l'étage laissant sa famille de cœur et Lynda au rez-de-chaussée. La jeune femme les avait rejoints dès qu'ils avaient appris la disparition de Carlisle. Aaron et son équipe étaient sur une piste et Lynda n'avait pas pu les suivre à cause de son état. La future mère avait donc organisé les recherches depuis Forks, mais cela n'avait pas duré longtemps. Carlisle avait appelé Esmé, il lui avait dit ne pas avoir beaucoup de temps, il avait juste ajouté qu'il allait bien et qu'il allait le ramener. Depuis, tous avaient attendus un nouvel appel du chef de famille, mais rien ne vint. Lynda avait tenté de les rassurer, ils allaient réussir et la famille allait être à nouveau réunie !
Ses doigts se posèrent doucement sur le panneau en bois qu'elle poussa. D'un pas hésitant, elle entra dans sa chambre. Bella s'empara d'un pull qu'elle gardait près d'elle pour dormir, il portait encore la trace de son odeur. Elle s'allongea sur l'immense lit, froid et vide, qui avait accueilli leurs ébats. Les larmes coulèrent sur son visage alors qu'elle inspirait son parfum, tentant de calmer ainsi la douleur qui lui vrillait les entrailles. Il se passait quelque chose, elle ne savait pas d'où lui venait cette certitude, mais elle le savait et ce n'était pas une bonne chose.
Un gémissement de douleur lui échappa, une image venait de se dessiner devant ses yeux pourtant clos. Edward, son Edward était allongé sur une tablette de pierre, il portait des vêtements blancs, aussi blanc que sa peau. Il ressemblait à une statue de marbre, splendide mais morte. Son cœur manqua un battement quand une tâche rouge apparut sur son torse, au fur et à mesure que celle-ci grandissait, elle voyait ses yeux émeraude se voiler… Cette vision d'horreur lui arracha un cri qui alerta toute la maisonnée, tous se précipitèrent à ses côtés, mais elle ne les entendait pas, elle ne les voyait pas. Elle était perdue sans sa lumière, sans sa moitié, sans son âme sœur…
Il avait froid. Il avait peur. Il aurait aimé pouvoir se débattre, pouvoir hurler, mais il en était incapable. Son esprit était prisonnier de son corps inerte. Il n'était plus qu'une marionnette entre ses mains. Les adeptes entrèrent, un à un, ils s'installèrent sur le sol. Aro commença son discours et des sourires naquirent sur leurs visages, leurs yeux se mirent à briller. Il voulut leur crier de fuir, étaient-ils fous pour croire aux paroles d'Aro ? Sûrement, sinon, ils ne seraient pas ici. Le jeune homme observa la salle, cherchant du regard Carlisle, peut-être que lui il pourrait l'aider ? Après tout, il était son père. Cependant, il n'était pas là. Il comprit alors que personne ne le sauverait…
Résigné, il attendit la fin. Son esprit confus lui montra plusieurs images, des visages qui lui étaient familiers. Il revit la belle jeune fille brune, Bella, puis deux garçons et deux filles de son âge, leurs sourires lui étaient familier, apparut, ensuite, une femme d'âge mûr. Qui était-elle ? Il vit Carlisle l'enlacer avec tendresse, sa mère, c'était sa mère. Les larmes coulèrent à nouveau le long de son visage. Il sursauta en sentant une petite main douce et chaude essuyer ses sanglots. Son regard croisa alors celui de sa petite fille qui l'observait avec inquiétude. Crystal… Pour elle, pour sa fille, il devait se battre ! Il devait la sauver ! Le jeune homme réunit ses forces, mais il ne parvint pas à bouger. Ravalant un cri de rage qui ne pourrait pas sortir, il lutta avant de rendre les armes. La lame froide et tranchante du poignard venait de couper sa chair. La douleur irradia son corps alors que ses yeux observaient son sang couler dans une coupe tenue par le Grand Maître. Ses forces l'abandonnèrent, il sombra…
Carlisle frappait de toutes ses forces contre la vitre. Cependant, il se figea lorsqu'il vit Aro approcher le poignard du corps de son fils. Des larmes roulèrent sur ses joues quand il vit le sang de son fils couler le long de sa peau albâtre. Il retint un haut le cœur quand Aro s'agenouilla pour récolter le sang de son enfant !
« -Pousses-toi !
L'ordre de Marcus le sortit de sa torpeur, il s'écarta et Marcus abattit violemment une chaise contre la vitre, celle-ci trembla mais ne céda pas, la chaise, par contre, était brisée.
-Y'a-t-il une autre issue ? Demanda-t-il d'une voix paniquée.
-Non ! Je… Je suis désolé, Carlisle. »
Le médecin se laissa lourdement tomber sur le sol, il ne repoussa pas la main de son ancien ami lorsqu'il la posa sur son épaule pour lui apporter un peu de réconfort. Même si Edward ne pouvait pas le voir, il voulait être là pour lui, jusqu'au bout, il accompagnerait son fils. Son regard plongea dans celui si semblable au sien, une plainte lui échappa quand il le vit se voiler…
Les couloirs de l'abbaye étaient silencieux et étrangement déserts, cela n'augurait rien de bon. Doucement et tout en étant sur leurs gardes, ils s'avancèrent dans le labyrinthe de couloirs. Tout se ressemblait ici, ils avaient énormément de mal à se repérer et le plan qu'on leur avait donné n'était pas juste, les adeptes avaient dû faire des travaux et cela ne facilitait pas leur progression ! Ils s'approchèrent d'une porte, ils ouvrirent, mais rien toujours rien. Son inquiétude commença à s'accroître, où étaient-ils tous ? Il ferma les yeux pour essayer de chasser l'image funeste qui hantait son esprit : ils étaient tous là, morts, un suicide collectif, et au milieu des cadavres, ils découvraient celui du père et du fils. Edward… Carlisle… Ils devaient les retrouver ! Le temps pressait.
A l'aide de plusieurs signes, il divisa le groupe en trois, ils seraient plus vulnérables en cas de conflit, mais cela leur permettrait de fouiller plus vite l'abbaye et la forteresse. Il poussa une porte qui donnait sur le cloître. Ils seraient à découvert, mais c'était aussi le premier endroit où ils découvraient des signes de vie. Des lampions éclairaient le jardin qu'entourait la galerie où ils avançaient prudemment. Soudain, il aperçut de hautes statures qui se tenaient dos à une porte, les deux hommes montaient la garde. Prudemment et en se cachant le plus possible, ils s'approchèrent d'eux. Sans un bruit, les deux hommes furent mis hors d'état de nuire. Doucement, il entrouvrit la porte qui donnait sur une grande salle, une trentaine d'adeptes étaient allongés sur le sol, ils paraissaient drogués car leurs propos et leurs gestes étaient incohérents.
« -Buvez le sang de l'Elu, celui-ci vous conduira à Orion ! »
Il réprima difficilement un haut le cœur et une plainte d'effroi en entendant les propos du Grand Maître. Oubliant toute règle de prudence, il pénétra dans la pièce, son arme au poing. Son regard ne s'attarda pas sur le corps dénudé de son protégé, sur son sang coulant maintenant sur le sol. Il visa les gardes et fit feu. Ses balles les touchèrent mortellement. Il laissa le soin à ses coéquipiers de le couvrir pendant qu'il se précipitait vers l'autel de pierre. L'une de ses mains se posa dans le creux de son cou à la recherche d'un pouls pendant que l'autre comprimait tant bien que mal la plaie sanguinolente.
« -Accroche-toi, Edward ! Je t'en prie, tiens bon ! Le supplia-t-il. On a besoin d'une ambulance ! Appelez immédiatement les secours !
Des coups de feu retentirent, aussitôt, il se jeta sur le corps mourant du jeune homme pour le protéger.
-Situation maîtrisée ! Hurla Chase.
-Les secours sont en route ! L'informa David. Comment va-t-il ?
-Pas bien, murmura-t-il inquiet.
-Aaron !
L'agent du FBI se retourna en entendant son nom, Carlisle courrait vers lui, Ryan sur ses talons tenait une trousse de premiers secours.
-Comprimez bien la plaie ! Ordonna le médecin en ouvrant la trousse et en s'agenouillant. Je vais faire un garrot en attendant l'arrivée de l'ambulance.
Les doigts agiles du médecin s'enroulèrent autour des siens, déposant des compresses entre sa main et le poignet d'Edward sans pour autant l'obliger à défaire son étreinte. Carlisle prit ensuite un épais élastique qu'il noua en-dessous du coude de son fils. Il attrapa le stéthoscope pour écouter le rythme cardiaque du jeune homme, ses traits se crispèrent et il comprit que le résultat n'était pas bon. Au même moment, ils entendirent par la radio que l'un des gourous et Bentley, accompagnés de quelques gardes, s'enfuyaient. Son regard fit le tour de la pièce, Aro et Marcus étaient là, menottés. Aaron hésita, il voulait se lancer à la poursuite de William et de Caïus, mais il ne souhaitait pas abandonner Edward et Carlisle.
-Je reste avec eux, le rassura David. Vas-y !
Aaron croisa alors le regard de Carlisle, ce dernier acquiesça de la tête et la minute suivante, l'agent du FBI, accompagné de Chase, se lançait à la poursuite des fuyards. Ils étaient dans le cloître quand ils entendirent des coups de feu retentir à l'étage. Ils s'y précipitèrent. L'un de leurs hommes était blessé et les autres avaient été obligés de se replier à l'extérieur pour ne pas être eux aussi touchés.
-Evacuez-le ! Ordonna Chase pendant que deux hommes emmenaient le blessé.
Aaron se pencha par la porte qui avait été défoncée, il évita une salve de balles en se reculant brutalement.
-Ils sont en train de s'échapper ! »
En effet, il avait eu le temps d'apercevoir William et son père remplir un attaché-case, son géniteur enjambait la fenêtre sous la protection des gardes qui ne cessaient de tirer dans leur direction. Aaron se repassa rapidement le plan de l'abbaye en tête, priant pour qu'il n'y ait pas eu trop de changements ! N'écoutant pas les cris de Chase, il courut, seul, à l'extérieur. Il contourna le bâtiment au pas de course au moment où une BMW noire démarrait. Aaron se figea quelques secondes avant d'entendre le véhicule vrombir. La voiture fonça sur lui, il l'évita de justesse en se jetant sur le côté. Une grimace se dessina sur son visage quand il tomba sur son coude, un craquement parvint à ses oreilles alors que la douleur irradiait son bras. Pourtant, tout en serrant les dents, il se redressa. Il était droitier, mais la douleur de son coude se propageait dans tout son membre, l'empêchant de se servir de son arme.
Aaron décrispa ses doigts qui semblaient bloqués autour de son arme. Il la transféra à sa main gauche et visa. Il fit plusieurs fois feu, touchant le pneu de la voiture qui éclata. La BMW fit une embardée avant d'entrer violemment en collision dans un mur. Il courut vers la voiture, son arme pointée devant lui, se tenant prêt à toute éventualité. Il s'approcha de la portière conducteur. L'agent du FBI redressa prudemment la tête de Caïus et posa ses doigts sur son cou, le pouls était faible, l'homme était inconscient. Une plaie béante barrait son front, il n'irait nulle part. Son regard se posa alors sur le siège passager qui était vide. Il se redressa et chercha son géniteur du regard. Ce dernier s'enfuyait, tenant fermement la mallette qu'il les avait vu prendre avant de s'échapper.
« -Arrête-toi ! Hurla Aaron en le rattrapant. Arrête-toi ou je tire !
-Tu ne le feras pas ! Ricana William. Tu as toujours été un faible !
Leurs regards onyx si semblables s'accrochèrent, ils se défièrent, se jaugèrent… Lentement, il vit la main de Bentley remonter vers l'arrière de la ceinture de son pantalon.
-Ne bouge pas ! Lève tes mains que je puisse les voir !
Son père lui offrit un sourire narquois, il le défiait, le poussait à bout, persuadé qu'il ne ferait rien.
-Vas-y continue ! Le provoqua Aaron. Donne-moi une bonne raison de tirer !
-Tu n'oseras pas ! Rugit Bentley en attrapant l'arme qui était caché dans sa ceinture.
Cela ne dura que quelques secondes, des images défilèrent dans son esprit, il se revoyait, enfant, dans son lit, tremblant en entendant ses pas dans le couloir, il se rappelait la douleur, l'humiliation, les coups… Il tira, son géniteur fit de même. La balle le frôla, allant s'encastrer dans l'arbre qui se trouvait derrière lui, sa balle par contre se logea dans l'épaule de Bentley qui tomba lourdement sur le sol. La colère l'aveuglait. En quelques pas il le rejoignit, toute lucidité avait quitté son esprit, il donna un violent coup de pied dans le ventre de William qui gémit de douleur. Aaron pointa son arme sur sa tête, son doigt se crispa sur la gâchette.
-Non, pitié, gémit son père, non…
-As-tu eu pitié de moi quand je te demandais de me laisser ? Rugit Aaron.
-Je t'en prie !
-Je t'ai supplié ! J'ai pleuré ! Mais ça ne te faisait rien, strictement rien ! Tu revenais nuit après nuit pour me tourmenter ! Alors, dis-moi, pourquoi aurais-je pitié de toi ? Tu es un monstre !
-Je… J'ai…
-Quand je pense que tu as voulu toucher Edward ! Et mon fils ! Mon enfant, tu le voulais ! Tu vas crever !
-Aaron !
La voix de David claqua dure et sèche. Pourtant, il ne le regarda pas, son regard haineux ne pouvait se détourner de son géniteur. Son pied se posa sur l'épaule blessée de Bentley, qui avait tenté de se détourner, il appuya souhaitant le blesser.
-Aaron, je t'en prie, tenta de le raisonner David alors qu'il voyait Chase s'approcher prudemment, tu ne veux pas faire ça, ce n'est pas toi ! Si tu les tues, il aura gagné, il aura fini par détruire l'homme que tu es devenu. Réfléchis ! Pense à Lynda, pense à votre enfant ! Que lui diras-tu quand il saura que tu as été viré d'un travail qui était ta vie ? Que tu as été en prison ? Pense à Edward, tu es son modèle, tu ne peux pas l'abandonner ! »
Aaron ferma les yeux. Il entendait les propos de David, il avait raison, comme toujours… Il allait remettre le cran de sécurité de son arme quand il rouvrit les yeux et croisa le regard railleur de son père. La colère se raviva dans ses veines, son doigt pressa la gâchette, le coup de feu partit !
Bella était entourée des frères et des sœurs de son petit-ami, ils étaient tous blottis les uns contre les autres sur le lit d'Edward. Esmé était installée sur le divan en cuir noir, Lynda avait passé un bras autour de ses épaules et la réconfortait du mieux qu'elle le pouvait. La nuit était tombée et aucun d'entre eux n'avait bougé pour allumer une lampe. La pénombre les englobait, dissimulant leurs traits noyés par le chagrin ainsi que leurs larmes. Tous sursautèrent quand ils entendirent la sonnerie d'un portable. Lynda se redressa et prit son téléphone qui était dans sa poche. Elle décrocha et parla quelques secondes avec son interlocuteur avant de raccrocher.
« -Ils les ont retrouvé, leur annonça-t-elle.
Aussitôt, tous se redressèrent. Bella laissa échapper un cri de joie et la seconde suivante toute la famille se réunissait dans un câlin collectif. Ils se séparèrent car Emmett, comme à son habitude, les étouffait dans son étreinte de fer. Esmé la prit dans ses bras, tout en lui murmurant que le cauchemar était maintenant terminé. Ils se sourirent et Emmett déclara qu'il fallait fêter cela ! Bella prit son téléphone pour informer son père de la bonne nouvelle ! La jeune fille étaient en train de partager sa joie avec Charlie quand son regard se posa sur Lynda, la jeune femme avait le regard perdu dans le vague, ses mains s'étaient crispées sur son ventre arrondi. Bella raccrocha, sa joie s'évapora alors qu'elle comprenait que Lynda ne leur avait pas tout dit…
