Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.
Hello !
J'espère que vous allez tous bien ! Je viens juste de rentrer de vacances et je tenais à vous remercier pour toutes vos reviews ! Merci énormément pour votre soutien ! Merci pour vos encouragements !
Je n'ai pas eu trop le temps d'écrire donc du coup je me retrouve un peu prise de court. J'ai préféré me concentrer sur la mise à jour de mes fics donc je n'ai pas pu répondre à toutes vos reviews. J'espère que vous ne m'en voudrez pas trop, mais je tenais à publier rapidement.
Encore un immense merci pour vos mots encourageants, merci pour tout !
Promis, je fais mon possible pour ne plus me laisser submerger !
Bonne semaine à tout le monde.
A bientôt !
Sur ce :
Bonne lecture !
Chapitre 40 : Retour et fuite
Carlisle s'éveilla en sursaut en entendant un gémissement de douleur. Aussitôt, il quitta le fauteuil dans lequel il s'était assoupi pour se précipiter vers son fils qui tentait de quitter son lit. Il l'obligea à se rallonger et cela ne fut pas dur car Edward était faible. Tout en lui murmurant des paroles rassurantes, il caressa sa joue pendant que les paupières du jeune homme papillonnaient. Edward finit par se rendormir. Carlisle fit quelques pas dans la chambre pour dégourdir ses membres qu'une nuit sur le fauteuil n'avaient pas épargné. Il était en train de vérifier les constantes de son fils quand on frappa légèrement à la porte. David entra. L'agent observa quelques secondes Edward, un sourire aux lèvres, avant de lui tendre un gobelet de café.
« -Comment va-t-il ?
-Il a perdu pas mal de sang, mais ça va aller. Il a déjà essayé de se lever.
-Edward est fort.
-Oui, j'espère seulement qu'il retrouvera vite ses souvenirs et qu'il pourra enfin être heureux.
-Il le sera.
-Au fait, je n'ai pas vu Aaron, il va bien ?
-Oui, répondit David, il a beaucoup de travail. Il doit organiser l'extradition des membres de la secte pour les Etats-Unis ainsi que notre retour.
-Vous… Vous avez des nouvelles de Crystal ?
-Oui, je suis passé en pédiatrie. Elle dort. Les médecins n'ont retrouvé qu'une légère trace de drogues dans son organisme, elle va aller bien.
-Tant mieux, acquiesça Carlisle.
-Vous devriez aller la voir, murmura David.
-Je ne peux pas et… et je ne veux pas qu'Edward se réveille seul.
-Je vais rester à ses côtés, allez voir Crystal, elle en a besoin.
-Pourquoi faire ? Je suis un inconnu pour elle.
-C'est faux, regardez comme Edward vous a acceptez même s'il n'avait aucun souvenir de vous, Crystal a besoin de sentir quelqu'un auprès d'elle surtout que sa mère est morte.
-Quoi ?
-Certains adeptes, dont la fille d'Aro, ont pris une dose massive du cocktail mortel, dix sont morts.
Carlisle s'approcha du lit pour prendre la main d'Edward dans la sienne. Il soupira avant de se pencher pour poser un baiser sur son front.
-Vous resterez avec lui ?
-Je ne le quitte pas tant que vous ne serez pas revenu, promit David. »
Carlisle le remercia d'un signe de tête. Il jeta un dernier coup d'œil à Edward, il dormait profondément, cette pensée le rassura, il serait de retour avant son réveil. Le médecin sortit dans les couloirs et chercha le chemin de la pédiatrie. Heureusement, il avait fait un peu d'Italien dans sa jeunesse et il réussit à trouver l'étage qui abritait le service. Alors qu'il se demandait où se trouvait la chambre de la fillette, il croisa une infirmière qui se fit un plaisir de le conduire auprès de Crystal. Apparemment, David avait laissé des consignes pour qu'on lui laisse un libre accès à la petite. Une fois devant la porte de la chambre, il inspira profondément avant d'entrer. Sans faire de bruit, il s'approcha du lit à barreau où dormait le petit ange. Crystal était en train de s'éveiller, son pouce était dans sa bouche et ses yeux émeraude l'observèrent avec étonnement.
« -Papa ! »
Carlisle ferma les yeux pendant quelques secondes pour chasser la colère qui couvait en lui. Si à cet instant il s'était retrouvé seul avec les gourous, il aurait probablement tué Aro, Marcus et Caïus pour leurs horreurs. Tout en adressant un sourire qu'il espérait rassurant à la petite, il la prit dans ses bas. Crystal se laissa faire. Sa petite tête vint se loger contre son épaule, il caressa ses cheveux si doux et inspira le parfum de bébé qui émanait d'elle, cela l'apaisa aussitôt. Un léger gargouillement le fit sourire. Il sortit et demanda à une infirmière un biberon. La jeune femme se dépêcha de lui en donner un. Plutôt que de le lui faire prendre dans sa chambre, il informa l'infirmière qu'il l'emmenait avec lui dans la chambre de son fils. Crystal serait heureuse et rassurée de voir Edward.
Le jeune homme s'éveilla en sursaut. La peur nouait son ventre et il se débattit quand il sentit des mains se poser sur lui pour le maintenir allongé. Une main douce caressa son crâne chauve et une voix apaisante résonna à ses oreilles.
« -Calme-toi, tu es en sécurité. Tu ne risques rien, je te le promets.
Il ouvrit les yeux et croisa un regard onyx qui le fit frémir, il eut un mouvement de recul avant de se figer. Ce n'était pas l'adepte qui s'appelait William, non, il ne connaissait pas cet homme qui était plus jeune.
-Tout va bien, répéta l'homme avec douceur. Je ne te ferais pas de mal, personne ne t'en fera, d'accord ?
-Oui, murmura-t-il d'une voix rauque.
-Tu veux boire ?
Il acquiesça. L'homme l'aida à se redresser sur les coussins avant de remplir un verre d'eau et de lui faire boire quelques gorgées.
-Tu veux manger quelque chose ? Lui demanda-t-il.
-Non, merci, monsieur.
-Aaron, je m'appelle Aaron et toi ?
-Je… Je ne sais plus.
-Comment ça ?
-On m'a dit que je m'appelais Anthony, mais je crois que c'est Edward.
-Je le crois aussi, confirma l'homme en lui souriant.
-On se connaît ? Questionna le jeune homme.
-Oui. Les médecins qui t'ont examiné, dont ton père, disent que tes souvenirs vont revenir peu à peu. Edward, j'aimerais que tu répondes à quelques questions. Tu veux bien ?
-Oui.
-Raconte-moi une de tes journées auprès d'Aro, Caïus et Marcus.
-Il n'y a pas grand-chose à en dire, avoua-t-il, j'assistais aux prières trois fois par jour et le reste de mon temps je le passais avec… avec Crystal ! Où est ma fille ? Elle va bien ?
-Oui, rassure-toi, Crystal va bien. Je vais demander qu'on te l'amène, mais avant, j'aimerais que nous terminions notre discussion. Je suis un peu étonné par le peu de temps que tu passais avec les Maîtres.
-A vrai dire, je ne comprenais pas trop leurs préceptes et ils me semblaient quelque peu fantasques. J'ai posé des questions à Maître Marcus, il m'a demandé de ne plus en parler et surtout pas à mon père ou à Maître Caïus. Ensuite, Maître Marcus a tout fait pour que je reste avec Crystal dans mes appartements ou dans les siens.
-Tu ne crois pas en Orion ? Interrogea l'homme avec un petit sourire.
-Non, répondit-il sincèrement.
-Parfait, je vois que malgré ton amnésie, tu as gardé les pieds sur terre. Je suis très fier de toi.
Edward ne connaissait pas cet homme, mais ces quelques mots lui firent énormément plaisir. Son attention fut alors attirée par la porte de sa chambre qui venait de s'ouvrir doucement. Un sourire se dessina sur son visage quand il vit sa fille dans les bras de l'homme qui était apparemment son père. Dès qu'elle le vit, Crystal gigota dans les bras du blond en l'appelant.
-Papa !
Carlisle, s'il se souvenait bien, se figea en le voyant réveiller. Il put voir du soulagement dans ses prunelles, mais la crainte y apparut tout aussi rapidement. Crystal continuait de l'appeler et il tendait les mains vers elle, cependant, le blond ne bougea pas. La colère s'empara alors de lui, de quel droit ne voulait-il pas lui donner sa fille ? ! Il allait se lever quand la voix d'Aaron l'en empêcha.
-Carlisle, donne donc Crystal à Edward ! Ordonna doucement la voix de l'homme. Je suis sûr qu'il sera ravi de donner le biberon à la petite. »
Edward le remercia d'un signe de la tête et récupéra enfin sa fille. La petite se blottit contre lui pour un câlin, puis, il la cala dans ses bras pour lui faire prendre son biberon. Le jeune homme oublia tout ce qui l'entourait comme à chaque fois qu'il était avec sa petite merveille. D'habitude, sa fille tenait le biberon, elle était suffisamment grande, mais là, la petite préférait garder ses mains accrochée à sa blouse d'hôpital. Il se pencha pour déposer un baiser sur son front. Au moment où il se redressait, il croisa le regard des deux hommes, ils lui sourirent avant de lui annoncer qu'ils sortaient quelques minutes. Edward opina, heureux de rester seul avec Crystal.
Carlisle avait été étonné de voir son fils éveillé et rassuré qu'il paraisse aussi alerte. Dès qu'elle avait vu Edward, Crystal s'était agitée pour le rejoindre. C'était normal. Cependant, il avait eu du mal à lui donner la petite quand son fils l'avait réclamé, Aaron avait dû intervenir. Le jeune homme était en train de faire boire son biberon à la petite quand l'agent du FBI l'entraîna hors de la chambre. Aaron le traîna de force jusqu'à un petit salon, il n'avait pas envie de les laisser seuls.
« -Ils ne vont pas s'envoler, lui promit Aaron en comprenant sa réticence.
-Je sais, mais c'est plus fort que moi.
-C'est fini, Carlisle, Edward est en sécurité.
-Je sais, répéta-t-il, mais j'ai tant de fois failli le perdre que j'ai un peu de mal à croire que tout est terminé. D'ailleurs, comment nous as-tu retrouvé ?
-Nous étions déjà sur la piste de l'Italie. J'étais dans l'avion pour Rome quand Lynda m'a appelé pour m'annoncer ta disparition suite à un appel fictif de l'Hôpital. Suite à ça, Lynda a lancé un avis de recherche, mais elle a tout freiné quand elle a compris que tu te la jouais solo. Bref, Carla et elle ont fait une recherche faciale dans les aéroports proches de Forks, malgré ta casquette et tes lunettes noires, elles t'ont retrouvé. Lynda m'a donc dit que tu paraissais effectivement libre de tes mouvements au vue des images et que tu avais pris un vol international pour Rome. Je comptais t'accueillir à ta descente d'avion, mais nous avons dû agir autrement, les autorités locales ne voyant pas notre arrivée d'un bon œil, ils ne nous ont pas laissé agir à notre guise. Je plaidais notre cause auprès des ronds de cuir pour qu'on soit libre de nos mouvements quand tu as débarqué à Rome. Chase et David t'ont filé car nous n'avions pas encore eu le feu vert pour faire des descentes sur les trois sites que l'on soupçonnait d'abriter la secte. Tu les as donc mené jusqu'à l'abbaye. Ils ont voulu t'empêcher d'y entrer, mais c'était trop tard. J'ai malheureusement mis beaucoup de temps à obtenir les autorisations nécessaire pour intervenir. Le rituel avait déjà commencé.
-Vous êtes arrivés à temps, le rassura Carlisle, Edward est sauf et c'est le principal.
-En parlant d'Edward, je pense qu'il faut y aller doucement avec lui, il est fragile. Laissons-le retrouver ses souvenirs et après nous lui diront tout.
-C'est choisir un mal pour un autre, ce n'est pas parce que la Crystal est un bébé que cela ne la touchera pas.
-Edward est plus fragile.
-Il a toujours été très fort, protesta Carlisle.
-Oui, mais là, je crains que ce ne soit le coup de trop. Ne lui parle pas, je t'en prie, du moins, pas tout de suite.
-Je ne sais plus, je suis perdu, admit-il.
-Ecoute, nous devons déjà le préparer à son retour à Forks, concentrons-nous sur ça. Lynda tient les journalistes éloignés, mais avec ces vautours, on peut s'attendre à tout. L'Amérique tout entière est bouleversée par l'histoire d'Edward, ils vont vouloir l'interviewer, avoir des réponses, mais c'est trop tôt.
-Quand pourrons-nous rentrer à la maison ?
-Si Edward est en état de voyager, un avion privé est à notre disposition dès cet après-midi.
-Je vais l'examiner, mais je pense que ça devrait être bon, il a surtout besoin de repos.
-Très bien, tiens-moi au courant.
-Si tu le permets, je vais retourner auprès d'eux.
-Vas-y, mais je t'en prie, ne dis rien. »
Carlisle ne répondit pas. Ses sentiments étaient confus, il ne savait plus quoi penser et surtout il ne voulait blesser personne. Son instinct lui dictait de protéger Crystal, elle n'était qu'une enfant innocente, mais Edward aussi. Sauf que son fils était presque un adulte, qu'il raisonnait en tant que tel et puis il était intelligent, il comprendrait, il accepterait. Rassuré par ses pensées, il poussa la porte de la chambre, bien décidé à aborder un sujet difficile, il était certain qu'Aaron se trompait, Edward était fort. Il entra dans la chambre et s'immobilisa face au spectacle qui s'offrait à lui. Crystal s'était glissée dans le lit du jeune homme, elle s'agrippait à sa blouse d'Hôpital et s'était endormie. Edward l'observait avec tant d'amour que cela fit vaciller sa détermination. Il sourit à son fils et s'installa sur un fauteuil, respectant son silence, il se perdit dans la contemplation de sa chair et de son sang.
« -Vous êtes mon père, n'est-ce pas ? Demanda Edward au bout de plusieurs minutes.
-Oui, te souviens-tu de moi ?
-J'ai quelques flashs, mais rien de concret, admit le jeune homme. Est-ce que…
-Edward, ne te sens pas gêné, pose-moi les questions que tu souhaites, j'y répondrais si je le peux.
-Bella. Elle… Elle existe ?
-Oui, Bella existe.
-Je… C'est… Elle est proche de moi, non ?
-C'est exact, acquiesça Carlisle.
Son cœur se gonfla de joie quand il vit le sourire de son fils, la seule pensée de Bella semblait suffire à le rendre heureux, mais soudain un pli soucieux barra son visage.
-Qu'y a-t-il, mon grand ?
-Je… Je suis marié, souffla Edward avant de baisser les yeux vers Crystal.
Carlisle se leva de sur son fauteuil pour s'asseoir sur le rebord du lit et prendre la main de son fils.
-Qu'est ce qu'Aaron t'a raconté sur les gens avec qui tu étais ?
-Pas grand-chose, il m'a surtout demandé si je croyais en leurs préceptes.
-Et ?
-Non, cela n'avait aucun sens.
-Ils t'ont beaucoup menti, laissa échapper Carlisle.
-Oui, je sais Aro a pris ta place, papa, murmura timidement Edward.
Carlisle lui sourit et déposa un baiser sur son front, son fils ferma les yeux. Le médecin l'observa pendant plusieurs minutes, s'inquiétant de son soudain mutisme.
-Edward ? L'appela-t-il tendrement.
-Tu… Tu dormais souvent avec moi et maman aussi quand… quand je n'allais pas bien.
-Oui, tu t'en souviens ?
-Oui. Je me rappelle d'un grand lit avec des motifs floraux et une tête de lit en bois blanc sculptée.
-C'est le lit de notre chambre, lui confirma-t-il.
-Maman… Maman s'appelle Esmé ?
Carlisle hocha la tête et lui sourit pour l'encourager à poursuivre. Le jeune homme fronça les sourcils pour se concentrer.
-Un petit lutin… Alice ? Et… Emmett ? Ma sœur et mon frère ?
-Oui.
-Puis, Jasper… Jasper et Rosalie ?
-C'est bien toute notre grande tribu ! Tu veux voir leur photo ?
Edward acquiesça, une lueur d'impatience brûlait dans ses prunelles. Carlisle se leva pour aller chercher une photo de sa famille qu'Aaron lui avait donné en prévision de ce moment. Il revint s'installer près d'Edward et lui donna le cliché. Il sentit l'émotion de son fils lorsqu'il posa son regard dessus, son pouce caressa le visage de Bella qui se tenait dans ses bras. Le jeune homme ferma les yeux, des larmes lui échappèrent. Carlisle les essuya.
-Tu te souviens d'autre chose ?
Son fils ne répondit pas. Le blond le prit dans ses bras tout en prenant garde de ne pas déranger Crystal qui dormait toujours.
-Chut… Tout va bien, Edward. Je suis là. On sera tous là pour toi.
-Comment… comment je vais faire ?
-Comment vas-tu faire pour quoi ?
-Bella… Je l'aime.
-Oui et elle t'aime aussi, le rassura-t-il.
-Mais… Mais Crystal, comment… Va-t-elle l'accepter ? Je… Je ne peux pas lui demander autant.
Carlisle mordit sa lèvre inférieure. La question que se posait Edward était légitime pour lui, mais, pour lui, elle n'avait pas lieu d'être…
-Et puis Jane ? Je… Je ne l'aime pas. Je ne me souviens même pas de notre mariage ? Je…
-Calme-toi. Edward, tu n'es pas marié à Jane. Il n'y a aucune trace légale de votre mariage, c'était encore un mensonge d'Aro.
Son fils parut soulagé avant qu'il ne voit d'autres questions se presser dans ses prunelles angoissées.
-Elle va vouloir récupérer Crystal, s'inquiéta Edward, elle est sa mère… Elle… Jane va la prendre… Je sais… Je sais qu'elle ne voudra pas que je la vois si je ne suis pas avec elle.
-Jane n'exercera aucune pression sur toi et Crystal restera avec nous. Edward, tu te souviens qu'Aro t'a forcé à boire une mixture ?
-Oui.
-Tu as recraché la plus grosse quantité et cela t'a probablement sauvé la vie. Plusieurs adeptes ont volontairement bu ce poison mortel, certains ont pu être sauvés, mais pas tous. Jane fait partie des victimes.
Edward mordit sa lèvre pour retenir un cri et ne pas réveiller Crystal. Ses yeux emplis de larmes se posèrent sur la petite fille sur laquelle il resserra son étreinte.
-Je suis là, lui rappela-t-il, tu n'es pas seul, ne l'oublie pas.
-Comment… Comment je vais lui dire ?
-Laisse-la dormir pour le moment, nous lui en parlerons ensemble si tu veux ? »
Edward acquiesça et il le réconforta jusqu'à ce qu'il voit les paupières de son fils s'abaisser. Le jeune homme luttait pour rester éveillé. Ses mains se posèrent sur ses tempes pour les masser, le jeune homme ne put lutter longtemps, il s'endormit. Carlisle laissa son bras autour des épaules d'Edward, il guida la tête de son fils pour que celle-ci repose contre son torse. Le médecin laissa l'une de ses mains masser la tempe accessible de son enfant, pendant que l'autre, caressait doucement les boucles blondes de Crystal.
En fin de journée, il signa les papiers autorisant la sortie d'Edward et celle de Crystal. La petite fille avait réclamé sa mère, mais son fils avait habilement détourné l'attention de la fillette en lui proposant un jeu. Aaron les avait ensuite emmené vers le toit de l'Hôpital où un hélicoptère les attendait pour les conduire à l'aéroport. Le FBI avait organisé leur transport pour qu'ils ne soient pas assaillis par les journalistes de toute nationalité qui faisaient le pied de gru devant le centre hospitalier. Une fois à l'intérieur de l'hélicoptère, il attacha la ceinture d'Edward pendant que son fils faisait de même avec Crystal. Ils étaient tous les trois assis à l'arrière et Aaron était installé à l'avant. Pendant un instant, Carlisle se sentit serein en voyant le regard amusé des enfants qui observaient en souriant le paysage qui défilait sous leurs yeux. Arrivés à l'aéroport, ils grimpèrent rapidement dans le jet où les attendaient les autres membres du FBI. Edward s'assit près de Crystal et Carlisle s'assit face à eux, Aaron prit place sur le dernier fauteuil qui formait le carré dont le centre était occupé par une table. Le jet décolla rapidement. Dans plusieurs heures, ils seraient de retour à la maison et il espérait de tout cœur que cela aiderait Edward à retrouver ses souvenirs, ainsi, peut-être son fils accepterait au mieux la situation.
Ils volaient depuis deux heures quand Edward suivit l'exemple de Crystal et s'endormit. Aaron avait rejoint son équipe dans un coin de l'avion pour faire un débriefing de l'affaire. Carlisle prit le téléphone que lui avait indiqué son ami pour appeler sa famille. Il rassura Esmé et parla à tous ses enfants, il eut même Bella, cette dernière fut déçue de ne pas pouvoir parler à Edward, mais il préférait que son fils se repose et retrouve ses forces. La jeune fille lui repassa Esmé et il parla longuement avec son épouse. Lynda les avait mis au courant de l'état de santé d'Edward et il la rassura du mieux qu'il le pouvait en lui disant que leur fils retrouvait certains de ses souvenirs. Il venait de raccrocher quand il remarqua que Crystal était en train de s'éveiller. Il se leva et s'agenouilla devant la petite fille qui frottait doucement ses yeux avec ses petits poings.
« -Bonjour, ma princesse, la salua-t-il doucement pour ne pas l'effrayer, tu as bien dormi ?
La petite fille le fixa avec interrogation avant de hocher timidement la tête. Carlisle lui sourit et défit sa ceinture avant de lui tendre les bras pour l'inviter à venir près de lui.
-Viens, princesse, je pourrais te lire une histoire ? Proposa le médecin.
-Papa ?
L'enfant leva la tête pour chercher l'accord d'Edward et son cœur se serra. Avec amour, il caressa la joue de la fillette.
-Edward dort, dit-il, il a besoin de se reposer. Alors, veux-tu que nous lisions une histoire ?
Crystal hocha la tête et tendit ses bras vers lui. Il la prit contre lui avant de se rasseoir sur son fauteuil, l'enfant sur ses genoux. Il ouvrit le livre de contes qu'il avait acheté en prévision du voyage et commença à lire une histoire. Crystal l'interrompait quelque fois pour regarder des images ou poser des questions, elle était très vive, tout comme Edward sûrement au même âge, son cœur se pinça en pensant à tous les moments qu'il avait manqué avec son fils. Il se promit de ne plus jamais refaire la même erreur.
-Crystal !
Le cri inquiet d'Edward le fit relever la tête. Son fils venait de s'éveiller et regardait affolé la place vide à côté de la sienne.
-Tout va bien, le rassura-t-il, nous sommes juste en train de lire une histoire.
-Papa !
Crystal gigota entre ses bras pour descendre de sur ses genoux et se dépêcher d'aller se réfugier sur ceux d'Edward. Son fils déposa un baiser sur le front de la petite qui s'agrippa à sa chemise. Son cœur manqua à nouveau un battement et il serra ses poings pour ne rien dire. Une main apaisante se posa sur son épaule, il leva la tête et croisa le regard d'Aaron, bien entendu, il n'avait rien perdu de la scène et s'était approché pour lui apporter son soutien et sûrement s'assurer de son silence.
-Où est maman ?
Edward soupira et gigota dans son fauteuil, mal à l'aise. Son fils leva la tête pour chercher un peu de soutien dans son regard, puis, dans celui d'Aaron. Carlisle se leva et prit place sur le fauteuil où avait dormi Crystal. Il fallait lui parler, lui expliquer car même si elle ne comprendrait pas vraiment, il était important de ne pas lui mentir plus qu'ils ne le faisaient déjà, la petite serait déjà suffisamment perturbée. Il allait ouvrir la bouche pour parler, mais Edward le prit de vitesse.
-Ecoute, mon trésor, commença-t-il en obligeant la fillette à le regarder, maman nous a quitté.
-Pourquoi ? Elle est à Orion sans nous ?
-Orion n'existe pas mon cœur, maman est partie au Ciel avec les anges.
-Pourquoi ?
-Tu te souviens quand Monsieur Diddle, ton hamster, est mort ? Demanda Edward et la petite fille acquiesça. Je t'ai expliqué que Monsieur Diddle était parti au Paradis des animaux et bien maman c'est pareil, sauf qu'elle, elle est avec des anges.
-Je la reverrai ?
-Oui, mais dans très, très longtemps, ma chérie.
Des larmes glissèrent sur les joues de la petite fille alors que son menton se mettait à trembler. Elle avait compris. Edward la prit dans ses bras et la berça tendrement tout en lui murmurant des propos rassurant tout en lui disant que Jane veillait sur elle depuis le Ciel et qu'elle ne serait jamais seule.
-Edward a raison, ne put-il s'empêcher de dire, nous serons toujours là pour toi, princesse.
La petite fille lui jeta un regard humide et emplit de questions.
-Mon cœur, je te présente Carlisle, c'est ton grand-père et bientôt tu verras ta grand-mère, Esmé, puis tes oncles et tes tantes, tu verras, ils sont tous très gentils.
Carlisle ouvrit la bouche, mais une nouvelle fois la main d'Aaron se posa sur son épaule qu'il pressa fermement.
-Edward a raison, Crystal, je suis sûr que tu seras très heureuse avec eux, garantit Aaron.
-Mais… Mais papi Aro ? Questionna la petite-fille.
-Je pense que tu es suffisamment grande pour le comprendre, annonça Aaron en s'agenouillant pour être à sa hauteur, ton grand-père Aro n'est pas quelqu'un de gentil, il a fait de vilaines choses et il va aller en prison.
-Papa avait raison, déclara la fillette.
-Comment ça ? Demanda l'agent du FBI en regardant Edward.
-Même si tous mes souvenirs étaient flous, je ne croyais pas en leurs préceptes, Crystal et moi nous en avons discuté, décidant de ce qui était normal ou pas normal.
-Gentil ou pas gentil ! Rectifia la petite-fille.
-C'est très bien, approuva Carlisle, je suis heureux que vous ayez gardé votre bon sens.
-Donc, t'es mon papi ? Demanda la fillette.
-A vrai dire…
-Oui, c'est ça, confirma Aaron en lui coupant délibérément la parole. Bon, je pense qu'il est temps de manger. Vous avez faim, jeunes gens ?
Crystal hocha la tête et sourit à l'agent du FBI dont elle attrapa la cravate pour jouer avec.
-Elle te plaît ? Questionna Aaron.
-Oui.
-Alors, tiens, tu pourras t'amuser avec, dit l'agent en l'ôtant et en défaisant le nœud pour la lui donner.
-Qu'est-ce qu'on dit Crystal ? Gronda doucement Edward pendant que la fille jouait déjà.
-Merci… Comment tu t'appelles ?
-Aaron, répondit-il.
-Et t'es qui ?
-Je suis un ami.
-Un grand frère, souffla Edward en le regardant. Tu m'as appris à jouer au basket.
-Tu te souviens ?
-Oui. J'ai des flashs, mes souvenirs reviennent ! S'exclama Edward heureux.
-Tant mieux, acquiesça Aaron. Tiens, voilà le dîner.
Il remit en place la table pliante et une hôtesse déposa des plateaux repas devant eux. Edward prit la serviette et la noua autour du cou de Crystal. Puis, après avoir vérifié la chaleur du potage, il en donna une cuillerée à la fillette. Aaron se redressa et lui fit signe de le suivre. A regret, il obéit. Ils s'assirent dans un recoin de l'avion.
-Il s'en sort bien, fais lui confiance, murmura Aaron.
-Je sais, mais… Ce n'est pas bon ni pour l'un, ni pour l'autre.
-Je suis d'accord, mais pour le moment c'est la meilleure solution.
-Tu as tort. Edward…
-Edward a été fragilisé par ce nouvel enlèvement. De plus, je sais qu'il a, au moins une fois, subit de nouveaux sévices.
Carlisle passa une main lasse sur son visage. Il inspira profondément pour chasser ses larmes à imaginant les supplices que son fils avait encore dû subir.
-Tu es épuisé, il faut que tu te reposes. Mange et dors un peu. Ils sont en sécurité.
-Oui, merci, balbutia Carlisle.
Le médecin se redressa et rejoignit sa place dans l'avion. Un sourire se dessina sur ses lèvres quand il vit que Crystal s'appliquait à nouer la cravate d'Aaron sur la tête d'Edward. Le jeune homme rit doucement avant de l'obliger à terminer son repas. La petite somnolait dans ses bras alors que son fils tentait de lui faire terminer son yaourt. Il observa les gestes tendres de son fils qui déplaça la fillette sur le fauteuil voisin qu'il abaissa. Il la recouvrit avec une couverture et déposa un baiser sur son front. Edward se cala alors plus confortablement dans son fauteuil et ferma quelques secondes les yeux.
-Il faut que tu manges, lui ordonna-t-il doucement quand il vit son plateau intact.
-Je n'ai pas faim.
-Tu as perdu une grande quantité de sang, tu as besoin de reprendre des forces. Alors, tu manges ou je te remets sous intraveineuse, menaça Carlisle.
Le jeune homme soupira, mais il saisit tout de même sa fourchette et porta quelques pâtes à sa bouche qu'il mâchouilla difficilement. Carlisle cessa lui-même de manger quand il vit que son fils ne semblait pas décidé à manger plus.
-Quelque chose te préoccupe ? Demanda le médecin.
-Non, j'ai juste pas faim.
-C'est étrange, mais je ne te crois pas. Tu sais, Edward, tu peux tout me dire.
Son fils secoua la tête et ferma les yeux, mais Carlisle eut le temps de voir que ces derniers étaient troublés par des larmes. Il se leva. Avec mille et une précautions, il souleva Crystal et la déposa sur son fauteuil pour prendre la place de la petite-fille. Le médecin s'assit, il redressa le siège et attira Edward dans ses bras. Son fils s'accrocha désespérément à lui, de lourds sanglots secouèrent son corps. Carlisle lui murmura des paroles rassurantes tout en déposant des baisers sur le sommet de sa tête. Ils furent soudain plongés dans l'obscurité. Carlisle releva la tête et croisa le regard compatissant de David qui venait d'éteindre les veilleuses au-dessus de leurs têtes. L'agent du FBI pressa son épaule et déposa un paquet de mouchoirs en papier sur la table avant de les laisser seuls.
-Vas-y, pleure, mon grand, pleure, tu te sentiras mieux après.
-Je… Je…
-Chut, tout va bien.
-Je… me souviens…
-Tout va bien.
-Il… Caïus et… il…
-N'y pense plus, mon grand, c'est fini. Ils ne pourront plus jamais te faire du mal. »
Carlisle passa presque deux heures à bercer et réconforter son fils. Aaron avait raison, ils l'avaient encore un peu plus détruit. Sa haine envers ces hommes se décupla, il n'était pas pour la peine de mort, mais en cet instant, il aurait aimé être le bourreau. Aaron vint le voir quand il vit qu'il commençait à s'endormir. L'agent rabattit la table qui séparait le carré, il actionna le mécanisme qui permettait aux fauteuils de s'allonger, puis, il prit Crystal et l'installa entre eux deux. Il les recouvrit tous les trois avec une couverture avant de rejoindre le reste de son équipe. Carlisle déposa un baiser sur les deux fronts à sa portée avant de s'endormir.
Edward observa une nouvelle fois son reflet dans le miroir de la petite salle de bain du jet. Il soupira en voyant son crâne désespérément chauve. Son père avait nettoyé sa blessure à son réveil ce matin et l'avait ensuite obligé à prendre son petit-déjeuner qui pour le moment faisait le yoyo dans son estomac. Ses mains s'agrippèrent au lavabo pendant qu'il tentait de reprendre le contrôle de son être. De légers coups furent frappés à la porte et avant qu'il ne réponde, la porte s'ouvrit sur Aaron. Son mentor entra et referma la porte derrière lui. Depuis qu'il s'était réveillé, beaucoup de choses s'étaient éclaircis dans son esprit, ses souvenirs étaient plus distincts et c'est pour ça qu'il savait qu'il pouvait avoir une confiance aveugle en Aaron.
« -Comment te sens-tu ? Interrogea l'agent.
-Je crois que je vais vomir, admit Edward.
-Assieds-toi, ordonna Aaron en le faisant asseoir sur le sol.
L'homme ouvrit le robinet et humidifia une petite serviette propre qu'il plia ensuite.
-Ferme les yeux.
Edward obéit. Quelques secondes plus tard, il sentit le linge humide sur son front et ses yeux.
-Détends-toi, tout va bien se passer.
-J'ai peur, confia-t-il.
-De quoi as-tu peur ? Des journalistes ?
-Je veux pas leur parler.
-Tu ne leur parleras pas et nous ferons en sorte qu'ils ne te prennent pas en photo, ni qu'ils te filment. Y'a-t-il autre chose ?
Oui, il y avait effectivement autre chose, mais cela lui paraissait tellement futile qu'il sentit ses joues s'empourprer.
-Je vois que tu reprends des couleurs, remarqua Aaron et il put deviner le sourire de son ami. Dans mes souvenirs, la seule chose qui fait autant rougir autant un jeune homme c'est une fille. Tu as des craintes vis-à-vis de Bella ?
-Je… J'ai plus de cheveux, avoua-t-il dans un murmure.
Un léger rire lui fit regretter de s'être confié. Il grogna quand Aaron enleva la serviette pour l'obliger à le regarder.
-Rassure-moi, dit Aaron en prenant un air sérieux, tu sais que ça repousse ?
-Très drôle, grogna Edward.
-Pardon, mais honnêtement, je ne pense pas que Bella soit avec toi pour tes splendides cheveux.
-Je sais, c'est stupide.
-Ravi que tu t'en rendes compte. Allez, viens, on va bientôt amorcer notre descente sur Seattle.
-Aaron ?
-Oui ?
-Que… Que va-t-il leur arriver ?
Il savait que sa question n'était pas très précise, mais il savait aussi que son mentor comprendrait.
-Ils vont être jugés plus ou moins sévèrement, répondit l'agent, Aro et Caïus vont prendre plus que les autres adeptes et que Marcus.
-Tant mieux, il m'a beaucoup aidé et protégé.
-Je ne pense pas que la justice soit plus clémente avec lui à cause du mois de protection qu'il t'a offert, il aurait dû réagir bien plus tôt, déclara Aaron d'un ton sévère.
-Et… Et William ?
-Lui aussi sera puni pour son action dans la secte et pour ce qu'il t'a fait.
-Et pour toi ?
-Les faits sont trop anciens et à l'époque il avait réussi à faire disparaître le dossier que l'agent Mayer, le père de Lynda, avait monté contre lui.
-J'ai entendu dire que tu lui avais fichu une trouille bleue, dit Edward en riant légèrement.
-C'est vrai. Il voulait me pousser à bout.
-Ca fait quoi ? Demanda-t-il d'une petite voix.
-Quelque part c'était jouissif de tenir sa vie entre mes mains, de le voir trembler, de le voir terrifié à cause de moi. Cependant, c'était mal, je n'aurais pas dû faire feu, j'aurais dû me contrôler.
-Je ne pense pas que j'aurais eu ta force, j'ai tellement eu envie de les tuer.
-Peut-être, mais je t'assure que ça valait le coup de lui tirer juste à côté de l'oreille. Tu sais qu'il a eu tellement peur qu'il s'est pissé dessus ?
Edward sourit en imaginant la tête de William. En quelque sorte, ce qu'avait fait Aaron l'avait aidé, voir son père réduit à sa merci et l'avoir vu trembler face à lui l'avait libéré.
-Quand tu les verras menottes aux mains et dans leurs belles combinaisons orange, tu seras soulagé et tu cloras définitivement ce chapitre de ta vie. Allez, viens, on doit retrouver nos places.
Le jeune homme saisit la main qu'Aaron lui tendait pour l'aider à se relever. Ils revinrent s'installer dans leurs sièges. Edward sourit de voir son père jouer avec Crystal. Sa fille lui rendit son sourire et son père lui lança un regard inquiet.
-Tout va bien, le rassura-t-il. »
Carlisle hocha doucement la tête sans pour autant le quitter des yeux. Edward s'assit et attacha sa ceinture après que l'hôtesse le leur ait demandé. Le jeune homme ferma les yeux le temps de l'atterrissage, il appréhendait toujours un peu le retour à la maison. Il ignorait comment Bella réagirait, lui pardonnerait-elle son enlèvement ? La peur qu'elle avait ressentie ? Et puis, il y avait Crystal. Jamais, il ne pourrait se séparer de sa fille et il espérait que Bella l'accepterait. Il rouvrit les yeux quand son père l'appela. Ils étaient arrivés. Il inspira profondément et se leva. Carlisle portait Crystal et il s'approcha pour la prendre dans ses bras, Edward fut un peu étonné quand il remarqua le sourire crispé de son père, mais son attention fut détournée par Aaron qui posa une casquette noire avec le sigle FBI sur sa tête.
Ils se regroupèrent tous ensuite devant la porte du jet qui venait de s'ouvrir. Des agents du FBI montèrent rapidement les quelques marches et tendirent devant eux leurs blousons. Aaron leur fit signe d'avancer, les agents refermèrent le cercle protecteur autour d'eux, les dissimulant ainsi à la vue des photographes et des caméramans. Edward raffermit sa prise sur le corps de Crystal, il entendait leurs cris, ils appelaient son nom ou celui de son père. Carlisle passa un bras protecteur autour de ses épaules et sa fille s'agrippa désespérément à son cou, apeurée par tout ce bruit. Heureusement, ils entrèrent rapidement dans l'aéroport où une salle avait été réquisitionnée. Les agents abaissèrent leurs bras, dégageant ainsi leur vue.
Ils restèrent quelques instants dans cette salle et son père fit son possible pour le rassurer. Quand Aaron vint les chercher pour aller aux voitures, il ne put s'empêcher de trembler en réalisant qu'ils allaient être de nouveau confrontés aux journalistes. Son mentor le rassura, ils se rendirent dans un parking souterrain qui avait été bouclé pour leur arrivée. Ils s'installèrent dans l'un des Chevrolet Tahoe aux vitres fumées que Chase conduisait, Aaron à ses côtés. Ils sortirent du garage sous l'escorte de la police qui tenait éloignée la horde de journalistes. Cependant, au fur et à mesure qu'ils s'éloignaient de l'aéroport, le calme sembla revenir et il se détendit.
Edward ne vit pas le trajet défiler. Il reconnut le chemin qui menait à la villa et son cœur s'emballa, ses mains devinrent moites. Son père passa une main rassurante sur sa joue tout en lui adressant un sourire rassurant. Il se calma un peu. La voiture stoppa et le moteur fut coupé. Au même instant, il entendit des cris de joie et en un instant toute sa famille entourait le tout-terrain. Son père descendit et il vit Esmé se jeter dans ses bras. Crystal regardait ces étrangers avec attention, il se détacha et fit de même avec sa fille. Doucement, ils descendirent de la voiture. Crystal tendit ses bras vers lui pour qu'il la porte.
« -Mon chéri !
La seconde suivante sa mère l'étreignait avec douceur, son visage était baigné de larmes et elle déposa des dizaines de baisers sur ses joues puis sur celles de Crystal tout en murmurant qu'elle était belle comme un coeur. Il n'eut pas le temps de réaliser ce qui se passait que ses frères et ses sœurs vinrent l'étreindre. Tous l'embrassèrent et le rire mélodieux de Crystal résonna quand elle sentit toutes ces lèvres et ces mains la chatouiller.
-Tu nous as manqué, petit frère, dit Emmett qui l'étreignit fermement.
-Emmett ! Je peux plus respirer ! Souffla Edward sous les rires des autres.
-Nounours ! Nounours ! S'écria Crystal en frappant dans ses petites mains.
-Oui, tu as raison, princesse, admit Carlisle en souriant, Emmett ressemble à un grand nounours.
Edward sentit son rire mourir dans sa gorge quand il vit Bella à quelques pas de lui. La jeune fille l'observait avec des yeux brillants de larmes, pourtant, un sourire emplit de joie était dessiné sur son visage.
-Va la voir, lui souffla son père en prenant Crystal dans ses bras.
Le jeune homme le remercia d'un regard, il embrassa sa fille avant de s'avancer vers sa petite-amie. Il essuya ses mains moites sur son jean et aperçut sa famille qui s'éclipsait discrètement vers la villa.
-Bonjour, murmura-t-il incertain sur l'attitude à adopter.
-Edward !
Cela ressemblait à un cri du cœur, la seconde suivante la jeune fille se jetait dans ses bras. Il la tint fermement contre lui, enfouissant son visage dans ses cheveux, respirant son doux parfum qui l'apaisait toujours autant.
-Tu vas bien ? S'inquiéta-t-elle en plongeant son regard chocolaté dans le sien.
-Ca va et toi ?
-Maintenant que tu es là, je vais enfin bien ! Assura Bella en essuyant ses larmes.
-Je suis désolé, Bella, désolé pour tout ce qui est arrivé, pour ce que tu as subi… Je suis vraiment, vraiment désolé… J'espère qu'un jour tu pourras me pardonner.
-Il n'y a rien à pardonner, Edward, tu n'y es pour rien et si je me suis retrouvée dans les ennuis c'est uniquement de ma faute. Je veux que tu cesses de t'inquiéter pour moi.
-Tu… Tu ne m'en veux pas ?
-Non, le rassura-t-elle, je t'aime, Edward.
-Je t'aime aussi.
Bella l'observa avec attention avant de se hisser sur la pointe des pieds, lentement, leurs lèvres se frôlèrent. La jeune fille se recula légèrement, sûrement pour juger de sa réaction, ce qu'elle vit dû la rassurer car elle s'empara à nouveau et plus avidement de ses lèvres. Leurs langues se retrouvèrent et les bras de Bella se nouèrent autour de son cou. Il se sentait bien, il était à nouveau entier et il avait l'impression d'être enfin revenu à la maison. Lorsqu'ils se séparèrent, Bella lui sourit et caressa tendrement son visage. Elle ôta sa casquette et aussitôt il baissa la tête.
-Edward, regarde-moi ! Ordonna sa petite-amie.
-Je… Ils…
-Ce n'est rien, dit-elle, ça va repousser.
Edward sourit avant de rire légèrement. Bella le regarda avec interrogation.
-Puis-je savoir ce qui te fait rire ?
-Aaron m'a dit la même chose que toi et je suis en train de me rendre compte que c'était stupide de ma part de m'arrêter à un détail aussi futile. Par contre, Bella, il y a quelque chose d'important dont il faut que je te parle. En fait, il s'agit de Crystal…
-Je sais, le coupa-t-elle.
-Tu sais ?
-Lynda nous a expliqué pour te faciliter la tâche. Pour moi, ça ne change rien et je serais là pour toi quoi qu'il se passe aujourd'hui ou demain.
-Merci, merci énormément, Bella.
-Hey ! Les tourtereaux vous vous gelez dehors ou vous venez manger ! Leur cria Emmett.
-Je suis heureux de voir que rien n'a changé, sourit Edward.
-Bon, vous venez ! Dit Emmett en sortant sur le perron. Esmé ne veut pas que nous mangions tant que vous n'êtes pas là !
-Tu peux attendre quelques minutes, non ? Le taquina Bella.
-C'est pas moi, c'est la petite princesse qui a faim.
-Crystal a grignoté il y a pas longtemps, le contra Edward.
-Bon, d'accord, j'ai faim ! Admit son aîné.
-On arrive. »
Bella lui sourit et ils s'embrassèrent rapidement avant de rejoindre la cuisine où tous étaient déjà installés. Crystal était assise sur les genoux d'Alice et observait avec de grands yeux ronds le ventre imposant de Lynda. Cette dernière commença à se lever quand elle le vit, mais il fut plus rapide et l'obligea à se rasseoir. Il se pencha pour la serrer dans ses bras et l'embrasser, heureux de voir que le bébé et elle allaient bien. Edward vint s'asseoir près de son lutin de petite sœur et Crystal glissa de ses genoux pour venir sur les siens. Ils commencèrent à manger et Edward se laissa porter par la bonne humeur et l'amour qui émanait de la tablée. Chase était en train de taquiner Aaron qui devenait une véritable mère poule envers Lynda qui était sur le point de perdre patience. Des paris furent lancés sur le temps de survie du futur papa qui ne sembla pas apprécier la plaisanterie…
Edward déposa Crystal dans le petit lit que ses parents avaient installé dans une pièce qui servait de dressing entre sa chambre et celle de ses parents. La pièce était plus petite que sa chambre, mais la grande baie vitrée laissait entrer le soleil et il y avait suffisamment de place pour la table à langer, une commode, un petit bureau et un coffre débordant de jouets, c'était amplement suffisant pour une enfant aussi jeune. Ses parents avaient prévu d'emménager une pièce dans les combles pour Emmett et Rosalie, Crystal prendrait ensuite leur chambre, mais cela ne serait pas prévu avant 4 à 5 ans. Il embrassa une nouvelle fois sa fille tout en se disant qu'il avait encore le temps avant de la voir s'éloigner un peu de lui. Il regagna sa chambre où Bella était en train de terminer ses devoirs.
« -Elle s'est endormie ? Lui demanda sa petite-amie.
Il s'installa près d'elle sur le canapé et lui vola un baiser avant de répondre.
-Oui, elle dort.
-Tu peux vérifier mes exos de math ?
Edward acquiesça et prit ses feuilles qu'il observa d'un œil critique. Bella s'était améliorée et il n'avait presque rien à corriger. Sa petite-amie commença alors à ranger ses affaires. Cela faisait une semaine qu'ils étaient rentrés et tout se passait pour le mieux. Il était heureux avec sa famille et Bella. Il sortit de ses pensées en sentant la main de sa petite-amie caresser son torse, elle le fit doucement basculer sur le canapé, elle s'allongea sur lui et l'embrassa tendrement. Leurs langues se trouvèrent et se caressèrent avec ferveur. Les mains de la jeune fille glissèrent sous sa chemise et elle caressa tendrement son torse. Seulement, comme à son habitude, il la repoussa avec douceur.
-Je suis désolé, murmura-t-il. Je… Je ne me sens pas prêt.
-On a tout notre temps.
-J'ai… J'ai un peu de mal… Il… Caïus m'a forcé à … Je…
-Chut, tout va bien.
Edward la remercia d'un regard avant de s'emparer des lèvres de sa petite-amie.
-Je vais aller prendre une douche, annonça Bella.
-J'ai soif, je vais aller me chercher un verre de lait, tu veux quelque chose ?
-Non, merci.
Ils se levèrent tout en échangeant un baiser quand la porte de sa chambre s'ouvrit violemment sur Alice.
-Tu peux pas frapper et faire moins de bruit ! Grogna-t-il.
-Oh, ça va ! Vous êtes pas à poil ! Rétorqua sa sœur en balayant ses remarques d'un geste de la main.
-Je te rappelle que Crystal dort à côté et que j'ai mis pas mal de temps pour l'endormir ! Répliqua Edward.
-Ok, je ferais doucement la prochaine fois ! Concéda Alice. Bella, tu viens immédiatement avec moi ! Jasper m'invite demain soir au restaurant et j'ai besoin de ton avis et de celui de Rose pour ma tenue et ma coiffure.
Bella soupira et tout en lui promettant qu'elle reviendrait aussi rapidement que possible, elle suivit Alice à l'étage. Edward sortit de sa chambre pour aller à la cuisine. En passant devant la chambre de Crystal, il remarqua que la porte de celle-ci était entrouverte. Sans faire de bruit, il poussa le battant en bois.
-Dors, ma princesse, murmura Carlisle, dors, mon cœur, papa veille sur toi.
Edward fronça les sourcils, qu'est-ce qu'il racontait ? Ses doigts se crispèrent sur la poignée qu'il tenait toujours. La colère gronda en lui quand il vit les gestes tendres que son père avait envers Crystal.
-Je te protégerais, princesse, promit son père, je ferais tout ce qu'il faut pour que tu sois heureuse et que tu oublies ce cauchemar. On sera une famille unie et je sais que ton grand-frère, Edward, veillera toujours sur toi.
-Qu'est-ce… Qu'est-ce que tu racontes ?
Son père se retourna et il blêmit quand il le vit dans l'embrassure de la porte. Carlisle fit un pas dans sa direction, mais il l'arrêta.
-Qu'est ce que tu racontes ? Répéta-t-il un peu plus fort.
-Edward, viens, allons discuter ailleurs, ordonna son père qui semblait avoir reprit ses esprits.
Edward se laissa entraîner à contrecœur dans le bureau de son paternel qui referma la porte après son entrée.
-Je suis désolé, je pensais que tu étais déjà couché. J'ai voulu souhaiter une bonne nuit à Crystal et…
-Elle n'est pas ta fille ! Hurla-t-il soudain furieux.
-Je suis navré, je ne voulais pas que tu l'apprennes ainsi, j'aurais dû être plus prudent, mais… mais Crystal est ma fille et non la tienne.
-C'est faux ! Tu mens ! S'emporta Edward.
-Je t'en prie, Edward, réfléchis, tu es intelligent. Aro t'a manipulé.
-Elle me ressemble !
-Tout comme tu me ressembles !
-C'est impossible ! Comment… Comment Jane et toi auriez-vous pu… Non ! Tu mens !
-Lors de mes études, avec plusieurs autres étudiants, nous avons décidé de faire don de notre sperme. Apparemment, l'un des adeptes s'est débrouillé pour se faire embaucher à la banque du sperme où nous étions allés et il a volé l'éprouvette contenant ma semence. Aro a attendu que sa fille soit en âge de procréer et quand ce fut le cas, il a utilisé le contenu de l'éprouvette. Crystal est née après trois tentatives infructueuses.
-Tu mens, protesta faiblement Edward alors que tout se bousculait dans son esprit.
-Edward, au fond de toi, tu sais que tu n'es pas son père. Ce lien qui vous unit, c'est un lien fraternel. Edward, tu n'as jamais eu de rapport sexuel avec Jane et vu ton blocage à cause de ce que tu as subi, tu n'as jamais pu leur donner ton sperme pour qu'ils puissent faire une FIV.
-Non ! Arrête ! Tais-toi ! Tais-toi ! Je ne veux plus t'entendre.
-Tu sais que j'ai raison ! Insista son père. Crystal est ma fille et elle est ta sœur.
-Je te déteste ! Je te hais ! S'écria Edward qui ne pouvait plus contenir sa colère. Tu es comme eux ! Vous êtes tous pareils ! Vous passez votre temps à me mentir !
Sur ces mots, il sortit brusquement du bureau de son père dont il claqua la porte. Des larmes de rage coulaient sur son visage alors qu'il se précipitait vers sa chambre. Sa mère et ses frères tentèrent de l'arrêter, mais il les envoya balader pour s'enfermer dans sa chambre. Il tourna la clef et se laissa glisser contre la porte quand des coups furent frappés.
-Edward ! Edward ! C'est Bella ! Ouvre-moi, s'il-te-plaît, supplia la jeune fille d'une voix inquiète.
-Partez ! Allez-vous-en ! Je veux voir personne !
-Edward ! Ouvre cette porte ou je la défonce ! Ordonna Emmett.
-Très subtil, railla Jasper, Edward, c'est Jazz, ouvre, on pourrait parler tranquillement.
-Dégagez ! Hurla-t-il.
-Edward, implora la voix tremblante de son père.
-Je te hais ! Tu es comme eux !
-Edward, ton père a voulu te protéger…, commença sa mère.
-Tu savais ? Gémit-il. Vous saviez tous ?
Seul le silence lui répondit. Sa colère et ses larmes redoublèrent, ils l'avaient trahi, ils l'avaient trompé… Ils étaient tous de mèche.
-Je vous hais ! Je vous déteste tous ! »
Les larmes obstruaient sa vue. Il se releva d'un pas tremblant. Il s'agripa à sa bibliothèque et la seconde suivante, il jetait rageusement tous les livres dans la chambre. Il s'en prit ensuite à ses CD et aux DVD qui se brisèrent sous ses gestes emplis de fureur. Il ne percevait que vaguement les cris et les appels inquiets de derrière la porte. Un rire amer lui échappa quand il se rendit compte qu'ils se disputaient sur la meilleure manière d'agir. Il balaya sa chambre du regard, elle ressemblait à un énorme capharnaüm, le jeune homme se laissa tomber dans un coin, épuisé, vidé de toute émotion.
Au bout de plusieurs heures, Edward se redressa péniblement. Ils étaient partis, ils s'étaient lassés de tenter de le raisonner, ils l'avaient laissé seul. Son regard se posa sur la photo qu'il tenait depuis un moment entre ses mains. Sa famille… Un rire un peu dément lui échappa quand son regard se posa sur lui. Ses doigts malhabiles ouvrirent le cadre, il se coupa avec le verre qu'il avait brisé dans son empressement. Edward déchira la photo, réduisant en miette la partie où son père se trouvait. Il infligea le même traitement à toutes celles où Carlisle se trouvait. Soudain, la réalité le frappa. Il n'avait plus sa place ici ! Il ne laisserait plus personne le tromper ! Fier de sa résolution, il se dirigea vers son armoire. Il l'ouvrit brutalement et en sortit un sac où il fourra quelques unes de ses affaires. Doucement, il ouvrit la porte de sa chambre. Bien qu'éclairé, le couloir était désert. Il sortit en prenant garde de ne pas faire de bruit. Il alla ensuite dans la chambre de Crystal où il prit certaines de ses affaires. Il cala son sac et prit sa fille endormie dans ses bras.
Edward parvint sans encombre au garage. Il était passé sans problème devant le bureau de Carlisle dont la porte était ouverte, ce dernier dormait sur son fauteuil. Depuis le couloir, il aperçut sa mère et Bella qui dormaient dans le lit de ses parents. Il attacha Crystal dans le siège auto à l'arrière de sa Volvo. Ses pensées dérivèrent vers Bella, elle allait énormément lui manquer. Ses frères et ses sœurs aussi ainsi qu'Esmé, sa mère. Cependant, lui, il ne lui manquerait pas ! C'était de sa faute à lui ! Tout était sa faute ! Il était comme eux ! Il lui mentait ! Il avait manipulé le reste de la famille pour qu'ils croient qu'il était le père de Crystal ! Il le prenait pour un jouet ! Un pion ! Mais il avait tort ! Carlisle ne lui prendrait pas la seule chose qui donnait un sens à sa vie, la seule chose qui donnait un sens à ces 17 années de calvaire : Crystal ! Crystal était sa fille et il ne la lui prendrait pas à cause d'un mensonge ! Non ! Il allait se battre, il ne voulait plus être faible, surtout que maintenant, il avait les moyens de se défendre. Il appuya sur la télécommande et la porte du garage s'ouvrit silencieusement. Il desserra le frein à main de sa voiture qui roula sans difficulté sur le chemin en pente. Une fois qu'il fut suffisamment éloigné, il alluma le moteur et s'engagea sur la route menant à Forks. Il allait retirer de l'argent liquide, autant qu'il le pouvait, puis, il partirait, il ferait tout ce qu'il faut pour disparaître et ainsi il pourrait vivre en paix avec sa fille.
