Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.

Merci énormément pour toutes vos reviews ! Merci, elles me font très plaisir et me motivent vraiment ! Encore merci !


Pour les anonymes :

Alicee : Merci beaucoup pour ta review ! T'inquiète, je vais me calmer, la fin est proche…. Encore merci ! Bonne semaine et à bientôt !

Ilonka : Edward va retrouver ses esprits dès que sa colère se sera apaisée. Merci pour ta review ! Merci ! Bonne semaine et à bientôt !

Anne : Merci mes vacances se sont bien passées, même si c'est toujours trop court, lol. Les réponses à tes questions sont dans ce chapitre, rassure-toi Edward n'est pas allé bien loin. Merci beaucoup pour ta review ! Merci ! Bonne semaine et à bientôt !

Lea Savigny : Merci beaucoup pour ta review ! Je suis heureuse que l'histoire te plaise toujours ! Il reste encore deux chapitres je pense. Encore merci et à bientôt sur De l'ombre à la lumière ! J'ai hâte, oui, je sais je te bassine déjà assez, sorry…. Bises.

Altha : Merci beaucoup ! Je suis contente que la suite te plaise ! Pour tout te dire, depuis que j'ai fait apparaître Crystal, j'avais décidé que Carlisle serait le père biologique car physiquement Edward n'en était pas capable, d'ailleurs, Aaron avait demandé deux tests de paternité (Edward et Carlisle) dans le chapitre 32 et Chris y refait allusion dans le chapitre 34. Crystal est très importante dans la vie d'Edward et il lui faudra du temps pour accepter qu'il n'est que son frère. En tout cas, merci pour tes compliments et ta review, je suis très touchée ! Merci ! Bonne semaine et à bientôt !

Charlne : Merci beaucoup pour ta review ! T'inquiète, je vais me calmer à partir de ce chapitre car la fin est proche, il reste encore deux chapitres. Encore merci ! Bonne semaine et à bientôt !

Angeoudemon50393 : Merci beaucoup pour ta review ! T'inquiète c'est pas une question idiote, Carlisle aurait pu vouloir adopter la fillette pour qu'Edward n'ait pas à endosser aussi jeune un rôle de père (je pense que c'est ce que tu voulais dire et ça aurait pu être possible). Encore merci ! Bonne semaine et à bientôt !

Tounimiss : Ne t'inquiète pas la fic est bientôt terminée ! Quant à Edward, je pense que tout le monde peut comprendre qu'il agit sous le coup de la colère et que dans ces cas là personne ne réfléchit ! Ne te fais pas de souci, il est pas parti bien loin. Merci pour ta review ! A + !

La sœur de Megane : Merci beaucoup pour ta review et enchanté Sabine ! J'espère que tout se passe bien pour elle à New York. Tu peux lui dire qu'il n'y a pas de problème. Bonne journée et à bientôt !


Sur ce :

Bonne lecture !


Chapitre 41 : Papa ?

Edward regardait avec tendresse le visage de sa fille couvert de chocolat. D'un geste affectueux, il essuya les quelques traces qui maculaient son visage. Crystal lui sourit avant de reprendre un morceau de pancake, remettant par la même occasion du chocolat sur son adorable visage. Un sourire s'étira sur son visage, même s'il ne ressentait pas vraiment de la joie. Il aurait dû être heureux, heureux d'avoir sa fille à ses côtés, heureux d'être ensemble, mais ce n'était pas le cas. Il avait roulé une partie de la nuit et de la matinée, jusqu'à ce que Crystal se réveille. Il s'était ensuite arrêté dans ce restaurant pour prendre un petit-déjeuner avec sa puce. Il but une gorgée de café.

Sa colère s'était apaisée au fur et à mesure que les kilomètres défilaient. Il était toujours furieux contre Carlisle, mais le reste de sa famille lui manquait, Bella lui manquait cruellement. Il regarda son portable qui était posé sur la table et qui était éteint pour le moment. Le jeune homme hésita, s'il le rallumait, il était sûr qu'Aaron le retrouverait et d'autant plus s'il s'en servait. Il soupira. Sa main se posa sur son portable sans qu'il ne le veuille, il joua distraitement avec le téléphone jusqu'à ce qu'il voit Crystal attraper maladroitement sa tasse de lait. Il vint à son secours et l'aida à boire quelques gorgées. Il finit sa tasse de café et la serveuse se précipita aussitôt pour la remplir. Elle cherchait son regard et il baissa la tête, autant pour cacher son visage qui était affiché dans les journaux que pour se soustraire à ses tentatives de drague peu subtiles. Une fois qu'elle fut partie, il se rendit compte, qu'inconsciemment, il avait allumé son téléphone. Il inspira profondément avant de se lancer. Il composa son numéro.

« -Edward ! Décrocha-t-elle à la première sonnerie.

Le jeune homme serra les dents et s'en voulut aussitôt de la peine et de l'inquiétude qu'il pouvait percevoir dans sa voix.

-Edward, c'est toi ? Parle-moi, je t'en prie !

La jeune fille chuchotait. Il l'entendit marcher et perçut le bruit d'une porte qui claquait. Apparemment, elle s'était isolée pour lui répondre. Il entendit un sanglot et se sentit mal, vraiment mal.

-Ne pleure pas, chuchota-t-il, je suis désolé, désolé de te faire de la peine.

-C'est rien, souffla sa petite-amie. Tu vas bien ?

-Oui.

-Crystal aussi ?

-Oui, elle va bien, merci de t'inquiéter pour elle. Bella, je suis vraiment navré de t'imposer ça et je comprendrais que tu me détestes, mais j'ai besoin de temps, de temps pour moi, pour faire le point, pour essayer de comprendre.

-Que cherches-tu ?

-Je ne sais pas. Des réponses, peut-être ? Tu sais quand Crystal est née, même si à l'époque je ne savais pas que j'étais son père, je l'aimais déjà comme si elle était ma fille. Je l'ai vu grandir, je l'ai aimé. Je… Bella voudrais-tu…

-Que veux-tu me demander Edward ?

-Je sais que je suis incroyablement égoïste et horrible, mais… mais j'ai besoin de toi… Je suis perdu et je crois… Enfin, je pense que je peux te faire confiance, je t'aime et…

-Je t'aime aussi, Edward, dis-moi où tu es et je viendrais seule.

Edward sourit. Elle était parfaite, il ne la méritait pas, vraiment pas. Il passa une main nerveuse dans ses cheveux, avait-il le droit de l'embarquer dans cette histoire ?

-Je suis au restaurant Bonnie's sur la 34 à 10 kilomètres de la sortie Est de Seattle.

-Attends-moi, j'arrive !

-Je… Je ne veux pas t'obliger à quoi que ce soit, Bella, je t'aime, mais tu mérites tellement mieux qu'un dérangé comme moi.

-Tu n'es pas dérangé, s'énerva la jeune fille, comme tu l'as dit, tu es juste perdu. Attends-moi, j'arrive.

-Merci, murmura-t-il avant de raccrocher. »

Edward ferma les yeux en reposant le téléphone sur la table, il savait qu'il était resté suffisamment en ligne pour qu'ils le repèrent. Le FBI allait-il débarqué avant l'arrivée de Bella ? Sûrement si on prenait en compte la rapidité de sa camionnette, il sourit en imaginant l'air outré qu'aurait prit sa petite-amie si elle avait entendu sa pensée. Cependant, il était bien loin de se poser la question d'une éventuelle fuite, il avait besoin de Bella, il était égoïste, il était un monstre, il le savait, mais il avait besoin d'elle, il savait qu'elle l'aiderait à y voir plus clair. Tout en découpant un nouveau pancake à Crystal, il pria pour que Bella les rejoigne vite.


Bella raccrocha son téléphone et se précipita à l'intérieur de la villa. Tous l'attendaient avec impatience, toute la famille savait parfaitement qui l'avait appelé. Aaron était au téléphone. Il était arrivé avant qu'elle ne se lève. Carlisle avait été le premier à se réveiller et il avait bien entendu remarqué tout de suite l'absence d'Edward et de Crystal ainsi que de la Volvo. Il avait aussitôt appelé l'agent.

« -C'était Edward ? Lui demanda Esmé inquiète.

-Oui, il va bien, Crystal aussi.

-Dieu merci, soupira la mère de famille.

-Où est-il ? Questionna Carlisle en prenant les clefs de sa voiture.

-Je suis désolée, je ne peux rien dire et je lui ai promis de venir seule.

-Bella ! Tu n'iras pas seule ! Gronda Charlie.

-Je lui ai promis ! Tu me puniras plus tard si tu veux, mais il a besoin de moi et je pense que je peux arriver à le raisonner. Il est juste perdu.

-Bella a raison, déclara Aaron en raccrochant, mais je viens avec toi.

-Non ! Protesta-t-elle.

-Je sais où il est, son appel était suffisamment long pour que Carla le localise.

-Je dois y aller seule !

-Ce n'est pas négociable ! Déclara Aaron. Tu vas rentrer chez toi et faire un sac. Je passe te prendre dans 20 minutes. Une fois que nous l'aurons retrouvé, je ferais en sorte qu'il accepte de venir chez moi et tu resteras avec lui. D'accord ? »

Bella acquiesça. De toute manière, elle n'avait pas d'autre choix, elle était certaine que si elle refusait, Aaron irait chercher Edward seul. Esmé et Carlisle la serrèrent dans ses bras tout en lui demandant d'être prudente et de veiller sur leur fils. La jeune fille quitta la villa en priant pour que tout se passe enfin bien.


Carlisle quitta le salon pour gagner l'étage d'un pas lourd. Il poussa doucement la chambre de Crystal. Edward avait été efficace et prévoyant. Il avait pris tout ce qui serait utile pour le confort de Crystal ainsi que son doudou. Il prit l'un des pyjamas de sa fille qu'il serra doucement contre lui. Il sursauta en sentant une douce étreinte, sa femme venait de le prendre dans ses bras.

« -Tout va bien se passer, le rassura Esmé.

-J'ai tout gâché, murmura-t-il.

-Edward aurait su à un moment ou à un autre, certes, il aurait mieux valu que ce soit dans d'autres circonstances, mais nous ne pouvons rien changer à ce qui s'est passé.

-Comment fais-tu ?

-Que veux-tu dire ?

-Tu es là à m'épauler, tu me soutiens alors que Crystal n'est pas ta fille.

-Je t'aime et elle est ta fille, c'est normal que je l'aime aussi et je serais ravie qu'elle me considère un jour comme sa mère.

-Vous êtes parfaite, Madame Cullen, je suis vraiment chanceux de vous avoir trouvé.

-Je peux dire la même chose. Tranquillise-toi, mon amour, nos enfants vont revenir. Edward est quelqu'un d'incroyablement intelligent et il a du bon sens malgré tout ce qu'il a vécu, il rentrera.

Carlisle ferma les yeux et appuya son front contre celui d'Esmé avant d'effleurer tendrement ses lèvres. Ils se séparèrent quand des coups discrets furent frappés à la porte. Esmé l'embrassa sur la joue et sortit quand elle vit Aaron entrer dans la chambre. L'agent du FBI ferma la porte derrière lui.

-Pas de reproches, s'il-te-plaît, chuchota Carlisle d'un ton las.

-Je ne comptais pas t'en faire, je t'ai demandé quelque chose de très dur en te demandant de cacher ta paternité avec Edward.

-Tu avais raison, il était trop fragile pour entendre la vérité. Il me hait.

-Non, il ne te hait pas.

-Si, je l'ai vu dans son regard.

-Edward est perdu, il est aussi en colère. Il n'a jamais vraiment exprimé ce sentiment. Je pensais qu'il allait se rebeller, se révolter à un moment ou à un autre peu après que nous vous l'ayons ramené. Cependant, j'avais sous-estimé sa volonté de s'en sortir… Que crois-tu que représentent ces 17 années de captivités pour lui ?

-Je… Je ne sais pas.

-Imagine que tu ais passé 17 ans avec des personnes qui te mentent, qui abusent de toi… Et puis, Crystal arrive… Il prend soin de la petite, prend le rôle du père sans s'en rendre compte. Il l'aime. Elle est sa lumière, son espoir, sa rédemption pour toutes les âmes qu'il a détruites en étant l'arme des gourous. Edward éprouve un fort sentiment de culpabilité. Inconsciemment, il cherche à se racheter et Crystal est la seule personne qu'il a pu préserver et aimer. Il s'est perdu dans cet amour pour oublier, pour pouvoir continuer à avancer. Puis, vous êtes arrivés, vous l'avez soulagé, vous l'avez aimé. Il avait une famille, sa famille.

-Et j'ai tout gâché en lui mentant.

-Nous lui avons menti, rectifia Aaron, nous lui avons ôté ses illusions, son cocon protecteur, réduisant à néant la seule chose qu'il pensait avoir fait de bien dans sa vie.

-C'est faux ! Edward a fait beaucoup de choses de bien !

-Oui, mais il ne s'en rend pas compte, sa culpabilité encore et le fait que des membres de la secte soient morts ne l'ont pas aidé. Je vais le retrouver et je ferais tout mon possible pour l'aider, Carlisle, je te le promets.

-Merci, mais il y a un "mais" n'est-ce pas ?

-Oui. Je pense que tu vas devoir être patient, Edward risque de t'en vouloir pour un moment.

-Je suis prêt à tout, si je peux retrouver mes enfants. »

Aaron lui sourit et Carlisle l'étreignit brièvement. L'agent lui donna une tape amicale avant de quitter son bureau. Esmé ne tarda pas à revenir. Elle l'enlaça et, ensemble, ils regardèrent la voiture de l'agent disparaître, priant pour qu'il leur ramène leurs enfants.


Edward était en train d'aider Crystal à colorier un papillon quand son regard fut attiré par un Chevrolet Tahoe qui se garait dans le parking du restaurant. Il hésita un instant à saisir sa fille et à s'enfuir, pourtant, il fit son possible pour ne pas bouger. Elle n'était pas venue seule. En même temps, il aurait été étonné qu'ils la laissent venir seule, en plus, Aaron avait certainement fait localiser son appel. Il les vit avancer vers eux, d'un pas lent et décontracté, comme s'ils lui donnaient le choix, comme s'ils lui laissaient la possibilité de s'enfuir. Ils entrèrent dans le restaurant. Un sourire se dessina sur les lèvres de Bella quand elle l'aperçut. La jeune fille se précipita vers lui, ses mains prirent en coupe son visage et elle l'embrassa avec ferveur arrachant un rire mélodieux à sa fille qui avait caché ses yeux. Aaron se racla la gorge et Bella rougit. Il s'écarta et sa petite-amie prit place à ses côtés, Aaron se glissa sur la banquette qui leur faisait face. Il ôta ses lunettes noires et commanda un café pour lui ainsi que pour Bella. Après que la serveuse leur ait apporté leur commande, il se décida à parler.

« -Bien, que comptes-tu faire, maintenant ?

-Quoi ? S'étonna Edward surprit par sa question.

-Tu as retiré le maximum que tu pouvais avec ta carte bleue, soit 5000 dollars, combien de temps penses-tu pouvoir vivre avec cette somme en ayant à ta charge Bella et Crystal ?

-Je… Je ne sais pas… Je vais trouver un travail.

-Très bien.

-Je peux l'aider, assura Bella.

-Je pense qu'il vaut mieux que Bella se concentre sur ses études, n'est-ce pas, Edward ?

-Oui, acquiesça-t-il, je ne veux pas que tu abandonnes le Lycée.

-Très bien et toi, que comptes-tu faire ? Même si tu as les connaissances, tu n'as aucun diplôme, quel travail trouveras-tu ? Caissier ? Ouvrier ? Ce sont des métiers honorables, mais c'est bien en-dessous de tes capacités. Combien de temps tiendras-tu avant de perdre la raison et de tout claquer ?

-Je ne sais pas, je n'y ai pas réfléchi, avoua le jeune homme en baissant la tête.

-C'est bien ce que je te reproche, tu as agi sur un coup de tête.

-Je…

-Je comprends tout à fait tes motivations et la rancœur qui doit t'habiter, le coupa Aaron. Voilà ce que je te propose : un travail.

-Un travail ?

-Oui, j'ai à la maison une femme enceinte qui doit peu se déplacer et qui a besoin de compagnie ainsi qu'un peu d'aide, même si elle refuse de l'admettre. Tu peux rester chez nous, en contrepartie, nous t'offrons le gîte et le couvert pour Crystal et toi. Bella vous rejoindra le week-end ou quand elle n'aura pas cour. Qu'en penses-tu ?

Aaron ne lui laissa pas le temps de réfléchir très longtemps, en même temps, Edward devait admettre qu'il avait besoin d'aide.

-Parfait. Crystal, ma puce, dit Aaron en attirant l'attention de sa fille qui posa son feutre et l'observa avec sérieux, tu sais, ma femme et moi allons avoir un bébé.

-C'est vrai ? S'exclama la fillette enjouée.

-Oui, tu te souviens peut-être de la dame avec le gros ventre ?

-Oui ! Acquiesça Crystal en hochant vigoureusement la tête.

-Notre bébé va arriver, mais il faudrait acheter deux ou trois grenouillères pour le bébé et comme je trouve que tu es très jolie dans ta belle robe je me suis dit que tu pourrais aider à choisir ses vêtements ?

-Oh, oui ! S'écria sa fille en frappant dans ses mains avec enthousiasme lui rappelant un peu trop le comportement d'Alice.

-Tu serais d'accord d'y aller avec Bella pendant qu'Edward et moi, nous allons préparer ta chambre ? »

Edward devait reconnaître qu'Aaron l'avait joué très finement. Crystal le poussait déjà hors de la banquette pour prendre la main de Bella. L'agent du FBI donna discrètement quelques billets à sa petite-amie. Bella l'embrassa avant de partir au volant de sa Volvo, sa fille assise à l'arrière, impatiente d'aller acheter des habits pour le bébé, alors, que lui se trouvait aux côtés d'Aaron dans le Tahoe. Ils roulèrent un moment en silence. L'agent FBI se gara soudain dans un parking et descendit du véhicule. Edward l'imita et le suivit, reconnaissant le parc où il s'était souvent promené avec son mentor et où il avait fait ses premiers pas de basketteur. Ils marchèrent un moment avant de s'installer sur un banc. Aaron ôta sa veste, un léger soleil réchauffait leurs corps.

« -Tu as fait énormément de mal à ta famille en t'enfuyant ainsi, lui reprocha Aaron.

-Je suis désolé, je ne voulais pas faire souffrir maman, ni mes frères et sœurs.

-Et ton père ?

Edward baissa la tête et serra les poings, il ne voulait pas répondre à son mentor, il ne souhaitait pas le décevoir.

-Je sais que tu es en colère contre lui, poursuivit l'agent face à son mutisme, mais ton père n'est responsable de rien. Dans quel état penses-tu qu'il doit être en imaginant que deux de ses enfants ont grandi sans lui ? Il est dévasté.

-Un enfant, rectifia-t-il, il n'a pas vu grandir que l'un de ses enfants.

-Non, Crystal est sa fille et non la tienne !

-Tu mens !

Aaron se leva soudain pour venir s'agenouiller face à lui, l'homme ôta ses lunettes pour plonger son regard onyx dans le sien, ses mains prirent en coupe son visage pour l'empêcher de détourner les yeux.

-Crystal est la fille de Carlisle et de Jane.

-Non, protesta-t-il les larmes au bord des yeux.

-As-tu couché avec Jane ? Ne réponds pas je connais la réponse et c'est non ! T'ont-ils prélevé du sperme ? Pour cela il aurait fallu que tu te masturbes et éjacules, hors à cause de ce que Caïus t'a fait subir, tu en étais incapable. Aro s'est donc rabattu sur sa bouée de secours : ton père, Carlisle !

-Je… Je…

-Chut, souffla Aaron en essuyant ses larmes, je sais que c'est dur pour toi et que nous sommes en train de briser quelque chose en toi, quelque chose qui t'est précieux. Je ne veux pas que tu me donnes une réponse, je veux simplement que tu réfléchisses à ce que je viens de te dire et à ce qui est le mieux pour Crystal, mais aussi pour toi.

-Je sais plus, avoua Edward en pleurant, je sais plus à qui faire confiance.

-Je sais, mon grand, je le sais et je vais faire tout mon possible pour t'aider.

-Je ne veux pas le voir…. Je peux pas, je risque… Je veux pas dire des choses que je regretterais…

-Et c'est très bien de ta part, tu ne reverras pas Carlisle tant que tu ne te sentiras pas prêt, mais je ne te lâcherais pas, c'est clair ?

-Oui.

-Bien, maintenant que dirais-tu si nous allions jusqu'à ce stand pour manger une bonne gaufre au chocolat ? »

Edward esquissa un sourire et se leva. Aaron lui tendit un mouchoir en papier et son mentor passa un bras réconfortant autour de ses épaules. Après avoir acheté leurs gaufres, ils s'installèrent sur un banc pour les manger. Comme promit, Aaron s'employa à lui changer les idées. Son mentor réussit même à lui tirer un léger rire. Cependant, ils partirent rapidement car certaines personnes commençaient à dévisager un peu trop tôt Edward. Ils regagnèrent la voiture de l'agent et peu de temps après ils arrivaient devant la petite maison qui était toujours aussi accueillante. Le jeune homme fut rassuré de voir que sa Volvo était là, Bella et Crystal étaient bien rentrées. Ils remontèrent doucement l'allée, Aaron caressait son dos en un geste apaisant. Edward ouvrit la porte et Crystal se jeta dans ses bras. La petite portait toujours son manteau, signe qu'elles venaient juste d'arriver.

« -Papa ! S'écria Crystal.

Edward déposa un baiser sur sa joue et s'agenouilla pour l'aider à ôter son manteau dissimulant par la même occasion son sourire crispé.

-Tu as trouvé de beaux vêtements pour le bébé ? Lui demanda-t-il en ôtant sa veste.

-Oui !

-Et tu as été gentille avec Bella ?

Crystal se tourna vers sa petite-amie qu'elle interrogea du regard et la jeune fille sourit.

-Oui, Edward, elle a été très sage, répondit à sa place Bella.

-Vous êtes où ?

Aaron soupira et se tourna vers eux en prenant un air faussement exaspéré. Ils entrèrent dans le salon où Lynda était allongée sur le canapé, une main caressait tendrement son ventre. Aaron s'avança vers son épouse et l'embrassa.

-C'est elle la dame avec le gros ventre ? S'enquit innocemment Crystal.

-Vous venez pas me dire bonjour ? Demanda la jeune femme avec un sourire, mais son regard perçant posé sur eux les firent un peu frémir.

Bella se dépêcha d'aller l'embrasser, il la suivit et prit Crystal dans ses bras pour qu'elle puisse faire un bisou à la future maman, ce que la fillette fit avec un peu de réticence. Il reposa sa fille et se pencha à son tour pour l'embrasser. Lynda le retint plus longtemps dans ses bras.

-Tout va s'arranger, murmura-t-elle à son oreille avant de reprendre à voix haute. Tu as mangé du chocolat ?

-Euh, bafouilla Edward qui se rappelait de l'obsession de la future mère.

-T'es pas le seul ! Aaron ?

-On a mangé une gaufre, avoua son mari.

Une légère plainte s'échappa des lèvres de Lynda alors qu'elle se laissait retomber sur ses oreillers.

-Le médecin lui a demandé de freiner sur les sucreries, expliqua Aaron.

-Regarde, dit Bella pour la distraire, on a acheté ces grenouillères, elles te plaisent ?

-Elles sont vraiment sympas, j'aime bien celle-ci, avoua Lynda en observant les vêtements.

-C'est Crystal qui l'a choisi, précisa Bella.

-Merci, ma puce, tu as très bon goût !

-C'est pour le bébé, dit Crystal dont les yeux balayaient la pièce avec intérêt.

-Tu veux quelque chose, mon cœur ? Lui demanda Edward en la voyant chercher.

-Où il est le bébé ? Chuchota un peu fort la fillette à son oreille.

-Aaron t'a dit qu'il allait bientôt naître, pour le moment, il est à l'abri dans le ventre de sa maman.

Crystal le dévisagea d'un air dubitatif, il était clair qu'elle ne le croyait pas, ses petits sourcils se froncèrent et elle croisa ses petits bras sur sa poitrine pour lui montrer son mécontentement. Edward sourit et prit la main de la petite pour s'approcher de Lynda.

-Le bébé est trop fragile, il faut qu'il grandisse et ça il le fait dans le ventre de sa maman, expliqua-t-il en désignant le ventre de Lynda.

-Donne-moi ta main, ma puce.

Crystal s'approcha et donna sa main à Lynda, la future maman releva son pull et posa sa petite main sur son ventre où Edward vit la peau se distendre signe que le bébé gesticulait. Soudain, Crystal poussa un cri et partit se réfugier dans un coin de la pièce. Edward se dépêcha de la rejoindre et il s'agenouilla face à elle.

-Qu'est-ce qu'il y a, ma chérie ? On dirait que tu as peur ?

-Elle… La dame au gros ventre…

-Elle s'appelle Lynda, précisa-t-il quand il entendit le raclement de gorge de la future maman, pourquoi as-tu peur ?

-Elle… Elle a mangé le bébé ! S'écria Crystal d'une voix aigüe.

Quelques gloussement plus ou moins déguisés résonnèrent derrière lui, il dut lui-même faire un effort pour n'afficher qu'un léger sourire.

-Lynda n'a pas mangé le bébé, la rassura-t-il.

-Mais… Mais il bouge ! Il veut sortir !

-Non, ma puce, il sortira quand il sera prêt c'est-à-dire dans quelques semaines. Tu sais ça se passe comme ça pour tout le monde, toi aussi tu as grandi dans le ventre de ta maman.

Crystal accepta son explication, même si son visage laissait entrevoir quelques doutes et elle refusa d'approcher Lynda de trop près. Ils discutèrent quelques minutes avant qu'Aaron ne consulte sa montre et n'aille chercher une légère veste pour son épouse.

-On peut vous laisser seuls quelques heures ? Demanda Aaron en plantant son regard dans le sien.

-Oui, on ne bouge pas, répondit-il.

-Bien, acquiesça Aaron, on va au cours de préparation à l'accouchement, puis, on ira sûrement manger un bout. Faites comme chez vous, le frigo est plein et tu peux coucher Crystal dans la chambre du bébé, j'ai installé un lit parapluie.

-Merci.

-Appelez-nous si vous avez besoin de quoi que ce soit, demanda Lynda en les embrassant tous.

Edward prit Crystal dans ses bras pour que Lynda l'embrasse, mais la petite cacha son visage dans son cou. Le jeune homme voulut lui demander de faire un petit effort, mais il se tut quand il vit le regard quelque peu sadique de Lynda.

-Crystal, ma chérie, tu n'as qu'à demandé à ton papa comment on fait les bébés, comme ça tu comprendras que je n'ai pas mangé le mien !

-Lynda ! Gronda Aaron en l'attirant vers le vestibule.

Edward sentit ses joues s'empourprer, son malaise ne fit que s'accroître quand Crystal leva vers elle ses petits yeux pleins d'interrogations. Pour son plus grand malheur, la fillette était curieuse, trop curieuse…

-Bon courage, leur lança Aaron en fermant la porte d'entrée.

-Merci, maugréa Edward.

-Papa ?

-Oui, ma puce ? Dit-il avec crainte sachant pertinemment quelle question allait suivre.

-Comment on fait ?

-Ecoute, mon cœur, il est tard et…

-J'veux savoir !

-Je… Et bien, je… il…, bafouilla-t-il lamentablement.

Edward se tourna vers Bella pour chercher un peu d'aide, mais cette dernière réprimait tant bien que mal un fou-rire. Sa petite-amie se reprit quand elle vit son regard sûrement désespéré.

-Crystal, pourquoi ne demanderais-tu pas à Carlisle quand tu le verras ? Après tout, il est docteur et il saura mieux t'expliquer qu'Edward.

La fillette parut réfléchir à la suggestion de sa compagne, Edward savait que c'était le bon moment pour détourner son attention.

-Que dirais-tu, jeune demoiselle, de prendre un bain ?

-Oh, oui ! S'écria Crystal qui adorait se retrouver dans l'eau.

-Je vais préparer le déjeuner pendant que tu t'occupes d'elle, l'avertit Bella. »

Edward la remercia d'un sourire et tout en prenant leurs affaires, il gagna l'étage. Le jeune homme posa la fillette sur le lit de la chambre qu'il avait l'habitude d'occuper pendant qu'il ouvrait son sac à la recherche d'affaires de rechange. Une fois qu'il eut trouvé ce qu'il souhaitait, il prit la petite-fille avec un bras alors que de l'autre il portait ses affaires. Arrivés dans la salle de bain, Crystal s'extasia devant l'immense baignoire. Edward sut aussitôt qu'il allait devoir la surveiller, sinon, il serait bon pour éponger la pièce ! Une fois Crystal dans le bain, la petite commença à s'amuser, disparaissant sous l'eau pour jaillir brutalement devant lui et l'asperger copieusement. Le jeune homme rit avec elle, pourtant, son esprit était ailleurs. Il repensait aux propos d'Aaron, au plus profond de lui-même, les paroles de son mentor avait fait germer un doute, un doute qui peu à peu l'obnubilait autant qu'il l'effrayait.

Il observa pendant un moment Crystal, il pouvait voir en elle la joie de vivre d'Emmett, le brin de folie d'Alice et son intelligence vive, elle était un concentrée d'eux trois. Machinalement, il attrapa un peu de shampooing et se mit à laver les cheveux de la petite. Ils étaient longs, bouclés, blonds, soyeux, tout le contraire des siens ! Mais Jane était blonde ! Cependant, s'il voulait être honnête, la couleur des cheveux de Crystal était plus proche du blond de Carlisle que de celui de Jane. Edward soupira et ferma les yeux quelques secondes. Il ne pouvait pas nier l'évidence… Une petite main humide se posa sur sa joue, il ouvrit les yeux et croisa le regard inquiet de Crystal, la fillette ne comprenait pas sa tristesse. Elle lui sourit et aussitôt son cœur se réchauffa, il lui rendit son sourire avant de commencer à lui rincer les cheveux. Cela ne voulait rien dire qu'elle ressemble autant à Carlisle ! Après tout, il était son grand-père et bien des enfants ressemblaient plus à leurs grands-parents qu'à leurs parents ! Edward était en train de se rassurer comme il le pouvait quand Bella arriva pour leur dire que le repas était prêt. Il sortit Crystal de son bain et l'essuya. Une fois la petite habillée, ils descendirent à la cuisine pour déjeuner.

Edward resta un long moment à regarder la petite-fille s'endormir. Il avait couché Crystal peu après le repas car elle montrait des signes de fatigue et commençait à devenir ronchon. Le jeune homme remettait doucement une de ses mèches blondes en place quand il entendit la porte de la chambre s'ouvrir. Deux bras enlacèrent sa taille et le menton de Bella trouva sa place sur son épaule. La jeune fille bougea un peu pour déposer un baiser sur sa joue. Ils se sourirent avant de sortir doucement de la chambre de Crystal. Quelques secondes plus tard, ils s'allongeaient sur leur lit. Il était allongé sur le dos, Bella blottit contre lui, sa tête reposant sur son torse. Ses doigts jouaient avec l'une de ses boucles quand il la sentit se redresser, elle plongea son regard chocolat dans le sien.

« -Ca va ?

-Je sais pas, avoua-t-il, je suis perdu.

-Je comprends.

-Non, tu ne comprends, répliqua doucement le jeune homme.

-Alors, explique-moi ! Ordonna tendrement Bella.

-Je… Comment réagirais-tu si tout le monde te mentait autour de toi ?

-Edward, l'appela-t-elle soudain sérieuse et un peu furieuse, tu as confiance en moi ?

-Oui, assura-t-il en plongeant son regard dans le sien, j'ai confiance en toi Bella, mais je ne supporte plus tous ces mensonges et là en plus il veut me prendre ma fille ! Je refuse qu'elle vive la même chose que moi !

-Edward, tu n'oserais tout de même pas comparer les trois connards qui t'ont enlevé à ton père ? S'offusqua Bella.

-Pourquoi pas ? Après tout, à une époque, il a partagé leurs idées ! S'énerva-t-il. C'est de sa faute ! Tout est de sa faute !

-Dis plutôt que tu cherches un bouc-émissaire pour déverser ta colère et que tu l'as trouvé en Carlisle !

-Tu ne vas pas le défendre !

-Si parce qu'il est innocent ! Il n'a rien fait de mal ! La seule chose dont tu puisses l'accuser c'est de trop aimer ses enfants ! De trop t'aimer toi, mais aussi Crystal !

-C'est ma fille !

-Pourquoi… Pourquoi est-ce si important pour toi ? Murmura doucement Bella en caressant sa joue. Parce que je sais au fond de toi que tu sais qu'elle est ta sœur, pourquoi ne veux-tu pas l'accepter ?

-Je…

Edward ne put rien dire de plus. Ses yeux étaient brûlants à cause des larmes de frustration, de peine qu'il retenait. Il inspira profondément pour les chasser, mais n'y parvint pas. Bella se rapprocha de lui et le prit dans ses bras.

-Je… J'aurais vraiment perdu 17 ans de ma vie… J'aurais enduré tout ça pour rien…

-Je ne comprends pas, avoua Bella en essuyant ses larmes.

-Elle… Elle était ma raison de vivre… A la fin, c'était pour elle que je me levais… que je supportais… Pour elle et pour Ana… Je… Je savais pas encore qu'elle était ma fille et pourtant je l'aimais comme telle… Quand Aro… Quand il m'a dit qu'elle était ma fille… Puis que je me suis souvenu de tout… Je me suis dit… que malgré toutes ces horreurs, j'avais fait quelque chose de bien…

-Et c'est le cas, tu as protégé et aimé ta petite sœur. Edward, ce n'est pas bon que ce soit pour Crystal ou pour toi de vivre avec ce mensonge, elle doit savoir qui est son père, elle doit connaître son histoire.

-Je vais la perdre…

-Non ! Non, elle t'aimera toujours plus que les autres, plus qu'Emmett, plus qu'Alice, plus que Rosalie, plus que Jasper…

-Mais moins que Carlisle, la coupa-t-il.

Edward se détacha d'elle et s'allongea sur le ventre pour enfouir son visage dans un oreiller, désireux de cacher sa peur, sa jalousie. Il entendit le léger soupir que laissa échapper Bella, elle aussi il allait la perdre. Cette pensée était en train de le faire trembler quand il sentit une main se glisser sous sa chemise, puis une deuxième, Bella lui massait tendrement le dos et cela le fit frissonner. Il ferma les yeux et ne bougea que légèrement pour l'aider à enlever sa chemise, sa petite-amie le fit rallonger et elle reprit son massage. Alors qu'il était sur le point de s'endormir, il se tourna. Bella se retrouva à califourchon sur lui et il emprisonna ses mains dans les siennes.

-Je t'aime.

Bella sourit en entendant les deux mots qu'il venait de prononcer. Edward se redressa pour la prendre dans ses bras et chercher le chemin de ses lèvres. Ils s'embrassèrent d'abord tendrement avant que la passion ne prenne le relais sur la douceur. Leurs langues se retrouvèrent et bataillèrent pour prendre le dessus sur l'autre. Il sentit la jeune fille tressaillir quand il passa ses mains sous son pull pour caresser sa peau, glissant doucement de son dos vers son buste où elles remontèrent lentement. Ses lèvres s'étirèrent en un sourire contre celles de son aimée quand il prit le dessus dans la petite bataille que se livraient leurs langues. Le désir qui couvait en ses reins commença à s'éveiller, il pouvait sentir son membre durcir lentement et le gémissement que laissa échapper Bella ne fit qu'accroître son envie d'elle. D'un coup de rein, il la fit basculer sur le lit, il se retrouva bien calé entre ses jambes accueillantes qui se nouèrent autour de sa taille rapprochant leurs intimités en feu.

-Je t'aime, je t'aime, répéta-t-il tout en déposant des baisers sur chaque parcelle de son visage, je t'aime, je t'aime.

Tout en lui répétant sans arrêt son amour, ses baisers glissèrent du visage de sa petite-amie, vers son cou, puis, vers son décolleté pendant que ses mains caressaient le buste de la jeune fille, effleurant son soutien-gorge.

-Puis-je ?

-Quoi donc ? Demanda Bella essoufflée, les joues rouges.

-Bella, murmura-t-il dans une supplique en amorçant un léger mouvement du bassin.

-Que veux-tu Edward ? Interrogea la jeune fille en mordillant sa lèvre.

-Te prouver mon amour, répondit-il en plongeant ses prunelles dans ses yeux chocolat assombris par le désir.

-C'est-à-dire ?

-Tu as décidé de me torturer ? Compris le jeune homme.

-Peut-être…

-Bella, je ne ferais rien… je ne ferais rien si tu ne me donnes pas ton accord.

La jeune fille laissa échapper une plainte lorsqu'il s'éloigna avec difficulté d'elle.

-Edward !

-Oui ? Répondit-il sur le même ton taquin qu'elle un peu plus tôt.

-Tu es sûr ?

Edward se retourna en entendant soudain le sérieux dans la voix de sa compagne. Il releva la tête pour croiser son regard.

-Oui, confia-t-il avec un sourire, alors, puis-je, Mademoiselle Swan, vous prouver à quel point je vous aime ?

-Je vous aime aussi, Monsieur Cullen.

Ils échangèrent un regard complice avant qu'il ne fonde sur elle pour s'emparer de ses lèvres avec avidité. Les mains de la jeune fille caressèrent avec ferveur son torse avant de glisser sous la ceinture de son pantalon pour effleurer ses fesses. Edward sentit le feu dans ses reins s'embraser et se répandre dans tout son être. Ses mains qui caressaient sagement le ventre de sa compagne, quittèrent sa peau tendre pour saisir le bas de son pull et le lui ôter. Il venait de le faire passer par-dessus sa tête que la jeune fille défaisait elle-même son soutien-gorge et le jetait hors du lit. Leurs bustes nus entrèrent en contact les faisant frissonner, leurs jambes s'emmêlaient, leurs bassins ondulaient l'un contre l'autre attisant la ferveur de leur désir.

-Edward, souffla Bella à son oreille, je n'en peux plus.

Le jeune homme sourit tout en déposant un sillon de baiser partant de son cou jusqu'à sa poitrine, il cajola cette dernière, léchant, aspirant, mordillant ses tétons à tour de rôle, lui arrachant ainsi des cris de plaisir. Bella se tortillait sous lui, s'agrippant désespérément à lui avant que ses doigts ne partent à la recherche de sa braguette. Il s'écarta un peu du corps si délicieux de sa partenaire pour pouvoir ôter son pantalon, Bella fit de même avec son jeans. Ils se regardèrent quelques secondes avant d'enlever rapidement leurs derniers sous-vêtements, impatients de se retrouver enfin. Bella s'allongea tout en l'attirant à lui, il se retrouva prisonnier entre ses jambes.

-Attends, demanda-t-il entre deux baisers.

-Tu veux ma mort ou quoi ?

Bella amorça un mouvement du bassin et il sentit son gland s'insinuer doucement dans l'intimité tentatrice de la jeune fille. Il se retira vivement.

-Edward ! Geignit-elle.

-Un préservatif, il me faut un préservatif.

-Je prends la pilule, lui rappela la jeune fille.

-Ce… Ce n'est pas suffisant. Je… Je n'ai pas reçu le résultat de mes tests, avoua-t-il soudain honteux.

-Je… Ca m'était sorti de l'esprit, je suis désolée.

-C'est pas grave. Je comprendrais que tu préfères attendre qu'on ait…

-Non ! J'ai des préservatifs dans mon sac, dit la jeune fille en prenant un petit sachet dans ce dernier.

Edward lui sourit, mais il se détourna pour lui dissimuler son soudain malaise. Cependant, il ne dut pas être suffisamment discret car Bella l'entourait déjà de ses bras.

-Je suis désolée, j'ai pas été très subtile.

-Non, tu n'as pas à t'excuser, c'est moi… C'est moi qui suis…

-Un mec formidable, adorable, un petit-ami aimant et attentionné.

Le jeune homme sourit, mais cette fois, son sourire était sincère. Comme toujours, elle avait réussi à le rassurer. Il l'embrassa avec douceur souhaitant lui faire partager par ce baiser tout l'amour qu'il ressentait pour elle. Alors qu'il souhaitait la vénérer comme une déesse, sa petite-amie en décida autrement. Il gémit quand il sentit ses doigts glisser la protection sur son membre turgescent qu'elle caressa avec une attention particulière. Bella lui offrit un sourire mutin avant de le pousser, il retomba sur les coussins et son souffle se bloqua dans sa poitrine quand il la vit s'installer sur lui. Elle empoigna son sexe pour le guider vers son intimité et lentement elle s'empala sur lui.

-Bella ! Gémit-il.

Edward ne put s'empêcher de la trouver magnifique et diablement désirable avec ses yeux mi-clos, ses joues rougies et ses cheveux en désordre. Ses mains se posèrent sur les hanches de la jeune fille pour la soutenir alors qu'elle se soulevait pour retomber sur lui. Edward se redressa pour serrer Bella dans ses bras, ses hanches accompagnant autant qu'elles le pouvaient les mouvements de sa compagne. Leurs gémissements disparaissaient sous leurs baisers. Le plaisir grimpait dans leurs corps, leurs gestes devenaient désordonnés, le désir ayant prit le contrôle de leurs êtres.

-Edward ! Gémit la jeune fille en mordillant tendrement le lobe de son oreille.

Le jeune homme en voulait plus. A nouveau, il échangea de place avec sa compagne après s'être retiré qui arracha un petit cri de surprise. Edward se positionna entre ses jambes et la pénétra à nouveau d'un coup de rein. Il sentit les ongles de sa compagne s'enfoncer dans la chair de ses épaules alors qu'il touchait une zone particulièrement sensible de son intimité. Sa bouche se posa sur sa poitrine, il suça tendrement son mamelon pendant qu'il s'employait à chaque va et vient de toucher son point G. Edward lâcha sa poitrine pour tenter de bâillonner quelque peu Bella qui criait de plaisir.

-Bella… Chérie, haleta-t-il, Crystal dort... Tu… Tu ne voudrais pas la réveiller ?

-Non, reconnut la jeune fille à bout de souffle. »

Edward s'employa à étouffer ses gémissements par de langoureux baisers. Ses coups de rein étaient de plus en plus rapides et forts. Les bras de Bella l'étreignirent avec plus de force quand elle atteignit les sommets du plaisir. Edward ne tarda pas à la rejoindre dans l'orgasme quand il sentit ses parois intimes se resserrer autour de son membre. A bout de souffle, il se laissa tomber sur le côté pour éviter d'écraser la jeune fille de son poids. A regret, il se retira d'elle et se leva pour aller jeter le préservatif. Il revint s'allonger dans le lit et Bella vint aussitôt se blottir contre lui. Ils échangèrent plusieurs baisers avant de tomber dans une légère somnolence.

Cela faisait une demi-heure qu'ils profitaient de leur bulle de bonheur quand un bruit de chute les fit sursauter. Edward se redressa aussitôt en imaginant le pire. Crystal avait-elle essayé de sortir toute seule de son lit ? Etait-elle tombée ? Il s'extirpa des bras de sa douce et enfila rapidement son boxer et son jean tout en courant vers la chambre de la petite, Bella sur ses talons. Son sang se glaça dans ses veines lorsqu'il vit le lit vide. Il échangea un regard affolé avec sa compagne et ressortit de la chambre. Crystal avait-elle réussi à sortir de son lit et à descendre quelques marches d'escaliers avant de chuter ? Il fut soulagé quand il ne vit pas la fillette inconsciente sur une marche ou en bas des escaliers. Ils coururent au rez-de-chaussée et Edward se détendit en voyant sa fille assise sur les genoux de Lynda à qui elle était en train de faire une coiffure pour le moins étrange. Aaron releva la tête à leur entrée et dissimula un sourire derrière son poing.

« -Vous avez fini de faire dodo ? Demanda Crystal en les regardant.

-Oui, dit Edward, je…

-Crystal était réveillée quand nous sommes rentrés, je me suis permis de la prendre pour qu'elle joue. Pourquoi n'iriez-vous pas prendre une douche et finir de vous habiller ? Proposa Aaron légèrement moqueur.

-Ca fait longtemps que vous êtes rentrés ? Dit Edward en regrettant aussitôt d'avoir poser la question.

-Non, cinq minutes, répondit Aaron.

Edward échangea un regard soulagé avec Bella, mais apparemment Lynda avait décidé d'être moins clémente envers eux.

-Tu as la tête dans les nuages, chéri, ça fait au moins une heure que nous sommes rentrés, corrigea Lynda. Tu ne te souviens que Crystal a été réveillée par des…

-C'est bon, on a compris ! La coupa Edward qui était aussi rouge que sa petite-amie. Je suis désolé, pardon.

-Nous sommes désolés, rectifia Bella en lui prenant la main.

-Pourquoi vous vous excusez ? Demanda Lynda. Vous n'avez rien fait de mal que je sache. Allez, filez et prenez votre temps, Crystal n'a pas fini de me coiffer, n'est-ce pas ma puce ?

-Voui !

Edward sourit, heureux de voir que sa fille avait surmonté sa crainte et s'amusait bien, par contre, il n'aimerait pas être à la place de Lynda quand elle devrait démêler ses longs cheveux ! Bella et lui regagnèrent l'étage. Il l'entraîna dans la douche pour leur faire gagner du temps et ils restèrent sages encore gênés que Lynda et Aaron les aient entendus. Dès qu'ils furent prêts, ils rejoignirent le salon où Crystal était en train de colorier pendant qu'Aaron tentait de peigner les cheveux de son épouse.

-Désolé, murmura Edward en voyant Lynda esquisser une grimace.

-C'est pas grave, c'est Aaron qui n'a aucun savoir faire !

-Hey ! Je fais de mon mieux ! S'offusqua son mentor.

-Attends, je vais essayer, proposa Bella.

Edward laissa les deux femmes sur le canapé et alla s'agenouiller près de Crystal qui coloriait avec application.

-C'est très joli, mon cœur, la félicita-t-il.

-Je pensais que nous pourrions faire une balade jusqu'au parc voisin, ce n'est pas très loin et Crystal pourra jouer à l'aire de jeux ? Offrit Aaron.

-Pourquoi pas, accepta Edward.

-Moi, ça me va, dit Lynda, c'est pas loin et je pourrais prendre l'air. »

Rapidement, ils enfilèrent des vestes et Aaron s'agenouilla pour lacer les chaussures de son épouse qui se lamentait de ne plus voir ses pieds. Son mentor alla chercher une veste pour elle pendant que Bella finissait d'arranger les cheveux de la future mère, dès qu'elle eut terminée, Lynda demanda à Edward de l'aider à se lever. Ils partirent ensuite vers le parc où ils restèrent un long moment. Bella et lui jouèrent avec Crystal sous l'œil amusé d'Aaron et Lynda. Son mentor vint les rejoindre pour une partie de tape-fesse car Crystal et Edward, qui étaient assis ensemble, avaient coincé Bella en haut. La petite fille éclata de rire quand Aaron appuya sur le siège de Bella pour la faire descendre. L'agent s'installa ensuite derrière Bella, Crystal et lui eurent alors du mal à toucher le sol.

Ils rentrèrent à la maison quand le jour commença à décliner. Edward donna un rapide bain à Crystal pendant qu'Aaron travaillait un peu dans son bureau, Bella était en cuisine et Lynda s'était allongée à la demande de son mari. Ils mangèrent tous ensemble et le jeune homme ne tarda pas à coucher Crystal qui commençait à bailler. Il redescendit au salon où les autres s'étaient installés pour boire un café, il s'assit près de Bella dans le canapé.

« -Beurk, j'en ai marre, je crois que je ne pourrais plus jamais boire de lait ! Je peux pas avoir un peu de thé ou du café ? Demanda Lynda avec espoir à son mari.

-Non, répondit Aaron d'un ton catégorique.

-J'ai pas demandé un chocolat chaud, lui fit remarquer la future mère avec espoir.

-La caféine et la théine sont mauvaises pour le bébé.

-Le médecin n'a jamais dit ça !

-Je l'ai lu dans un livre.

-Je peux en boire tant que ça reste raisonnable ! Protesta Lynda. Je n'en ai pas bu une goûte depuis 1 mois !

-Si tu veux, je vais te chercher un jus d'orange ou une tisane ?

-Non, c'est bon, bouda Lynda avant de se redresser et de les fixer à tour de rôle. Lequel de vous trois m'a traité de "dame au gros ventre" ?

Edward gigota, mal à l'aise face à son regard acéré, il baissa la tête pour ne pas lui donner d'indice. Du coin de l'œil, il vit Bella faire de même quant à Aaron il resta stoïque comme à son habitude.

-Tu as osé me traiter de "dame au gros ventre" ? Gronda Lynda en fusillant son mari du regard.

-Je suis désolé, Crystal est une petite-fille et je voulais qu'elle se rappelle de toi, ton ventre impressionnant est la seule chose dont elle pouvait se souvenir, expliqua Aaron, et non, je n'irais pas te chercher un café ou un thé pour me faire pardonner !

Lynda soupira bruyamment avant de croiser ses bras sur sa poitrine, elle tenta d'attendrir son mari, mais n'y parvint pas. Edward choisit de changer de sujet n'aimant pas voir le couple se disputer même si c'était gentiment.

-Vous avez choisi un prénom ? Questionna Bella.

-Nous en avons deux sous le coude, répondit Lynda.

-Deux ? Vous n'arrivez pas à faire votre choix ? Interrogea Edward.

-Si, nous en avons un féminin et l'autre masculin, répondit Aaron.

-Mais je croyais que c'était un garçon ? S'étonna le jeune homme.

-Non, j'ai menti, on ne connaît pas le sexe.

-Edward, tu peux venir avec moi ? Demanda soudain Aaron. Je veux te montrer quelque chose.

Le jeune homme se leva tout en prenant le baby phone et le suivit à l'étage dans son nouveau bureau. Aaron lui fit signe de s'asseoir sur le canapé qui était moins formel que son bureau, il le rejoignit après avoir pris un dossier qui traînait sur ce dernier. Après s'être assit, il lui tendit le dossier.

-Après avoir vu Crystal sur le pont, j'ai eu un doute. La ressemblance entre elle et toi existait. J'ai donc demandé un test de paternité, en fait, j'en ai demandé deux. Ton ADN a donc été comparé à celui de Crystal ainsi qu'un second prélèvement, cependant, il était trop ancien pour être fiable. J'ai demandé à Chris de faire un second prélèvement sur ton père quand il a été hospitalisé. Comme tu le verras sur les résultats, Crystal et toi avaient de fortes correspondances, c'est normal, tu es son frère, mais comme tu le verras ici, il y a 100% de concordance entre Carlisle et Crystal.

Edward referma le dossier sans jeter un seul coup d'œil aux résultats. Il ferma les yeux pour tenter de dissimuler ses sentiments.

-Je sais que tu sais, que tu as compris, souffla doucement Aaron, mais tu as dû mal à l'accepter. Il va te falloir du temps, je le conçois, mais ne doute pas de ta famille, ne doute pas de l'amour qu'ils te portent, ne cesse pas de leur faire confiance.

-Par famille, tu veux dire Carlisle ? Questionna-t-il d'un ton amer.

-Oui, tu lui en veux beaucoup, n'est-ce pas ? Comprit Aaron.

-Je sais… J'ai compris qu'il n'y était pour rien… Je… Je m'oblige à voir Crystal comme… comme ma sœur, avoua péniblement Edward, mais… c'est dur… J'ai mal. Je… Je ne sais pas… Je ne pourrais pas l'entendre l'appeler papa, pourtant… pourtant, c'est ce qui est le mieux pour Crystal.

-Oui. On te demande beaucoup, mon grand, mais plus on attend, plus ça sera dur pour Crystal.

-Je sais, je veux ce qu'il y a de mieux pour elle, murmura-t-il sa voix brisée par les larmes.

-Je le sais et c'est tout à ton honneur. Voilà ce que je te propose, on pourrait dire à tes parents de venir demain dans la journée et on parlera avec Crystal. En fonction de la réaction de la petite, elle partira avec eux ou restera ici. Quant à toi, je veux que tu saches que tu as le choix : cette maison est la tienne. Tu peux rester ici le temps que tu le souhaites, que tu acceptes la situation.

-Merci.

-Maintenant, je veux que tu me donnes ton téléphone portable, ordonna doucement Aaron en le prenant dans ses bras pour le rassurer, quand tu te sentiras prêt, je veux que tu appelles tes parents.

Edward inspira profondément. Le téléphone glissa de ses mains moites et tremblantes. Aaron le rattrapa et le posa sur la petite table basse. Son mentor s'empressa alors de tout faire pour l'apaiser. Le jeune homme tendit plusieurs fois sa main pour attraper le téléphone avant de la retirer. Finalement, il inspira profondément et composa le numéro de la villa.

-Villa Cullen, bonsoir.

Sa voix se bloqua dans sa gorge, il ne put émettre qu'une sorte de plainte. C'était lui qui avait décroché et il ne savait pas quoi faire.

-Edward ? Edward, c'est toi, mon grand ?

Il ferma les yeux. Ses larmes qui s'étaient un peu taries revinrent et il fit la seule chose dont il était capable, il raccrocha.

-Ce n'est rien, assura Aaron, pourquoi ne pas composer le numéro de l'un de tes frères ou sœurs ou celui de ta mère ?

Edward acquiesça et choisit dans son répertoire le numéro de sa mère qui décrocha à la première sonnerie.

-C'est toi, mon trésor ? Tu vas bien ? Demanda Esmé inquiète.

-Maman…

-Je suis là, mon chéri, je suis là. Tu vas bien ?

-Oui.

-Et Crystal ?

-Elle dort.

-Je peux faire quelque chose pour toi, mon amour ?

-Maman… Tu… Enfin, vous…. Vous pourriez venir demain à Seattle ?

-Oui, bien sûr, ton père et moi, nous viendrons.

-Je… Il… Il faut qu'on dise la vérité à Crystal.

-Oui et nous t'y aiderons.

-C'est Edward ? Tu peux lui demander s'il accepte de me parler ?

Le jeune homme frissonna en entendant la voix de son père, il se mordit violemment la lèvre en percevant sa peine.

-Maman ! Maman, je peux pas…. Je suis désolé, dis-lui, mais je peux pas.

-D'accord, mon chéri, calme-toi, tout va bien.

-Pardon, pardon de vous faire autant de mal. Dis… Dis à… Dis aux autres que je suis désolé, j'espère… j'espère qu'ils me pardonneront.

-Sois-en sûr, mon cœur, ils t'aiment et ils comprennent tes sentiments. Emmett et Jasper ont même admis qu'ils auraient déjà quitté l'état, ton père aussi. Si tu reviens, et j'espère que ce sera bientôt, tout se passera bien. Nous t'aimons tous.

-Je vous aime aussi. Vous viendrez demain ?

-Oui, mon chéri. On sera là en début d'après-midi, d'accord ?

-Bonne nuit, maman.

-Bonne nuit, mon chéri, je t'embrasse.

-Moi aussi, dit-il en raccrochant.

-Ca va ? Demanda Aaron.

-Ouais, soupira-t-il.

-Bon, tu veux qu'on reste un peu ici ou tu veux rejoindre nos chères et tendres ?

-J'ai… J'ai envie de voir Crystal.

-Elle dort, Edward, pas la peine de te torturer plus, tu…

-Non ! Il… Il faut que je la vois ! »

Sans laisser le temps à Aaron de le stopper, il sortit du bureau et gagna la chambre de Crystal. Depuis plusieurs heures, il s'obligeait à ne plus penser à en elle en temps que sa fille, mais c'était dur et terriblement douloureux surtout quand elle l'appelait papa. Il caressa doucement ses cheveux avant de s'asseoir à même le sol près du petit lit. Le jeune homme fit glisser un pouf vers lui, il replia son bras sur celui-ci et y posa sa tête. Il pouvait ainsi contempler à loisir Crystal.

Le jour pointait à travers les épais rideaux aux douces teintes, il bougea un peu sous sa couette avant de grimacer en sentant une douleur dans son cou. Edward se figea quelques secondes quand il se rendit compte qu'il était couché à même le sol. Il comprit alors qu'il avait dû s'endormit dans la chambre de Crystal. Quelqu'un avait déposé une couette sur son corps et le pouf avait été remplacé par un oreiller. Il se tourna vers le petit lit et croisa un regard émeraude pétillant de malice. Crystal était apparemment bien éveillée. Il se leva en étirant ses muscles endoloris, puis, il se pencha vers la petite-fille qui lui tendait déjà le bras.

« -Bonjour, mon cœur, tu as bien dormi ?

-Voui !

Edward embrassa tendrement la petite-fille qui lui fit un câlin. Elle se blottit dans ses bras, son pouce fermement ancré dans sa bouche. Un léger gargouillis lui arracha un sourire. Le jeune homme se leva et descendit à la cuisine pour préparer le petit-déjeuner, il ne fit pas de bruit, les autres étant toujours endormis. Il installa Crystal sur une chaise et commença à préparer son biberon. Une fois que la petite eut un peu mangé, il la prit sur ses genoux et sortit une photo de sa famille qu'il gardait dans son portefeuille, la même que Carlisle lui avait montré à son réveil en Italie. Il posa le cliché devant eux.

-Tu sais qui sont ces personnes ? Lui demanda-t-il d'une voix tremblante.

-Oui ! Bella ! Tatie Alice, tonton Zasper, énuméra la fillette alors qu'il souriait en entendant le prénom escamoté de son frère, tatie Rose, tonton Emmett, mamie Esmé et papi Carlisle !

-C'est bien, mon cœur. Il… Papi… Carlisle…

-Tu sais plus parler, papa ! Rit doucement Crystal.

-Ce que j'ai à te dire n'est pas facile, mon cœur, avoua-t-il en l'asseyant sur la table pour pouvoir la regarder dans les yeux, je t'aime, mon petit cœur, je t'aime énormément, tu le sais ?

-Oui.

-Tu sais aussi que papi Aro est très méchant ?

-Oui.

-On avait compris tout les deux qu'il disait beaucoup de mensonges, tu te souviens ?

-Oui.

-Et bien, il a dit un mensonge très méchant et vraiment horrible, il nous a menti à tous les deux, mon cœur. Tu te souviens, il t'a dit que j'étais ton papa, il y a pas très longtemps ? Avant j'étais Edward, juste le Edward avec qui tu t'amusais, mais je n'étais pas ton papa, tu t'en rappelles ?

-Oui, mais je préfère quand tu es mon papa.

-Moi aussi, mon cœur, moi aussi… Mais… Mais c'était un mensonge qu'il nous a raconté. Je ne suis pas ton papa, mon petit trésor.

-Non, souffla Crystal qui pleurait, non, t'es mon papa.

-Non, mon amour, je suis ton grand-frère. Ton papa c'est le même que le mien, c'est Carlisle. Regarde, mon poussin, dit-il en sortant une photo de la petite, tu ressembles beaucoup plus à Carlisle qu'à moi. Il est ton papa et Jane était ta maman.

-Ze veux pas !

-Je sais, mon cœur, mais c'est comme ça. Carlisle et Esmé sont des parents formidables, ils t'aiment déjà.

-Tu m'aimes plus !

-Oh, si, je t'aime, Crystal, je t'aime énormément, ça ne changera rien, je serais toujours là pour toi. Cependant, tu sais que les mensonges ne sont pas bien, il faut donc rétablir la vérité, c'est ce qu'on doit faire, n'est-ce pas ?

-Voui, admit la fillette à contrecœur.

-Crystal, Carlisle et Esmé viendront cet après-midi pour nous voir, mais n'oublie pas que je serais là, un mot de ta part et je te prends dans mes bras pour te faire une pluie de baisers.

Sur ces mots, il prit la fillette sur ses genoux et déposa une myriade de baisers sur son visage et dans son cou, faisant des bruits grotesques qui firent éclater de rire la petite-fille.

-Je devrais les appeler papa et maman ? Demanda Crystal avec crainte.

-Seulement si tu en as envie, je les connais suffisamment pour savoir qu'ils ne te forceront pas. Quant à Esmé, tu peux l'appeler par son prénom, ta maman c'est Jane et c'est seulement si un jour tu en as envie que tu pourras appeler Esmé maman, d'accord ?

Edward déposa un baiser dans les cheveux de la fillette et dissimula en même temps ses larmes, cependant, Crystal ne fut pas dupe. Il fut étonné de la voir poser ses petites mains sur son visage pour l'obliger à relever la tête et elle lui fit plein de bisous, comme il l'avait fait plutôt avec elle, jusqu'à ce qu'il sourit.

-Je mangerais bien des crêpes, déclara-t-il soudain, pas toi ?

-Voui !

-Vous voulez un coup de main ?

Edward sursauta et se tourna vers l'entrée de la cuisine pour voir qu'Aaron se tenait sur le seuil. Il lui offrit un sourire crispé. Son mentor embrassa Crystal, puis, il l'enlaça fermement.

-Tu t'en es merveilleusement bien sorti, murmura-t-il à son oreille, mais tu n'étais pas obligé de faire ça seul.

-Si, j'étais son père pour elle, dit-il d'une voix chargée de larmes retenues.

-Crystal, mon cœur, on va commencer à préparer les crêpes pendant qu'Edward va réveiller Bella. »

Edward fut reconnaissant à Aaron de lui offrir une issue de secours, il n'était plus capable de retenir son chagrin. Il grimpa à l'étage où il tomba nez-à-nez avec Bella. Il n'eut pas besoin de parler, elle avait compris. Sans un mot, elle l'entraîna dans leur chambre et ils se recouchèrent. Sa petite-amie le prit dans ses bras et ils restèrent blottis l'un contre l'autre jusqu'à ce qu'il arrive à retrouver son calme.

Les secondes, les minutes, les heures avaient passé bien trop rapidement à son goût. Une fois qu'ils furent levés, Crystal passa presque tout son temps à ses côtés, soit elle lui tenait la main, soit elle était assise sur ses genoux. Edward répondait à ses appels, mais tentait de mettre une certaine distance entre eux pour rendre la séparation moins difficile pour la fillette. Tout à coup, le moment qu'il redoutait arriva. La sonnette de la porte d'entrée retentit et inconsciemment il resserra son étreinte sur Crystal qui était sur ses genoux. Carlisle et Esmé arrivèrent dans le salon accompagné d'Aaron. Un silence assez gênant s'installa après qu'ils se soient salués. Soudain, Crystal gigota pour descendre de sur ses genoux, il la laissa faire. La petite s'approcha de Carlisle et le regarda longuement.

« -C'est toi mon papa ? Demanda Crystal avec sérieux.

-Oui. »

Timidement Crystal s'approcha de Carlisle pour monter sur ses genoux et lui faire un câlin. Edward sentit son cœur se briser, l'air manqua dans ses poitrines et il quitta précipitamment le salon. Il sortit de la maison et s'appuya contre le muret pour tenter de reprendre sa respiration. Le jeune homme ferma les yeux quand il sentit une main douce caresser sa joue. Il se redressa et prit Bella dans ses bras, il enfouit son visage dans ses cheveux pour s'enivrer de son parfum et de son amour, c'était le meilleur baume qu'il connaissait et le seul qui pouvait l'aider en cet instant.