Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.


Hello !

J'espère que vous allez tous bien.

Je suis désolée de ne pas avoir répondu à vos reviews, mais il est 18 heures et je viens juste de terminer à écrire et il faut que je relise. Je préfère donc poster plutôt que de prendre encore plus de retard.

Vos reviews m'ont fait très plaisir ainsi que vos messages de soutien. Encore MERCI !

Ma semaine a été très chargée et j'avais un week-end très chargé, donc, je suis encore à la bourre… Sorry.

Voilà la suite, j'espère qu'elle vous plaira. Voici l'avant-dernier chapitre d'Apprendre à vivre.


Chapitre 42 : Emma

Carlisle était en train de se documenter sur une nouvelle technique opératoire lorsqu'il entendit un son agréable. La fenêtre de son bureau était ouverte lui permettant ainsi d'écouter le rire mélodieux d'Edward, ce son était devenu trop rare à son goût ces derniers temps. Le médecin fit pivoter son fauteuil pour regarder par les immenses baies vitrées, ses enfants étaient sur la pelouse et s'étaient lancés dans une bataille d'eau. Bella et Crystal faisaient équipe pour mouiller Edward quand Emmett surprit sa fille et sa belle-fille pour les asperger. Bella tenta de protéger Crystal, mais sa fine carrure ne l'y aida pas. Heureusement, Alice et Rosalie vinrent à leur secours pendant que Jasper et Edward se jetaient sur Emmett pour l'immobiliser. Ils y parvinrent difficilement, Rosalie et Alice vinrent alors les aider pendant que Bella portait Crystal pour qu'elle vide le chargeur de son pistolet à eau sur le visage d'Emmett. Un sourire se dessina sur son visage quand ses enfants se mirent à rire. Ces derniers jours n'avaient pas été évidents et il était heureux de les voir si joyeux.

Edward était rentré avec eux, son fils ne souhaitait pas faire d'avantage de peine à sa famille. Le retour à la villa était difficile et la situation entre eux était toujours tendue, elle s'était même un peu accentuée depuis que Crystal commençait à l'appeler papa et à aller vers lui. Il se souvenait encore du jour où la petite-fille avait chuté dans le salon, s'écorchant légèrement le genou contre la table basse. Crystal s'était mise à pleurer en appelant son père, Edward s'était précipité vers elle avant de s'arrêter lorsqu'il avait vu que lui aussi allait vers Crystal. La fillette avait tendu les bras vers lui et il l'avait pris sur ses genoux pour essuyer ses larmes. Il avait alors relevé la tête et la souffrance qu'il avait lu dans le regard d'Edward lui fit mal. Cela faisait 15 jours et rien n'avait évolué…

« -Tu veux que nous allions nous joindre à la joyeuse mêlée ? Demanda Esmé en venant s'asseoir sur ses genoux.

-Non, laissons-les s'amuser entre eux.

-Edward va mieux, tu ne trouves pas ?

-Oui.

-Carlisle, tu me caches quelque chose, remarqua son épouse.

-Je… Edward ne va pas aussi bien qu'il le laisse voir.

-Pourtant, il joue avec les autres, compose, passe du temps avec Bella, il m'aide en cuisine et il s'amuse avec Crystal. C'est vrai qu'il serait bon pour lui qu'il aille à l'école ou à l'université, mais je comprends qu'il ne veuille pas y aller vu tout le battage médiatique qu'il y a encore autour de lui.

-Oui…

-Il te fait toujours la tête ? Comprit son épouse.

-Je ne sais pas, il est un peu froid avec moi. Tu sais que quand il est obligé de s'adresser à moi, il m'appelle par mon prénom.

-Je n'avais pas remarqué, avoua Esmé, avec moi, il est normal. Tu as essayé de lui parler ?

-Oui, mais il m'évite. Je sais qu'il a besoin de temps, mais c'est dur. Et toi, ma chérie, comment vas-tu ?

-Ca va.

-Et pour Crystal ?

-Elle est adorable et vraiment très attachante. Nous nous entendons bien toute les deux.

-J'en suis ravi. Je sais que la situation est étrange pour toi et que ça ne doit pas être évident, je tiens à m'en excuser, je…

-Carlisle ! Le coupa-t-elle. Pourquoi t'excuses-tu ? Tu n'y es pour rien, ce n'est pas comme si tu m'avais trompé.

-Je ne sais pas comment je ferais sans vous, Madame Cullen, admit-il en l'étreignant.

-Je sais… Bien, maintenant, au travail ! Déclara son épouse.

-Au travail ?

-Oui, sourit son épouse avant de se pencher par la fenêtre. Vous avez 5 minutes pour vous sécher et rejoindre le salon !

Quelques cris de protestations s'élevèrent, mais les enfants rentrèrent sans traîner les pieds.

-Je suis impressionné par ton autorité, avoua-t-il en se levant pour l'enlacer.

Esmé lui sourit et se hissa sur la pointe des pieds pour l'embrasser. Il se perdit dans ce baiser oubliant tous ses soucis. Malheureusement, ils durent se séparer.

-Vous aussi, Docteur Cullen, vous êtes convoqué au salon !

-A vos ordres, Madame Cullen. »

Ils se sourirent et main dans la main, ils gagnèrent le rez-de-chaussée où les enfants les attendaient, emmitouflés dans des serviettes. Carlisle s'installa dans le fauteuil qui lui était réservé, Esmé s'assit sur l'accoudoir et passa un bras autour de ses épaules. Il observa sa petite famille avant de reporter son attention sur son épouse.


Esmé sourit à son époux et se pencha pour déposer un baiser dans ses cheveux. Puis, comme lui, elle observa sa grande famille qu'elle aimait tant. Son regard s'arrêta sur ses deux cadets Edward et Crystal, car oui, elle aimait déjà Crystal comme si elle était sa chair et son sang. Esmé ne souhaitait pas remplacer Jane, non, elle serait toujours la mère de Crystal, mais elle espérait qu'un jour elle pourrait être proche de la petite. Pour l'instant, elle était plus inquiète pour Edward surtout depuis que Carlisle lui avait parlé. Elle avait passé beaucoup de temps avec son cadet et après une unique sortie à Forks pour aller faire les courses où les habitants les avaient dévisagé et des journalistes avaient accouru, il n'avait plus voulu quitter la villa. Esmé avait ramené son fils à la maison sans avoir rien acheté. Ils avaient passé l'après-midi ensemble et depuis ce jour là elle devait bien admettre qu'elle le couvait encore plus.

« -Alors, pourquoi avons-nous été convoqué ? Lui demanda Emmett. Si c'est pour une bêtise, c'est Edward !

-Hey ! Protesta son dernier.

-Ben quoi… Aïe ! Ca fait mal, Rose ! Grogna son aîné en massant sa nuque.

-A ma connaissance, vous n'avez fait aucune bêtise, mais, Emmett, je vais creuser de ce côté puisque tu as été si prompt à dénoncer ton frère, releva Carlisle.

-Mais…

-On verra ça plus tard, intervint Esmé, si je vous ai demandé de venir c'est parce que j'ai eu une idée et j'ai besoin de votre aide. Voilà, je me suis rendue compte que nous avions oublié d'organiser une petite fête…

-Une fête ! Quelle fête ? J'aurais sûrement pas oublié ! S'écria Alice.

Esmé sourit en voyant sa fille réfléchir à leurs dates d'anniversaire, de mariage, de rencontre. Soudain, son petit lutin posa son regard sur Crystal.

-C'est… Oh, mon Dieu ! On a oublié ton anniversaire, ma chérie, s'excusa Alice. C'était quand ?

Le petit lutin se tourna vers son mari qui ouvrit la bouche, mais ne put répondre, Carlisle n'en avait aucune idée. Edward répondit alors et elle put voir le regard narquois que son fils lança discrètement à Carlisle. Elle posa une main douce sur l'épaule de son époux en signe de réconfort.

-Ce n'était pas ça, mais nous organiserons une belle fête pour ton anniversaire dans un mois, ma chérie.

-Merci, Esmé.

-Je t'en prie, Crystal. Donc, comme je disais, il est coutume de faire une fête pour la naissance d'un enfant. Normalement, on la fait vers le 7ème mois, mais cela n'a pas été possible. Je me suis dit que nous pourrions organiser la fête demain et Aaron est d'accord pour faire la surprise à Lynda.

-C'est pas exclusivement féminin ce genre de fête ? Marmonna Emmett.

-Si, mais comme Lynda et Aaron n'ont plus de famille, je me suis dit que nous pourrions tous y aller. Qu'en pensez-vous ?

-C'est une excellente idée, approuva Edward.

-Je suis partante ! Dit Bella.

-C'est pareil pour moi ! Déclara Jasper.

-Mais… Mais il faut acheter des cadeaux pour le bébé ? J'ai rien acheté ! S'angoissa Alice.

-Pourquoi n'irions-nous pas à Port Angeles acheter quelques affaires ? Lui proposa Rosalie pour l'apaiser.

-Emmett ?

-Ben, ouais, mais je sens que ça va être très froufrous et discussions à la guimauve, râla son aîné.

-Tu peux venir avec nous, on passera acheter des gâteaux ainsi que des décorations pour la fête ? Dit Rose qui savait comment le faire craquer.

-Et toi, Crystal, ma puce, tu es d'accord ?

-Voui ! Je veux revoir la dame avec le gros ventre ! Elle est gentille !

-Et bien, nous irons à Seattle demain, conclut Carlisle avant de se tourner vers Crystal, par contre, princesse, il faut que tu appelles Lynda par son prénom et évite de dire la dame au gros ventre.

-Sinon, ça risque de faire mal, souffla Jasper ce qui fit rire le reste de la famille.

-Très bien, donc, les filles vous allez acheter les cadeaux avec Emmett et Jasper. Carlisle, je pense que Crystal a besoin d'un bon bain et toi, Edward, tu viens en cuisine avec moi. J'aurais besoin de toi pour préparer le repas de demain car il est hors de question de donner du travail à Aaron et encore moins à Lynda et puis de toute manière tu es le seul de mes enfants à savoir cuisiner.

-C'est bon, je préfère cuisiner avec toi, plutôt, que d'aller en ville.

Tous se levèrent, Carlisle prit Crystal dans ses bras pour rejoindre l'étage, pendant que les autres allaient se changer.

-Esmé ?

-Oui, Bella.

-Vous savez, je n'aime pas trop faire les magasins, puis-je rester ici et vous aider ?

Esmé observa les alentours avant de lui répondre, elles étaient seules, elle se permit donc d'être franche avec la jeune fille.

-A vrai dire, je souhaite parler avec Edward et si…

-Si je suis là, il trouvera un moyen de filer.

-Oui.

-Ne vous inquiétez pas, je vais aller faire les magsins.

-Merci, Bella. Je… Sans vouloir être indiscrète, t'a-t-il parlé ?

-Un peu… Mais j'ai remarqué qu'il se raidit toujours quand Carlisle est là, je sais qu'il essaye de passer outre, de se contrôler, mais c'est difficile pour lui. J'ai l'impression que toute sa haine, toute sa colère est canalisée contre Carlisle.

-Je sais, soupira Esmé, allez, va te changer avant d'attraper froid.

Bella disparut dans les escaliers pendant qu'elle commençait à sortir quelques ingrédients du frigo. Un à un ses enfants vinrent l'embrasser avant de partir, Bella fut la dernière et Alice dut l'arracher des bras d'Edward pour qu'elle les suive.

-Que puis-je faire pour t'aider, maman ? Demanda Edward en déposant un baiser sur sa joue.

-Tu peux préparer la sauce pour les lasagnes ?

Edward lui sourit et alla chercher des tomates, des oignons et des épices. Lorsqu'il repassa à ses côtés, il lui sourit et se mit au travail. Esmé avait remarqué que depuis son retour, Edward était sans arrêt à la recherche de tendresse de sa part, il essayait de combler le vide qui était en lui de cette manière. Des éclats de rires leur parvinrent de l'étage et elle vit Edward se renfrogner. Esmé délaissa la préparation de sa pâte pour les lasagnes et mit un peu de musique. Puis, elle contourna le plan de travail pour prendre son fils dans ses bras.

-Edward, je sais que tu n'es pas bien, mais je n'apprécie pas ton comportement, mon chéri, ton père ne mérite pas ça et il est très triste.

-Je sais…

-Je vois aussi que tu souffres de ne pas avoir plus de complicité avec lui, il te manque autant que tu lui manques.

-Je peux pas. Je sais que je suis puéril, égoïste, méchant, mais je ne peux pas m'en empêcher.

-Dis-moi, Edward, dis-moi ce qui te ronge ?

-J'ai… j'ai essayé de trouver une raison à tout ce que j'ai vécu…

-Il n'y en a malheureusement pas, la folie des hommes ne peut être expliquée.

-Je sais, mais… mais je me dis que si… si Carlisle…

-Si ton père, le reprit-elle.

-Si papa, se corrigea-t-il, n'avait pas côtoyé ces hommes…

-Je sais, mais n'oublie pas que j'étais aussi là à l'époque. Moi aussi, je me suis laissée duper, je pensais sincèrement qu'ils étaient nos amis. Alors, pourquoi ne m'en veux-tu pas ?

-Je…

-C'est à cause de Crystal, n'est-ce pas ?

-Je ne sais pas, je ne sais plus. J'ai tant de colère, de rancœur en moi que parfois j'ai l'impression que ça va me détruire, avoua son fils.

-Tu en as parlé avec quelqu'un ?

-Aaron. Il dit que… que je progresse, mais j'ai l'impression de stagner.

-Tu as besoin de temps, ton père me l'a dit. Il t'aime tellement, mon grand.

-Je l'aime aussi, avoua Edward en enfouissant son visage dans son cou pendant qu'elle resserrait son étreinte. »

Elle caressait son dos quand elle croisa le regard de Carlisle qui se tenait sur le seuil de la porte. Edward dut deviner sa présence car il se retourna brutalement. Son fils se dégagea de son étreinte et sortit précipitamment de la pièce. Carlisle tenta de le stopper, mais le regard de leur fils le fit s'écarter. Esmé soupira et vint enlacer son époux, malgré sa fuite, ils venaient d'ouvrir une brèche. Edward avait confirmé qu'il aimait toujours son père et cela les rassurait, s'il avait pu l'exprimer à voix haute, c'était déjà un grand pas.


Carlisle déposa le sac remplit de nourriture sur le plan de travail de la cuisine. Edward qui le suivait l'imita et en silence ils rangèrent chaque plat soit au frigo, soit au four pendant que les autres décoraient le salon. Aaron était allé chercher Lynda qui était remontée s'allonger juste en début d'après-midi.

« -Tu veux un coup de main ? Demanda-t-il à Edward qui bataillait pour ouvrir la porte du four tout en portant les lasagnes.

-Je me débrouille, j'ai l'habitude.

-Sois pas stupide, s'exaspéra Carlisle, tu vas finir par te faire mal.

Il ignora le soupir de son fils et ouvrit la porte du four pour lui, Edward enfourna le plat avant de se diriger vers la sortie.

-Faire la tête ne doit pas t'empêcher de rester poli ! S'énerva le médecin.

-Merci ! Grogna Edward en le fusillant du regard.

Son fils sortit de la cuisine au moment où Aaron entrait, son ami lui fit un sourire rassurant et prit deux bières dans le frigo, il lui en tendit une qu'il accepta.

-Ne t'en fais pas, ça va lui passer, il est en train de faire une crise d'adolescence en retard.

-J'ai déjà eu 4 ados à la maison et ils m'en ont tous fait voir à leur manière, se rappela Carlisle, Jasper était le plus violent, il en voulait à la terre entière et surtout à nous car nous n'étions pas ses vrais parents donc on avait pas notre avis à donner selon lui, ça a duré 6 mois.

-Plutôt court comme période.

-Je pense qu'Alice y a mis son nez et puis Jazz a toujours été d'un naturel calme. Par contre, Emmett…

-J'ose même pas imaginer.

-Je crois que ça a commencé à ses 12 ans et… et j'ignore s'il en est sorti, plaisanta Carlisle, cependant, que ce soit les garçons ou les filles, je savais leur parler, les écouter, gérer plus ou moins la crise, mais avec Edward je suis démuni.

-C'est normal, son histoire est loin d'être banale, cependant, je pense qu'il est plus confus qu'autre chose. Tout va rentrer dans l'ordre quand il aura trouvé un but.

-Il en a un, enfin, je veux dire qu'il a Bella, il peut construire quelque chose avec elle.

-Oui, mais il tâtonne sur tout le reste : Lycée ? Conservatoire ? Université ? Il ne sait pas quoi faire. Il a passé 17 ans à obéir, à ne prendre aucune décision, et cette liberté rajoute à sa confusion, elle le déstabilise. Ecoute, je l'ai au téléphone matin et soir, des fois on parle 2 minutes ou une heure, et il progresse. Il va falloir que tu sois patient.

-Je…

-Vous venez ? Lynda va descendre, les prévint Alice. »

Aaron lui donna une légère tape dans le dos, Carlisle rejoignit le reste de sa famille dans le salon pendant qu'Aaron rejoignait son épouse à l'étage pour l'aider à descendre. La jeune femme fut vraiment surprise de tous les trouver là, ses hormones lui jouaient des tours et ils durent la réconforter à tour de rôle. Finalement, au bout d'une bonne demi-heure d'embrassades, Lynda se retrouva installée sur le canapé pour ouvrir les cadeaux. Pendant que tous s'extasiaient sur les vêtements, Carlisle sourit en voyant Jasper et Edward tenter de dissuader discrètement Emmett de toucher aux gâteaux. Son aîné poussa un cri de joie quand Esmé leur donna le feu vert pour toucher aux pâtisseries.

Le reste de l'après-midi se passa dans la bonne humeur et la joie, tout aurait été parfait si Edward ne l'avait pas ignoré. C'était le milieu de l'après-midi quand il envoya les enfants préparer leurs chambres. Crystal dormirait à nouveau dans la chambre du bébé, Edward et Bella occuperaient leur chambre habituelle, Jasper et Alice s'installeraient dans le canapé du bureau d'Aaron, Emmett et Rosalie prendraient celui du salon et eux dormiraient dans la seconde chambre d'amis. Les enfants rejoignirent le salon dès qu'ils eurent terminés de faire les lits.

« -Papa ? L'appela Alice. On se demandait si vous seriez d'accord pour qu'on aille faire un tour à la salle de jeux, on pourrait prendre Crystal ?

-Je n'y vois pas d'inconvénient du moment où vous ne rentrez pas trop tard.

-En parlant d'horaire, releva Esmé, je vais avoir pas mal de travail la semaine prochaine et je vais être obligée de me rendre sur un chantier. Tu pourras t'arranger à l'Hôpital pour sortir plus tôt et t'occuper de Crystal ?

-Ca va être difficile, avoua-t-il, on tourne déjà en effectif réduit. Je ne vais pas pouvoir m'absenter et la garder.

-Les enfants seront à l'école.

-Edward, tu pourrais aller chercher ta sœur ? Demanda Carlisle en cherchant le regard de son fils.

Le jeune homme soupira et Bella posa une main apaisante sur son genou, il hésitait, il était partagé entre sa volonté de ne pas lui rendre service et celle de s'occuper de Cristal.

-J'irais, finit par accepter Edward.

-Merci.

-C'est pas pour toi que je le fais, marmonna son fils en se levant.

-Bon, sur cette note joyeuse, lança Emmett, si nous allions à la salle de jeux ?

Les enfants se levèrent et dans un joyeux chahut, ils enfilèrent leurs vestes et sortirent de la maison. Aaron et lui en profitèrent pour les suivre et aller voir sa nouvelle voiture.

-Elle est magnifique, avoua Aaron alors que Carlisle ouvrait sa nouvelle Mercedes pour que son ami s'installe derrière le volant, tu l'as pris avec le radar pour le stationnement ?

-Oui, il y'a même des caméras, indiqua le médecin en lui montrant l'écran de contrôle.

-Par là ! Cria Emmett. Va par là !

-Ca suffit ! Venez ! S'énerva Alice.

Carlisle releva la tête pour voir que les garçons s'étaient lancés dans une partie de football américain. Les filles les attendaient près de la voiture, toutes les encourageaient, sauf Alice qu'il soupçonnait de vouloir faire un saut par quelques boutiques, avant d'aller à la salle de jeux. Il quitta des yeux ses enfants pour répondre à une question d'Aaron quand ils se retournèrent en entendant des cris.

-Attention ! Edward ! Prévint Jasper.

Avec horreur, il vit son plus jeune fils sauter pour attraper le ballon ovale. Edward le récupéra et retomba lourdement sur… sur sa voiture. Il ferma les yeux en entendant le bruit assourdissant de la tôle et du verre.

-Edward, ça va ? S'écria Bella en se précipitant vers le jeune homme.

-Ouais.

La jeune fille ainsi que Jasper s'approchèrent d'Edward pour l'aider à descendre de sur le capot de la voiture. Carlisle observa le capot légèrement cabossé et le pare-brise fendu. Il soupira avant de s'approcher de son fils.

-Tu vas bien ? As-tu mal quelque part ? Lui demanda-t-il.

Edward ne répondit rien. Le médecin se pencha pour examiner son fils, mais celui-ci s'écarta.

-Cesse de faire l'enfant et laisse-moi vérifier que tu vas bien ! Le gronda-t-il.

-Edward, s'il-te-plaît, insista Bella.

Le jeune homme soupira, mais il consentit enfin à se laisser examiner. Carlisle observa attentivement ses pupilles, il ignorait si sa tête avait heurté le pare-brise ou le capot et vue la commotion qu'il avait eu il y a peu de temps cette chute l'inquiétait. Cependant, les réactions d'Edward le rassurèrent.

-Elle a bien morflé, remarqua Emmett.

Carlisle releva la tête et constata les dégâts que son plus jeune fils avait faits sur sa voiture toute neuve. Aaron et Jasper s'étaient penchés sur le véhicule pour l'examiner.

-Tu vas devoir changer le capot, annonça Jasper, je ne pense pas qu'un simple raccord de peinture suffise.

-Une résine devrait être suffisante pour le pare-brise, poursuivit Aaron, mais tant qu'à y être tu devrais le changer aussi.

-Je suis désolé, s'excusa Emmett, j'ai pas fait attention en lançant le ballon.

-C'est pas grave, soupira Carlisle, allez vous amuser.

Ses enfants se dirigèrent vers les voitures d'Emmett et d'Alice, Bella et Jasper tendirent une main à Edward pour l'aider à se relever. Carlisle croisa alors le regard d'Aaron, ce qu'il y lut le poussa à agir.

-Non, pas toi Edward, tu restes avec nous.

-Je vais bien, maugréa son fils.

-Tu es puni.

-Puni ? Mais j'ai rien fait ! S'offusqua le jeune homme.

-Allez-y ! Ordonna Carlisle aux autres.

Face à son regard intransigeant, le reste du groupe se dépêcha d'obéir de peur d'être eux aussi consignés. Bella se pencha pour embrasser tendrement son fils avant de rejoindre les autres qui étaient montés en voiture.

-C'est pas juste, se plaignit Edward en marmonnant dans sa barbe.

-Edward, tu as très bien vu dans quelle direction partait le ballon, il aurait été plus simple pour toi de le laisser tomber sur la Mercedes. Ce qui me met hors de moi, Edward, ce n'est pas que tu ais intentionnellement abîmé ma voiture, c'est que tu te sois mis en danger pour le faire. Te rappelles-tu que tu as eu une blessure très grave à la tête il y a peu de temps ? Ce choc aurait pu provoquer des dégâts ! Me détestes-tu au point de mettre ta vie en danger ? C'est quoi la prochaine provocation ? Tu vas sauter d'un pont ? Passer sous une voiture ? Je vais faire ce que j'aurais dû faire depuis longtemps… Monte immédiatement dans ta chambre ! Tu n'en ressortiras que quand tu auras mis un peu de plomb dans la tête !

Edward ouvrit la bouche pour répliquer, mais au dernier moment il se tut. Lentement, il se releva et regagna la maison. Carlisle se retint pour ne pas aller le secouer, il voulait tant que son fils redevienne celui qu'il était juste avant son enlèvement.

-Tout va s'arranger, le rassura Aaron. »

Carlisle acquiesça. Son ami l'entraîna vers la maison où ils rejoignirent leurs épouses qui se demandaient pourquoi Edward était remonté dans sa chambre. Esmé voulut monter pour s'assurer que le jeune homme allait bien, mais ils l'en empêchèrent. Carlisle passa un bras autour des épaules de son épouse pour la réconforter.


Edward savait que ce qu'il avait fait était stupide, il avait conscience que cela aurait pu être dangereux. Il se leva et observa depuis sa fenêtre la Mercedes abîmée, il regretta encore plus son geste. Le jeune homme n'en pouvait plus, il ne supportait plus la colère qui l'étreignait. Jasper et Emmett, sur les conseils d'Aaron, lui faisaient faire énormément de sport, mais cela ne parvenait pas à le défouler. Le seul moment où il ressentait un peu de quiétude c'était quand il était dans les bras de Bella, malheureusement, il ne pouvait pas y passer toute sa vie. Edward se laissa tomber sur son lit et soupira. Il en avait assez, assez de tourner en rond. Il avait tenté de retourner au Conservatoire, le Lycée de Forks aurait été son premier choix mais il ne supportait pas les regards posés sur lui, il était resté une heure avec Caroline Rovetta avant de se sentir oppressé par les regards de plus en plus nombreux. Esmé était venue le chercher. Depuis ce jour là, il tournait en rond à la villa et il ne jouait du piano que quand Bella était à ses côtés. Edward se redressa sur ses coudes lorsque la porte de la chambre s'ouvrit sur son père. Il se laissa retomber sur ses oreillers.

« -Tu as réfléchi ?

-…

-Tu as décidé de ne plus me parler ? Soupira Carlisle.

-…

-Ton comportement est puéril, allez, viens, ta mère t'a préparé un chocolat chaud. »

Sans un regard de plus pour lui, Carlisle sortit de la chambre. Il entendit ses pas décroître dans les escaliers. Il se leva et descendit d'un pas lourd au salon. Sa mère s'approcha et déposa un baiser sur sa joue. Il lui sourit et s'installa près d'elle pour chercher un peu de réconfort. Alors qu'Esmé le serrait dans ses bras, son regard croisa celui de son père et la tristesse qu'il y lut lui fit mal. Il devait changer, il fallait, qu'encore une fois, il trouve la force d'avancer…

Depuis son canapé, Lynda observait la famille Cullen en train de se déchirer. La tension qui régnait entre le père et le fils était palpable et elle n'en pouvait plus ! Surtout que ces deux là étaient aussi malheureux l'un que l'autre ! Lynda gigota sur son canapé pour trouver une position plus confortable, elle avait des élancements dans le dos depuis la fin de la matinée. Elle soupira une nouvelle fois en observant les deux hommes, Edward avait besoin de trouver la force pour avancer et elle était certaine que Carlisle serait celui qui la lui insufflerait. Aaron avait dû partir au siège du FBI pour travailler sur une urgence, ce serait donc à elle d'agir.

« -Bon, à la place de nous regarder tous les trois comme des chiens de faïence, je propose que vous m'accompagniez au centre commercial, il me faut quelques affaires.

-Je peux y aller pour toi, proposa Esmé en arrivant de la cuisine.

-Tu t'occupes déjà du repas et puis j'ai envie de prendre l'air ! Plaida Lynda. Je ne risquerai rien étant donné que je serai avec ces deux là.

-Je vais aider, maman, annonça Edward.

-Hors de question, tu viens avec nous ! Et il n'y a pas de mais qui tienne ! Aide-moi à me lever ! »

Le jeune homme maugréa, mais il vint pourtant l'aider. Lynda proposa à Esmé de laisser le repas de côté, ils s'en occuperaient en revenant, et de venir avec eux, mais elle déclina l'invitation. Lynda prit donc son sac à main et suivit les deux hommes à sa voiture. La jeune femme s'installa à l'arrière laissant sciemment le père et le fils seuls à l'avant. Elle tenta de lancer la conversation, mais l'un comme l'autre restait muré dans son silence, ne lui répondant que par monosyllabes quand ils y'étaient obligés.

Arrivés au centre commercial, Lynda les entraîna dans une boutique pour bébé car elle voulait acheter les couches premier âge qu'Aaron avait si souvent oublié, elle se demandait bien pourquoi… Elle se promit que la première couche à changer serait pour son mari ! Tout en dissimulant une grimace, elle se cambra pour tenter de faire disparaître son mal de dos, elle ne put s'empêcher de penser que cela ressemblait à des contractions, cependant, c'était impossible, son terme était dans 15 jours et la gynécologue lui avait dit qu'elle accoucherait sûrement après terme ! Lynda chercha du regard les deux Cullen, Carlisle feuilletait des livres de grossesse pendant qu'Edward observait un objet assez intrigant pour lui vue son regard.

« -C'est un tire lait, murmura-t-elle à son oreille.

Edward rougit et reposa aussitôt l'objet sur l'étagère, Lynda sourit de sa gêne, apparemment, elle n'aurait pas besoin de lui expliquer à quoi ça servait.

-Prends-le, dit-elle en le lui collant dans les mains, j'en aurais peut-être besoin.

-Mais…

-Allez, courage, rigola Lynda en le poussant vers la caisse.

La future mère paya ses achats, Edward et Carlisle portèrent ses sacs pendant qu'elle se dirigeait déjà vers les ascenseurs.

-Lynda, je croyais qu'on faisait juste un aller retour, lui rappela le médecin, il me semble que dans ton état ce n'est pas raisonnable de marcher autant et puis tu me sembles fatiguée.

-Je veux juste acheter deux ou trois choses que mon idiot de mari n'a pas eu le cran d'aller chercher pour moi, vous venez oui ou non ? ! S'énerva-t-elle en maintenant les portes de l'ascenseur ouvertes.

-On ferait mieux d'y aller, murmura Edward à son père.

Lynda dissimula un sourire, après tout, son mauvais caractère pourrait peut-être être sa meilleure arme ? Carlisle entra à leur suite et ils attendirent patiemment dans un coin de l'ascenseur pendant que des gens montaient ou descendaient de la cabine. Arrivés à leur étage, ils descendirent et elle les entraîna dans une nouvelle boutique. Les deux hommes s'arrêtèrent sur le seuil, visiblement, ils ne souhaitaient pas l'accompagner.

-Vous venez ? S'exaspéra-t-elle.

-On… On va peut-être t'attendre au café là-bas ? Proposa Carlisle.

-Vous êtes mon escorte, vous me suivez !

-Mais… Mais c'est un magasin de lingerie ! Protesta Edward.

-Venez immédiatement ou je vous traîne de force à l'intérieur ! S'écria Lynda attirant sur eux le regard des passants.

Sans un mot de plus, Carlisle et Edward agrippèrent chacun l'un de ses bras pour l'attirer dans le magasin. Une fois à l'intérieur, Lynda se dégagea de leur étreinte pour aller observer des déshabillés.

-Mais qu'est-ce qu'on fou là ? Marmonna Edward. Elle peut pas porter ça !

-Théoriquement, si elle le peut, lui répondit Carlisle sur le même ton, et je pense qu'il vaut mieux que nous nous taisions.

Le jeune homme hocha la tête. Satisfaite du bref échange qu'elle avait surpris entre eux, elle décida d'enfoncer le clou.

-Il faut que j'aille au petit coin, gémit Lynda en se tortillant.

-J'ai vu des toilettes là-bas, lui indiqua Edward.

-Parfait ! Soyez des amours et achetez-moi cinq soutiens-gorge d'allaitement, soyez gentil et prenez-moi des trucs sympas.

-Lynda, il vaudrait mieux que tu choisisses, c'est vraiment perso….

-Carlisle, le coupa-t-elle, faut vraiment que j'y aille et je veux rentrer après !

Lynda sut qu'elle avait gagné quand les vit hésiter, elle en profita et déposa un baiser sur chacune de leurs joues avant de s'enfuir.

-Vous êtes des amours ! Leur cria-t-elle en sortant. Oh et prenez-moi aussi un coussin d'allaitement ! »

Lynda sortit aussi précipitamment que possible du magasin, elle chercha du regard les toilettes dont Edward lui avait parlé. Elle s'enferma dans l'une des cabines et soulagea sa vessie douloureuse, depuis qu'elle était enceinte, elle ne comptait plus le nombre de fois où elle devait y aller ! Alors qu'elle allait se relever, la future mère sentit quelque chose d'humide et de visqueux couler entre ses jambes. Quelque chose lui disait que ce n'était pas normal…


Carlisle prit pitié de son fils et l'envoya chercher le coussin pour l'allaitement pendant qu'il se dirigeait d'un pas hésitant vers les sous-vêtements féminins. Il soupira. Il avait fait ce genre d'achats pour Esmé, mais pour Lynda s'était différent et il était vraiment mal à l'aise. Carlisle inspira avant d'attraper un soutien-gorge blanc basique. Le médecin hésita sur ses prochains choix, la future mère ne voulait pas quelque chose qui fasse trop grossesse. Mais comment avait-elle pu leur demander une telle chose ?

« -Elle aime bien la couleur rouge.

Carlisle sursauta et croisa le regard de son fils, celui-ci tenait fermement le traversin contre lui et observait tout sauf les sous-vêtements. Il suivit son conseil et attrapa le soutien-gorge de couleur carmin.

-Prends-en trois autres au hasard, lui conseilla Edward.

-Elle risque de se mettre en pétard si on ne fait pas le bon choix, murmura Carlisle.

-Et alors ? Elle n'avait qu'à les choisir elle-même, maugréa Edward.

Carlisle devait admettre que son fils avait raison, mais il trouvait que Lynda pouvait être assez effrayante quand elle était en colère. Edward soupira bruyamment à ses côtés, il attrapa d'autres sous-vêtements et partit rapidement vers les caisses. Carlisle lui emboîta le pas et se dépêcha de payer leurs achats. Ils sortirent du magasin et cherchèrent du regard leur amie. Le médecin fut étonné de ne pas la voir venir vers eux, pourtant, cela faisait bien un quart d'heure qu'elle était partie aux toilettes.

-Elle a décidé de nous faire tourner en bourrique ou quoi ? Marmonna Edward.

-Tu sais les femmes sont toujours longues, elle se refait sûrement une beauté.

-D'après Aaron, elle n'est jamais contente, l'informa son fils, on va en avoir pour des heures !

-Patience, mon fils, patience.

Edward acquiesça de la tête avant de se diriger vers un banc où il s'installa, Carlisle s'assit à ses côtés. Un bruit désagréable et répétitif attira son attention, son fils battait le rythme avec son pied en un geste nerveux.

-Tout va bien ? Lui demanda-t-il d'une voix douce.

-Oui, papa.

Carlisle se figea. Edward venait de l'appeler papa, cela faisait plusieurs jours, voire des semaines, que son fils ne l'avait pas appelé ainsi. Une joie immense envahit son être et il pria pour que ce soit les prémices d'une réconciliation.

-Papa ?

-Oui, Edward ?

-Je…

Edward se tut quand il remarqua Lynda qui avançait maladroitement vers eux, elle semblait serrer les dents pour dissimuler sa souffrance.

-Tout va bien ? Lui demanda-t-il.

-Oui, répondit la jeune femme. On y va ?

-Tu ne veux pas faire d'autres magasins ? Interrogea Edward d'un ton narquois.

-Non, c'est bon. »

Carlisle regarda Lynda et Edward s'avancer vers l'ascenseur, son fils avait passé un bras autour de la taille de la jeune femme pour l'aider à avancer. Un mauvais pressentiment l'envahit quand il vit la démarche en canard qu'avait la future mère, démarche qu'elle n'avait pas auparavant. Le médecin se dit que Lynda devait simplement être fatiguée. Il se dépêcha de les rejoindre et monta avec eux dans l'ascenseur. Les portes se refermèrent sur eux. La cabine métallique se mit en marche avant de s'arrêter quelques secondes plus tard. Ils furent plongés dans l'obscurité. Juste avant que les lumières s'éteignent, il put voir la main de Lynda se crisper sur celle d'Edward.


Edward serra les dents quand la main de Lynda broya la sienne. Il laissa échapper un léger gémissement de douleur avant de tenter d'ôter les ongles de son amie qui s'enfonçaient dans sa chair. Une fois que la jeune femme l'eut relâché, il chercha le regard réconfortant de son père qui s'était déjà approché de l'interphone. Alors que Carlisle avait appuyé sur la sonnette d'alarme, la lumière revint dans la cabine qu'il trouva soudain étroite. L'interphone grésilla et son père parla. Une voix leur apprit qu'ils allaient devoir patienter, l'ascenseur était coincé entre deux étages.

« -Combien de temps ?

La voix légèrement aigüe de Lynda l'intrigua.

-Quoi ? Demanda Carlisle.

-Combien de temps avant qu'ils ne réparent cette fichue machine ? Hurla la future mère.

-Vous êtes coincés entre deux étages, répondit la voix par l'interphone, cela va nous prendre un peu de temps.

-On n'a pas le temps ! Cria Lynda d'une voix légèrement hystérique.

Edward sursauta, il n'avait jamais vu la jeune femme perdre son sang froid et cela l'inquiétait ! Il chercha le regard de son père en quête d'un quelconque soutien, mais ce dernier observait avec attention Lynda.

-Ne me dis pas que…

Son père ne termina pas sa phrase et cela ne fit qu'accroître son inquiétude. Il releva la tête pour croiser le regard empli de souffrance de Lynda.

-Très bien, je ne te le dirais pas, marmonna la jeune femme entre ses dents serrées.

-Ok, tout va bien, tenta de les rassurer Carlisle, le travail est long et… Dis-moi que tes contractions sont récentes ?

-Euh…

-Combien de temps ? S'énerva cette fois son père.

-Je ne sais pas, avoua Lynda dont les sanglots se percevaient dans la voix, je… Je…

-Tu as des élancements dans le dos depuis combien de temps ? Ton ventre est-il dur ?

-Ce matin et oui. Je… Je crois que j'ai perdu les eaux tout à l'heure, confia Lynda d'une voix tremblante.

-Ok, se radoucit aussitôt son père, on va t'aider à t'asseoir.

Edward acquiesça et il aida Lynda à s'asseoir sur le sol de l'ascenseur. Il resta à ses côtés pendant que son père appuyait à nouveau sur l'interphone pour prier les hommes de la maintenance de se dépêcher ! Carlisle revint à leurs côtés.

-Edward, assieds-toi derrière Lynda, je veux que son dos repose sur ton torse, d'accord ?

-Oui, papa.

Le jeune homme lui obéit et une fois installé il prit les mains de Lynda dans les siennes pour la soutenir. Il vit la main de son père se poser sur le pantalon de leur amie, mais celle-ci la repoussa vivement.

-N'y compte pas ! Grogna Lynda.

-Laisse-moi vérifier où tu en es ! Si tu as effectivement perdu les eaux, tu peux bientôt accoucher et…

-Vous nous entendez ? Cria une voix près de la porte de l'ascenseur.

-Oui ! Répondit Carlisle.

-On va essayer d'entrouvrir les portes !

Un grincement résonna dans la cabine métallique et quelques secondes plus tard les portes s'entrouvrirent d'une vingtaine de centimètres. Edward leva la tête et croisa le regard d'un homme qui était allongé sur le sol, il le voyait à peine, les deux tiers de la cabine étaient bloqués par le mur de la cage d'ascenseur, seul le tiers supérieur était à l'étage qu'ils venaient de quitter.

-Bonjour, je m'appelle Patrick. Surtout gardez votre calme, on s'occupe de vous. Vous êtes combien ? Demanda l'homme. Vous allez bien ?

-Nous sommes trois, répondit son père, et il serait urgent que vous nous délivriez, mon amie est sur le point d'accoucher !

L'expression soudain inquiète et paniquée de l'homme ne fit qu'accroître l'angoisse d'Edward. Il comprit rapidement que vue où la cabine était coincée, ils ne pourraient pas les délivrer en ouvrant simplement de force les portes.

-Les techniciens sont en route, mais il va falloir rebooster tout le système dès que le courant sera rétabli, cela prendra un peu de temps.

-Un peu de temps, répéta Edward, combien de temps ?

-Une heure, avoua l'homme à contrecœur.

-Une heure ? S'écria Lynda en serrant les dents. C'est bon ! Je peux tenir !

Edward fut rassuré par les paroles de la jeune femme, cependant, le regard dubitatif de son père fit revenir ses craintes.

-Il faudrait que vous nous fassiez passer une trousse de secours, deux couvertures, des serviettes et des oreillers ! Il nous faut aussi des bouteilles d'eau !

-Que se passe-t-il ? Demanda une autre voix masculine.

-Une femme enceinte est coincée et elle est sur le point d'accoucher ! Répondit Patrick.

-Bonjour, dit un homme qui s'allongea lui aussi sur le sol, je suis pompier, je vais vous demander, Madame, de vous tourner vers moi, il faut que je puisse voir où…

-Edward, donne-moi mon sac ! Ordonna Lynda d'une voix furieuse.

-Quoi ? Balbutia-t-il.

-Donne-moi mon sac !

Edward attrapa le sac qui était ouvert, il jeta un coup d'œil à l'intérieur et il comprit pourquoi son amie voulait son sac quand il vit le regard meurtrier qu'elle lançait au pompier.

-Edward ! Le pressa Lynda.

-Non ! Protesta-t-il en balançant le sac à l'autre bout de la cabine.

-Madame, ne paniquez pas, je sais que ce je vous demande est…

-Et quoi ? Non, mais vous croyez vraiment que je vais écarter les cuisses devant vous espèce de pervers ! Edward, file-moi mon flingue !

-Non ! Répéta le jeune homme.

-Je dois savoir à quel stade du travail vous êtes, se justifia le pompier.

-Je…

-Ca suffit, coupa Carlisle d'une voix sèche, je suis médecin et je vais m'occuper d'elle ! Maintenant, donnez-moi ce que je vous ai demandé !

-Tenez, dit Patrick qui revenait avec.

Carlisle s'approcha des portes entrouvertes pour attraper les couvertures, les serviettes, les bouteilles d'eau et les coussins qui furent plus difficiles à faire passer par l'étroite ouverture.

-Je ne pense pas que notre trousse de secours vous soit d'une grande utilité, avoua Patrick.

Son père se leva et lui tendit les clefs de la Mercedes par l'interstice.

-Ma voiture est garée au 3ème sous-sol, rangée H, c'est une Mercedes noire, ma trousse est dans la malle.

-J'y vais !

L'homme disparut et Carlisle revint s'agenouiller près d'eux. Il installa les coussins autour de Lynda pour qu'elle soit plus à l'aise. Il déposa ensuite une couverture au niveau de sa taille et recouvrit ses jambes.

-Il faut vraiment que je regarde, annonça le médecin d'une voix sérieuse.

-Ok, finit par accepter Lynda, mais tu dis à l'autre guignol de dégager !

Carlisle se tourna vers le pompier qui se redressa, ils n'aperçurent plus que ses chaussures. Son père lui jeta un regard rassurant avant d'ôter doucement le pantalon, puis le sous-vêtement de la jeune femme.

-Lynda, s'exaspéra Carlisle, on a déjà eu cette conversation et je n'ai aucune envie de la ravoir, alors, écarte les jambes !

Edward sourit quand il entendit son amie marmonner dans sa barbe tout en fusillant son père du regard, néanmoins, elle obéit. Son père se pencha alors entre les cuisses de son amie et Lynda serra un peu plus fermement ses mains dans les siennes.

-Tu as des contractions depuis ce matin ?

-Oui.

-Tu es sûre que ça n'a pas commencé cette nuit ? Insista Carlisle.

-Qu'est-ce qu'il se passe ? Demanda Edward.

-Ton col est bien dilaté, le travail est bien avancé, murmura son père, le fait d'avoir marché et d'être restée debout a sûrement tout accéléré.

-Je viens juste de perdre les eaux, lui rappela Lynda.

-La perte des eaux n'est pas liée au début du travail, expliqua son père, il nous arrive de percer la poche des eaux lorsque le travail est trop avancé. Ta poche s'est percée quand ton col a été dilaté aux alentours de 8.

-Aux alentours de 8 ? Hurla la future mère.

Edward ne comprenait rien à la discussion qui se déroulait devant lui, cependant, l'angoisse des deux adultes était plus que palpable et il commençait à imaginer le pire ! Le bébé allait-il arriver ?

-Non ! Non ! Ce n'est pas possible ! S'énerva la jeune femme. J'ai vu la gynéco avant-hier et elle m'a dit que j'accoucherai après le terme !

-Ce genre de chose n'est pas prévisible ! Assura son père.

-Non ! J'ai toujours tout décidé et là je décide qu'il ne sortira pas tant que je ne serais pas à l'Hôpital dans une salle d'accouchement et avec une péridurale qui me soulagera de… de…

Edward vit le visage de son amie se contracter sous le coup de la douleur, elle serra les dents et son père eut juste le temps de s'écarter avant qu'elle ne referme ses jambes dans un geste brusque.

-Il sortira pas ! Grogna-t-elle.

-Je pense pas que tu ais ton mot à dire, murmura Edward.

-La ferme ! Tout ça… Tout ça s'est votre faute !

-Pardon ? Demanda son père.

-Notre faute ? C'est toi qui a des contractions depuis ce matin et qui nous as entraîné ici ! Les défendit Edward.

-Je suis désolée, cria Lynda, mais ferme-la !

Le jeune homme allait répliquer, mais le regard de son père l'en dissuada.

-Tout va bien se passer, Edward, dit Carlisle en le regardant dans les yeux, tout va s'arranger, d'accord ?

-Oui, papa. Je… Papa ?

-Oui, Edward.

-Je suis désolé, papa, je ne voulais pas te faire du mal ou abîmer ta voiture, papa, pardon.

-Il n'y a rien à pardonner, mon grand, je suis tellement heureux que…

-Stop ! Hurla Lynda. Je suis super contente pour vous, mais vous voudriez pas vous concentrer sur MON problème !

-Pardon, chuchotèrent-ils en même temps.

Edward prit une serviette sur le tas que l'un des techniciens leur avait donné et l'humidifia pour la passer sur le visage rougi de son amie. Il vit son père se redresser pour attraper sa mallette que Patrick venait d'amener. Il revint s'agenouiller et sortit son stéthoscope qu'il posa sur le ventre de Lynda, sûrement pour écouter le rythme cardiaque du bébé.

-A la dernière écho, la gynéco t'a dit si le bébé était bien positionné ?

-Oui, répondit Lynda en serrant les dents à cause d'une nouvelle contraction.

-Bien, espérons que ce petit garnement n'a pas bougé, murmura Carlisle plus pour lui-même que pour eux.

Edward soutint son amie du mieux qu'il le pouvait, épongeant son front et prononçant des paroles rassurantes qui ne semblaient pourtant pas apaiser la jeune femme. Il imita la jeune femme et serra les dents quand elle crispa ses doigts sur les siens à cause d'une contraction.

-Elles sont de plus en plus rapprochées, dit-il à son père.

-Je sais.

-Je veux une péridurale ! Grogna Lynda.

-Je suis désolé, ma belle, mais je n'ai pas ça dans ma trousse et en plus c'est trop tard !

-Non !

-Ecoute, ordonna son père dont les mains gantées étaient reparties sous la couverture, je veux que tu évites de pousser pour le moment, il faut que je t'examine.

-Tu crois que je peux contrôler quelque chose ? S'agaça Lynda.

-Essaie !

Lynda ferma les yeux, ses mains se crispèrent sur les siennes, et elle inspira et expira profondément.

-C'est bien, l'encouragea Carlisle.

Edward se demanda quelle serait la réaction de la jeune femme s'il demandait à reprendre ses mains car là, il avait l'impression que ses doigts allaient être broyés sous la poigne de la future mère !

-Le bébé est déjà engagé, annonça son père ce qui le fit frémir.

-Non !

-Si, mais tout va bien se passer, je suis là, la rassura Carlisle.

-Non ! Non ! Je ne peux pas avoir mon bébé ici !

-Tu n'as pas vraiment ton mot à dire, laissa échapper Edward qui fut fusillé du regard par la jeune femme. Ok, je me tais !

-Lynda, je suis médecin, tu es en pleine forme et ton bébé a un bon rythme cardiaque. Tout se déroule bien, donc, je veux que tu me fasses confiance, d'accord ?

-Je veux pas, murmura Lynda.

-Je sais, mais tu n'es pas seule, nous sommes là ! Dit Edward en se penchant pour déposer un baiser sur son front.

-Je veux Aaron ! Pleurnicha Lynda.

-Je l'appelle.

Edward lui sourit avant d'attraper son téléphone portable et de réaliser qu'il n'avait aucun réseau.

-J'ai pas de réseau, annonça le jeune homme alors que Lynda avait une nouvelle contraction.

-Patrick ! Appela Carlisle.

-Oui, docteur ?

-Il faudrait que vous joigniez l'agent Aaron Gibson au FBI, dites-lui de venir immédiatement ici !

-Le… Le FBI ? Bafouilla l'homme de la maintenance.

-Oui, dites-lui qu'il va être papa et qu'il ferait mieux de se dépêcher !

L'homme se redressa aussitôt tout en composant le numéro de téléphone qu'Edward lui dictait. Quelques minutes plus tard, Patrick s'agenouillait pour les informer que l'agent était en route.

-Bien, maintenant que tu sais qu'il va arriver, je veux que tu te concentres sur ce que je te dise, ordonna son père, quand je te dirais de pousser, tu le feras et entre les contractions je veux que tu essaies de récupérer et de te reposer.

Son amie ne put qu'acquiescer de la tête car une nouvelle contraction l'empêcha d'articuler le moindre mot.

-Edward, je veux que tu aides Lynda à rester dans cette position, elle va devoir s'appuyer sur toi et tu devras la soutenir quand elle poussera, d'accord ?

-D'accord, mais je ne sens plus mes doigts, osa-t-il admettre.

-Quoi ? S'offusqua Lynda. Je ne serre pas tant que ça !

-Edward, mets des oreillers au niveau de tes genoux, Lynda, tu serreras les oreillers.

Lynda et lui opinèrent du chef, heureux de la solution que leur offrait Carlisle. Une nouvelle contraction attira leur attention à tous. Quand elle fut passée, Lynda se mit à maugréer contre sa gynécologue qui lui avait assuré qu'elle accoucherait après terme ! Edward comprenait que la jeune femme n'ait pas prêté attention à ses contractions, elle en avait eu régulièrement après leur fuite dans la forêt et elle s'était fiée aux paroles de sa gynéco, mais comme l'avait dit son père, on ne pouvait pas vraiment prévoir une naissance. Alors que la jeune femme ressentait une nouvelle contraction, il entendit des pas précipités venir vers eux et une voix familière qui ordonnait que l'on s'écarte.

-Lynda ! Lynda ! Hurla Aaron. Tu vas bien ?

-Si je vais bien ? Cria Lynda quand elle vit le visage de son mari apparaître dans l'interstice. Tout ça c'est de ta faute !

-Quoi… Mais… Mais, bafouilla Aaron complètement déstabilisé par la colère de son épouse.

-Mais… Mais… Mais ! Arrête un peu de bafouiller, sombre crétin et… Aïe !

-Lynda, concentre-toi sur ta respiration, lui conseilla Carlisle.

-Oh, toi, la ferme !

Son père passa outre et commença à lui montrer les mouvements respiratoires pour que la jeune femme l'imite, ce qu'elle fit jusqu'à ce que la douleur se calme un peu.

-C'est bien, mon cœur, tu t'en sors très bien ! L'encouragea Aaron. Je t'aime, mon amour, tu es merveilleuse.

-Mais… Putain ! Tu vas arrêter tes niaiseries et être un homme !

De légers rires retentirent et Edward comprit que son mentor n'était pas venu seul car il reconnut les rires de David, Chase et Ryan. Aaron se retourna pour lancer un regard noir à ses subordonnés dont l'hilarité ne cessa pas pour autant.

-Oh, vous trois, fermez-la aussi ! Vous ne valez pas mieux que lui ! Les incendia Lynda. Putain pour des gars du FBI, vous êtes de vrais chiffes-molles !

-Chérie, tenta Aaron, chérie, dis-moi ce que je peux faire ?

-Tu… Tu…

Edward serra les dents quand les ongles de Lynda s'enfoncèrent dans sa chair malgré son pantalon !

-Le bébé arrive ! Annonça Carlisle.

-Non, c'est vrai ? Railla Lynda en lui lançant un regard noir.

Edward échangea un regard effrayé avec son père et sur l'instant il était content d'avoir mis le sac à main de son amie hors de sa portée et de son arme de service qui était à l'intérieur.

-Lynda ?

La jeune femme releva la tête pour croiser le regard de Carla et offrit un sourire à son amie, Edward se demanda vaguement pourquoi elle, elle avait droit à un sourire et eux aux insultes !

-Courage, ma belle, lui dit Carla en laissant tomber un petit sac dans la cabine, j'ai acheté une tenue pour le bébé.

-Merci, murmura Lynda la voix chargée d'émotion.

Carla lui sourit avant de laisser sa place à Aaron, aussitôt, il vit les yeux de son amie s'obscurcir.

-Qu'est-ce… Qu'est-ce que tu fiches ici les bras croisés ? Gronda Lynda.

-Mais, je…

-Ouvre ces putains de portes et sors-moi d'ici ? Hurla la jeune femme. Je veux accoucher à l'Hôpital !

-Chérie, mon cœur, je pense que c'est trop tard et… Ok, se reprit Aaron quand il vit son regard, je m'en charge avec les gars.

Lynda ouvrit la bouche pour répliquer, mais une contraction plus forte et plus longue que les autres l'en empêcha. La jeune femme prit appui sur lui et il la soutint du mieux qu'il le pouvait.

-Pousse ! Pousse encore ! Ordonna Carlisle alors que, comme lui, il la voyait lâcher prise à cause de la fatigue. Pousse !

La jeune femme maugréa quelques mots qu'il ne comprit pas, mais elle obéit pourtant à son père. Edward épongea son front couvert de sueur et déformé par la douleur tout en se disant qu'il était content d'être un homme ! Quand son père le lui demanda, Lynda cessa de pousser et se laissa lourdement retomber contre son torse, il lui fit un sourire encourageant avant que des cris aigus n'attirent leur attention. Edward reconnut sans mal la voix survoltée de son lutin de sœur ainsi que celle du reste de la famille.

-Mais c'est pas vrai, maugréa Lynda en voyant leurs visages apparaître, vous voulez pas non plus filmer mon accouchement pour le mettre sur le Net ? Hurla Lynda.

-Hey, c'est cool de le proposer ! Lança Emmett en sortant son téléphone portable.

Edward passa ses bras autour de la taille de Lynda pour l'empêcher de tenter d'attraper son sac à main. Carlisle demanda à la jeune femme de ne pas bouger car le bébé était engagé.

-Emmett ! Cria Aaron. Range immédiatement ce téléphone ! Et sortez tous, sortez tous de là !

-Enfin ! S'écria Lynda. C'est idiot se rend utile !

-Lynda, j'aurais besoin que tu te concentres sur moi, lui demanda Carlisle, je sens sa tête !

-Sors tes doigts de mon vagin ! Grogna la future mère.

-Tu seras bien contente qu'ils soient là pour t'aider à sortir le bébé ! Répliqua Carlisle sur le même ton. Maintenant, ferme-la et pousse ! »

Lynda et son père se défièrent du regard pendant quelques secondes avant que la jeune femme ne se redresse brutalement, Edward accompagna son geste. Il entendait plus qu'il ne voyait son père encourager la future maman à pousser longuement. Le jeune homme paniqua. Lynda n'y arriverait, elle était à bout de force et ses larmes l'empêchaient de respirer correctement. Edward vit les mains de son amie se crisper sur les coussins, mais il ne lui apportait pas autant d'aide que si c'était ses mains. Faisant fi de la douleur, il prit les mains de Lynda dans les siennes. La jeune femme lui adressa un bref merci. Edward banda ses muscles quand il sentit son amie s'appuyer sur lui et pousser toujours plus. Lynda respirait bruyamment. Aaron était de nouveau pencher par l'ouverture, il pouvait voir son regard inquiet et impuissant, pourtant, il encouragea son épouse. La jeune femme se laissa retomber contre lui à bout de souffle.

« -Je sais que tu es épuisée et que tu as mal, dit son père, mais il va falloir que tu pousses encore plus fort.

-J'y arriverais pas.

-Tu n'as pas le choix, ma belle, je veux que tu y mettes toutes tes forces pour que la tête et les épaules sortent, je pourrais alors t'aider, mais il va falloir que tu y ailles de toutes tes forces lors de la prochaine contraction.

-Tu peux y arriver, ma chérie, l'incita Aaron, tu peux le faire ! Tu es une femme forte et extraordinaire !

Lynda ne répondit rien, mais Edward fut soulagé de voir une volonté sans faille dans les yeux de son amie. La contraction arriva et Edward sentit ses doigts être broyés, il serra les dents et soutint la jeune femme autant qu'il le put.

-Je vois la tête !

Edward pouvait entendre la voix encourageante de son père. Lynda eut un léger sourire avant de continuer à pousser. Les traits de son amie furent déformés par la douleur et il comprit que les épaules étaient en train de passer. Il n'osait même pas imaginer ce que son amie devait ressentir. Soudain, Lynda s'affala contre lui et il vit son père effectuer des gestes précis sous la couverture. Edward aperçut un petit être rose et visqueux.

-Tout va bien ? Interrogea Aaron d'une voix inquiète.

Son père ne répondit pas. Il le vit déposer délicatement le bébé sur le tas de serviettes qu'il avait préparé. Ses gestes étaient précis et sûrs, il frictionna le torse du nouveau-né avec deux doigts.

-Carlisle ? Murmura Lynda en larmes.

Le médecin l'ignora et poursuivit ses soins. Tout à coup, des pleurs retentirent dans la cabine de l'ascenseur. Edward inspira profondément, il ne s'était même pas rendu compte qu'il avait retenu sa respiration ! Carlisle coupa le cordon ombilical avant de retourner s'occuper du bébé qu'il nettoya avec les moyens du bord. Il enfila rapidement des gants propres et mit son doigt dans la bouche du petit pour ôter des mucosités, il dégagea ensuite son nez aussi bien qu'il le put. Edward était impressionné par le sang froid de son père, il écouta le cœur du bébé avec le stéthoscope et contrôla sa respiration. Il l'enveloppa ensuite dans une serviette et déposa le nouveau-né dans les bras de Lynda.

-Félicitations, maman, la congratula Carlisle avant de lever les yeux vers Aaron, félicitations, papa, vous voilà parents d'une magnifique petite fille.

-Bonjour, petite demoiselle, chuchota Lynda en regardant sa fille avec amour.

Tous les trois sursautèrent en sentant la cabine bouger légèrement, Aaron disparut de leurs yeux lorsque les portes se refermèrent et la cabine descendit de quelques mètres. Les portes se rouvrirent sur des pompiers avec un brancard et tout le nécessaire médical. Ils entendirent des pas de course dans les escaliers et quelques minutes plus tard Edward vit apparaître Aaron et les agents du FBI. Son mentor s'approcha d'eux, son regard ne quittait pas le bébé blottit dans les bras de son épouse. D'un geste tremblant, il s'agenouilla et caressa doucement la joue de sa fille.

-Bonjour, mon amour, bonjour, répéta son mentor en observant l'enfant.

-Je suis navré d'interrompre ce moment, mais il faut conduire la maman à l'Hôpital pour évacuer le placenta et toutes deux vont aussi devoir subir des examens, les informa Carlisle.

Les ambulanciers s'approchèrent et sur les conseils de son père, ils installèrent Lynda sur le brancard pendant qu'Aaron tenait sa fille dans ses bras, les agents l'entourèrent pour regarder l'enfant et les féliciter. Dès qu'elle fut allongée et perfusée, Aaron rendit la petite à sa mère.

-Alors, quel est le prénom de cette demoiselle ? Demanda Carlisle qui remplissait un dossier médical que l'un des secouristes lui avait donné.

-Emma, répondirent les parents en même temps.

Un léger silence s'abattit autour d'eux, tous pensaient à leur collègue qui était morte de ses blessures en protégeant la future mère. Aaron couva du regard sa famille avant d'étreindre son père et de venir vers lui. Edward accepta son aide pour se relever car tous ses muscles étaient douloureux.

-Merci, Edward.

-J'ai rien fait, avoua-t-il.

-Allez, intervint Carlisle, il est temps d'aller à l'Hôpital. Aaron, les ambulanciers t'attendent.

Son mentor les remercia une nouvelle fois avant de suivre les secouristes. Son père s'approcha de lui et passa un bras autour de ses épaules.

-Aaron a raison, tu as gardé ton sang-froid et tu as bien soutenu Lynda.

-Je… Je suis désolé, papa, s'excusa-t-il en éclatant soudain en larmes.

-Ce n'est rien, mon grand, ce n'est rien.

-Si… Je… Je…

-Chut, souffla Carlisle en le serrant dans ses bras. »

Son père le berça pendant plusieurs minutes avant que la famille au complet ne les rejoigne. Bella se jeta dans ses bras et il pouvait sentir à quel point elle était heureuse que tout se soit arrangé entre Carlisle et lui. Tous ensembles, ils rejoignirent l'Hôpital. Alice avait prévenu Esmé et sa mère était en route pour les rejoindre avec la valise du bébé ainsi que celle de Lynda qu'elle avait pris dans la chambre de leurs hôtes. Edward sourit. Il allait avancer et construire sa vie, il avait retrouvé toutes ses forces et l'espoir.