Bonus 2 : Suppositions et Coup dur…

Nous n'avions guère avancé depuis quelques semaines. Les radars provenant de Sardaigne avaient eu quelques soucis et nous n'avions plus de signal concernant les probables arrivées de clandestins africains. Il nous fallait envoyer des agents sur place pour les remplacer, pour les garder en l'état et pour apporter une surveillance supplémentaire à la police maritime. Les organisateurs de ce trafic étaient bien trop malins, pourtant il nous fallait trouver une faille. Nous avions à l'œil toutes les mafias du pays mais plus particulièrement celle trônant à Volterra. On supposait que les Volturi étaient les commanditaires de ce trafic mais rien ne nous surprendrait de la part des Napolitains ou des Romains.

Nous avions envoyés Mike mon adjoint et Ben Cheney pour accomplir cette mission. Un agent sur place devait les aider et les intégrer dans son équipe de nuit. Je devais surveiller quant à moi la maison des Volturi ainsi que les enfants des patriarches notamment les jeunes Félix, Demetri, Alec et Jane. Ces quatre là me facilitaient la tâche car ils restaient toujours ensemble. Mes collègues avaient beaucoup plus de difficultés avec les trois patriarches notamment le procureur et le médecin, ils devaient se douter de leur surveillance. Ils avaient mis en place un système où deux de leurs subalternes prenaient l'une de leurs voitures et ils sortaient de leur garage tous en même temps pour nous distraire et nous faire paniquer. Nous avions donc convenu que plusieurs collègues devaient filer chacune des voitures jusqu'à l'identification du conducteur pour ne pas partir sur une mauvaise filature. Nous changions également beaucoup nos véhicules, ils devenaient de plus en plus identifiables et nous ne pouvions nous permettre d'échouer.

Cela faisait plusieurs jours que je n'avais pas vu Isabella, sa présence me manquait. Quelque fois je passais près de son lycée et de chez les Cullen et mon cœur me pinçait car malgré ma nouvelle proximité, mon travail me retenait encore loin d'elle. Je m'étais promis de rester à ses côtés peut importe l'enquête que j'allais avoir avec Interpol, pourtant chaque jour une nouvelle amertume m'envahissait car je ne la tenais pas.

Nous avions chaque nuit un rapport concernant les immigrations clandestines mais aussi les rapports concernant les flux de marchandises et de tourisme provenant du continent africain comme de l'Orient. Les malfaiteurs essayaient par tous les moyens de traverser nos frontières donc nous nous montrions prudents. Nous fouillons chaque navire et l'équipe sous notre direction devenait de plus en plus importante au fur et à mesure de notre investigation.

Au fil des jours, mes collègues me rapportèrent les gestes de plus en plus nerveux du procureur et de son frère le Maire. Nous savions que c'étaient eux les plus faibles de la fratrie et nous allions les utiliser pour tous les faire tomber. Nous travaillons avec des profilers et ils nous avaient informés que Caïus Volturi était un homme impulsif et donc instable alors que Marcus, lui, était plus calme mais une certaine peur trahissait sa passivité et donc il était un maillon faible. Aro Volturi était le chef de la fratrie, sa nature douce et polie cachait un être jouissif de son pouvoir, il cherchait l'excellence et était avide de pouvoir. Et cela se voyait dans son parcours professionnel mais aussi dans sa façon d'être selon ces psychologues.

Les aller et venus du patriarche des Volturis étaient les plus surveillés mais nous nous doutions qu'il agissait à partir de l'enceinte même de sa clinique en parallèle de son bureau à l'intérieur du domaine familial. Nous ne savions pas comment agir sans que nos agissements ne soient démasqués. Je perdais de plus en plus le sommeil tant je cherchais un moyen de les faire tomber pour que ma fille et ses amis soient en paix et que leurs vies soient sans danger. Je pensais de plus en plus à des infiltrations mais cela était beaucoup trop risqués, nous ne pouvions pas nous résoudre à sacrifier des agents.

Il me fallait trouver un peu de paix, c'était pour cela que j'étais en ce moment précis à l'extérieur de notre bâtiment. La pression s'accumulait dans mon corps et le seul répit que je m'octroyais était de penser à mon Isabella. Que faisait-elle ? Je n'entendis pas les crissements de pneus au coin de la rue, ce ne fut que quand je vis les fards m'éblouirent que je sus que je n'étais pas seul…

Des coups de feu s'en suivirent puis tout fut noir.