Bonjour à tous ! Et voici le chapitre 3 corrigé par les bons soins de Yebbeka !!!

On change totalement de ton, vous voici dans la tête de Draco ! Le chapitre 4 est écrit mais il n'est pas encore tapé... J'espère que celui-ci va vous plaire en attendant !

Bonne lecture ^^

-------------------------------------------

Chapitre 3 : Bibliothèque

POV Draco

Seul.

Je suis seul.

Bien entendu, tous les humains sont seuls, même s'ils ont des amis, une famille, l'amour. Ils se retrouvent tous, un jour ou l'autre, désespérément seuls. Mais, la plupart du temps, ils ont l'illusion de ne pas l'être. C'est là que je me différencie d'eux : non seulement je suis seul, mais en plus, je le sais.

Les choses ont bien changé depuis la fin de la guerre. Mon père est en prison, pour six ans uniquement. Mais six ans à Azkaban, c'est six ans de trop. Il l'a mérité, me direz-vous ! Et vous auriez raison, sans doute. Sans l'acte héroïque de ma mère, il aurait écopé d'une peine à vie.

Ça m'arrache la langue de le dire mais, sans Harry Potter et une fille dont je ne sais même pas le nom, je serai probablement avec mon père en ce moment-même, à croupir au fond d'une cellule. Après tout, j'ai bien essayé de livrer le Survivant à vous-savez-qui pendant la Bataille de Poudlard. Vous-savez-qui... Même aujourd'hui, après sa mort, je n'arrive toujours pas à prononcer son nom... J'ai encore peur. Peur de mourir, peur de souffrir, peur pour mes parents, peur pour moi, peur de tout, peur de rien.

J'ai toujours été comme ça, lâche, peureux, faible. Je ne suis pas comme Potter et ses Gryffondor ! Ils prennent des risques insensés pour ce qu'ils croient être bien. Combien ont perdu la vie dans cette guerre ? Combien se sont battus sans espoir de vaincre ? Moi, je suis en vie. Lâche et seul, mais en vie. Alors, qui a raison, eux ou moi ?

Eux, bien sûr. Je suis en vie mais je pourrai tout aussi bien être mort, je ne verrai pas la différence. Ma vie n'a plus de sens, en a-t-elle jamais eu ? J'erre dans les couloirs, je mange, je dors, je vais en cours, j'étudie mais je ne vis pas. Mes gestes ne sont que des automatismes, des habitudes. Je ne suis qu'une coquille vide. Alors que, eux, ils vivent, ils rient, ils parlent, ils aiment ! Ils ont toujours eu un but et assez de volonté pour y arriver. Maintenant encore, alors qu'ils ont vaincu, ils font encore des projets, ils ont des nouvelles envies... Moi, rien.

Pourquoi suis-je si vide ? La honte, principalement. La honte de ne pas être comme eux, la honte de ne pas m'être battu dans le bon camp, la honte de ne pas être mort pour ceux que j'aime, la honte de savoir que, si tout était à refaire, je serai incapable de me comporter différemment. La honte aussi d'avoir été sauvé par un Sang-mêlé, une Sang-de-Bourbe et un traître à son sang. Au fond, ils sont plus purs que tout ce qui coule dans mes veines. Je n'ai pas changé, je suis toujours aussi peureux et je déteste toujours autant Harry Potter, après tout ce qu'il a fait pour moi.

De retour à Poudlard, je ne suis plus rien. Ce château où je me sentais si fier et si fort m'est étranger. Alors je me tais, je m'efface. Je retiens les piques qui me brûlent les lèvres et les sortilèges qui me chatouillent les doigts. Je ne fanfaronne plus, je baisse la tête et je subis. Rares sont les élèves qui me parlent et encore plus rares ceux qui le font avec gentillesse ! On ne cherche plus à m'impressionner, je ne suis plus un des plus beaux partis de l'école. Pour la plupart des gens, je ne suis qu'un traître et je n'ai rien à faire ici. Même dans ma propre maison, on me méprise. Rogue, qui était pourtant bien plus haï que moi, est aujourd'hui un héros, parce qu'il avait choisi le bon côté. Il ne me reste que Parkinson et Goyle. Ce dernier est aussi rejeté que moi et Pansy pense sans doute toujours que ma fortune en vaut la peine.

Les autres ne se moquent jamais ouvertement de moi, Potter -encore lui !- leur a demandé de me laisser tranquille. Et comme tout le monde lui lèche les bottes... Mais je sens leurs regards haineux et hautains dans mon dos. De Potter me vient de la compassion, de la pitié... Qu'il la garde ! Je préfèrerai encore qu'il m'insulte et m'humilie, j'aurai une bonne raison pour répliquer. Mais non, bien sûr, il est trop gentil pour ça...

Cette année, je suis encore plus seul qu'avant, même quand mon père a officiellement été déclaré Mangemort. Personne ne me comprend et personne ne cherche à le faire. Ou plutôt si, Pansy me demande sans cesse de lui parler, de lui dire quand je vais mal. Mais je sais bien qu'elle n'écoute rien de ce que je lui dis, elle ne cherche qu'à s'attirer ma sympathie. Sincèrement, si elle pouvait m'éviter... Elle est horriblement collante, au contraire, et parle sans arrêt. Elle me fatigue. Le seul moyen que j'ai trouvé pour m'en débarrasser, c'est d'aller à la bibliothèque. Elle ne veut plus y entrer depuis que Mme Pince l'a chassée parce qu'elle n'arrêtait pas de parler et de glousser. Du coup, je prétexte des devoirs de potions (matière qu'elle ne suit pas) et passe le plus clair de mon temps là-bas.

C'est à la bibliothèque que j'ai revu pour la première fois la fille du procès. Je pensais que ça devait être une avocate ou un truc dans le genre et la voilà qui apparaît ici, à Poudlard ! Je me demandais ce qu'elle pouvait bien faire ici quand j'ai remarqué qu'elle était avec Ginny Weasley et Hermione Granger. Toutes les trois se sont installées dans un coin et ont commencé à travailler (sur leur cour de sortilèges visiblement). J'étais ébahi, jamais je n'aurai imaginé que c'était une élève, en plus je l'avais jamais vu ici.

Plus tard, en écoutant les conversations (vu que plus personne ne me parlait, j'étais obligé d'espionner), j'ai appris qu'elle s'appelait Mélody Garend, qu'elle était la descendante de Gryffondor (ça, rien qu'en apprenant son nom je le savais car je connaissais tous les noms des grandes familles de sorciers), qu'elle n'était pas morte comme on le pensait (oui, j'avais cru remarquer), qu'elle avait travaillé secrètement pour l'Ordre du Phénix pendant la guerre (ce qui expliquait sa présence au procès) et qu'elle revenait suivre une dernière année à Poudlard, maintenant que Vous-savez-qui était mort. J'ai aussi entendu de drôles de trucs sur la Mémoire... J'en ai parlé à ma mère dans une lettre et elle m'a répondu qu'elle savait qu'il existait des rumeurs sur cette fille mais qu'elle ignorait totalement si c'était vrai.

Elle m'a aussi rappelé que c'était elle qui avait fait condamner mon père... et que c'était elle qui m'avait sauvé la mise. Je ne savais plus quoi penser d'elle en recevant ce courrier. Quand je la voyais assise à le bibliothèque, si calme, concentrée, innocente, comment superposer cette image au souvenir que j'avais d'elle ? Ces yeux étaient si durs et froids quand elle avait énoncé tous les crimes dont c'était rendu coupable mon père, apportant preuves de ses dires et témoignages. J'ai vu la panique envahir lentement mon père au fur et à mesure des faits énoncés... Il avait été si confiant avant... si sûr que tous ses dons généreux et son bon rapport avec le ministère pencheraient en sa faveur...

J'ai moi-même été effaré par les atrocités qu'il avait commises. Chaque fois qu'il avait essayé de protester, Mélody Garend avait montré les preuves et lui avait demandé : « Vous contestez ? » d'une voix polaire et en haussant un sourcil. Mon père baissait le regard et son malaise grandissait. L'annonce du jugement avait été horreur et soulagement. Horreur car il était condamné à Azkaban. Soulagement car il ne ferait que six années, contrairement à la plupart des Mangemorts.

Puis, quand j'avais entendu mon nom, de nouveau la peur était venue. Une panique m'avait paralysé. Je voulais me défendre, dire que j'étais innocent, qu'on m'avait forcé, menacé. Mais je n'ai rien pu dire, rien pu faire. Après tout, j'avais voulu donner Potter au Seigneur des Ténèbres. J'avais désiré qu'il meure pour sauver ma misérable vie. Oui, je l'avais désiré encore plus fort que je ne l'avais jamais souhaité pendant toutes nos années de haine. Et, tout comme les intentions de ma mère avait indifféré les juges (seul comptait le résultat !), je me doutais que le fait que ma famille était en danger n'influencerait en rien leur jugement. J'étais coupable.

Mais cette fille a pris la parole pendant mon procès et les visages réprobateurs se sont apaisés. Sans que je retienne un mot de son discours je sais que c'est grâce à elle -et à l'acquiescement de Potter- que j'ai échappé à Azkaban.

Aujourd'hui elle est assise en face de moi, tranquillement, et travaille. Il y a beaucoup de monde dans la bibliothèque, c'est pour cela qu'elle s'est mise à ma table, habituellement fuie.

« Excuse-moi. »

Je lève les yeux, tiré de ma réflexion. C'est elle qui parle, bien entendu, à voix basse pour ne pas que Mme Pince ne nous chasse à coups de pied aux fesses.

« Excuse-moi. » reprend-t-elle « Tu aurais ton livre de potions ? J'ai laissé le mien dans mon dortoir. »

J'acquiesce, en me demandant comment elle fait pour travailler sans son livre et me rappelant que c'était le seul cours, avec la botanique (matière obligatoire pour les potions !), qu'elle partageait avec moi, plonge dans mon sac et lui tend ce qu'elle m'a demandé, sans croiser son regard. Je ne veux pas la regarder dans les yeux. Elle l'attrape, le feuillette rapidement, s'arrête à une page précise, fronce les sourcils et marmonne :

« Je savais bien qu'il me manquait quelque chose ! »

Elle se penche sur sa feuille et écrit. Pris de curiosité, je lui demande :

« Tu fais le devoir pour la semaine prochaine ? »

Elle acquiesce, me sourit. Zut, je n'ai pas été assez rapide et n'ai pas baissé le regard à temps. Elle a les yeux très foncés alors que ses cheveux sont blonds comme des fils d'or. Ses prunelles sont perçantes et me rappellent celles de Dumbledore, j'avale difficilement ma salive à ce souvenir mais elle s'est replongée sur son devoir et n'a rien vu. Histoire de garder contenance, j'enchaîne :

« La question six est super compliquée, tu ne trouves pas ? Il est gonflé, Slughorn de nous mettre un devoir aussi difficile dès le début de l'année ! »

De nouveau, elle relève la tête, sourire aux lèvres. Cette fois, j'ai prévu le coup et fais mine de m'intéresser à ce qui se passe autour de moi.

« Tu n'as pas su répondre à la question six ? » demande-t-elle simplement.

Pour qui me prend-t-elle ?

« Si, bien sûr ! C'est juste que j'ai mis un peu de temps à trouver la réponse... » Trois heures de recherche ici, pour être précis mais, de toute façon, je n'ai rien de mieux à faire...

« Tu dois être un bon élève alors ! Je ne pense pas que le professeur Slughorn s'attende à avoir beaucoup de bonnes réponses ! »

Elle me tend mon livre et reprend :

« Merci beaucoup. Au fait, je ne me suis pas présentée ! Je m'appelle Mélody Black, enchantée. »

Black ??? Je dois avoir une mine ahurie car elle continue en souriant de plus belle :

« Tu dois plutôt avoir entendu parler de moi sous le nom de Garend... Mais en fait, et même si certaines personnes pensent que je n'ai pas en être fière, mon père biologique est Sirius Black. »

Je n'ai pas en être fière... Seuls ces mots atteignent mon cerveau engourdi. Moi aussi, je suis fier d'être le fils de Lucius Malfoy, même si certaines personnes ne sont pas d'accord...

Elle poursuit :

« De toute façon, peu importe qui sont nos parents, c'est ce que nous sommes et ce que nous faisons qui doit nous rendre fiers ! »

Toujours éberlué, j'oublie de détourner mes yeux des siens et plonge droit dedans. J'ai l'impression qu'elle lit dans mon esprit et se souvient parfaitement de moi... Ces paroles sont générales mais je sais qu'elles me sont personnellement destinées... Est-ce une menace, un avertissement ou juste un conseil ?

Pendant un instant, j'ai eu le sentiment d'être ailleurs que dans cette stupide bibliothèque. Mais déjà, elle se penche encore une fois sur son devoir, rompt le lien et me laisse seul avec mes pensées.

-----------------------------------------

Laissez des reviews s'il vous plaît !!! Toutes les remarques sont les bienvenues !

Merci beaucoup et à la semaine prochaine !