Titre : Mélody

Auteur : Iliria

Disclaimer : Les personnages et le cadre sont la propriétés de J. K. Rowling

Résumé : Mélody est la descendante du très célèbre Godric Gryffondor, un des fondateurs de Poudlard. Elle retourne aujourd'hui au château pour terminer ses études...

Résumé du chapitre précédent : Mélody et Draco sont rentrés à Poudlard après leur expédition en Afrique et s'apprêtent à passer leurs vacances de Noël au manoir Malfoy !

Nda : Enfin de retour XD ! Merci à ma bêta-correctrice adorée qui a finalement pu corrigé mon chapitre ! Je te fais un énorme bisou ma Yebbeka !

Bonne lecture et pardon pour la loooooongue absence :S


Chapitre 10 : Le manoir et le château

Le train s'arrêta sur le quai et les élèves descendirent. Mélody et Draco furent les derniers et tous les regards convergèrent vers eux lorsqu'ils posèrent les pieds sur le sol de la gare où une grande femme blonde les attendait. Elle embrassa chaleureusement son fils puis, après une hésitation, embrassa aussi Mélody, du bout des lèvres.

« C'est gentil de venir tenir compagnie à Draco. » Chuchota-t-elle. « Je ne suis pas très souvent là et puis ces fêtes sont plus déprimantes qu'autre chose pour nous. »

Ils transplanèrent ensemble car Mélody n'était jamais allée au château et ne savait pas comment s'y rendre. Dès que sa tête cessa de tourner, elle fut étouffée par la noirceur qui se dégageait de cet endroit. Il était visible que le Seigneur des Ténèbres avait vécu ici car même les pierres semblaient hurler de douleur. La jeune fille respira profondément car elle ne tenait pas à avoir une crise dès son arrivée. Comment Narcissa faisait-elle pour habiter ici ? C'était tout bonnement impossible, à moins qu'elle ne passe la majeure partie de son temps ailleurs que dans ce manoir qui semblait hanté par au moins une centaine de Détraqueurs.

Le premier soir, ils soupèrent tous ensemble dans une ambiance plutôt froide. Il n'y avait plus d'elfes de maison et Narcissa était une piètre cuisinière. Le plat qu'elle avait tenté de cuisiner ce soir-là était cru là où il n'avait pas carbonisé. Ce fut infect et Mélody dut user de toute son éducation pour réussir à finir son assiette et même complimenter la maîtresse de maison (qui parut un peu reconnaissante mais pas dupe). Il y eut des fruits au dessert et tout le monde se jeta dessus. La conversation porta sur Poudlard, les cours, les professeurs et la récente semaine passée en Afrique.

Puis la jeune fille fut installée pour la nuit dans une chambre qui devait être jadis splendide mais où aujourd'hui la poussière formait des nuages à chacun de ses pas et où le dessus de lit était usé jusqu'à la corde. Mélody dormit mal, se tournant et retournant dans son lit. Elle se sentait fiévreuse et nauséeuse et mit cela sur le compte du repas.

A son réveil, elle trouva le manoir silencieux. Il était déjà presque 11h car elle n'avait réussi à s'endormir que très tard dans la nuit. Elle se leva sans un bruit, manqua se perdre dans les couloirs et finit par retrouver le chemin de la cuisine où Draco était installé.

« J'allais finir par vérifier si tu étais toujours en vie. » Lança-t-il en guise de bonjour. Il avait une figure maussade et des poches sous les yeux.

« J'ai eu un peu de mal à m'endormir hier soir. » Répondit la jeune fille.

« Au moins, toi, tu as dormi ! Mère est sortie faire je-ne-sais-quoi, elle rentrera pour dîner ce soir. Que veux-tu déjeuner ? » Il lançait ses phrases d'un ton sec. Il ouvrit les placards et y jeta un œil critique. « En fait, je crois qu'il n'y a que du pain et de la confiture. »

« Ce sera très bien. » Murmura Mélody. Elle se fit une tartine et mangea en silence. Son état ne s'était pas amélioré et elle sentait même qu'il empirait. Brusquement un vertige l'obligea à fermer les yeux pour se ressaisir.

Quand elle les rouvrit, elle croisa les yeux de Draco, inquiet maintenant.

« Tu ne te sens pas bien ? » Demanda-t-il.

« Non pas trop mais ça va passer, ne t'inquiètes pas. »

« Mère cuisine vraiment mal. Tu n'étais obligée de tout finir hier, elle ne se serait pas vexée ! J'avoue que je ne suis pas plus doué qu'elle mais au moins je ne vise pas la lune. Je me contente de faire des pâtes ou des œufs au plat. Elle voulait t'impressionner, c'est réussi ! » Sa camarade lui répondit par un vague sourire.

Ils passèrent une grande partie de la journée sur leurs devoirs, s'entraidant. Le mal de tête de Mélody empirait mais elle n'en parla pas à son ami pour ne pas le démoraliser davantage. Le soir, ils se mirent aux fourneaux. Ils réussirent à faire bouillir de l'eau et y plongèrent les pâtes, selon la recette moldue (qui leur paraissait finalement plus simple que n'importe quel sortilège de cuisine). Ils firent aussi cuire les œufs sur une poêle. Puis ils mirent la table.

La jeune fille sentait le sol vaciller sous ses pas mais elle se reprit et aida Draco. Un vertige plus fort que les autres lui fit lâcher des assiettes qui se brisèrent à ses pieds.

« Oh ! Je suis vraiment... »

« Désolée ! Oui je m'en doute ! » Finit sèchement Draco. Mais il s'interrompit, étonné par sa propre brusquerie. Il se tourna vers Mélody pour s'excuser et vit qu'elle avait les yeux aux bords les larmes.

« Pardon. » Chuchota-t-elle. « Je ne me sens pas très bien dans cette maison. »

« Moi non plus. » Confia-t-il. « Il me tarde déjà de rentrer à Poudlard ! »

« C'est plus fort que ça... J'ai mal à la tête et je suis prise de vertiges. Il se passe quelque chose d'anormal, il faut que je sorte d'ici. » Déclara-t-elle brusquement.

Elle fit volte-face sous le regard stupéfait du jeune homme qui se décida à la suivre. Elle sortit de la maison, remonta la longue allée et franchit le portail. Elle marcha encore quelques minutes, jusqu'à ce qu'on ne voit presque plus le manoir à travers les arbres. Elle s'assit finalement au pied d'un chêne et respira profondément.

Draco, qui la rejoignait, se sentit comme libéré, comme si on avait serré sa tête dans un étau sans qu'il ne s'en rende compte et qu'on le lâchait d'un coup d'un seul. Il se mit à rire.

« Bon sang que ça fait du bien d'être dehors ! Mais qu'est-ce qui s'est passé ? »

« On dirait bien que Voldemort vous a laissé un petit cadeau en guise d'adieu. » Répondit la jeune fille.

« Ne prononce pas ce nom ! » Lança-t-il avec colère.

« Il est mort. » Dit-elle sèchement. « Prononcer son nom ne le fera pas revivre. Rien ne le fera revivre. Il ne reviendra jamais ! Alors, calme-toi Draco... »

« Oui, je sais mais... »

« Je comprends, ne t'inquiètes pas. Bon, je pense qu'un sortilège a été jeté sur ton manoir. »

« C'est impossible ! Tous les aurors ont passé au crible chaque pièce et ont retiré tous les objets maléfiques que gardait mon père ! »

« Ils n'ont pas du rester assez longtemps. Je pense que c'est un sortilège très subtil et lent qui te démoralise petit à petit, ronge toute ta joie et tes forces. »

« Pourtant, on en a senti les effets assez vite non ? »

« C'est parce que, toi, tu es déjà quelqu'un d'assez sombre et... comment dire ? Tu n'es pas en pleine forme quoi ! Cet endroit te rappelle des mauvais souvenirs. En plus, tu y as déjà été exposé. Et moi, j'ai toujours été très sensible à toutes les formes de Magie Noire. Je m'évanouis quand un Détraqueur s'approche à moins de cent mètres de moi, même s'il ne me vise pas particulièrement. »

« Comme Harry Potter. » Dit Draco laconiquement.

« Oui, c'est parce que nous avons des passés très douloureux probablement. »

Ils restèrent un instant silencieux puis l'héritier Malfoy prit la parole.

« On ne va pas y retourner, n'est-ce pas ? »

« Il ne vaut mieux pas. Savoir que le sortilège existe ne l'annule probablement pas. »

« Alors, où va-t-on dormir ? »

« Je n'y avais pas réfléchi. Le plus simple, ce serait d'aller chez moi. »

« Au château des Gryffondor ? »

« Eh oui ! » Répondit-elle en riant devant son air stupéfait. « Mais il faut attendre que ta mère rentre et la mettre en garde, elle pourra aussi venir chez moi même s'il n'y a pas beaucoup de place ! Je dois aussi prévenir le Ministère, qu'il fasse quelque chose pour lever ce maléfice. A cette heure-ci les bureaux doivent être fermés mais j'enverrai un hibou dès demain matin. »

« Comment ça pas beaucoup de place ? C'est pourtant le château des Gryffondor ! »

« Oui mais ma famille a toujours été assez peu nombreuse : un père, une mère, un enfant. Parfois des grands-parents mais jamais d'oncles, de tantes ou de cousins... En fait, il y a pas mal de salles : des bureaux, des salles pour s'exercer à la magie, etc... mais il n'y a que trois chambres dont une qui est plutôt délabrée maintenant que j'y pense. Les elfes de maison ne la nettoient plus car elle n'est pas utilisée et ils ont suffisamment de travail avec le reste... »

« Bon, et comment on va faire pour y aller ? »

« Je vais transplaner. Vous me donnerez la main. »

Ils se levèrent pour se rapprocher du portail. Pendant un long moment, ils ne parlèrent plus, plongés dans leurs pensées. Puis le bruit caractéristique d'un transplange les fit sursauter et ils accoururent pour parler à Narcissa du sortilège. Elle les écouta attentivement.

« C'est vrai que je ne me sens pas bien ici. Je pensais que c'était à cause des évènements qui s'y étaient produits mais vous avez peut-être raison... »

Mélody expliqua qu'elle les invitait chez elle pour éviter de subir à nouveau l'influence du maléfice. Mme Malfoy hésita et finit par accepter. Ils appelèrent leur bagage avec un accio, prirent chacun une main de Mélody et transplanèrent.

Lorsque les deux Malfoy rouvrirent les yeux, ils furent stupéfaits. Le château de Gryffondor si réputé était loin de ce qu'on avait pu leur en dire. Il était plutôt petit, comme l'avait dit Mélody, mais très coquet. Le jardin était rempli d'arbres et de bosquets somptueux (alors qu'on était au beau milieu de l'hiver !). On distinguait à peine le bâtiment blanc derrière toute la verdure. Les volets étaient peints en bleus et le toit était en ardoise. Ils traversèrent le jardin et frappèrent à la porte en bois clair. Presque aussitôt, celle-ci s'ouvrit sur une minuscule créature ridée attribuée d'un nez tout rond.

« Mademoiselle Mélody ! » S'exclama l'elfe de maison d'une voix très haut perchée (c'était visiblement une femelle). « Vous auriez pu prévenir Helly de votre arrivée ! Helly aurait préparé la chambre de Mademoiselle et un bon repas ! »

« Désolée, Helly, je n'y ai pas pensé. Je viens de chez Mme Malfoy, son manoir est possédé par un maléfice et nous ne pouvons pas y dormir. Prépare les lits pendant que Kabby s'occupera du repas. »

La créature grommela quelque chose d'incompréhensible mais s'écarta de la porte pour les laisser entrer. Un autre elfe de maison (un mâle cette fois) apparut dans l'entrée.

« Mademoiselle Mélody ! Quelle bonne surprise ! »

« Bonjour, Kabby ! Désolée de ne pas avoir prévenue mais... »

« Je sais, je sais, je vous ai entendu depuis la cuisine. Ne vous inquiétez pas, nous allons tout préparer pour que vous et vos hôtes soient parfaitement installés ! »

« Mais Mademoiselle » S'écria Helly. « Comment vais-je faire ? La chambre d'invités n'a pas été nettoyée depuis des années ! Nous ne pouvons pas faire dormir quelqu'un à l'intérieur ! »

« J'y ai pensé. Installe Mme Malfoy dans la chambre parentale et met un matelas dans ma chambre. Je dormirai dessus et Draco dormira dans mon lit. »

Un concert de protestations s'éleva alors. L'elfe, Draco et Narcissa protestant tous vivement contre le fait que Mélody dorme sur un matelas par terre.

« D'accord, d'accord ! » Cria la descendante de Gryffondor pour se faire entendre par dessus le brouhaha. « Très bien, puisque Draco insiste, je dormirai dans le lit et lui sur un matelas. »

Helly s'en alla en continuant à grommeler que c'était tout de même mal de faire dormir les invités sur des matelas par terre et Kabby, qui était parti pendant la discussion, revint en portant un plateau chargé de thé et de biscuits. Il les conduisit au salon et repartit aussitôt dans la cuisine.

Installés dans les vieux mais confortables fauteuils, Mélody et les Malfoy parlèrent longuement du maléfice jusqu'à ce que Kabby revienne leur annoncer que le dîner était prêt. Ils se rendirent alors dans la salle à manger qui était immense car elle avait été construite pour accueillir de nombreux invités. Ils mangèrent plusieurs plats succulents et en telle quantité qu'ils durent demander grâce à l'elfe qui ne cessait ses aller-retours entre la cuisine et la salle à manger.

Ils étaient si fatigués et si repus par le repas qu'ils allèrent immédiatement se coucher après. Mélody et Draco accompagnèrent Narcissa jusqu'à sa chambre puis ils entrèrent dans celle de la jeune fille. La chambre était peinte en blanc, avec un mobilier très simple en bois clair comme la porte et la plupart des meubles du château. Un grand lit aux draps rouges brodés d'or était installé dans un coin et un matelas aux draps assortis avait été posé non loin.

« Je vais dormir dans les couleurs de Gryffondor. » Grimaça Draco.

« Tu dors dans la maison de Gryffondor ! » Répondit Mélody en riant.

« Il a vraiment habité ici ? »

« Oh non ! Ce château a été construit bien après ! Mais comme c'est ici que repose le Grimoire et que vivent tous ses descendants... »

« Le Grimoire est ici ? » S'étonna le jeune Malfoy.

« Oui, dans une pièce un peu plus loin dans le couloir. »

Il y eut un moment de silence où chacun fouilla dans sa valise puis la jeune fille regarda son ami.

« Tu voudrais le voir ? »

« Euh... Je ne sais pas si j'ai le droit... »

« Si je te le propose c'est que tu l'as ! » Rit-elle. « Si tu essayes d'entrer sans mon autorisation, il risque de t'arriver des choses plutôt désagréables mais si je viens avec toi, tu ne crains rien. »

« Oui j'aimerai bien voir à quoi il ressemble ! »

La jeune fille sourit puis entra dans sa salle de bain via une petite porte pour se changer. Ensuite ce fut le tour de Draco et tous les deux se glissèrent dans leur lit respectif. Mélody éteint la lumière et ils furent plongés dans le noir. Alors, comme ça lui arrivait souvent dans le noir, les pensées de Draco s'emballèrent toutes seules et il se mit à parler, en chuchotant.

« C'est drôle de dormir à nouveau ensemble. »

« Oui, je n'aurai pas cru que ça arriverait si vite. »

« Si Pansy savait ça... » Murmura Draco.

« Et toute l'école ! » Ils se mirent à rire tous les deux dans le noir, imaginant les réactions de leurs camarades.

« C'est bien d'avoir des elfes de maison. » Soupira le Serpentard une fois qu'ils furent calmés.

« Oui, ils sont si gentils ! Ils font tout pour que je sois bien. Même si Helly n'arrête pas de râler... Je crois qu'elle ne sait pas travailler sans grommeler mais au final elle s'occupe de tout merveilleusement et je crois qu'elle mourrait si elle n'avait pas autant de travail. Je l'ai déjà surprise à s'inventer du nettoyage quand elle s'ennuyait trop ! »

« En tout cas, le repas était bien meilleur que celui de hier ! »

« C'est sûr ! » Acquiesça chaleureusement Mélody. « Kabby cuisine comme un Dieu ! »

Il y eut de nouveau un silence puis la jeune fille reprit.

« Tu es sûr que ça ne te dérange pas de dormir par terre ? Mon lit est bien assez grand pour qu'on y entre tous les deux ! La tente dans laquelle on a dormi était bien plus petite que ça ! Et le matelas n'a pas l'air très confortable. »

Le jeune homme hésita mais son envie de tester le lit douillet et la noirceur de la nuit eurent raison de son indécision et il chuchota :

« En fait, ce matelas n'est vraiment pas très confortable. Si tu veux bien que je vienne... »

« Mais oui bien sûr ! Ce matelas est si fin qu'on y voit à travers ! Je ne sais pas où Helly l'a pris mais si tu dors là-dessus tu vas vite avoir mal au dos ! »

Elle se poussa à l'autre bout de son lit et Draco s'installa sous les couvertures.

« Merci ! » Dit-il simplement.

« C'est normal, tu es mon ami. » Répondit-elle en insistant bien sur le mot « ami ».

Le jeune homme ne répondit pas et se plongea dans ses pensées... Depuis qu'ils avaient mentionné leurs camarades de Poudlard, il s'était remémoré la conversation qu'ils avaient eu tous les deux dans le train lorsque Mélody avait déclaré qu'ils devraient s'embrasser pour alimenter les ragots. L'absence de lumière alimentant son imagination, l'idée d'embrasser son amie faisait son chemin dans son esprit et devenait petit à petit une image obsédante. Il se disait que c'était sans doute parce que ça faisait très, très longtemps qu'il n'avait pas embrassé une fille et, après tout, la descendante de Gryffondor était une jeune fille comme les autres.

Enfin, pas tout à fait quand même et c'était bien ça qu'il le retenait. S'il la gênait, elle pouvait se débarrasser de lui en un claquement de doigts, d'autant plus qu'elle était chez elle et que personne ne remettrait en doute sa parole si elle affirmait qu'il l'avait agressée. D'un autre côté, Mélody n'avait jamais eu de comportement agressif envers lui, bien au contraire. Elle l'avait même invité à dormir dans son lit après tout ! Ces derniers arguments augmentèrent son audace et il finit par murmurer :

« J'aimerai bien t'embrasser... »

Aussitôt il regretta ses paroles et pria pour qu'elle n'ait pas entendu.

« Qu'est-ce que tu as dit ? » S'étonna Mélody. Au ton de sa voix, il comprit qu'elle avait en réalité parfaitement compris mais qu'elle n'en croyait pas ses oreilles.

Lui-même était surpris. D'abord d'avoir osé prononcer ces paroles et ensuite de la gêne et de la timidité qu'il ressentait. Il avait pourtant souvent dit ces mots à des jeunes filles déjà conquises pour la plupart et il ne s'était quasiment jamais pris de refus. Les rares qui l'avaient envoyé promener, il les avait vite oubliées, tout comme celles qui lui avaient cédé d'ailleurs. Mais aujourd'hui, Mélody était sa seule amie et il n'avait pas envie de la perdre. Elle lui était plus précieuse qu'il ne l'avait imaginé jusque là.

« C'est que... juste comme ça quoi... pour voir... » Sa voix hésitante et bégayante le fit rougir de honte. Lui, Draco Malfoy, en train de balbutier comme un première année ! Tout à coup, le matelas bougea et il sentit que Mélody s'approchait. Ses doigts effleurèrent son visage puis son souffle caressa sa peau et enfin ses lèvres se posèrent pudiquement sur sa joue.

« C'est ça que tu voulais ? » Chuchota-t-elle. Sentant l'hésitation et le cœur battant de la jeune fille, il répondit sur le même ton :

« Je veux plus. » Il se releva sur un coude et, son cerveau cette fois-ci complètement silencieux, il passa ses doigts dans la chevelure blonde et attira son visage à lui. Leurs lèvres se rencontrèrent puis s'entrouvrirent pour laisser jouer leur langues. Le baiser fut au début maladroit mais devint vite ardent et passionné. Après un long moment, Mélody se détacha doucement et se laissa tomber sur le lit en riant.

« Je n'ai plus de souffle ! » Déclara-t-elle, haletante.

« Moi non plus. » Répondit Draco, lui aussi manquant d'air, en se rallongeant.

Il y eut un petit instant de silence, puis le jeune homme se rapprocha de celle dont il partageait le lit et colla son corps contre le sien.

« Pour quelqu'un qui n'a jamais eu de petit ami, tu te débrouilles plutôt bien ! »

Elle rit à nouveau.

« Tu oublies qu'avec la Mémoire j'ai plus embrassé de garçons que tu ne connaîtras jamais de filles ! »

Draco ne répondit pas mais il songea que si elle embrassait si bien, elle devait faire l'amour divinement. La Mémoire ne lui avait sans doute pas épargné les scènes habituellement réservées aux plus de dix-huit ans. Cette pensée réactiva son désir et il se mit à embrasser le cou, le visage, les cheveux de son amie. Mélody, elle, s'étonnait de ne voir arriver aucune crise. Pourtant, avec toutes les sensations qui la prenaient à la gorge, elle aurait dû partir pour des heures de souvenirs tumultueux. Mais non, rien ne venait et le Serpentard continuait de la couvrir de baisers, lui arrachant un rire lorsqu'il la chatouillait trop. Elle finit par attirer son visage vers elle et repartir pour un long baiser.


J'espère que ce chapitre vous a plu !

J'envoie le prochain à ma bêta-correctrice en priant pour qu'elle ait du temps libre !

A bientôt !