Chapitre 02 - Instruction royale

Le lendemain commença son entraînement. Un entraînement… D'enfer. Elle du apprendre les runes, le langage elfique, démoniaque, vampirique, et bien sûr, des sortilèges bien plus poussés que ceux du collège. Mais plus particulièrement, Erèbe lui apprit la magie noire. L'enseignement sorcier était laissé à Hogwarts, mais elle apprit des sortilèges typiques des créatures.

Elle apprit à aimer la bibliothèque autant qu'Hermione. Voire plus. Elle apprit à s'habiller comme une dame de la cour. Elle apprit à se maquiller. Elle apprit à parler. Elle apprit à être en osmose avec sa magie. Et elle apprit à différencier les différentes races. Loups-garous ou Lycanthropes par exemple.

Dès le troisième jour de son apprentissage, Erèbe lui présenta son autre protégée, Crystalla, une vampire, et ses deux gardes du corps : Alycia, démon du sixième cercle - l'un des plus puissants - et Marie, une Caçador. Les Caçador étaient un clan dont les premiers représentants avaient été capturés et modifiés génétiquement par les humains, afin qu'ils chassent leurs semblables. D'où leur nom (Nda : Caçador signifie chasseur en portugais). A présent, il ne restait que Marie et son rôle était à la fois de protéger Erèbe et de chasser les créatures prenant trop de liberté vis à vis des humains : les vampires et les loups-garous par exemple. Ginevra se souviendrait toujours du regard bleu électrique de la Caçador. Un regard de désespoir, miné un passé sombre, hanté par les pertes des siens. Mais la rousse ne chercha pas à en savoir plus. On lui avait enseigné la discrétion. Alycia fut très vite une bonne amie. En apparence, elles avaient le même âge... Ginevra apprit alors que Alycia irait en sixième année, comme elle, à Hogwarts. Crystalla entrerait en troisième année. La jeune fille était très calme, mais une bonne compagne. Elle n'hésitait pas à aider Ginevra : elles avaient le même apprentissage après tout.

Ginevra se leva, le matin du cinquième jour. Et elle se dit qu'il sera dommage de quitter cet endroit. C'était chez elle maintenant... Mais elle pensa qu'elle reviendrait pour les vacances de toute façon... Comme chaque matin, Lys, son habilleuse, maquilleuse, coiffeuse, et conseillère en matière de bijoux, vint pour l'aider à passer sa tenue de combat. Elle commençait avec un entraînement physique matinal, passé en compagnie d'Erèbe et Crystalla, puis Erèbe partait discuter avec le Conseil et Crystalla s'entraînait avec des gens de sa race. Ginevra errait entre différentes salles en tentant de ne pas se perdre. Beaucoup des Créatures la traitaient avec respect (une humaine qui devient des leurs volontairement ne courrait pas les rues !), mais d'autres continuaient à la regarder avec de l'envie, de la colère ou bien des pulsions de meurtres.

Particulièrement les Succubes. Aria, Reine de cette race et des Incubes, n'aimait ni Erèbe ni ceux qui le soutenaient. Alors elle passait ses nerfs sur Ginevra qui, n'étant pas encore officiellement protégée du Prince, ne pouvait lui retourner l'ascenseur : c'était une Reine, et membre du Conseil...

« Mademoiselle... J'ai fini de vous habiller. Si vous voulez bien vous asseoir dans le fauteuil en face du miroir... »

« Merci Lys »

Lys était un démon du premier cercle. Comme beaucoup d'autres, elle restait au palais à cause de sa faiblesse. Mais Ginevra la trouvait gentille et attentionnée. Les Créatures Infernales n'employaient pas d'elfes de maison car ils s'étaient alliés aux humains. Comme les gobelins, la plupart des Créatures Noires les détestaient. Une haine viscérale qui leur donnaient des envies de meurtres à chaque vision.

Lys finit de coiffer ses cheveux et les attacha en un chignon serré. Elle sourit d'un air satisfait en voyant le résultat : Ginevra était vraiment très jolie. Bien évidemment, la plupart des Races avaient des âmes sœur, mais on ne pouvait pas dire qu'elle n'était pas attirante ! Ginevra se leva, remercia sa servante, puis partit au pas de course.

Lorsqu'elle arriva, elle vit de suite que Erèbe était préoccupé. Elle avait toujours su déchiffrer les sentiments de Harry. Avec Erèbe, il y avait eu quelques changements, mais pas grand chose. Et ses sens de félins l'aidaient beaucoup.

« Erèbe ? Il y a un problème ?

-Moui... Le Conseil veut te voir...

-En quoi est ce un problème ?

-Je crains qu'il ne te demande de... (il grimaça) Procréer... Après tout, tu te souviens sûrement de ce que je t'ai dit à propos de ta race, n'est ce pas ? »

Il se tut... Oui, elle se souvenait... Elle était une Neko, Démon originaire du Japon. Une sorte de Lycan, mais chat. Tantôt femme, tantôt chatte, tantôt femme-chatte. Des sens exacerbés au maximum. De multiples capacités... Des tendances félines (ronronner, miauler, boire du lait et jouer...)... Et surtout, la seule connue de cette race... Comme Marie, elle était sans doute la dernière. C'est pourquoi le Conseil lui demanderait peut être d'enfanter. Sauf que... Les Nekos avaient des âmes sœurs ! Et qu'ils ne faisaient de petits qu'avec. Problèmes à l'horizon en somme. Erèbe reprit la parole :

« Ce n'est pas comme si je ne pouvais pas les en empêcher, mais ils peuvent opposer leur veto à ton intégration. Et ça, je le refuse. »

« En d'autres termes, je vais devoir me grouiller de trouver mon âme sœur. Bordel ! »

« Langage. Mais oui, tu as bien résumé la situation. »

Ils se mirent à courir. Six tours du parc ou plus. Ginevra aimait courir. Ses sens lui apportait de délicieuses odeurs, le vent lui caressait doucement le visage et les bras, ses foulées étaient rapides et régulières... Oui, elle adorait ça. Ils coururent ainsi durant près d'une heure et demi. Puis Crystalla partit rejoindre son mentor vampirique tandis que Erèbe allait au Conseil. Ginevra, elle, dut aller se changer et prendre une douche. Il était neuf heures, elle avait deux heures pour se préparer. Avec Lys, ce serait simple. Ensuite, un serviteur viendrait la chercher...


Ginevra tourna sur elle-même pour admirer une nouvelle fois sa robe. Une robe bleu ciel, à bretelles, qui se terminait aux chevilles. Dans son dos, au niveau des côtes, des ailes blanches avaient été dessinées. Elle portait des sandales de la même couleur que sa robe. Lys avait lâché ses cheveux et lui avait mis un petit peu d'ombre à paupières blanc. Elle portait un simple collier argenté offert par Erèbe et une jolie montre sorcière enserrait son poignet gauche. Elle sourit. Elle était prête.


Ils étaient sept. Sept à siéger au Conseil de l'Empire. Les principaux peuples y étaient représentés : Les Vampires, les Succubes et Incubes, les Elfes Noirs, les Harpies, les Démons et les Lycan de l'Ouest et de l'Est. Chacun l'observait comme si elle était un morceau de viande ou une expérience de laboratoire. Au choix.

Il n'y avait guère que Erèbe, Pydë – la reine des elfes noirs et représentante des autres races elfiques – et le roi des vampires appelé Nirar pour la regarder... Normalement. Mais elle était habituée, et se contenta de rester stone, patientant, attendant l'autorisation de parler. Finalement, la reine des Harpies, Verini, une vieille femme ridée et courbée sur son fauteuil, prit la parole, d'une voix chevrotante et aiguë :

« Nous sommes ravis de te rencontrer, Ginevra Neko. Sais-tu pourquoi nous t'avons fait venir ? »

Mal à l'aise, la rousse hocha juste la tête, pour dire non. Aria la regarda comme un déchet et cracha :

« Réponds quand on te parle, Humaine ! »

Erèbe, présidant la table rectangulaire sur un fauteuil de velours carmin, gronda. Ginevra, indignée et hors d'elle, laissa sortir oreilles, queue et crocs, et feula :

« Ne m'insultez pas ! Toute reine que vous êtes, vous ne me rabaisserez pas au rang d'Humaine ! »

« Ginevra ! » S'exclama Erèbe.

Mécontente, Aria se rassit, et Ginevra consentit à reprendre une apparence normale. Toutefois, elle gardait un regard mauvais dès qu'elle croisait les yeux de la reine des Succubes et Incubes. Erèbe se leva et le silence se fit dans la salle. Les gardes retinrent leur souffle : c'était un honneur pour eux d'assister à une réunion du Conseil, encore plus quand le Prince y participait.

« A la fin de la semaine, Ginevra sera introduite en tant que protégée royale et... »

« C'est trop tôt ! Elle ne peut pas devenir aussi importante si vite ! » L'interrompit Aria, furieuse.

Mais elle se tut devant le regard d'Erèbe, flamboyant.

« Je disais donc que la cérémonie aura lieu dans exactement trois jours. Débrouillez-vous comme vous voulez. En plus de la cérémonie privée, aura lieu un bal. Quand, je ne sais pas. Invitez qui vous le souhaitez tant que ça ne dépasse pas le nombre maximal que la salle de bal peut contenir. Je précise que cet événement ne me concernera pas. Je ne m'en mêle pas. Nirar, tu te chargeras de l'organisation. Voyez avec Pydë pour les invités. Bonne journée. Ginevra, je t'accompagne à la bibliothèque royale. »

Aussitôt, elle se leva. Erèbe était un Prince et il avait l'habitude de se faire obéir de ses sujets. Si, au début, elle avait eu du mal à comprendre, quelques visions de... Désobéissances lui avaient ôté toute envie de faire de même : Les punitions étaient sévères. ça oui...

Ils se dirigèrent vers une salle que Ginevra commençait à bien connaître. La bibliothèque où elle passait ses journées à étudier diverses matières. Erèbe, passionné de runes, venait de temps à autres lui tenir compagnie pour étudier cette magie si particulière. Et c'était un de ces moments. Ginevra le trouvait toujours étrange : Harry, le garçon qu'elle connaissait et admirait, n'avait jamais été attiré par cette étude, ni par les livres en général. Sauf s'ils concernaient le Quiditch bien entendu. Le Quiditch... Elle n'avait jamais vu Erèbe en jouer. En fait, il lui avait avoué que si son corps avait pris des marques sur les balais volants, son esprit, lui, préférait largement ses ailes ou un sombral.

Car après tout, les sombrals étaient depuis sa montée sur le trône, le moyen de locomotion de la plupart des familles nobles. Des Enfers bien sûr. Elle sourit en imaginant que dans trois jours, elle pourrait certainement en avoir un à elle.


De son coté, Erèbe réfléchissait : Les agissements hautains de Aria commençaient à le déranger quelque peu. Il la soupçonnait de lui cacher des affaires plutôt grave… Mais pour l'instant, mieux valait se pencher sur l'alliance avec les DeathEaters. Et avec Riddle. C'était assez étrange d'ailleurs, comme si le Mal de Tom Riddle était allé se loger à l'intérieur de Dumbledore. Peut être le fait que Albus ait détruit les Hocruxes. Enfin… Il pensait les avoir détruits. Lorsqu'il y pensait, Erèbe se sentait d'une certaine manière… Inexplicablement fier de l'acte magique de Tom Riddle : Il avait ensorcelé ses propres morceaux d'âmes pour qu'ils reviennent se coller à lui si l'objet dans lequel ils avaient été placés devait être détruit. En d'autres termes, même si Tom était maintenant mortel, il venait de retrouver à la fois jeunesse et puissance d'antan. Donc presque invincible.

Enfin, à présent, c'était le cadet de ses soucis. Ils étaient plutôt du problème Harry Potter. Comment cacher cela à son possible allié ? Ou bien tout lui avouer ? Pendant que Ginevra étudiait, lui se sentait un peu… Las. Il en avait assez de cette monotonie. Il voulait… Du sang. Du sang versé. Il se leva brusquement, manquant renverser la table et faisant sursauter Ginevra. Elle leva les yeux vers lui, mais il balaya ses interrogations d'un geste de la main.

Puis il sortit, courant presque, bien que ce ne soit pas digne d'un Prince. Il venait de se rappeler qu'un prisonnier particulier l'attendait dans ses cachots. Quelqu'un qui avait été torturé des jours durant, puis soigné. A présent qu'il souhaitait vivement que la Mort vienne le saluer une nouvelle fois, Erèbe savait qui il allait servir en pâture à la Faucheuse légendaire.

Vernon Dursley.


Dans le cachot n°13 (il avait failli avoir un infarctus quand il avait vu le nombre, jusqu'à ce qu'il remarque que tous les cachots portaient ce numéro.), Vernon Dursley se lamentait sur la mort de son fils et celle présumée de sa femme.

Dans les premiers temps, Pétunia avait été avec lui. Mais quand les gardes avaient vu une hausse de moral, ils avaient déplacé sa femme adorée. Depuis, ils devaient supporter ses lamentations continuelles sur le fait qu'il n'aurait pas dû accepter de recueillir Harry Potter lorsqu'ils l'avaient trouvé sur le pas de leur porte. Cet anormal ne leur avait apporté que des problèmes, et c'était monstrueux, et leur fils était mort, et cætera, et cætera…

C'est dans cet état que le trouva Erèbe lorsqu'il descendit. Il fronça ses fins sourcils lorsqu'il entendit les plaintes désagréables de ce gros porc muggle. Oh, pour lui, muggle, squib ou sorcier, ça ne faisait pas grand-chose de différent : Ils restaient des insectes qu'il aimait écraser, mais cet être insignifiant était d'autant plus détestable à ses yeux qu'il était tout à fait incapable de comprendre le véritable sens de la Magie.

C'est vrai petit prince… Mais les Muggles ont aussi leur place dans ce monde aussi insignifiants pour toi soient-ils…

Erèbe sourit à l'intervention de la Magie. Depuis qu'il s'était lié avec Elle, Ses interventions s'étaient faites plus souvent, mais à partir de sa nouvelle renaissance, Elle restait un peu en retrait. Il savait qu'Elle désapprouvait ses dernières actions cruelles envers les gens qui l'avaient élevé, mais par le Tartare, que cela faisait du bien que de se défouler sur ces vermines…

Certes, la femelle en avait perdu la raison, mais il aurait aussi pu la tuer. Alors qu'elle avait obtenu un excellent emploi de sous-chef des cuisines privées du Prince. Elle s'en tirait donc plutôt bien. Bon, il lui fallait avouer qu'il n'avait pas grand chose à lui reprocher si l'on exceptait les tons grinçants et les mauvaises manières. Mais lorsque l'on savait que le Prince était particulièrement à cheval sur le ton employé et sur les manières, alors il était plus simple de, sinon le pardonner, le comprendre.

Le muggle grimaça quand il aperçut le jeune homme. Son tortionnaire qui venait lui rendre visite n'était pas une bonne nouvelle pour lui. Ce n'était jamais des bonnes nouvelles pour les torturés. Erèbe sourit devant la moue de son prisonnier.

« Et bien Dursley ? On n'apprécie pas sa demeure ? Pourtant, elle est à la mesure de votre traitement. Que désireriez-vous de plus ? »

« Ma femme et mon fils » Grinça l'homme. Il n'aimait pas le ton du garçon. Il sentait qu'il n'allait pas s'en tirer facilement.

« Pour votre femme, cela va être difficile, mais votre fils, vous allez bientôt le revoir, promis ! »

Bingo. La mort l'attendait. Après la torture bien sûr. Qu'avait-il inventé cette fois ?


Il était sur une croix. Ironie du destin, pour lui qui s'était toujours moqué de ceux qui croyaient en la religion du Christ ? Si c'était le cas il allait le regretter. Car les punitions du Prince étaient de loin bien plus dangereuses et mortelles que celles qu'infligeaient les Romains. Et Vernon n'était pas immortel, lui !

Il savait, dès l'instant ou Erèbe était entré dans le cachot qu'il allait mourir. Mais il ne le voulait pas. Et il refusait d'accepter cette évidence.

Erèbe s'amusait beaucoup du doute qui assaillait sans cesse le visage son prisonnier. L'une de ses tortures préférée était sans aucun doute observer l'attente de l'Humain qu'il allait ensuite détruire à petit feu. Mais Erèbe avait trop attendu. Il réclamait du sang. Son organisme, criblé d'ADN différents et non pas fait pour co-exister mais pour s'entretuer, réclamait la seule chose qui lui évitait de perdre la raison. Le meurtre. Du liquide carmin coulant entre ses doigts pourvus de griffes couleur du charbon. Les os craquant sous sa force démesurée, rivalisant avec celle d'un géant. La chair se déchirant sous ses crocs. Les veines et les artères cédant sous les impulsions de sa bouche recouverte de cette liqueur enivrante. Ses lèvres se délectant de ce repas certes morbide, mais vital à sa survie.

Il était un monstre et il le savait.

Mais ce n'était pas pour autant qu'il n'allait pas s'amuser avec ses nombreux ennemis.


Lorsqu'il remonta, les cris de Vernon Dursley avaient fait trembler beaucoup des courtisans du palais. La plupart savaient que leur Prince, quand il revenait de ce genre d'amusement, n'écoutait pas les paroles et se contentait de suivre un instinct primaire qui le poussait à tuer tous ceux qui n'étaient pas de sa race. C'est à dire personne. Il était le seul à être devenu une telle abomination.

Une horreur si cruelle, aux yeux de certains ne pouvait gouverner. Ainsi, Aria, avait souvent voulu faire tomber la supériorité du Prince régnant, mais à chaque fois elle avait échoué. Et elle savait qu'elle ne devait plus faire le moindre faux-pas. Sans quoi, elle mourrait. De la même façon que ce grossier Muggle dont les hurlements avaient retenti dans tout le château.

Un inconscient s'approcha de Erèbe alors qu'il avançait lentement vers ses appartements, dans un silence glacial et craintif. Le jeune homme, courbé, ne vit ni les regards effarés et alarmés de ses congénères, ni ceux, à moitié fous, qui lui lançait le Prince. Seule comptait sa requête. Pauvre gamin…

Il avait à peine quinze ans pour le monde des Humains. Mais dans cet état-là, Erèbe tuerait même un bambin, lui qui répugnait pourtant à ôter la vie d'enfants. L'adolescent possédait des cheveux très courts et une petite barbiche de la couleur de la paille. Ses petits yeux enfoncés dans leur orbite fouinaient en tous sens. Il était petit et mince, mais, courbé comme il était, il était difficile d'évaluer sa taille exacte. La plupart des observateurs s'éloignèrent. Certains, peu désireux d'assister à un massacre en règle par leur Prince, s'éclipsèrent. D'autre, au contraire, voulurent rester.

Ainsi, lorsque Ginevra revint de la Bibliothèque, accompagnée par Lys, elle eut la surprise de trouver un petit attroupement autour d'Erèbe et d'un garçon qu'elle se rappelait avoir vu travailler aux écuries des sombrals. Ce jeune homme lui avait paru très antipathique et elle ne l'avait pas approché. Pourtant, si on l'avait mise au courant de son sort prochain, elle aurait tout fait pour arrêter Erèbe. Mais il était trop tard.

Le garçon d'écuries se redressa légèrement pour observer son souverain et le regarda dans les yeux. L'assistance soupira de désapprobation : l'impolitesse dont il faisait preuve allait lui coûter cher. En effet, il n'eut pas le temps de prononcer une seule parole, que le Prince était sur lui, lui arrachant un bras violemment. Il n'émit pas un cri, trop surpris pour réellement ressentir la douleur qui le traversait de part en part.

A peine fut-il remis de ses émotions, qu'Erèbe, son rictus fou aux lèvres lui mordit l'autre épaule jusqu'à lui retirer un morceau de peau en plus de sa tunique. Et quel morceau ! On apercevait déjà l'os. La victime écarquilla ses yeux de rat et se rendit compte de sa situation. Il tenta de courir loin, l'assistance s'écartant au fur et à mesure de sa fuite. Mais l'on n'arrêtait pas le Prince en fuyant comme un lâche. En un clin d'œil, Erèbe fut à ses cotés, courant à la même vitesse. Quand il s'en aperçut, le garçon voulut tourner, mais le Prince saisit ses cheveux, et d'une poussée de sa main griffue, lui arracha violemment une bonne partie de sa gorge.

Puis il laissa tomber le cadavre, soufflant rapidement pour reprendre ses esprits. Avisant les regards autour de lui, et plus particulièrement, celui, gêné, de Ginevra, il s'en alla vers sa chambre pour se reposer un peu. Le sang qui gouttait de ses mains et de sa bouche ne semblait pas le déranger outre mesure. En revanche, dès qu'il eut tourné, les nettoyeurs se précipitèrent pour retirer le corps mutilé et laver le sol.

Lys, remise rapidement de ses émotions, entraîna Ginevra, encore abasourdie, vers les appartements du Prince. La jeune Démone savait que le Prince avait tendance à se dégoûter lui-même dans des cas comme celui-ci. Après tout, d'origine, il ne faisait pas partie d'une race particulièrement cruelle, et son sang humain, relativement bien présent dans ses veines actuellement, n'arrangeait sans nul doute pas les choses.


Erèbe savait qu'il n'aurait pas du remonter des cachots avant d'être entièrement calmé. Il leva la main en un geste agacé, comme pour faire fuir une mouche inexistante. Comment pouvait-il deviner qu'un être aussi stupide viendrait pour lui parler… D'ailleurs, au final, qu'est ce qu'il voulait cet imbécile ?

« Difficile de le lui demander maintenant… » Grogna Erèbe.

Lui qui était de si bonne humeur auparavant (tuer ce Muggle faisait un bien fou), la mort inopinée de ce crétin l'avait de nouveau rendu stressé. Il gronda, sentant sa Magie bouillonner… Il songea soudain qu'il lui faudrait vraisemblablement un cache-œil pour Hogwarts. Et un nouvel animal. Bref, qu'il fallait faire un tour à Diagon Alley. Et par déduction, à Gringotts. Il allait devoir supporter ces créatures pouilleuses qu'étaient les gobelins.

Lorsque Ginevra entra timidement dans la chambre de Erèbe, elle le trouva avec un rictus de dégoût. Elle pensa qu'il se remémorait la scène. Elle-même frissonnait d'horreur en pensant qu'elle avait… Apprécié le spectacle. Elle savait qu'elle n'aurait pas dû. Mais se disait avec optimisme que ce devait être son coté sauvage.

Aussi, elle se rapprocha du Prince, sans que celui-ci ne relève la tête vers elle. Il était assis sur un fauteuil en velours noir, une de ses mains soutenant sa tête (le coude posé sur l'accoudoir), l'autre posée simplement sur sa jambe croisée par-dessus l'autre. Il avait les yeux fermés et aurait pu être mort sans que l'on ne voie de différence. Mais Ginevra, avec ses sens accrus, pouvait voir un infime mouvement de ses doigts et un tressaillement au niveau de la paupière droite. Elle ouvrit la bouche, pour le consoler ou simplement lui parler, va savoir. Mais il parla avant elle :

« Que dirais-tu d'aller à Diagon Alley ? Je dois y faire quelques achats et comme nous retournons tous deux à Hogwarts, il nous faudra uniforme et compagnie. »

« Heu… As-tu… »

« La lettre des fournitures ? Bien sûr. »

« Dans ce cas. Pourquoi pas ? C'est toi qui décide. »

« Parfait ! Nous partons dans deux heures. »

Elle sortit, non sans jeter un petit coup d'œil en arrière. Il avait un petit sourire aux lèvres. Il était si différent de la dernière fois. Et pourtant si semblable. Elle haussa les épaules, se disant que ça n'avait pas d'importance. C'était son ami, sa nouvelle famille. Point.

Fin du chapitre 02

Hm... Chapitre assez court.

Le prochain dans deux semaines le 28 février

Dîtes-moi ce que vous en pensez.

Kiss