Et bien, je vois que le petit jeu vous intéresse ! J'en suis contente (c'est toujours agréable de voir les initiatives appréciées) !
Sinon, pour l'interlude... Mes personnages ont décidés de prendre vie et... Les chapitres s'allongent à grande vitesse. J'ai donc décidé de mettre l'interlude après le chapitre 10. mais je le posterais en même temps que celui-ci rassurez-vous ^^
Bref, bonne lecture !
Chapitre 7 – Tant qu'il t'appartient encore
La nouvelle avait bien entendu fait rapidement le tour de l'école, et même de la Grande Bretagne (sans vraiment exagérer les choses, car les Malfoy avaient énormément d'influence en Angleterre). Le mercredi suivant l'annonce des fiançailles, la famille Weasley avait débarqué en fanfare et la matriarche avait hurlé pendant une bonne heure jusqu'à ce que Lucius Malfoy, appelé en renfort par un Draco un peu dépassé par les évènements (ne pas en demander trop aux gamins de dix-sept ans. Surtout à huit heures du matin), ne lui fasse remarquer qu'elle était bruyante.
Bref, suite à cet épisode mouvementé, Ginevra avait légèrement « pété les plombs » comme l'avait souligné Blaise et avait crié à qui voulait l'entendre que c'était son choix, qu'elle était émancipée, donc majeure, et que de toute manière, sa vie privée ne concernait pas le peuple sorcier.
Ce qui n'empêcha pas ce dernier de jaser.
Rita Skeeter, avec l'accord tacite d'Hermione, avait d'ailleurs écrit un article très désagréable à propos de « trahison », de « créatures maléfiques » et de « pot-de-vin ». La trahison, concernant Ginevra, les créatures maléfiques, Draco (son sang de Veela ayant été malencontreusement révélé par les autorités compétentes suite à l'annonce de son futur mariage) et enfin, le pot-de-vin, les parents de Draco, parce que le ministre, toujours aussi influençable, n'avait strictement rien dit à propos de l'union des deux adolescents. Et ce, malgré son opinion toujours aussi peu favorable envers les Créatures magiques.
Le numéro du Daily Prophet contenant les insultes précédemment décrites, apparu dans les mains d'Erèbe grâce à un Blaise furieux, ne tarda pas à finir en un tas de cendres. Sans briquet, allumettes ou sorts de feux. Preuve de la colère du Prince.
C'en était trop.
Si la situation l'avait grandement amusé les trois premiers jours, l'apparition des Weasley, le sermon de Dumbledore à propos de la tolérance - alors qu'en privé, il était le premier à se lamenter de ce mariage - et ce ramassis d'idioties, avaient suffis à doucher son enthousiasme et à présent qu'il était moins calme, la frustration de n'avoir rien pu faire à propos de la mort des elfes blancs, de l'enquête à ce propos n'avançant toujours pas, et de tout un tas de préoccupation princières, ressortit comme jaillirait le bouchon d'une bouteille de champagne un peu trop secouée.
Violemment et sans crier gare.
Lorsqu'il sentit la vague de Magie arriver, loin de la repousser, il l'accueillit, sentant que cela lui ferait du bien. Erèbe gronda. Un son animal, inquiétant et menaçant. Ginevra lui jeta un regard étonné. Puis ses yeux se baissèrent sur la page d'un journal, ouvert à la bonne page, que lui tendait Draco, et leur couleur noisette s'assombrit jusqu'à ce que la haine les fasse devenir noirs.
Ça ne se passerait pas comme ça.
Dans les Enfers, un jeune loup au magnifique pelage se redressa en grognant.
Son hurlement résonna dans tout le Palais Royal.
Un jaguar grogna de fureur en ressentant les émotions de sa jeune maîtresse. Il était temps pour lui de se montrer.
Il disparut dans une explosion de lumière
Marie acheva sans un mot le dernier auror. Le village qu'ils avaient attaqué était en feu, des flammes rouges, rouges comme le sang qui coulait de ses lames.
Elle ferma ses yeux, la vieille et habituelle douleur des souvenirs remontant. Son étrange regard bleu se posa sur la baguette du défunt. Et elle se rappela la raison pour laquelle son escadrille avait détruit cet endroit.
Sa main prit machinalement le bout de boit, alors que son regard morne se posait sur la main d'un enfant, tendue vers ses parents lorsque la mort l'avait emporté.
Elle ne ressentit même pas de pitié pour lui.
Son unique raison de vivre s'incarnait dans la promesse que lui avait fait son Prince, le jour où tout avait basculé pour eux deux. Ses paroles raisonnaient encore dans son esprit indifférent.
Nous les vengerons. Quitte à en souffrir. Quitte à ne plus pouvoir mourir.
Levant la baguette vers le ciel, elle murmura doucement, comme pour ne pas réveiller les morts :
« Morsmordre. »
Et avec le sang du bambin, elle traça le signe d'Erèbe.
La Rune de l'Ombre.
La nouvelle était tombée, effaçant le scandale du couple de Ginevra.
Ce matin-là, alors que le Daily Prophet passait dans toutes les mains, la page titre ne s'embarrassait pas de fioritures.
LE RETOUR DU PRINCE DE L'OMBRE
Hier au soir, alors que tout allait bien dans le modeste village d'Inverness, situé un peu au Nord de l'Ecole de Sorcellerie Hogwarts, un escadron de créatures magiques, connues sous le nom de « Sombres », a attaqué les innocents villageois alors que le souper allait être servi. On ignore encore la raison de ce massacre, mais deux choses sont certaines à présent : Le Prince de l'Ombre, non content de revenir une nouvelle fois d'entre les morts a décidé de se mêler aux guerres humaines. Et malheureusement, il semblerait que la force légendaire de ses armées n'est pas été exagérée. De plus, aux cotés de sa célèbre marque, une autre, tout aussi tristement connue, flottait : La Marque des Ténèbres, symbole de Celui-Dont-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom.
« Il ne reste plus qu'à espérer qu'il ne se joigne pas à Vous-Savez-Qui. » nous déclare un membre du Ministère désirant rester anonyme. Devons-nous craindre une alliance entre ces deux monstres ? Le sage Albus Dumbledore a tenté de nous rassurer en affirmant que les opinions du Dark Lord envers les Créatures Magiques n'étaient pas différentes de celles envers les Muggles mais l'inquiétude croisse.
D'autant plus que des rumeurs courent comme quoi le Survivant ne serait pus aussi sain d'esprit qu'il ne l'était avant, s'il l'a jamais été, courent.
Pour en revenir au Prince de l'Ombre, de plus amples informations sont disponibles en page 4 à 12. De plus, une journée de deuil a été instaurée pour pleurer la perte de tant d'innocents.
C'était Rita Skeeter, qui n'en peut plus de cette incertitude.
Lisant le journal, Hermione avait tant blanchi que son teint pourrait rivaliser avec celui de Draco Malfoy (comparaison à ne pas faire devant Ronald puisque celui-ci ne parvenait pas à pardonner au jeune homme de lui avoir pris sa sœur). Le Prince de l'Ombre ? La légendaire créature du mal qui avait fait tant de mal aux humains ? Lors de la Chasse aux Sorcières, il avait poussé allègrement les muggles et les sorciers à s'entretuer juste pour sa soif de sang. Il avait aussi réuni toutes les Créatures de l'Enfer sous un même étendard - le sien. Ce monstre s'allierait à des humains ?
Impossible.
Que ce soit Voldemort ou Dumbledore, il n'était pas de ce genre. Et le directeur avait sans aucun doute raison à propos des convictions du Dark Lord… S'inquiétant à propos d'Harry (cette nouvelle ne le déstabiliserait pas ? Lui qui était si pessimiste quant à sa victoire), elle se tourna vers le bout de la table, là où lui et Ginny allaient depuis qu'on avait su toute cette mascarade à propos du mariage.
Il souriait. Cruellement.
Elle cligna des yeux, songeant qu'elle devait se tromper mais non. Ginny affichait le même air réjoui.
Comme si tout se passait comme prévu…
Erèbe exultait. Le plan marchait exactement comme prévu ! Et le scandale oublié, Draco et Ginevra pourraient peu à peu, instaurer l'idée qu'une harmonie était possible entre les Maisons. Mieux, il serait possible de monter l'école contre son directeur. Et il pourrait mener son enquêtre interne quant aux meurtriers des Elfes Blancs. Des créatures magiques, comme lui. Il n'aimait pas leur lacheté, mais il ne ne pourrait jamais pardonner ce génocide.
Car il n'en restait plus aucun.
Son poing se serra sur la table lorsqu'il repensa à la réaction de Marie. Plus que quiconque, elle savait ce que signifiait cette perte. Certes, ils avaient refusé une alliance, mais il n'en restait pas moins inconcevable que les Créatures ne réagissent pas à cette véritable déclaration de guerre de la part des Humains…
Son sourire habituel naquit sur ses lèvres.
Les créatures de la Lumière ne pourraient désormais plus ignorer son appel…
Albus Dumbledore fronça les sourcils. Le regard de Harry Potter ne lui plaisait pas. Comme s'il était un prédateur ayant trouvé sa proie et se préparant à lui sauter dessus. Déjà qu'il avait réagi étrangement à la mort des elfes… Le vieil homme le savait attaché à la vie, et complexé à propos des morts mais au point de hurler sa rage pendant de longues minutes sous la pluie…
Comme un loup hurlant à la mort.
Alycia afficha un air satisfait en voyant le résultat de sa métamorphose. Assise à ses cotés, Ginevra observait avec consternation la sienne. La métamorphose n'était pas du tout son rayon et le fait qu'elle doive canaliser sa magie dans un objet, chose que peu de créatures faisait, ne l'aidait pas.
Le professeur McGonagall secoua la tête. Le niveau de la jeune ex-Weasley la faisait douter. Comment avait-elle pu obtenir un E à ses OWL ? Remarque, elle excellait dès qu'il s'agissait de théorie.
En réalité, seule la baguette et l'inintérêt de l'action la rendait nulle.
Alycia sourit un peu en constatant la difficulté de son amie et lui chuchota la manière de réussir le sort.
La professeur le remarqua mais ne dit rien. Elle était pour l'entente des Maisons. C'était pour cela qu'elle avait intercédé en faveur de la jeune fille et de son fiancé auprès de Dumbledore pour qu'il fasse cesser les commérages.
Alors que les élèves prenaient tranquillement leur repas du midi, les portes de la Grande Salle s'ouvrirent violemment, laissant passer une bourrasque de magie. Ginevra, vive et alerte se leva lorsqu'elle reconnut la signature magique. Avec le sourire teinté de joie et de folie qui lui était propre, Erèbe la suivit. En revanche, ni Crystalla ni Alycia ne bougèrent. Cet entretien ne les concernait pas.
Marie, accompagnée d'Eru et Aglar, se tenait dans l'encadrement de la porte.
Dumbledore fronça les sourcils, le pétillement de ses yeux disparaissant. Qui était cette fille ? D'où Harry et la jeune Weasley la connaissaient ? Et surtout, surtout, d'où sortaient ces deux animaux ?!
Erèbe s'accroupit et accueillit dans ses bras un Eru fou de joie de revoir son maître adoré. Marie observait, stoïque, son Prince cajoler son familier. Sanye était restée au Palais pour protéger la pièce secrète du Prince. Quant à Acharn, il devait se trouver dans la forêt interdite, attendant que son maître ait besoin de lui.
Ginevra, elle, caressait longuement son cher Aglar, et souriait doucement. Draco l'avait rejointe pour qu'elle lui présente cet animal si important pour elle. Ensemble, ils effleuraient, mains réunies, le pelage soyeux de l'animal ronronnant.
Sa maîtresse était heureuse, alors il était heureux.
Dumbledore se leva lorsqu'il se rendit compte que les deux jeunes gens n'allaient vraiment pas lui présenter l'étrange femme. Il remonta ses lunettes, se racla la gorge et demanda d'une voix douce :
« Harry, Ginny, qui est cette femme ? Et que font ces… Animaux, ici ? »
Erèbe eut une grimace de colère en entendant la répulsion dans la voix du vieil homme. Celui qu'on décrivait comme bon et ouvert d'esprit, l'image même de Gryffindor, était-il réellement tombé si bas pour mépriser même les loups et les jaguars ? Forçant sa bouche pincée à offrir un sourire à l'assistance, il se tourna vers le directeur.
« Marie Caçador, ici présente, est celle qui nous a hébergés Ginny et moi, cet été. Elle nous a permis d'échapper aux Deatheaters et autres qui nous poursuivaient pour nous… Faire des choses peu agréables. La torture par exemple. »
Les élèves frissonnèrent devant l'air détaché d'Erèbe. Comme si ce qu'il venait de dire n'avait aucun espèce d'importance pour lui. Si la torture l'inquiétait si peu, pourquoi s'était-il caché durant tout l'été ? Hermione savait qu'il mentait. Elle connaissait Harry, même s'il avait beaucoup changé depuis l'année précédente – encore que… Cette évolution avait été progressive - et il y avait cette impression lancinante qu'il ne leur disait pas tout, qu'il n'avait pas dévoilé toutes ses cartes.
Comme s'il savait quelque chose qu'ils ignoraient.
Albus fronça les sourcils. Une autre partie de la phrase avait retenue son attention : Deatheaters et autres ? La petite Weasley lui avait-elle raconté la vérité à son propos ? Lui avait-elle dit… Non. Elle n'était pas au courant. Elle ne savait pas. Et Harry lui était encore fidèle.
Bref. Il lui fallait être certain que cette femme ne représentait pas de danger pour la guerre.
« Et cette jeune Marie… Qui est-elle dans la guerre ? »
Erèbe sourit, goguenard. Le vieux fou n'avait pas relevé le manque de réponse. Il avait posé deux questions, et Erèbe n'avait répondu qu'à une seule. Il ne voulait pas encore révéler qui étaient son cher Eru et Aglar. Il aurait tout le temps. Eru grogna.
Les petits deux jambes n'ont plus d'âmes. Danger !
Le Prince tourna la tête vers Eru et lui caressa la tête pour le rassurer. Le loup venait de lui confirmer ce dont il se doutait. Certains enfants n'étaient plus eux-mêmes. Et nul doute qu'ils devaient être plus nombreux que ce qu'il croyait au début. Il faudrait qu'il y réfléchisse plus amplement. Reportant son attention sur son interlocuteur, il répondit avec son sourire un peu dément :
« Marie ? Elle n'est dans aucun autre camp que le mien. Vous pouvez lui poser la question, elle parle parfaitement bien anglais. Par contre, ne la vexez pas, elle mord. »
Il termina sa réplique par un rire à la limite de l'hystérie, tant son excitation était à son comble. Son plan avançait comme prévu, il n'y avait plus à hésiter…
Sanye se redressa. Quelqu'un approchait. Le cobra siffla et cracha en reconnaissant la silhouette.
$ Hors d'ici ! Intrus ! Voleur ! Pars avant de recevoir mes crocs dans ta nuque et mes anneaux sur ton corps$
La silhouette tourna la tête vers le grand serpent et eut une moue dégoûtée. Le petit prince s'entourait d'étranges animaux. Elle sortit un long poignard luisant et le brandit devant la bête, pour la dissuader d'approcher. Sanye émit ce qui pouvait s'apparenter à un ricanement.
$ Tu crois me faire peur ? Je ne suis pas une couleuvre qui fuit à la moindre menace !$
Le serpent, ouvrant grand la gueule, releva son long corps froid, et se précipita vers le voleur. Celui-ci sourit, cruel, et disparut. Le reptile, étonné, s'arrêta, stoppé dans son élan.
Le gêneur réapparut derrière le cobra. Lame brillante et avide de sang.
La tête de Sanye vola à travers la pièce.
Tranquillement, le cambrioleur reprit sa route vers le fond du couloir. Il avait à faire.
« Bientôt… Oui, bientôt… Erèbe, l'heure de ta mort approche… Huhuhu… »
Et partant dans un grand rire, la forme disparut, abandonnant là, le cadavre du pauvre reptile.
Erèbe allait hurler. Encore.
Marie avait été reçue dans le bureau du directeur afin de parler de la garde de Harry potter. Pour le bien du Prince, elle ne révéla que le strict nécessaire et se fit passer pour une simple humaine, sympathisante avec l'Ordre du Phénix. Quel déshonneur pour ces magnifiques créatures que de voir leur noms accolé avec celui d'Albus Dumbledore. Si autrefois, ce n'était pas dérangeant, Fawkes manifesta son soulagement de voir une autre créature magique avec lui. Marie s'inclina légèrement devant lui, surprenant Dumbledore qui lui demanda des explications. Elle le fixa, se demandant si l'ordre valait la peine puis lui répondit, laconique.
Si à l'origine, sa venue faisait partie du plan, la curiosité malsaine du vieux sorcier la forçait à révéler des données un peu trop secrètes pour ne pas l'inquiéter. Manipulateur et fourbe, il aurait pu postuler pour Slytherin s'il n'y avait eu son imprudence trop… Rouge et Or. Marie, embarrassée, ne sut pas trop comment faire pour se débarrasser de l'homme. Finalement, Acharn, le corbeau d'Erèbe, vint lui sauver la mise en lui apportant une missive indiquant qu'il lui fallait se rendre de toute urgence au Palais.
Le Coffre Royal avait été cambriolé.
« MERDE ! »
Un objet non-identifié fut balancé contre le mur de la chambre. Erèbe jetait toutes ses affaires à travers la pièce. Son aura, dangereusement tourbillonnante, envenimait les choses en les faisant virevolter un peu partout. Hurlant à la mort, Eru rajoutait au bruit que faisait la magie qui claquait dans le dortoir.
Terrifiés, tous les élèves de Gryffindor s'étaient réfugiés dans la Salle Commune et attendaient que les choses se calment. Les colères de Harry étaient toujours craintes et depuis l'année précédente où il avait fait voler un élève de seconde année, venu lui demander de se calmer, les Gryffindor l'évitaient lorsqu'il était dans cet état.
Mais là, il était particulièrement furieux.
Ginevra entra dans la salle en secouant la tête. Alycia l'avait mise au courant et elle regrettait la mort de Sanye. Plus encore, elle était en colère contre le voleur qui avait dérobé l'Anneau frontal de Morgane. N'importe quelle créature pouvait l'utiliser et Erèbe n'avait pas placé suffisamment de protection dessus. C'était d'ailleurs l'une des raisons de sa fureur.
Il culpabilisait.
Un nouveau cri et un grand bruit (comme si une armoire était en train de s'écrouler avec tout son contenu) résonna alors que des premières années gémissaient de terreur. Ginevra leur jeta un regard empli de pitié. Pauvres humains… Si fragiles… Elle pouffa en songeant qu'ils ne survivraient pas deux minutes au Palais.
Puis elle se reprit et grimpa les escaliers menant à la salle d'où venait le fracas. Elle ouvrit doucement la porte et regarda pour voir si la voie était libre…
Et referma vivement la porte lorsque deux livres et un cahier vinrent heurter le bois.
Elle décida d'attendre une accalmie. Lorsque, enfin, les bruits se calmèrent un peu, elle rouvrit la porte, plus prudemment que la dernière fois. Le Prince s'était un peu calmé et soufflait doucement, au milieu de la pièce, poings serrés. Les yeux fermés, il réfléchissait à la situation. Marie avait accompli la majeure partie de son travail, Alycia et Crystalla répandaient tranquillement des rumeurs sur son compte, Ginevra et Draco réunissaient les deux maisons sous un même drapeau – le sien. Le plan avançait, lentement mais sûrement. Il sourit légèrement.
Et s'aperçut du capharnaüm qui régnait dans la salle.
« Mais, par Cerbère, que s'est-il passé ici ? »
« Tu as manifesté ta colère, Erèbe. Comme souvent, d'ailleurs. » Répondit Ginevra en s'avançant dans la pièce, évitant les objets jonchés, ça et là.
« Et je dois dire que tu as effrayé nombre d'humains en bas. J'ai eu peur, moi aussi. Surtout quand je me suis aperçu que des OVNI se dirigeaient à toute vitesse vers moi ! » Conclut la jeune fille en riant, toute anxiété écartée.
Le Prince remua la tête avec une certaine honte. Appelant la Magie à lui, il remit en ordre la pièce, prenant bien soin de réparer objets, mur et fenêtre, dont l'apparence avait été rudement malmenée par sa colère. Il se retourna vers Ginevra et écarta les bras en lui offrant un air contrit.
« Désolé. Sanye était pour moi aussi importante qu'un familier, même si cela ne faisait pas longtemps que je l'avais. Sa perte signifie un nouveau signe dans les hostilités. De même que le massacre des elfes blancs, elle n'était pas prévue dans l'équation. »
« Les elfes blancs ?! Tu m'avais caché cela ! Qui a fait cela ? Je m'en vais lui montrer à coups de crocs et de griffes que l'on ne joue pas avec les Créatures ! »
« Calmes-toi. Pour l'instant, la vengeance n'est pas envisageable ! Nous devons y aller doucement. Et puis, suite à ces évènements, je n'ai même pas pu révéler mon identité humaine au Dark Lord… Il serait temps d'y songer… »
« Les vacances de Noël approchent. Sous couvert d'aller voir Marie, nous pourrions organiser une rencontre, non ? D'ailleurs au final, pourquoi ne pas lui avoir avoué ? »
Devant une Ginevra un peu éberlué, Erèbe rosit. Son attitude enfantine du soir du bal lui retombait dessus. En effet, voyant la gêne de Voldemort, il n'avait pas osé tout lui confesser. Admettre qu'il avait été embrassé (chaste baiser, mais embrassade tout de même) par son pire ennemi, gamin d'à peine dix-sept ans, serait un coup rude pour l'homme et Erèbe n'avait pas eu le cœur à la confrontation.
Devant l'air insistant de sa protégée, le Prince finit par tout lui avouer et affronta le regard de la jeune femme. Celle-ci l'observa un temps, se demandant pourquoi il agissait parfois si puérilement. Puis, soupirant, elle dit :
« Si je comprends bien, tu t'es dégonflé juste par honte et peur ? Tout cela ne te ressemble pas Erèbe ! »
« Modère ton langage devant moi, je te prie. Mais c'est vrai que j'ai ma part de responsabilité dans cette situation. J'aurais du faire plus attention à ce que je faisais ce soir-là. J'ai agi de la même manière que si j'avais bu plus que de raison. »
« Ça t'arrive à toi aussi ? Etonnant. On en apprend tous les jours. » Ironisa Ginevra, toujours contrariée.
Erèbe se contenta de lui tirer la langue.
« Hmm. Je suppose que je peux vous accorder cette faveur. » Dit Dumbledore avec son habituel air bienveillant.
« Toutefois, vous devez bien comprendre qu'il est hors de question pour vous d'aller quelque part sans sécurité, surtout avec la guerre qui avance. Et ce Prince de l'Ombre qui revient au moment inopportun. »
Erèbe, Ginevra et Draco sourirent. Cette remarque tombait dans les bonnes oreilles. Si Dumbledore s'inquiétait déjà de l'implication des Créatures Magiques dans ce monde, la suite risquait d'être amusante.
« Le professeur Snape vous accompagnera donc. »
Étonnamment, les faces souriantes des élèves devinrent grimaçantes, suite à cette annonce.
L'Ennemi leva sa main pour faire rayonner l'objet qu'Il tenait dans sa main. Le vouant miroiter aux reflets de la flamme de la bougie, Il ricana.
L'Anneau Frontal de Morgane avait été le premier artefact à être pris, les deux autres suivraient.
« Majesté… »
« Silence ! Je pense… »
La créature se retira, un air navré sur le visage.
Sa Reine avait bien changé. Trop changé.
« Je refuse que cet homme vienne avec nous dans mon palais ! » S'exclama Erèbe, dans le dortoir de Draco.
« Pourtant, tu as accepté de m'amener… » Rétorqua Ginevra.
« C'était différent. Très différent. Tu m'étais utile, et puis, « Harry » était très attaché à toi. Et je savais que tu le considérais comme ton frère, bien plus que ceux dont tu partageais le sang. » Erèbe souffla. « Snape nous déteste. Et, en tant qu'espion d'Albus Dumbledore, il ne nous est pas du tout utile. De plus… Me vois-tu en train de lui avouer la vérité ? »
« Non » Avoua Ginevra. « Le professeur Snape n'a pas de camp précis. Il suffit que nous nous trompions pour faire basculer l'issue de la guerre. »
Erèbe commença à faire les cent pas dans le dortoir, où ils s'étaient réfugiés pour faire le point. Alycia lissait ses cheveux en arborant une moue pensive, et Draco câlinait Ginevra. Cette dernière, mordillait sa mèche pour trouver une solution à leur problème.
« Bon. Résumons la situation. Nous ne sommes pas sûr du camp réel de Severus, donc on ne peut pas se permettre pour l'instant de révéler tout. Cependant, si, par chance, il s'avérait qu'il soit du coté du Lord, nous aurions un allié de taille. Du Veritaserum, vous pensez que ça marcherait ? » Demanda Erèbe au petit groupe.
« On ne peut en être sûr » Répondit Draco « Mon Parrain maîtrise l'Occlumencie et est un Maître en Potions. Il doit sûrement connaître l'antidote. Ce ne serait pas prudent. »
« Hm… Cela me répugnerais d'utiliser une manière plus… Concluante sur lui, je n'ai pas que cela à faire. Mais si ça me permet d'obtenir des informations… »
« C'est un espion. Il a été formé pour résister à toute forme de torture. » Rétorqua Ginevra.
Chacun se tut, réfléchissant aux diverses solutions. Quoique Draco ait éloigné ses pensées de la discussion, s'acharnant à mordiller le cou de sa bien-aimée qui lui répondit en lui donnant une petite tape sur la tête. Erèbe, agacé de leur jeu d'amoureux, sortit du dortoir et descendit dans la salle commune. Celle-ci était vide, mis à part quelques couche-tard qui ne lui accordèrent aucune attention, habitués à l'étrange manège auquel il se livrait depuis plusieurs nuits. Il sourit, ravi de constater que la maison Slytherin l'avait déjà assimilé comme allié, malgré leur haine de six ans. Enfin, cinq. Mis à pars quelques altercations avec Draco, l'année précédente avait été une trêve, le pouvoir grandissant de Voldemort inquiétant « Harry » et satisfaisant l'ego des élèves Verts et Argents. Par ailleurs, l'âme d'Erèbe prenait déjà le pas sur celle d'« Harry », aussi, le garçon avait laissé tranquille les gens qu'il considérait déjà, inconsciemment, comme ses futurs alliés.
Erèbe s'arrêta un instant devant l'âtre de la cheminée et se perdant dans les flammes émeraude, il se souvint de la première fois où il avait pris le dessus sur le Survivant.
« HARRY ! »
Les gens courraient, fuyaient sans relâche. Harry se retourna vers la voix d'Hermione qui l'appelait, avec désespoir. Alors qu'il sprintait vers un abri, il ne put s'empêcher de ressentir un brin de colère. Voldemort ne lui laisserait donc jamais de répit ? Il ne pouvait même pas faire de courses à Diagon Alley pour sa sixième année, que des Deatheaters attaquaient ?
L'injustice de sa vie le frappa de plein fouet, lui coupant le souffle.
Pourquoi n'avait-il pas de vie normale ?
Pourquoi devait-il combattre depuis ses onze ans ?
Pourquoi lui ? Et pas Neville ?
Il ferma les yeux, réprimant les larmes, tentant de se dire que ce n'était pas le moment de penser à son misérable destin. Destin qui tournerait court s'il ne partait pas au plus vite de la grande avenue, emplie de corps et de soldats. Les sorts et maléfices fusaient un peu partout, frôlant Harry. Alors qu'il se réfugiait sous une corniche, cape d'Invisibilité sur les épaules, il repartit dans ses pensées, la tristesse de son sort, remplacée par la colère de son impuissance.
Pourquoi cette vieille folle lui avait-elle consacré une prophétie ?
Pourquoi Voldemort l'avait choisi ?
Pourquoi Wortmail avait-il été si faible et trahi ses parents ?
Pourquoi lui ?
Ses sentiments jaillirent dans son aura et, bien qu'il n'en ait pas conscience, le rendirent aussi visible que s'il avait crié « JE SUIS ICI » en agitant un panneau fluorescent. Des vagues de magie s'échappèrent de son corps crispé et, lorsqu'il rouvrit les yeux, ils étaient, l'un vert sombre comme le feuillage d'un arbre en été, l'autre aussi rouge que la lave en fusion. Un sourire fleurit sur ses lèvres et, d'un geste négligeant de la main, il envoya valser les Deatheaters qui s'approchaient. Erèbe murmura, effleurant son œil carmin :
« Pas encore Harry…Patience… Tu pourras bientôt retrouver les tiens et sourire à nouveau joyeusement. »
Levant la tête vers le ciel couvert, Erèbe recueillit sur son visage les quelques gouttes chaudes qui tombaient en une bruine légère et fine. Son sourire doux flottant toujours sur son visage, un dernier chuchotement s'échappa de ses lèvres gercées :
« Là-haut… Je pense que tu te plairas au Royaume des Morts… Tous ceux que tu aimes y sont… Et ils t'accueilleront avec joie et fierté pour ce que tu as fait… Cher enfant… Reprends ton corps… Tant qu'il t'appartient encore… »
Il s'écroula.
Un éclair éclaira sa face blême, un bref instant.
Fin du chapitre
Et voilà. Qu'en pensez-vous ? Personnellement, je trouve Erèbe trop gentil. Hm... On va dire qu'il s'adoucit au contact des humains. Mais il redeviendra le Prince de l'Ombre bientôt. Huhu...
Et la seconde rencontre entre Erèbe et le Lord arrive plus tôt que je ne le pensais (et elle dure en plus, avec évolution - enfin) : prochain chapitre. Avec en prime, retour de Petunia Dursley.
Prochain chapitre dans deux semaines : Dimanche 16 mai (ce jour-là, il ne me restera plus qu'un mois de cours. J'aime le lycée ^^)
Kiss
Asuka Tanku
