Passé de bonnes semaines ? Bientôt les vacances – miracle, la libération ! – et je dois avouer n'en être pas fâchée. En plus, j'aurai plus de temps pour écrire !

Bonne lecture

Chapitre 9 – Il était l'innocence


Luna ne pouvait décemment y croire. Elle qu'on accusait d'être folle et d'avoir des hallucinations. Elle qui, depuis toute petite, voyait des choses que les autres ne pouvaient ne serait-ce que rêver. Elle qui comprenait bien mieux la nature que d'autres.

Elle, dont la mère était une Moire.

Luna aurait choisi de ne jamais voir cela. Elle aurait préféré mourir plutôt que de contempler l'œuvre de ces gens. Sans aucun doute, elle aurait voulu être victime d'un mirage. Même si cela signait l'accord entre Maisons. Même si elle pouvait contempler la trêve entre des élèves qui, il y a peu, se haïssaient.

Elle n'était qu'observatrice et elle se détestait pour cela.

Elle aurait du intervenir. Elle aurait pu, mais qu'est-ce que cela aurait apporté ? Ils n'avaient plus rien de ce qui caractérisait un humain. Ils n'étaient que des marionnettes, des pions. De qui ? Elle avait son idée sur la question, mais ne voulait pas – Merlin, elle ne pouvait pas ! – la formuler sans voir s'écrouler toutes ses certitudes. Tout son monde.

Impuissante, ses larmes coulant sur son visage, elle regarda s'éloigner les bourreaux de Crystalla Madgat, sa camarade. Une vampire.

Elle aurait voulu la sauver, mais elle n'était qu'une observatrice.

Elle ne pouvait que regarder les humains s'entre-déchirer, se détruire et se tuer. Et emporter la Nature avec eux.

Crystalla allait mourir.

Et elle n'y pouvait plus rien.

La petite Ravenclaw prit dans ses bras le corps meurtri et marcha jusqu'à l'infirmerie, cherchant mentalement, un moyen de contacter Harry.

Enfin, celui qui se faisait passer pour lui.


Erèbe jeta un regard incertain à la petite troupe qui s'était formé autour de lui lorsqu'il avait commencé à punir l'humaine. Il savait déjà qu'elle allait lui apporter des ennuis.

Mais à ce point-là, c'était un peu exagéré. Un peu.

« POTTER ! »

Beaucoup ?

Il soupira.


Severus Snape ne pouvait y croire. Potter et le Dark Lord ensemble, dans la même pièce ? Et sans se taper dessus, je vous prie. Civilement presque…

Nan. Pas possible.

Il cligna des yeux une fois. Deux fois. Puis réalisa – enfin – la situation et courut se placer entre les deux, en criant le nom de son élève. Il le détestait soit. Mais la guerre étant ce qu'elle était, il n'y avait pas lieu de repenser à ses sentiments personnels. Potter était son élève.

L'Elu aussi, et bien que Severus ait de sérieux doutes à ce propos, cela n'était pas de son ressort.


Erèbe cligna des yeux. Oh, par le Tartare, il avait juste la sensation de devoir se pendre. Serait-il vraiment maudit ? Sa vie – Ses vies, par Cerbère ! – en témoignait pour lui. Il voulait seulement se retirer dans sa chambre et noyer son désarroi dans l'alcool. Bien que ce ne soit pas très approprié pour lui de procéder ainsi quand son pire ennemi voulait le tuer. A moins que ce ne soit son allié qui le désirait. Il ne savait toujours pas quelle décision allait prendre Tom.

« Mais… Qu'est-ce que… ? Snape ? »

Au diable les « monsieur » et les « professeur », la situation était critique. Il jeta un regard ennuyé à Marie qui haussa les épaules. Elle n'y pouvait rien si son Prince n'était définitivement pas un diplomate.

« Calme, Severus. Potter – ou dois-je l'appeler Erèbe ? – ne risque rien, considérant son identité. »

Snape afficha un amusant air ahuri. Apparemment, nota le Lord, il n'était pas au courant. Pourquoi était-il ici alors ?

« Potter… Que signifie ceci ? Répondez ! »

Erèbe fit la moue, agacé par l'ordre. Il n'aimait décidément pas cela. Du coin de l'œil, il aperçut les élèves se rapprocher. Ginevra semblait rire des trois amis de Draco. Logique, ils devaient avoir affiché la même tête que Snape.

« Erèbe pour toi, Tom – grimace du concerné – et Snape, reculez, je n'ai pas besoin d'une quelconque protection. Sauf contre vous selon la personne à qui va votre allégeance. »

L'air livide confirma ses doutes au Prince.

« Saisissez-le. »


Mrs Pompfresh poussa un cri en découvrant devant son infirmerie le corps de la petite Madgat dans un piteux état. Sonnant l'alarme, elle convoqua sur-le-champ le directeur et Filius Flitwick. Elle gémit devant l'ampleur des dégâts. On avait torturé la pauvre enfant.

Qui pouvait faire cela ?

Une autre découverte l'accabla. La jeune fille était vampire. Et l'infirmière n'avait aucune idée de comment on soignait une telle créature magique. Elle se résigna à faire venir Hagrid, le spécialiste.

C'était urgent.


« Aw, je me sens comme si ma tête allait exploser » Grimaça Erèbe, Voldemort se rapprochant de lui « N'y a-t-il aucun moyen d'endiguer la connexion ? Ou au moins, de l'atténuer ? C'est douloureux. »

« Je ne dirais pas que je te plains, Erèbe, mais la situation étant ce qu'elle est, je vais voir ce que je peux faire. Je ne sais pas vraiment pourquoi je ne t'accable pas de Crucio tant je suis furieux. Me cacher cela n'était pas le meilleur moyen de t'assurer mon amitié. »

Erèbe roula des yeux. Oh. Et ensuite ?

« Et je suppose que je devais me présenter à toi. Je devais sans doute affirmer quelque chose comme « Salut Tom ! Comment vas-tu ? Au fait, ça te dirait de t'allier à moi pour aider les Créatures Sombres ? » ? Vraiment, cela aurait été de mauvais goût. »

« Sûr. Mais me rencontrer lors d'un bal… Et puis… »

« Ne dis rien. Ne reparlons pas de ça. J'ai agi comme un idiot humain mais le passé reste derrière nous. Parlons d'avenir. »

« Hey ! Les Humains ne sont pas tous idiots ! »

« Oh ? Sincèrement ? J'en doute. Vous avez tous une étrange manière de vivre. »

« Je ne vois pas le rapport. »

« Quoi qu'il en soit, je suis épuisé. La transformation n'est pas quelque chose de simple à utiliser. Surtout quand je suis en colère et que je ne maîtrise pas grand chose. A long terme je pourrais même perdre cette capacité temporairement. Et me retrouver bloqué dans le corps d'un humain. Horreur. »

Tom ricana en voyant l'air catastrophé de son homologue.

« Haha ! Je voudrai te voir ainsi, le puissant et terrifiant Prince de l'Ombre réduit à l'état d'humain ! Ce serait amusant ! »

« Autant que toi en esprit cherchant à retrouver ton corps » Rétorqua Erèbe, narquois.

Touché.

« Bref, nous parlerons de tout demain si tu le permets. Je vais me reposer. Et boire aussi. »

Erèbe s'éloigna, ignorant l'air stupéfait de Tom. Ce dernier rit légèrement en imaginant un Erèbe saoul. Pauvre garçon. Puis il rougit, ses pensées prenant une tournure un peu étrange. Même si le prince avait un corps magnifique, l'idée de désirer Potter lui semblait risible.

« Hm. L'idiot va se saouler. »

Tom sursauta en entendant la voix dépitée de Ginevra. Il ne l'avait pas entendue arriver.

« Se saouler, Miss ? Ce serait un peu étrange de sa part. »

« Il déteste l'échec. Plus encore lorsque cela vous concerne, Voldemort. Et pour lui, devoir vous avouer de façon aussi abrupte son identité, en est un. Sans compter Snape. Le bâtard. »

« Oh, quel langage ! » Se moqua Tom.

« Fermez-la. » Grommela Ginevra « Je vous conseillerai donc de le rejoindre. Pas de réconfort, juste une discussion et, si cela ne vous dérange pas, un peu d'occupation autre que la boisson. »

Le Dark Lord considéra un instant, la proposition. Lentement, il dit, observant la jeune Neko :

« Pourquoi ne pas le faire vous-même ? »

« J'ai… Autre chose à faire » Rougit la princesse. Elle jeta un coup d'œil en direction de Draco et s'empourpra davantage.

« Hahaha ! Je vois. Et bien, je vais vous laisser en bonne compagnie et aller parler à Erèbe. Je peux compter sur vous pour vous occuper de mes Deatheaters avant d'aller vous… Amuser ? »

« Bien sûr ! » Acquiesça-t-elle. « Lys, ma suivante, va vous conduire auprès du Prince. Lys ! »

Le démon arriva peu après, observant d'un œil critique le Lord, avant de le prier de la suivre. Le Lord leva les yeux au ciel en constatant que l'héritier Malfoy roucoulait paisiblement auprès de sa fiancée.

C'était écœurant de romantisme.


Erèbe examina la bouteille à moitié vide. Ou était-ce à moitié pleine ? Il ne savait plus et décida que ça n'avait pas d'importance tant qu'il restait du liquide. Il porta le goulot à ses lèvres et but une longue rasade.

On frappa.

Grognant contre celui – ou celle – qui venait le déranger, il s'approcha, en tanguant, de la porte et s'y reprit à trois fois avant de l'ouvrir. Lorsque ce fut chose faite, il vacilla et trouva soudain le sol très attractif. Une paire de bras le rattrapa avant qu'il ne tombe et il se retrouva porté comme une princesse. Bougonnant et gigotant comme un enfant, il ne reconnut pas celui qui l'aidait. Alors qu'on le posait sur le divan, il entendit ce qui semblait être un soupir et une voix le tira de ses rêveries :

« Un véritable enfant. Finalement, ton comportement reste celui que tu montrais lors du bal. Je ne pense pas que Potter se saoule pour une raison aussi stupide qu'une muggle. Surtout dans ces circonstances. »

Alors qu'un linge froid était posé sur son front, une main vint lui retirer la bouteille – et les autres, déjà vides – et la voix (ou l'avait-il entendu déjà ?) l'informa qu'il aurait mal au crâne le lendemain.

« Et cette fois, tu ne peux que te blâmer toi-même. Je n'y suis pour rien. »

Marmonnant dans la barbe qu'il n'avait pas, Erèbe se redressa un peu afin de regarder de sa vision floue, son interlocuteur. Ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'il le reconnut.

« Tom ! »

Tom ricana et força le prince à se recoucher.

« Je suppose que tu continueras à m'appeler comme ça (la réponse fut un grognement étouffé, mais il sembla que c'était un assentiment), alors je ne dirais rien. Et puis, tu es mon allié, je peux te permettre cela. »

Erèbe baragouina un semblant de réponse qui se perdit dans la pièce. Il avait du mal à parler avec sa bouche pâteuse, et l'inconscience lui tendait les bras. Erèbe ferma les yeux, se sentant ridicule à bredouiller ainsi.

« Répètes cela, tu parles trop doucement. » Dit le Dark Lord.

Il se pencha en avant et comprit une partie de la phrase qu'Erèbe s'échinait à répéter – sans grand succès cela dit.

« D'solé p'r… ça. »

Tom se mit à rire, un rire clair, si différent de ceux qu'avait entendus Harry auparavant. Sans pouvoir s'en empêcher – l'alcool dans son sang, aidant – le Prince leva les bras et les passa autour de la nuque du Lord (dont le rire s'étrangla quelque peu). Il entreprit ensuite de plaquer contre son torse Tom, qui n'en menait pas large.

« Je croyais que c'était une erreur ? Que le passé devait rester derrière nous ! » Murmura doucement Tom, alors que son visage était à quelques centimètres de celui du prince.

En cet instant, où les vapeurs de l'eau-de-vie embrumaient leurs esprits, ils ne prirent pas vraiment conscience de leur position. Erèbe chuchota en retour, ses paroles venant du plus profond de son âme, où le lien unissant Tom à « Harry », subsistait encore.

« Je suis ivre. » Admit-il en premier lieu. « Et puis, je me fiche des conséquences. Je fais peut être une erreur. Sûrement en fait. Mais j'ai l'habitude, c'est l'une de mes spécialités. Et pour l'instant, j'ai autre chose à faire que de penser. »

Sur ces mots, il fondit sur les lèvres attirantes qu'il fixait depuis leur première rencontre. Et Tom, se perdant dans le baiser bien moins chaste que le premier, décida de laisser couler.

Ils auraient tout le temps de réfléchir plus tard.


La première chose que remarqua Erèbe en se réveillant le lendemain matin fut l'épouvantable migraine qui le torturait.

« Note à moi-même. Ne plus jamais boire plus que de raison ! »

Je ne compte plus le nombre de fois, où tu t'es fait cette promesse. Non sans oublier, celles où j'ai tenté – sans résultat – de t'arrêter à temps. Erèbe, tu es plus têtu qu'un… Je ne trouve même pas de comparant tant tu es exaspérant par moment !

Et bien, milles excuses Magie… Je dois avouer que cela a permis au moins une bonne action. Pensa Erèbe en constatant la présence du mage, toujours endormi.

Ils n'avaient fait que s'embrasser, jusqu'à ce que l'air leur manque. Simples baiser du bout des lèvres ou au contraire, langoureuse étreinte, pendant que leurs langues mimaient l'acte d'amour. Puis Erèbe s'était endormi, l'alcool lui donnant l'irrésistible envie de sombrer dans les bras de Morphée.

Était-ce une erreur selon toi ? Tu semblais le penser auparavant…

« C'était avant… » Chuchota-t-il de peur de réveiller le sorcier. « Et puis, je ne peux pas faire abstraction du désir que j'éprouve. Et je pense que lui non plus. Nous rendre plus fous que nous ne le sommes déjà serait une erreur.

Est-ce seulement du désir ? Tu te voiles la face en fermant ton cœur ainsi.

Erèbe, agacé, se leva et ignora la dernière remarque de la Magie Mère. Il n'avait pas envie de discuter sur ce sujet qu'il estimait clos depuis longtemps. Il referma correctement sa chemise et la défroissa délicatement. Puis il alla réparer les dégâts qu'il avait fait en renversant les diverses bouteilles d'alcool. Il soupira en constatant qu'il en avait vidé plus d'une douzaine en quelques heures.

Voilà qui expliquait la migraine.

Un grognement étouffé lui indiqua que son allié – amant ? Non pas encore – se réveillait. Il se retourna tout sourire, bien qu'un imperceptible rosissement trahisse sa gêne et s'exclama, grimaçant lorsque sa voix lui explosa le crâne :

« Hello Tom ! »

Son vis-à-vis le fixa un instant. Puis, il se leva, se rhabilla correctement – rectification. Les baisers avaient semblerait-il dérapé très légèrement – et s'approcha d'Erèbe qui n'en menait pas large sur la conduite à adopter.

Tranquillement, l'homme prit le plus petit par la taille et l'embrassa doucement, puis plus franchement. Erèbe, d'abord surpris, finit par sourire dans le baiser, et alors que leurs langues se mêlaient, il crut entendre un rire cristallin dans son esprit. Se sentant penché en arrière, il sentit une main au creux de ses reins. Passant ses bras sur la nuque du Lord sombre, il plaqua son corps contre l'autre.

Le désir l'embrasait, lui faisant perdre la raison, enflammant ses sens.

Juste le désir. Rien que le désir

Rien d'autre.


Marie s'arrêta devant la porte des appartements du Prince. Elle savait que le Lord n'avait pas rejoint ces quartiers la nuit précédente et que cela incluait donc que le Prince l'avait laissé dormir avec lui.

Etrange.

Elle hésita un instant, mais le Prince devait assister à différentes réunions avec les Créatures Sombres pour décider de qui participerait ou non à la dernière bataille.

Au grand final de cette guerre sanglante.


Lorsqu'ils s'étaient séparés, alors que Marie frappait, Erèbe s'était détourné, le temps de maîtriser l'agaçant rougissement qui semblait prendre un malin plaisir à couvrir ses joues et son cou.

« Tu sembles prendre plaisir à me rendre fou » Murmura-t-il, à l'attention du Dark Lord.

« C'est l'un de mes passe-temps favori en effet ! Surtout lorsque je sais que je peux y trouver mon contentement. » Ricana ce dernier.

Erèbe ne releva pas le ton narquois, sachant que c'était celui qu'i prenait pour énerver ses ennemis – et ses alliés – et appela Marie, dont il avait reconnu la signature magique. Difficile de ne pas la distinguer vu son originalité. Un mélange entre le vampire moyen, les sens du Lycan et la puissance du démon, ajouté à l'intelligence humaine qui l'avait créé.

Marie était une hybride.

Une hybride créée spécialement pour chasser ses semblables.

« … Ainsi, il faudrait contacter les dirigeants de toutes les races guerrières et former les armées. »

« Marie… N'est-ce pas là le travail que je t'avais confié ? »

« Non. Je dirige vos armées privées, celles pour vous défendre et convaincre vos ennemis… Que vous êtes dangereux. Ici, seul votre autorité pourra obtenir des dirigeants des soldats. Les Harpyes par exemple, vous tiennent en grande estime. Je ne citerai que quelques autres exemples tels que les Elfes Noirs, les Géants, les Lycans, les… »

« D'accord ! Cesses, j'ai parfaitement compris. Mais je suis si fatigué ! Hogwarts est épuisant… J'ai toujours détesté la comédie et me voilà obligé de jouer un stupide humain... »

« Je t'arrête de suite Erèbe. Continues à insulter les humains et je me fâche. »

Le Prince jeta un regard morose à Tom, lequel avait un air amusé. Il adorait littéralement couper Erèbe dans son élan dès qu'il parlait des humains. Le jeune homme ne réussissait pas à se dépêtrer de son habitude de traiter les humains comme s'ils lui étaient inférieurs. Tom devait d'ailleurs le reconnaître. Il leur était supérieur en bien des points.

L'immortalité lui était acquise.

Tom envisageait d'ailleurs de lui demander la même faveur que la petite Ginevra. S'il devenait une créature magique, il était quasiment sûr d'échapper aux griffes de la Mort. Même s'il lui fallait attendre un peu, puisque ses Deatheaters refuseraient très certainement d'obéir à autre chose qu'un humain sorcier. Déjà que l'alliance avec les Créatures Sombres était très mal vues par certains (il pensait déjà à leur exécution d'ailleurs), il ne voulait pas savoir ce qui se passerait s'il dévoilait qu'il désirait devenir non humain. Il en avait déjà vu les effets lorsque nombre de ses partisans l'avaient trahi alors qu'il était dans la peau d'un « homme serpent ».

« Tu viens, Tom ? »

L'homme aux yeux écarlates se retourna et s'aperçut que, perdu dans ses pensées, il s'était arrêté de marcher. Ils se dirigeaient vers la Salle du Conseil, où auraient lieu les réunions visant à préparer la guerre.

« J'arrive. »

Il avait hâte de voir ce qui se passerait.

Ce serait passionnant.


« Je n'en peux plus. Combien en reste-t-il ? » Chuchota Erèbe en direction de Marie, debout derrière lui. Celle-ci se contenta de secouer la tête, refusant de répondre – même entre deux réunions, elle n'avait pas droit à la parole, n'étant pas une souveraine – et Erèbe claqua sa tête contre la table en soupirant de découragement.

Tom, assis à coté de lui, ricana. Il se refusa à penser que lui aussi était légèrement agacé de la longueur des réunions. Des races plus étranges les unes que les autres avaient défilées devant le Conseil. Tout d'abord, ça avait été les Lutins Maléfiques et les Feys qui, à cause de leur petites tailles, ne seraient pas très utiles au champ de bataille. En revanche, leurs sorts défensifs feraient de parfaits boucliers au Palais en l'absence du Prince et de ses armées. Le peuple d'Aria et celui des Dryades et des Banshees resteraient aussi (le premier parce qu'Erèbe n'avait vraiment pas confiance en leur reine, et les deux autres, parce qu'ils étaient trop faibles loin des ténèbres des Enfers ou de la Forêt). Suivirent les Harpyes et les Syrènes (celles possédant des ailes d'oiseaux et dont les chants ne servaient qu'à appâter les marins pour les dévorer Pas celles moitié humaines, moitié poisson, dont le but était d'aider les humains le plus possible) qui insistèrent pour se battre. Erèbe accepta sans réticence, ces peuples étant réputés pour leur férocité contre leurs ennemis.

Les Zombies seraient aussi de la partie. Ces anciens humains, jetés au Tartare pour leurs crimes, prêteraient main-forte aux Créatures en échange de quoi, ils pourraient revoir la lumière du Soleil. Ayant été enfermés durant parfois, plusieurs milliers d'années, Erèbe s'était bien gardé de dire qu'ils redeviendraient poussière dès qu'ils auraient aperçu l'astre brûlant. Lorsqu'il l'avait fait remarquer à Tom, dans un murmure amusé, le Dark Lord avait du retenir un énième ricanement devant les manipulations de son allié. A n'en pas douter, il ressemblait au patriarche d'une famille de Sang Pur sorcière avec ses alliances et ses tromperies. Erèbe s'en était offusqué à grands coups de cris.

Il pouvait aussi rappeler Dumbledore. Mais cette ressemblance était ignorée par Tom.

Question de logique.

On ne disait pas à celui qu'on voulait séduire qu'il ressemblait à son pire ennemi.

Les derniers peuples guerriers étaient ceux des Djinns (qui, en raison de leur apparence nébuleuse, resterait en renfort) et celui, très intéressant des Bersekers. Gorgo, le Roi de ceux qu'on appelait aussi des Trolls (et que les Muggles surnommaient – à tort – des Ogres) avait refusé tout net de rester en arrière. Son peuple possédait de redoutables soldats, mais Erèbe craignait que leur fidélité n'aille à quelqu'un d'autre et qu'ils se retournent contre eux au moment décisif. Puis, avec l'insistance du Roi et l'agacement grandissant de Tom à ses cotés, il finit par hocher la tête. Il n'était pas convaincu, mais il suffisait qu'il demande à Pydë de les faire surveiller par ses elfes.

Bien sûr, après les races moins puissantes – Harpyes mises à part – le Conseil se réunit une nouvelle fois pour délibérer à propos des races plus… Importantes. Nirar et Asmodée (respectivement souverains des vampires et des démons) rejoignirent Verini dans les armées. Pydë superviserait tout cela, tout en surveillant les éventuels traîtres et fournirait des archers. Pour finir, Fenrir(1) et Houkou, les Alphas des Lycans, se disputèrent violemment pour savoir quel clan restait.

C'est à ce moment-là que Erèbe, exaspéré, leur cria de se calmer s'ils ne voulaient pas dire « bonjour » au cachot et autres salles de torture. Voyant la fureur de leur Prince, les deux Lycans se rassirent et se turent, se jetant de temps à autres, des coups d'œil assassins.

De son coté, Aria ne disait rien, se contentant de triturer une vieille bague à son doigt. Erèbe lui jeta un regard pénétrant, puis tourna la tête pour s'adresser à l'ensemble de la pièce.

« Membres du Conseil. Je sais que cette guerre en ennuie plus d'un, car nous n'avons pas l'habitude d'intervenir dans les mœurs humaines. Mais il s'agit là de combats de premières importances, puisque cet affrontement se soldera par notre liberté ou… Notre mort. (des frissons parcoururent l'assemblée, pendue aux lèvres de son Prince) Albus Dumbledore est, j'ignore pourquoi, devenu fou. Dément, dingue, totalement et irrémédiablement timbré. Un génocide ne le dérangera pas outre mesure. » Erèbe eut un sourire amer. Il n'y a pas si longtemps, lui aussi réagissait comme ça. Cette vie le changeait, peu à peu. « C'est pourquoi je vous le demande. Je ne vous l'ordonne pas, il s'agit d'une simple requête.

Battez-vous. Défendez la vie de l'Empire. Ou alors ce sera la fin. »

« La fin de quoi Erèbe ? Que risquerons-nous si nous perdons cette bataille ? » Demanda Houkou.

Le Prince lui jeta un regard vide. Vairon contre ambré, ils s'affrontèrent du regard quelques minutes avant que Erèbe ne se décide à répondre, nonchalant.

« La fin du monde magique. »

Ils suffoquèrent lorsque résonna ce serment.

Erèbe tenait toujours ses promesses.


« Je suis é-pui-sé ! » Articula Erèbe en claquant sa tête contre la table.

Tom lui jeta un regard amusé. Les conversations avaient repris de plus belle après le discours du Prince, et trois heures durant, ils s'étaient retrouvés pris au piège dans un enchevêtrement de conviction politiques. Tom n'était pas mécontent d'en avoir fini. Surtout que les regards que lui jetaient la reine des Succubes lui donnaient des frissons. Tantôt haineux à un point qu'il ne comprenait pas – même les créatures méfiantes envers les humains l'avaient à peu près accepté – tantôt aguicheur. Pire que Bella. A donner des sueurs froides.

« Courage » Murmura-t-il « Plus que mes Deatheaters. »

« C'est censé me remonter le moral ? »

Et Tom se dit qu'effectivement, après réflexion, c'était presque aussi inquiétant que ces dernières heures.

Car, et il avait tendance à l'oublier ces temps-ci, son allié était quand même Harry Potter.


Les chuchotis résonnèrent dans l'immense salle qui accueillait les servants du Dark Lord. Des murmures pressants.

« Maître… Maître… »

Lord Voldemort – puisque telle était son titre – se tenait sur une estrade et à ses cotés était Erèbe, visage dévoilé, menton levé, regard fier. Si Bellatrix et Fenrir Greyback étaient au courant et grinçaient des dents, la plupart des autres serviteurs croyaient que leur Maître avait enfin réussi à avoir Potter !

Seul Peter Pettigrew, tremblant de terreur, voyait la lueur cruelle qui dansait des les prunelles vaironnes.

Et seul Yaxley, deatheater de bas-rang, se rendit compte que Severus Snape manquait à l'appel.

Tom avança, lançant un léger coup d'œil à Erèbe – un léger sourire flottait sur ses lèvres – et lança un « Sonorus » afin que tous l'entendent.

« Deatheaters ! Aujourd'hui n'est pas un jour comme les autres ! Nous avons désormais la quasi-certitude de remporter la guerre que nous menons depuis tant de temps contre Albus Dumbledore et son maudit Ordre du Phénix !

Car aujourd'hui, je vous présente Harry Potter, le légendaire Garçon-Qui-Refuse-De-Mourir ! »

Des acclamations retentirent dans toute l'immense salle. Pour tous les Deatheaters, leur Lord avait – enfin – réussi à capturer son éternel ennemi. Pour tous, leur guerre était gagnée. Laissant durer l'événement, Tom ricana en voyant que Erèbe arborait un air de plus en plus agacé.

Certains suivants allaient se faire trancher quelques membres.

« Ce n'est pas tout » Reprit-il enfin, « Je vous demande également d'accueillir nos nouveaux alliés. Ces Créatures sombres ont été rejetées et ont grandi dans les Ténèbres. Comme nous, elles veulent la liberté et le pouvoir d'agir comme elles le souhaitent. Elles se sont jointes à nous pour la dernière bataille qui nous opposera à Dumbledore !

Voici les Créatures des Enfers, Sujets d'Erèbe, le Prince de l'Ombre ! »

Arrivèrent les généraux, drapés dans leurs armures étincelantes et affichant la même morgue que les Sangs-Purs. Elfes Noirs, Démons, Lycans, Vampires, Harpyes… Tous se tenaient droits et fiers, attendant le bon vouloir de leur Prince. Les Deatheaters les reçurent avec moins d'enthousiasme mais tous tournaient la tête, essayant de deviner laquelle des Créatures était le légendaire monstre assoiffé de sang et de tueries.

Aucun ne regarda vers « Harry Potter ».


Peter Pettigrew n'avait jamais été une lumière. Faible et peureux, il suivait toujours ceux et celles qui lui apportaient le confort et la sécurité. Mais cette fois-ci, il regretta d'avoir trahi James et Sirius. D'avoir été responsable de la mort des Potter.

D'avoir attiré l'attention de leur fils sur lui.

La lueur démente qu'il observait parfois dans les yeux carmins de son maître s'était peu à peu atténuée et à présent, il se demandait si elle n'avait pas disparue.

Moins de Crucio, moins de chantage.

Seule sa puissance était restée la même. Il lui semblait que cela datait de sa rencontre avec les Créatures. Mais lorsqu'il regardait les étranges yeux du fils Potter.

Il voyait le regard de ceux qui n'ont plus rien à perdre. De ceux qui, pour ce qu'ils souhaitent, son près à tuer et à détruire.

Ou qui l'ont déjà fait.

Potter n'était pas un innocent. Et i n'était pas un prisonnier de guerre.

Il était un allié. Un égal.

« Il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois… Et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore… »

Lorsque le silence se refit enfin, et que quelques regards interrogatifs fixèrent le Lord Sombre, celui-ci se décida enfin à écarter un bras, invitant Erèbe à le rejoindre.

Mais Erèbe, non content de venir à ses cotés, le dépassa, descendit de l'estrade, adressa un clin d'œil à Draco (marqué depuis juillet dernier) et aux jumeaux Weasley qui le regardaient d'un air abasourdi et s'arrêta finalement devant Pettigrew.

Il se fichait éperdument de Lily et James Potter.

Il n'avait rien à faire de Remus Lupin et Sirius Black.

Mais « Harry » était son ancien lui et il méritait la vengeance.

Parce qu'il était mort cette nuit d'Halloween.

« Pitié » Couina Peter, les yeux brillants de larmes. Elles coulaient déjà sur ses joues sales.

« Je n'ai pas de pitié pour les traîtres. Surtout pour les tueurs d'enfants. » Répondit Erèbe, stoïque.

« Je n'ai jamais tué d'enfant ! » S'exclama Wortmail.

« Oh si. Même si tu n'en as pas conscience. Tu l'as tué. Tout est de ta faute et celle de Snape. Et tu sais quoi ? Snape pourrit en ce moment dans les cachots. » Rétorqua Erèbe. Il sourit de ce sourire particulier qui accompagnait ses massacres. Léger sourire presque tendre.

Mais irrémédiablement annonciateur de mort.

« Tu salueras Harry de ma part. Quoique non. Il est heureux aux Champs-Élysées, ce que vous, humains, appelez Paradis. Toi, tu finiras au Tartare, là où vont ceux qui ont trahi. » Erèbe prit doucement le menton du petit homme dans sa main et enfonça ses ongles tranchants dans sa peau. La brûlure fit gémir de terreur le rat qui ne pouvait se dérober.

Cette fois, la fuite signifiait la mort.

Les Deatheaters ne savaient comment réagir. Leur Maître ne bougeait pas, observant seulement avec un semblant d'ennui la scène. Cependant, il avait réagi aux derniers chuchotements.

Comment ça « Harry » était mort ?

Erèbe sentait les regards de Tom sur lui. Il faudrait lui fournir des explications. A Draco et Ginevra aussi. Et peut être aux jumeaux. Il baissa les yeux sur le corps qui se tortillait de douleur par terre. Il n'éprouvait que de l'indifférence pour ce stupide humain. Mais il devait cela à « Harry ». Ce pauvre petit n'avait pas mérité de mourir. Lui n'était qu'un parasite qui s'était installé dans son corps moribond.

C'était peut être mieux pour « Harry » de ne pas avoir vécu cette vie. Mais la culpabilité le rongeait toujours d'avoir dérobé la seule innocence restant à cet enfant.


Qui es-tu ?

Ta mort.

Ah.

Tu ne réagis pas plus que ça ?

Je devrais ?

En principe, oui.

Je ne suis pas comme les autres.

Je sais.

Tu vas me tuer ?

Tu es déjà mort.

?

Le soir d'Halloween.

Ah.

La présence de mon âme t'a permis de survivre. 16 ans.

C'est déjà trop pour moi.

Peut être.

Ca fera mal ?

Je souffrirai pour deux.

C'est gentil.

Je ne suis pas gentil.

Je trouve que si.

Pour toi tout le monde est gentil.

Non. Dumbledore ne l'est plus. Et Voldemort ne l'a jamais été.

C'est ton âme-sœur.

HEIN ?

Vous vous ressemblez. Spirituellement je veux dire. Physiquement aussi.

Tu as bu ?

Je suis immatériel, je ne peux pas boire sauf si tu le fais.

Quelqu'un a mis de l'alcool dans ma boisson alors. Je délire.

C'est maintenant que tu te poses la question ?

C'est censé me rassurer ?

Non.

Tu n'es pas si gentil finalement.

Tu vois.

Voldemort n'est pas mon âme-sœur

Lui non. Tom Marvolo Riddle, si.

Il a soixante ans de plus que moi !

Cinquante-quatre très exactement.

Six ans, ça ne change pas grand-chose.

Pour les âmes, une éternité ou une seconde, ça n'a pas d'importance.

Tu parles comme si elles avaient une conscience.

Tu ne dis plus rien ?

Qu'est-ce qu'on vous apprend dans vos stupides écoles d'humains ?

Beaucoup de choses.

Futiles.

Hey ! La magie n'est pas futile !

Tu fais de la Magie sans baguette ?

C'est possible, ça ?

Bien sûr. Idiot !

Méchant !

Tu es un gamin.

Je profite de l'enfance que je n'ai pas eu.

Quoi ?

On ne dit pas quoi, mais comment.

Réponds !

Je les tuerai.

Qui ?

Ta dernière famille sanguine.

Inutile. Je n'en vaux pas la peine.

Tu es mon hôte. Tu en vaux la peine. Et j'ai déjà du sang sur les mains.

C'est triste.

Epargne-moi ta pitié, morpion.

Révise tes insultes quand tu seras dans mon corps. Je ne pense pas que j'apprécierai de me voir en train de dire « morpion » à quelqu'un. Merlin ! C'est bizarre de dire ça !

N'est-ce pas ?

La ferme.

Minuit moins le quart.

Des dernières volontés ?

Ca m'a échappé.

Pas grave. Mais j'aimerais bien que tu veilles sur Ginny. Elle est comme une sœur pour moi.

Ginny ? La petite Weasley ? Je devrai pouvoir m'en occuper.

Et aussi… Eloignes-toi de Hermione et Ron. Ils ne comprendront pas et m'en voudront, mais ils souffriront moins quand… Quand ils sauront.

Si c'est ce que tu veux. De toute manière, les humains m'indiffèrent, ce sera moins dur que tu le crois.

Merci.

Ne le fais pas. Je te dois bien ça.

Parce que tu prends mon corps ?

Non.

Pourquoi alors ?

Je dois vraiment répondre ?

Minuit moins dix.

Parce que tu ne me traite pas de monstre.

Pourquoi je le ferais ?

J'en suis un.

Moi aussi alors.

Non. Toi, tu es l'innocence incarnée.

Hey !

C'est un compliment crétin !

Tu n'as pas répondu à la première question.

Tu en as posé beaucoup.

Qui es-tu ?

Tu veux vraiment le savoir ?

Oui. Je veux savoir qui je dois remercier pour me permettre de rejoindre ceux que j'aime.

C'est idiot comme raison.

S'il te plaît !

Arrêtes de faire cette tête devant le miroir, c'est stupide.

Dis-moi alors !

Je suis le Prince des Créatures de l'Enfer. Erèbe.

Oh.

Comme tu dis !

Qui est-ce ?

Idiot.

Ils m'en voudront ?

Je ne crois pas. Je pense qu'ils t'attendent avec impatience pour s'excuser de t'avoir laissé.

Tu es gentil.

Ferme-là.

Minuit moins un.

C'est l'heure. Paré ?

Non. Mais on fait avec.

Bonne chance.

Bonne chance à toi ! Et merci.

Erèbe ?

De rien Harry.


Erèbe secoua la tête pour chasser le souvenir de sa première – et dernière – conversation avec « Harry ». Le garçon était vraiment charmant. Il aurait aimé pouvoir le sauver. Il vit Peter se relever, lui jetant un regard noir de panique.

Erèbe rit.

Les Deatheaters frissonnèrent, les plus intelligents d'entre eux commençant à réaliser qui était vraiment Potter. Il n'était pas un prisonnier. Il n'était pas un esclave. Il n'était plus un ennemi.

Il était un allié. Un allié fort.

Pettigrew hurla.


Fin du Chapitre.

(1) Fenrir : Loup de la mythologie nordique. J'ai hésité à le prendre parce que Rowling avait déjà employé ce nom (sans doute pour les même raisons : c'est un loup, quel meilleur nom pour un loup-garou ?) mais je n'en ai pas trouvé de meilleur, alors j'ai finalement choisi de prendre celui-là. Ils sont juste homonyme, il ne s'agit pas de Fenrir Greyback.

Ah, j'aime les personnages qui deviennent « vivants »… Mais Harry exagère. A l'origine, il était censé être mort, point final. Pas rendre Erèbe encore plus gentil…

Enfin, j'aime bien leur dialogue. Je le trouve émouvant. Mais ce n'est que mon avis…

Plus qu'un chapitre avant l'interlude.

Kiss

Asuka Tanku