22 pages pour vous ! Je crois que c'est le chapitre le plus long que j'ai écrit – excepté peut être le trois… Bref ! Je ne m'attarde pas davantage !

Bonne lecture et merci pour vos nombreuses reviews !

Chapitre 10 – Repose ton esprit dans le Royaume de l'Oubli

« C'est absolument hors de question. » Dit calmement Tom.

« Mais je veux être marquée ! Erèbe a donné son accord ! » Geignit Ginevra. Elle était prête à se jeter à genoux. Mais elle voulait montrer son allégeance au monde. La rune de l'Ombre était gravée sur sa nuque. Ne manquait que la Marque.

« Je suis d'accord avec le Lord » Remarqua Draco « Nous sommes Slytherin, presque toute notre maison suit le Lord donc ça ne pose pas vraiment de problèmes dans les dortoirs ou les douches. Mais toi, Gryffindor, tout le monde pense que tu es du coté de Dumbledore. »

« Le vieil homme sait que j'ai trahi. Mes… Parents… L'ont mis au courant cet été, après que j'ai surpris une réunion où il expliquait qu'il fallait tuer « Harry » après la défaite de Tom. Ah ! Pardon… »

« Aucune importance. Etant la personne qui a été en possession de mon journal, tu es ce qui peut le plus se rapprocher d'une personne proche. Je suppose que, de toute façon, Erèbe parle de moi comme « Tom » avec toi et ses gardes… » Répondit le Dark Lord en haussant les épaules.

Plus il était utilisé, plus il se rendait compte qu'il se fichait de son prénom. Lorsque Albus Dumbledore l'employait, cela le mettait dans une colère noire mais Erèbe… Et même la petite Ginevra…

« En effet Tom ! Je n'aime pas les titres de mes amis. » Dit joyeusement Erèbe.

Depuis que le rat était au cachot en sursis, sa bonne humeur durait. S'en était presque dérangeant.

« Et plus si affinités n'est-ce pas ? » Remarqua Ginevra avec un clin d'œil à un Erèbe cramoisi.

Dès qu'il s'agissait de relations poussées, il perdait tous ses moyens. Tom trouvait cela très mignon. Il appuya sa tête sur sa main, observant avec un léger sourire aux lèvres, les deux jeunes gens se chamailler. Il s'attarda particulièrement sur Erèbe, avec ses longs cheveux noirs et ébouriffés, son visage presque androgyne, ses yeux vairons fatigués, sa couleur pâle de peau, pareille à la lune. Son sourire s'agrandit lorsqu'une légère rougeur la colora à nouveau quand le prince se rendit compte de l'attention du Lord. Décidément très mignon.

« Au fait Erèbe, pourquoi en veux-tu autant à Pettigrew ? »

La question, tombée comme un couperet, fit se figer les personnes présentes, et le silence s'appesantit. Erèbe jeta un regard courroucé à Pansy qui, par son indiscrétion, venait de faire monter de la tension. Sa magie crépita un instant au souvenir de « Harry ». Il ferma ses yeux, se remémorant une nouvelle fois leur dialogue. Lorsqu'il les rouvrit, il fixa d'un air las la jeune fille et répondit :

« Parce qu'il a tué mon hôte. Parce qu'il est responsable de la mort de « Harry ». »

Ginevra déglutit. C'était la première fois que Erèbe parlait librement de la mort de « Harry » la première fois qu'il disait ce qu'il en pensait. Tout le petit groupe, Tom, Ginevra, Draco, Pansy, Théodore, Blaise, Alycia et Marie, était pendu à ses lèvres, attendant un semblant d'explication.

Il ne furent pas déçus.

« En réalité, le sortilège de mort qu'a reçue « Harry » a bel et bien eu raison de sa vie. Mais j'étais là, depuis sa naissance, l'aidant à survivre en le rendant plus fort que n'importe quel autre humain. Petit à petit, j'ai fusionné nos âmes, ne gardant que le strict minimum séparé. Quand le maléfice nous a touchés, j'ai simplement fait en sorte que l'âme qui absorbe la magie soit la mienne.

Ca a plus ou moins marché. Sans t'en rendre compte, Tom, tu as mis une partie de ton âme, déjà bien mutilée, dans le corps « d'Harry » déjà surchargée. En échange de seize ans de vie pour « Harry », j'ai pris ce morceau là. Au lieu de dévorer l'âme de Harry dès le jour de sa mort, j'ai attendu ses dix-sept ans, qu'il ait pu se faire une idée de la vie.

Malheureusement, plus il grandissait, plus je m'attachais à lui. Cet enfant était d'une bonté impressionnante malgré les conditions dans lesquelles il vivait. Toujours prêt à aider qui que ce soit, incapable de haine ou d'envie de vengeance. Mon opposé même. C'est pour ça que dans les derniers temps de sa vie, j'ai pris contact avec lui. »

« C'est possible ? » S'écria Ginevra, stupéfaite.

« Tout est possible avec la Magie. La seule limite est l'imagination, et je n'en manque pas. Bref. J'ai discuté avec lui. Et devinez quoi ? Il m'a remercié. »

« Quoi ? » S'exclama – encore – Ginevra.

« Si tu continues à m'interrompre, je ne finirais jamais. » Dit Erèbe, amusé malgré lui. Cette petite était touchante avec son enthousiasme.

« Désolée. »

« Mh. Donc, c'est à cette occasion là – je n'avais jamais parlé à mes anciens hôtes. Il était le premier – que j'ai décidé de le venger. La haine qu'il n'avait pas, je l'utiliserais contre les responsables de sa mort. Pettigrew parce qu'il a vendu sa famille, Snape – peu importe son camp – Dumbledore pour ne pas l'avoir suffisamment protégé et l'avoir envoyé chez des tuteurs incompétents, les Dursley… »

« C'était toi ? » Cria Pansy, incapable de se contenir.

« Uhu. C'était bien moi. »

« Pardon de t'interrompre, mais tu répètes depuis tout à l'heure que « Potter » n'a pas eu une enfance heureuse. Je croyais…

« Mal. Tu croyais mal. Il dormait dans un placard, faisait toutes les corvées de la maison, n'avait pas de nourriture suffisante, était battu par son cousin, ignoré par sa tante, et insulté par son oncle. Ils n'ont eu que ce qu'ils méritaient. »

« Ca me rappelle mon propre passé. » Dit pensivement Tom « J'ai tué mon père et mes grands-parents pour avoir abandonné ma mère juste parce qu'elle était sorcière et j'ai assassiné froidement les dirigeants de l'orphelinat dans lequel je vivais pour m'avoir mal-traité toute mon enfance. Mais j'ai laissé les enfants en vie. Je ne les aimais pas, mais ils avaient subi la même chose que moi, après tout. » Rajouta-t-il après les regards étonnés qu'il reçut.

« Tu n'es pas si cruel alors » Le taquina Erèbe, souriant narquoisement « Tu as plus de gentillesse en toi que je ne le supposais. Le Choixpeau aurait du t'envoyer à Hufflepuff. »

« Tu vois un mage noir venant d'Hufflepuff ? Nonon. Ce n'est pas très crédible. C'est pour ça que je me suis fait envoyer à Slytherin. »

« Et c'est pour ça que je me suis fait envoyer à Gryffindor. Un héros de la Lumière à Slytherin, ç'aurait fait désordre. »

« Toi à Slytherin ? T'en as d'autres comme ça ? » Enonça lentement Théodore.

« Plein. Je suis déjà allé à Hogwarts juste après sa fondation. Et Salazar et Godric étaient secrètement en couple. Et si Salazar est parti de l'école, c'était juste parce que Godric voulait le faire dormir sur le canapé après une dispute au sujet de lui passer la sauce salade à table. Question de fierté si j'ai bien compris. »

« PARDON ? » Dirent-ils tous en chœur.

Erèbe éclata de rire. Il adorait casser les mythes des humains.


« Avons-nous réussi à contacter ses parents ? » Dit Poppy Pomfresh avec découragement.

La petite Madgat était toujours dans le coma. Il y avait trois chances sur mille qu'elle en sorte.

« Non pas encore. Les hiboux ne réussissent pas à les trouver. Albus fait une recherche au ministère pour voir s'il trouve leur adresse. Pour l'instant, aucun résultat. »

« Merlin. » Soupira l'infirmière. « Pauvre petite. Torturée comme elle l'a été, je payerais cher pour avoir les coupables sous la main pour leur faire regretter d'être venus au monde. »

Elle ne mentait pas.

« Apparemment, » Répondit Filius Flitwick « Personne n'a rien vu. Ni les fantômes, ni les portraits, ni les armures. Si seulement nous avions encore le pouvoir de communiquer avec le château. »

« Pensez-vous que nous devrions en parler aux élèves » Murmura Minerva McGonagall « Albus est pour mais… »

« Surtout pas » Coupa Poppy « S'ils apprenaient qu'un psychopathe se promène librement dans le château, ce serait une véritable panique. »

« Et si c'était un élève ? » Dit soudain Filius.

Un long silence suivit sa remarque. Aucun enseignant ne pouvait envisager un élève capable de telles tortures. Même si, manifestement, le coupable détestait les vampires, la petite fille n'avait en apparence que treize ans.

Elle n'avait que treize ans.


« Pourquoi Crystalla est-elle restée à Hogwarts ? » Demanda Ginevra, observant pensivement la neige tombant sur les montagnes alentours.

Ils étaient partis à la demande d'Erèbe – et à la proposition de Tom – en vacances en Suisse. Ils se trouvaient dans un ancien refuge, abandonné des Muggles, que Marie avait découvert, au fil de ses errances pour le Prince. Ginevra et Alycia avaient demandé si elles pouvaient venir, Marie avait des combats à préparer en tant que général de bataille, et – Draco mis à part – les élèves de Slytherin avaient du rentrer chez eux, discuter de la nouvelle alliance avec Harry-Potter-Plus-Vraiment-Potter. Les Malfoy avaient permis à leur fils de rester avec sa fiancée – ils étaient moins choqués puisqu'ils allaient déjà marier leur enfant unique à une ancienne Weasley, leur ennemi héréditaire – et Draco en profitait pour cajoler sa bien-aimée dès qu'il le pouvait.

A cette occasion inespérée, Erèbe lui avait confié les bagues de fiançailles de ses parents – les vrais. Celles de mariages seraient fournies par les Malfoy, mais Erèbe avait insisté, avec un argument très convaincant : Le métal des deux alliances était spécial et permettait à l'une de toujours retrouver l'autre. De plus, leur couleur blanche noircissait si l'autre moitié était en danger. Si la bague était brisée ou si le conjoint mourait, alors elle devenait noir charbon. Ginevra avait protesté devant tant de défaitisme mais Erèbe l'avait fait taire en lui disant ces mots :

« Tu n'es pas immortelle. Les Veelas vivent autant que leur moitié, mais sont aussi vulnérables que les humains. Et nous sommes en guerre. Contrairement à lui avec ses instincts, tu n'as aucun moyen de savoir s'il va bien s'il est capturé. Cela t'évitera des inquiétudes inutiles. »

Elle n'avait plus objecté et avait pris la jolie bague argentée. A présent, elle ne le regrettait pas, sentant toujours la chaleur rassurante de l'anneau autour de son doigt. Mais, alors qu'ils observaient tous, la neige tomber autour du chalet, bien au chaud au coin du feu (un elfe de maison – ou de chalet ? – était même occupé à préparer une fondue à la muggle) elle avait posé cette question qui la titillait depuis un certain temps.

« Elle est restée surveiller Dumbledore et répandre les rumeurs. »

« Mh… Elle me manque un peu. » Dit Ginevra en se lovant un peu plus contre son fiancé.

« Tu parles de Crystalla Madgat, la nouvelle de troisième année ? Celle qui se distingue par ses incroyables connaissances de l'Histoire de la Magie ? » Interrogea Draco.

« Celle-là même. Elle est une vampire et la première protégée d'Erèbe. » Acquiesça Alycia. « C'est vrai qu'il est dommage qu'elle ne soit pas venue avec nous mais le Prince a ses raisons n'est-ce pas ? » Rajouta-t-elle avec un sourire amical.

Pour une raison que Tom ignorait, la jeune fille se montrait très proche du Prince de l'Ombre. Et cela l'agaçait fortement. Il lui semblait qu'elle le faisait exprès pour l'agacer (ce qui était faux, Alycia ayant d'autres raisons au combien plus importantes que Tom ignorait) et justement, plus elle réussissait, plus il s'énervait. C'était un cercle sans fin.

C'est pourquoi, lorsqu'il se leva pour proposer une promenade dans la neige avant le souper (« Nous sommes en Suisse, autant parler comme eux » Avait décrété Erèbe, dès leur arrivée. Et Tom ne voulait surtout pas le contrarier.) il lança un regard noir à la jeune fille qui comprit que sa présence n'était pas souhaitée.

Ginevra, comme tout bon chat qui se respecte, était bien trop à l'aise, assise contre le torse de Draco, la tête d'Aglar sur ses genoux, et Draco ne voulait pas la priver d'un bon oreiller. Aussi, Erèbe fut-il le seul à se lever pour profiter du bon air frais et vivifiant de la montagne.

Sans voir les sourires narquois que s'envoyaient les membres de la maisonnée lors de leur départ.


Le vent soufflait, refroidissant peu à peu le crépuscule. Erèbe souffla et sourit de ses lèvres gercées lorsqu'un petit nuage s'échappa de sa bouche. Puis il frissonna lorsque, à nouveau, la bise entra dans ses vêtements, le faisant grelotter.

Il hésita un instant à se transformer en incube. Puis le nouveau coup de vent le fit se décider. Il s'arrêta et rassembla sa magie, appelant à lui la transformation.

Mon petit Erèbe… Si tel est ton désir… Mais n'oublies pas les particularités des incubes !

Le jeune homme haussa un sourcil en entendant l'avertissement de la Magie. Les incubes avaient deux particularités. Tout comme les Lycans, ils avaient une température très haute, bien plus qu'un humain normal. D'ailleurs, il aurait préféré se transformer en Loup, mais la lune était haute et d'autres pouvaient roder. La seconde, et plus ancienne, était l'étrange charme qui, à l'instar des Veelas (qu'Erèbe soupçonnait d'être une branche secondaire des succubes) attirait irrémédiablement les personnes alentours. Mais Tom saurait se contrôler – son bras droit était Veela après tout – et ce charme n'agissait pas si Erèbe se tenait tranquille et se contrôlait.

Il en avait oublié une. La plus importante.


Erèbe n'avait pas prévenu Tom qui marchait derrière lui, et celui-ci fut donc stupéfait de voir une étrange fumée couleur lave sortir du corps de son allié. Sa peau prit une teinte plus brillante, ses dents blanchirent et ses canines poussèrent, ses oreilles s'effilèrent légèrement – plus qu'un humain mais moins qu'un elfe – son corps s'amincit, il grandit de quelques centimètres et son œil vert émeraude devint bleu. Bleu glace.

Fasciné par ce spectacle, Tom ne se rendit pas compte qu'il avait avancé la main. Oh ! Juste histoire de vérifier si cette peau satinée était aussi douce qu'elle en avait l'air, si ses lèvres pulpeuses étaient aussi agréables au toucher de ses doigts qu'à celui de ses lèvres.

Son index rencontra la lèvre inférieure et l'effleura.

Lentement, une langue rose sortit et s'enroula autour du doigt. Tom en resta coi.

Les yeux avaient une lueur prédatrice qui dansait.

La principale particularité des incubes comme des succubes est que, dès lors qu'ils désirent quelqu'un, ils font tout pour l'obtenir.


Erèbe ne savait plus vraiment à quoi il pensait. Ou plutôt, il savait que l'adorable humain en face de lui, était un humain tout à fait désirable.

Et q'une partie de son âme criait après lui.

Il retira le doigt de sa bouche alors que Tom, figé par tant de séduction, ne bougeait plus. Puis, il s'approcha félinement, passant ses bras autour de la nuque du Dark Lord, ses doigts s'enfouissant avec volupté dans les mèches ébènes. Sa langue se mit à tracer la mâchoire, passant sur l'arrête du nez, chatouillant les pommettes et les tympans pour finalement caresser la lèvre supérieure.

Une autre langue, calme et dominatrice, se joignit à la danse et elles s'enroulèrent l'une autour de l'autre, tantôt à l'extérieur, tantôt à l'abri, bien au chaud dans l'une des deux bouches. Elles découvraient leur environnement : le palais, l'intérieur des joues, les dents blanches. L'une des langues se coupa légèrement sous l'une des canines acérées du Prince, et le liquide carmin se dilua bien vite dans la cavité buccale, aspirée avidement lorsque les deux bouches se collèrent l'une à l'autre, la passion les entraînant de plus en plus loin. Le goût métallique ne fit qu'augmenter leur désir, leur raison disparaissait peu à peu, la conscience d'Erèbe, lui hurlant de ne pas se laisser prendre au piège, s'éteignait, bercée par les gémissements qui passait au travers du baiser.

Ils ne virent pas la nuit tomber. Là ou on s'aime, il ne fait jamais nuit(1).

Tom, dont seule la bouche participait activement, se réveilla dès lors qu'il sentit la douleur de la coupure, quand sa langue toucha la dent tranchante. Sentant qu'il ne pourrait s'empêcher d'aller plus loin, et peu sûr de ce que désirait son compagnon, il choisit, pour la première fois depuis un certain temps, de faire passer les désirs de quelqu'un d'autre avant les siens.

Le manque d'air les obligea à se séparer, l'incube comme l'humain ayant le besoin vital de respirer pour survivre. Sitôt qu'il eut repris son souffle, Erèbe enlaça Tom, fourrant son nez et ses lèvres dans son cou, mordillant çà et là la peau tendre. Tom, pourtant bien parti pour perdre la tête, s'obligea à se séparer de l'adolescent incube qui gémit de mécontentement.

Tom soupira.

Erèbe n'était pas lui-même.

« Erèbe, tu regretteras plus tard. » Dit-il doucement, comme à un animal sauvage – ce qu'était Erèbe d'une certaine manière. « Tu ne devrais pas. Et puis, il fait trop froid. » Rajouta-t-il, voyant que ses précédentes paroles n'avaient que peu d'effet.

« Alors, laisse-moi te réchauffer… » Ronronna Erèbe, entièrement soumis à l'incube qu'il avait fait ressortir.

Tom mit ses mains en coupe sur le visage d'Erèbe. Le jeune homme avait les yeux dilatés par le désir et il haletait légèrement. Un filet de salive coulait sur son menton, dû à leur précédent échange. Tom frissonna.

Il était l'image même de la sensualité.

Ou bien perdait-il la tête. « Potter » avait toujours été à même de l'amener aux plus extrêmes émotions, que ce soit la haine ou le désespoir. La passion n'en était qu'un de plus.

Il avait détesté « Harry » avec passion.

Il aimerait Erèbe de la même façon.

C'est pourquoi, avec dans l'idée de se répandre en excuses et remords plus tard, qu'il fondit sur lèvres rouges, cherchant du coin de l'œil, un refuge pour la nuit à venir.

La courte nuit.


Ginevra regarda une dernière fois par la fenêtre, observant les gros flocons qui tombaient et cherchant à distinguer dans la masse blanche, deux silhouettes humaines – à peu de choses près. Puis elle pouffa, comprenant en voyant l'heure qu'il ne servait plus à rien d'attendre.

« Ils ne reviendront pas ce soir » Affirma-t-elle à l'assistance.

Assistance qui, à son tour, ricana comme des hyènes venant de trouver de la viande fraîche.

« Paris ? » Proposa Draco, en bon Slytherin.

Les rires résonnèrent dans la petite cabane en bois.


Erèbe grelottait. Non pas de froid, mais d'un plaisir immense, comme seuls savent en donner ceux qui nous aiment.

« Ah ! Tom… Aah… Haa… »

Bien sûr, perdu dans les limbes blancs de la jouissance, il ne réalisa pas ses pensées.

Pas tout de suite. Actuellement, il avait mieux à penser de l'emplacement de la bouche de Tom – à mi-chemin entre les jambes et le ventre – et celles de ses mains – l'une s'était perdue dans sa bouche, l'autre sur sa poitrine et jouait avec l'un de ses tétons. Lorsque que deux doigts particulièrement vicieux le pincèrent, au même moment où la bouche enserra son pénis avec force, il ne put retenir un cri, le plaisir le forçant à fermer les yeux, les serrant alors qu'il voyait des étoiles à travers ses paupières.

« Ooh ! T… Ugh… Tom… Je vais… »

Il ne put finir sa phrase, l'orgasme le prenant de plein fouet dans un spasme, et déversa son sperme dans la bouche de Tom, qui eut la chance de s'écarter à temps pour ne pas finir étouffer – peu glorieux comme mort pour un Seigneur des Ténèbres – et qui avala en grimaçant le liquide au goût amer.

Alors qu'Erèbe calmait ses battements de cœur effrénés dus à la satisfaction, Tom défit son bas et prit en main son sexe, ne cherchant pas à profiter plus de son compagnon.

Pour une raison qui lui échappait, il s'en voulait. Erèbe avait été dominé par l'incube et lui en avait profité, sachant parfaitement que le Prince ne voulait pas nécessairement coucher avec lui – quoique cela ne soit pas encore fait, Tom avait assez de contrôle pour ça… Tant que le garçon ne venait pas s'asseoir sur ses hanches bien sûr – et il préférait en rester là, son self-contrôle déjà mis à rude épreuve par un Erèbe complètement abandonné à ses caresses. Comme s'il voulait plus, bien plus.

Tom se masturbait de plus en plus vite, fermant les yeux et cherchant la vision satisfaisante d'un Erèbe gémissant et suppliant sous ses coups de butoirs, implorant plus, plus fort et plus vite, et lui, le satisfaisant, accédant à ses demandes. Tout à ses désirs, il ne vit pas la lueur affamée dans les yeux vairons, ni la démarche discrète que Erèbe entreprit, se rapprochant de lui.

Jusqu'à ce qu'une main s'ajoute à la sienne, qu'un membre à nouveau dur se frotte contre le sien et qu'une bouche ne recouvre la sienne, dans un baiser impérieux et quémandeur. Leurs langues bataillaient, cherchant à savoir qui dominera l'autre. Erèbe se retrouva à cheval sur le Lord, caressant de plus en plus vite leurs deux verges, cherchant satisfaction. Une plainte s'échappa de l'adolescent lorsque Tom descendit dans son cou, entreprenant de le marquer comme sien. Erèbe exposa son cou un temps, alors que les deux mains se liaient.

Tom ne se maîtrisait plus, il voulait le Prince, il le désirait plus que tout. Plus que l'immortalité, plus que la mort de son traître de père, plus qu le mort du vieux fou, plus que la victoire. Il relâcha la peau rougie et cette fois, ce fut la tête du Prince qui plongea. Un grognement d'excitation lui échappa lorsque des dents pointues vinrent titiller sa propre nuque, la langue traçant la jugulaire.

Lorsque leur excitation atteignit le paroxysme, Erèbe ne put se retenir.

Il mordit Tom. De toutes ses forces.

N'étant pas sous sa forme « vampire » le geste n'était que symbolique, mais pour Erèbe, il voulait dire quelque chose.

La dernière personne à qui il avait offert cela, l'avait trahi quelques mois plus tard.

Et elle était morte ensuite.

Sans vraiment savoir pourquoi, Erèbe sentit, alors que l'inconscience de sa seconde éjaculation lui ouvrait les bras, un étrange pressentiment le prit.

Et il pensa à Crystalla.


Le lendemain, Erèbe se réveilla avec l'étrange sensation de devoir prendre un bain chaud au plus vite. Il s'était endormi sans se retransformer et sa chaleur corporelle avait suffi à les réchauffer malgré la température extérieure, mais aucun d'eux n'avait pensé à se nettoyer, trop épuisé par leurs actes.

Erèbe était donc à moitié nu et couvert de son sperme. Peu reluisant comme situation de réveil. Il soupira et jeta un sort rapide qui les nettoya.

Il se crispa en effleurant la trace de morsure sur le cou du Lord. Il passa son ongle dessus, pensivement, alors que des souvenirs embarrassants lui revenaient en tête. Il n'avait pas honte, pas vraiment. C'était juste qu'il n'avait pas pensé aller aussi loin quand il avait décidé de laisser aller son désir.

Il aurait préféré ne plus mordre personne.

Il sentit un mouvement contre lui, et tourna la tête vers les yeux écarlates qui papillonnaient doucement.

Dehors, le soleil se levait sur les monts enneigés.


« JOYEUX NOËL ! » S'écria une Ginevra folle de joie.

Elle reçut en réponse des regards moroses et des geignements plaintifs de la part de ses compagnons. En effet, les jumeaux Weasley avaient débarqué à une heure du matin, chargés d'alcool, muggle ou non, et les avaient entraînés dans une immense fête de Noël – le terme « beuverie » étant le plus approprié, mais Ginevra était une princesse – et le retour à la réalité, accompagné de fortes migraines et nausées, se chargeaient de les faire dessoûler. La jeune femme soupira en constatant ce fait, et secoua la tête.

Les Jumeaux ricanèrent en se tenant mutuellement afin de ne pas tomber. Draco se frotta le front, comme si ça pouvait faire partie sa lancinante migraine. Alycia se leva et se mit à ranger sans un mot, mais avec un sourire qui en disait autant que n'importe lequel discours. Ginevra rit un peu, grimaçant lorsque sa tête protesta, et se mit, elle aussi au travail pendant que Draco allait chercher des potions contre la gueule de bois.

Ils en avaient vraiment besoin après une nuit d'insomnie à se griser grâce à l'alcool.


Alors que le soleil approchait de son zénith, deux silhouettes familières se profilèrent à la fenêtre. Tom et Erèbe, après s'être rhabillés et – dans le cas d'Erèbe – re-transformé en humain, avaient repris la marche vers le chalet. Sauf que… Ils n'avaient pas la moindre idée du chemin à prendre ! Pris par l'urgence du désir, ils s'étaient précipités à la recherche d'un refuge sans regarder où ils allaient.

Ils s'étaient complètement perdus.

Après avoir erré pendant des heures, la Magie leur avait rappelé leur condition de sorcier/créature et ils avaient enfin pensé à utiliser un sortilège de « pointe au Nord » pour retrouver la route. Et après diverses disputes pour noyer le poisson, ils avaient finalement réussi à retrouver le chalet.

Dans la honte.

Erèbe ne disait plus grand-chose. Il savait qu'un jour où l'autre, leurs désirs les pousseraient à ce genre d'action – et il n'était pas prude que diable – mais il ne savait pas si c'était une bonne chose d'avoir été si loin aussi rapidement.

Peut être « Harry » aurait-il pu répondre à la question. Quoique non. Erèbe l'idéalisait un peu. « Harry » n'avait aucune expérience. Il aurait rougi et serait resté silencieux.

Pire qu'Erèbe en somme.


« Aah… Arrête… Ough… Pa… Par… PITIE ARRÊTE çA ! » (1)

Les yeux exorbités par la douleur, Pettigrew haletait, les traits déformés. Erèbe retira lentement sa main du bras mutilé et cessa d'appuyer sur les blessures à vifs. La jambe tordue dans un angle étrange tressaillit lorsque le Prince s'y assit, prenant une moue pensive pour répondre, un rictus aux lèvres.

Pettigrew hurla.

« Que j'arrête ? Pourquoi ? Ta trahison a coûté la vie à mon hôte, a coûté la vie à Harry et l'a privé de bonheur. Et je devrais avoir pitié ? »

Un nouveau cri lui répondit alors que ses doigts couverts de rouge détruisaient la peau et s'enfouissaient dans la plaie abdominale. Avec délectation, il écarta les chairs de ses griffes, arrachant à sa victime des exclamations de souffrance.

Il élargit son sourire.

Puis, fatigué d'entendre les gémissements plaintifs et pitoyables du rat, il enfonça sa main dans sa gorge et lui arracha tout ce qui passait à portée de ses doigts, aidé de la magie. Un rire lui échappa alors qu'il contemplait le petit homme se vider de son sang. Il ne lui restait que quelques heures à vivre, et il allait se faire plaisir en les lui rendant insupportables !

Il léchait l'hémoglobine qui coulait sur son bras quand la porte du cachot s'ouvrit sur la silhouette de Tom, qui grimaça en voyant l'état de son allié. Erèbe avait les yeux écarquillés lui aussi, une flamme délirante dans le regard vairon. Un peu de sang suintait de sa bouche et l'on voyait ses dents rougies. Ses mains griffues tremblaient d'excitation. Ses vêtements étaient tachés de sang, et une immense déchirure ruinait son tee-shirt autrefois blanc.

Tom soupira et prit doucement la parole, veillant à ne pas effrayer l'animal fou qu'était devenue son âme-sœur :

« Erèbe, il est temps de repartir à Hogwarts. Ginevra et les autres t'attendent impatiemment, et tu n'as pas vérifié tes valises pour voir si tu n'as rien oublié. »

Le prétexte était stupide mais Tom n'avait rien de mieux en tête quand il voyait le torse blanc et les traînées carmines qu'il avait envie de lécher. Erèbe l'observa un long moment, les pupilles réduites à des fentes. Puis, lentement, il hocha la tête, ne perdant pas le contact visuel. Il se leva et s'approcha de la sortie, essuyant machinalement ses mains en les traînant contre le mur déjà empli d'éclaboussures cramoisies.

Tom sourit en constatant ce fait et passa son bras par-dessus l'épaule de son futur amant. Jetant un regard méprisant pour le corps défiguré derrière eux, il chuchota :

« Tu comptes le laisser comme ça ? »

Sous-entendu, m'en laisseras-tu ? Erèbe ne répondit rien et lui fit un immense sourire sarcastique. Puis il l'embrassa légèrement, tachant la bouche et le menton du mage qui se lécha les lèvres, sentant le goût de fer qu'avait le sang humain.

Dans le cachot, Peter soupira de soulagement, grimaçant en sentant le liquide chaud dans ses oreilles. Un petit couinement le fit sursauter, tiraillant ses blessures. Il tendit l'oreille et en perçut un autre. Puis un autre. Encore un. Il sentit un mordillement contre sa joue. Il baissa les yeux.

« ! »

Lorsque la salle se vida des énormes rats noirs aux yeux écarlates, il ne restait plus rien. Grâce aux bons soins d'Erèbe, ils avaient fait un festin de roi.

Même s'ils avaient mangé l'un des leurs, tout était bon pour leur survie.


Lorsqu'ils revinrent des cachots, beaucoup de courtisans s'écartèrent en regardant avec une crainte et un respect nouveau pour le Dark Lord humain : Rares étaient ceux qui parvenaient à raisonner le Prince, encore moins à réussir à l'approcher. Les créatures s'étonnaient de les voir ainsi, côte à côte, comme deux amis, où quelques choses s'en approchant. Les succubes levaient le nez, méprisantes devant ce dédain qu'ils avaient, perdus dans un monde qui n'appartenaient qu'à eux.

Lentement, Erèbe se laissait faire, laissait approcher Tom, le laissait s'emparer de son âme et de son cœur. Il ne s'en rendait probablement même pas compte, et la Magie riait de sa naïveté, tout en se désolant de ce qu'il lui avait fait fermer son esprit à tous sentiments amoureux. Heureusement, peu à peu, Tom apprivoisait Erèbe, effleurant sa main lors de leurs promenades, l'embrassant de plus en plus en dehors de leurs séances de plaisir.

Parfois, il lui disait des mots doux, promesses d'éternité à ses cotés, mais seulement lorsqu'il dormait, pour ne pas le brusquer. Mais Erèbe allait mettre en place la dernière partie du plan et Tom se sentait déchiré de devoir le laisser s'éloigner. C'est pourquoi il l'entraîna dans un couloir moins fréquenté. Erèbe lui jeta un regard à la fois, étonné et réprobateur – il l'avait sorti de sa séance de torture quotidienne et l'avait obligé à raccourcir la vie d'un traître pour ne pas arriver en retard et il se permettait de les éloigner de leur chemin initial ? – et croisa les bras, attendant l'explication.

Qui ne tarda pas.

« Je t'aime, tu sais. » Dit le Lord, sans préambule.

Le Prince en resta bras ballants, bouche bée. Non il ne savait pas. Il s'attendait à tout sauf à ça. Il ouvrait la bouche pour répondre lorsqu'une main se plaqua sur ses lèvres, l'empêchant de parler.

« Ne dis rien. Je n'attendrai rien de toi pour l'instant. Juste la promesse que tu y réfléchiras. »

Erèbe ne put qu'acquiescer, incrédule.

Etait-ce vraiment la réalité ou était-il encore dans l'un de ses cauchemars ?

Ceux où Tom lui avouait son amour et où, peu après, il mourrait.


Un rire résonna dans le dortoir où Draco, Ginevra, Théodore – nouvellement petit-ami de Blaise – le-dit Blaise et Erèbe s'étaient réfugié dès qu'ils étaient revenus à Hogwarts. Bien sûr, Erèbe avait d'abord pris soin d'avertir Dumbledore de la disparition mystérieuse de leur professeur de Potions.

Et il l'avait cru, ce vieux fou.

Ginevra ne put s'empêcher de ricaner à nouveau en re-songeant à l'affolement d'Erèbe lorsqu'il lui avait avoué la déclaration de Tom. Elle releva pensivement sa manche, observant la marque noire ondulant sur la peau. Après de nombreuses plaintes comme quoi ses deux frères l'avaient, un petit chantage affectif sur Draco pour qu'il la soutienne, et deux crises de nerfs de la part – respectivement – du Lord et de son Prince, elle avait finalement eu gain de cause. Elle était à présent fière du joli tatouage qui ornait son avant-bras gauche. Et Erèbe lui avait jeté – avec beaucoup de mauvaise volonté – un sortilège pour que les gens ne puisse le voir sans son accord.

Draco passa son bras autour de sa taille, et elle glissa sa tête dans le cou de son fiancé. Ils étaient de plus en plus proches, poussés par leur lien – et par les sous-entendus des autres aussi. Les voyant faire, Erèbe détourna les yeux, le rose aux joues. Il tomba alors sur des roucoulements agaçants venant de Blaise et Théodore.

Consternant.

Il se leva et, avec grâce, prit congé. Pansy n'était pas encore revenue d'Islande, où elle avait passé la dernière semaine des vacances, et il avait la vague idée d'aller voir Crystalla pour prendre des nouvelles de sa petite protégée.

Il heurta Luna Lovegood qui le regarda d'un air… Triste ?

« Je suis désolée Harry. Ou qui que tu sois. »

Sur ces mots, elle partit en courant.

Erèbe eut un mauvais pressentiment. Le même que le jour où les elfes avaient été tués.


Mrs Pompfrey s'essoufflait. Garder la petite en vie s'avérait de plus en plus difficile. Pourtant, elle aurait voulu réussir à faire en sorte que ses « parents » - ou au moins son créateur. Mais impossible de retrouver la trace de la famille de l'enfant.

Et Albus suggérait qu'elle soit seule au monde.

Si seule.

Poppy Pomfrey savait qu'il ne restait plus beaucoup de temps. Et avec la rentrée, il allait falloir avouer la vérité aux élèves. Il allait falloir mettre fin aux jours du vampire.

Poppy Pomfrey ferma les yeux, pour ne plus voir son échec.

Celui qui la hanterait toute sa vie.


Erèbe n'avait pas trouvé sa protégée et il devait avouer qu'il s'inquiétait suite aux paroles de Luna. Cette humaine avait toujours fait preuve d'une clairvoyance dérangeante et il savait qu'il lui faudrait l'interroger, dès que possible. Il soupira, observant une nouvelle fois le peu de personnes présentes dans la Grande Salle. La plupart des élèves étaient revenus, puisqu'il ne restait qu'un jour avant la fin des vacances et que la plupart préféraient revenir avant pour avoir le temps de ranger leurs affaires ou pour pouvoir vérifier et corriger leurs devoirs de vacances.

Mais Crystalla n'était toujours pas là alors que le dîner commençait.

Il claqua sa tête contre la table et les Gryffindor l'observèrent avec suspicion, la plupart croyant déjà que leur « Sauveur » présumé était fou.

Ils n'avaient pas tout à fait tort.

« Tu es sûre que tout va bien, Harry ? »

Il leva les yeux, la joue contre son assiette – vide – et croisa le regard inquiet de Hermione. Il fut tenté de lui sourire – les vieux réflexes de ce corps sans doute – mais il se rappela à temps les derniers souhaits de « Harry ». Il soupira à nouveau et dit, la lassitude transparaissant dans sa voix :

« Qu'est ce que tu veux, Granger ? »

« Te parler. Plus tard. »

La jeune fille s'éloigna et s'assit à coté de son rouquin de petit ami qui adressa à Erèbe un regard indéchiffrable. Le Prince remarqua la balafre ornant sa joue, rouge. Il tourna la tête vers le directeur et fronça les sourcils.

Allons bon, que mijotait-il encore ?

La compréhension lorsqu'il vit d'autres élèves boiter ou faire une grimace à certains mouvements, lui vint : un entraînement.

Albus Dumbledore entraînait ses élèves pour en faire une armée.

Un grondement de rage le secoua et ses camarades l'observèrent inquiets.

Le professeur Flitwick se mit debout sur sa chaise, se raclant la gorge pour obtenir de l'attention.

« Mes chers élèves, j'ai une bien triste nouvelle à vous annoncer. Durant les vacances, un grave crime a été commis : Quelqu'un a violemment agressé une de mes élèves de Ravenclaw. Elle est actuellement entre la vie et la mort à l'infirmerie. Nous ignorons encore qui a perpétué cette attaque mais soyez bien sûrs que les coupables seront punis. »

Il reprit son souffle et ajouta, un air désolé sur le visage.

« L'élève en question est la petite Crystalla Madgat, de troisième année. »

Un grand bruit à la table des Gryffindor le fit sursauter lorsque Erèbe et Ginevra, se levèrent brutalement et coururent vers la porte de la Grande Salle. Sans hésitation, Alycia, Draco, Blaise et Théodore se redressèrent et les rejoignirent dans un concert de murmures.

Chez les griffons, Hermione et Ron se regardèrent et à leur tour, partirent vers l'infirmerie.

Juste pour manifester un soutien.

Parce que Erèbe pourrait faire tout ce qu'il voudrait, l'amitié ne se contrôle pas.


« Oh, Merlin… » Chuchota Draco, effaré.

« Crystalla ! » S'exclama Ginevra, en pleurs.

Elle voulut s'élancer au chevet de la pauvre fillette, mais Alycia retint son bras, impassible malgré les tremblements de rage qui la secouait. Erèbe ne dit rien, se contentant de s'approcher, posant sa main sur le front glacé. Un soupir lui échappa et il dit, sa voix grondante de fureur mêlée de tristesse :

« Va-t-elle-s'en sortir ? »

L'infirmière, bouleversée de cet attachement, répondit sans retenir ses pleurs, et annonça la sentence :

« Non. »

Erèbe se détourna d'elle, murmurant des syllabes sans sens pour les personnes présentes, s'adressant à Crystalla dans la langue de la Magie, dans la langue des morts. Une bénédiction pour son esprit, une malédiction et une promesse à la vengeance pour ceux qui l'avaient tuée.

« Cela sera fait, je t'en fait la promesse, Abigaïl. »

Aucun n'osa contre-dire le Survivant, dont l'aura s'élargissait au fur et à mesure que sa colère se dévoilait, dissimulant son visage dans un masque de haine et de rancœur.

« Qu'ont-ils fait précisément ? Que lui ont-ils fait subir ? »

« Mr Potter, je ne sais si… »

« Répondez à la question. »

L'infirmière déglutit. Le ton était si froid qu'il lui semblait qu'il allait la geler.

« Elle… On… On lui a cassé les côtes, sans doute à coups de pied, et on l'a martelée de coups de lame blanche… On lui a planté des croix dans ses quatre membres et appuyé un crucifix contre son bas-ventre. Son… Son buste a été marqué au fer rouge. Et on l'a maintenue consciente. Tout ce temps. (Elle hoqueta, arrivant à la partie la plus marquante) Et… Et aussi, on l'a aspergée d'eau… D'eau bénite par un druide. Son visage en a été gravement brûlé et ses… Ses yeux… Ils ont été arrachés. Alors qu'elle était encore consciente. Alors qu'elle était encore en vie et qu'elle… Qu'elle… »

Sous le regard dur d'Erèbe, l'infirmière éclata en sanglots. Elle en avait vu des tortures, et parfois des plus cruelles. Mais qu'elles aient été perpétuées sur une enfant à l'apparence de treize ans la choquait plus que tout.

Elle craquait parce que la fille était condamnée.

« Vous dîtes « on » a fait ça… Qui ? Qui a osé poser la main sur elle ? »

« Nous… Nous l'ignorons toujours… » Répondit Flitwick d'un air embarrassé.

« Avez-vous seulement essayé de chercher ? »

« Bien sûr ! » S'indigna Mrs Pompfresh. « Bien sûr que nous avons essayé mais… »

« Mais ? »

« Personne n'a rien vu… »

« Qui l'a trouvé ? »

« Je… Je l'ai vu devant ma porte, il y a de cela une semaine. »

Erèbe la fixa un instant. Puis, lentement, il leva la main, paume ouverte, vers lui. Arrivé devant son visage, sa main décrivit un arc de cercle et, lentement, magiquement, défit le bandeau qui cachait l'œil vermeil.

Le tissu tomba au sol, dévoilant à tous ceux présents le regard vairon.

D'une voix glaciale, le Prince de l'Ombre annonça à l'assistance :

« Ceux qui ont fait ça mourront. Parce qu'on ne tue pas l'une de mes protégées impunément. »

Avec douceur et tristesse, il caressa le front, puis, tendrement, l'embrassa du bout des lèvres alors qu'il murmurait la formule d'adieu des vampires.

Le corps de Crystalla, sous les yeux médusés de l'assistance, jaunit légèrement, puis se transforma en poussière, l'existence de la petite vampire s'évanouissant dans le Néant, là où elle avait trouvé la vie.

Reposes ton esprit dans le Royaume de l'Oubli.

Le lendemain, le corps défiguré de Severus Snape était crucifié sur la Grande Porte de Hogwarts.

Fin du Chapitre.

J'espère que ce chapitre vous aura plu – je rougis encore en songeant à cet… Espèce de lime… Cette chose… Beuh, je n'aime pas du tout ce que j'ai fait ! Enfin…

Dans une semaine, je poste l'interlude.

La semaine suivante, viendra le chapitre onze.

Alors heureux ? (Et on entend en bruit de fond, la télé qui répond « Très heureux ! ») Oui, oui, j'arrête mes délires.

Kiss

Asuka Tanku