Alors ? Avez-vous compris pourquoi Crystalla était l'heureuse élue pour l'interlude – je ne suis pas sûre que l'on puisse parler d'heureuse mais bon…
Merci pour vos review qui me font toujours chaud au cœur !
Bonne lecture !
Chapitre 11 – Sans en subir les conséquences.
Le jour où l'on trouva Severus Snape fut également le jour où les derniers élèves – pour la plupart partis en vacances à l'étranger – revinrent à l'école. Le même jour, Albus Dumbledore convoqua son élève favori afin de lui demander des explications.
A son grand étonnement, « Harry » se contenta d'un regard – moitié forêt, moitié volcan – méprisant avant de quitter son bureau, adressant un geste à son phénix. Albus sortit l'un de ses bonbons et se mit à le suçoter, pensif.
Que se passait-il dans la tête de son « Survivant » ?
Les élèves chuchotaient d'un air inquiet, montrant discrètement du doigt la place vide à la table des professeurs ou celle, moins remarquée, de Crystalla. D'autres – particulièrement à Gryffindor – remarquaient avec beaucoup d'appréhension, l'absence de l'Elu et de sa « cour » comme disait Seamus Finnigan et son grand ami, Dean Thomas. Celui-ci observait d'ailleurs Seamus avec inquiétude. Le jeune homme était devenu distant, indifférent au monde qui l'entourait, presque apathique. Connaissant son ancien tempérament railleur et joyeux, c'était un changement drastique et alarmant.
Dean soupira et changea de point de vue, pour ne pas donner l'impression à son meilleur ami – assez pointilleux sur ce coté-là – l'impression qu'il le fixait (ce qu'il faisait pourtant il n'y pas deux minutes).
Il tourna son regard vers les portes où une intéressante altercation se déroulait. Erèbe parlait avec véhémence à Luna Lovegood – qu'on avait pourtant jamais vu sortir de ses gonds – qui lui répondait avec moins de violence mais autant d'ardeur. Bien que personne ne puisse entendre la conversation – les sortilèges de silence de Luna étaient très efficaces – il était évident qu'il s'agissait d'une discussion… Importante.
« Je ne sais pas qui a fait ça Erèbe ! Je… Même si je savais, pourquoi voudrais-je te l'avouer ? »
« Parce que ça te permettrait de rester en vie ! » Grogna Erèbe, poings serrés. « Parce que justice doit être faite et que tu le sais tout aussi bien que moi ! Même les Moires, ce clan de voyants et de devineresses, savent cela n'est-ce pas ? Tu sais qui je suis depuis que tu as vu cet œil, tu sais ce qui arrivera aux coupables ! Voudrais-tu subir le même sort Luna ? »
La tirade fut suivit d'un silence où, reprenant son souffle, Erèbe ferma les yeux, se concentrant pour calmer la Magie.
Il nous faut punir cet affront mon Prince ! Cette enfant ne méritait pas de mourir par son existence !
La colère de la Magie Mère attisait tout autant sa haine et il sentit ses barrières de self-contrôle céder peu à peu. Dans un accès de rage incontrôlée, il leva la main et, violemment, gifla la Ravenclaw.
« Parles, humaine ou je ne réponds plus de mes actes… »
Luna posa sa main blanche sur sa joue cuisante et souffla. Le Destin prenait le chemin le plus sanglant et horrible depuis que Erèbe avait fait son choix. Depuis qu'il avait parlé à son hôte, le dilemme était résolu et il n'y avait plus de place qu'aux carnages et à la guerre. Si sa résolution de faire payer ne diminuait pas…
Alors la guerre serait perdue.
« Va voir Padma Patil. Milicent Bulstrode. Susan Bones."
Erèbe était sur le point de s'éloigner lorsque, une larme roulant sur sa joue, elle dit le dernier nom :
« Et Seamus Finnigan. »
« Bravery » Murmura Erèbe, ses yeux fixés sur le portrait de la Grosse Dame.
Le portrait pivota et la Salle Commune des Gryffindor se dévoila à son regard furieux. Il la parcourut rapidement, scannant les personnes présentes et, lorsqu'il constata l'absence de celui qu'il recherchait, il hurla de rage
Crystalla serait vengée. Quel qu'en soit le prix.
Peu importe le nombre d'humains qu'il lui faudrait tuer pour cela.
« OU EST-IL ? ! REPONDS ! OU EST SEAMUS FINNIGAN ? ! » Hurla Erèbe, projetant Ronald contre le mur.
Lorsqu'ils étaient entrés, magie flamboyante et destructrice, les septièmes années de Gryffindor les attendaient de pied ferme. Depuis la déclaration de Luna, les présumés coupables avaient disparus mais, si Ravenclaw, Hufflepuff et Slytherin cherchaient activement les disparus, Gryffindor montrait son entêtement et sa loyauté envers les siens : Ils refusaient de chercher Finnigan. Pire encore, ils semblaient savoir où il se cachait avec ses complices.
Impardonnable.
Les Hufflepuff s'étaient ralliés aux Ravenclaw, qui eux-même comptaient des Deatheaters – ou des futurs – dans ses rangs. Slytherin n'avait plus à montrer sa fidélité, et ne manquait plus que les Lions pour unifier Hogwarts sous l'étendard du Survivant.
Du Prince de l'Ombre.
Comme les créatures sombres avant cela !
Mais les griffons ne se montraient pas très coopératifs. Erèbe fronça les sourcils, exaspéré par cet agaçant dévouement envers un traître sans âme. Il ne comprenait pas.
Quand il y a un parjure, on le tue. On le supprime. On le fait disparaître.
Ronald gémit, la pression sur sa gorge l'empêchant peu à peu de reprendre son souffle. Avec rage, Erèbe le projeta contre le sol, où le garçon entreprit de respirer correctement, suffoquant. Derrière, la salle ne ressemblait plus à un agréable salon, mais à un champ de bataille pongé dans le Chaos.
Erèbe baissa le regard et le plongea dans le regard bleu terrifié.
« Dis-moi où il est, et je te laisserai en vie, Weasley. »
Ronald ne répondit rien.
Il n'y avait rien à répondre. Avec Neville et Hermione, ils étaient les trois Gryffindor les plus proches de « Harry ». Par amitié, ils vendraient leur âme. Parce qu'il était leur sauveur. Parce qu'il était leur meilleur ami.
Parce que Ron et les autres, savaient parfaitement que Seamus n'était plus lui-même.
Ginevra s'amusait follement. Après avoir expérimenté quelques malédictions de son crû, elle s'essaya aux sortilèges conseillés par les Jumeaux pour embarrasser grandement la victime – autant au niveau physique que psychologique – sans tomber dans la « Magie Noire ». Mais la Magie Sombre avait de multiples facettes et de nombreux maléfices n'entraient pas dans la catégorie « noir » alors qu'ils pouvaient tout aussi dangereux.
La Magie mal-employée pouvait être très instable.
Cet équilibre précaire était parfaitement maîtrisé par la jeune princesse qui s'en donnait à cœur joie. Derrière elle, Théodore, amusé par les pratiques muggle, traçait sur ses victimes de fines arabesques sanglantes avec une dague qu'il faisait léviter. Vers la droite se trouvait Draco qui se cantonnait, aidé par Blaise, aux enchantements malveillants qu'ils connaissaient, sans tomber dans le danger des Impardonnables. Pansy (mise au courant des derniers évènements) donnait libre court à sa fureur de voir une innocente – Crystalla n'était pas si innocente mais son apparence abusait facilement et Erèbe en avait profité pour attiser les rancunes – ainsi sacrifiée pour une cause désuète.
Elle ne pouvait pardonner à ceux qui cachaient les assassins.
« Vas-tu répondre à la question maintenant que tes… Amis sont à ma merci. Ronald Weasley. Ose dire que tu ignores la réponse à ma question. Où est-il ? »
Ronald déglutit. Voyant que l'indignation et la violence ne servaient à rien devant le silence buté des adolescents – on pouvait reconnaître Godric Gryffindor en eux, Erèbe l'avouait – le groupe de vengeurs avait entrepris de menacer les meneurs. Sans résultat jusqu'à présent.
« Je… Nous… Seamus a changé. Profondément. Mais il… Il ne ferait pas ça ! » Balbutia Dean Thomas, fidèle défenseur de son ami de toujours.
« J'ai des preuves de ce que j'avance. Mais il ne m'intéresse pas de te convaincre de sa culpabilité, mais de le trouver. Dis. Où. Il. Est. » Répondit Erèbe, sans quitter des yeux le roux.
« Mais… »
« Arrêtes Dean. Ça ne sert à rien. Tu sais comme moi qu'il en serait capable aujourd'hui. Tuer quelqu'un l'a toujours répugné mais… On peut voir que les changements peuvent atteindre l'âme même de la personne » L'interrompit Ronald, fixant Erèbe, et plus particulièrement son œil.
« Bravo Ronald. » L'applaudit Erèbe avec un faux sourire accroché aux lèvres, dévoilant ses dents de loups « Maintenant, obéis. »
Ronald allait répliquer quand la porte s'ouvrit, révélant une Minerva McGonagall furieuse, un Albus Dumbledore déçu et trois Aurors (dont le nouveau professeur de Défense qui n'avait pas vraiment fait parlé de lui depuis le début de l'année. A vrai dire, il était tellement normal, qu'Erèbe en avait presque crû qu'il survivrait à l'année A tort visiblement). Aux baguettes sorties.
Erèbe se releva lentement, les yeux fixés dans ceux de sa directrice de Maison. Quant il les vit.
Bulstrode, Patil, Bones.
Et Finnigan.
« C'EST INJUSTIFIABLE ! INEXCUSABLE ! COMMENT AVEZ-VOUS PU AVOIR UN TEL COMPORTEMENT ? INADMISSIBLE JE VOUS DIS ! AVEZ-VOUS UNE SEULE SECONDE REFLECHI AUX CONSEQUENCES DE VOS ACTES ? » Rugit Minerva.
La femme si impassible avait laissé place à la lionne qui sommeillait en elle et invectivait ses étudiants avec équité et justice. Ils prenaient la même dose de beuglements pour bataille contre d'autres étudiants, tentative de torture (bien que rien ne puisse être prouvé sur ce point-là), usage abusif de la magie, et bien d'autres encore.
Le décès du professeur Snape privait les Slytherin de Directeur de Maison, aussi, ce furent les Aurors qui se chargèrent d'enguirlander Draco et ses amis. Les élèves grimaçaient alors que les résultats de leurs petits amusements assombrissaient la fin de leur année.
Erèbe ne disait rien, se contentant d'un sourire insolent montrant bien que ce n'était pas terminé. Il aurait sa vengeance et de toute manière, l'école n'était plus rien pour lui à présent que les Maisons étaient enfin alliées. Certains, tels que Michael Corner, Ernie Macmillan, Vincent Crabbe, Gregory Goyle, Parvati Patil, Lavande Brown ou Zacharias Smith refusaient encore l'autorité du Survivant mais ça ne durerait pas. D'autres comme Ronald Weasley, Habbot Hannah, Hermione Granger et Dean Thomas restaient fidèles à Dumbledore, tout en se posant des questions sur le Sauveur.
Lorsque viendrait le combat, d'aucuns changeraient de camp.
Et c'était une excellente nouvelle.
Erèbe, souriant toujours, tourna son regard vers ses cibles. Ses yeux brillèrent d'un éclat dément lorsqu'il croisa le regard vide de Seamus.
Il ferait payer à Dumbledore cet outrage à la Magie.
Si l'Alchimie était interdite depuis l'époque de Merlin, c'était pour une bonne raison.
Les Créatures étirèrent leurs membres endoloris. La Transformation les laissait souvent fourbus et leur Maître ne tolérait pas qu'Elles soient faibles au combat. Leur mission passait avant tout. Même leurs vies.
Surtout leurs vies.
Dans un sursaut d'intelligence humaine et de conscience, l'une d'Elles gémit plaintivement. Le Chef grogna et tournant brutalement sa gueule vers le pleureur, il lui mordit le museau, enfonçant ses crocs dans la peau sertie d'écailles et de fourrure. Une nouvelle plainte , de douleur cette fois, retentit dans la clairière où ils s'étaient réunis pour accomplir ce pour quoi ils étaient venus au monde.
Tuer. Encore et toujours tuer.
Un hurlement de loup.
Le sifflement d'un serpent.
Les cris silencieux des licornes.
« STUPIDES CREATURES ! » Cria Albus Dumbledore.
Ses marionnettes lui échappaient. Leurs pouvoirs lui avaient servi à détruire les elfes pour accuser Tom mais les Licornes ? ! Aucun fou ne tuerait toutes les licornes.
Ce serait aller à la mort.
Et ces idiotes de créatures alchimiques ne lui avaient pas obéis. Elles avaient tué une nouvelle race, risquant de mettre encore plus en colère le Prince de l'Ombre.
Sans compter Harry.
Depuis les vacances de Noël, Albus ne comprenait plus son Golden Boy. L'enfant ne lui obéissait plus, il devenait insolent, il disparaissait Et voilà qu'il se mettait à torturer. Encore que ce n'était pas tout à fait sûr, mais Albus avait vu le regard qu'il jetait à ses créatures. Il avait trouvé les meurtriers du vampire.
Tant pis. Il avait assez d'élèves pour une nouvelle expérience alchimique.
Devrait-il essayer d'autres races ou rester au loup et au Basilique ?
Remus Lupin traversa à grands pas le Hall. Il voulait voir Harry. Il devait le voir. Parce que ce qu'on lui avait dit à son propos était choquant.
Parce qu'il ne voulait pas que Harry change.
L'enfant de treize ans qu'il avait rencontré, il y avait de cela cinq ans, était devenu un homme. Un homme dont l'innocence s'éteignait peu à peu. A moins qu'elle ne soit déjà éteinte ?
Remus ne pouvait y croire.
« Harry ! » S'écria-t-il en voyant l'adolescent, riant en compagnie de Ginevra, de Malfoy jr et d'autres Slytherin que Remus ne connaissait pas.
L'alliance entre les maisons ennemies.
Remus l'avait rêvée alors qu'il voyait ses deux amis torturer et humilier les Slytherin. Chaque soir, avant de fermer les yeux, il pensait à une amitié inter-maison. Il avait longtemps crû que celle de Lily et Snape survivrait. Mais ses espoirs avaient été ruinés lorsque le garçon avait insulté la jeune femme.
Quand il avait rejoint les Deatheaters.
« Remus » répondit stoïquement Le Survivant en lui faisant un signe de tête.
« Cela faisait longtemps ! Comment vas-tu ? Je ne t'ai pas vu depuis… Plus d'un an maintenant. »
« Vos missions pour l'Ordre je suppose. Et mes propres obligations. »
Merlin, pourquoi le garçon était-il si froid ? Remus serra les poings, rejetant la souffrance d'une nouvelle trahison. D'un nouveau rejet.
« Erèbe, je crois que nous devrions retourner à nos chambres. » Informa Draco.
Depuis peu, Erèbe reprenait son véritable nom. Histoire de faire passer l'information de la vérité. Il était temps de se révéler.
« E… Erèbe ? » Balbutia Remus « Mais qu'est-ce que… »
Erèbe tourna vers lui un regard indifférent, lui faisant bien plus mal que toutes les insultes qu'il aurait pu dire. Le jeune homme continua, impassible, distillant le poison de sa haine :
« Vous savez Remus, Ginevra m'a mis au courant d'un certain plan, cet été… Un plan fomentant ma mort, après celle de Voldemort. Un plan mettant Dumbledore comme chef de l'Angleterre… Un plan que je me ferais un plaisir de contrer. »
Remus haleta. Le Loup en lui hurlait la vérité, la réalité. Qui était Harry, finalement ?
« Je vous déteste Remus. Vous m'avez trahi. Vous ne valez pas mieux que Pettigrew. Et j'ignore si vous le savez, mais ça ne lui a pas porté chance. Vous ne gagnerez pas. Au contraire. C'est moi qui vous vaincrai. C'est moi qui mettrai fin à la folie qui vous emporte dans rêves de gloire et de pouvoirs. »
C'est moi qui sortirai gagnant de cette guerre.
Remus tourna les talons, retenant des larmes d'incompréhension.
Qu'était-il arrivé à Harry ?
Etait-il encore Harry ?
« Es-tu sûr de ce que tu fais Erèbe ? Il pourrait être un bon allié… » Avança Draco.
« Sa fidélité à Dumbledore est trop forte pour qu'il songe à le trahir. Et il rend Tom et Bellatrix responsables de la mort de Sirius Black. Ce qu'ils sont par ailleurs. Même si je ne leur en veux pas parce que je sais ce que la guerre implique. » Il esquissa un sourire mélancolique puis continua « Je ne veux pas d'un élément instable dans ces circonstances. »
Son ton devint dur alors qu'il détournait son regard.
« Nous ne pouvons pas nous permettre la moindre pitié. Pas avec de tels ennemis. »
Draco acquiesça, le regard sombre. Alors qu'Erèbe s'éloignait pour passer à la bibliothèque, il prit la parole, scellant leur pacte d'amitié.
« Tu pourras toujours compter sur moi Erèbe. Foi de Draco Malfoy, Veela de Sang-Pur. Quoi qu'il se passe. Quoi qu'il arrive. »
Erèbe tourna la tête, fixant son regard dans les yeux gris.
« Merci Draco. »
Ronald écoutait pensivement le discours du directeur à propos de ce qui était arrivé à la petite albinos. Depuis deux jours, il leur répétait les même choses alors que la majorité des élèves savaient parfaitement la vérité.
Ronald avait confiance en Dumbledore.
Pourtant, il pouvait s'empêcher bien souvent, de songer à Harry, se demandant la raison de sa colère. Hermione l'avait raisonné, lui parlant longuement de leur passé commun.
De leur amitié.
Avait-il réellement perdu son meilleur – et premier – ami ? Il ne pensait pas. Harry lui avait toujours pardonné. Même quand Ronald l'avait trahi et rejeté par simple jalousie, alors qu'ils avaient quatorze ans. Ils étaient jeunes. Ronald était jeune et con. Très con.
Ce n'était quand même pas pour ça qu'Harry ne lui parlait plus ?
Si ?
Aria marchait d'un pas furieux, sa robe pourpre volant autour d'elle. Son beau visage parfait était figé dans une expression mi-agacée mi-souriante. Elle s'était assurée la fidélité d'un des clan principal de Lycan et en était très satisfaite même s'il lui avait fallu user de ses charmes et céder un territoire pour y arriver. Malgré tout, l'une des servantes du Prince de l'Ombre s'acharnait à la suivre.
Aria savait parfaitement pourquoi. Le serpent du Prince avait été tué et l'Anneau de Morgane, volé. Mais pas le Tartare, elle s'en fichait. Elle n'était pas responsable de l'incident. Même si elle féliciterait le coupable d'avoir rendu le Prince aussi furieux.
Ce n'était pas qu'Aria n'aimait pas Erèbe.
C'était qu'elle ne pouvait lui pardonner d'être en vie quand Hypnos ne l'était plus.
Erèbe soupira, passant sa main devant ses yeux. Une nouvelle tuerie. Les licornes cette fois. Bien sûr, les créations d'alchimie étaient instables, et pire, incontrôlables.
Albus Dumbledore aurait vraiment dû détruire la Pierre Philosophale.
Avec elle, il avait manipulé les âmes de certains élèves – Erèbe ignorait son mode de recrutement – et les avaient modifiés de manière à pratiquement supprimer leur conscience. Ils n'étaient plus que des marionnettes, à la limite de l'état dans lequel se retrouvaient les victimes des Dementors. Un état pire que la mort.
Et, plus grave encore, Dumbledore avait trouvé le moyen de faire la même chose que lui. Mélanger les ADN. Former des hybrides enter la sauvagerie du loup et la ruse des serpents.
Erèbe ne pourrait pas lui pardonner. Jamais.
Il avait toujours haï l'Alchimie.
« Que me veux-tu ? » Demanda Ginevra avec un air froid peint sur son visage d'ange.
Hermione hésita, semblant chercher ses mots. La « Miss-Je-Sais-Tout » était un comportement qu'elle pouvait difficilement arborer devant la rousse et elle commença à bafouiller, s'entortillant dans sa gêne maladroite.
« Viens-en aux faits ! » S'impatienta la jeune princesse avec un geste de la main.
« Hum… Je… Je voulais dire que… J'étais… Désolée pour… Pour tout… Et aussi… »
« Ginevra ! » Appela la voix de Théodore, « Erèbe te demande. »
« J'arrive » répondit Ginevra, sans un regard pour la fille rougissante à ses cotés.
« … Erèbe ? Qui… ? »
« Nous reparlerons de cela plus tard Granger. J'ai autre chose à faire que d'écouter tes jérémiades lassantes. » Rétorqua Ginevra d'un air arrogant.
Hermione voulut saisir son épaule pour la retenir mais la chatte se déroba à une vitesse impressionnante et tourna vers la brune, un regard noir.
« Laisse-moi tranquille. Ce serait bien si tu restais à ta place pour une fois, cela t'éviterait sûrement des ennuis, stupide fillette ! » Cracha-t-elle en rejoignant l'adolescent aux cheveux et aux yeux noirs.
Au bord des larmes, Hermione tomba à genoux et griffa le mur, s'arrachant le ongles et la peau des doigts contre la surface rappeuse.
« Pourquoi… ? »
Du sang goûta de son bras. Vivement elle l'essuya, vérifiant que personne ne l'avait vu faire. Elle remonta sa manche et grimaça en constatant l'ahurissante plaie qui s'étalait sur son avant-bras.
« Aïe. »
Dans la Salle-Sur-Demande, une trentaine d'élèves – qui devaient avoir entre quinze et dix-huit ans – se tenaient assis en cercle, au milieu de l'immense pièce. Ils écoutaient avidement le professeur Dumbledore, dont le discours les encourageait et leur remontaient le moral, au plus bas depuis les dernières attaques. Il leur disait ces mots, les exhortant à la colère :
« Harry ne réussira pas seul ! Il a peur, peur de vous voir disparaître, vous, ses camarades. Il nous rejette, comme il a rejeté sa famille d'accueil, par peur de les voir mourir. Il a besoin de vous. »
« Pourtant » hasarda l'un des élèves, un adolescent au visage lunaire, marbré de cicatrices récentes. « Harry s'est beaucoup rapproché des Slytherin de notre année, comme Malfoy et Zabini. Il est toujours avec Ginny Weasley, sans compter sa réaction à la… Mort de Crystalla Madgat. Et aussi… »
« Ne m'interrompez pas M. Longbottom ! Vous ne savez rien de cette guerre ! Rien ! Ni de M. Potter ! Vous serez le cobaye pour les deux prochaines semaines. » S'écria Dumbledore, avec un air furieux sur le visage.
Les enfants frissonnèrent et murmurèrent entre eux, d'un air affligé pour leur camarade. Quand on y regardait de plus près, ils étaient tous plus ou moins blessé certains boitaient, d'autres avaient de multiples foulures. L'un avait u bandeau sur l'œil, le suivant, un bras en écharpe. Aucune des blessures n'était refermée, et le sol autour d'eux était taché de sang frais.
C'était pour ça qu'être cobaye était horrible. C'était une punition. Une horrible punition.
L'AD n'avait plus rien de ce que « Harry » lui avait donné ?
C'était l'Armée de Dumbledore.
Erèbe planta violemment sa fourchette dans le steak – bien saignant – qu'il avait pris comme déjeuner. Sa colère ne s'était pas éteinte, parce que non seulement il n'avait plus accès à la Tour Gryffindor – on lui avait attribué, avec ses « complices » un dortoir abandonné et certainement insalubre – mais en plus, on leur donnait leur repas dans les cuisines.
Certains professeurs voyaient d'un très mauvais œil cette punition, arguant qu'une enquête devait être ouverte sur l'action d'Erèbe et de ses amis. D'autres, comme Flitwick et Pomfresh, soutenaient que Erèbe avait fait cela sous le coup de la colère, mais que très certainement, cela avait un rapport non-négligeable avec l'attaque de la petite Madgat.
Erèbe avait donc plusieurs ennemis et alliés chez les professeurs. Mais sa fureur restait intacte, alimentée par l'idée de la détresse des tuteurs de Crystalla. Il ne savait comment leur annoncer la nouvelle, mais avait déjà envoyé Acharn dans les Enfers, dans leur royaume. Crystalla avait été adopté par un couple de vampires de sang-pur ou presque, ce qui faisait que leur pouvoir et leur rang était très élevé. Pourtant, Crystalla n'avait jamais réellement accepté sa nouvelle famille, restant plus que de raison auprès de son Prince. Peut être parce qu'il l'avait sauvé de ces humains ? Peut être parce qu'il était son créateur…
Erèbe l'ignorait, mais regrettait l'absence de la petite albinos.
Il en avait assez de perdre ceux qu'il aimait.
« Pourquoi ne pas avoir prévenu le ministère plus tôt ? ! » Braillait le ministre, furieux.
Ses mains s'envolaient, de gauche à droit et de haut en bas, comme s'il cherchait à chasser des mouches. Parfois, il passait sa paume sur son front, essuyant la sueur qui gouttait sur ses tempes. Ses yeux passaient sans cesse du corps recouvert d'un drap blanc à Albus Dumbledore. De furieux, son regard passa à las, même s'il conservait toujours un voile vitreux.
« Nous aurions peut être pu endiguer cette catastrophe ! Comment vont réagir les gens quand il vont apprendre qu'un meurtrier sévit à l'école ! »
« Ce ne serait pas la première fois M le Ministre » Rétorqua Lucius Malfoy, « A ce que je sache, de nombreux incidents ont eu lieu chaque année. Du moment que Harry Potter se trouve à l'école en fait. »
« N'exagérons rien, Lucius. Il est souvent accompagné de votre fils, de messieurs Zabini et Nott et de Mrs Parkinson, Cartney et Weasley. Cela ne prouve rien. »
« Ginevra a été émancipée et porte désormais le nom de Neko-Malfoy. Je vous prierai de respecter ce fait, M le Directeur. » Dit la voix traînante du blond.
« Calmez-vous messieurs. Il ne vient à l'idée de personne de vexer qui que soit ici. Nous devons voir qui a tué Severus Snape et Crystalla Madgat. » Intervint Pomona Chourave
« Madgat ? Qui est-ce ? » Dit la voix hystérique du ministre « Je n'ai jamais entendu parler d'une seconde victime ! »
« Première en fait. Elle est morte peu avant qu'on ne trouve Severus. Elle était à Ravenclaw en troisième année. Je soupçonne un crime raciste : c'était une vampire. »
« Une VAMPIRE ? Mais à quoi pensiez-vous Albus ! »
« Le problème, M le ministre n'est pas d'accueillir un vampire. Après tout, le directeur est connu pour aimer jouer les bons samaritains. Des loups-garous, des demis géants, des centaures, et autres constituent après tout, la population de ce château. Mais il me semble que M Dumbledore n'a pas essayé de protéger l'enfant. Or, elle n'avait rien fait. Le sang lui était fourni par mademoiselle l'infirmière ici présente.
Un silence suivit cette tirade alors que tous assimilaient avec difficulté l'insinuation de Lucius Malfoy.
« Vous m'accusez d'avoir voulu que cette petite meure ! » Explosa enfin le vieil homme.
« Loin de moi cette idée » Réfuta le blond avec une voix mielleuse. « Simplement, il est étrange que le ministère soit prévenu si tardivement. Les parents de la victime n'ont d'ailleurs pas été prévenus, il me semble. Sans oublier l'absence d'enquête. Vous aviez même oublié de nous parler de cette première victime. Pour ma part, je n'ai été informé que de la mort de Severus. »
« Oui, moi aussi » Acquiesça le ministre avec un rictus de colère. « Pour qui vous prenez-vous Albus ? Vous n'êtes pas dans votre droit en nous cachant des informations ! »
Minerva McGonagall était restée sans rien dire, mais elle ne put se retenir à cette accusation. Elle explosait souvent ces derniers temps, songea Albus.
« Comment OSEZ-VOUS dire cela ! Si le monde a eu un certain temps de paix grâce à est-ce ? Le professeur Dumbledore ! Vous lui devez tout alors que le ministère accueillait des Deatheaters à bras ouverts à leur sortie de prison ! Alors qu'il se terrait en bégayant que Voldemort n'était pas de retour malgré ce que clamait le directeur ! »
Elle soufflait avec force, évacuant sa colère. Elle vrilla ses yeux dans ceux, froids, de Lucius Malfoy qui siffla avec dédain.
« Vous oubliez quelques petites choses. A chacun son camp. Celui du Dark Lord est le mien et je n'en ai pas honte car il est revenu plus humain et droit qu'avant (« S'il l'a jamais été », murmura Tonks à Maugrey) ! De plus, notre temps de paix durant dix ans n'a été possible que grâce à une seule personne. Harry Potter. Albus Dumbledore n'y a été pour rien. Sauf bien sûr, si l'on considère que placer le Survivant sans l'accord des Services Sociaux Magiques, chez des muggles qui plus est, et sachant qu'ils le maltraiteront est une marque de défense de la paix. Personnellement, je remercie plutôt Merlin que le Survivant n'en ai pas tiré une haine de la Magie.
Pour finir, je rajouterai que le vénérable directeur n'a pas fait grand chose pour appuyer Harry Potter lorsque celui-ci affirmait le retour du Lord Noir. »
Sur ces mots, Lucius Malfoy se retourna et, dans un grand mouvement de cape, quitta la pièce. Albus le regarda partir avec fureur. Il ne s'était décidé à contacter le ministre qu'avec répugnance, car il savait que le nouveau ministre, qui avait succédé à Scrimgeour après que celui-ci soit tombé lors d'un raid, était on ne peut plus fidèle à Tom. Quel que fut le moyen de sa loyauté, ce n'était pas pardonnable.
Malheureusement, Harry, peu à peu, lui échappait, et comme il avait pu le constater, avec lui le pouvoir qu'il avait sur les sorciers ! Ainsi, la plupart des professeurs s'interrogeaient sur l'identité du ou des criminel(s) de la vampire que sur la raison des actes de vengeance du Survivant. Egalement sur l'absence d'enquête.
« Directeur, ce n'est pas tout. » Intervint l'infirmière, restée jusque là silencieuse. « Harry Potter se conduit étrangement ces derniers temps, comme vous l'avez sans doute remarqué. »
« Oui Pompon. J'ai pu le voir. Viens-en aux faits. »
La vieille femme s'arrêta, étonnée d'être traitée si durement puis reprit, une lueur de reproche dans les yeux :
« Mis à part son étrange regard vairon, dont je n'ai pu trouver la cause – à ma connaissance, le seul sorcier aux yeux rouges est Vous-Savez-Qui, mais c'est à cause des nombreux rituels de Magie Noire qu'il a pratiqués et Harry n'aurait pu le faire sans qu'on ne remarque d'autres changements physiques. Je disais donc que le jour de la mort de Crystalla Madgat (son regard s'assombrit à ce souvenir) il a embrassé le front de l'enfant et a murmuré des paroles dont je n'ai pas compris le sens. Ensuite, le corps de la petite est devenu poussière. »
« C'est impossible ! » Dit le ministre, « Seul le créateur peut faire disparaître le corps d'un vampire. Sinon, le corps reste éternellement comme le jour de sa mort et l'esprit du vampire ne trouve pas le repos. »
A nouveau, le calme revint dans le bureau du directeur d'Hogwarts. Tous réfléchissaient aux conséquences que cela impliquaient d'imaginer que le Survivant ait pu basculer du côté des Ténèbres.
Poppy Pomfresh eut un doute. Elle pâlit brusquement et s'excusa, disparaissant de la pièce pour courir à son bureau. Sur la table trônait une lettre rouge sang. Jurant étrangement, une écriture soigneusement calligraphiée de couleur vert émeraude traçait les mots révélateurs.
On ne touche pas à l'une de mes protégées sans en subir les conséquences.
Vous l'aurez compris j'espère, humains.
Je me suis appliqué à reproduire fidèlement les blessures que vous m'avez décrit Poppy Pomfresh. J'espère que vous aurez apprécié le tableau de ce cher Severus Snape. Il aura appris à ne plus douter de son maître, le Dark Lord.
Avec les compliments d'Erèbe, le Prince de l'Ombre.
Suivait la Rune de l'Ombre, tranchée par un signe qui fit se crisper l'infirmière.
Un éclair vert, luisant tel l'Avada Kedavra.
Fin du chapitre
Fou ! Dix-neuf pages ! Je crois que je mérite une review sur ce point-là !
Le prochain chapitre devrait arriver dans deux semaines, mais comme je pars à la Japan Expo, puis en vacances je ne sais pas si je pourrait le poster à temps. Sinon, je le posterai le 11 juillet 2010.
Kiss
Asuka Tanku
