Et voilà le dernier chapitre avant l'épilogue. J'espère vous qu'il satisfera chers lecteurs…

Bonne lecture !


Chapitre 17 – Il n'y aura pas de survivants

Albus Dumbledore s'avança, ricanant de sa victoire prochaine. Il savait que Erèbe se croyait plus puissant, mais la révolte qui allait lui tomber sur les bras l'occuperait suffisamment pour qu'il ne soit plus une menace. Le vieil homme sortit sa baguette, en même temps que Tom et il admira un instant le Bâton de Merlin que tenait fermement le Prince. Dommage qu'un humain ne puisse s'en servir sous peine d'implosion…

Mais après tout, il n'était pas un humain normal !

Il était le propriétaire de la plus puissante forme d'Alchimie, la Magie interdite ! Il trouverait certainement le moyen de posséder l'artefact le plus puissant de la planète. Et, par la même occasion, il déroberait les deux autres. L' épée de Viviane, l'épée légendaire, celle qui aurait tué Mordred, le fils de Morgana.

Il s'avança, préparant son discours empli de menaces et de sarcasmes et prit la paroles d'une voix doucereuse :

« Rendez-vous… Vous n'avez aucune chance, chers enfants. »

Un crachat sur le sol fut la réponse.


Erèbe frissonna d'agacement quand le mot « enfant » résonna dans le parc. Un enfant ? Lui ? Il n'en avait même plus le physique, paré dans sa tenue guerrière. Il était un tueur, une Créature folle et impitoyable. Le bâton blanc surmonté d'un phénix rouge, scintillait d'une lueur dorée tandis que des veinures pourpres se créaient et pulsaient à la manière de véritables veines. L'épée apparue dans sa main droite tremblait de pouvoir contenu et son pommeau transparent luisait de la sueur de la paume. Sa lame avide de sang et de vengeance brillait, argentée.

Il ne manquait que l'un des trois objets légendaires, et la trinité serait complète. La question était de savoir qui l'avait volé, mais Erèbe savait que ce ne serait qu'une question de temps avant qu'il ne le découvre. Après tout, n'était-il pas le Prince de l'Ombre ? L'Anneau de Morgana lui revenait, et ce ne serait qu'une formalité pour que l'outil revienne à son véritable propriétaire.

Lorsque Dumbledore leur parla, il n'obtint d'autre réponse qu'un crachement de Ginevra, haineuse. Un léger sourire fleurit sur les lèvres du Prince, un sourire nostalgique. Il aurait préféré que cela ne se passe pas ainsi, que la guerre fasse moins de victimes, mais même lui ne pouvait influencer le destin.

Luna avait tenté de le prévenir, en vain.

Le Futur n'avait jamais été plus sombre.

J'ai un mauvais pressentiment, mon prince…

Moi aussi Magie… Pensa Erèbe, fermant les yeux en savourant les derniers instant de paix. La Bataille était lancée.

Il leva son bras gauche, invoquant l'une des Sept Portes des Enfers.


Aria éclata de rire alors que le tourbillon se mettait enfin en marche. Elle avait désactivé juste à temps le pouvoir de l'Anneau. Erèbe n'aurait aucun soupçon avant de voir la vérité. Elle allait le vaincre, elle allait le tuer, elle allait venger Hypnos, son cher Hypnos.

Sa servante sourit, elle aussi, plus discrète, mais tout aussi malveillante.

Plus rien n'empêchait le Chaos, à présent.


Le Roi des Sirènes observa le jaguar avec parcimonie. Sa méfiance envers les Créatures Noires ne tenait plus vraiment alors que la Bataille la plus sanglante du millénaire depuis la Chasse aux Sorciers allait se dérouler à quelques mètres du lac. Pourtant, malgré son dégoût pour les sujets du Prince Monstrueux, il aurait bien voulu accepté son offre d'alliance.

Mais pas sous ces conditions.

Pas aux prix des vies d'enfants, pas au prix de la liberté sorcière.

Non, ça il ne voulait pas.


Aglar poussa un gémissement plaintif. Les Sirènes avaient refusé. Comme les Nymphes, comme les Fées, comme les Centaures.

Personne ne comprenait, personne n'acceptait la vérité.

Alors, dans un dernier espoir, il voulut sauter à la gorge du menteur, du meurtrier. De toutes ses forces, il abattit sa mâchoire mortelle vers le crane du vieil homme.

Dans sa tentative de se racheter auprès de sa maîtresse bien-aimée, il fit disparaître, avec lui, la dernière bribe de raison de Ginevra. Dans sa mort.

« AGLAR ! »


La guerre avait été des plus sanglantes et mortelles. Plus tard dans les annales, on en aurait parlé comme de l'équivalent sorcier de la Seconde Guerre Muggle. Pour la folie des meneurs et pur les victimes innocentes terrassées lors des nombreux raids.

Pour les tortures.

Pour les meurtres gratuits.

Pour l'innocence envolée.

Pour les morts inutiles.

Pour la terreur régnante.

Pour les famille détruites.

Pour tous ceux dont la vie avait été, en quelques mois, anéantie.

Il n'y aura pas de gagnants. Juste des morts et de la désolation.

Il n'y aura pas de survivants.

Es-tu sûr ? Maître du Temps...

C'était le Chaos.


Le vortex, oscillant entre noir et bleu nuit, était ouvert. La Porte laissait entrevoir le monde détruit et sombre qu'étaient les Enfers. Leur Chef avait toujours le bâton levé et le sourire aux lèvres.

Attendant Alycia, sa fidèle servante et son armée.

Pourtant, ce fut une autre silhouette que celle d'Alycia qui se profila sur la plaine. Une silhouette plus adulte, plus grande, à la poitrine plus plantureuse, aux cheveux plus noirs, aux dents plus pointues, aux yeux plus bleus, au sourire plus séduisant, à la peau plus blanche.

Aux yeux plus fous.

Aria.

Dans sa main, la tête d'Alycia.


Erèbe resta figé en voyant la Reine des Succubes avec la tête de l'une de ses plus proches servante. Les cheveux roux étaient serrés dans la main griffue. Le sang coulait du cou tranchée, de la tempe éraflée et des yeux arrachés.

« Alycia… »

Le murmure horrifié des Démons parvint à peine aux oreilles bourdonnantes du Prince. Plus que la colère, plus que tout, c'était la vengeance qui primait. La mort de Crystalla avait été le déclencheur de la guerre, mais la trahison brutale, exprimée de la manière la plus cruelle qu'il soit, le tétanisait de répugnance.

Sa seule idée dans son cerveau embrumé d'horreur, était de récupérer Alycia.

A peine s'il remarqua le regard désolé de Tom, à peine s'il vu le sourire triomphant de Dumbledore, à peine s'il entendit le cri de Ginevra, à peine s'il aperçut l'Anneau sur le front d'Aria.

Il n'avait jamais voulu la tuer, malgré ses malversations.

Ce n'était pas qu'il tenait encore à elle, mais avec Marie, elle représentait le dernier lien avec son passé. Et il s'en voulait, pour Hypnos, pour le gâchis des Renégats.

Tout avait été de sa faute, il était prêt à payer.

Mais Alycia était étrangère, elle n'avait rien à voir dans l'histoire, obsolète, de leur passé. Alors pourquoi la tuer ? Pourquoi la faire souffrir au point que les larmes de sang continuaient à couler même après sa mort ?

C'était injuste.

Erèbe ne bougea pas, cillant légèrement, sentant des tremblements parcourir ses membres crispés. Il attendait le bon moment, qu'Aria se relâche, qu'elle parle, qu'elle se vante.

C'était son caractère depuis toujours.


« Tu as perdu Erèbe. »

Les mots coulaient dans sa bouche purpurine, une bouche faite pour les baisers, non pour la haine. Dans ses yeux bleus l'animosité dansait avec la démence, alors qu'il aurait été tellement mieux que la tendresse combatte l'amour. Sa voix cristalline se délectait des mots de guerre, quand son chant pouvait apaiser.

« Mon armée a vaincu la tienne et avec ta petite avant-garde, tu ne pourras rien. Mes alliés et les sorciers te détruiront et… Je te l'avais dit. Je t'attend en bas. J'ai ga… »

Sa phrase ne se finit jamais.

Excalibur plantée dans son abdomen, les griffes d'Erèbe dans sa gorge, les mots moururent, en même temps qu'elle. Lorsque ses yeux se fermèrent, que toute lueur s'éteignit, un seul souvenir s'alluma dans son esprit.

Erèbe. Hypnos. Aria. Aither.

Il avaient été si heureux. Pourquoi, comment, tout avait été gâché ?

« Pardonne-moi, Aria. »

Elle ne pouvait - ne voulait - plus parler, mais son sourire, doux, et sa main déjà froide caressant la joue d'Erèbe, parlèrent pour elle.

Hypnos ? M'attendras-tu dans l'autre monde ?


Erèbe retira lentement la lame ensanglantée du corps de la Reine déchue. Il ferma les yeux quelques secondes, le temps de prier pour le salut de son âme, qu'elle retrouve son bonheur perdu aux Champs Elysées. Après son recueillement, il arracha l'Anneau scintillant et le ceignit sur son front blanc. Il rouvrit ses yeux, brillant d'une puissance nouvelle et se tourna lentement vers Dumbledore.

« Ne nous oublie pas si vite Prince de l'Ombre ! Nous, sujets d'Aria, te combattrons pour avoir tué notre unique Reine ! »

Un léger coup d'œil du Prince vers les Créatures rebelles acheva de conforter Albus dans son contentement. Il n'avait pas imaginé que la succube se ferait tuer si rapidement mais après tout, il pourrait ainsi se débarrasser des autres encore plus vite.

« Il est temps, Prince Maudit. »


Luna leva la tête vers le ciel, murmurant pour elle-même.

« Il va pleuvoir. Le sang giclera et la Terre se couvrira du Noir de la Création. »

A ses cotés, Neville lui jeta un regard soucieux. Inquiet, il passa sa main dans les lourdes boucles blondes, frôlant la joue.

« Il n'y a plus de Futur. »

La main se figea.


Il n'y eut pas de vrai signal. Ils étaient tous à se contempler patiemment, attendant que l'ennemi fasse le premier pas. Puis, un Incube se jeta sur un Démon, lequel se défendit.

Ce fut la débandade.

Un véritable désordre régnait, peu savait qui était ses alliés, qui étaient ses ennemis. La seul règle était de survivre à tous prix. Les morts jonchaient le sol par centaines, peut être par milliers.

Et le château d'Hogwarts surplombait la scène avec pitié.

Erèbe observa un instant le vieux bâtiment, avec nostalgie, tandis que son épée tranchait des bras, des jambes, des têtes, des corps. Il se rappelait, le temps où tout allait bien dans ce parc, quand Salazar et Godric se courraient après (sans beaucoup de dignité d'ailleurs) et que Rowena et Helga les observaient avec une tendresse maternelle.

Et puis, tout avait dégénéré, malgré eux.

Pourtant, l'heure n'était plus aux souvenirs mais au présent, un présent qui se consumait, lentement, au rythme du sang qui battait aux oreilles d'Erèbe, alors que son inquiétude croissait.

Ils étaient en train de perdre.


Pydë observa avec dépit se soldat mourir un par un. Elle regrettait leur mort, ils avaient été de fidèles serviteurs et l'avaient aidée de nombreuses fois. Mais tout a une fin, même la vie - surtout la vie - et celle des elfes ne faisait pas exception.

Mais elle avait des remords.

Quand elle voyait ce qu'était devenue sa cousine des Elfes Blanc, quand elle voyait que la guerre tournait en tuerie et en massacre, quand elle voyait son Prince tuer même des enfants innocents.

La guerre était une chose pitoyable qui rendait les gens fous et monstrueux.

Même si le Prince avait déjà fait des actes hautement répréhensible, Pydë l'avait connu quand il était perdu, misérable et sans espoir. Il avait évolué, avait rencontré des gens et cette vie, plus que les autres, l'avait changé.

Pour le meilleur et pour le pire, il était prêt à tout pour gagner.

Tout à ses réflexions, l'Elfe Noire avait relâché son attention, se détendant imperceptiblement. Pourtant, quand une Créature Alchimique lui sauta à la gorge, visant sa carotide, elle reçut trois flèches, à une vitesse surhumaine.

La Reine des Elfes Noires ne mourrait pas si facilement, même si elle était la dernière de son peuple à rester debout.


Nirar était un vampire tout à fait respectable et malgré la présence du Prince, vampire d'origine, son autorité restait importante au sein de son peuple. Alpha principal, il siégeait au conseil depuis le quatorzième siècle et il en était très fier.

Pourtant, il avait toujours connu la paix.

Ce n'était pas qu'il était un lâche ou un faible, c'était juste qu'il n'avait jamais été au combat, privilégiant les planifications et les stratégies. Il était plus à son aise devant un bureau.

Mais ce soir-là, dans la lueur sanguine du soleil couchant, il ne regretta pas son premier, et dernier combat.

Alors qu'il envoyait paître un énième ennemi, un sorcier s'approcha. Il portait une cape d'invisibilité et un sort inodore, mais le vampire sentit le mouvement. Trop tard cependant.

Par manque d'expérience, ou parce qu'il était occupé à lécher le sang sur sa dague.

Le pieu se planta dans sa gorge, traçant un sillon sanguin sur sa gorge alors qu'il la traversait de part en part. Puis, l'arme décrivit un arc de cercle, tranchant la gorge.

« Incendio maxima »

Le corps s'enflamma alors que les cris de souffrance retentissait, ne parvenant pourtant pas à dépasser le hurlement déchirant qui résonna longuement, faisant se figer quelques personnes.


Hermione était une sorcière brillante, tous ses professeurs le disaient. Mais, confronté à des Créatures qu'elle ne voulait pas combattre, affaiblie par des blessures antérieures à la bataille, reflets des humeurs de leur directeur, elle ne pouvait rivaliser.

Alors elle utilisa la technique la plus lâche qu'elle connaissait.

Elle fit la morte.

Bien sûr, pour les Créatures, il n'y avait aucune différence, elles sentaient parfaitement sa respiration, les battements rapides de son cœur, et voyaient le sang qui s'écoulait de son bras fraîchement coupé par une Succube en colère.

Mais Erèbe leur avait dit de ne pas la toucher.

Elle comme Ronald Weasley avaient toujours aidé « Harry », même si leurs actes seraient jugés, ils ne méritaient pas la mort.

Alors elle était protégée, ne voyant pas les rebelles se faire tuer par ses défenseurs.

Elle serrait violemment sa plaie au bras, luttant contre l'anémie et l'inconscience. Elle rêvait à une vie meilleure, là où il n'y aurait pas de guerre, pas de morts, pas de blessures, pas de douleur.

Une petite maison avec deux - peut être trois - enfants, tous roux. Ronald lirait le journal en mangeant salement, elle le réprimanderait et il rirait un peu avant de recommencer. Ginevra viendrait manger le midi, au bras de Draco Malfoy, rieuse, souriante, elle-même.

Et puis Harry - ou Erèbe - viendrait lui aussi.

Avec Tom peut être, il l'aimait après tout, cela se voyait si clairement. Elle, elle avait vu, pendant les raids, quand ils étaient l'un près de l'autre, ils se jetaient des regards inquiets, se protégeaient et se souriaient. C'était mignon.

Et puis, les pendentifs runiques, se balançant à leur cou, avant la Bataille, étaient très beaux.

Elle cessa sa rêverie, ouvrant difficilement les yeux. Elle chercha du regard Ronald, ne le trouva pas et, avec une grimace, elle tourna la tête vers la gauche, puis la droite.

Elle vit les cadavres de Seamus, de Dean - sur lui, comme pour le protéger - la gorge ouverte, de Parvati, tranchée en deux, de Neville, une plaie béante au thorax.

Les larmes lui montèrent aux yeux et elle voulut crier, mais sa voix ne passa pas la barrière de ses lèvres. Cordes vocales cassées, elle avait oubliée.

Pourquoi tant de haine quand ils n'étaient que des enfants pleins d'espoir ?

Pourquoi vouloir détruire chaque parcelle d'avenir ? Hein, Erèbe ? Pourquoi ?

Tant bien que mal, elle se releva, serrant dans sa main valide, sa baguette.


Ronald recherchait désespérément Erèbe. Il avait perdu Hermione et l'avait cherchée, mais il s'était résigné. S'il voulait la retrouver, il faudrait attendre que tout cela se finisse.

Pour autant, il ne voulait pas renoncer à retrouver son meilleur ami.

Ronald avait toujours été dans l'ombre, même avec Harry. Pourtant, quand Erèbe s'était reculé, le laissant à la tête de leur maison, il avait compris que la célébrité, il n'en voulait pas. Il n'était pas un leader, il était un stratège, il était celui qui reste, toujours, aux cotés du chef de bande.

Erèbe était ce chef et Ronald ne voulait pas l'abandonner.

Alors, il courrait, jetant des sorts au hasard, des sorts défensifs ou idiots, juste histoire de se protéger un minimum - parce qu'il ignorait qu'il était protégé par les Créatures, lui aussi - et de tenter quelque chose d'utile.

Il ne trouva pas Erèbe, mais il trouva la personne qui pourrait l'amener à lui.

Du moins, si elle survivait jusque là.


Luna n'était pas très combative, les Moires n'étant guère destinées à ça. Elle avait d'abord compté sur Neville, puis sur une Créature qui n'avait pas donné son nom, restant juste près d'elle et la défendant des attaques ennemies…

Ennemi ?

Cela avait-il encore un sens ? Dans ce carnage, c'était la loi du plus fort qui régnait, sans laisser d'espoir de survie à quiconque hésitait un seul instant. Le Futur n'était plus, le Chaos régnait à nouveau et les perspectives de victoires d'un camp ou de l'autre étaient minces, très minces.

« Nous sommes à la fin d'un monde, le Renouveau n'existe plus et personne ne pourra plus nous sauver. »

Alors, d'un sort vert, de deux mots, elle tua son accompagnateur, le regardant mourir avec une tristesse teintée d'indifférence. Elle avait échouée, elle, la dernière Moire.

Alors, elle n'avait plus qu'à couper le fil.

La Créature la faucha sans qu'elle ne vit le coup et, avec le sourire absent qui la caractérisait, elle sombra dans les Ténèbres de l'inconscience, apercevant juste une chevelure rousse.

Elle aurait bien aimé dire à Neville qu'il était son chevalier, qu'elle voulait bien lui donner son mouchoir, qu'elle serait sa dame et qu'il lui ferait la cour. Elle aurait voulu, dans un futur perdu, chasser des Ronflaks Cornus, pêcher des Plimpy ou se faire piquer par des Billywig. Ça aurait été très drôle de voir Neville en lévitation. Peut être aurait-il été plus doué qu'en vol à balais ?

Elle ne le saurait jamais.

Elle aurait repris le magazine de son père, lui serait devenu botaniste et ils seraient restés ensemble, un couple sans en être un.

L'amour courtois.

Il aurait peut être trouvé une petite amie, elle aurait fait sa jalouse et il l'aurait quittée.

Et puis, elle l'aurait embrassé, un jour, comme ça sans prévenir.

Il lui aurait dit « je t'aime ».

Ils auraient eu des enfants ou un chien. Ou un Pygmy puff.

Et puis, elle aurait dit, un jour, sans y penser : « Moi aussi je t'aime. »

« Luna ! Luna ! Dis-moi où est Erèbe ! Je suis certain que tu le sais ! LUNA ! »


Marie usait avec dextérité de ses deux sabres courbés. Le sang coulait de ses blessures mais elle en s'en préoccupait pas, son organisme était prévu pour les batailles de ce genre.

Les sorciers portuguais, quand ils avaient créés les Caçador, savaient ce qu'ils faisaient.

Presque.

L'Alchimie était déjà une science interdite à l'époque et même si leur but - faire pourchasser par leurs cobayes, les Créatures Noires et les détruire - était louable à l'époque, ils s'étaient quand même fait tuer. Leurs créations alchimiques s'étaient faites détruites sans exception.

Enfin, toutes sauf sept.

Les ancêtres de Marie, qui s'étaient faits recueillir par le grand-père d'Erèbe, en fuite. Après plusieurs années de cavale quand le vieux vampire s'était fait tué, son fils aîné avait pris la relève. Il avait cherché, seul, sans relâche et avait fini par trouver, avec son frère, une terre de l'ombre, caché par des boucliers magiques naturels.

Ce monde était difficilement vivable, mais les Créatures magiques n'étaient pas difficiles et cette terre d'accueil fut vite acceptée. On distribua à chacun un morceau de territoire et les Créatures se séparèrent à nouveau pour se réunir des centaines d'années plus tard, sous l'autorité d'Erèbe.

Pour remercier la famille royale vampirique, les Caçador avait « offert » les services de Marie et de sa sœur jumelle. Marie avait été affecté au Prince Héritier, passionné de runes et particulièrement timide. Pourtant, une fois sa confiance donné, il ne la retirait que rarement et était un excellent ami. Marie apprécia plus que tout la vie qu'elle mena, durant son enfance, avec lui.

Puis le drame des Renégats arriva.

Sa famille fut décimée, Erèbe, blessé intérieurement, se referma sur lui-même et sa vie s'effondra comme un château de cartes, morceaux par morceaux. La lueur de vie dans ses yeux s'effaça pour ne laisser place qu'à une poupée froide et meurtrière, entièrement vouée à son Prince et aux missions de Chasseuse qu'il lui confiait.

Tuer les Loup-garous trop libertins.

Les Vampires aux dents trop aiguisées.

Les Démons Mineurs qui se faisaient invoquer et refusaient ensuite de partir.

Ensuite, Pydë, Crystalla, Alycia, et enfin Ginevra firent reprendre vie au Prince, et par son intermédiaire, à Marie. Sa vie recommençait mais c'était une vie de guerre et de tuerie. Alors, quand le vieil homme sorcier lui jeta un sort mortel, le sort alchimique destiné aux créations ratées, elle ferma juste les yeux, murmurant une excuse à Erèbe.

Des larmes cristallines s'échappèrent de ses yeux brillants.

Leur lueur, doucement s'éteignit.

Marie quitta le monde des vivants, sans un mot autre que « Merci » aux lèvres.

Merci Erèbe.


Tu sais Marie, je te fais confiance plus qu'à n'importe qui. Si tu venais à me trahir, je ne m'en relèverais pas cette fois.

Mais je sais que je peux compter sur toi.

N'est-ce pas ?


Tu sais Marie, Alycia est une gentille fille. J'ai du mal à croire que ses parents aient été si aveugles pour ne pas voir ce pouvoir.

Hum, oui, tu as sans doute raison. Ce n'étaient que des sorciers sans intérêt. J'ai bien fait de les tuer.


Tu sais Marie, je crois que j'aime Tom. Tu n'aurais pas une idée pour me sortir de là ?

Me déclarer ? Nan mais ça va pas ?

Après la dernière bataille alors. De toute façon, tu seras avec moi pour me soutenir, n'est-ce pas Marie ?

Marie ?


Erèbe sentit un violent frisson le traverser. Ils perdaient, il s'en rendait compte, mais il était comme ça, il ne voulait pas abandonner. Comme « Harry », il était un battant, l'un de ceux qui ne lâchent même au bord de la mort.

C'était une qualité, la majorité du temps.

Mais savoir renoncer pouvait être bien aussi, il s'en rendait compte, essuyant le sang de sa tempe. Une large balafre traversait désormais son œil gauche alors que sa colère fondait en une profonde indifférence, celle qui lui était coutumière.

Celle qui précédait ses plus célèbres massacres.

Ces humains, ces sorciers, ces Créatures, ces Monstres Alchimiques, Tous, ces insignifiants insectes inutiles qui ne devraient même pas fouler la même terre que lui. Ils n'auraient pas dû respirer le même air que lui, et ces cafards allaient payer au prix forts pour l'avoir autant agacé dans une seule année.

Léchant le sang qui coulait sur son visage, grondant, les babines retroussées, le teint rougi par la sang et le soleil levant.

Le combat avait duré la nuit entière, il était temps de le terminer.

« Erèbe ! »


L'assaut avait bien commencé du point de vue de Tom. Si l'on exceptait le tragique incident avec le Démon - qui avait donné des envies de meurtres à son amant apparemment - tout s'était déroulé comme prévu. Ou presque.

La trahison de la Succube et la destruction de l'armée n'avait pas été envisagé.

Mais Tom était satisfait de la lutte qui, globalement, restait égale. Les Créatures Alchimiques avaient toutes été détruites en priorité et mis à part les restes de l'armée de la Reine déchue, la reddition ne tarderait pas du côté des magiciens blancs.

Il s'en réjouissait.

Pourtant, un pressentiment restait, le maintenait inquiet, gardant ses incertitudes. Il manquait une information. Il manquait un point capital.

Pourquoi Dumbledore avait-il si mal tourné du jour au lendemain ?

Pourquoi était-il si sûr de sa victoire ?

Sûr de sa théorie, il se dirigea avec méfiance vers le vieil homme qui tuait à coups de sorts alchimiques les personnes lui passant sous la main. A la manière d'un ancien mage noir, d'une manière que Tom connaissait pour l'avoir vu exécuter lors du célèbre duel de 1945.

La spécialité de Gellert Grindelwald.


Ginevra avait toujours été très consciencieuse, même lorsqu'elle n'était pas encore Princesse. Parce qu'elle était princesse à présent, il lui fallait l'être encore plus. Ses longs cheveux roux flottait, brillant étrangement sous le soleil qui se cachait sous des nuages noirs.

La nuit avait été étrangement courte mais le soleil sanglant qui se levait à présent, voyait arriver avec inquiétude des nuages noirs et grondants, à la manière de chiens enragés. Pourtant, avant que ne vienne le moment où il disparaîtrait, il révélait un paysage désolé et dévasté. Le château n'était plus que souvenirs et ruines.

Détruit en une nuit ce qu'il avait fallu des années pour construire.

Ginevra détourna son regard de ce qui avait été son foyer et retourna à ses meurtres propres et net. Un coup de griffes dans la gorge, juste à la jugulaire. Sanglant mais efficace, et c'était ce qui comptait.

Même totalement déphasée, son caractère lui restait, comme une seconde peau.

Et, malgré son air vague et ses yeux vides, elle restait une formidable combattante au corps à corps, et s'en sortait plutôt bien avec les sorts de son espèces - les sorts des « Yôkai » Japonais - qui lui assurait une certaine défense en attaque à distance.

Mais contre Dumbledore, elle ne pouvait pas grand chose.


Hermione avançait tant bien que mal, titubant parfois, trébuchant, tombant même, mais se relevant toujours. Elle n'avait qu'un seul but en tête, rejoindre Ronald, Erèbe et Ginevra et les pousser à fuir. Tom aussi, parce qu'il ne méritait pas la défaite qu'il allait recevoir.

Elle avait vu la puissance de Dumbledore avec cette pierre.

Il n'avait plus rien du vieux grand-père un peu gâteux, mais toujours serviable et agréable, proposant du thé et des bonbons au citron. Il n'était plus leur directeur. Quand avait-il changé ? Elle ne s'en souvenait plus, peut être vers le milieu de leur sixième année.

Et puis, quelle importance ?

Quand elle aperçut Ginevra, il était trop tard et elle ne put que jeter un maigre bouclier avec ses dernières forces. Pourtant, peut être par son amitié, ce fut ce qui sauva Ginevra, avec son cri.

« Erèbe ! »

Hermione s'écroula, sous le regard confus et reconnaissant de Ginevra et celui, méprisant, d'Albus Dumbledore. Il fit un léger geste, comme pour chasser un insecte et pensa tout haut :

« J'aurai du la tuer cette idiote. »


Erèbe se précipita en entendant le cri, et se plaça, accroupi, à cotés d'une Ginevra un peu déboussolée. La magie n'agissait plus, elle était sortie seule de la dépression dans laquelle la mort de Draco l'avait plongée. Elle était tirée d'affaire.

Enfin une note positive.

Il lui sourit avec tendresse et tout l'amour fraternel qu'il avait pour elle et elle lui rendit son sourire, timidement, pour la première fois depuis longtemps.

« Je suis content de te retrouver Ginevra. »

« Moi de même mon Prince »

Elle lui fit une légère révérence, un peu moqueuse et on aurait dit qu'ils n'étaient pas dans une lutte contre leurs ennemis, qu'ils étaient dans leur bibliothèque ou dans la salle du trône, que personne n'était mort et que Crystalla allait venir poser sa tête sur les genoux d'Erèbe, pour dormir un peu, qu'Alycia discuterait avec Ginevra ou Erèbe et que Marie lirait, en souriant discrètement.

Mais non, la tête d'Alycia était perdue, Crystalla reposait dans les étoiles et le corps de Marie pleurait quelque part dans le parc.

Et ils étaient en guerre, et Draco était mort et d'autres aussi. Beaucoup.

Leur deux sourires disparurent en même temps et leur regard se fit déterminé. Erèbe serra un peu l'épaule de sa dernière protégée et il voulut se retourner.

Les yeux de Ginevra s'agrandirent soudain, et elle ouvrit la bouche pour hurler.

Un autre le fit à sa place.

« EREBE ! NON ! »


Fin du Chapitre

Bien, j'espère qui vous a plu (ne me tuez pas pour cette fin) et j'espère surtout que vous me ferez part de votre avis ! C'est important, les avis surtout si on veut s'améliorer ! Alors, même négatives, vos critiques me feront plaisir !

L'épilogue arrivera dimanche prochain, le 19 septembre 2010.

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Kiss

Asuka Tanku