Après moult chantages, j'ai réussi à arracher une correction à ma Yebbeka (pardon de t'avoir arrachée à ton exposé mais t'as vu, j'ai pas fait beaucoup de fautes) !!! Voici donc en exclusivité le deuxième chapitre (il n'y en aura que 4 au total, qui sont d'ailleurs déjà écrit et attendent juste une petite correction. Bientôt les exams du coup je vais laisser Yebbeka tranquille et peut-être même un peu réviser (hum) qui sait !).
En attendant profitez bien et merci pour tous vos messages de soutien ça me fait énormément plaisir. C'est d'ailleurs grâce à un message super mignon que je me suis décidée à porter le coup de grâce à ma Yebbeka chérie ^^ !!!
Bonne lecture !!!
Chapitre 2 : Froid
POV Selena
Je ne comprends vraiment pas ce qui se passe. Depuis quelques semaines, mes parents sont devenus étrangement froids et distants. Ils répondent du bout des lèvres quand je leur parle, échangent des regards pleins de sous-entendus quand ils croient que j'ai le dos tourné, se taisent quand j'entre dans la pièce et me lancent sèchement que je vois le mal partout quand je leur fais remarquer leur attitude. C'est vraiment étrange.
Autrefois, même s'ils n'écoutaient pas toujours ce que je disais, je savais qu'il y avait des périodes où je pouvais leur parler et d'autres moins. Par exemple, quand papa est préoccupé par son travail, j'ai vite appris que ce n'est même pas la peine d'essayer de lui adresser la parole ! Quant à maman, il vaut mieux éviter le matin ou le soir après le dîner, moments qu'elle aime passer seule à se faire belle ou se détendre.
Mais depuis quelques semaines, petit à petit, sans même que je ne m'en aperçoive, ils changent. Ils deviennent de plus en plus antipathiques à mon égard. Au départ, j'ai pensé que j'avais fait ou dit quelque chose de mal, mais je ne voyais absolument pas quoi. Et puis mes amis et mes collègues de travail n'ont pas changé d'attitude, eux, donc cela vient bien de mes parents ! Même Draco n'a pas changé, le fait d'avoir bu un verre avec moi n'ayant en rien fait disparaître ses exaspérants « mademoiselle » qu'il me sert à tout bout de champ. Ou plutôt qu'il me sert quand je viens lui adresser la parole vu que lui ne fait jamais le premier pas. Enfin, bref, passons.
Ce soir, comme d'habitude, je rentre seule à la maison. Maman est chez une amie et papa travaille encore. Bien décidée à coincer maman dans un coin pour la faire parler, j'écoute attentivement les bruits. Soudain, j'entends la porte claquer. Je descends en courant les escaliers. C'est bien ma mère, dans le couloir, en train d'enlever son manteau blanc.
« Bonsoir maman ! »
« Oh bonsoir chérie. » dit-elle sans grande conviction.
« Je peux te parler une minute ? »
« Mais bien sûr. » Le sourire exaspéré qu'elle m'envoie me fait l'effet d'un coup de poing dans le ventre. Ma mère réserve d'habitude ce sourire mielleux et énervé à ses pires ennemies.
Nous passons dans la cuisine. Maman se fait une tasse de thé mais ne m'en propose pas. Elle s'installe en face de moi sur un tabouret et ne prononce plus un mot, les yeux baissés sur sa tasse fumante.
« Euh maman ? » Je commence timidement.
« Eh bien quoi ? Tu vois bien que je t'écoute non ? Qu'as-tu donc à me dire ? » Réplique-t-elle sèchement. J'accuse le coup mais essaye de ne rien laisser paraître et tente d'aborder le sujet indirectement.
« C'est juste que... tu ne trouves pas que papa est un peu bizarre en ce moment ? Enfin, il a l'air fatigué non ? »
« Évidemment qu'il a l'air fatigué ! Il ne fait que travailler et quand il rentre ici pour se reposer, tu n'arrêtes pas de le harceler ! »
« M... moi ? Mais qu'est-ce que tu veux dire ? J'essaye juste de... je ne sais pas... bavarder, parler, un peu comme on faisait avant. » Je parle d'un ton d'excuse, choquée et blessée par la réponse si virulente de ma mère.
« Oui, eh bien ton père ne peut pas être à ta disposition en permanence, Selena ! Il devient plus vieux et plus fatigué ! Il a besoin de calme et de repos, pas de discutions avec une adolescente écervelée. Quand vas-tu donc grandir un peu ? »
Sa voix si accusatrice me fait mal, je n'imaginais pas du tout que nos discussions gênaient mon père, bien au contraire. Je baisse les yeux, mal à l'aise et bouleversée par les paroles de ma mère. Elle ne m'a jamais parlé aussi durement. Je l'entends qui boit son thé à toute vitesse.
« Bon je vais dans ma chambre. Tu devrais en faire autant. » Lance-t-elle avant de sortir de la pièce. Son comportement est incompréhensible. J'ai une boule dans la gorge et les larmes me montent aux yeux. Suis-je une fille si détestable pour qu'on me traite ainsi ? Lentement, je monte les marches puis me réfugie dans ma chambre, je suis déboussolée, je ne comprends plus rien. Pourquoi mes parents ont-ils tellement changé tout à coup ? Est-ce vraiment à cause de moi ?
Au bout d'un moment, j'entends de nouveau la porte claquer mais je n'ose pas sortir. Puis les pas de ma mère résonne dans le couloir, elle rejoint mon père. Alors, sans un bruit, pieds nus, je passe la tête par la porte de ma chambre puis descends l'escalier. Un bruit de voix monte du salon. A un moment, je crois reconnaître mon nom dans la discussion. Je m'approche encore.
« Tu nous espionnes ? Je ne te félicite pas, jeune fille ! » Visiblement, je n'avais pas été aussi discrète que je le pensais. Mon père est sorti du salon et, poings sur les hanches, me regarde sévèrement. Je me sens comme une petite fille prise en faute puis je me reprends. Je suis ici chez moi quand même, non ? J'ouvre la bouche pour dire que j'avais oublié mon livre au salon ou une quelconque autre excuse mais mon père m'interrompt.
« Ne me mens pas, s'il te plaît, tu ne ferais qu'aggraver ton cas. Entre, ta mère et moi avons à te parler. » Le ton de sa voix n'augure rien de bon. Je pénètre dans la pièce. Ma mère est installée, bien droite, dans son fauteuil favori. Mon père se dirige vers le sien et me fait signe de m'installer sur le canapé. J'obéis.
« Bon ta mère m'a expliqué ce dont vous avez parlé tout à l'heure et il semble qu'il y a un gros problème. Nous sommes assez fatigués de tes discussions d'enfants, il faudrait que tu grandisses un peu ! »
J'ouvre la bouche pour répliquer que maman me l'a déjà fait remarquer mais il ne me laisse pas parler.
« Silence ! Écoute-moi jusqu'au bout, s'il te plaît, il me semble que je suis encore chez moi ici et que c'est à moi de décider qui parle et qui écoute ! »
Je trouve ça horriblement injuste mais me tais. Parler ne ferait que les énerver un peu plus.
« Outre l'attitude très déplaisante que tu as envers nous, des employés se sont plaints du fait que tu passais ton temps à lire au lieu de travailler. Cela est absolument inadmissible ! »
Là, je suis totalement sous le choc. Jamais je n'aurais imaginé un jour qu'un employé me dénonce. Il est vrai que je travaille moins que les autres pour le même salaire mais la plupart des employés sont passionnés de livres, comme moi, et lisent dès qu'ils le peuvent !
« Qui ? Qui a dit ça ? » Je murmure d'une voix blanche. J'ai beau me repasser les noms et les visages, aucun ne me vient à l'esprit. Sauf peut-être celui de Draco Malfoy, si distant parfois.
« Tu ne crois tout de même pas que je vais te le dire ! De toute manière, j'ai convoqué tout le monde et ils ont tous confirmé. »
Tous ?
« Sauf cet idiot de Draco Malfoy qui t'a défendu. Sans doute n'est-il pas là depuis assez longtemps pour s'apercevoir de ton manque de travail ! »
Anéantie, je regarde fixement mes pieds nus et maintenant glacés, laissant chaque mot de mon père me taillader un peu plus.
« En conséquence de tout cela, ta mère et moi avons pris une décision. Tu as un mois pour te trouver un logement. Nous voulons que tu quittes la maison. »
Je lève les yeux vers ma mère, hébétée. Elle renchérit.
« Nous avons besoin d'un peu d'intimité et puis cela te fera murir ! »
« Tu continueras à travailler dans la librairie pour que tu puisses payer ton loyer mais uniquement à condition que ton travail devienne irréprochable ! Et si tu fais des remarques à qui que ce soit ou que je te vois bailler aux corneilles, tu seras mise à la porte comme n'importe quel employé incompétent ! Bon maintenant que tout cela est clair, tu as quelque chose à dire ? »
Je fais non de la tête, de toute manière, je ne peux plus prononcer un mot et concentre toute mon énergie à ne pas fondre en larmes.
« Alors tu peux te retirer dans ta chambre, nous t'y enverrons ton repas. »
Je me lève et marche jusqu'à la porte. Mais je ne peux pas m'empêcher de courir dans les escaliers pour aller m'écrouler sur mon lit et pleurer autant que je peux. Je suis totalement perdue, ce n'est pas possible, ce ne sont pas mes parents en bas et ils ne viennent pas de me dire toutes ces horreurs. Malheureusement, tout est vrai et je dois maintenant quitter la maison familiale avant un mois. Quelque chose me dit que le plus tôt sera le mieux.
Le lendemain, je me réveille avec le sentiment d'avoir fait un cauchemar. Puis la réalité me revient en face. Alors je décide que personne ne saura rien. Je dirai aux gens qui me demanderont que c'est mon choix de partir de chez mes parents en espérant qu'ils ne me contredisent pas. Mais comment vais-je faire pour trouver où dormir ? Je n'ai jamais fait ce genre de choses...
Finalement, je décide d'aller dans une agence après le travail. Je me lève sans un bruit, me prépare vite et ne déjeune même pas. De toute façon, je n'ai pas faim. Au boulot, je travaille sans un mot, sauf aux clients pour qui je fais un effort. Mon père étant bien entendu là avant moi, il a dû parler aux employés car tous m'évitent du regard. Sans doute certains regrettent-ils leur acte, ou peut-être trouvent-ils ça plus juste de me voir m'activer ainsi. La journée passe lentement et douloureusement, j'ai l'impression que tout le monde me regarde. Sauf Draco, bien sûr, toujours aussi indifférent à tout ce qui ne le concerne pas. Il se moque même de ce qui le concerne d'ailleurs.
Il est à l'opposé de tous les autres hommes. Plus on fuit un homme, plus il nous court après, c'est bien connu. Mais plus je le fuis, moins il s'intéresse à moi. Il ne me regarde que quand je viens lui parler. Et peut-être que c'est lui qui a raison car plus il m'ignore, plus j'ai envie de le connaître, plus je le désire. Mon Dieu, je suis en train de devenir folle ! D'abord mes parents et maintenant moi, qui désire cet homme ? Quand je peux en avoir des milliers à mes pieds ? Pourquoi lui ? Pourquoi son sourire froid et distant me trouble-t-il plus que les regards éperdus que me jettent mes autres prétendants ? De toute manière, après les paroles de mon père, le nombre de mes prétendants appartenant à l'agence vient de baisser significativement.
En sortant du travail, je me dirige vers l'agence immobilière sorcière la plus connue. Ces services sont chers mais l'agence est réputée pour s'occuper du moindre problème. Alors que j'approche, je vois Draco en train de regarder la vitrine avec attention. Je m'approche de lui.
« Tu cherches quelque chose ? » Je lui demande.
« En fait, je t'attendais. » Répond-t-il sans se démonter « Ton père nous a expliqué que, vu ton manque de travail ces derniers temps, il t'avait convié à chercher un appartement afin que tu puisses te... concentrer, disons, un peu mieux. Et je me doutais que tu viendrais à un moment ou à un autre dans cette agence. »
Je prends comme un coup de poing dans le ventre cette nouvelle trahison parentale. Vu le ton employé par Draco, mon père a dû faire un discours virulent, je rougis de honte.
« Et... et alors ? Pourquoi voulais-tu me voir ? Tu as eu tout le temps pour le faire à la librairie non ? » Mon ton est un peu agressif mais j'ai du mal à retrouver mes esprits.
« Je me suis dit que tu n'accepterais jamais ma proposition si je la faisais devant tout le monde. En fait, j'ai trouvé un très joli petit appartement il y a deux semaines mais il est un peu trop cher pour mon salaire. Quand j'ai entendu que tu en cherchais un aussi, je me suis dit que ce serait bien d'être colocataires. Il y a deux chambres, je te rassure, et je sais faire le ménage et la cuisine. »
Je tombe des nues ! Être en collocation avec Draco Malfoy ? Mais que vont penser mes amis de tout ça ? Tout le monde va s'imaginer des choses ! D'un autre côté, ça ferait bien le pied à mes parents...
« Je saurai garder le secret si ça te dérange d'être vu avec moi, je comprends parfaitement. » Renchérit-il. Son ton est neutre mais je m'en veux de penser ainsi de lui. Il vient de me proposer gentiment son aide et moi je ne pense qu'à ma réputation.
« Le mieux ce serait que tu le vois non ? » Propose-t-il.
J'acquiesce. Nous entrons dans l'agence où le personnel a l'air de connaître Draco. Ils nous proposent un rendez-vous deux jours plus tard, après le travail. Draco a l'air très satisfait, on se quitte vite et il rentre chez lui. Je me demande finalement s'il fait ça pour moi ou juste pour lui. Je finis par rentrer aussi chez mes parents. Ils me saluent à peine.
On visite l'appartement. Il est superbe ! Ma chambre est couleur crème, elle n'est pas très grande mais la cuisine et le salon sont spacieux et très agréables. Draco a l'autre chambre, au papier peint noir avec des lignes blanches. Je trouve ça sombre mais ça a l'air de lui plaire. Le seul inconvénient est que nous devons partager la salle de bain mais comme elle ferme à clé, ça ira, m'a-t-il assuré. L'appartement est libre immédiatement. Tant mieux car hier mon père n'a pas pu s'empêcher de me demander où en étaient mes recherches. Je n'ai pas répondu mais il sera bien attrapé quand il trouvera ma chambre vide !
Draco propose qu'on déménage au plus vite. Il dit qu'il en a assez de son petit appartement mais je crois qu'il dit surtout ça pour moi. On attend samedi. Mon père travaille et ma mère est sortie de nouveau chez une amie. Mon nouveau colocataire vient me chercher, il m'aide à transporter les quelques meubles et affaires que j'emporte hors de la maison puis dans une camionnette magique et enfin dans le nouvel appartement. On passe la journée à tout installer et à faire des courses pour ce qui nous manque. Je suis plutôt contente au final, même si j'ai encore quelques appréhensions à vivre avec lui.
POV Draco
Enfin, ma proie est arrivée dans ma toile d'araignée. Comme prévu, l'appartement l'a enchantée et elle vit enfin avec moi. Il s'agit maintenant de relâcher doucement le sortilège d'imperium que j'ai jeté sur ses parents de manière à ce que personne ne se doute de rien et qu'ils soient persuadés qu'elle a commis un acte si terrible qu'ils n'aient plus envie de la revoir. Il serait plus prudent de la faire changer de lieu de travail mais cela peut attendre encore un peu. Son nouveau statut dans la librairie et le fait de tenir un appartement l'éloignera un peu de ses amis.
Petit à petit, je lui fais rompre ses liens avec le monde extérieur, sa famille, ses amis, son travail, tout y passera. Je refermerai ma toile sur son esprit si fragile. Mais il faut encore gagner sa confiance avant de l'influencer délicatement et qu'elle ne se tourne plus que vers moi. Je serai le cœur de sa vie, non, sa vie entière et elle sera tout ce que je possède. Les autres ne comprendront jamais, mais cela n'a pas d'importance. Le plaisir que je retire à lui ôter petit à petit tout espoir vaut bien le sacrifice que j'ai dû faire en reprenant une vie normale. Aujourd'hui, elle se rapproche pas à pas du gouffre où je veux la plonger et bientôt, je pourrai tout lui révéler car son âme sera si sombre qu'elle se moquera de tout. De tout, sauf de moi, bien sûr.
Fini pour aujourd'hui ! La suite dès que possible, en attendant merci beaucoup d'avoir lu mon récit !!!
Iliria
