Disclaimer : Les personnages de Miraculous appartiennent à leur concepteur, je ne fais que les emprunter le temps d'une fiction.


Le prix de la victoire
1)Avant le combat

Lorsqu'il rentra chez lui ce soir là après ses activités habituelles de la journée Adrien se sentait vraiment tendu.

Il posa ses affaires dans sa chambre, s'occupa de son mieux jusqu'à l'heure du dîner. On était samedi et il ne mit pas longtemps à faire ses devoirs, même si son esprit était légèrement ailleurs. Il descendit ensuite pour le repas. Comme d'habitude il était seul à table.

Il se força à manger pour ne pas attirer les soupçons et avoir les forces nécessaires au combat du lendemain, mais cela lui fut une épreuve. Plus que d'ordinaire bien qu'il n'ait jamais aimé manger seul, parfois sous le regard de Nathalie ou du garde du corps, des présences qui lui pesaient plus qu'autre chose. Il ne savait que trop bien qu'ils n'étaient pas là pour lui tenir compagnie mais pour garder un œil sur lui.

Au début il avait essayé de leur adresser la parole mais Nathalie lui avait fermement expliqué que son père ne tenait pas à ce qu'il leur parle plus que nécessaire et il n'avait pas osé insister.

Il ne savait que trop bien que cela serait source d'ennuis pour eux comme pour lui, son père n'aimait pas que l'on brave les règles qu'il établissait.

Il s'était donc résigné et avait appris à manger sans quitter la table du regard, pour ne rien voir d'autre que son assiette, son verre et ses couverts. Regarder plus loin, voir cette grande table où il était toujours seul depuis la disparition de sa mère était au delà de ses forces.

Il détestait presque cette table, rêvait de la détruire, elle était peu à peu devenue pour lui le symbole de sa solitude.

Bien sur, les choses avaient changé depuis qu'il avait réussi à arracher à son père l'autorisation d'aller au collège, mais ses sentiments pour la table n'avaient pas changé.

Une fois le repas terminé il demanda à Nathalie s'il lui était possible de voir son père.

Il n'était pas loin de neuf heures du soir, la plupart des parents se trouvaient sans doute chez eux, auprès de leurs enfants et lui avait envie de voir le sien, même quelques brèves minutes.

Lorsqu'il était Chat Noir il était peut être un héros combattant de son mieux des méchants envoyés par le Papillon pour s'emparer de leurs miraculous, mais pour l'heure il n'était qu'Adrien, un garçon de quinze ans qui avait terriblement envie de voir son père avant d'aller dormir.

On était samedi soir, Gabriel Agreste pouvait bien oublier son travail et ses projets l'espace d'un instant, pour lui parler, Adrien n'osait pas rêver qu'il puisse le serrer dans ses bras comme il l'avait fait après l'épisode Jackady.

Hélas Nathalie l'informa d'un air gêné que son père était trop occupé pour le recevoir et Adrien préféra ne pas insister.

S'il le faisait il contrarierait son père et rien de bon ne sortirait de leur rencontre.

Le cœur lourd il gagna sa chambre et s'étendit sur son lit.

Il espérait que son père était en train de travailler à un nouveau projet concernant la mode et non pas en train de se préparer à ce qui allait arriver le lendemain.

Il battit nerveusement des paupières.

Peut être qu'à cet instant précis son père était en train de peaufiner le plan d'attaque du Papillon... il sentit son cœur se serrer dans sa poitrine à cette idée.

Il essaya de se convaincre qu'il faisait peut être erreur, que la présence du livre dans le coffre de son père n'était qu'une coïncidence, mais une fois encore il n'y parvint pas. Depuis qu'il avait trouvé ce maudit livre l'idée avait fait son chemin dans son esprit et ne voulait plus s'en aller.

Son père avait tellement changé depuis la mort de sa mère, il pouvait très bien être le Papillon.

Il laissa échapper un soupir, attirant l'attention de Plagg et le détournant de son festin de camembert. Le kwami noir se dirigea vers lui et le considéra en silence. Pour une fois il ne se permit pas de commentaires et retourna finalement se poser sur le canapé parmi les boites de fromage.

Adrien eut l'impression que la nuit était interminable.

Il tourna en rond jusqu'à l'instant du départ pour le rendez-vous avec Ladybug.

Ce fut avec un mélange de soulagement et de terreur qu'il demanda à son kwami de le transformer et qu'il s'échappa de chez lui par une fenêtre comme il l'avait fait tant de fois ces derniers mois.

Tout en s'éloignant de chez lui il sentait son cœur battre à tout rompre dans sa poitrine. Bientôt ils seraient face au Papillon, sur son terrain, répondant ainsi au défi qu'il leur avait lancé.

C'était un pari risqué, mais ils n'avaient pas d'autre choix que de tenter le tout pour le tout.

Le Grand Gardien avait raison, ce jour devait être celui où ils arrêtaient enfin le Papillon.

Il était persuadé que Ladybug avait déjà un plan ou en concocterait un parfait comme à son habitude, et que grâce à elle ils triompheraient enfin.

Il avait lui aussi un plan en tête.

Si vraiment ses soupçons étaient fondés, si vraiment son père était le Papillon, ce plan des plus risqués avait des chances de fonctionner.

Parce que son père l'aimait, il voulait continuer à croire cela, désespérément.

Son père l'aimait et ne lui ferait pas de mal volontairement.

Donc, si les choses tournaient mal et que sa lady était en danger, il retirerait son anneau et se montrerait sous sa véritable apparence, avec un peu de chance le choc de la révélation suffirait à stopper son père, si toute fois le Papillon était vraiment son père.

Il préférait ne pas penser à ce qu'il arriverait s'il se trompait.

Si le Papillon n'était pas son père ou si le fait de voir qu'il était Chat Noir ne suffisait pas à le stopper.

Il ne voulait pas l'envisager, mais... si cela devait se produire, si le Papillon continuait à les attaquer même après avoir vu qui il était, alors cela n'aurait plus beaucoup d'importance.

Il reprendrait l'aspect de Chat Noir et se lancerait à nouveau dans le combat.

S'il en avait le temps bien entendu.

Il savait que c'était un plan risqué, mais il était prêt à courir le risque. Si cela pouvait leur donner la victoire, ou du moins donner la victoire à sa lady, il était prêt à le faire sans hésiter.

Pour une fois, lorsqu'il retrouva sa partenaire il se contenta de la saluer sobrement, il n'avait pas le cœur à plaisanter.

Ladybug fut surprise de ce comportement pour le moins inhabituel de la part de son fantasque coéquipier.

Elle l'observa à la dérobée tandis qu'ils se dirigeaient vers le lieu où le Papillon devait leur laisser un indice qui les conduirait jusqu'à lui.

Il avait l'air tendu, ses lèvres ne formaient plus qu'un mince trait, et cela aussi était peu habituel.

Elle espérait que c'était à cause de l'importance du combat qu'ils n'allaient pas tarder à mener qu'il était ainsi et non parce qu'il était sur le point de craquer sous la pression.

Elle n'avait vraiment pas besoin d'un partenaire qui perdait pieds au milieu du combat. Il serait bien assez dur sans que Chat Noir vienne le compliquer un peu plus en craquant au mauvais moment.

Ne voulant pas courir le moindre risque elle obligea son partenaire à s'arrêter sur un toit et vit le regard vert se tourner vers elle, empli d'interrogation.

- Chat Noir, est-ce que tout va bien ? Demanda t'elle aussi calmement que possible.

- Parfaitement bien ma lady. Répondit aussitôt Adrien en s'efforçant de prendre un ton léger.

Ladybug avait les sourcils froncés, comme si elle doutait de sa sincérité et cela lui faisait un peu mal, mais après tout, il avait l'habitude de ressentir cette petite pointe de douleur, elle était en lui depuis qu'il avait du admettre qu'il aurait beau faire sa partenaire préférerait voir ses défauts plus que ses qualités et se refuserait à l'aimer.

Une fois de plus il sentit une pointe de douleur lui transpercer le cœur.

Oui... Ladybug ne l'aimait pas et ne l'aimerait jamais, peu importait ce qu'il pouvait bien faire pour elle, peu importait le nombre de fois où il se jetterait au devant du danger pour la protéger.

Elle était si têtue... elle avait décidé de ne pas l'aimer et elle s'y tenait.

Heureusement pour lui en tant qu'Adrien, Marinette n'était pas si obstinée, si elle l'avait été, jamais elle n'aurait accepté de le croire lorsqu'il lui avait dit ce qu'il en était vraiment pour ce qui était du chewing gum et de sa solitude. Jamais ils ne seraient devenus amis.

Parfois il se disait que les choses seraient sans doute plus simples s'il était amoureux de Marinette...

Non, là il avait tout faux, les choses ne seraient pas plus simples, bien au contraire, avec Chloé qui lui courrait après s'afficher avec Marinette reviendrait à leur rendre la vie impossible, à lui comme à elle, ce serait une bien vilaine façon de remercier la jeune fille aux cheveux noirs de son amitié pour lui. Il n'était pas sans savoir que Chloé et Sabrina leur rendraient la vie impossible si il avait le malheur de vouloir sortir avec Marinette. Elles s'acharneraient sans doute sur Marinette, elles qui n'étaient déjà pas tendres avec la jeune fille.

Adrien ne voulait pas exposer une amie à une situation pareille, même si Marinette était de taille à se défendre. Donc une histoire d'amour entre elle et lui était hors de propos.

Être amoureux de Ladybug était bien plus facile, même si elle ne lui retournait pas ses sentiments ou peut être parce que justement elle ne lui retournait pas ses sentiments.

Il pouvait rêver et soupirer à sa guise. Il pouvait s'imaginer des choses... quelque part c'était un peu comme sa relation avec son père. Son père qu'il aimait mais qui n'avait jamais de temps pour lui.

Un sourire amer passa sur ses lèvres.

Oui... son amour pour Ladybug était à l'image de sa relation avec son père, une succession d'espoirs déçus. De moments volés, d'échanges furtifs qui n'avaient sans doute de sens et de valeur que pour lui.

Peut être était il destiné à n'aimer que des gens qui ne pouvaient lui rendre cet amour qu'il brûlait de leur offrir.

A suivre