Ce ne sera pas une histoire bien longue. Soyez en sûr, donc pas de panique pour les autres fictions !

Attention Spoiler sur les scans du tome 25 !


Regarde-moi dans les Yeux.

Il s'avance. Il y est.

Le couloir de l'hôpital.

Son frère devait le rejoindre près du numéro...Mais il n'est pas là. Pas encore, surement.

Seulement Edward n'a pas le courage d'y aller seul. Il attend.

Devant lui est inscrit ce numéro en lettres sobres.

L'odeur de médicaments est imprégné dans les murs. Il réprime de justesse une envie de vomir.

Son regard balaye les alentours. Pas de trace d'Alphonse.

Edward se décale pour aller regarder à la vitre. Une vitre qui lui donne tout le temps d'observer à travers la salle, le malade qu'il était venu voir.

Un homme. Grand. Il est allongé sur le lit. Les yeux clos. Les mains le long de son corps.

Un tube d'oxygène le relis à un petit écran.

Il observe les courbes vertes, régulières, parcourir un chemin sans fin.

Elles sont faibles...

Edward voit alors Alphonse. Il est sagement assis au chevet du malade.

Alors il ne l'avait même pas attendu ?

Il voit ses lèvres bougées. Lui parle t-il ?

Alphonse... Traître...

On s'était promis d'y aller tout les deux ensembles. Mais je ne peux pas t'en vouloir. Pour toi aussi, il était...Un père.

Un mince sourire s'élargit sur les lèvres du garçon qui observe par la vitre.

Ca y est, il est décidé...Il va rentrer, lui aussi.

Alors il ouvre la porte du numéro "22", faisant sursauter son petit-frère qui semblait en pleine confidence.

"- Ed ! Tu en a mis du temps ! On avait dit dix-neuf heures...

- Désolé ! J'étais...Enfin je pensais lui ramener quelque chose, mais tout les magasins ont fermés."

Edward s'approche d'Alphonse et dissimule sa mine assombrie en souriant de toutes ses dents. Il se retourne alors vers le malade tout en fourrant une de ses mains dans sa poche.

Il semble s'accrocher à quelque chose à l'intérieur de celle-ci.

"- Comment va t-il ?"

Alphonse ne bouge pas de sa chaise. Il reste septique...

"- Le médecin m'a dit que suite à la perte de sa vue, il était impossible de la lui rendre... Forcément puisque la "Vérité" lui a prit tout ce don il avait besoin pour voir. Ni greffe...Mais...La pierre peut...

- Tu oublie qu'elle est faite à partir de vies humaines ! On va pas répéter sans cesse le même carnage ! Les pierres restent des pierres, et les humains restent des imbéciles..."

Un silence s'installe. Edward observe l'homme assoupi.

"- ...Lui-même le sait... C'est lui qui nous l'a appris d'ailleurs. Les hommes sont voués à faire des choses qui les dépassent. Leur volonté est forte, mais leur vie ne tient à presque rien. Il nous a apprit à nous relever... Lui et tout les autres."

Alphonse se lève et s'avance près de son frère;

"- C'est justement pour ça qu'il faudrait l'aider, tu ne penses pas ?

- ..."

La neige fond contre la fenêtre. Deux minutes s'écoulent sans qu'aucun bruit ne viennent troubler la saison.

Puis le jeune homme sort une boule de noël de sa poche. Il attrape délicatement les doigts du malade et la lui met au creux de la paume.

"- Commençons par lui prouver qu'on sera toujours là pour lui..."

Alphonse rit. Qui avait-il de si drôle ? C'était sans doute ce que se demanda brusquement Edward qui lui lança un regard curieux.

Alors son petit-frère posa une main sur son épaule et ils se dirigèrent vers la porte de la chambre

"- Tu crois qu'un jour il devinera qu'il est plus qu'un simple Colonel à nos yeux ? ...En tout cas, c'est étonnant comme tu parle de lui maintenant.

- C'est parce qu'il dort ! Mais t'inquiète pas que dès lors qu'il se réveillera, je lui met mon poing dans la figure en guise de bonjour!"

Leurs voix s'étouffent derrière la porte qu'ils referment doucement tout en s'éloignant.

Les courbes vertes sur l'écran continuent leur chemin. Elles s'accélèrent.

Une main se crispe sur la boule de noël.

Un oeil s'ouvre. Puis un deuxième.

Mais rien.

Il ne voit rien.

Il ne fait qu'entendre.

Il sourit, mais malgré tout, un sentiment d'abandon persiste.

Il a tout entendu.

Mais...Il a peur.

Effrayé par ce qu'il ne voit pas.

Agacé par ce qu'il sent au milieu de sa main, mais qu'il n'arrive pas à deviner.

Il va être obligé d'attendre qu'on le lui dise.

Et ça, c'était tellement frustrant...