Disclaimer : Les personnages de Miraculous appartiennent à leur concepteur, je ne fais que les emprunter le temps d'une fiction.
Le prix de la victoire
3)Une victoire au goût amer
Malgré les protestations d'innocence de Gabriel Agreste, celui qui dirigeait le groupe de policiers préféra croire Ladybug qu'un styliste, fut il riche et célèbre. Les images des caméras de surveillance de la maison furent d'une grande utilité pour le convaincre. Il fit menotter le styliste après les avoir visionnées. Il les emporta également comme pièces à conviction.
Adrien se tenait en retrait, observant silencieusement ce qu'il se passait, un peu étourdi par la situation qu'il avait encore un peu de mal à appréhender. Tout était allé si vite... trop vite.
Le combat était enfin terminé, le Papillon avait lutté jusqu'à la dernière seconde, mais ils avaient fini par triompher de lui.
Ou plus exactement Ladybug avait fini par triompher de lui. Corrigea t'il mentalement en regardant des policiers emmener Gabriel Agreste menottes aux poignets.
Lui n'avait fait que donner un coup de main et couvrir ses arrières autant que cela lui était possible et cela n'avait jamais été si dur.
Pourtant il avait tenu parole, il avait fait le nécessaire, il avait participé à l'arrestation du Papillon, il avait été un bon coéquipier pour Ladybug, parce que tel était son rôle et qu'il avait promis de le tenir jusqu'au bout.
Il ne parvenait pas à effacer de son esprit l'expression choquée de sa partenaire lorsque le Papillon s'était transformé en Gabriel Agreste. Qu'elle avait réalisé que le méchant qu'ils traquaient depuis des mois était le créateur de renom.
Depuis cet instant il n'avait pas cessé de garder un œil sur elle, appréhendant sa réaction.
Elle se tenait à quelques pas de lui, lui tournant le dos. Sans aucun doute encore sous le choc de la révélation.
Lui aussi était choqué, il avait beau avoir deviné la vérité il avait espéré jusqu'au bout être dans l'erreur, que son père ne soit pas le Papillon. A présent il était fixé.
Il avait mal... terriblement mal... il avait l'impression d'avoir trahi son père... même si ce dernier était un criminel et que les criminels devaient être arrêtés.
Non... il avait la certitude d'avoir trahi son père et c'était bien pire.
Bien plus douloureux.
Parce que son père avait essayé jusqu'au dernier moment de se débarrasser d'eux, par tous les moyens et que même s'il ignorait leurs véritables identités, qu'il ignorait lutter contre son propre fils, cela ne rendait pas la chose moins pénible aux yeux d'Adrien.
Il avait combattu et vaincu son père... il avait participé à sa chute et il allait devoir en assumer les conséquences.
Il ne savait pas encore ce qu'allaient être ces conséquences, mais il s'en moquait.
Pour l'heure, bien qu'il soit toujours sous l'identité de Chat Noir il ne se sentait plus du tout un héros, seulement un adolescent meurtri qui avait vu son père partir menottes aux poignets.
Il ne se sentait pas triomphant le moins du monde.
Il avait tellement besoin de réconfort... des bras d'un ami pour le serrer très fort.
Mais il n'y avait personne sinon Ladybug et il ne pouvait pas lui demander de lui faire un câlin, pas en cet instant, pas alors qu'il savait qu'elle repousserait sa demande comme elle l'avait toujours fait et se moquerait de lui, gentiment certes, mais cela n'en serait pas moins un refus.
Il avait de plus en plus de mal à se contrôler, à se retenir de trembler, de pleurer, de s'enfuir.
Il ne le pouvait pas... il était... un héros... les héros ne s'enfuyaient pas et n'éclataient pas en sanglots sur le lieu du combat.
Les héros... se conduisaient en héros, ils souriaient, se battaient et gagnaient sans rien montrer de leurs véritables sentiments.
Oui... c'était ce que les héros étaient censés faire, mais le problème était qu'en cet instant précis Adrien ne se sentait plus du tout héroïque.
Son costume qui l'avait tant de fois protégé du pire pendant les combats ne le protégeait pas du chagrin et de la douleur d'avoir envoyé son propre père en prison.
Les héros avaient ils à se battre contre leurs parents ?
Il ne le pensait pas, du moins il n'avait pas le souvenir de héros envoyant leurs pères en prison comme lui venait de le faire.
Il vit Ladybug porter la main à sa boucle d'oreille droite, ce qui était le signe qu'elle n'allait pas tarder à se retransformer.
Qu'elle allait devoir partir pour préserver son identité.
Qu'elle allait le laisser seul avec sa souffrance.
Parce qu'elle n'en savait rien puisqu'il réussissait encore à donner le change.
Adrien baissa la tête, il devait la laisser partir, c'était la règle, une règle qu'il n'avait jamais enfreint, même s'il en avait eu plus d'une fois la tentation. Même s'il avait souvent taquiné Ladybug à ce sujet, il l'aimait et la respectait trop pour passer outre sa volonté.
Oui, il devait la laisser partir, même s'il brûlait de la retenir. Pas pour découvrir qui elle était en vérité, mais pour pouvoir la serrer contre lui une dernière fois.
La réalité lui arriva comme une gifle en plein visage.
Une dernière fois... oui, ce serait la dernière fois qu'il pourrait la voir.
C'était fini... ils avaient vaincu le Papillon... ils allaient entrer au Lycée, ils allaient être séparés... ils n'auraient plus à devenir Ladybug et Chat Noir...
Ils ne se verraient plus...
Plus jamais...
Il sentit son cœur s'affoler dans sa poitrine à cette idée.
Ne plus jamais revoir sa Lady... ne plus pouvoir l'admirer en pleine action, la protéger... Non...
Il pensait être prêt à cela, mais au final, il s'était menti à lui même.
Il n'était pas du tout prêt à renoncer à elle.
Ladybug se sentait épuisée, vidée par le combat et anéantie par la véritable identité du Papillon.
Gabriel Agreste, le père d'Adrien était le méchant contre lequel ils s'étaient battus si longtemps... comment un garçon aussi gentil qu'Adrien pouvait il être le fils d'un être aussi mauvais ?
Bien sur elle avait toujours trouvé monsieur Agreste distant, presque injuste envers son propre fils, mais elle n'aurait jamais imaginé une chose pareille.
D'ailleurs, même maintenant qu'elle l'avait vu se transformer sous ses yeux, qu'elle l'avait vu être emmené par la police, elle avait encore du mal à y croire.
Elle se posait des questions.
Adrien était il au courant que le Papillon était son père ?
Gardait il cette information secrète ? Depuis longtemps peut être... Même si Gabriel Agreste était froid et distant, ils vivaient sous le même toit, comment Adrien aurait il pu ignorer la vérité ?
D'un autre côté... elle avait bien réussi à cacher qu'elle était Ladybug à ses parents alors que leur maison était bien plus petite que celle des Agreste alors, il était possible qu'Adrien ignore tout des agissements de son père.
Pauvre Adrien... lui qui était si sensible, qui avait déjà perdu sa mère, il allait aussi perdre son père... par sa faute à elle...
Comment allait il réagir ?
Allait il lui en vouloir ? La haïr de lui arracher le dernier parent qu'il lui restait ?
Elle frissonna, elle ne voulait pas voir Adrien la regarder avec haine.
Même si elle avait commencé par ne pas l'aimer elle s'était très vite attachée à lui et imaginer qu'il puisse la regarder avec reproche lui brisait le cœur.
Pourtant ce serait mérité, elle venait de lui faire le pire des torts.
Tandis qu'elle se débattait avec ses craintes et sa culpabilité elle entendit Tikki la prévenir qu'il ne lui restait plus beaucoup de temps pour filer avant de se retransformer.
Même s'ils étaient désormais seuls dans la maison des Agreste, les policiers et leur captif étant partis, Chat Noir et elle elle devait se retirer sans attendre, s'éloigner l'un de l'autre. Pour suivre les règles, une dernière fois.
Elle réalisa brusquement que c'était terminé.
Le Papillon était vaincu, elle n'aurait plus besoin d'être Ladybug. Plus jamais...
Sa vie allait redevenir plus facile, plus paisible, et ce serait tant mieux, ses absences répétées, ses nuits de veille, ses combats étaient possibles tant qu'elle était au collège, mais il en irait tout autrement l'année suivante, lorsqu'elle entrerait au lycée.
Elle allait devoir se concentrer sur ses études si elle voulait réussir sa vie.
Être Ladybug avait été une expérience enrichissante, mais elle ne pouvait pas durer éternellement.
Tant mieux si c'était terminé.
Elle n'entendit pas Chat Noir s'approcher d'elle mais d'un seul coup il fut derrière elle et l'attira contre lui, la serrant étroitement entre ses bras.
Elle se débattit pour se dégager.
- Chat ! Lâche moi ! Je dois partir, mon temps est presque écoulé.
Contre toute attente son partenaire ne relâcha pas son étreinte pour autant, bien au contraire, il la resserra un peu plus.
Ce n'était pas douloureux ni inconfortable, mais c'était un peu angoissant, même pour elle qui le côtoyait depuis si longtemps.
Qu'est-ce qui passait par la tête de Chat Noir ? Pourquoi l'avait il attrapé de la sorte et la retenait il alors qu'elle venait de lui dire qu'elle devait partir ?
- Chat ! Je vais me transformer devant toi si tu ne me laisses pas partir. Insista t'elle.
Elle sentit le souffle de Chat Noir sur sa nuque puis l'entendit murmurer à son oreille.
- J'ai fermé les yeux, je ne regarderai pas, tu as ma parole, reste.
La demande la prit par surprise et la figea l'espace d'un instant, lorsqu'elle se reprit enfin il était trop tard, elle se retransforma entre les bras de Chat Noir avec un cri de protestation qui se changea en cri de colère.
Elle se dégagea sans ménagement, furieuse d'avoir été retenue contre son gré et avant d'avoir réalisé ce qu'elle faisait sa main entrait en contact avec la joue de son partenaire.
Tandis qu'elle réalisait ce qu'elle venait de faire elle vit qu'il n'avait pas menti, ses yeux étaient clos et même la gifle ne les avait pas fait se rouvrir.
Sous le choc la tête de Chat Noir était partie sur le côté, sa joue frappée ne tarda pas à rougir mais il ne broncha pas, resta immobile et silencieux, les yeux fermés.
Troublée et honteuse de ce geste d'humeur, mal à l'aise devant le comportement inhabituel de Chat Noir Marinette prit la fuite sans se retourner.
- Rentre chez toi ! Cria t'elle en s'enfuyant.
Le bruit de sa course résonna sur le dallage.
Lorsqu'il s'éteignit Adrien se laissa lentement tomber à genoux.
Rentrer chez lui ?
Il était déjà chez lui... mais ce n'était qu'une maison, pas un foyer.
Il sentit la transformation qui le ramenait à son identité première mais resta les yeux fermés.
Il ne voulait pas les rouvrir.
Il ne voulait plus rien voir.
C'était terminé...
Il était seul.
A suivre
