Disclaimer : Les personnages de Miraculous appartiennent à leur concepteur, je ne fais que les emprunter le temps d'une fiction.

Un petit mot pour remercier spiderwomen de ses reviews, elles m'encouragent beaucoup.


Le prix de la victoire
4)La nuit après le combat

Marinette n'alla pas très loin, elle n'avait pas fait plus de dix mètres que Tikki s'échappait de son sac dans lequel elle avait eu le temps de grignoter un des cookies et volait jusqu'à son visage.

- Marinette, dit doucement la petite kwami rouge, es-tu certaine d'avoir pris la bonne décision en le laissant seul dans la maison des Agreste ? Si quelqu'un y revient et le surprend...

Marinette soupira, elle s'était posé la même question mais elle n'avait pas vraiment le courage de retourner là bas.

L'idée même lui en était insupportable. Ce qu'il s'y était produit était trop dur à accepter pour l'heure.

Pourtant, devant le regard de sa kwami elle n'osa pas refuser de faire demi tour, sans compter qu'elle était troublée et soucieuse pour Chat Noir qui avait vraiment eu des réactions très étranges après ce dernier combat.

Il était sans doute affecté par la chose, mais de là à réagir de façon si excessive...

S'il avait un problème elle se devait de retourner là bas et de s'en assurer.

Parce qu'il était son partenaire et qu'il n'avait jamais hésité à tout risquer pour elle.

Parce qu'elle regrettait de l'avoir giflé et voulait s'en excuser.

- Tikki, transforme moi. Dit elle finalement.

La petite kwami rouge sourit et s'empressa de se glisser dans ses boucles d'oreilles. Marinette retrouva son aspect de Ladybug et reprit au plus vite la direction de la maison des Agreste.

Elle se faufila à l'intérieur de la même façon dont elle en était sortie, par la fenêtre de la chambre d'Adrien, la même ouverture qui leur avait permis, Chat Noir et elle, d'y entrer pour mener leur dernier combat.

Elle grimpa ensuite en direction de la salle secrète du Papillon où elle avait laissé Chat Noir.

Elle se sentait vraiment nerveuse à l'idée de le trouver sous sa véritable apparence.

Elle ne savait vraiment pas comment réagir si elle le découvrait privé de sa tenue noire, sans son masque...

Elle ne savait pas non plus comment lui réagirait, mais une fois arrivée elle constata que la pièce était vide, Chat Noir n'était nulle part en vue, et personne d'autre ne semblait présent.

Voulant en avoir le cœur net elle appela doucement.

- Chat ?

N'obtenant pas de réponse elle fit un tour rapide des lieux sans rien trouver, sans le trouver.

Il était sans doute rentré chez lui, se reposer de leurs épreuves du jour. Chose qu'elle devait faire elle aussi.

Elle se retira à regret, avec le désagréable sentiment d'être passée à côté de quelque chose d'important.

Adrien qui avait entendu Ladybug revenir avait tout juste eu le temps de se cacher dans un placard. Il n'était pas très fier d'agir de la sorte, pas plus heureux de devoir se cacher dans sa propre maison, mais il ne se sentait pas le courage d'affronter Ladybug à nouveau, pas après qu'elle l'ait giflé pour avoir osé tenter de la retenir un peu.

Il avait retenu son souffle tout en se blottissant parmi les tenues enfermées là. Priant pour qu'elle n'ait pas l'idée d'ouvrir la porte.

Il l'avait entendu l'appeler et le ton de sa voix avait failli le pousser à se montrer, mais il s'était souvenu juste à temps qu'il était sous l'aspect d'Adrien et n'avait pas bougé.

Il était navré de ne pas répondre à l'appel de sa lady, mais il ne le pouvait pas.

Il resta à tendre l'oreille jusqu'à ce qu'il soit certain qu'elle était partie puis écarta les habits pour sortir et réalisa soudain que les affaires qui se trouvaient dans ce placard n'appartenaient pas à son père, il s'agissait de tenues de sa mère.

Il sentit son cœur se serrer et ses yeux s'emplir de larmes en sentant l'odeur familière qu'il avait presque oublié et qui lui revenait brusquement en mémoire. Le parfum de sa mère... si délicat.

Il se recroquevilla sur lui même et cacha son visage entre ses mains, laissant couler des larmes trop longtemps retenues.

Sentir l'odeur de sa mère avait été le détail de trop, il ne parvenait plus à se retenir de pleurer et sanglota longuement.

Finalement, épuisé et incapable de supporter une seconde de plus de rester dans ce placard il s'en échappa et regagna sa chambre.

Écroulé sur son lit il ferma les yeux, espérant que le sommeil serait prompt à venir le délivrer de ses tourments, mais hélas tel ne fut pas le cas.

Il se retourna finalement sur le dos, une main sur sa joue meurtrie par la gifle de Ladybug il se mit à fixer le plafond.

Sa lady n'y était pas allé de main morte... mais c'était tout à fait elle.

Cela lui faisait mal de songer qu'ils s'étaient quittés en mauvais termes, de cette façon déplaisante, mais il ne parvenait pas lui en vouloir. Il n'avait pas le droit de chercher à la retenir de toute façon, elle avait eu la réaction qui s'imposait.

Au moins ainsi il était certain de ne lui laisser aucun regret. Elle qui voulait tant une vie normale, sans combats, elle allait pouvoir y retourner. Elle allait pouvoir l'effacer de sa vie, peut être même l'oublier comme on oublie un mauvais souvenir.

Il sentit son cœur se serrer.

Un mauvais souvenir... ce serait la dernière chose qu'il lui aurait laissé.

Il tenta de chasser sa tristesse en songeant au moment où il retournerait en classe, parmi ses camarades il pourrait encore avoir une vie gaie. Il avait hâte d'être à nouveau là bas, avec eux, pour oublier l'autre réalité.

Marinette regagna sa maison et se glissa dans sa chambre en utilisant une dernière fois les pouvoirs de sa kwami.

Elle reprit ensuite sa véritable apparence et se laissa tomber sur son lit. Tikki voleta autour d'elle, avant de se poser près de sa joue.

Marinette sourit à sa kwami puis se redressa pour se préparer pour la nuit, elle se déshabilla, se glissa dans son lit et essaya de trouver le sommeil, en vain.

L'image de Chat Noir immobile et silencieux, les yeux clos, ne cessait de revenir dans son esprit.

Chat Noir qu'elle avait frappé, sans raison valable. Bien sur il n'aurait pas du la retenir, mais il avait tenu parole, il n'avait pas regardé lorsqu'elle se transformait ni après, il n'avait pas mérité qu'elle se montre aussi dure, presque méchante avec lui.

Lorsqu'elle repensa aux instants juste avant qu'elle n'échappe à son étreinte, elle réalisa qu'elle l'avait senti trembler alors qu'il la serrait dans ses bras.

Son Chat Noir, si gai et insouciant, tremblait en l'enlaçant et elle ne s'en rendait compte que maintenant qu'il était trop tard pour revenir en arrière et le consoler.

Elle avait tellement l'habitude de le voir plein d'assurance, si insolent qu'il en était souvent agaçant, qu'elle n'avait pas imaginé un seul instant qu'il puisse être affecté de la sorte par leur victoire contre le Papillon. Elle se serait plus imaginée qu'il allait se réjouir d'avoir enfin vaincu leur adversaire.

Imprévisible Chat Noir... et elle qui pensait bien le connaître, elle était à nouveau prise au dépourvu face à ses réactions improbables...

A la honte de l'avoir blessé s'ajoutait le soucis de savoir où il avait bien pu se réfugier après avoir fuit la maison des Agreste.

Elle ignorait tout de lui dans la vraie vie comme il ignorait tout d'elle, avait il comme elle un foyer aimant ? Des gens auprès de qui se réfugier pour être consolé après qu'elle l'ait si mal traité ? Elle l'espérait de tout son cœur.

C'était probablement le cas, pour être si joyeux, si plein d'entrain la plupart du temps, si insouciant parfois, Chat Noir devait avoir tout cela et à l'heure actuelle il était probablement chez lui, bien entouré et il oubliait l'épreuve qu'ils avaient traversé.

Marinette l'imagina au sein d'une maison chaleureuse, avec des parents aimant et compréhensifs comme les siens, mais aussi de nombreux frères et sœurs plus jeunes que lui, il était sans doute gentil avec eux, il les faisait rire avec ses blagues, même si elles n'étaient pas toujours très bonnes, il les rassurait lorsqu'ils avaient des doutes et les consolait s'ils étaient malheureux.

Incapable d'imaginer à quoi il pouvait bien ressembler sans sa tenue elle le visualisa dedans, entouré de sa fratrie et ne put se retenir de pouffer.

De l'endroit où elle se tenait Tikki s'étonna de cette hilarité imprévue.

- Marinette, tout va bien ? Qu'est ce qui te fait rire ?

- Tout va bien Tikki, j'imaginais Chat Noir avec sa famille. Répondit Marinette le sourire aux lèvres.

Tikki hocha la tête gravement et garda le silence. Elle ne voulait pas attrister Marinette en lui révélant qu'à l'heure actuelle son partenaire était vraisemblablement seul et n'avait lui aucune envie de rire, qu'il n'aurait probablement pas envie de rire avant très très longtemps. Elle n'avait aucun doute sur la véritable identité de Chat Noir, les kwamis se localisaient entre eux sans même se voir et ellle avait senti la présence d'un kwami aux côtés d'Adrien Agreste de nombreuses fois. Elle était assez âgée pour en tirer les conclusions qui s'imposaient.

Marinette l'aurait également été si elle avait eu quelques années de plus. Dans l'état actuel des choses elle n'était pas encore en mesure d'appréhender certains détails et c'était sans doute mieux ainsi. Cela la préservait de nombreux chagrins.

Tikki n'en était pas moins triste pour le garçon que Marinette était en train de s'imaginer bien entouré et qui n'avait sans doute que Plagg à ses côtés pour affronter cette nuit difficile. Surtout que Plagg n'était pas vraiment le kwami le plus chaleureux qui soit, à moins qu'il ait réussi à changer depuis le temps, ce dont Tikki doutait fortement. C'était dommage pour Adrien Agreste, il n'avait pas gagné le meilleur des partenaires. Plagg était gourmand, paresseux, râleur et assez égoïste pour autant que Tikki s'en souvienne. Il n'avait pas non plus eu la meilleure des familles avec une mère disparue et un père devenu froid et distant et au final un criminel. Elle espérait que son bon cœur, sa force de caractère et son intelligence suffiraient à l'aider à surmonter les épreuves qui l'attendaient. Elle espérait tout autant que ce qui ne manquerait pas de se produire n'affecterait pas trop Marinette, elle détestait la voir triste. Hélas, elle était persuadée que ce serait le cas. Parce que Marinette aimait sincèrement le garçon, elle serait fatalement touchée par ce qui allait lui arriver.

A suivre