Disclaimer : Les personnages de Miraculous appartiennent à leur concepteur, je ne fais que les emprunter le temps d'une fiction.
Le prix de la victoire
7)Course poursuite
Alors qu'elle redescendait du dernier étage, n'ayant trouvé aucune trace de son ami, Marinette découvrit Alya qui l'attendait, leurs deux sacs à ses pieds. Elle était seule et la classe était fermée. Marinette l'interrogea du regard un peu surprise de la trouver dans le couloir.
- Je me doutais que tu ne pourrais pas le rattraper, soupira Alya, mais ce n'est pas grave, il ne peut qu'être rentré chez lui, tu n'as qu'à t'y rendre.
- Je ne peux pas... les cours... protesta Marinette.
- Les cours sont finis ma grande, avec le scandale de l'arrestation de Gabriel Agreste et la crise d'hystérie de Chloé le directeur a préféré nous renvoyer tous chez nous. J'ai comme l'impression que nous n'allons pas revoir Adrien en classe. Lui fit savoir Alya d'un air sombre. Chloé est sortie d'ici en sanglotant, Sabrina sur les talons, je suis à peu près certaine qu'elle va tout faire pour qu'Adrien ne soit plus jamais autorisé à revenir.
Marinette sentit le poids de la culpabilité peser plus encore sur ses épaules.
- Ce n'est pas juste... souffla t'elle.
Alya secoua la tête avec accablement.
- C'est comme ça ma grande, les gens n'ont pas toujours ce qu'ils désirent. Regarde toi, tu es folle d'Adrien depuis qu'il est arrivé ici et il ne te considère toujours que comme une amie pas vrai ? Et c'est pareil pour Chat Noir et Ladybug.
- Ladybug n'aime pas Chat Noir ! Ne put s'empêcher de dire Marinette en rougissant.
Alya se mit à rire.
- Ça je le sais bien ma grande, je les ai bien observés, mais je peux te dire que Chat Noir en pince pour elle.
Marinette soupira, elle n'avait pas envie d'entendre ce genre de choses, et encore moins de voir Alya s'imaginer des choses, Chat Noir n'était pas amoureux d'elle, il faisait juste semblant, c'était un jeu pour lui, rien de plus.
- Tu te fais des idées. Murmura t'elle. Il joue les amoureux c'est tout.
- Et c'est aussi pour jouer qu'il se jette toujours au devant des attaques qu'elle pourrait recevoir ? Répliqua Alya d'un ton moqueur. Il est amoureux d'elle je te dis. Bon, je te laisse, je vais rentrer vérifier qu'il n'y a pas de nouvelles infos que je pourrai mettre sur mon blog, et si je peux te donner un conseil, tu devrais aller faire un tour du côté de chez Adrien puisque tu es si inquiète pour lui.
C'était bien ce que comptait faire Marinette, une fois qu'elle aurait réussi à retrouver Chat Noir, il était plus que temps qu'ils aient une discussion tous les deux, et pas seulement à propos de ce qu'il s'était passé la veille.
Elle se sépara de son amie et se trouva un coin discret où se transformer puis s'élança vers les toits de Paris.
Où avait bien pu aller Chat Noir ? S'il était rentré chez lui elle n'aurait aucune chance de le retrouver et elle en avait pleinement conscience. Il ne lui restait plus qu'à tabler sur sa chance, après tout elle était la coccinelle, un symbole de bonne fortune. Cela devrait la servir encore une fois.
Elle n'eut pas à aller très loin, la silhouette sombre, si reconnaissable, de son partenaire était debout sur un toit non loin, il était tourné vers la tour Eiffel qu'il semblait étudier attentivement.
Marinette le rejoignit et posa une main hésitante sur son épaule.
- Chat ?
Elle le sentit sursauter, comme si elle l'avait pris par surprise puis il tourna vers elle un visage trempé de larmes. Malgré son masque Marinette voyait clairement celles-ci rouler sur les joues de son partenaire. Elle retira sa main, honteuse de l'avoir surpris dans un moment de faiblesse.
Elle était surprise de le trouver ainsi, en proie aux larmes et en plein désarroi, et en même temps, émue de constater qu'il n'était pas toujours le garçon un peu fanfaron et blagueur.
Ainsi dévoilé, il semblait plus proche, et surtout, il lui donnait envie de le consoler, de le protéger.
Elle se sentit rougir à cette pensée. Protéger Chat Noir ? Quelle idée saugrenue... il n'avait nul besoin de protection n'est-ce pas ? Il était si fort... si...
Un autre regard à son partenaire qui s'efforçait visiblement de se reprendre, sans grand résultat, et elle se corrigea mentalement. Non, il ne l'était pas... du moins pas pour le moment, c'était donc à elle de l'être. De lui apporter du réconfort si elle le pouvait. Ce qui n'était pas si facile à faire, surtout sans savoir pourquoi il était en train de pleurer. Elle ne se voyait pas lui poser la question.
Ne sachant trop que dire elle se lança au hasard, sur le premier sujet qui lui venait à l'esprit.
- Chat, je suis désolée pour hier, je ne voulais pas te faire de peine. Dit elle doucement. Je ne pensais pas que tu serais affecté à ce point par notre victoire... c'était un grand jour tu ne crois pas ? Nous avons vaincu le Papillon...
Chat Noir essuya ses larmes d'un revers de sa main gantée et esquissa un pâle sourire, bien loin de ceux qu'il lui adressait d'ordinaire.
- Tu as sans doute raison. Répondit il d'un ton qui manquait de conviction.
Marinette cherchait désespérément quelque chose qu'elle pourrait dire qui serait à même de lui remonter le moral. Une idée lui vint, qui ne remonterait peut être pas vraiment le moral de Chat Noir, mais qui lui permettrait à elle de tester ses véritables sentiments.
- J'ai croisé le chemin de celle qui tient un blog sur moi, tu n'imagines pas ce qu'elle s'est mis en tête à notre sujet.
- Quoi donc ? Questionna Chat Noir intrigué par ce brusque changement de sujet.
La personne en question était sans doute Alya et il se demandait quelle idée farfelue avait bien pu lui passer par la tête cette fois. Il espérait que ce serait amusant à entendre, il avait vraiment besoin de quelque chose qui lui apporte un peu de gaieté.
- Elle pense dur comme fer que tu es amoureux de moi. Sourit Marinette. Elle a du manquer toutes les filles à qui tu fais du charme.
La plaisanterie tomba à plat et Marinette se traita de tous les noms en réalisant ce qu'elle venait de dire. Ce n'était certainement pas avec des propos de ce genre qu'elle allait le consoler.
Chat Noir parvint avec peine à se contenir, il ne réussit pas par contre à retenir une phrase teintée d'amertume.
- J'ai du les manquer aussi. Murmura t'il avant de s'élancer pour s'éloigner d'elle avant de se ridiculiser.
Il espérait qu'elle n'avait pas entendu ce qu'il venait de dire. Il l'espérait du fond du cœur.
Il n'était venu sur ce toit que pour regarder la tour Eiffel et se remémorer les bons moments qu'il y avait passé avec elle, pas pour qu'elle puisse l'y retrouver et achever de lui briser le cœur. Il préférait fuir que de poursuivre une discussion qui pourrait mal finir. Il ne voulait pas lui faire de peine, même si elle venait, une fois encore, de lui en faire.
Ladybug ne l'entendait visiblement pas de cette oreille et sa réaction ne se fit pas attendre. Il n'avait pas fait trois mètres qu'il sentait le fil du yoyo de Ladybug s'enrouler autour de lui pour le retenir.
- Pas si vite mon minou ! Lui cria sa partenaire.
Étroitement ligoté les bras le long du corps il se sentit chuter puis le fil le retint et le guida dans une direction bien précise, il se retrouva adossé à une cheminée, incapable de lui échapper tandis qu'elle le rejoignait.
Il battit des paupières, un peu choqué qu'elle agisse de la sorte avec lui alors qu'il n'était pas ensorcelé ou quoi que ce soit ne justifie qu'elle le traite ainsi.
Marinette s'arrêta à quelques pas, le cœur battant à tout rompre.
Elle n'avait parlé de ce que lui avait dit Alya que pour voir comment il allait réagir et à présent elle était fixée. Alya avait raison, Chat Noir l'aimait vraiment, c'était elle qui s'était montrée aveugle tout ce temps.
Elle avait l'impression que ses yeux s'ouvraient et que les pièces du puzzle s'emboîtaient enfin devant elle.
Son dévouement, ses petits gestes, ses propos dont elle affectait de rire et qu'elle ne voulait pas prendre au sérieux... tout cela était réel.
Chat Noir l'aimait depuis longtemps et elle avait été trop stupide, trop obnubilé par Adrien pour le comprendre. Elle s'était même permis d'en rire devant lui.
Elle posa avec douceur une main sur la joue de son partenaire. Elle avait vraiment des remords de l'avoir traité de la sorte pendant si longtemps et elle tenait à lui dire.
- Je suis désolée Chaton, je ne t'avais pas pris au sérieux... pourras tu me pardonner ? Nous pourrions repartir sur de nouvelles bases.
Chat Noir cilla.
Il avait attendu si longtemps ces mots et voilà qu'il les entendait enfin, alors qu'il était trop tard. Il ne pouvait lui donner une réponse satisfaisante, pas alors qu'il allait quitter Paris et il le savait. A nouveau il se mit à maudire le destin qui se montrait si cruel avec lui, avec eux...
- Non, nous ne pourrons pas. Répondit il.
Il vit la stupeur se peindre sur le visage de Ladybug.
Marinette était surprise et choquée de la réponse, elle lui donnait une ouverture et il la refusait ? Pourquoi ? Avait il cessé de l'aimer ?
Cette idée lui causa une douleur intense. Ne plus le voir la regarder comme il le faisait avant... comment pourrait elle ?
- Tu ne m'aimes donc plus ? Souffla t'elle avec effort.
Elle n'était pas certaine d'avoir le droit de poser cette question, mais c'était plus fort qu'elle, il fallait qu'elle la pose.
Elle était loin de se douter de l'effort qu'il avait fallu à son partenaire pour prononcer ces mots. De l'envie qu'il ressentait de revenir en arrière et de lui avouer à quel point il l'aimait, à quel point il avait besoin d'elle. Mais agir de la sorte serait égoïste de sa part.
Chat Noir secoua la tête. Il pouvait s'éloigner d'elle, mais il ne pouvait pas lui mentir, c'était au dessus de ses forces.
- Ce n'est pas ça... Soupira t'il.
- Alors c'est quoi ? S'étonna Marinette.
À suivre
