A l'approche de la nuit
Disclaimer: Je malmène encore ces pauvres personnages, mais ils ne m'appartiennent pas, étant l'entière propriété de J.K. Rowling.
Pairing: Hermione Granger / Severus Snape, mais je m'autorise quelques dérives ^^
Rating : T, mais au vu des idées qui remplissent mon esprit tordu, cela à te fortes chances de passer au M !
Note de l'auteur : Hellouuu les gens ^^ J'espère que votre début de semaine se passe bien, et qu'il fait moins moche que chez moi XD Aussi, rien à voir, mais bon courage à ceux qui sont en plein exams, partiels ou bac, ou autre ^^
Alors vous avez failli ne jamais avoir ce chapitre, parce que j'ai eu la bêtise d'acheter les SIMS 3 la semaine dernière lool. En gros, pour ceux qui connaissent, ce jeu vous empêche d'avoir une vie sociale (ou d'écrire) pendant quelques temps après son achat XD Mais vous êtes chanceux, je me suis moi-même donner un coup de pieds aux fesses, et j'ai terminé ce chapitre ;) Qui n'est toujours pas très clair, mais que voulez vous, j'aime prendre mon temps et vous faire râler :p
Un gros merci à tous pour vos reviews, vous m'avez vraiment gâté !! :D J'ai répondu individuellement à ceux qui ont des comptes ffnet, donc je ne répondrais qu'aux 'anonymes' ici à présent :))
D'énoooormes poutous à Sandra également, pour prendre le temps de corriger mes vilaines fautes en plein milieux de ses partiels :D
RaR :
Sandra : C'est étrange de te répondre concernant ce chapitre en sachant que tu as déjà lu celui d'après, hihihi XD Donc je crois que cela ne te surprendras pas si je te disais, comme à tous les autres, que les réponses viendront :p Il y a bel et bien un rapport entre Hermione et le serment, comme tu t'en doutes, encore une réponse qui viendra très vite ^^ Gros poutous, et merci pour tout la miss !!! :D
Khalie : Merci beaucoup pour ta review ! Je suis heureuse que mon histoire t'intrigue ^^ Tout ce que je peux espérer est que la suite ne te décevras pas :D
Eileen19 : Effectivement, je vais devoir te dire de patienter, que les réponses viendront, blabla, l'habituel déballage des auteurs de fic qui ne tiennent pas à révéler la totalité de leur intrigue trop vite XD Le rôle de Deborah deviendra (bientôt) nettement plus clair, et j'espère que tu finiras par comprendre pourquoi elle peut faire frissonner même Severus ! XD (oui, parce que moi elle m'inquiète, mais tu me diras, je ne suis pas Severus…qui est un personnage de fiction…hum, je me tais O_O) Un gros merci en tout cas ^^
Chapitre Deux : Ostendo Cruor
Parcourir les couloirs sombres de Poudlard au milieu de la nuit était comme une seconde nature pour Severus.
Cela était devenu une habitude bien avant qu'il ne devienne professeur, et qu'il ne débute ses rondes obligatoires. Dès ses premières semaines au château, il avait pris un plaisir certain à se glisser hors de la salle commune des Serpentard, découvrant d'abord les couloirs froids des cachots, avant de devenir rapidement plus audacieux, et d'oser monter dans les étages.
Il savait qu'il avait été loin d'être le seul à avoir entrepris ce genre d'excursions nocturnes. Chaque année, le flot de nouveaux élèves amenait avec lui une poignée de gamins impatients de partir à la recherche des secrets de Poudlard. Ce n'était pas sans raison que les professeurs étaient obligés de roder dans les couloirs toutes les nuits, à tour de rôle.
Lorsqu'il avait été lui-même à l'école, il avait fait parti de ces élèves un peu trop curieux. Si cela lui avait valu quelques retenues aux fils des ans, ce n'était rien comparé aux nombres de punitions qu'avaient reçues ce pédant de James Potter et ses groupies, qui aimaient se donner le titre de 'Maraudeurs'. C'était sans surprise qu'il avait découvert avec consternation que sa progéniture avait suivit le même chemin, n'hésitant pas à entraîner ses amis dans le danger, année après année.
Ce soir-là, alors qu'il marchait d'un pas rapide –mais toujours silencieux- dans le couloir des Sortilèges, il se retrouva à espérer ardemment que Potter ait ressenti l'intense besoin de bafouer une fois de plus le règlement, et s'était glissé hors de sa salle commune. Mieux, qu'il ait omis de prendre sa cape d'invisibilité. Rien n'aurait pu lui faire plus plaisir à cet instant que de pouvoir lui retirer une bonne centaine de points avant même que les premiers cours aient débuté, et de lui infliger une retenue avec Rusard tous les soirs de la semaine jusqu'à Halloween.
Malheureusement, il se doutait que ses chances étaient minces. Il savait qu'il ne rencontrerait certainement personne cette nuit. Les élèves préféraient sans doute rester bien au chaud dans leurs lits, l'estomac remplit à son maximum, s'étant bâfrer au banquet, qui s'était terminé seulement quelques heures auparavant.
Quel dommage. N'importe qui aurait fait l'affaire, vraiment, du moment que cela lui permette de libérer une infime partie de la rage sourde qui bouillait en lui depuis sa conversation avec Debbie.
Il essayait tant bien que mal de garder ses pensées loin de cette discussion, de ce qu'elle lui avait dit, préférant rester dans un déni total. Mais il savait que cela ne serait pas possible. Pas avant qu'il n'ait fait les vérifications nécessaires, qui lui prouveraient bien sûr que Debbie avait tord ; qu'elle était complètement folle, et qu'elle était réapparue soudainement dans sa vie après vingt ans d'absence dans le seul but de lui gâcher la vie.
Mais une minuscule partie de lui ne pouvait s'empêcher de ressentir une pointe d'incertitude, qui frôlait dangereusement l'inquiétude. Il avait décidé presque inconsciemment qu'il irait parler à Sinistra dès le lendemain. Il ne s'était jamais bien entendu avec le professeur d'astronomie, mais pour être honnête, il ne s'était jamais bien entendu avec aucune personne du corps enseignant. Il ne pouvait pourtant pas nier que Sinistra connaissait sa matière à la perfection. Mieux que le professeur Filante, qui avait enseigné l'astrologie lorsqu'il était lui-même élève.
Filante avait été un sorcier si âgé qu'il semblait presque plus ancien que Binns, qui était pourtant professeur depuis plusieurs siècles. Il avait été complètement gâteux, et s'il avait eu une connaissance plutôt bonne des nombreuses positions des étoiles et des planètes, ses prédictions concernant les évènements astronomiques à venir avaient été…rarement justes. Trelawney était une experte comparée à lui, c'était pour dire.
Et pourtant, cette nuit-là, alors qu'il n'avait eu que seize ans, il avait juré d'accomplir ce que Debbie lui avait demandé, avant… avant l'alignement.
Quel alignement, exactement ? Il n'en était plus sûr. Il n'avait aucune envie de se replonger dans ce souvenir, mais il savait qu'il n'allait pas avoir le choix… Il irait emprunter la Pensine de Dumbledore avant son premier cours le lendemain, et vérifierait ce qu'il s'était vraiment passé, près de vingt-deux ans plus tôt. Il était sûr d'une chose, c'était que cet alignement en question avait été mentionné dans leur dernier cours d'astronomie avant le Serment. Filante avait été totalement excité à cette idée, et Debbie et lui n'avaient pas cherché à vérifier quoi que ce soit…avant de jurer sur sa vie, utilisant une donnée aussi bancal.
Bien sûr, à bien y réfléchir, la totalité de cette histoire -en particulier le fait qu'il ait fait CE Serment Inviolable, par Merlin !- était complètement impensable. Il ne pouvait empêcher un sentiment de honte l'envahir. Oui, il avait été jeune et stupide. Oui, il avait été dévasté, et dans un état qui avait dépassé l'ébriété. Et Debbie avait toujours eu un faible certain pour les idées totalement tordues, et les défis dangereux, c'était bien ce qui lui avait tellement plus, à l'époque, non ? Ainsi qu'une vague ressemblance à…
Mais c'était insensé.
La simple idée qu'elle puisse avoir raison, et qu'il doive réellement se retrouver à remplir les clauses du Serment dans les huit prochains mois était impensable, écœurant.
Comme pour confirmer ses pensées de dégoût total, il réalisa alors que ses pas l'avaient dangereusement rapprochés du couloir de Défense Contre les Forces du Mal, et par la même occasion, du bureau et des appartements de Déborah Perfild. Il était hors de question qu'il prenne le risque de tomber sur elle, après l'avoir virée sans cérémonie de chez lui, un peu plus tôt dans la soirée.
Il tourna donc les talons, son inquiétude et son écœurement se transformant à nouveau en colère sourde et intense, ses doigts s'enroulant instinctivement autour de sa baguette, comme s'il pouvait lancer un sort qui sortirait un élève de son lit, qu'il puisse se défouler.
Il sentit une vague de vicieuse excitation le traverser, alors qu'il commençait à apercevoir une lueur faible à l'autre bout du couloir, émergeant des escaliers. Ses vœux avaient pour une fois été exaucés.
Un idiot était hors de son dortoir, et possédant un QI inférieur à celui de Crabb et Goyle, il n'avait pas réalisé qu'allumer sa baguette le rendait terriblement facile à repérer. Pour son plus grand plaisir. De son côté, il était pratiquement indécelable. Sa baguette était également allumée, mais la lumière qui s'en échappait était si faible qu'elle était pratiquement indétectable. Il connaissait le château tellement bien qu'il n'avait pas besoin d'éclairer son chemin pour se diriger.
Ce qui voulait dire que le délinquant –qui n'était malheureusement pas Potter, il s'en doutait- se rapprochant de plus en plus ne l'avait sûrement pas vu, aveuglé par son propre halot lumineux, et lui étant comme toujours totalement vêtu de noir.
Il sentit ses lèvres s'étirer dans un sourire machiavélique, une impatience sombre grandissant en lui. Avec un peu de chance, il s'agirait d'une deuxième année (les premières années n'étaient pas encore terrorisées par lui), qui hurlerait de peur en le découvrant. Il avait parfaitement conscience de l'aspect sadique de ce genre de pensées, mais après tout, il n'avait jamais caché ce côté de sa personnalité.
Plus la forme s'avançait, plus il fut obligé de reconnaître que ce n'était pas une deuxième année, qui aurait été beaucoup plus petite. La masse de cheveux à présent visible était également trop importante pour appartenir à un garçon.
Une masse de cheveux qui était si frisée et ébouriffée qu'elle ne pouvait appartenir qu'à une seule et unique personne.
Immédiatement, son excitation disparue, remplacée sans attendre par une irritation familière, mais dont il se serait bien passé à cet instant.
« Miss Granger ! » l'appela t-il d'un ton sec, et effectivement, elle n'avait pas dû remarquer sa présence, à en juger par le bond qu'elle fit, accompagné d'un petit couinement apeuré, sa baguette tombant au sol.
Elle s'empressa de la récupérer, alors qu'il parcourait les derniers mètres qui les séparaient, augmentant au passage la lumière sortant de sa propre baguette, pour qu'elle puisse juger de la gravité de la scène.
« Professeur Snape, » dit-elle d'une voix pour une fois dénuée de bégayement, bien qu'étant légèrement tremblante. Etrangement, cela ressemblant plus à un salut qu'à une tentative de début d'explication.
Il ignora ce phénomène, préférant lui dire de son ton doucereux qui ne prévoyait rien de bon : « Y aurait-il quelque chose dans ce que je vous ai dit la nuit dernière qui ne se serait pas imprimé correctement dans votre cerveau, Miss Granger ? »
Au lieu du rougissement honteux qui aurait dû enflammer ses joues –il l'avait tout de même surpris parcourant les couloirs au milieu de la nuit !- elle se contenta de froncer les sourcils, n'osant pas tout à fait soutenir son regard, cependant. « Professeur ? » demanda t-elle, de toute évidence incrédule.
Il dû faire un effort surhumain pour ne pas pousser un soupir exaspérer, ce qui aurait trahit son personnage : « Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, le couvre-feu est passé depuis plus de deux heures, et vous étiez en train de vagabonder tranquillement dans les couloirs. Chose que je vous ai expressément recommandé de ne pas faire la nuit dernière.»
Cette fois, elle osa planter son regard dans le sien, avant de pointer du doigt quelque chose qui se trouvait épinglé sur sa poitrine. « Je suis préfète-en-chef, monsieur. C'est ma responsabilité autant que la votre de faire une ronde des couloirs après le couvre-feu. »
Son irritation augmenta violemment. Non seulement, elle lui répondait sans gêne, mais elle était en plus préfète-en-chef, ce qui voulait dire qu'il risquerait sans aucun doute de la voir traîner plus souvent qu'à l'ordinaire dans les couloirs…et qu'elle avait une excuse pour le faire. Une autre information qu'il aurait sans aucun doute découverte la veille s'il avait assisté à cette maudite réunion de prérentrée.
Il réagit de la seule manière qu'il connaissait.
« Dix points en moins pour Gryffondor, Miss Granger, pour insubordination. »
Le rougissement qu'il attendait tant apparu enfin, mais ce n'était clairement pas un rougissement de honte, plus d'indignation qu'autre chose.
« Insubordination ? » répéta t-elle, ses traits déformés par un sentiment d'injustice total. « Simplement parce que je vous ai donné une raison concrète pour m'être trouvé hors de mon dortoir après le couvre-feu ? »
Pourquoi donnait-elle toujours l'impression d'avoir avalé un dictionnaire ? Ou plutôt une centaine d'encyclopédies. Il avait beau être agacé par l'attitude révoltée de Granger, il devait reconnaître qu'elle lui offrait au moins la distraction qu'il avait recherchée, et intérieurement, il commençait presque à apprécier l'altercation.
« Non, insubordination parce que vous semblez croire que votre nouveau statut vous donne la même importance qu'un professeur. Ce qui est loin d'être le cas, Miss, malgré les airs supérieurs que vous vous donnez. »
Le rougissement s'intensifia, tout comme le contentement du maitre de potions. Avec un peu de chance, elle allait répliquer quelque chose qu'elle considèrerait comme étant cassant et intelligent, et il pourrait lui donner une retenue…et retirer trente points de plus à sa maison.
« Oh, veuillez m'excuser, professeur, je n'avais pas réalisé que vous étiez le seul à pouvoir prendre des airs supérieurs, cela ne se reproduira plus, soyez en sûr. »
Ohhh, parfait. Les Gryffondors, tellement prédictibles. Il dû se mordre l'intérieur de la joue pour ne pas laisser un sourire sarcastique craqueler son masque. Il devait après tout continuer de la laisser croire qu'il était très en colère.
« Et bien, il semblerait que votre dose de courage ait augmenté durant les vacances, Miss Granger, » susurra t-il d'un ton glacial et totalement ironique. « Ce qui, dans votre cas, s'accompagne malheureusement d'un degré d'insolence que je ne pourrais tolérer. Je pense que vous ne trouverez rien à redire au fait que vous allez vous retrouvez en re-»
Mais il ne finit jamais sa phrase.
Une douleur cinglante et lancinante transperça soudainement son bras gauche. Sa main droite alla agripper par réflexe l'endroit où la Marque des Ténèbres venait de brûler sa chaire, une expression sombre prenant instantanément place sur son visage. Il oublia la présence de Granger l'espace d'une seconde, alors que son estomac semblait être temporairement fait de plomb, sentiment qu'il ressentait à chaque fois qu'il était appelé.
« Professeur ? » l'appela la jeune fille, une légère inquiétude ayant remplacée son indignation, et il put voir son visage déformé par une expression qui semblait presque…soucieuse ?
Cela eu pour effet immédiat d'assombrir encore d'avantage son humeur, ce qui dû se refléter dans son regard, car elle sembla se recroqueviller sur elle-même, comme s'il venait de lui crier dessus.
« Allez vous coucher, Miss Granger, » se contenta t-il de dire, son ton glaciale étant plus que naturel à présent. « Il n'y a que vous d'assez stupide pour roder dans les couloirs, un soir de rentrée. »
Et sûr ces mots, il se retourna et prit la direction des escaliers, la laissant seule et muette derrière lui.
Ce ne serait vraiment pas une bonne nuit.
***
Tous sorciers ayant fait leur scolarité à Poudlard se souvenaient de deux années en particulier.
La première, pour l'émerveillement presque continu qui les envahissait jours après jours, alors qu'ils apprenaient à canaliser la magie qui coulait naturellement dans leur veine, qu'ils soient de descendance sorcière ou non. La découverte du château, de ses passages secrets, de ses fantômes. Les matchs de Quidditch, la Coupe des Quatre Maisons, les tartes aux citrouilles…
Et puis, il y avait la septième année, qui n'aurait pu être plus différente. Le niveau d'étude et sa difficulté était tel que plus aucune joie n'était ressentie, dans la grande majorité des cas. Bien sûr, il y avait parfois des exceptions comme Hermione Granger, qui en aurait presque redemandé. Mais pour le reste des élèves, terminer leur dernière année était synonyme de délivrance.
A la fin de leur première journée de cours, Harry et Ron comprirent enfin pourquoi durant les six années précédentes, ils n'avaient pratiquement jamais rencontré de septièmes années dans leur salle commune. Il était clair que la bibliothèque deviendrait très prochainement leur lieu de résidence principal.
Malgré le fait que tous les professeurs qu'ils avaient eu ce jour-là aient prit dix minutes de leur temps pour faire un discours pour le moins inquiétant concernant les ASPIC, cela ne les avaient pas empêché d'entamer des leçons plus compliquées que tout ce qu'ils avaient connu jusqu'à présent. Alors que les garçons frôlaient déjà la crise d'angoisse, essayant d'imaginer comment ils allaient pouvoir gérer devoirs, Horcruxes, et bien entendu, Quidditch, Hermione avait déjà récolté trente points en Botaniques, et avait terminée la dissertation demandé par McGonagall durant leur longue pause déjeuné.
Lorsqu'ils entrèrent dans la salle de classe de Défense Contre les Forces du Mal, leur dernier cours de la journée, Merlin soit loué, ils réalisèrent sans surprise que les quatre maisons étaient mélangés. Cela avait été le cas durant leurs autres cours. Avec la guerre qui faisait rage à l'extérieur, et le fait que les Mangemorts avaient pénétré le château l'année précédente, de nombreux parents avaient retiré leurs enfants de l'école, toutes années confondues. Si les élèves de Gryffondors étaient tous présents, ainsi que la majorité des Serpentards, Poufsouffle et Serdaigle avaient subi d'énormes pertes. Ajouté à cela les sélections qui avaient été déjà faites après leurs BUSES, il n'était pas dur de comprendre pourquoi les quatre maisons se trouvaient regroupées durant la majorité de leurs cours. Cela n'avait pas vraiment d'importance. Bien sûr, il y avait toujours cette animosité constante entre élèves de Gryffondor et de Serpentard, mais pour le Trio, le fait que Malfoy soit absent de façon définitive apaisait grandement les choses. De manière relative, bien entendu.
Hermione s'installa tranquillement entre Harry et Ron au fond de la classe, qui était devenu leur place habituelle l'année précédente, lorsque le professeur Snape enseignait cette matière. Alors que le reste de la classe se remplissait rapidement, elle laissa son regard glisser sur les murs, remarquant que leur nouveau professeur avait retiré les images pour le moins répulsives que son prédécesseur avait affiché. Plusieurs panneaux décoraient à présent les murs, semblant contenir ce qui ressemblait à des formules diverses et compliquées, ce qui était définitivement intriguant. C'était le genre de chose qui semblait avoir plus sa place dans la salle de classe de Minerva McGonagall.
Elle fut sortie de ses pensées par le bruit de la porte qui se refermait lourdement, et son regard se reporta immédiatement sur le professeur Perfild, qui se tenait devant son bureau, alors que le silence tombait brusquement sur la salle. L'ambiance était étrange. Loin d'être aussi tendue que lors des cours de potions –ou de DFCM l'année passée, mais leur nouveau professeur inspirait un respect certain, alors qu'elle n'avait toujours pas prononcé un mot. Cependant, le léger sourire qui étirait ses lèvres lui donnait également un air chaleureux, qui contrastait étrangement avec l'atmosphère particulière qui l'entourait.
« Bonjour à tous, » commença t-elle sans attendre et sans une pointe d'hésitation. « Comme vous l'a annoncé le professeur Dumbledore hier soir, je suis Deborah Perfild, votre nouveau professeur de Défense Contre les Forces du Mal. J'ai bien évidemment entendu parler de la rumeur concernant le sort qui aurait été jeté sur cette matière, j'espère donc que cette unique année que nous passerons ensemble sera bénéfique pour nous tous. »
Alors que la plupart des élèves échangèrent des sourires amusés, certains gloussant, Harry, Ron et Hermione se lancèrent des regards lourds de sens, tous trois sachant pertinemment à quel point cette 'rumeur' était fondée.
« De la même façon » reprit Perfild, « ce changement continuel a eu pour conséquence de créer de nombreuses lacunes dans votre programme. Bien que certains de vos professeurs aient été plus compétant, à l'opposé, plusieurs de vos années n'ont pas été utilisées comme elles l'auraient dû. Et vos ASPIC n'étant que dans dix mois, c'est un problème auquel nous allons devoir remédier. »
Les sourires furent instantanément remplacés par des grognements et soupirs étouffés, alors qu'elle débutait le discours qu'ils avaient tous attendu, bien que le redoutant tout autant. Lorsqu'elle eu fini d'insister sur l'importance absolument CAPITAL de ces examens qui détermineraient le reste de leur vie, elle leur dévoila enfin quel était son programme d'étude pour l'année ; Hermione, qui avait bien entendu écouté chacun de ses mots -à l'opposé de Ron, qui était trop épuisé pour être gêné en sa présence- s'avança inconsciemment un peu plus sur sa chaise.
« Mon premier objectif de l'année est de vous mettre totalement à niveau en ce qui concerne les sortilèges de défenses. Je sais que vous avez étudiez ce sujet durant une grande partie de votre quatrième année, et que le professeur Snape les a revu avec vous, mais au vu de la situation actuelle, vous ne serez, selon moi, jamais assez préparé. »
Un vent de murmures parcouru brièvement la salle. Ils avaient tous compris qu'elle faisait allusion à la guerre ; même si ce n'était plus un mystère pour personne, qu'un de leur professeur de DFCM ose enfin en parler sans gène était nouveau. Ombrage n'avait pas été ce qu'on pouvait qualifier de coopératrice à ce sujet, et Snape s'était abstenu de ne susurrer ne serait-ce qu'un mot au sujet de la situation dans laquelle se trouvait le monde magique.
« Le premier sort que nous allons étudier est un sort majoritairement méconnu des sorciers et sorcières de notre époque, bien qu'un certain groupe de personnes en particuliers doivent sans aucun doute le connaître. Un sort qui est Impardonnable d'une certaine façon, même s'il n'est pas reconnu comme tel par le Ministère. »
Elle fit un rapide mouvement de la main, et le nom du sort en question s'inscrivit sur le tableau noir derrière elle.
Ostendo Cruor.
Hermione sentit l'air se bloquer dans ses poumons l'espace d'une seconde, avant qu'un frisson qui n'avait rien d'agréable ne la traverse. Autour d'elle, les élèves se regardèrent avec incrédulité. Ils avaient étudié les Sortilèges Impardonnables en long, en large et en travers, et n'avaient de toutes évidences jamais entendu parler d'un certain 'Ostendo Cruor'. Après tout, qu'est-ce qui pouvait être pire qu'un sort qui pouvait vous obliger à faire tout et n'importe quoi, un qui pouvait vous torturer jusqu'à ce que vous en perdiez la raison, et un qui vous tuait en un instant ? Un combiné des trois, peut-être ?
Hermione sentit plus que ne vit Ron et Harry tourné simultanément leurs têtes vers elle, persuadés qu'elle connaissait la signification de ce sort ; mais elle était trop occupée à observer le professeur Perfild, qui parcourait la pièce du regard, son expression indéchiffrable.
« Personne ne connait ce sort ? »
D'un même mouvement, pratiquement tous les élèves se tournèrent légèrement pour lancer un regard vers le fond de la salle, où Hermione se trouvait. Après sept années du même manège, ils savaient tous ce qui allait suivre.
Hermione leva la main, et bien que son cœur batte un plus fort qu'ordinairement, aucun tremblement ne parcourait ses doigts.
« Oui ? Miss… »
« Granger. » répondit automatiquement Hermione. « Hermione Granger. 'Ostendo Cruor' est un nom latin, qui traduit littéralement veut dire 'Révélateur de Sang'. La ou les personnes sur qui il est lancé révèlent contre leur gré leur véritable descendance magique. Ou moldue. »
A nouveau, les murmures parcoururent la classe. Alors que certains, comme Hermione, semblait mal à l'aise à cette idée, la majorité des élèves ne semblaient pas comprendre ce qu'il y avait de si terrible dans cette idée.
Le professeur fit taire les bavards d'un simple geste de la main, ses yeux fixés sur le fond de la classe.
« Exactement. Dix points pour Gryffondor. » Approuva t-elle, mais toute trace de sourire avait disparu de ses lèvres, lui donnant immédiatement un air beaucoup plus strict. Elle commença à marcher de long en large, lentement, son regard passant d'élève en élève, qui n'osait pas vraiment soutenir son regard d'un bleu glacial. « Un 'Révélateur de Sang'… Je sais ce que beaucoup d'entre vous pense à cet instant. Vous vous demandez pourquoi j'ai qualifié ce sortilège comme étant quelque part 'Impardonnable'. »
Si son ton sérieux n'avait pas dissuadé qui que ce soit de parler à son voisin, les chuchotements auraient sans aucun doute repris.
« La réponse est simple. Ce sortilège devrait être considéré comme étant Impardonnable, car son utilisation est une insulte pure et simple au sorcier ou à la sorcière sur qui il est lancé. Et il est particulièrement dangereux à l'heure actuelle, avec les changements qui prennent places plus ou moins secrètement dans notre monde. »
Son regard s'attarda sur le groupe de Serpentard, qui semblaient nettement moins impressionnés que le reste de la classe.
« Oh, je me doute que cela ne doit pas être particulièrement impressionnant pour les sorciers qui se savent 'Sang-Pur' jusqu'au bout des ongles, » continua t-elle, son regard posé sur Pansy Parkinson, dont l'air supérieur s'effrita légèrement. « Mais pour les personnes qui sont nés de parents moldus, le problème est tout autre. C'est une discrimination qui persistent depuis des siècles, et qui est de plus en plus présente à notre époque. Le professeur Dumbledore a évoqué hier soir ses craintes concernant la prise du Ministère de la Magie par le Seigneur des Ténèbres et par ses disciples, qui peut se faire d'un moment à l'autre. Et soyez en sûr, lorsque cela sera le cas, les personnes étant nées moldues seront plus en danger que jamais. En particulier lorsque ce genre de sort peut être lancé. »
Un silence de plomb tomba, seulement brisé par le reniflement dédaigneux de Millicent Bulstrode, Pansy venant de lui souffler quelque chose à l'oreille.
« Quelque chose à ajouter, Miss… »
« Bulstrode, » répond Millicent, ne semblant pas gênée le moins d'un monde, et prononçant son nom de façon hautaine. « Je ne vois vraiment pas pourquoi on perd notre temps à parler d'un sort qui est légèrement inutile. Tout le monde connait sa descendance, il suffit de poser la question, pas besoin de faire tout un plat en lançant un sort. »
Perfild la fixa d'un regard impénétrable, avant de lui demander : « Vous êtes une… 'Sang-Pur', je suppose. »
« Pure jusqu'au bout des ongles » répondit Millicent d'un ton clairement ironique, ce qui provoqua une nuée de gloussements chez les Serpentard.
« Je crois que Malfoy a trouvé son remplaçant » marmonna Harry entre ses dents, qui tout comme Ron et Hermione, ne trouvait pas la discussion particulièrement amusante.
Un nouveau sourire apparu sur les lèvres du professeur, mais il n'avait rien du sourire presque chaleureux qu'elle avait affiché au début du cours. Son expression était plus machiavélique qu'autre chose.
« Je suis sûr que le Directeur n'approuverait certainement pas, mais une petite démonstration me semble obligatoire. » Et sans laisser le temps aux élèves de réagir, elle leva sa baguette et lança : « Ostendo vestri cruor ! »
Une violente bourrasque traversa instantanément la pièce, et Hermione sentit son corps entier se couvrir de chaire de poule, alors qu'une sensation désagréablement chaude la traversait, comme une bouffée de chaleur inattendue. Tout autour d'elle, des glapissements de surprises, voir d'énervement, se faisaient entendre, avant que le silence ne retombe finalement, tous se regardant avec attention, comme cherchant à déceler quelque chose en particulier. A première vue, rien n'avait changé.
« Qu'est-ce qu'on est sensé voir ? » demanda Harry à Hermione, la regardant de la tête au pied.
« Je ne suis pas sûre, » répondit Hermione, qui scrutait Harry avec la même attention, sa curiosité plus forte que le reste, comme d'habitude. « Ce n'était pas décrit dans le livre qui mentionnait le sort. C'est sensé être quelque chose qui distingue sans problème les trois…'catégories' de descendances. Sang-Pur, Sang-Mêlé et… »
Mais elle ne finit jamais sa phrase, de nouvelles exclamations, beaucoup plus fortes cette fois, explosaient partout autour d'eux.
« Hermione ! » cria Ron, et elle se tourna vivement vers lui, s'attendant à la trouver en détresse d'une quelconque façon. Mais ses yeux écarquillés de surprise étaient posés sur elle, ignorant la propre réaction de son corps.
Un fin halot argenté, presque terne, entourait le rouquin, comme une aura. Sans attendre, Hermione se tourna vers Harry, qui la fixait lui aussi avec ébahissement. L'aura qui entourait Harry était bleuâtre, un peu plus prononcée que celle de Ron, mais étant clairement discrète.
Réalisant alors que ses deux amis n'étaient pas les seuls à avoir posé les yeux sur elle, elle se décida enfin à baisser son regard sur ses propres mains. Le choc fut immédiat.
L'halot qui l'entourait n'était ni bleuâtre, ni grisâtre, et n'avait rien de discret. Sa couleur était d'un rouge sombre, comme la couleur du sang, et sa consistance était nettement plus solide que les autres. Elle se décolla vivement du bureau, faisant grincer sa chaise bruyamment contre le sol de pierre, et observa le reste de son corps, qui était totalement entouré de la même lumière.
Secouée, elle releva la tête pour parcourir le reste de la salle du regard. L'argenté et le bleuâtre dominait sans conteste, mais c'était les rares auras rouge sang qui attiraient tous les regards. Hermione réalisa qu'à part elle, seulement trois élèves affichaient le même résultat, un garçon et deux filles, aucuns venants de Serpentard, sans surprise.
Ignorant les discussions animées qui parcouraient à présent la salle, le professeur reprit son cours comme si rien n'était, les élèves rapportant rapidement leurs regards et attention sur elle.
« Comme vous l'avez sans aucun doute deviné, les différentes couleurs des auras sont représentatives de votre descendance. L'argenté représente les gens de 'Sang-pur', le bleuâtre est pour les 'Sang-Mêlés', et les 'Nées Moldus' se retrouvent entourés d'une aura rougeâtre particulièrement distinctive. »
Son regard se reporta sur Millicent Bulstrode, qui, à la surprise de beaucoup, affichait un halot bleuâtre.
« Et bien, et bien, » lui dit Perfild d'un ton ironique, « Il semblerait qu'il y ait eu quelques dérivations dans votre arbre généalogique, ma chère. »
« Faites-le disparaître. » siffla Millicent entre ses dents serrées, ses joues rouges s'assombrissant encore davantage sous les rires des trois autres maisons. De toutes évidences, elle avait été au courant de son statut, mais avait jusqu'à présent réussi à berner le reste de ses camarades.
« Désolée, mais il n'y a pas de contre-sort, » répondit Perfild, et à nouveau, son sourire n'avait rien de chaleureux. « Ses effets s'estompent d'eux même après quelques heures. Je m'en excuse par avance, » ajouta t-elle au reste de la classe, beaucoup semblait tout sauf ravi à l'idée de se rendre dans la Grande Salle dans cette état. « Sachez qu'il n'y a aucune honte à avoir, quel que soit le résultat, même s'il peut parfois sembler…surprenant. »
Immédiatement, Pansy leva la main, une main légèrement argentée, son expression clairement contrariée.
« Pourquoi est-ce que les Sang-Pur sont représenté par l'argent ? Pourquoi est-ce que le rouge, la couleur du sang, est utilisé pour les s-… les nées moldus ? »
Comme beaucoup, Hermione savait qu'elle avait faillit dire 'sang de bourbe', et elle entendit Ron grogner à ses côtés, tandis qu'Harry plongeait sa main dans sa poche pour se saisir de sa baguette.
« C'est une question qui a été soulevée à de nombreuses reprises » répondit Perfild, recommençant son lent va et vient. « Et il y a plusieurs théories à ce sujet. Certains disent que ce sort étant utilisé comme un moyen d'identification 'rapide' mais ayant une durée de plusieurs heures, les sorciers de 'Sang-Pur' sont très discrètement éclairés, pour ne pas créer de gêne trop importante. Les 'Sang-Mêlés' sont plus distinctif, sans que cela soit pour autant vraiment évident à voir. Et bien sûr, les 'Nées Moldus' sont immédiatement et très facilement repérables. »
Au vu des légers sourires satisfaits qui naissaient à nouveau sur les lèvres des Serpentard, elle s'empressa de continuer : « Cependant, je ne suis pas en faveur de cette théorie, mais plutôt de celle qui postule que l'aura est lié à la vraie pureté du sang. Les familles de 'Sang-Pur', dans le but de conserver ce titre, se marient entre elles depuis des siècles, ajoutant très peu, si ce n'est aucun, nouveau sang à leur lignée. Ce qui se traduit par une aura grisâtre, presque décolorée. Les 'Sang-Mêlés' sont beaucoup plus variés, plus colorés. Et puis, il y a bien sûr les 'Nées Moldus', si souvent rabaissés de par leur naissance. Mais la puissance de leur aura, et cette couleur particulière, est distinctive à mes yeux. Leur sang est pur, leur source magique est nouvelle et dénuée d'une quelconque influence extérieure. C'est selon moi, ce qui les rend si particuliers dans notre monde. »
Et en prononçant ces mots, ses yeux se posèrent sur Hermione.
***
Son regard fixement rivé sur son assiette, Severus tentait d'ignorer le son de centaines d'étudiants commençant bruyamment à manger tout autour de la salle.
Il était d'humeur exécrable.
Rien de bien nouveau, mais son expression était assez haineuse pour avoir poussé Minerva à aller s'assoir à l'autre bout de la table sans qu'il n'ait eu à prononcer un mot. Mais en toute honnêteté, il avait toutes les raisons d'être de mauvaise humeur.
Il avait à peine dormi la nuit dernière, et son corps courbaturé et douloureux réclamait un peu de repos. Le Seigneur des Ténèbres avait été très mécontent. Dans son plan d'origine, Poudlard aurait dû être en sa possession cette année, ainsi que le Ministère de la Magie. Severus aurait dû être placé à la tête de l'école, ainsi qu'un ou deux autres de ses Mangemorts, pour assurer l'éducation des jeunes sorciers. Les sangs de bourbes auraient bien entendu été traqués et…éliminés, cela va de soit. Mais rien de tout cela ne s'était produit. Car le gamin Malfoy avait échoué, et Severus Snape, qui avait été pourtant si prometteur, n'avait pas fait ce qui lui était demandé. Par sa faute, Malfoy s'était enfui, ainsi que ses pathétiques parents, et surtout, Dumbledore était toujours vivant, protégeant l'école.
En cette nuit de rentrée, Lord Voldemort avait donc été particulièrement fou de rage, et Severus avait servit de distraction.
Ajouté à cela le fait qu'il avait dû faire face à plusieurs dizaines de gamins boutonneux et incapables de quoi ce soit. Et puis il y avait bien sûr le souvenir qu'il avait revu dans sa totalité ce matin, ainsi que la discussion qu'il avait ensuite eue avec Sinistra un peu plus tôt dans l'après-midi. La coupe était pleine.
Alors qu'il se forçait à mastiquer un bout de rôti, toujours décidé à ne pas lever les yeux vers qui ou quoi que ce soit, il ne pu s'empêcher de repenser une fois encore à ce que le professeur d'astronomie lui avait dit.
Comme il s'y était attendu, il l'avait trouvé dans la salle des professeurs, pratiquement désertée, à part pour elle et le professeur Vektor, qui ronflait lourdement dans l'un des fauteuils. Elle avait semblé surprise en le voyant s'approché d'elle, mais son expression était plus curieuse que méfiante. Lorsqu'il lui avait demandé sans même un mot de politesse s'il y allait avoir des évènements astronomiques dans les mois qui venaient, un sourire narquois avait étiré les lèvres du professeur.
« Pourquoi ce soudain intérêt, Severus ? » lui demanda t-elle avec sarcasme.
« Cette matière m'a toujours fascinée, » avait-il répliqué sur le même ton. Il aurait bien ajouté une remarque ou deux sur l'utilité de ce qu'elle faisait, selon lui, mais il doutait que cela joue en sa faveur. « Ne cherche pas découvrir la raison de mon intérêt soudain, Aurora. » reprit-il à la place. « Je veux seulement savoir s'il va y avoir quoi que ce soit…d'inhabituel. »
« Tu es comme tous les autres, sorciers ou moldus. » avait-elle soupiré, reportant son regard sur le livre qu'elle avait été en train de lire avant qu'il ne l'interrompe. Voyant qu'il ne bougeait pas, et qu'il n'avait pas l'intention de dire quoi que ce soit de plus, elle l'avait finalement regardé à nouveau, levant les yeux au ciel. « Il y a constamment des évènements astronomique. La Terre se retrouve en éclipse lunaire plusieurs fois par an, et en éclipse solaire pratiquement tous les dix-huit mois. Mais cela reste un mystère pour tout le monde, car ce n'est intéressant que si elles sont visibles de notre pays. »
« Je ne suis pas stupide, » avait-il sifflé entre ses dents serrées. « Je n'étudie peut-être plus l'astronomie depuis des années, mais je me souviens encore des informations de bases. Je parle de quelque chose de beaucoup plus rare. Un alignement planétaire, par exemple. »
Elle lui avait lancé un regard réellement intriguée cette fois-ci, ce qui n'avait fait qu'amincir l'espoir désespéré qu'il possédait encore à ce moment là.
« Effectivement, il va y avoir un alignement particulièrement rare dans quelques mois, » avait-elle finalement répondu. « J'ai l'intention de donner un devoir à ce sujet à mes septièmes années d'ailleurs, qu'ils prédisent la date et ses conséquences magi- »
« Quel alignement ? » Il l'avait coupé sans ménagement, ses mains devenant affreusement moites, alors que son cœur se mettait à battre un peu trop rapidement dans sa poitrine.
Son manque de tact ne lui plu guère, cela avait été évident. Mais elle répondit tout de même. « Mercure, la Terre et Jupiter seront en alignement avec le soleil. Mercure va créer une éclipse solaire, mais elle ne sera pas visible de notre continent. »
« Quand ? » Sa question n'était plus qu'un murmure.
« Le 1er mai 1998. Dans huit mois exactement.»
Information qui, de toute évidence, n'avait rien fait pour remonter le moral de Severus.
Depuis, il tentait tant bien que mal de se persuader que tout ceci n'était que balivernes, ou un cauchemar particulièrement désagréable et inutile. Mais c'était en vain. Il avait toujours été un homme de raison, la grande majorité du temps ; il avait recherché les preuves qui confirmeraient ce que Debbie avait avancé, et les avait trouvé, plus réelles que jamais. A présent, tout ce qu'il avait à faire, c'était l'accepter.
Chose qui lui semblait totalement impossible à faire.
Il continua à se forcer à mastiquer et à avaler, n'ayant absolument pas faim, mais sachant que son corps avait besoin d'être nourri pour récupérer plus rapidement.
Comme si le destin avait décidé de s'acharner contre lui aujourd'hui, il sentit une présence derrière lui, rapidement suivit d'un mouvement à ses côtés, la chaise se trouvant à sa droite étant tirée pour que le nouveau venu puisse s'assoir.
Ou plutôt la nouvelle venue.
« Je suppose que tu as vérifié tout ce que je t'ai dit dans les moindres détails, » lui dit-elle sans attendre, légèrement penchée vers lui pour qu'il puisse entendre sa voix basse.
Plus hargneux que jamais, il se contenta de grogner en signe d'approbation, mâchant ses haricots verts avec force.
« Tu as donc comprit que je t'ai dit la vérité, » continua t-elle.
« De toute évidence. » répliqua t-il d'un cinglant, toujours sans la regarder, toute son irritation semblant se diriger à présent vers la personne assise à ses côtés. Pourquoi n'était-elle pas restée loin de sa vie ? Pourquoi n'était-elle pas restée cachée dans son coin, le laissant dans l'ignorance totale.
Le laissant mourir dans huit mois sans comprendre pourquoi.
« Tu sais ce qu'il te reste à faire, alors. » Ce n'était pas une question, mais clairement une affirmation.
Il tourna finalement la tête vers elle, ses doigts serrés avec tellement de force autour de son couteau qu'il pouvait sentir le métal s'enfoncer dans la paume de sa main. Sa colère ne fit qu'augmenter lorsqu'il constata qu'elle affichait encore ce petit sourire étrange, qui semblait être un trait récurent de son personnage.
« Non, Debbie, je n'en ai aucune idée, » lui lança t-il d'un ton haineux et sarcastique, qui n'était pourtant pas plus élevé qu'un chuchotement. Il ne souhaitait absolument pas être entendu par un autre professeur, bien qu'ils soient protégés par le vacarme qui régnait dans le reste de la pièce. « Redis-moi encore comment je suis sensé séduire une élève de cette école, qui est assez jeune pour être ma propre fille, et qui préférerait sans aucun doute sauter de la Tour d'astronomie que de me toucher. Il va falloir que tu éclaircisses ce point, car je suis dans l'ignorance totale. »
Sur ses mots, il reporta son attention sur son assiette, recommençant à couper sa viande avec des mouvements brusques, imaginant que c'était la tête de sa voisine qu'il était en train de sectionner.
Mais comme toujours, Debbie ne se laissa pas impressionner. Il la sentit se rapprocher de lui, sentit son corps à quelques centimètre du sien, son souffle contre son oreille, avant qu'elle n'y murmure : « Ne t'en fais pas, j'ai déjà commencé à faire le tri pour toi. Il semblerait que tu as plusieurs choix chez les élèves majeures, du moins jusqu'à ce que la dernière vérification soit faite. Lève la tête, Severus, et regarde tes élèves. »
Malgré lui, il s'exécuta et releva finalement la tête, son regard glissant sur les centaines d'étudiants qui dînaient aux quatre tables.
Il se demanda brièvement ce qu'elle avait voulu dire, avant qu'il ne remarque l'étrange phénomène qui semblait avoir atteint les septièmes années. Ils étaient tous entouré d'un léger halot coloré, de couleurs et d'intensités différentes.
Ostendo Cruor.
Elle avait osé. Elle avait osé.
Ecœuré, et avec une réticence totale, il répara rapidement les rares élèves qui étaient entourés d'une aura rouge sang, plus distinctifs que jamais dans cette masse de robes noirs, le gris et le bleu pratiquement indécelable à côté d'eux. Il savait qu'il les aurait immédiatement remarqués, s'il ne s'était pas obstiné à garder son regard fixé sur son assiette depuis qu'il était entré dans la salle. Car le reste des élèves semblait extrêmement intrigué par le phénomène, et régulièrement, une première année se redressait sur son banc pour tenter de distinguer le ou la malheureuse qui était encore moins discret qu'une Beuglante.
Un garçon et trois filles.
Son regard passa rapidement sur les deux filles de Poufsouffle et de Serdaigle, avant d'aller se poser sur la table de Gryffondor.
Hermione Granger mangeait son dîner, les yeux fixés sur son assiette, comme il l'avait fait seulement quelques minutes plus tôt ; son expression ne laissait pas de doute sur la gêne qu'elle ressentait à être ainsi exposée aux yeux de tous, mais elle se tenait droite et fière, comme si elle ne pouvait se préoccuper moins de ce qu'il se passait.
C'était sans aucun doute un jeu de lumière, mais entourée de cette aura rouge et intense, un reflet roux semblait émaner de ses cheveux bouclés.
***
N/A : Si si, je sais où je vais, j'vous jure XD Alors, vous avez le droit de :
1) Laissez une review pour vous plaindre que je vais faire un transfert Hermione/Lily (comme mon amie Mel l'a fait sur msn XD)
2) Laissez une review pour proposer de consoler Snape et d'assassiner Debbie, comme ça il sera tranquille.
3) Laissez une review pour le simple plaisir de me faire sautiller de joie et de me faire écrire plus vite la suite XD
Je pars la semaine prochaine pour dix jours (sans ordi ni rien, mais je tenterais d'avancer sur papier), donc je vous promets de faire mon possible pour vous mettre la suite avant ça ;)
Gros poutous à tous !
PS: Je n'ai fait qu'un an de latin, en 5eme (il y a 9 ans de ça lol), et mes seuls sources pour le sort inventé dans ce chapitre sont des sites de traduction (merci google XD). De la même façon, je ne connais rien en astronomie, à part les recherches faites pour ce chapitre ;)
