A l'approche de la nuit


Disclaimer: Je malmène encore ces pauvres personnages, mais ils ne m'appartiennent pas, étant l'entière propriété de J.K. Rowling.

Pairing: Hermione Granger / Severus Snape, mais je m'autorise quelques dérives ^^

Rating : T, mais au vu des idées qui remplissent mon esprit tordu, cela à te fortes chances de passer au M !

Note de l'auteur : Kikou tout le monde ^^ Voilà enfin mon nouveau chapitre, qui j'espère vous plaira ! J'aimerais sincèrement pouvoir poster plus vite, mais le souci lorsqu'on écrit de long chapitre, c'est que ça prend du temps de les rédigés XD Je pourrais aussi raccourcir leur taille, mais je ne serais jamais satisfaite de leur contenu, pfff BREF, tout ça pour dire, ENJOY ! :D

Bien sûr, mille merci pour vos reviews, qui me motivent vraiment *câline ses lecteurs* Gros poutous également à Sandra pour sa correction, et son talent à dénicher mes phrases pas très françaiseuh XD Je suis coupable de toutes erreurs restantes, cela va de soit :))


RaR :

Eileen19: Tu vas me détester XD Je dévoile en effet une partie du souvenir dans ce chapitre, mais j'ai dû le couper en deux à cause de sa longueur *sifflote*Promis promis, l'attente ne sera plus trop longue XD
En tout cas, merci beaucoup pour ta review ^^ En ce qui concerne réconforter Severus, faut faire la queue XD

Sandra : Merci merci !! :D Je suis très contente que mon personnage original te plait jusqu'à présent ^^ Je ne sais pas pourquoi, j'ai toujours tendance à inventer des perso toujours complètement tordu et psychopathe XD En ce qui concerne les intentions de Debbie… qui a dit qu'elle avait été Mangemort ? *sifflote* En ce qui concerne Sevy, je te dirais comme à Eileen : fait la queue ! mdr XD Il y a effectivement un lien entre Lily et Hermione, tout ça à cause de ce maudit serment, que je finirais bien par dévoiler un jour, promis XD XD

Maude : Un gros merci pour ta review ! Tu m'as vraiment fait plaisir :)) Je suis réellement contente que tu apprécie mon humour noir, ça ne plait pas à tout le monde (dans mon entourage XD) mais c'est vrai que c'est parfait pour écrire un personnage cynique comme Severus ^^
Pour ce qui est de la taille de mes chapitres, je prends ta remarque en compte, sincèrement, mais en réalité, je n'arrive pas vraiment à me contrôler lol J'ai un plan précis de mes chapitres avant de les écrire, et j'ai beaucoup de mal à couper avant l'endroit voulu…la preuve, le chapitre que je poste aujourd'hui est en réalité que la moitié de mon chapitre trois d'origine, et tu as vu la taille ? Incorrigible XD En tout cas, vraiment merci pour tes remarques, j'espère que tu continueras à lire et apprécier malgré la taille *sifflote*

Elsie : Merci mille fois pour tes reviews ! Je suis désolée que tu ai été déçue par l'arrêt de ma traduction d'Objets du Désir, crois-moi, j'ai eu beaucoup de mal à avaler la pilule au début lol Mais je me suis occupée en me plongeant dans l'écriture de cette fic, donc tout va bien ^^ Vraiment, merci pour tes commentaires, qui m'ont fait très plaisir :) J'espère de tout cœur que je vais faire une HGSS digne de ce nom :D Poutous !!


Chapitre Trois : Persuasions


Juin 1976

Ce fut sans surprise qu'elle le trouva dans une salle de classe déserte, non loin du bureau du Maître de Potions.

Il était au fond de la classe, avachi contre le mur de pierres froides, et la pénombre qui l'englobait l'empêchait de voir distinctement son expression. Mais elle n'aurait même pas eu besoin d'un lumos pour deviner quel était son état d'esprit. Deux bouteilles vides trainaient déjà à ses côtés, et il tenait une troisième par le goulot, la portant régulièrement à ses lèvres. Il ne parut pas remarquer sa présence, continuant de boire silencieusement à intervalle régulier. Mais tout ceci n'était pas nouveau, après tout.

Debbie sentit une pointe d'amertume et de colère sombre qui n'avait rien d'étrangères la traverser. C'était toujours la même chose. Severus, se retrouvait anéanti encore et toujours à cause de Lily, de son obsession, et continuait de l'ignorer, elle. Alors qu'elle aurait été prête à tout faire pour lui, il n'y avait pas si longtemps. Bien sûr, elle devait reconnaître que si elle avait passé ses quatre premières années à Poudlard à tout faire pour qu'il la remarque, les derniers mois avaient entrainé avec eux un changement dans ses désirs et ses sentiments.

Oh, oui, elle comprenait parfaitement l'obsession de Severus par rapport à Lily Evans, parce qu'elle n'avait aucun doute que ce qu'elle ressentait envers lui n'était pas si différent. A une exception près. Elle avait toujours eu tout ce qu'elle voulait au cours de sa vie, tout, et ce grâce à ce don qu'elle possédait depuis sa naissance. Elle n'était pas habituée à être rebutée ou placée en seconde place. C'était le genre de chose qui pouvait la pousser à…l'excessif. Elle s'en fichait, bien sûr.

Elle était née avec le pouvoir de manipuler les gens autour d'elle, tout comme certains naissaient avec la capacité de manipuler leur apparence physique. Et c'était quelque chose qu'elle faisait bien, à merveille même, et qui lui apportait surtout une satisfaction sans pareil.

Plus jeune, elle s'était contentée de pousser ses parents à lui offrir tout ce qu'elle voulait. Un nouveau balais à tous les Noël, une baguette magique bien avant qu'elle ne reçoive sa lettre pour Poudlard, un hibou, puis un chat, puis un autre hibou, car finalement, elle n'aimait pas la couleur de l'autre… Ce genre de choses futiles et innocentes. Bien sûr, il y avait eu cet 'accident' avec son père, après qu'il les ait quitté, elle et sa mère, pour refaire sa vie avec une sorcière ; que sa mère soit moldue n'avait plus été suffisant, apparemment. Personne n'avait jamais vraiment comprit comment il avait pu finir étouffé dans le réseau de cheminées ; c'était le genre d'accident qui arrivait extrêmement rarement avec la poudre de cheminette. Debbie l'avait peut-être pensée très fort, mais après tout, elle n'avait eu que huit ans.

C'était idiot de penser qu'une enfant de cet âge puisse avoir ce genre d'influence, même sous un accès de colère.

A Poudlard, cela avait été la même chose. Le Choixpeau avait vraiment voulu l'envoyer à Serpentard, mais cela avait été la maison de son père, pour qui elle ressentait toujours un ressentiment profond ; elle avait entendu dire que le dortoir de Gryffondor était dans une tour, et elle avait vraiment bien envie d'être dans une tour.

'Non, envois-moi à Gryffondor', avait-elle pensé sans une once d'hésitation. Et c'était là qu'elle s'était retrouvée, malgré le fait qu'elle ne possédait pas une once de courage en elle, et que son plaisir à tout tourner en sa faveur lui aurait offert une position de rêve au sein des Serpentards.

C'est ainsi qu'elle rencontra Lily Evans. Une née moldue qui lui ressemblait étrangement. C'était surtout leurs longs cheveux roux qui leur donnaient cet air de ressemblance. Car si Debbie avait des yeux d'un bleu très clair, parfois glacial, ceux de Lily étaient verts, et extrêmement chaleureux. Rapidement, alors qu'elles entraient toutes les deux dans l'adolescence, plus personne ne leur demanda si elles étaient sœurs. Lily était beaucoup plus jolie, cela ne faisait aucun doute ; plus grande, plus effilée, ses magnifiques cheveux s'assombrissant au fil des ans, alors que ceux de Debbie s'éclaircissaient et prenaient un aspect terne et plat. Il n'était pas difficile de comprendre pourquoi Severus –ainsi que de nombreux autres- était complètement obsédé par la jeune Gryffondor, que tous les professeurs adoraient, sans qu'elle n'ait eu besoin d'utiliser une quelconque force magique.

Severus.

Severus Snape, qu'elle avait rapidement rencontré, durant leur première journée de cours à Poudlard. Bien naturellement, elle avait décidé de faire de Lily son amie. Elle aimait s'entourer de gens qui attiraient la sympathie, car cela lui facilitait les choses. Et être amie avec Lily, à l'époque, cela signifiait obligatoirement côtoyer Snape, Snivellus, qui était aussi laid que Lily était belle, aussi opprimé qu'elle était populaire.

Mais il l'avait fasciné.

Non seulement par sa connaissance inhabituelle des forces du mal et de la magie qui s'en accompagnaient, en plus de son don inné pour les potions, mais également parce qu'il semblait presque être totalement immunisé contre son pouvoir de persuasion. Et bien qu'elle ait été beaucoup trop jeune pour réaliser à quel point son comportement était normal, venant de rencontrer son véritable premier défi, tenter de le faire céder à son pouvoir était devenu son obsession principale. Obsession qui n'avait fait que s'approfondir années après années, tout comme les sentiments de Severus vis-à-vis de Lily.

Mais Deborah grandissait. Ses pouvoirs, ainsi que son esprit, s'affutaient. Son besoin compulsif de tout contrôler et de se jouer des autres augmentait aussi, par la même occasion ; et comme toute personne légèrement dérangée et dangereuse, elle n'en savait rien bien entendu. Si pendant quatre ans, elle s'était contentée de suivre Lily et Severus un peu partout, espérant désespérément qu'il la remarquerait et qu'il tournerait finalement son affection sur elle, les choses avaient changé.

D'une part, les rapports entre Lily et Severus n'étaient plus les mêmes. Lily, plus populaire que jamais chez les professeurs comme chez les élèves, ne comprenait pas et ne tolérait pas les fréquentations de Severus, inexorablement attiré par la magie noire et les pouvoirs qui l'entouraient. De ce fait, elle passait de moins en moins de temps avec lui. Debbie, d'un autre côté, passait des heures en sa compagnie. Mais elle ne le faisait pas dans le parc de Poudlard, ou dans ses couloirs au milieu de la journée, comme l'avait fait l'autre Gryffondor. Non, elle préférait le rejoindre à la bibliothèque, voir même dans la salle commune de Serpentard, où étrangement, elle se sentait chez elle. Personne ne lui faisait jamais de réflexion à ce sujet, parce qu'elle l'avait décidé. Comme les autres élèves de sa maison, ceux de Serpentard la trouvaient étrange, mais personne n'y pensait trop longtemps. Quelque chose d'autre leur venait immédiatement à l'esprit dès qu'ils pensaient 'Deborah Perfild'.

A l'exception de Severus, qui égale à lui-même, résistait sans même le savoir au pouvoir de Debbie.

Ce fut pourquoi elle décida un jour qu'il était plus que temps qu'elle change de tactique. Si elle ne pouvait pas le faire céder avec l'aide de son don, elle allait devoir s'y prendre autrement. Parfois, la magie n'était pas nécessaire pour manipuler quelqu'un, et elle était bien décidée à le prouver.

Alors elle commença à passer beaucoup plus de temps avec lui, sans Lily, gagnant réellement sa confiance –même s'il demeurait toujours méfiant à un certain degré- devenant sa confidente. Malheureusement, au lieu d'oublier Lily progressivement, comme elle l'avait espéré, Severus semblait plus obsédé que jamais. La haine qu'il ressentait envers Potter s'approfondissait également, ce dernier étant tout sauf discret concernant son intérêt pour 'Evans'. Et plus Severus s'assombrissait, plus il traînait avec cette bande de Serpentards, qui déclaraient tous ouvertement qu'ils rejoindraient le Seigneur des Ténèbres dès qu'ils le pourraient. C'était quelque chose que Severus ne niait pas envisager également. Elle avait entendu la discussion qui avait prit place en face du portrait de la Grosse Dame, un peu plus tôt dans la soirée.

C'était elle qui avait prévenu Lily qu'il menaçait de passer la nuit dans le couloir si elle ne venait pas lui parler. Et Debbie jubilait.

C'était exactement le genre de situation qu'elle adorait, et qui surtout, lui permettrait peut-être d'arriver enfin à ses fins. Alors qu'elle avait écouté Severus s'excuser, désespéré, la suppliant presque de lui pardonner, l'Idée avait germée dans son esprit, cruelle et irrésistible. C'était l'occasion rêvée. Il était faible, misérable. Exposé.

Tout ce dont il avait besoin, c'était d'un peu de persuasion.

Elle continua de s'avancer dans la salle de classe déserte, s'approchant assez de lui pour que la lumière de sa baguette l'éclaire entièrement. Il était vraiment pitoyable, prostré ainsi dans son coin. Ses cheveux avaient l'air plus gras que jamais, et son teint qui était déjà cireux à l'origine avait prit une couleur de lait caillé. Il empestait l'alcool.

« Je suppose que Lily n'ait pas décidé à te pardonner ? » dit-elle simplement, d'un ton curieux, parfaitement contrôlé, alors qu'elle prenait place à ses côtés.

« Dégage, Debbie. » répondit-il d'une voix enrouée. « Je n'ai besoin ni de tes commentaires, ni de ton mépris. »

Au cours des derniers mois, durant lesquels il s'était véritablement livré à elle, elle l'avait à tour de rôle rassuré ('Ellefinira par réaliser à quel point elle tient à toi, Sev. Laisse-lui un peu de temps') et encouragé à laisser tomber ('Ca devient ridicule, Severus. Regarde ce qu'elle a fait de toi'.), ce qui expliquait sa méfiance actuelle. Au vu de son état, elle aurait eu toutes les raisons de lui dire de se reprendre.

Ce qu'une véritable amie, dont les intentions étaient pures, auraient fait. Ce qu'elle n'était pas, malheureusement pour lui.

« Je ne suis pas venue te mépriser. » se contenta t-elle de répliquer, avant de se saisir de la bouteille qu'il tenait. « J'ai pensé que tu aurais peut-être besoin d'une présence amicale, après la journée que tu as eu... POUAH !! Qu'est-ce que c'est que truc ?!! »

Elle venait de prendre une gorgée de la boisson, avant de la recracher immédiatement.

Il haussa mollement les épaules, son regard toujours perdu dans le vide. « Je les ai piqué dans le bureau de Slughorn. Il semble l'apprécier, il en a trois caisses pleines. »

« De l'alcool de mauvaise qualité, » grogna Debbie, toujours dégoutée par le goût qui demeurait dans sa bouche. « Je suis sûre qu'il garde ses meilleures bouteilles dans ses appartements. »

Severus se contenta de lui reprendre la bouteille des mains, marmonnant « Peu importe. Mauvaise qualité ou non, ça à l'effet escompté. »

Mais avant qu'il n'ait pu boire à nouveau, Debbie lui arracha la bouteille. « Hé !! » protesta t-il, tentant maladroitement de reprendre sa boisson. Mais il était effectivement déjà bien ivre, et ses tentatives étaient plus risibles qu'autre chose.

« Evanesco » lança t-elle sur la bouteille, dont le contenu disparu instantanément.

Il grogna, clairement mécontent, commençant à lui donner des noms peu sympathiques, mais elle l'ignora totalement, se remettant sur ses pieds, avant de lui tendre une main.

Il arrêta de marmonner ses insultes, posant sur elle un regard vitreux mais suspicieux. « Quoi ? »

Elle ne bougea pas, main toujours tendue, mais son expression était dure et décisive : « Si tu veux vraiment oublier ce qu'il s'est passé de cette façon, tu vas avoir besoin de quelque chose de plus puissant. Et c'est ton jour de chance, je connais l'endroit parfait. »

L'ironie dans sa remarque n'aurait pas pu être plus évidente. Son jour de chance, effectivement. Mais la perspective d'atteindre un état d'ivresse tel qu'il en oublierait Lily et tout ce qui allait avec, cela était simplement trop tentant. Il attrapa sa main, et elle l'aida à se remettre sur ses pieds.

Ils sortirent de la salle de classe, Severus titubant plutôt dangereusement, mais il n'avait pas assez bu pour qu'elle ait besoin de le soutenir pour marcher.

« Où on va ? » demanda t-il pourtant après qu'elle ait entamé de le sortir des cachots.

« Au septième étage. » se contenta t-elle de répondre, menant toujours la marche.

« Sans vouloir paraître pessimiste, on va se faire repérer avant d'arriver à ta Tour. Dans laquelle je n'entrerais pas, au passage. »

Elle se contenta de lui lancer un regard par-dessus son épaule, continuant de monter les escaliers. « Personne ne nous remarquera, fais moi confiance. Et je n'ai aucune intention de t'emmener à la Tour de Gryffondor. »

Bien sûr que personne ne les remarquerait. Tant qu'elle ne voulait pas être prise sur le fait, ils seraient tranquilles.

Et effectivement, ils remontèrent tous les escaliers, traversèrent tous les couloirs et tapisseries jusqu'à ce qu'ils arrivent au septième étage, sans rencontrer qui, ou quoi, que soit. Finalement, ils s'arrêtèrent devant un mur dénué de tout portrait, et Debbie commença à marcher de long en large.

« Qu'est-ce que tu- » commença Severus, clairement irrité à présent. La mauvaise qualité de l'alcool commençait à peser sur son estomac, et cela faisait bien trop longtemps à son goût qu'il n'avait pas avalé quelque chose d'autre, qui pourrait retarder sa nausée. Et ses pensées.

« Chhh, » le coupa t-elle, lui lançant un regard réprobateur, avant de reprendre son va et vient.

'Je veux aller là où tout est caché… Je veux aller là où tout est caché… Je veux aller là où tout est caché…' Trois fois de suite, elle passa devant le mur, pensant la même phrase en boucle, jusqu'à ce que la porte apparaisse. Porte que Severus fixa, ses yeux écarquillés par la surprise.

« Viens, » lui dit-elle, imperturbable, ouvrant la porte pour qu'il rentre dans la pièce. Une fois à l'intérieur, elle se tourna vers lui, pour voir son expression d'émerveillement total.

« Qu'est-ce que… » Mais à nouveau, il ne termina pas sa phrase, à court de mots cette fois.

L'endroit était impressionnant, cela ne faisait aucun doute. Plus grande qu'une cathédrale, la pièce était remplie de toutes les choses possibles et imaginables.

« Tu trouveras ce dont tu as besoin ici » se contenta t-elle de lui dire, prenant la direction d'une étagère non loin, sur laquelle se trouvait plusieurs gros flacons et de nombreuses bouteilles.

Elle s'abstint de lui dire comment elle avait trouvé ce lieu, bien sûr. En vérité, cela n'avait pas été si difficile. Au cours de tous ses mois à Poudlard, elle avait progressivement interrogé tous les fantômes du château, ainsi que les elfes de maison dans la cuisine, demandant à connaître les secrets de Poudlard. Et c'était sans surprise que tous lui avaient fournis des informations plus ou moins intéressantes. Cette pièce était de loin sa découverte la plus appréciable. Elle aimait particulièrement la pièce des Objets Perdus, comme elle aimait l'appeler. Elle avait rapidement compris que ce qui s'y trouvait avaient été déposés par des générations d'élèves, et de professeurs. Et ce n'était pas que des livres et des objets cassés qui avaient été caché ici.


Le flacon d'alcool qu'elle tenait entre ses mains en était la preuve.

Elle tendit le flacon en question à Severus, qui hésita quelques instants, suspicieux, avant de s'en saisir.

« Qu'est-ce que c'est ? » demanda t-il finalement, ses yeux sur le liquide rougeâtre.

« Ce dont tu as besoin. » répéta t-elle, avant de retourner vers l'étagère remplie de bouteilles et boisson en tout genre, en attrapant plusieurs. « Bois. » lui dit-elle d'un ton sans appel.

Mais il n'en fit rien, plus suspicieux que jamais. « Comment tu peux être sûre que ce n'est pas mortel ? »

Elle explosa d'un rire qui n'avait rien de naturel, et lui répondit : « Parce que j'ai voulu que la pièce me montre où était le meilleur alcool. Fais-moi confiance, Sev. C'est exactement ce dont tu as besoin. »

Finalement, il déboucha le flacon, et renifla son contenu. L'odeur était effectivement terriblement entêtante, et instantanément, le désir de goûter ce liquide rouge et épais fut plus fort que tout. Sans plus attendre, il porta le flacon à ses lèvres, et avala une longue gorgée.

C'était délicieux. Extrêmement fort, âcre et mielleux à fois. Réalisant à peine ce qu'il faisait, il continua de boire, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus la moindre goutte.

La fiole de verre tomba au sol, explosant en mille morceaux, mais il s'en fichait. La totalité de son corps était parcouru de frissonnements, mais il n'y avait rien de désagréable dans cette sensation, pas plus que dans les vagues de chaleurs qui le traversaient. Et surtout, la douleur qui avait compressé si durement son cœur seulement quelques minutes plus tôt semblait avoir disparu. Il n'avait pas oublié Lily, oh non, jamais il ne pourrait oublier Lily.

Mais l'image de son sourire, de ses cheveux flamboyant, de ses magnifiques yeux émeraude, cela ne faisait qu'accentuer la chaleur qui traversait ses veines ; il n'y avait plus de peine, si ce n'était dans le désir intense qu'il ressentait à cet instant.

A seulement deux mètres de lui, Debbie l'observait, un petit sourire sombre étirant progressivement ses lèvres. Elle su à cet instant qu'elle arriverait véritablement à ses fins cette nuit, que son idée marcherait. Après tout, il avait été assez fou pour la suivre jusqu'ici, avant de boire une boisson inconnue, dont il ne connaissait pas le moindre effet. Non, Debbie ne pouvait pas utiliser ses pouvoirs sur lui, mais cela ne voulait pas dire qu'elle ne pouvait pas utiliser d'autre sorte de magie.

Et ce fut sans surprise qu'il tendit la main vers elle, réclamant plus d'alcool. Elle lui offrit ce qu'il voulait sans un instant d'hésitation.

Très bientôt, il serait si enivré qu'il n'y aurait plus une once de raison en lui. Et lorsque ce moment viendrait, il n'y aurait rien de plus facile que de lui faire dire le Serment.


***


« Un bonbon au citron, Severus ? »

Le silence qui suivit la demande à première vue innocente du Directeur était si lourd qu'on aurait pu entendre un Vif d'Or voler dans la pièce. Severus, qui se tenait toujours à l'entrée du bureau, Pensine entre les bras, fixa le vieux sorcier avec un regard qui aurait conduit plus d'un élève à mouiller son pantalon.

En retour, Dumbledore se contenta de le regarder calmement, sourcils levés en signe d'interrogation, un sourire tout ce qu'il y avait de plus chaleureux craquelant un peu plus son visage déjà tellement ridé.

L'espace d'un instant, Severus envisagea sérieusement de balancer la Pensine par la fenêtre, avant d'enfoncer chacun de ces maudits bonbons au citron dans tous les orifices du Directeur.

Mais il vint rapidement à la conclusion que cela n'était pas une bonne idée. Un élève pourrait se retrouver avec le crâne salement fracturé ; une Pensine pesait son poids, surtout lancer du haut d'une Tour.

Finalement, il se contenta de fermer brièvement les yeux, prenant une profonde inspiration pour calmer son accès d'humeur soudain. La journée avait été extrêmement longue, et il n'avait absolument aucune envie d'avoir un tête à tête avec Dumbledore à cet instant. Sa relation avec le sorcier était sans conteste la seule véritable relation à proprement parlé qu'il avait dans tous le château, et au fils des ans, il s'était plus ou moins attaché au vieux fou ; mais ce dernier, bien qu'étant brillant la grande majorité du temps, avait le pouvoir de le pousser au bord de l'hystérie en l'espace de quelques phrases.

Ses satanés bonbons au citron étaient un catalyseur plutôt efficace.

« Je m'en passerais pour cette fois, Albus. » finit-il par répondre, s'avançant jusqu'au bureau, sur lequel il déposa la Pensine. « De quoi voulez-vous parler, exactement ? »

Son ton trahissait son impatience à terminer cette entrevue le plus rapidement possible. Seulement vingt minutes plus tôt, alors qu'il venait tout juste de prendre place dans un des fauteuils de son salon, le feu qui craquelait dans la cheminée avait prit une teinte verdâtre, avant qu'un bout de parchemin ne s'élève dans les airs. Il l'avait attrapé par reflexe ; cette méthode de communication entre lui et le directeur était loin d'être nouvelle, et beaucoup plus discrète que de lancer leurs Patronus respectifs à travers le château à chaque fois qu'ils avaient à parler. Il avait lu la note avec réticence, mais s'était tout de même relevé. Il avait simplement pensé que Dumbledore voulait récupérer sa Pensine, mais ce dernier n'avait pas lancé un seul regard à l'objet.

« Asseyez-vous, je vous pris. » lui dit-il cordialement, choisissant d'ignorer sa question pour le moment.

L'air plus sombre que jamais, Severus s'exécuta. Ce n'était jamais bon signe quand il lui demandait de s'assoir avec un excès de courtoisie. Cela signifiait souvent qu'il s'apprêtait à lui annoncer une nouvelle qui n'allait pas le réjouir. Du tout.

« Comment trouvez-vous notre nouveau professeur de Défense Contre les Forces du Mal ? » demanda t-il, toujours sur le ton de la conversion, cherchant clairement à repousser le moment fatidique. Bien sûr, il n'avait aucun moyen de savoir que ce sujet était l'un de ceux qu'il cherchait le plus à éviter à cet instant. Son expression dû changer d'une certaine façon, car Dumbledore fronça légèrement les sourcils, avant de continuer : « J'espère que vous n'êtes plus fâché d'avoir dû reprendre votre poste de Maître de Potions. »

Severus retint difficilement son envie de lever les yeux au ciel en soupirant, avouant qu'il y avait malheureusement des choses beaucoup plus contraignantes qu'un changement de poste qui lui gâchait la vie à ce jour. Mais comme trop souvent auparavant, il décida qu'il serait inutile d'écraser le vieux sorcier sous une tonne de culpabilité qui ne serait bénéfique à aucun d'entre eux.

Pourtant, il ne put empêcher sa mâchoire de se serrer, et Dumbledore continua de le fixer de son air interrogateur. Severus savait pertinemment qu'il ne dirait pas un mot avant qu'il ne lui dise ce qu'il avait sur le cœur –ou du moins une infime partie de ce qu'il pensait vraiment- et sachant surtout à quel point ce genre de silence avait la manie de le rendre fou.

« Je ne comprends pas pourquoi vous l'avez engagé. » avoua t-il enfin, sa voix tendue par une irritation difficilement contenue.

Dumbledore haussa doucement des épaules, son expression disant clairement 'Je n'ai pas réellement eu le choix', avant de répondre : « Horace Slughorn m'avait prévenu qu'il ne reviendrait que pour un an, et j'avais, comme très souvent auparavant, un poste vacant. Miss Perfild m'a contacté, se proposant pour le poste de professeur de DCFM ; elle était une ancienne élève de Poudlard, avec les compétences requises, et lorsque je l'ai rencontré, elle a fait plus que bonne impression. »

Les doigts de Severus se resserrèrent autour des accoudoirs du fauteuil qu'il occupait : « Deborah Perfild est connue pour avoir une facilité innée à se faire apprécier de tous, Albus, une facilité qui n'a rien de naturelle. »

« Si vous faites allusion au don de persuasion avec lequel elle est née, je suis au courant, » répondit Dumbledore, hochant sagement la tête. « Elle m'a fait part de cette information elle-même durant son entretient, malgré le fait que je l'avais bien entendu déjà deviné de nombreuses années auparavant. »

Cette fois-ci, un certain degré de choc qu'il ne put contrôler s'afficha sur le visage de Severus, ce qui eut pour effet de faire naître un sourire amusé sur les lèvres du Directeur. « Et vous l'avez tout de même engagée ?! » ne put-il s'empêcher de s'exclamer.

Dumbledore leva ses mains en signe d'impuissance : « Je ne vois pas pourquoi j'aurais dû lui refuser un poste pour lequel elle se portait volontaire. A mes yeux, malgré le fait qu'elle possède un don qui pourrait se révéler très dangereux chez certains, elle n'a jamais rien fait qui mérite une quelconque suspicion de ma part. Et puis, je ne crois pas me tromper en disant que vous êtes immunisé contre son influence, Severus? »

A nouveau, la surprise l'empêcha temporairement de répondre. Il avait horreur de se sentir en décalage par rapport à une situation, ce qui était de toute évidence le cas à cet instant. Dumbledore reprit pourtant avant qu'il n'ait eu besoin de prouver une nouvelle fois son ignorance : « Je me souvenais parfaitement du fait qu'elle était à Poudlard à la même époque que vous, un fait que nous avons mentionné durant son entretient, une fois encore, et elle a mentionné avec humour que vous aviez toujours été totalement imperméable à son pouvoir. »

Severus se renfrogna encore davantage face à cette remarque et à la lueur amusée qui brilla dans le regard de Dumbledore, alors que ce dernier se souvenait apparemment de la 'blague' qui avait été faite à ce sujet. Blague dont il ne voulait absolument rien savoir, cela allait de soit. Mais le visage du Directeur redevint rapidement sérieux ; il connaissait Severus depuis trop longtemps pour ne pas prendre sa méfiance en compte.

« C'est également une des raisons pour laquelle je l'ai engagé, » dit-il d'un ton plus grave. « Je suis venue à la conclusion que si elle s'avérait problématique –nous savons tous deux que mon jugement se trouve parfois faussé, malheureusement- votre immunité permettrait de m'ouvrir les yeux. »

Ils se fixèrent en silence. Un violent débat venait d'éclore dans l'esprit du Maître de Potion. Car il savait pertinemment que Debbie était problématique, à un certain niveau. Immunisé ou non, elle avait été capable de le pousser à passer un Serment Inviolable alors qu'elle n'avait que seize ans, et sa façon d'être en général durant leurs dernières années à Poudlard n'avait pas été ce qu'on pouvait qualifier des plus saines. Mais pouvait-il faire part de tout-ceci à Dumbledore ?

Comme toujours, Dumbledore semblait savoir exactement à quoi il pensait, où plutôt au genre de choses auxquelles il pensait. L'Occlumancie le protégeait du reste.

« Y a-t-il quelque chose qui vous tracasse, Severus ? » lui demanda t-il alors, et la manière dont il l'observa par-dessus ses lunettes en demi-lune était si familière qu'elle en était presque risible. Mais il pensa ensuite à ce qui le tracassait vraiment, et il n'y avait plus rien de risible dans le poids qui tomba dans son estomac.

Comment pouvait-il avouer à Albus Dumbledore que ce n'était plus seulement son devoir d'espion que le tracassait à cet instant, mais également le retour de Deborah Perfild ? Comment pouvait-il avouer à cet homme, qui lui avait donné une seconde chance lorsqu'il en avait eu le plus besoin, qu'il avait été assez fou pour faire un serment qui mettait sa vie et sa mission en danger. Que d'ici le premier jour de mai, il devrait séduire une élève dé l'école et la mettre dans son lit, s'il voulait rester en vie. La réponse était simple et inévitable.

Il ne pouvait pas.

Et Dumbledore, bien qu'essayant encore et toujours de transpercer le mur solide que Severus avait placé entre son regard perçant et ses pensées, savait qu'il ne découvrirait rien de cette façon.

Il cligna donc des yeux, un long soupir lui échappant, avant de poser son regard sur l'horloge enchantée qui décorait l'un des murs de la pièce.

« Je pense que ce sera tout pour cette fois, Severus. » dit-il alors en se levant. « J'attends de la compagnie d'une minute à l'autre. »

Severus se leva à son tour, ses yeux légèrement plissés scrutant à son tour le vieux sorcier. Il avait été congédié de cette façon à de trop nombreuses reprises l'année passée pour ne pas se douter de quoi il s'agissait exactement.

« Encore une de vos leçons avec Potter ? » ne put-il s'empêcher de demander, et cette fois-ci, il ne fit aucun effort pour cacher l'animosité qui perçait dans sa question.

« Mes leçons avec Harry ne sont effectivement pas terminées, » répondit-il avec un regard appuyé, bien que son expression, ainsi que l'ensemble de son être, semble perdre de leur prestance, la profonde fatigue qu'il ressentait vraiment refaisant soudainement surface. Severus avait remarqué que c'était un phénomène qui se produisait souvent lorsqu'il mentionnait le garçon. C'était comme si le simple fait de penser à Harry Potter lui retirait toute force vitale.

« Vous avez décidé de finalement lui dire qu'il ne vous reste que quelques mois à vivre ? » demanda t-il d'un ton un peu trop froid et sarcastique, toujours irrité par le fait qu'il était lui-même dans le mystère totale en ce qui concernait le contenu de ces 'leçons' entre Potter et Dumbledore.

Mais la vérité était que la perspective de voir Albus Dumbledore mourir dans un futur de plus en plus proche ne le réjouissait pas le moins du monde. Surtout qu'il savait que ce dernier attendait de lui qu'il 'mette fin à ses souffrances', si cela était possible. L'année passé, il avait été touché par un maléfice extrêmement puissant, lorsqu'il avait enfilé un anneau ensorcelé à sa main droite. Severus avait été capable de contenir le maléfice, pour une durée indéterminé, même s'il ne lui donnait pas plus de cinq ans à cette époque. Mais il y avait eu les évènements de juin, ces maudits évènements de juin. Dumbledore avait avalé une potion qui l'avait terriblement affaibli (et les raisons pour ce stupide geste restaient à nouveau inconnu à Severus), et malgré les efforts du Maître de Potions, cela avait gravement propagé le maléfice. Et raccourci son temps de sursis.

« Non, je pense que cette information peut rester secrète encore quelques temps, » répondit-il finalement, et son ton sous-entendait clairement qu'il n'ajouterait rien de plus à ce sujet.

Maussade, Severus se détourna avec l'intention de quitter le bureau, mais Dumbledore le rappela, semblant se souvenir de quelque chose.

« Oh, Severus ? Je pense que vous devriez garder la Pensine pendant quelques temps. Vous allez sans aucun doute en avoir besoin, très prochainement. »

Immédiatement, le regard du Maître de Potions se fit suspicieux. « Monsieur ? »

« J'en ai presque oublié la raison pour laquelle je vous ai fait venir en premier lieu, » expliqua t-il avec une expression désolée, qui semblait dire 'Je n'ai plus toute ma tête.'

Et comme Severus l'avait redouté, la nouvelle, lorsqu'elle vint, ne le réjouit pas. Vraiment, vraiment pas.


***


« Hermioooone, » gémit Ron d'un ton désespéré, empoignant ses cheveux roux de ses deux mains. « Je n'y comprends rien. »

Assise de l'autre côté de la table, dans leur salle commune, Hermione releva les yeux de sa propre copie, qui était déjà noircie par son écriture.

« Ronald, » soupira t-elle de ce ton réprobateur qu'elle avait si souvent utilisé dans le passé. « Je ne vois pas ce qu'il y a de si difficile à comprendre. Je te rappelle que nous avions déjà commencé à étudier les lois de modifications corporelles l'an dernier. Cette dissertation a pour but de nous remettre à niveau pour la suite du sujet. »

Ron gémit à nouveau, suivit d'un son mat, son front venait d'aller frapper la surface de la table, ce qui fit rire Harry.

Seulement trois jours étaient passés depuis le début des cours, et Ron réclamait déjà son aide, ce qui n'était rien de bien nouveau. Alors qu'Hermione se concentrait sur son devoir d'Arithmancie, les garçons avaient finalement décidés de se pencher sur la dissertation de Métamorphose qu'ils devaient rendre le lendemain. Devoir qui, comme Hermione l'avait précisé, ne faisait que reprendre des notions déjà abordées en sixième année.

« Soit compréhensive, Hermione, » plaisanta Harry, qui ne semblait pas plus avancé que son meilleur ami. « Si mes souvenirs sont exacts, à cette époque, Ron ne pouvait pas passé un moment de libre loin de la bouche de Lavande. »

L'atmosphère qui régnait autour de la table changea instantanément. Hermione sentit un violent rougissement colorer la totalité de son visage, et un regard furtif en direction de Ron lui suffit pour constater que sa gêne était égale, au vu de ses oreilles.

Harry, souvent ignorant mais pas à ce point aveugle, les regarda à tour de rôle, avant de lever les yeux au ciel. Il devait clairement penser que leur réaction était due à un résidu de jalousie et de honte au souvenir de la relation de Ron avec Lavande, l'an passé. Il n'avait aucun moyen de savoir que c'était un tout autre souvenir qui leur était revenu à l'esprit, souvenir qu'ils ne partageraient jamais avec le Garçon Qui N'en Savait Rien, tant qu'ils pourraient l'éviter.

Ils furent sauvés de cette situation embarrassante par l'apparition soudaine d'un première année à leurs côtés, qui fixait Harry avec des yeux exorbités, tout aussi rouge que Ron et Hermione.

« Harry Potter, » murmura t-il. « On m'a demandé de vous remettre ceci. » Et il lui tendit un petit rouleau de parchemin avant de s'éloigner presque en courant.

Ron aurait normalement fait un commentaire moqueur sur le pauvre élève terrorisé par Harry Potter, mais cette fois, il se contenta de fixer le parchemin avec un intérêt qui n'avait rien de naturel. De son côté, Hermione comprit tout de suite qu'il s'agissait sans aucun doute d'un message de Dumbledore ; cela avait été sa méthode de communication principale avec Harry l'année dernière.

« Une autre leçon privée ? » lui demanda t-elle alors qu'Harry lisait le contenu du message.

« Je croyais qu'il t'avait montré tous les souvenirs qu'il avait, » ajouta Ron, avant de reprendre d'un ton chuchoté qui ne masquait pas son excitation soudaine : « Oh ! Il a trouvé un autre Horcruxe ?! »

Harry releva la tête pour regarder ses amis. « Je ne pense pas. Il me demande simplement de venir dans une demi-heure, avec vous deux. »

Toute gêne temporairement oubliée, Hermione et Ron se lancèrent un regard surpris et troublé, avant de reporter leur attention sur Harry. Dumbledore avait depuis longtemps prouvé qu'il avait totalement confiance en Ron et Hermione, ayant autorisé Harry à leur parler de tout ce qu'il lui révélait durant ses leçons privées, mais jamais auparavant il avait demandé à tous de les voir en même temps.

Ils se mirent rapidement en route vers le bureau de Dumbledore, spéculant tout le long sur les raisons qui avaient poussé le Directeur à réclamer leur présence. Ron était quelque part persuadé qu'ils allaient devoir jouer un rôle crucial dans la destruction des Horcruxes, et que Dumbledore l'avait appris cet été lorsque Trelawney avait fait une nouvelle prophétie. Il demeura silencieux durant les dernières minutes du trajet cependant, après qu'Hermione lui ait demandé avec sarcasme s'il pensait que Trelawney avait également prédit la note qu'il aurait pour ses ASPICS de Métamorphose.

« Tu connais le mot de passe ? » demanda t-elle à Harry quand ils furent arrivés devant la gargouille.

Mais avant que ce dernier n'ait eu le temps de répondre, la statue de pierre pivota d'elle-même, pour laisser apparaître le professeur Snape.

Elle sentit Harry se raidir immédiatement à ses côtés, et retint l'envie soudaine de soupirer avec exaspération. Snape, de son côté, semblait déjà furieux pour une quelconque raison, et à la vue du Trio, son expression parvint à s'assombrir encore d'avantage. Hermione se prépara mentalement à recevoir de nouvelles brimades verbales, comme c'était toujours le cas avec le Maître de Potions, mais à sa grande surprise, il ne dit pas à un seul mot.

Il se contenta de glisser rapidement son regard sur chacun d'eux, et la seconde supplémentaire qu'il passa à la fixer la rendit étrangement mal-à-l'aise. L'étrangeté venait du fait qu'elle n'était pas sûre d'avoir compris la nature de ce regard bref mais intense…et pas totalement désagréable.

Mais dans la seconde qui suivit, il avait fait virevolter ses robes autour de lui et s'était éloigné, affichant sa plus belle grimace répugnée.

« Sale chauve-souris, » marmonna Ron, et Harry grogna en signe d'approbation totale, avant qu'ils ne se décident à monter les marches.

Dumbledore les accueillis avec un enthousiasme sincère, leur demandant de prendre place sur les trois chaises qui faisaient face à son bureau. Harry s'assit au milieu, Ron et Hermione de chaque côté, tous deux étant plus intrigués que jamais. En particulier Hermione, la patience dans ce genre de situation n'étant pas une de ses qualités principales.

« Je me doute que vous avez beaucoup de questions en tête, concernant le fait qu'aucune 'chasse aux Horcruxes n'ait été entamée durant l'été ; si j'ai de nouvelles informations à ce propos, ou encore pourquoi j'ai demandé à Mr Weasley et à Miss Granger de participer à cette 'leçon'. » Il n'eut pas besoin d'entendre leur confirmation, leurs expressions impatientes et curieuses parlaient d'elles même. Il reprit donc sans attendre : « Je pourrais vous dire que c'est par pure bonté que je vous ai laissé profité de vos vacances, sachant que l'année qui allait suivre ne serait pas de tout repos ; mais au vu des évènements qui se sont produits au cours de ces derniers mois –je parle de ton départ de chez les Dursley, Harry- je me doute que cela serait un peu trop ironique. La vérité, c'est que jusqu'à dernièrement, je n'étais pas en état de faire quoi que ce soit, à part dormir et boire un grand nombre de potions infectes. Partir à la recherche des Horcruxes dans cet état aurait été de la folie pure, et j'ai décidé de m'abstenir pour cette fois. »

Il enchaîna ensuite sur la découverte qu'il avait fait, leur avouant qu'il avait retrouvé la trace du véritable médaillon de Serpentard. Il leur conta comment il avait obtenu ces précieuses informations de Kreattur, qui avait servis Regulus Arcturus Black, le frère de Sirius. Harry réagit plutôt vivement à cette nouvelle, ayant du mal à croire que le frère de son parrain, un Mangemort, soit en relation quelconque avec la disparition de l'Horcruxe. Mais lorsque Dumbledore leur expliqua ce qu'il s'était passé, comment Regulus c'était sacrifié, Harry redevint calme et silencieux, et clairement soucieux.

« Est-ce qu'on sait où est le médaillon, alors ? » demanda Ron après que le Directeur ait terminé son récit.

Mais avant que Dumbledore n'ait pu répondre, Hermione se redressa vivement sur sa chaise, une exclamation excitée lui échappant, ce qui provoqua des regards légèrement inquiets de la part de ses amis.

« Le médaillon ! » s'écria t-elle, fixant les trois hommes à tour de rôle. « Harry ! Rappelles toi, l'été précédent notre cinquième année, on a dû nettoyer la totalité de cette pièce à Square Grimmauld, il y avait tous ces objets ensorcelés, ainsi qu'un médaillon que-»

« Que personne ne pouvait ouvrir ! » s'exclama à son tour Harry, se rappelant de la scène, avant de se tourner vivement vers Dumbledore, l'air soudain horrifié. « On l'a jeté. On la jeté avec le reste. »

« Par un heureux hasard, Kreattur s'en est emparé avant que le sac ne finisse à la décharge, » le corrigea Dumbledore avec calme, sachant très bien ce qui allait suivre.

« VOUS L'AVEZ ALORS !! » cria Ron à la surprise de tous, se levant d'un bon de sa chaise. « Vous avez récupéré l'Horcruxe ! »

Dumbledore secoua doucement la tête, l'air désolé, et Ron se rassit, l'air penaud. « Malheureusement, il a été dérobé aux mains de Kreattur, par Mundungus Fletcher. »

Ce qui eu pour effet de sortir à nouveau (vivement) Harry de sa torpeur, ce dernier se souvenant avoir prit Mundungus sur le fait, l'année passée. Pour le calmer, Dumbledore leur expliqua qu'il était déjà à la recherche du voleur, et qu'ils les tiendraient bien entendu au courant dès qu'il aurait plus d'informations à ce propos.

Après avoir parlé pendant encore plusieurs longues minutes des Horcruxes, le silence finit par retomber. Hermione, bien qu'excitée par ce qu'elle venait d'apprendre, ne put s'empêcher de lever la main, pour poser la question qu'elle avait au bout des lèvres depuis le début de l'entretient.

Le vieux sorcier lui offrit un véritable sourire amusé, avant de lui préciser qu'elle n'avait pas besoin de lever la main pour poser une question dans son bureau, et Ron ne put retenir un petit reniflement moqueur.

Les joues légèrement rougies, elle demanda finalement : « Professeur, ce que vous nous avez révélé ce soir est plus que bouleversant et capital dans notre recherche des Horcruxes, mais…je ne comprends toujours pas pourquoi Ron et moi avons été convoqués ; Harry nous aurait fait part de tout ceci, même si nous n'avions pas été là. »

« Ahhh, » approuva Dumbledore, lui offrant un regard appréciateur par-dessus ses lunettes. « Effectivement, je ne vous ai pas encore révélé la raison de votre venue, et il est temps d'y remédier. »

Comme toujours, Hermione se redressa inconsciemment sur sa chaise, sa curiosité poussée à son extrême.

« Ron, Hermione, » commença t-il, et tout deux réalisèrent que c'était la première fois qu'il s'adressait à eux en utilisant leurs prénoms. « Depuis plus de six ans, vous avez soutenu Harry dans toutes les épreuves qu'il a traversé, mettant vos vies en danger à maintes reprises, et pourtant, vous n'avez jamais baissé les bras. Vous faites honneur à votre maison avec votre courage et votre loyauté exemplaires. »

Le rougissement d'Hermione s'intensifia, mais positivement cette fois-ci. Elle n'y pouvait rien, ce genre de compliments, surtout venant de Dumbledore, cela ne pouvait que l'emplir de fierté.

« Maintenant plus que jamais, je compte sur vous pour assister Harry dans sa tâche, » reprit-il, son expression à présent grave. « Les temps sont plus sombres qu'ils ne l'ont jamais été, et je crains sincèrement que cela ne fasse que s'empirer au cours de l'année. Malheureusement, il arrivera peut-être un moment dans quelques mois où…je ne serais plus capable de vous aider comme je l'ai fait jusqu'à présent. »

Harry se redressa immédiatement sur sa chaise à cette remarque, visiblement inquiet, mais Dumbledore leva une main pour l'empêcher de parler.

« Je suis désolé, Harry, mais c'est une question à laquelle je ne pourrais pas répondre, pas ce soir tout du moins. Le fait est que Ron et Hermione sont célèbres, pour avoir été à tes côtés quoi qu'il arrive, et ils seront tout autant en danger que toi très prochainement. »

« Cela ne nous empêchera pas de nous battre aux côtés d'Harry, » s'empressa de préciser Ron avec véhémence. « Si vous suggérer que l'on devrait se cacher ou quoi… »

« Non, rien de cela, Ron, » le rassura Dumbledore, malgré son expression fatiguée et vieillie. « Mais je veux vous offrir un 'minimum' de protection. Je sais que vous êtes tous les trois extrêmement compétant en sort de défenses et d'attaque, ce n'est donc pas cet aspect que je voudrais aborder. Je souhaiterais que vous appreniez l'Occlumancie. »

Le silence retomba, les trois élèves fixant le vieux sorcier avec étonnement. Hermione ne s'était pas attendue à ça, en toute sincérité, et la surprise était la même chez ses deux amis.

« Je sais ce que vous pensez, » reprit Dumbledore sans attendre une quelconque réaction de leur part. « Mais dans le pire des cas, si vous vous retrouvez capturés, protéger votre esprit sera peut-être votre arme la plus puissante, cela a sauvé des vies dans le passé. » Bien qu'il ne l'ajoute pas, Hermione savait pertinemment qu'il y avait aussi le fait que s'ils pouvaient se protéger en cas de capture, ils ne pourraient pas révéler leur plan aux Mangemorts. Ni à Voldemort. « Harry a déjà fait d'énorme progrès l'an passé durant les leçons que je lui ai donné, j'aimerais donc commencer votre enseignement, Ron. Hermione…»

La pause qu'il fit à cet instant précis permit à Hermione de deviner ce qu'il allait dire avant même qu'il n'ouvre la bouche à nouveau. « J'aimerais que vous preniez vos cours d'Occlumancie avec le professeur Snape. »

Sans surprise, les exclamations furieuses de Ron et d'Harry fusèrent instantanément dans la pièce, et Dumbledore leva à nouveau les mains pour les faire taire.

« Il est sincèrement inutile de réagir de cette façon, » les réprimanda t-il. « Le professeur Snape est le meilleur Legilimens et Occlumens qu'il soit, bien meilleur que moi, je dois l'admettre ; et même s'il détesterait savoir que je vous ai fait cette remarque, son don à masquer son esprit à la perfection sauve sa vie à intervalle régulier, soyez en sûr. »

Les deux garçons restèrent silencieux, bien qu'il était clair à leurs expressions qu'ils avaient plusieurs choses sur le cœur en ce qui concernait le Maître de Potions. Ce fût finalement Hermione qui brisa le silence.

« Hum, professeur, pourquoi est-ce que, hum, vous ne voulez pas m'enseignez vous-même l'Occlumancie ? »

« Cela n'a rien de personnel, Hermione, croyez-moi, » soupira Dumbledore d'un ton las. « Mais je ne sens malheureusement pas la force de vous enseigner à tous trois en même temps, même si ta maîtrise est presque parfaite, Harry. J'ai besoin d'aide, et le professeur Snape était un choix logique, connaissant son niveau. Et bien que je sois parfois un peu trop optimisme dans ce genre de situation, au vu des leçons qui ont eu lieu entre Harry et le professeur Snape il y a deux ans, je pense qu'il serait sage d'éviter de réitérer mes erreurs. Ne le prenez pas mal Ron, mais j'ai le vif sentiment que vous progresserez beaucoup plus rapidement avec moi, et qu'Hermione n'aura aucun problème avec le professeur Snape. »

Hermione se mordit la lèvre, se retenant de souffler 'Ca c'est vous qui le dites.' Elle comprenait parfaitement le raisonnement de Dumbledore, mais cela ne l'enchantait pas plus pour autant. Elle se devait de parler à nouveau.

« Monsieur le Directeur, avec tout mon respect… Après ce qu'il s'est passé avec Harry durant ses leçons, pensez-vous vraiment que le professeur Snape acceptera de m'enseigner l'Occlumancie ? »

A sa grande surprise, elle cru voir une leur amusée passé dans le regard de Dumbledore, avant que ce dernier ne réponde avec confiance : « J'ai déjà parlé au professeur Snape, et il a accepté de vous donner des leçons. » la rassura t-il, même si cela fut loin de la rassurer, bien entendu.

Se rappelant leur arrivée devant la gargouille et leur brève rencontre avec Snape, Hermione comprit alors pourquoi il avait eu l'air plus haineux que jamais.

Vraiment, cela promettait d'être intéressant.


***


N/A : Plusieurs petites choses…

J'avoue ne pas avoir lu des centaines de fanfics HGSS, mais j'ai comme l'impression que l'Occlumancie réapparait souvent des les fics, que c'est ce qu'on appelle un 'cliché' XD (genre dans les fics Hermione/Draco, ils sont tous deux préfets en chef avec une salle commune privée…cliché que j'ai totalement utilisé dans le passé mdr). Si c'est le cas, veuillez excuser ce moment de faiblesse ^^ Je me suis dis qu'avec tous mes efforts pour être un minimum originale, je pouvais me permettre cette petite facilité…qui peut mener à des choses intéressantes XD

Je sais aussi qu'il n'y a pour ainsi dire pas de Hermione/Snape dans ce chapitre, mais au vu de la longueur, j'ai préféré arrêter là lol. Ca va venir, je vous promet, mais quand on cherche à être crédible, on a tendance à prendre son temps XD

Bref bref, je me tais ^^ J'espère que vous avez apprécié ce chapitre ; comme toujours les reviews sont plus qu'appréciées :))