A l'approche de la nuit


Disclaimer: Je malmène encore ces pauvres personnages, mais ils ne m'appartiennent pas, étant l'entière propriété de J.K. Rowling.

Pairing: Hermione Granger / Severus Snape, mais je m'autorise quelques dérives ^^

Rating : T, mais au vu des idées qui remplissent mon esprit tordu, cela à te fortes chances de passer au M !

Note de l'auteur : Tout d'abord, je tenais a mexcuser pour le temps d'attente entre les deux chapitres; je sais que c'est un peu inutile de s'excuser a chaque fois, mais ca me fait me sentir un peu mieux XD Malheureusement, mon été est tres chargé et j'ai du mal a prendre le temps necessaire pour ecrire... surtout que vous l'aurez constaté, ce chapitre qui selon mes dires devait etre "plus court" s'avere au final etre le plus long ecrit pour cette fic O_o

Je m'excuse aussi car je ne pourrais pas repondre aux reviews anonymes cette fois ; je ne suis pas sur mon ordinateur (et j'utilise un clavier americain, ce qui explique le manque d'accent dans cette note XD) et je les avais preparé sur un un document...que je n'ai pas avec moi haha J'editerai peut etre plus tard pour les rajouter ;)

En tout cas, MERCI du fond du coeur pour vos nombreuses reviews ; vous etes mon meilleur moteur :)) Merci bien entendu a Sandra pour la correction, elle n'a pas un travail facile XD


EDIT: Voilà les RAR aux reviews anonymes ;)

Ramdam : Merciiii ^^ Et moi aussi j'adore ce passage du film XD La deuxième fois que j'ai été le voir, j'ai fait attention à la tête de Harry, et effectivement, c'est comique mdr

Maude : Oh, j'ai lu « Quand la Lionne se bat » (enfin, environ 40 chapitres en tout cas XD) et c'est clair que Hermione est excellente dedans, son courage est ENFIN bien utilisé :D Pour ce qui est des longs chapitres, voilààà, un biiiiien long XD (ça me désole presque, je ne sais pas comment je fais lol). Sincèrement, je n'ai aucune idée de combien de chapitres il y aura au final…pour l'instant, j'ai un plan plutôt bien détaillé jusqu'au chapitre 10…et encore pleins d'idées pas détaillé après ça XD Si je finis par atteindre « Chapitre 20 » (et 200 000 mots X_X) ça ne m'étonnerais pas lol Je peux également te promettre de faire mon possible pour ne pas faire de leur relation une 'grosse soupe d'émotions' XD J'aime mettre de l'émotions, mais j'adore surtout respecter au mieux le caractère des personnages ;) Vraiment, un gros merci pour tes reviews et encouragement :))

Eileen19 : Merci !!! :D Ta review m'a fait extrêmement plaisir, tu n'as pas idée *sautille* Je suis vraiment contente que ce chapitre t'ai plu ^^ J'avoue que j'adore imaginé ce qui a pu se passer dans la vie de nos persos préférés –et je ne cache pas ma tendance extrêmement sadique à les faire souffrir mouhaha. Ne t'en fais pas, Severus fait son gros insensible, mais ça va changer ;) Je reste persuadé que derrière ses airs glacials, il a un grand cœur ^^ Désolée pour l'attente, j'espère que tu apprécieras ce chapitre :)


Chapitre Cinq : Manipulation


Juin 1976

Etalé de tout son long sur le sol, les bras en croix, Severus observait les étoiles. Chaque lueur scintillante lui rappelait la façon dont le bracelet ou les boucles d'oreille de Lily brillaient parfois sous un reflet du soleil, l'éblouissant. Lorsqu'il tournait la tête d'une certaine façon, il pouvait presque voir les traits de son visage se dessiner entre les minuscules points blancs qui parsemaient le ciel.

Il avait de toute évidence oublié qu'il était encore dans la Salle sur Demande, et que ce qu'il observait était un plafond totalement noir.

Allongée à ses côtés, Debbie l'observait, son menton reposant dans la paume de sa main. Elle l'écoutait parler des diverses constellations qu'il voyait, et de son envie d'en renommer une 'Lily. Il était clairement en train d'halluciner, ce qui était une des raisons qui la poussait à sourire à cet instant. Sourire qui pouvait passer comme étant doux et attendri, dans la pénombre de la pièce, mais qui en réalité était plus calculateur qu'autre chose.

« Tu l'aimes, n'est-ce pas ? » lui demanda t-elle doucement, et elle observa son visage pâle s'éclairer légèrement alors qu'un sourire rêveur étirait ses lèvres.

Il ferma les yeux, et vit son visage derrière ses paupières closes, avec une telle netteté qu'elle semblait se trouver devant lui. Le simple fait de penser à elle envoyait des décharges chaudes et enivrantes au travers de son corps.

« Oui. » murmura t-il, le plus sincèrement du monde, imaginant que c'était elle qui se trouvait à ses côtés ; imaginant son visage se rapprocher du sien, ses long cheveux flamboyant frôlant sa peau, alors qu'elle déposait un baiser sur sa joue. La chaleur dans ses veines augmenta.

« Tu ferais tout pour l'avoir. Tu serais prêt à tout faire pour qu'elle soit à toi. » Elle s'était rapprochée, ses lèvres à seulement quelques millimètres de son oreille. Perdu dans son fantasme, Severus imaginait que c'était le souffle de Lily qu'il sentait contre sa peau, sa chaleur près de son corps, et le frisson qui le traversa fut si intense qu'il en était presque douloureux.

« Pour qu'elle soit mienne… » répéta t-il dans un souffle. « Prêt à tout… »

« Même prêt à faire un Serment Inviolable ? » lui murmura Debbie, l'anticipation la faisait vibrer de l'intérieur, persuadée qu'il céderait dans les prochaines secondes.

L'espace d'un instant, il ne bougea pas. Soudain, il rouvrit brusquement les yeux, avant de se redresser légèrement à l'aide de ses coudes, posant son regard sur elle.

« Un Serment Inviolable ? » demanda t-il perplexe, ne semblant pas comprendre sa logique. Ce qui était compréhensible, étant donné qu'il n'y avait aucune logique dans les actions de Debbie, seulement un désir ardent de le manipuler totalement, jusqu'à ce qu'il soit à sa merci.

« Si ton amour pour elle est si puissant, tu devrais être prêt à jurer sur ta vie qu'elle finira par être tienne. » insista t-elle, de son ton le plus persuasif, certaine que cette fois, son état ne lui fournirait aucune protection contre son influence.

Elle avait tord, réalisa t-elle très vite.

L'expression confuse de Severus se mua en quelque chose d'autre, une grimace de dégout non dissimulée, et il commença à essayer de se relever, marmonnant : « Un Serment Inviolable…t'es complètement tarée, Debbie. »

L'excitation qui envahissait la jeune fille diminua légèrement face à ce rejet, mais elle se reprit très vite, sachant pertinemment que c'était loin d'être perdu. Il suffisait simplement de trouver les bons mots.

« Réfléchis Severus, cela prend tout son sens. » lui dit-elle en se relevant également, tentant d'agripper ses mains. « Si tu jures de- »

Mais il la repoussa, de façon clairement chancelante, mais il était beaucoup plus fort qu'elle physiquement, et malgré son ivresse, il n'aurait aucun mal à rester hors de son emprise.

« Je vais me coucher, » grommela t-il en se dirigeant vers la sortie, avant de lui lancer par-dessus son épaule : « Et tu devrais faire pareil ; t'es clairement complètement bourrée. »

L'irritation remplaçant rapidement son excitation, Debbie lui emboita le pas, sachant parfaitement que sans sa présence à ses côtés, il se ferait repérer en moins de deux minutes. Elle désirait peut-être ardemment lui compliquer la vie, mais elle aurait dû mal à le faire s'il se faisait renvoyer de Poudlard.

Contenant son envie de continuer à le tanner, jusqu'à ce qu'il réalise qu'elle avait raison, elle concentra ses efforts sur les vagues diffuses qu'elle envoyait autour d'eux, empêchant quiconque de les repérer. Malgré leur descente pour le moins bruyante, Severus ayant déjà percuté deux armures, qu'elle s'était empressée de remettre en place d'un simple coup de baguette irrité, personne ne vint à leur rencontre.

Lorsqu'ils atteignirent à nouveau les cachots, Debbie en eu assez et saisit un de ses bras, l'entraînant dans un couloir sombre.

« Severus, écoute ce que j'ai à dire. » lui ordonna t-elle, clairement énervée par le fait que malgré tous ses efforts, il continuait d'échapper à son emprise, magique ou psychologique.

« Nan, c'est toi qui m'écoutes, » répliqua t-il, se dégageant à nouveau. « Si tu crois que je pourrais un jour faire…ça. Que je pourrais la forcer à faire quoi que ce soit avec moi… »

Debbie comprit alors de quoi il retournait. Instantanément, son humeur s'allégea de façon non négligeable, et elle empêcha ses lèvres de s'étirer, préférant garder un visage sérieux et décisif.

« La forcer ? » répéta t-elle, d'une voix exagérément confuse. « Qui a dit que tu devrais la forcer à faire quoi que ce soit ? »

Pour son plus grand bonheur, elle vit son expression se troubler, et elle savait que son esprit embrumé ne devait pas l'aider.

«Le Serment… » Parvint-il simplement à articuler, et Debbie s'approcha lentement de lui, laissant un sourire doux naître sur ses lèvres.

« Le Serment n'aurait aucun effet sur elle, Severus. » murmura t-elle. « Un Serment Inviolable n'engage que la personne qui lie sa vie à son accomplissement. » Elle avait à nouveau tendu la main vers la sienne, lentement, pour ne pas le brusquer.

Mais une fois encore, Severus se déplaça avant qu'elle n'ait pu établir le contact. Mais le trouble qui l'envahissait était palpable. S'adossant durement contre le mur, il fixa le sol, les sourcils froncés, clairement incapable de comprendre ce qu'elle impliquait, ce qu'elle attendait de lui, ou pour quelle raison. Debbie décida de passer à la vitesse supérieure, ignorant le fait que si cela ne le faisait pas céder, tout son plan tomberait à l'eau. Alors, elle se plaça directement en face de lui, avant de lui dire, d'une voix basse mais dure :

« Il en pince pour elle, tu sais ? James Potter. » L'effet fut immédiat. Il redressa la tête, plantant un regard soudainement assombri dans le sien. « Ce n'est un mystère pour personne à Gryffondor, il ne cherche pas vraiment à le cacher. Je suis sur que tu le sais aussi bien que moi. »

Son être tout entier sembla s'animer à ses mots, son teint devenant plus pâle que jamais, alors que son expression devenait ténébreuse. « Lily n'en a rien à faire de Potter, » répondit-il immédiatement, presque malgré lui, la haine qu'il ressentait envers l'idole de l'école perçant clairement dans sa voix. « Il n'a aucune chance avec elle. »

« C'est ce qu'elle dit, oui » répondit-elle d'une voix évasive, avant de détourner les yeux volontairement, voilant son regard, comme si elle se rappelait quelque chose, ce qui n'était pas totalement faux. « Mais je ne serais pas aussi catégorique à ce sujet, si j'étais toi. »

Un instant de silence suivit sa remarque, avant qu'elle ne sente sa main agripper son bras, ses doigts s'enfonçant dans sa chaire. « Qu'est-ce que tu veux dire ? » siffla t-il, resserrant davantage sa poigne, et elle glissa à nouveau son regard dans le sien, heureuse d'y voir un début de doute se mêler à la colère.

« Ce que je veux dire, c'est que je suis aux côtés de Lily pratiquement toute la journée, et que les filles discutent de choses entre elles dont elles ne parleraient jamais avec des garçons. » Elle impliquait clairement dans cette remarque qu'elle savait des choses sur Lily dont il n'avait aucune idée. En particulier depuis que Lily et lui avait commencé à passer de moins en moins de temps ensemble. Et ce soir, elle venait de totalement l'exclure de sa vie. Debbie pouvait presque voir sa colère s'effriter devant ses yeux, remplacer par quelque chose d'autre, quelque chose de beaucoup plus douloureux. « James ne la laisse pas totalement indifférente, Severus… Pour quelqu'un dont elle ne veut 'rien savoir' et qui 'l'énerve plus que tout au monde', elle passe un peu trop de temps à se plaindre de lui. J'ai bien vu les regards qu'elle lui lance parfois, quand elle croit que personne ne fait attention à elle. Donne leurs quelques années pour mûrir un peu chacun de leur côté, et Lily ne le trouvera plus si repoussant. »

Sur ce sujet, Debbie ne mentait pas. Après tout, elle avait elle-même envoyé quelques ondes en direction de Lily lorsque James Potter était à proximité, adorant voir l'expression troublée sur le visage de l'autre rousse après ces moments là.

Mais ce qu'elle adorait à cet instant, c'était la vue de Severus, se laissant lentement glisser au sol, les yeux douloureusement fermée. L'ivresse qui avait émané de chacun de ses pores seulement une dizaine de minutes plus tôt semblait s'être totalement évanouie, remplacer par un manteau de pensées ténébreuses.

« Tu mens… » murmura t-il pourtant, les yeux toujours fermés, et elle s'accroupie devant lui, sentant son cœur s'accélérer dans sa poitrine. Le moment était venu.

« Je ne mens pas, Severus… » souffla t-elle. « Tôt ou tard, il gagnera son cœur. Et elle sera sienne. » Cette fois, lorsqu'elle glissa main dans la sienne, il ne bougea pas. Il ouvrit les yeux, et elle put lire dans son regard une tempête d'émotions, entre le désespoir et la rage, l'incompréhension et l'horreur. « Tu n'as pas à t'avouer vaincu. Il n'est pas trop tard. Fais le Serment, Severus. Jure qu'elle sera toujours à toi avant d'être à lui. »

Le silence, à nouveau. S'étirant indéfiniment, jusqu'à ce qu'elle sente chaque cellule de son corps vibrer d'impatience et d'anticipation.

Et finalement, elle la sentit. La légère pression sur ses doigts, alors qu'il les serrait doucement entre le sien. Puis, il ferma à nouveau les yeux, vaincu, lui offrant un hochement de tête presque imperceptible.

Presque.

Les minutes qui suivirent étaient floues, se sentant trop grisée par le fait qu'il avait cédé, finalement, FINALEMENT, pour se rappeler avec précision ce qu'elle avait fait entre ce moment où ses doigts avaient enserrés les siens, et cet autre moment où leurs deux mains s'étaient retrouvées fermement enlacées.

Ils s'étaient clairement relevés, brièvement, pour s'enfoncer encore davantage dans le couloir. Debbie s'était pressé contre le mur, joue contre la pierre froide, sachant que la salle commune de Serpentard se trouvait de l'autre côté. Sachant également que dans toute maison confondue, il y avait toujours de grandes chances pour qu'un élève se soit assoupi auprès du feu, plutôt que dans son lit. C'est cet élève qu'elle appela. Puisant sa force persuasive dans la délicieuse exaltation qu'elle ressentait à cet instant.

Moins d'une minute plus tard, il était apparu. Un garçon de troisième année qu'elle connaissait de vue, parce qu'il était Batteur dans l'équipe de Serpentard. Elle lui lança rapidement un sort de confusion, car elle ne voulait prendre aucun risque, même s'il était toujours sous son emprise.

Il ne posa aucune question. Severus non plus.

Elle les fit s'agenouiller, ordonnant à l'élève de sortir sa baguette, avant de tendre sa main droite à Severus. L'espace d'une seconde, qui sembla durer une éternité, il eut l'air d'hésiter, comme s'il avait changé d'avis. Mais finalement, il glissa sa main dans la sienne, et son regard dans le sien. Sous ses ordres, l'élève plaça le bout de sa baguette sur leurs mains jointes.

Et enfin, le Serment commença.

Elle avait longuement réfléchi aux différentes questions qu'elle pourrait lui poser, aux variations non négligeables qu'elle pouvait choisir. Elle n'avait aucun désir de lui demander crument de coucher avec Lily Evans avant la fin de leur septième année. Tant qu'à être dramatique et théâtrale, autant l'être jusqu'au bout. Elle se réjouissait intérieurement du fait que leur professeur d'astronomie lui ait fourni une date parfaite pour sceller le Serment.

Finalement, elle commença à parler.

« Severus Snape, promets-tu de prendre la virginité d'une née moldue ? » murmura t-elle.

Un moment de silence vibrant, puis : « Oui… » Instantanément, une langue de feu rougeâtre sortie de la baguette, avant de s'enrouler autour de leurs mains.

« Promets-tu de le faire dans l'enceinte de ce château, dans les limites du domaine ? »

Elle pouvait voir le feu se refléter dans ses yeux sombres, telle une lueur de désir. « Oui… » Une nouvelle langue ardente se joint à la première, embrasant leurs mains et les ténèbres du couloir.

« Promets-tu de le faire avant la nuit où Mercure, la Terre et Jupiter seront en alignement avec le soleil ? »

S'il était troublé d'une quelconque façon par ses étranges clauses, il ne le montra pas, son regard demeurant intensément fixé au sien. La détermination semblait surpasser toutes autres émotions à cet instant. « Oui… »

De son côté, Debbie ne s'était jamais senti aussi puissante, capable de lui faire accepter le moindre de ses désirs ; capable de le contrôler enfin, après plus de cinq années de patience.

« Tout ceci est, et restera, purement sexuel, » susurra t-elle enfin. « Ne perds pas ton temps à déplorer un manque de sentiments de son côté, Severus. Du moment qu'elle perd sa virginité entre tes bras, dans l'enceinte de ce château, tu auras gagné. Tu l'auras possédée. C'est tout ce qui compte pour toi, non ? »

Et pour la dernière fois, il répondit : « Oui… »

Comme si la légère brise glaciale qui parcourait toujours les couloirs des cachots venait de souffler sur leurs mains jointes, les flammes rougeâtres s'évanouirent sans un bruit dans la nuit.


***


Comme à son habitude, ses pas étaient silencieux.

Des années d'expériences lui avaient permis d'acquérir une aisance presque naturelle pour se déplacer où bon lui semblait sans se faire repérer. N'importe qui d'autre aurait sans aucun doute été si bruyant qu'il se serait fait dévorer en moins de dix minutes par une bête quelconque. A l'exception de Hagrid, qui malgré sa taille et sa carrure –tout sauf discrètes- était toujours vivant en dépit des heures quotidiennes qu'il passait en cet endroit.

La Forêt Interdite n'était pas faite pour Severus. Il était loin d'être effrayé par les lieux, mais il se contentait parfaitement de la froideur et de la solitude de ses cachots, merci bien. Malheureusement, comme presque toujours, il n'agissait pas de son plein gré, mais surtout parce que certaines actions étaient inévitables. Comme le fait qu'il doive passer sa vie à jongler entre des journées passées à essayer de faire entrer un minimum de connaissances dans des cervelles creuses, et des nuits passées à accomplir les désirs fous de son 'Maître', espérant au passage obtenir quelques bribes d'informations qu'il pourrait retransmettre à son autre maître, tout aussi fou.

Tout ceci lorsqu'il ne devait pas concentrer ses efforts à la préparation d'une potion oubliée, qu'il n'avait préparé qu'une seule fois au cours de sa vie, des années auparavant. La potion en elle-même n'avait rien de particulièrement difficile, si ce n'était dans ses ingrédients, qui devaient être recueillis en des moments bien précis. Car non, il n'avait pas décidé d'aller se promener dans la Forêt Interdite au milieu de la nuit simplement pour avoir le plaisir de contempler la pleine lune. Cela faisait près de trois semaines qu'il travaillait sur cette concoction, et il espérait bien récupérer le dernier ingrédient capital ce soir. Dans le cas contraire, il se verrait dans l'obligation d'attendre un autre mois complet.

Il continua de ruminer ses pensées alors qu'il s'enfonçait plus profondément dans la noirceur des bois, grincheux mais silencieux, ignoré des différentes créatures qui habitaient les lieux.

Il arriva enfin à l'endroit désiré, les arbres disparaissant soudainement pour faire place à une grande clairière baignée par le clair de lune. Il aurait pu ranger sa baguette, son faible lumos à présent était inutile, mais il n'en fit rien. Il resta simplement immobile quelques instants, son visage impassible levé vers l'astre laiteux. Puis, finalement, après avoir poussé un soupir plein de regrets, il tendit sa baguette devant lui, concentrant ses pensées sur un souvenir lointain, avant de lancer l'incantation d'une voix ferme et décisive.

Elle apparu instantanément devant ses yeux, à quelques mètres de lui, faite de la plus pure lumière argentée. Comme toujours, il ne put empêcher son cœur de se serrer douloureusement dans sa poitrine à la vue de la biche qui s'avançait à présent vers lui d'un pas lent.

Même la mort et les années passées ne pouvaient l'empêcher de revenir le hanter, bien trop régulièrement. La situation plus que singulière dans laquelle il se trouvait en était bien la preuve.

Il pouvait sentir les traits de son visage se contracter, sachant qu'il affichait une expression inhabituellement triste. La vérité était qu'il n'avait aucune raison de conserver son masque froid et imperturbable à cet instant, alors qu'il tendait une main légèrement tremblante vers le museau argenté de son Patronus. Après tout, il était totalement seul, perdu au milieu des bois, n'ayant pour seuls témoins que quelques hiboux et chouettes curieux, cachés dans les branchages…à quoi bon ?

Bien sûr, il ne toucha pas la créature, sachant pertinemment qu'un tel geste serait inutile ; il ne rencontrerait que de l'air, et risquerait surtout de la faire disparaître. Et il ne pensait pas posséder la motivation nécessaire pour la faire réapparaître, l'amertume s'étant enfoncer bien trop profondément en lui.

Alors, il se contenta de fixer ses yeux doux, avant de murmurer : « Va la chercher… »

Et comme elle l'avait fait vingt ans plus tôt, la biche se retourna et partit au galop entre les arbres.

Il demeura immobile au milieu de la clairière pendant une durée indéterminée, persuadé quelque part que cette fois-ci, cela ne marcherait pas. Il avait peut-être réussi lorsqu'il avait dix-sept ans, mais les choses avaient changé. Il avait changé. Si à l'époque, une certaine noirceur l'habitait déjà, il n'avait pas encore commis tous les crimes qu'il avait commis, depuis que le Seigneur des Ténèbres avait fait de lui son esclave.

Mais au fond de lui, il savait que ses actions n'affecteraient rien. Son Patronus avait puisé sa force dans un souvenir heureux et innocent. Il n'y avait absolument rien de négatif dans l'être argenté, et c'était bien cela qui attirerait la licorne.

Les licornes étaient des créatures extrêmement craintives de l'être humain, en particulier des hommes, mais tout chez elles possédait des propriétés magiques exceptionnelles. Il existait quelques méthodes peu connues pour pousser une licorne à venir à vous, et l'utilisation d'un Patronus était l'une d'entre elles. Elles étaient irrémédiablement attirées par cette source de bonheur pur sensé repousser des êtres aussi vils et mauvais que les Détraqueurs.

Son Patronus ramènerait avec elle une de ces créatures mythiques.

Effectivement, elle finit par apparaître à nouveau. La biche trottina tranquillement jusqu'à lui, mais il ne lui accorda qu'un bref regard, ses yeux restant fixés sur la lisière des bois. Au début, il ne vit rien. Puis, un museau d'une blancheur immaculée fit son apparition entre les arbres, suivit d'une encolure, de l'avant de son corps, et finalement, la créature s'avança vers lui, qui l'attendait, son Patronus toujours à ses côtés.

La beauté et la pureté qui se dégageaient d'elle avait un pouvoir hypnotisant ; même lui était incapable de demeurer insensible face à une telle apparition. Son pelage, plus blanc que neige, semblait presque étinceler sous la lumière de la lune, et sa crinière semblait être faite de la soie la plus douce. Aucun son ne brisait le silence qui régnait autour d'eux lorsque ses sabots touchaient le sol ; c'était comme si elle marchait sur de l'air. Fasciné, il l'observa continuer son chemin dans sa direction, jusqu'à ce qu'elle s'arrête, à seulement un mètre de lui.

L'espace d'un instant –qui dura quelques secondes ou plusieurs minutes- il fut incapable de bouger. Incapable de se souvenir de ce qu'il avait fait, tant d'années auparavant, la première fois qu'il s'était retrouvé face à une telle créature. Avait-il déjà, à l'époque, sentit une boule douloureuse obstruer sa gorge, alors qu'il était confronté à la personnification même de l'innocence ?

Puis, glissant sa baguette dans sa poche, il tendit finalement une main vers elle, se rappelant alors que c'était ce qu'il avait fait, la première fois. Lorsque la paume de sa main effleura son encolure, elle baissa la tête, forçant un contact plus direct, et ses doigts glissèrent dans son pelage soyeux. Sans vraiment réaliser ce qu'il faisait, il continua de la caresser lentement, avec douceur, jusqu'à ce qu'il sente une irrégularité sous ses doigts.

Fronçant les sourcils, il rapprocha légèrement son visage, jusqu'à ce qu'il puisse distinguer la petite cicatrice, à peine visible derrière une pluie de fils de satins. La surprise, pure et brutale, l'envahit. Cette marque… Ce pourrait-il que… ?

Il recommença ses lentes caresses, tout en plongeant son regard dans les yeux sombres et paisibles de la créature.

« C'était donc toi ? » murmura t-il doucement. « Malgré ce que je t'ai fait, tu es revenue ? »

Bien sûr, elle ne répondit rien, d'aucune façon, se contenant de soutenir son regard, attendant qu'il s'exécute.

Elle était belle et bien la personnification de l'innocence. A croire de façon si sincère en la bonté des gens, ou à la rédemption. Acceptant sans rancune la souffrance inutile que certains pouvaient lui infliger.

Alors, d'un geste rapide et presque automatique, il plongea à nouveau sa main dans sa poche et ressorti le petit poignard qu'il avait gardé dissimilé jusqu'à présent. Et sans un autre instant d'hésitation, il glissa la lame aiguisée de l'instrument sur l'encolure blanche, au niveau de la première cicatrice, appuyant juste assez pour que la peau se perfore et que la chair saigne. De son autre main, il recueillit immédiatement le liquide argenté qui s'écoula lentement hors de la plaie, remplissant la petite fiole jusqu'au goulot.

Cette action ne dura qu'une dizaine de secondes, et à peine eu t-il éloigné la fiole de la blessure qu'il sentit, plus qu'il ne vit, son Patronus disparaître sans un bruit. Dans l'instant qui suivit, la licorne s'était retournée et avait disparu dans la nuit, ne devenant qu'une trainée blanche au loin.

Il resta immobile à observer le sang argenté emprisonné dans le flacon de verre, pensant avec regret que d'ici peu, une autre innocente saignerait par sa faute.


***


29 septembre 1997

Maman, Papa,

Cette lettre sera un peu différente de celles que je vous écris habituellement.

Dernièrement, j'ai eu l'occasion de beaucoup repenser à ma vie d'avant, à l'époque où je ne savais pas encore que j'étais une sorcière. Vous devez surement vous dire que je ne me souviens plus des années que j'ai passées à vos côtés, vivant comme le commun des mortels, ignorant tout des dangers extérieurs, ou même des pouvoirs que je possédais sans le savoir. Que j'ai tout oublié, ou que si j'y repense, je balaye rapidement ces souvenirs. Détrompez-vous.

Si un sentiment m'envahit, c'est surtout du regret. Je réalise combien je vous ai négligé, ces six dernières années. Je sais que vous allez me dire que c'est normal, que je suis une adolescente, et que sorcière ou non, personne n'aime passer du temps avec leurs parents à cet âge-là. Vous avez tord. J'aurais dû vous consacré plus de temps, au lieu de passer toutes mes vacances avec Harry et Ron. Vous savez que mon monde traverse une période sombre et difficile, et je vous remercie d'avoir toujours été si compréhensifs, de me laisser poursuivre mes études au loin malgré les dangers.

Mais peut-être ne vous ai-je pas laissé le choix ? J'ai toujours su ce que je voulais, et je n'ai jamais supporté d'être contredite, j'en ai bien conscience. Je m'excuse donc de ne pas vous avoir laissé assumer votre rôle de parents, toutes ces années, alors que je suis votre seule enfant. Soyez certains qu'une fois cette année terminée, les choses vont changer. Je prévois de faire mes études dans le domaine médical (façon sorcière), et je serais donc de retour à Londres, plus près de vous. Et j'aimerais beaucoup venir passer les vacances de Noël à la maison, si vous n'avez rien de prévu, bien sûr.

Je pense fort à vous, et vous embrasse.

Hermione


***


La Grande Salle était remplie d'élèves bruyants, incapables comme toujours de manger sans se sentir obliger de faire grimper les décibels autour d'eux de façon dramatique, à chaque minute qui passait.

Ce qui était inhabituel, cependant, c'était le fait que Severus n'ait pas le nez plongé dans son assiette, tentant d'ignorer le fait qu'il était entouré par plusieurs centaines d'être humains pré pubères, suintant d'hormones et d'autres fluides. Ce matin-là, son regard ne cessait de glisser vers les tables des étudiants, s'arrêtant brièvement sur celle de Poufsouffle, succinctement sur celle de Serdaigle, avant de s'arrêter sur celle de Gryffondor, un peu trop longtemps à son goût.

La vérité était qu'à chaque fois que ses yeux se posaient sur cette élève en particulier, son esprit cogitait beaucoup plus fortement que pour les deux autres, finissant toujours par le laisser plongé dans ses pensées, ses yeux devenant vacants mais restant fixés sur l'étudiante. Jusqu'à ce qu'il se donne une claque mentale et détourne le regard en se traitant d'abruti, bien entendu. Il se concentrait sur son assiette, l'espace d'une minute, peut-être deux, avant qu'il ne cède à nouveau et recommence son manège.

Poufsouffle. Alice Cohan. A brûlé six chaudrons durant les cinq années qu'elle a passé dans sa classe, âme sœur parfaite pour Longdubat. 'Désolant' à ses BUSES de potions, ne l'a plus vu dans ses cachots depuis ce jour là. Mais malgré ses inconvénients pour le moins majeur, possède tous les atouts corporels qu'une jeune fille de dix-sept ans peut posséder. En résumé, corps parfait, esprit déplorable.

Serdaigle. Sophie Lovack. A été si inintéressante qu'il ne se souvient même pas l'avoir eu dans ses cours. N'a sans aucun doute pas brûlé plus d'un ou deux chaudrons. 'Passable' à ses BUSES de potions, plus vu depuis. A apparemment un très gros problème d'acné, et devrait penser à demander conseil à ses camarades concernant les sortilèges épilatoires pour ses sourcils. Sourire intérieurement pour avoir eu une telle pensée hypocrite.

Gryffondor. Granger. Hermione Granger. Insupportable. Emotionnellement instable. Irritable, Miss-Je-Sais-Tout, insolente, culottée, distraite et influençable, continuellement utilisée par ces deux crétins de Potter et Weasley. Parcours académique pratiquement parfait, 'Optimal' à ses BUSES de potions, et a depuis toujours démontrer une aisance pour cette matière, à part quelques digressions. Dues à la liste de défauts pensés ci-dessus. Physique ordinaire, ou du moins camoufler par des robes informes et des cheveux un peu trop volumineux. Malgré un changement apparent depuis l'année passée, de façon plutôt positive. Mais totalement ignoré du fait de son intolérable personnalité, toujours à lever la main et à gigoter ses doigts frénétiquement dans les airs. Toujours à lui répondre, à se croire plus maline, à le pousser, beaucoup trop intelligente et futée pour son propre bien, grrrr.

Détournement de regard empressé. Elle venait de relever la tête et de fixer ses yeux aux siens.

Sans attendre, il fourra une grosse cuillérée de porridge dans sa bouche, qu'il avala presque de travers à vouloir la faire descendre tellement rapidement (ce qui lui valut à nouveau quelques regards choqués). Et ce qui poussa Debbie, assise à ses côtés, à lui envoyer quelques tapes un peu trop fortes dans le dos.

« Tu as l'air préoccupé, Severus, » commenta t-elle calmement.

Comme il le faisait si souvent, il se contenta de lui lancer un regard bien noir, choisissant de ne pas répondre. Bien sûr qu'il était préoccupé. Elle savait pertinemment pourquoi, il était inutile qu'elle recommence son manège de murmures dramatiques et de 'Tu sais ce que tu dois faiiiiire…' ; 'Les jours passent vite, Severus, tic tac, tic taaaaac…' ou 'Ce soiiiiir tu pourras finalement faire la vérificatiooon…' Si la situation n'avait pas été aussi aggravante, il aurait presque pu s'imaginer Trelawney et Debbie partageant une tasse de thé ; il aurait été incapable de dire qui aurait parlé de lui en termes les plus tragiques. Il était clair qu'elle aimait dramatiser les choses.

« Tes commentaires deviennent redondants, Debbie » se contenta t-il de répondre finalement de son ton le plus désintéressé, et à sa grande frustration, cela provoqua un sourire mesquin chez cette dernière.

Elle s'apprêtait visiblement à ajouter quelque chose, mais il fut sauvé par l'arrivée du courrier, lui donnant une excuse pour détourner le regard et ignorer sa voisine. Il choisit à l'opposer de se concentrer sur la chouette blanche de Potter, si facilement repérable dans cette mer de gris et de noir. Celle-ci tournoya au-dessus de la table de Gryffondor, attendant le bon moment pour apporter son courrier de fans à son maître, de toute évidence. Mais lorsqu'elle plongea enfin, ce ne fut pas devant l'imbécile à lunettes qu'elle se posa, mais devant Granger.

Il détourna à nouveau hâtivement les yeux, ne désirant pas être surpris à nouveau en train de la regarder. Cela ne lui ressemblait pas, vraiment. Mais à bien y réfléchir, rien dans cette…situation ne lui ressemblait. Observer ses 'choix' les uns après les autres en pesant les pours et les contres n'étaient vraiment pas quelque chose qu'il faisait tous les matins.

Mais ne pouvait plus continuer à nier la vérité. Les heures de concentration et de travail qu'il avait passé à réaliser la potion lui avait également fourni de nombreuses occasions pour réfléchir au bourbier dans lequel il était fourré ; après avoir –encore- tenté de trouver des solutions qui ne nécessiteraient pas l'implication d'une de ses étudiantes, il était venu à la sombre conclusion qu'il allait devoir s'y faire. S'il voulait vivre assez longtemps pour retrouver un jour un semblant de liberté, lorsque le Seigneur des Ténèbres tomberait –ou qu'il gagnerait et le laisserait faire ce qu'il voulait, qui sait- il devait survivre après le premier jour de mai.

C'était la raison pour laquelle il venait de passer son petit déjeuner à mentalement noter trois de ses élèves, utilisant un barème qu'il n'avait jamais utilisé avant.

Il savait pourtant que c'était quelque part inutile –car il ne pourrait jamais le faire, il ne pourrait jamais !- étant donné qu'il ne savait pas (encore) laquelle ou lesquelles d'entres elles… obtiendraient un 'Acceptable'. Durant les derniers jours qui venaient de passer, il s'était tellement concentrer sur son besoin de recueillir du sang de licorne durant une nuit de pleine lune qu'il avait totalement omis cet autre ingrédient, totalement indispensable.

Quelques gouttes de sang des demoiselles concernées. En effet, plutôt capital, comme ingrédient.

Cela avait généré un tout autre dilemme. Comment pouvait-il leur prélever du sang, en sachant qu'il ne voyait plus qu'une seule de ces élèves (trop souvent d'ailleurs) dans ses cachots ? Sans surprise, Debbie s'était bien entendu proposée… Insistant sur le fait que les trois jeunes filles étaient dans son cours, et qu'elle trouverait facilement une excuse valable pour recueillir des échantillons. Le fait qu'elle pouvait les persuader de tendre le bras dans sa direction pour qu'elle les pompe de leur sang à l'aide d'une simple suggestion n'avait rien à voir là dedans, bien sûr.

Aujourd'hui, avait-elle dit. Durant leur cours de DCFM, en fin d'après-midi.

Incapable de s'en empêcher, Severus releva à nouveau la tête ; trouvant rapidement élèves de Poufsouffle et de Serdaigle. Mais encore une fois, son regard dévia trop rapidement sur Granger, qui lisait sa lettre, un sourire sincère et heureux éclairant son visage.

Et ce qui l'ennuyait vraiment le plus, c'était qu'il n'était pas sûr de savoir s'il voulait qu'elle obtienne un 'Acceptable' ou un 'Désolant' au test de ce soir.

***

« Harry, mange quelque chose, » lui ordonna Ginny d'une voix ferme, avant de placer une fourchette de bacon devant la bouche boudeuse de son petit ami.

Ce dernier se contenta de lancer un grognement dédaigneux en direction de la fourchette, son expression devenant encore plus renfrognée. Avec une telle grimace et attitude, son menton reposant dans une main, l'air de dire 'je ne me suis jamais autant ennuyé', il avait vraiment l'air d'un enfant de cinq ans qui n'avait pas eu le droit de jouer au Quidditch.

Et pourtant, le Quidditch était loin d'être le problème. Oh non, Harry et Ron continuait de passer trois soirs par semaines -plus weekends- sur leurs balais, à se préparer pour leur premier match, au lieu de travailler. Au grand désespoir de Hermione, bien entendu. Elle n'avait même pas le soutient de Ginny de ce côté-là, la rouquine étant tout aussi accro à ce sport que l'étaient les garçons.

Non, ce qui ennuyait tellement Harry, c'était encore et toujours le 'manque d'action'. Hermione avait cru que de parvenir à récupérer et détruire un Horcruxe sans être tué par la même occasion aurait calmé ses nerfs, mais il n'en était rien. La récupération du médaillon avait en effet été très simple, au final, n'ayant mise en jeu aucune situation où il était question de vie et de mort, et cela rendait Harry totalement morose. Dumbledore et lui-même leur avait raconté comment ils avaient surtout dû passer leur journée à dénicher Ombrage, qui était en 'mission' pour le Ministère dans un lieu apparemment bien caché, ce qui leur avait pris une grande partie de la journée. Une fois qu'ils l'eurent trouvé, il avait suffit de la stupéfixer et de lui prendre le médaillon. Puis d'utiliser l'épée de Gryffondor pour détruire le morceau d'âme de Voldemort.

En d'autres termes, cela avait été totalement ennuyeux.

« Allez, Harry, souris un peu, » l'encouragea Ron, la bouche pleine. « Dis-toi que dans quelques jours, on va pouvoir foutre une raclée aux Serpentards. »

Il conclut sa phrase par un coup de coude qui, malencontreusement bien sûr, se cogna contre le bras de Harry, délogeant au passage son menton de sa paume. Ce dernier perdit l'équilibre de façon quelque peu comique, et se serrait écrasé au sol si Ginny ne l'avait pas retenu, éclatant de rire par la même occasion, suivit par Ron.

Hermione, elle, sourit face à l'échange idiot mais amusant qui prenait place devant elle, mais une sensation étrange l'empêchait de se concentrer totalement sur les remarques acerbes que Harry lançait à présent à Ron. Depuis le début du repas, elle avait la désagréable impression d'être observée. Mais à chaque fois qu'elle parcourait la pièce du regard, elle ne voyait personne en train de la fixer, et essayait donc de se persuader que c'était elle qui devenait légèrement paranoïaque.

Pourtant, lorsqu'elle releva la tête cette fois-ci, vers la table des professeurs, son regard rencontra immédiatement celui de Snape.

Il était trop loin pour quelle puisse distinguer parfaitement son expression, mais –ô surprise, celle-ci semblait tout aussi froide qu'habituellement. Pourtant, quelque chose dans la façon qu'il avait de la fixer provoqua la naissance soudaine et inexplicable d'un frisson qui remonta brusquement le long de son dos.

Mais avant que sa propre surprise ne puisse s'afficher sur son visage, il avait détourné les yeux, se remettant à manger hâtivement. Ce qui lui valut de s'étouffer à moitié avec son porridge. Malgré son trouble, Hermione ne pu empêcher un petit sourire amusé de naître sur ses lèvres face à cette réaction tellement inhabituelle. Elle vit ensuite le professeur Perfild lui taper dans le dos, et ils commencèrent à échanger quelques mots. Elle se demanda, non pas pour la première fois, qu'elle était la nature de la relation entre ses deux professeurs, mais fut couper dans ses pensées par l'arrivée du courrier.

Plus par automatisme que par curiosité, elle releva les yeux vers la marée de hiboux et de chouettes qui déferlaient à présent dans la salle. Comme toujours, son regard trouva immédiatement Hedwige, mais cette fois-ci, son cœur accéléra légèrement dans sa poitrine à sa vue. En effet, elle avait envoyé une lettre à ses parents quelques temps plus tôt, et avait utilisé la chouette de Harry. Ses espoirs furent confirmés lorsqu'elle se posa devant elle. Elle attrapa l'enveloppe, tellement moldue que c'en était adorable, toujours ignorée par ses camarades qui avaient l'habitude de la voir recevoir du courrier de ses parents de temps à autre. Elle commença à lire :

« 5 octobre 1997

Hermione,

Tu ne sais pas la difficulté que j'ai eu à ne pas commencer cette lettre par 'Mimi', comme je le faisais encore durant ta première année à Poudlard. Je me suis souvenue à temps que ton ami Ron t'avait taquiné pendant plusieurs semaines à ce sujet, et que tu m'avais demander d'arrêter. Je m'astiens donc encore une fois, mais sache que pour moi, tu resteras toujours ma petite Mimi, décidant de ne plus changer de vêtements pendant deux semaines parce que tu avais découvert combien d'eau était gaspillée chaque année par l'utilisation excessive des machines à laver.

Tu as toujours été altruiste, pensant aux autres avant de penser à toi-même. Ta lettre m'a beaucoup touchée, sois en sûre. Et étonnée, je ne vais pas mentir. Ton père l'a même accrochée au frigo, et il sourit de cette façon totalement niaise à chaque fois qu'il ouvre la porte pour y prendre quelque chose. Saches que nous ne t'en voulons absolument pas ma chérie. Comme tu l'as si bien dit, nous savons que tu es une adolescente, et que ce que tu vis est bien plus palpitant que de passer quelques jours à t'ennuyer avec tes vieux parents. Nous préférons cent fois te savoir loin entourée d'amis proches, plutôt qu'ici, enfermée dans ta chambre, loin de toute socialisation.

Tu es cependant plus qu'attendue à Noël, si tu le désires vraiment. Je ne peux pas te promettre une boîte de 'chococrapaud' (ou quelque chose dans le genre), mais mon bon vieux pudding est toujours d'actualité (ainsi qu'une boite de fils dentaire, cela va de soit).

Prends soin de toi, Mimi, nous pensons à toi tous les jours.

Maman et Papa (qui a dicté cette lettre) »


***


A bien des égards, Deborah Perfild était bien plus dérangée et dangereuse que ce qu'elle laissait paraître en premier lieu. Mais lorsque vous naissiez avec le pouvoir de faire plier le monde et les gens de votre entourage à votre volonté, cacher le côté malsain de votre personnalité était tout aussi facile que le reste.

Pourtant, même les personnes immunisées comme Severus ne voyaient que la partie émergée de l'iceberg. Ce dernier avait pourtant passé une quantité de temps énorme avec elle durant leurs dernières années au château lorsqu'ils étaient eux-mêmes étudiants ; mais à l'époque, si elle n'avait déjà pas été des plus saines, elle n'avait pas été aussi… problématique.

Elle savait qu'elle était différente, qu'elle l'avait toujours été. Elle avait également conscience que ses désirs et ses façons de penser ne correspondaient pas aux mœurs de leur société, mais elle s'en fichait. A nouveau, même si elle en venait à transgresser la loi, elle avait toutes les chances de s'en sortir sans le moindre blâme. C'était ainsi, soit les gens l'ignoraient, soient ils éprouvaient une sympathie immédiate à son égard. En réalité, Debbie n'avait jamais vraiment cherché à faire quoi que ce soit de véritablement illégale. Immorale, oui, bien entendu, mais si elle pouvait s'éviter tout ennui inutile, c'était encore mieux.

La vérité était que d'aussi loin que remontait ses souvenirs, elle ne voyait qu'une seule et unique chose.

Severus.

Elle avait vaguement conscience que cette fascination obsessive avait débuté par un béguin tout ce qu'il y avait de plus naturel, pour une enfant d'onze ou douze ans. Mais tout ce qu'elle savait vraiment à présent, c'était que cet homme remplissait ses pensées et ses envies qui, encore une fois, n'étaient pas des plus douces et blanches, et que cela ne ressemblait en rien à un désir amoureux. Elle avait passé la fin de ses études à le manipuler, et après avoir perdu près de vingt ans de sa vie, elle avait été bien décidée à continuer.

Lui qui se croyait si fort, si imperturbable, si immunisé…Oh, comme elle adorait manipuler son monde et le forcer à faire ce qu'elle voulait qu'il fasse.

Alors qu'elle marchait d'un pas rapide dans les couloirs des cachots, elle en frémissait presque d'impatience. Dans la poche intérieure de sa cape se trouvait trois fioles remplies de sang, qu'elle avait récupéré à peine trois heures plus tôt.

Persuader les jeunes filles de la laisser prélever un peu de leur sang avait été un jeu d'enfant. Elle avait simplement demandé à trois élèves volontaires de l'aider à ranger la salle après leur cours pratique, et bien entendu, Alice, Hermione et Sophie s'étaient proposées. Une fois le reste de la classe partie, elle leur avait raconté une histoire d'expérience qu'elle entreprenait, et du fait qu'elle avait besoin d'échantillons autre que le sien. Moins de dix minutes plus tard, les trois jeunes filles sortaient, sans aucune marque physique, ne se rappelant que vaguement de ce qu'elles venaient de faire, trouvant ce souvenir particulièrement inintéressant ; mieux valait se concentrer sur ce qu'il y allait avoir à dîner.

Sur le chemin qui menait aux appartements de Severus, elle croisa un groupe d'élèves de Serpentards de cinquième année ; elle leur dit quelques mots, avant de continuer sa route.

Lorsqu'il lui ouvrit la porte, cinq minutes plus tard, son expression était plus ténébreuse que jamais. Elle savait à quel point toutes cette histoire le répugnait…c'était bien cela qui la réjouissait tant, et qui la fit sourire à cet instant.

Mais avant qu'elle n'ait pu le saluer d'une de ses petites remarques habituelles, qu'il trouvait totalement insupportables, elle en avait bien conscience, il s'était éloigné sans un mot de l'entrée, lui laissant la liberté de le suivre. Ce qu'elle fit, refermant la porte derrière elle, avant de lui emboiter le pas vers son laboratoire.

Une fois dans la salle, il ne perdit à nouveau pas une seconde et lui tendit la main.

« Une envie soudaine de danser ? » lui demanda t-elle d'un ton narquois.

« Avec toi, jamais, Debbie. » répondit-il du tac au tac d'une voix plate. « Les échantillons. Tu m'as dit les avoir récupérer. »

« Severus, Severus… Tu es tellement pressé que tu en oublies ton tact. » répondit-elle, ponctuant sa remarque d'un petit claquement de langue désapprobateur.

Ses yeux devinrent plus sombres que jamais, alors qu'il luttait clairement pour ne pas laisser son impatience transparaître de façon beaucoup plus visible. « Pourrions-nous évitez de tourner autour du pot pendant quinze minutes, comme tu adores le faire ? » siffla t-il. « J'en ai plus qu'assez de tes petits jeux, je veux mettre fin à cette histoire le plus rapidement possible. »

Oh, s'il savait…pensa t-elle avec délice, ne dépérissant à aucun moment de son sourire. Elle consentit pourtant à mettre la main dans sa poche et à finalement lui tendre les trois fioles, non pas sans ajouter au passage : « J'espère que tu as l'intention d'être un peu plus romantique que ça envers ta douce élue, si tu veux vraiment 'mettre fin à cette histoire'. Je te rappelle qu'elles ont dix-sept ans ; à cet âge, elles croient encore au Prince Charmant… »

Il lui envoya un simple regard noir à cette remarque, concentrant son attention sur les échantillons de sang. Il en posa deux près du chaudron, n'en gardant qu'un en main. Puis, sortant sa baguette, il lança un sort visiblement informulé sur la fiole. Instantanément, une image fantomatique, semblant faite de fumée, s'éleva devant eux, pâle version de Sophie Lovack, l'élève de Serdaigle. Sur la petite fiole en verre, Debbie avait écrit « SOPHIE LOVACK ».

« Tu me fais confiance, à ce que je vois, » nota t-elle, n'étant pourtant pas le moins du monde perturbée par ce geste. Elle s'y était même attendue. Cela ne changerait rien, après tout, son plan était déjà en action.

« On est jamais trop prudent, » répondit-il d'un ton doucereux, tout en faisant disparaître la pâle copie de Sophie d'un geste de sa baguette, avant de se saisir d'une autre fiole.

Comme indiqué sur l'étiquette, la version décolorée et incorporelle de Hermione Granger apparue devant eux. Puis, celle d'Alice Cohan.

« Satisfait ? » lui demanda Debbie, alors qu'il reposait le dernier échantillon de sang près des autres.

« Pas particulièrement… » Il se tourna vers elle, « Tu peux partir maintenant. Je pense pouvoir m'occuper du reste sans toi. »

Elle lui offrit un regard septique : « J'aimerais bien voir ça. Tu n'as jamais été particulièrement doué avec la gente fé- »

« Debbie. Dehors. » répéta t-il entre ses dents d'un ton sans appel.

Elle haussa les épaules, prenant un air qui semblait dire 'nous verrons bien…', avant de commencer à se diriger vers la sortie.

Au même moment, des coups frénétiques se firent entendre de l'autre côté des appartements. Quelqu'un frappait à sa porte, et semblait particulièrement impatient de lui parler.

Debbie eut le temps de voir l'expression de Severus devenir légèrement curieuse et surtout contrarié, avant que celui-ci ne la dépasse pour sortir du laboratoire et se diriger vers l'origine des coups. Elle ne bougea pas, se contentant de tendre l'oreille vers la discussion qui prenait à présent place à plusieurs mètres de là. Elle souriait presque à pleine dents à présent ; son plan fonctionnait à merveille pour l'instant.

« Sullivan, » dit-Severus d'un ton froid après avoir ouvert la porte.

« Professeur Snape, je suis désolé, je sais qu'on est pas sensé venir vous dérangé dans vos appartements, sauf en cas d'urgence. » Au ton de sa voix, l'élève était clairement paniqué, nota Debbie tout en époussetant ses robes.

Un silence s'en suivit. « Avez-vous l'intention de partager la raison si 'urgente' qui vous a poussez à venir frapper à ma porte, Sullivan, ou attendez-vous que je la devine par moi-même ? »

Il pouvait se montrer tellement compatissant… Elle se demanda furtivement ce qui avait poussé Dumbledore à le nommer directeur des Serpentard, son regard glissant à présent sur les étagères remplies d'ingrédients et de potions en tout genre.

« C'est Steven, Alec et Oliver, monsieur, » parvint à articuler l'élève d'une voix tremblante. «Ils se sont enfermés dans une des salles de bain du dortoir, et ils…ils hurlent, monsieur. Comme s'ils étaient torturés, et personne n'arrive à rentrer.

« Cela ressemblance plus à une farce qu'à autre chose ».

« N-non, professeur, un des personnages des portraits de la salle de bain est passé dans la salle commune et il a dit que…qu'il y avait du sang partout et que…que… »

« Très bien, » le coupa sèchement Severus, clairement au bout de sa patience, mais également pressé par la situation. « Allons-y. »

Avant de partir, il se retourna pour constater que Debbie était à présent derrière lui dans le couloir. Avant qu'il n'ait pu lui répéter de son ton le plus effrayant de sortir des ses appartements, elle le devança :

« Je sais, je sors. J'ai des copies à corriger de toute façon. » Et elle passa devant lui, sortant dans les cachots.

Avant qu'il n'est pu refermer la porte cependant, elle remua sa baguette derrière son dos, en direction de la porte, ce qui, elle le savait, empêcherait celle-ci de se verrouiller immédiatement. Elle feignit ensuite de partir dans la direction opposée, et ne se retourna que plusieurs secondes plus tard, pour voir les robes de Severus disparaître à l'autre bout du couloir.

Sans la moindre hésitation, elle revint sur ses pas et comme prévu, pénétra à nouveau dans ses appartements sans aucun problème. Comme elle l'avait espéré, la petite discussion qu'elle avait eue avec les élèves qu'elle avait croisés sur le chemin avait porté ses fruits. Severus avait beau être dénué de compassion, son sens du devoir était plus fort que tout. Non, Dumbledore ne l'avait pas nommé Directeur de Serpentard pour sa fibre éducative et empathique, mais le fait était qu'il était responsable de la sécurité de ses élèves. Et que veiller à ce que ces derniers ne fassent rien de trop stupide et dangereux était son devoir.

Chantonnant presque, Debbie rejoint le laboratoire et s'attela rapidement à la tache. Elle savait qu'elle avait au moins vingt-bonne minutes devant elle, mais elle voulait également être sortie assez rapidement pour que Severus la vois hors de ses appartements avant qu'il n'y retourne.

Elle attrapa trois gobelets sur une des étagères, et entreprit ensuite de les remplir de cette potion que Severus avait préparée avec tellement de soin. Elle en déversa juste assez pour qu'elle soit efficace, sans qu'il puisse remarquer que le niveau ait diminué pour autant. Puis, elle attrapa une des fioles, la déboucha, et avec l'aide de sa baguette, préleva quelques gouttes de sang, qu'elle laissa tomber dans le premier gobelet.

Merveilleuse petite potion, qui était sensée révéler laquelle ou lesquelles des trois élèves conviendraient à Severus. Et elle avait une raison bien précise pour chercher à savoir ce qu'il en était avant le principal concerné. Car en réalité, elle savait exactement qui elle voulait qu'il séduise.

Une née moldue, si intelligente et futée, qui avait tant de point commun avec Lily Evans. Cela était beaucoup trop tentant pour que Debbie puisse résister.

Elle avait immédiatement remarqué Hermione Granger, qui n'avait pas perdu une seule seconde pour lui prouver pourquoi elle était surnommée 'Miss-Je-Sais-Tout' et qu'elle méritait bien son statu de meilleure élève de l'école. Ce côté de sa personnalité la faisait irrémédiablement ressemblé à Lily, qui avait elle-même été une excellente élève, adorée de tous. Adorée de Severus. Bien sûr, leur personnalité différait sûrement beaucoup en d'autres points, mais à ce qu'elle avait pu entendre et voir, Hermione avait l'âme d'une sainte et le courage d'une lionne. Ainsi qu'une tendance à aimer tout contrôler.

Elle ne pouvait simplement pas s'en empêcher. Que Severus le sache ou non, elle contrôlerait le moindre élément de cette histoire ; les conséquences lui importaient peu. Manipuler Hermione serait un bonus plus que plaisant. Mais pour que ses vœux se réalisent, elle allait devoir s'assurer qu'elle serait son seul et unique choix.

A l'intérieur du premier gobelet dans lequel elle venait de déposer les gouttes de sang, la couleur presque translucide de la potion commença immédiatement à changer. Devenant d'un blanc parfaitement immaculé. Sophie était apparemment encore vierge ; ce n'était pas surprenant. La sexualité était loin d'être inconnue aux élèves de Poudlard, comme dans toutes écoles mixtes, mais la septième année était souvent l'année de toutes expérimentations. Tout était bon pour tenter de se débarrasser du stresse qui accompagnait les ASPIC. Cela ne l'étonnerait guère s'il s'avérait que les trois élèves soient encore pures. Dans ce cas, elle n'aurait qu'à échanger les fioles de Sophie et Alice avec son propre sang –il ne ferait pas de deuxième vérification- laissant celle d'Hermione inchangée.

Elle répéta les mêmes gestes avec le sang d'Alice, n'utilisant à nouveau que quelques gouttes. Cette fois, cependant, le liquide ne devint pas blanc. Au contraire, c'était comme si elle venait d'y déverser un flacon d'encre. Cette dernière avait de toute évidence déjà découverts les joies du sexe. Tant mieux, cela serait une complication en moins.

Confiante, elle se saisit finalement de la fiole portant le nom d'Hermione, et fit tomber quelques gouttes dans le dernier gobelet. Elle observa ensuite la potion prendre sa couleur définitive, ses sourcils se haussant à la vue du résultat.

Le liquide avait viré au noir.

Alors comme ça, la petite miss n'était pas aussi innocente qu'elle en avait l'air ? Loin d'être perturbée le moins du monde par cette découverte, Debbie sentit un nouveau sourire naître sur ses lèvres. Dans son esprit sadique, de nouvelles idées germaient déjà, imaginant les réactions en chaine qui allaient en découdre.

Imaginant Severus, cet homme à première vue dénué de sentiments, tenter tant bien que mal de se faire apprécier par une élève. Une élève qu'il séduirait, et pour laquelle il finirait par tomber, elle en était sûr –il n'était pas aussi insensible qu'il en avait l'air. Une élève qui, penserait-il avec conviction, assurerait sa survie.

Pour finalement réaliser qu'il n'en était rien.

Les conséquences l'importaient peu.

Lorsque Debbie entreprit d'échanger les étiquettes sur les échantillons de Sophie et de Hermione, moins d'une minute plus tard, elle commença à chantonner.


N/A : Bah Hermione O_O !! XD

Après que ma sœur, fidèle première lectrice, ai lu la fin de mon chapitre, elle m'a dit que je devrais préciser pourquoi il se passe un film d'horreur dans la salle de bain de Serpentards (et je comprends sa curiosité, mon esprit fatigué ne sait même plus pourquoi j'ai choisit ça plutôt qu'une simple tentative de suicide du haut-de-la-tour-d'astronomie-pas-du-tout-clichée XD) ; s'en ai suivit une longue séance de fou rire entre nous deux, décidant que Debbie avait soit dit au garçons de se lancer des Sectusempra et de dire ensuite à Snape que c'était une idée de Harry Potter, ou bien qu'elle les avait simplement persuadé de tenter la cire à épiler (un d'eux tombant sur un rasoir sous le coup de la douleur, ce qui explique le sang). J'attends vos hypothèses ;p

Ou si, à l'opposée de ma sœur, vous n'en avez absolument rien à faire et que vous êtes plus perturbés par le fait que Debbie c'est une grosse sadique (pas moi, non non) et que Severus il est vraiment pas rendu, vous pouvez réagir sur ce point à la place ;D

Et au cas où vous auriez des doutes, je sais vraiment où je vais ;)

*Elialys qui n'a plus de cerveau, pardonnez-la*