A l'approche de la nuit


Disclaimer: Je malmène encore ces pauvres personnages, mais ils ne m'appartiennent pas, étant l'entière propriété de J.K. Rowling.

Pairing: Hermione Granger / Severus Snape, mais je m'autorise quelques dérives ^^

Rating : T, mais au vu des idées qui remplissent mon esprit tordu, cela à te fortes chances de passer au M !

Note de l'auteur : Coucou !! Alors j'ai tenté de faire un effort, ça fait que… 3 semaines, depuis le dernier chapitre ? :D Faut dire qu'il est plus court que le précédent, mais c'est le prix à payer hein ^^ Personnellement, je me suis bien délirée en l'écrivant, mais j'ai un humour spécial alors j'espère qu'il vous plaira ;)) Bien entendu, je vous remercie chaleureusement pour toutes vos reviews, sur ffnet et hpfanfiction !

Merci à ma beta, Sandra ; je lui souhaite beaucoup de visions de Severus tout nu XD


RaR :

Sandra : Haha, me dit pas que tu adores le travail ou je vais finir par t'envoyer des chaps de 30 pages XD (kill me now lol). Pour ce qui est de Debbie, malgré le mystère qui l'entoure (même pour moi, c'est pour dire :p) je crois pouvoir dire avec certitude qu'elle veut surtout le contrôler (parce qu'elle est complètement folle, ça n'aide pas), et que son but est que Sev et Hermione se rapproche…vu qu'Hermione ne lui sera d'aucune aide au final XD (je ne sais pas si je suis claire…je me comprends mdr). Pour ce qui est de la fin… j'avoue que c'est une des parties de l'histoire encore un peu flou, donc je ne peux rien affirmer ! En ce qui concerne Hermione et Ron, je sais ce qu'il s'est passé (naaan, c'est vrai ?) et je pense que je le partagerais en chapitre un jour ou l'autre XD.
Merci encore pour tout miss !!!

Marie : Merci beaucoup pour ta review !! J'essais au possible d'éviter d'utiliser des clichés, même si je flanche parfois ^^ Donc ta remarque m'a fait très plaisir :)

Maude : Aaaah, Maude, j'adore tes reviews XD Non pas que je n'aime pas toutes mes reviews hein (je sens que je vais me faire taper si je ne précise pas lol) mais j'adore tes remarques ! :D Et puis les compliments que tu y sèmes ne sont pas désagréable non plus, j'avoue XD Alors je sais exactement ce que tu veux dire niveau qualité français/anglais. Je lis presque TOUJOURS en anglais, car comme toi, je trouve que les meilleures histoires que j'ai pu lire, tous fandoms confondues, étaient en anglais. Tu imagines à quel point ce que tu dis me fais plaisir alors XD
Pour ce qui est d'Hermione, je sais que je l'ai affreusement délaissée dans le chapitre précédent, mais je pense m'être rattrapée dans celui-là :D Je me suis bien éclaté à l'écrire ^^ Et je 'pense' que je sais où je vais :p Du moins j'ai un plan XD Après, je ne sais pas si tout le monde va apprécié *sifflote*
Encore merci pour tes remarques et encouragements !! (au passage, j'ai rajouté la RAR d'avant sur le chapitre 5, je ne sais pas si tu avais vu ;))

Eileen19 : «Pour répondre à ta question de fin de chapitre, je n'ai rien à foutre de ce que les garçons de Serpentard ont fait dans la salle de bain. » MDR ! Oui, c'est à peu près ce que j'ai répondu à ma sœur, mais dans le doute, j'aime bien demander loool XD
Aaaah, la ptite 'Mione, on se demande bien ce qu'elle a pu faire XD Moi je sais bien sûr, et je pense que tu finiras par le savoir aussi…pas maintenant malheureusement :p Mais ne t'en fais pas, je ne vais absolument pas la faire passer pour une..'trainée' et encore moins la faire devenir populaire ;)
En ce qui concerne Severus je dirais…que tu as raison de t'inquiéter XD XD Nan, allez, ne t'en fais pas trop non plus, groupie comme je suis, il a de bonne chance de s'en sortir au final (dans quel état, je ne sais pas encore lool). J'espère que tu apprécieras ce chapitre ! Merci pour toutes tes reviews :)) (au passage si ça t'intéresse, j'avais rajouter la RAR à ta dernière review dans le chapitre 5 ;))

Sinelwing* : Merci pour ta review :)) Je suis contente que Debbie te plaise (c'est toujours délicat de faire apprécier les personnages originaux ^^), et surtout, que tu penses que mon histoire n'est pas neuneu ! Je fais mon possible pour qu'elle ne le soit pas XD Merci encore, et à bientôt j'espère ;)

Khalie : Aaah, Debbie et son sadisme…well, je ne sais pas ce que ça dit sur moi, mais j'adore l'écrire et faire d'elle une grosse manipulatrice qui se réjouit du malheur des autres, et surtout de celui de Severus XD Je me dis que sans elle cette histoire n'aurait pas lieu d'être, ça forge des liens lool Sérieusement, je pense que son obsession, son désir de le contrôler est tellement profond qu'il est plus qu'excessif et qu'elle…est complètement cinglée quoi :-/ (ouah, qu'elle magnifique explication de l'auteur, je m'impressionne XD).
Je suis par contre dans le regret de te dire que Debbie a bien interprété les choses… Je le savais depuis longtemps qu'Hermione virerait au noir, ne m'en veux pas…j'adore les situations compliquées et dramatiques XD
Un gros merci pour ta review en tout cas :)


Chapitre Six : Séduction…ou pas


Contrairement aux rumeurs que s'échangeaient de temps à autres les élèves les plus âgés de Poudlard, Severus Snape n'était pas un être asexué. Tout comme Minerva McGonagall et Albus Dumbledore n'avait pas de liaison torride depuis plusieurs décennies, se rencontrant régulièrement –et secrètement- dans les cuisines de l'école.

Aussi choquant que cela puisse paraître à beaucoup, Severus était un homme, qui avait pleinement conscience de l'existence du sexe opposé, et qui avait depuis longtemps découvert les différentes…occupations qui en résultait. Comme beaucoup, il avait commencé l'apprentissage de cette activé à Poudlard ; même s'il n'aimait pas particulièrement y repenser ces jours-ci, Debbie avait été sa 'partenaire' la plus officielle à cette époque, bien qu'ils aient jamais été ce qu'on pouvait appeler 'petit ami et petite amie'. Debbie avait simplement été particulièrement volontaire à expérimenter avec lui, et il n'avait été qu'un adolescent, après tout. Malgré l'étrangeté de la jeune fille, en particulier après l'histoire du serment en cinquième année, elle avait été son amie…et n'avait pas été totalement repoussante. Il avait également eu quelques aventures avec d'autres élèves de l'école, en particulier avec les Serpentards, durant ces soirées bien arrosées en septième années, où l'alcool parvenait toujours à entrer illégalement dans le domaine.

Et puis, après Poudlard, il y avait eu cette période plus…sombre. Etre Mangemort, à l'époque, avait été à la fois excitant et terrifiant, et il n'était pas rare que certaines de leurs réunions ne 'dérapent', une fois leur Maître parti. Severus n'avait jamais été très enclin à ce genre de pratiques, mais il avait été si facile d'oublier le reste du monde à l'aide de quelques potions hallucinogènes, et ces femmes, toutes délirantes et ivres de pouvoir, avaient été aussi sauvage que des tigresses.

Mais les choses avaient changé après ça. Lily était morte, par sa faute, et le Seigneur des Ténèbres n'était plus. Ce n'était pas dans son tempérament de se culpabiliser pour ses actions –il savait qu'il n'aurait jamais tenu un mois en tant que Mangemort si cela avait été le cas. Les remords l'envahissaient régulièrement, mais pas au point de le faire se morfondre sur lui-même.

Le meurtre brutal de la femme qu'il avait toujours aimé lui avait fait découvrir la profondeur de ce sentiment qu'était la culpabilité. Il avait causé sa mort, et aussi longtemps qu'il vivrait, il ferait son possible pour s'en repentir, d'une façon ou d'une autre. Selon Dumbledore, cela signifiait qu'il devait arrêter de tenter de faire renvoyer Harry Potter du château… et d'occasionnellement lui éviter une mort certaine, dû à une stupidité de toute évidence congénitale. Malgré les dires de Dumbledore, Severus restait persuadé que la seule chose que Potter avait hérité de sa mère était la couleur et la forme de ses yeux. Le reste était identique au père.

Maintenant plus jamais, le Directeur comptait sur lui pour assurer la survie de « l'Elu », en particulier après sa mort, qui se faisait de plus en plus proche, et son rôle d'espion était capital. Il avait peut-être perdu ses faveurs depuis ce que le Seigneur des Ténèbres appelait 'son échec de juin', mais il continuait de fournir des informations capitales à l'Ordre du Phoenix, et savait que lorsque leur Maître se déciderait à frapper une bonne fois pour toute, il en serait informé, comme tous les autres ; cela permettrait à l'autre côté de la balance de se préparer un minimum. Mais à nouveau, cela le menait à la même conclusion : s'il voulait continuer à exercer ses devoirs, il allait devoir s'assurer qu'il lui restait plus de sept mois à vivre.

Il allait devoir coucher avec une élève.

Il arrivait enfin à se l'avouer, même si cela le révulsait pour le moins fortement. Depuis le retour de Voldemort, il avait été obligé de participer aux 'séances de divertissements' qui prenait parfois place entre les Mangemorts, lorsqu'ils buvaient trop après une mission. Autant que possible, il s'éclipsait avant que leurs pauvres victimes ne soient réveillées pour 'participer plus activement', prétextant un rendez-vous avec Dumbledore, et utilisant le fait qu'il devait conserver sa couverture, etc… Mais bien trop souvent, il avait été dans l'obligation de rester, et de participer.

L'insolence qu'il avait ressentie durant sa jeunesse avait depuis longtemps disparu ; la culpabilité était à présent quelque chose qu'il ne connaissait que trop bien. Il n'était pas difficile de comprendre pourquoi le sexe n'était pas l'activité la plus attirante à ses yeux dernièrement, et la situation dans laquelle il se trouvait ne faisait que renforcer ce sentiment de dégoût.

Il n'avait rien d'un homme doux ou attentionné, mais il se promit intérieurement que quoi qu'il arrive, il ne forcerait jamais la jeune fille concernée. Qui qu'elle soit.

Sophie, Hermione ou Alice ?

Ou, au vu de la couleur de la potion qui se trouvait devant ses yeux, Sophie ou Hermione ?

Le résultat de ce premier test ne l'étonnait guère. Comme il l'avait remarqué, Alice était loin d'être une jeune fille hideuse, cela n'était pas surprenant. A son grand soulagement, il ne ressentit aucune déception en découvrant que l'élève de Poufsouffle était 'hors jeu' ; il ne manquerait plus qu'il réalise qu'au fond lui, il était un vieux pervers en manque d'action. Non, il était bel et bien toujours aussi consterné par ce qu'il était en train de faire, tout allait pour le mieux vraiment.

Se retenant difficilement de marmonner son mécontentement, contre lui-même et ses débuts de schizophrénie, il versa quelques gouttes du sang de Sophie dans le deuxième gobelet, s'attendant à voir la potion prendre une couleur blanche. Contrairement à sa camarade, l'élève de Serdaigle n'était pas une beauté, et les adolescents étaient des êtres cruels, et totalement porté sur l'apparence (il en savait quelque chose…ce n'était pas pour rien que ses rapports sexuels avaient majoritairement été lié à la présence d'alcool).

Pourtant, pour la deuxième fois en moins de cinq minutes, ce fut le noir jais qui l'emporta ; et malgré son manque de motivation totale, il eu l'impression qu'un bloc de béton était en train de se former dans son estomac.

Non, il n'avait aucune envie de corrompre une étudiante de l'école, mais d'un autre côté, il n'avait pas non plus envie de mourir. Pas du tout, même. Malgré ses continuelles plaintes intérieures, il n'avait pas imaginé ce qu'il se passerait si toutes les élèves avaient déjà été…corrompues. Dans son esprit, il n'aurait pas été surpris le moins du monde si elles avaient toutes les trois été aussi pures que des nonnes.

Mais alors qu'il se saisissait de la dernière fiole de sang, son attitude n'avait plus rien de confiante, et son irritation s'effritait à toute vitesse. Il se disait pleinement et simplement que si Hermione Granger s'avérait avoir elle aussi expérimenté cette activité, il serait dans le plus beau des pétrins. Après tout, il avait toujours trouvé son amitié avec Potter et Weasley particulièrement étrange et douteuse. Ils étaient tous les trois des adolescents en chaleur, quand il y réfléchissait, et au vu de leur stupidité et de la soif de savoir de la jeune fille, ils avaient sans aucun doute-

Il fut coupé dans son flot de pensées pessimistes –et totalement inappropriées- par le résultat du test, les gouttes de sang venant de se mêler à la potion.

Le liquide avait viré au blanc.

Avant qu'il n'est pu se retenir, un soupir de soulagement lui échappa…jusqu'à ce qu'il réalise ce qu'il venait de faire et secoue violemment la tête, une grimace exagérément dégoutée déformant ses traits. Il resta ensuite quelques secondes à observer le blanc laiteux à présent immobile dans son gobelet, avant de sortir brusquement de son laboratoire, rejoignant son salon.

Il se laissa tomber de façon pour le moins dramatique dans l'un des fauteuils, avant de porter une main à son visage, comme s'il était soudainement pris de migraine…ce qui n'était pas totalement faux. Le fait était qu'il venait de faire la dernière vérification, et qu'il avait découvert le résultat final.

Dans les mois qui venaient, il allait devoir séduire, puis coucher, avec Hermione Granger, s'il voulait rester en vie.

Merlin.

Une –ou deux- bouteilles de Whisky Pure Feu s'avéraient être nécessaires.


***


Lorsqu'elle sortit de son cours d'Arithmancie, Hermione sentit l'appréhension qui l'envahissait déjà grandir exponentiellement en elle, alors qu'elle se dirigeait vers les escaliers. D'aussi loin que remontait ses souvenirs de Poudlard, elle avait toujours eu une boule au ventre avant de rejoindre les cachots, et plus particulièrement la salle de classe sombre de Severus Snape.

Il s'était toujours montré totalement vicieux envers les élèves de son année, mais elle savait qu'il aimait particulièrement se défouler sur elle, ainsi que sur Harry –et Neville, jusqu'à la fin de leur cinquième année- mais pas pour les mêmes raisons. De toute évidence, il détestait Harry autant qu'il détestait son père, sans même lui avoir laissé une chance de prouver qu'il n'avait pas la même personnalité. Et il la détestait elle, parce qu'elle… Elle n'était pas sûre de savoir pourquoi il l'avait toujours détesté. A l'entendre, c'était dû à son comportement de 'Miss-Je-Sais-Tout' ; il abhorrait clairement sa manie de connaître les réponses à la moindre de ses questions, et d'avoir la capacité de réciter toutes les définitions de son livre de potions. Elle avait pourtant développé un intérêt certain pour sa matière au fil des ans, et elle regrettait vraiment qu'il se conduise ainsi envers elle, alors qu'elle se passionnait de plus en plus pour les potions.

Mais l'appréhension qu'elle ressentait aujourd'hui était quelque peu différente. Pour être honnête, elle était totalement déstabilisée. Car depuis le début de la semaine, Snape n'arrêtait pas de la fixer.

Et elle n'exagérait pas. Il la fixait tout le temps.

A tous les repas, elle pouvait sentir son regard sur elle. Si, de temps à autre, elle osait relever les yeux vers la table des professeurs, elle croisait toujours son regard ; il s'empressait de détourner les yeux plus ou moins rapidement, l'air de rien, mais sa gêne à elle ne faisait qu'augmenter. Et son double cours de potions hier matin n'avait rien fait pour la calmer.

Pas une seule fois, il lui avait fait de remarque cinglante, comme il avait l'habitude d'en faire. La première partie de la leçon avait été passé en contrôle, et une fois encore, la sensation de picotement au niveau de sa nuque était réapparue ; elle n'avait plus aucun doute sur son origine. La seule chose qui n'avait pas changé était le fait qu'il avait comme toujours ignoré sa main levée, lorsqu'il avait posé des questions sur la potion qu'ils allaient devoir commencer à préparer. Mais il n'avait pas agit comme si elle n'était même pas là et qu'il ne voyait pas sa main, attitude qu'il adorait pourtant prendre depuis sa première année. Il s'était simplement contenté d'interroger Harry, qui lui n'était pas épargné le moins du monde.

Au dîner, commençant à craindre d'être atteinte de paranoïa aigue, Hermione avait discrètement demandé à Ginny de surveiller la table des professeurs et de lui dire si elle remarquait quoi que ce soit d'inhabituel. Après quelques minutes, cette dernière lui avait dit que tout semblait parfaitement normal ; Flitwitch papotait avec Sinistra, millième tentative de drague désespérée, Hagrid dévorait ses patates avec tant d'enthousiasme que plusieurs morceaux décoraient à présent sa barbe, ce qui déplaisait fortement à McGonagall, et Snape lançait régulièrement des regards tueurs en direction de leur table. A cause de ce que 'Harry lui avait répondu ce matin après son interrogation forcée', et qui lui avait valu une semaine de retenu avec Rusard, selon Ginny. Mais lorsqu'Hermione tenta un furtif regard dans sa direction, quand les picotements refirent leur apparition, le fait qu'elle croise encore les yeux sombres de son professeur –jusqu'à ce qu'il détourne encore son regard- lui prouvait bien que c'était elle qu'il fixait régulièrement, et non pas Harry…et que malgré son incapacité a décrypté la nature de ces regards, ils n'étaient définitivement pas haineux.

L'intensité grandissante des picotements en question en était bien la preuve. Mais par la même occasion, sa gêne et son anxiété augmentaient, elles aussi.

Depuis sa première –et dernière en date- leçon d'Occlumancie, elle avait tout fait pour éviter de croiser le chemin de Snape, expédiant ses rondes nocturnes de peur de le croiser et de lui donner l'opportunité de la punir par une nouvelle leçon. Bien entendu, elle avait également pris soin de ne jamais croiser son regard, quelque part encore traumatisée par ce qu'elle avait vécu la dernière fois que cela avait été le cas.

Revivre ainsi des souvenirs peu glorieux de son enfance avait été intense, ainsi qu'affreusement désagréable et perturbant. Et savoir qu'il les avait également vu, et que cela l'avait laissé tout aussi froid et imperturbable qu'habituellement, était totalement humiliant. Elle était une véritable Gryffondor de cœur, et c'était exactement le genre de situation qui la rendait folle, incapable de faire quoi que ce soit pour protéger sa fierté et exposant ses faiblesses. Même ses chers bouquins ne pouvaient pas lui fournir de solution.

Et la vérité était qu'après cette séance, il l'avait laissé tranquille –si ce n'était pour ses remarques en classe, bien sûr. Il n'était pas difficile de comprendre pourquoi ce brusque changement de comportement la perturbait au plus haut point. Un changement tout à fait anodin et subtile pour n'importe qui d'autre, mais étant la principale intéressée, elle en avait plus que conscience. Qu'avait-elle bien pu faire pour l'accaparer ainsi, aussi soudainement ?

Et surtout, à quoi pensait-il, à chaque fois qu'il la fixait presque sans ciller ?

L'idée de sécher son cours de potions lui efflora l'esprit, alors qu'elle approchait dangereusement des cachots, mais elle balaya rapidement cette pensée idiote hors de sa tête. Certes, c'était le dernier cours de la semaine, et elle pourrait trouver une dizaine d'excuses plausibles durant le trajet qui mènerait jusqu'à la Tour Gryffondor. Mais elle n'avait jamais séché un seul cours de sa vie, et elle n'allait pas commencer aujourd'hui… surtout pas en sachant qu'il ne restait que huit petits mois avant ses ASPICS. Et puis, ce n'était pas comme si elle allait fuir les cachots -et en particulier son plus fidèle résident- jusqu'à la fin de l'année.

Habitée d'une nouvelle résolution, qui puisait surtout sa force dans un désir profond d'obtenir un Optimal à ses ASPICS de potions, qu'importe le comportement de son professeur, elle alla se placer devant la porte fermée de la salle de classe, attendant qu'Harry la rejoigne. Ce qu'il fit, moins de deux minutes plus tard, semblant plus motivé que jamais. Ils passèrent les trois minutes restantes à parler du cours de Métamorphoses de ce matin, Harry lui demandant de lui traduire avec des mots qu'il pourrait comprendre la consigne de leur nouvelle dissertation.

Plongée dans un état d'esprit qu'elle connaissait et appréciait, Hermione s'était légèrement relaxée, ce qui fit qu'elle n'eut même pas envie de prétexter des crampes à l'estomac lorsque la porte s'ouvrit finalement. La tête haute, elle suivit le groupe d'élève qui s'engouffrait à présent dans la salle, et lorsqu'elle passa devant son professeur, elle planta son regard dans le sien. Elle avait fait ce geste volontairement, ayant l'intention de détourner rapidement les yeux, bien entendu, mais voulant simplement lui prouver –et se le prouver à elle-même surtout- qu'il ne la troublait pas le moins du monde. Mais ses grands airs s'évaporèrent instantanément lorsque ses yeux glissèrent vers lui.

Car pour la première fois de sa vie, Severus Snape lui sourit.

***

Après avoir passé sa soirée du lundi à boire près de deux bouteilles de Whisky Pur Feu, Severus eu brièvement envie de s'enfuir de Poudlard. Avant de décider qu'il serait préférable de déclarer l'état d'alerte générale, de faire évacuer tout le monde, et de mettre feu au château.

Car après tout, si le château brûlait, il n'aurait aucun moyen de 'prendre la virginité d'une née moldue' à cet endroit, n'est-ce pas ? Qu'est-ce que cela pouvait bien faire, s'il savait parfaitement que rien de ce qu'il pourrait dire pousserait Dumbledore à évacuer ses élèves –sauf l'annonce de l'arrivée imminente de Voldemort et de son armée de Mangemorts, peut-être - et qu'un château fait majoritairement de pierres plus solides que n'importe quel béton n'était pas près de brûler ?

L'alcool n'était véritablement pas fait pour lui, décida t-il le lendemain matin, alors qu'il avalait deux fioles de potions pour calmer sa gueule de bois.

Au lieu de continuer de se morfondre sur lui-même, il décida de prendre la situation en main, une bonne fois pour toute, comme il avait l'habitude de le faire. Peu importait si ce qu'il devait faire n'avait rien à voir avec ce qu'il faisait habituellement. Il savait que s'il décidait de porter son attention et toute sa concentration sur quelque chose en particulier, il arrivait toujours à ses fins. A l'exception bien-sûr de ses histoires de cœur, mais cela n'avait absolument rien à voir. Vraiment.

Hermione Granger allait lui sauver la vie, c'était tout ce qu'il comptait. Maintenant, tout ce qu'il devait faire, c'était trouver une façon de la mener à un stade où elle consentirait à lui sauver la vie…sans qu'elle n'ait soudainement l'envie de mettre fin à sa vie à elle en premier lieu.

Premièrement, il savait qu'il allait devoir commencer par changer la vision qu'il avait d'elle. Il n'arriverait jamais à rien s'il persistait à la voir comme 'l'insupportable Miss-Je-Sais-Tout-Meilleur-Amie-de-Potter-Junior'. Et cela n'était pas une chose facile. Durant la journée du mardi, lorsqu'il avait posé son regard sur elle, dans la Grande Salle, tout ce qu'il avait vu, assise entre les deux demeurés, c'était une enfant d'une dizaine d'année, garnie d'une impressionnante masse capillaire. Il n'avait pas besoin d'une analyse complète et poussée pour comprendre que son subconscient l'accusait d'être un pervers à la limite de la pédophilie.

Mais Granger n'avait plus onze ans. Elle était majeur, avait même dix-huit, selon ce qu'il avait découvert, et était clairement capable de prendre ses propres décisions. Et elle était intelligente, féroce et fière. Elle ne ferait jamais quelque chose contre son gré.

Elle n'en restait pas moins insupportable.

Il avait conscience du fait qu'il passait un peu trop de temps à l'observer à chaque repas, et qu'elle l'avait remarqué. Mais pour être honnête, il ne pouvait pas s'en empêcher. Comme il s'y était attendu, maintenant qu'il s'était fixé un objectif, aussi flou soit-il, il pouvait difficilement penser à quoi que ce soit d'autre. Il l'observait, parce qu'il voulait véritablement s'habituer autant que possible à sa situation. Parce qu'il voulait se familiariser, même à distance, à l'attitude et à la façon d'être de la jeune fille. Parce que plus il la fixait, plus cela devenait facile de l'observer.

Au départ, lorsqu'elle avait croisé son regard, il s'était empressé de détourner les yeux, se sentant pris sur le fait. Mais rapidement, il avait réalisé qu'une telle réaction était inutile. Après tout, si les choses devaient évoluer jusqu'au point où elle … l'aiderait volontairement –sans le savoir- elle allait bien devoir devenir un élément actif de l'équation à un moment donné.

Et le voyeurisme à distance allait également devoir prendre fin; il allait être temps de passer à une phase plus active.

Une nouvelle leçon d'Occlumancie s'avérait être inévitable.

Mais il n'oubliait pas que les changements allaient devoir se faire des deux côtés. Il était un homme, après tout, et il se doutait qu'il ne lui en faudrait pas trop pour qu'elle retienne son intérêt, physiquement. Elle, d'un autre côté, était une adolescence, comme l'avait fait remarquer Debbie. Une femme adolescente –car soyons honnête, un garçon sauterait sur n'importe quelle occasion si cela signifiait une quelconque activité en rapport avec le sexe. Et il savait parfaitement que l'antipathie était réciproque entre eux. Il devrait y remédier.

Il avait eu l'occasion rêver de l'informer de sa leçon d'Occlumancie, durant son cours de jeudi matin, mais il s'était quelque peu…'dégonfler'. Et puis, c'était la première fois de la semaine qu'il pouvait la voir d'aussi près, n'étant pas séparé d'elle par une centaine d'élèves boutonneux.

Encore une fois, il l'avait observé. Il avait observé ses traits sérieux et concentrés, alors qu'elle remplissait son parchemin avec ferveur, étant de loin l'élève la plus motivée –et calée sur le sujet du contrôle. Il avait noté les détails, la façon dont elle replaçait sans arrêt une mèche derrière son oreille, sans s'en rendre compte, sa plume continuant de gratter le papier sans une seule interruption. Les petits tics nerveux ou de concentration semblaient être une de ses spécialités. En plus de cette mèche rebelle qui n'en faisait qu'à sa tête, elle se mordillait également la lèvre de temps à autre, plissait sa bouche et fronçait son nez. Il fut rassuré de voir qu'elle ne semblait pas se ronger les ongles –comme Ernie Macmillan, dans la rangée opposée ; c'était vraiment une habitude qu'il exécrait.

Lorsqu'il leur avait annoncé la potion qu'ils allaient devoir préparer aujourd'hui et demain, elle avait emprisonné ses cheveux dans un chignon d'une main experte, limitant les risques de dépôt dans sa préparation…et dévoilant la peau nue et blanche de son cou, par la même occasion.

Ne la quittant pas des yeux, il en vient rapidement à penser qu'il aimerait bien voir ce qu'il se cachait sous ses robes informes. Bien entendu, son subconscient revint au galop à cette idée, mais il décida d'ignorer ses plaintes. C'était une pensée plus rationnelle qu'autre chose. Après avoir scruté son visage –puis son cou- avec attention, il voulait simplement avoir une vue plus complète de…l'ensemble. Il ne comprenait pas vraiment comment il avait pu ne jamais faire attention à ces détails dans le passé, mais cela n'avait plus d'importance.

Car il était bel et bien un homme, et comme il s'y était entendu, il ne lui fallait pas grand-chose pour qu'il soit intrigué par les aspects physiques de la jeune fille. Elle était loin d'être repoussante, même si elle n'était pas non plus une 'beauté'. Elle était simple, mais clairement pas quelconque. Elle ressemblait surtout à une jeune sorcière dont le potentielle n'avait jamais été exploitée à sa juste valeur.

On en revenait toujours à l'innocence.

Aujourd'hui, il était bien décidé à ne pas rester stoïque, comme cela avait été le cas la veille. D'une part, il demanderait à Granger de rester à la fin du cours, et lui donnerait rendez-vous dans son bureau. Pour une leçon d'Occlumancie. Il se montrerait courtois et aimable, et résisterait à l'envie de réagir négativement lorsqu'elle agirait…comme elle le faisait toujours. Cela allait à l'encontre total du personnage qu'il s'était crée, et qu'il affichait à l'ensemble de l'école depuis des années, mais aux grands maux les grands moyens.

Cela ne pouvait pas être si difficile que ça.

Quand son dernier cours de la journée fut enfin venu, il n'en était plus si sûr. Un sentiment désagréable l'envahissait, et il détestait penser que cela pouvait être une étrange forme de nervosité. Il n'avait jamais, jamais été nerveux à l'idée de faire cours à une bande de cornichons ! Ca n'allait pas commencer aujourd'hui ; il avait connu de nombreuses situations qui avait provoqué la monté du stress en lui, et Hermione Granger n'en serait certainement pas une.

Ce fut donc avec son habituel et plus beau regard noir et froid qu'il ouvrit la porte et accueillit ses élèves de septièmes année. Comme toujours, Potter et Granger se trouvait en bout de queue, et bien trop vite, elle arriva à son niveau. Il réalisa alors qu'il ne pouvait pas continuer d'afficher son masque haineux, ce n'était pas dans son plan. Ce qui lui fit réaliser qu'il allait donc devoir faire quelque chose d'autre, et vite.

Pour ajouter à son trouble, elle leva résolument son regard vers lui, ne semblant affichée aucune trace de la gêne qui avait semblé l'habiter régulièrement depuis le début de la semaine, à chaque fois qu'elle le surprenait en train de la fixer.

Regain de fierté, ou simple masque ? Il décida d'en avoir le cœur net.

Et comme si elle était l'apparition la plus attendue et appréciée de sa journée, voir de son mois, il lui sourit.

Sa réaction fut immédiate. Ses yeux s'écarquillèrent et sa bouche s'entrouvrit légèrement, sa peau perdant de sa couleur, avant qu'elle ne s'engouffre à toute vitesse dans la salle de classe.

Hum. Cela n'avait pas exactement eu l'effet escompté. Quel effet avait-il recherché, il n'en était pas vraiment sûr. Mais à la façon dans elle se précipita à sa table, au fond de la salle, son teint à présent rouge tomate, ça n'avait pas été son objectif.

N'étant pas vexé le moins du monde, il referma brutalement la porte, ce qui les fit tous tressaillir.

« Parkinson, venez chercher les copies et distribuez-les. » Alors que la jeune Serpentard s'exécutait avec hâte, sentant que leur professeur n'était pas d'humeur à se faire attendre, il décida de se calmer les nerfs –bien qu'il ne soit pas énervé. « Lire vos copies a été une telle épreuve que j'ai été proche de les jeter au feu et de vous donner à tous un D comme moyenne générale. J'en viens à me demander si vous n'avez pas tous triché pour parvenir à obtenir un Optimal à vos BUSES. Enfin, pour ceux d'entre vous qui ne possèdent pas les relations administratives nécessaires, bien sûr. »

Potter lui rendit sans attendre son regard, de la fumée invisible sortant déjà de ses oreilles. Bien entendu, Granger s'était également renfrognée à ses côtés, il pouvait le voir du coin de l'œil, mais ce n'était pas bien important. Comme il l'avait prévu, humilier Potter et rappeler au reste de la classe que leur célèbre camarade était une –exécrable- exception à la règle lui avait fait du bien.

Et puis, lorsque Granger récupérerait sa copie, elle cesserait de le détester, même si ce n'était que pour l'espace d'un instant.

***

Sentant le rouge envahir son visage avec ardeur, Hermione posa bruyamment son sac au sol près de leur table et entreprit d'enfermer ses cheveux dans un chignon, usant de gestes si brusques qu'elle s'en arracha une dizaine au passage. Harry lui fit une remarque humoristique, lui demandant si leur potion avait changé et qu'il préparait du Polynectar –nécessitant ses cheveux- mais elle l'ignora royalement, faisant tout son possible pour tenter de retrouver une attitude normale.

Mais il lui avait souri. Sans préavis, et surtout sans aucune raison, il lui avait offert une vision qu'aucun autre élève n'avait sans l'ombre d'un doute eu l'occasion de voir. Oh, tous connaissaient son célèbre sourire vicieux, ses rictus sadiques et ses grimaces machiavéliques. Mais il lui avait souri, comme s'il était heureux de la voir entrer dans sa salle de classe. Après avoir passé les cinq derniers jours à la fixer dès qu'il en avait l'occasion. Elle eu soudainement l'impression qu'elle n'allait pas avoir besoin de feindre ses crampes à l'estomac. Tout ceci était bien trop perturbant.

Mais comme toujours, il parvint à la faire passer d'une émotion à l'autre à l'aide d'une simple phrase.

« J'en viens à me demander si vous n'avez pas tous triché pour parvenir à obtenir un Optimal à vos BUSES. Enfin, pour ceux d'entre vous qui ne possèdent pas les relations administratives nécessaires, bien sûr. »

Elle sentit Harry se tendre instantanément à ses côtés face à cette remarque, et elle lui écrasa durement le pied sous la table. Il avait déjà récolté d'une semaine de retenue la veille, et elle savait ce que ce genre de punition déclenchait. Non seulement, il allait encore prendre du retard dans ses cours et ses devoirs, mais il allait lui faire perdre de son temps à elle, car elle finirait inexorablement par l'aider.

Elle fut en quelque sorte sauvée par l'arrivée de Pansy à leur table. Elle tendit sa copie à Harry, un sourire malicieux aux lèvres, avant de redescendre son regard sur le parchemin suivant ; celui d'Hermione. Son sourire se figea, puis ses sourcils se froncèrent. Hermione, ignorant totalement les grommèlements de Harry à ses côtés, continuait de fixer la Serpentard, son appréhension revenant au galop.

« Quoi ? » voulait-elle lui lancer, mais elle n'avait aucune envie de voir Pansy expliquer la raison de son trouble devant toute la classe. Elle se contenta donc de tendre la main vers elle, affichant une expression froide. Cette dernière fini par lui rendre sa copie, non pas sans un petit secouement de tête dégouté, avant de s'éloigner.

Ses yeux tombèrent immédiatement sur l'inscription rouge vif qui occupait tout un coin du parchemin. Aucune remarque n'avait été ajoutée à côté de la note, ce qui était déjà étrange en soit. Il avait toujours adoré lui dire 'combien ses copies étaient d'un ennui total, étant complètement dépourvu d'originalité et de points de vue personnels', ou encore 'qu'il connaissait le contenu de leur livre de potions, inutile de le recopier mots pour mots dans vos dissertations'. Elle avait obtenu de nombreux Effort Exceptionnel l'année passée avec Slughorn, mais jamais au grand jamais avec Snape.

Et il venait de lui donner un Optimal.

Hermione déglutit bruyamment, puis réalisant qu'Harry essayait de lire sa note, elle fourra hâtivement sa copie dans son sac, les joues à nouveaux en feu.

« Il t'a encore saqué, hein ? » demanda son ami, l'air morose et irrité, posant sur leur maître de potions un regard haineux. « Ce sal graisseux m'a mis un D, pour changer. Je suppose qu'il t'a donné un A ? »

« Uh uh. » approuva Hermione, qui avait à présent entrepris d'astiquer une de ses louches, ne souhaitant regarder ni son professeur ni son meilleur ami.

« Je ne comprends pas comment Dumbledore peut tolérer une telle injustice. Tu avais des E à pratiquement chaque devoir et potions l'an dernier. Et je n'avais que des Optimals ! »

A ses mots, Hermione releva la tête vers lui et malgré son trouble, elle lui offrit son plus beau regard sceptique. « Harry. Tu utilisais les instructions du Prince au Sang-mêlé l'an dernier. Tu trichais avec l'aide de Snape. »

Ce dernier frissonna violemment. « Okay, n'en parlons plus. Je ne veux jamais penser au fait que j'ai dormi avec ce livre dans mon lit. »

Avant qu'Hermione ait pu faire une grimace face à cette remarque, ledit Prince au Sang-mêlé reprit la parole, de sa voix la plus chaleureuse et encourageante.

« Silence ! » Tout le monde obéit dans l'immédiat. « Comme je vous l'ai indiqué hier, vous aller continuer vos préparations, qui à ce stade devrait avoir pris une couleur ambrée. »

Hermione baissa les yeux vers sa potion, qui bouillonnait doucement, et qui affichait effectivement une teinte ambrée. A ses côtés, Harry fit une moue dubitative en voyant la couleur grisâtre de sa concoction.

« Vous allez être mené à utiliser un ingrédient que vous n'avez jamais rencontré auparavant, et qui au passage est particulièrement rare. Je vais donc moi-même vous distribuer la dose nécessaire, tâchez de l'utiliser convenablement. »

Hermione savait bien entendu de quoi il s'agissait ; elle l'avait su dès qu'elle avait lu les inscriptions qui remplissaient le tableau, la veille, et n'avait pas été surprise d'y lire qu'il fallait ajouter trois 'Luctus Lacrima' à leur potion. Les effets mêmes de cette préparation agissaient sur le mental de celui qui l'ingurgitait, sur son état émotionnel. Et même si en soit, il n'était pas si difficile de trouver où s'en procurer, récupérer l'ingrédient en question était plus compliqué.

« Quelqu'un aurait-il la bonté d'informer le reste de la classe de la nature de cet ingrédient ? »

Sans surprise, aucun de ses camarades ne leva la main, beaucoup préférant garder leur attention rivé sur leur chaudron plutôt que d'affronter le regard glacial et calculateur de Snape. Mais rapidement, beaucoup relevèrent les yeux pour fixer Hermione qui, à leur grande surprise, n'avait pas levé la main.

Mais Hermione aurait préféré avaler le contenu de la potion d'Harry à cet instant que de faire quoi que soit qui attirerait à nouveau l'attention de leur professeur sur elle. Elle ne savait pas à quoi il jouait, ou pour quelles raisons, et n'avait aucune envie de le savoir… Ce n'était pas totalement vrai, bien sûr. Le jour où elle ne voudrait pas connaître la raison d'un phénomène en particulier n'était pas encore arrivé. Elle pouvait tenter de s'en persuader, au moins.

Elle sentait à nouveau son regard sur elle, et par pur fierté, elle se força à relever la tête et à soutenir son regard.

« Miss Granger, il semblerait que vous ayez oublié de lever votre main. Pourriez-vous éclairer vos camarades ? »

***

Lorsque Granger récupéra enfin sa copie, sa réaction fut, une fois encore, différente de ce qu'il avait espéré.

A nouveau, il serait incapable de dire ce qu'il avait eu en tête quand il avait décidé de lui mettre un Optimal ; mais en partant du principe qu'elle n'avait jamais apprécié son barème et qu'elle récoltait des O un peu partout, il avait pensé que cela lui ferait…plaisir ? Qu'elle serait enchantée, transportée, et qu'elle voudrait le remercier en lui offrant sa virginité, peut-être ?

Ou peut-être pas.

De là où il se tenait, il vit son teint redevenir rouge pivoine, alors qu'elle fourrait durement le parchemin dans son sac, continuant d'éviter soigneusement de regarder dans sa direction –où dans celle de l'Abruti, qui lui le fixait sans aucune retenu, affichant son plus bel air mécontent. Terrifiant, vraiment.

Il devait avouer que sa –relative- assurance était quelque peu ébranlée. Pour le moment, ses tentatives avaient peut-être été maigres, mais venant de lui, cela avait presque été surhumain. Et au lieu de la rendre plus 'amicale', cela avait clairement aggravé sa gêne. Il réfléchit à toute vitesse, tentant de déterminer ce qu'il pourrait bien faire pour la calmer. La réponse lui vint rapidement. C'était évident. Il allait poser une question, et pour une fois, il allait l'interroger.

Brillant, Severus.

Il rappela tendrement sa classe à l'ordre, puis introduisit le sujet de l'interrogation qui allait suivre, s'attendant à voir Granger commencer à se trémousser d'impatience sur son siège, comme elle le faisait toujours.

Mais non, elle laissa ses yeux glisser sur ses camarades, sur le tableau, sur sa potion, partout sauf sur lui, semblant à peine l'écouter.

« Quelqu'un aurait-il la bonté d'informer le reste de la classe de la nature de cet ingrédient ? » En clair : « Levez votre satané main, Granger !! Gigotez-la frénétiquement, avec vos yeux écarquillés et vos airs de merlan fris ! »

Mais à nouveau, la sale petite insolente l'ignora, bien que rapidement, de nombreux élèves commencent à lui lancer des regards intrigués, tout aussi choqués que lui par le fait qu'Hermione Granger ne lève pas la main. Tous savaient que Snape ne l'interrogeait jamais, du moins pas sans l'avoir humilié d'une quelconque façon au préalable. Et malgré tout, elle avait toujours persisté.

Pas aujourd'hui.

Il eu bien envie de lui retirer une centaine de points, là, tout de suite, pour oser lui compliquer les choses de cette façon, alors qu'il faisait des efforts. Se rendait-elle compte de ce que cela lui demandait, de se montrer gentil envers elle ? Il vint rapidement à la conclusion cependant que de lui retirer cent points sans raison évidente ne l'aiderait en rien. Il allait simplement devoir persévérer, continuer de flatter son côté 'Miss-Je-Sais-Tout', qui était après tout récurent chez-elle. Il finirait bien par avoir des résultats.

Lorsqu'elle releva finalement les yeux vers lui, prenant son air le plus insolant et déterminé, il dit enfin, de sa voix la plus –réellement- dénuée de sarcasme :

« Miss Granger, il semblerait que vous ayez oublié de lever votre main. Pourriez-vous éclairer vos camarades ? »

Ses joues redevinrent rouges, mais elle soutint son regard. Du coin de l'œil, il pouvait voir le reste des élèves les regarder à tour de rôle, comme s'ils assistaient à un duel silencieux. Même s'ils n'avaient aucune idée de ce qui était véritablement en train de se passer, ils sentaient tous que quelque chose n'était pas normal.

« Mais certainement professeur, » finit-elle par répondre, de son fameux ton qu'il surnommait 'encyclopédique'. « L'ingrédient auquel vous faites références se trouve à la ligne 23 de vos instructions. Il s'agit du 'Luctus Lacrima', qui traduit littéralement signifie 'les Larmes du deuil' ou 'Larmes des endeuillés'. Comme son nom l'indique si bien, elles doivent être obtenues auprès d'une personne qui a récemment perdu un être qui lui était cher, et qui se trouve donc dans un état de chagrin et de détresse extrême. Cette profonde mélancolie donne son pouvoir le plus intense à la potion 'Confiance Ultime' que nous préparons actuellement. Ces larmes sont difficiles à récupérer car d'après nos mœurs, cela semble immoral d'aller trouver quelqu'un d'endeuillé et de lui demander de bien vouloir partager quelques unes de ses larmes pour concocter une potion. Bien que certains maîtres de potions ne ressentent sûrement aucune gêne à le faire, je n'en doute pas. »

Comme il s'y était attendu, sa réponse était claire, nette et précise… agrémentée au passage d'une remarque impertinente, qui lui aurait normalement valu une semaine de retenue.

Normalement.

« Que voulez-vous, miss Granger, tout le monde ne choisit pas de rester caché derrière un code moral parfait. » répondit-il enfin, ne faisant aucun effort pour masquer pas son sarcasme cette fois-ci. Et sur le même ton il ajouta : « Dix points pour Gryffondor. »

Il y eu un instant de silence, silence qui pouvait être qualifié de 'normal', avant qu'il ne réalise l'erreur qu'il venait de commettre.

Il avait volontairement donné des points à Granger, pensant une fois encore que cela flatterait son ego. Son erreur venait du fait qu'il n'aurait jamais dû le faire devant une classe entière, surtout pas durant un double cours qui mêlait Gryffondors et Serpentards.

Car après cet initial instant de silence, les glapissements choqués fusèrent l'air, immédiatement suivit par des chuchotements avides. Severus Snape n'avait JAMAIS donné de points à Gryffondor. Pas tant qu'il n'avait pas été forcé de le faire par McGonagall ou Dumbledore. Certainement pas durant un cours, et encore moins pour récompenser Hermione Granger !

Cette dernière le fixait d'ailleurs avec des yeux ronds, la bouche à nouveau légèrement entrouverte, semblant tout simplement trop choquée pour faire quoi que soit d'autre.

Et c'est à cet instant que le calme intérieur qu'il s'était forcé à maintenir depuis le début du cours –voir même de la semaine- dans l'espoir fou qu'il pourrait gérer cette situation insensée et complètement ridicule sans finir à Ste Mangouste, disparu totalement. Et la remarque de Potter fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase.

« En plus d'être un vieux sadique qui joue le toutou pour Voldemort, il devient pervers. Tu devrais te méfier, Hermione » entendit t-il Celui-Qui-Avait-Malheureusement-Survécu dire à sa voisine d'une voix assez forte pour qu'il l'entente par-dessus les chuchotements.

Il réagit comme il le faisait toujours.

« POTTER !! » tonna t-il d'un ton si haineux que le silence retomba immédiatement. « Cinquante points en moins pour Gryffondor pour votre incurable insolence, et vous venez de gagner une semaine de retenues supplémentaire avec Rusard ! » Et avant que ce dernier n'ait pu commencer à protester, Severus avait posé son regard foudroyant sur Granger. « Miss Granger, votre dernière remarque vous coutera également une retenue, 7 heure précise dans mon bureau ce soir, et ne vous avisez pas d'être en retard ! A vos potions, et plus un mot !!! »

Sans un autre regard à ses élèves –et en particulier à la table du fond, il alla durement s'assoir à son bureau, et commença à corriger furieusement les copies de ses premières années. Il ne lésina pas sur les remarques cruelles et vicieuses, sachant très bien qu'il allait tous les faires pleurer par la même occasion.

Mais il fallait bien qu'il en profite, non ? Car au train où allaient les choses, cette année serait la dernière durant laquelle il pourrait se défouler sur ces sales cornichons lobotomisés.

Après quoi, il serait trop mort pour pouvoir le faire.

***

N/A : Oh, Sevy, l'éternel pessimiste vraiment ! XD

Yep, ce chapitre est définitivement plus cours, j'avais initialement l'intention d'ajouter la leçon d'Occlumancie, mais cette fin la me plait XD Et puis c'était ça ou attendre deux autres semaines que j'écrive 5 (*tousse*ou 10 *tousse*) pages de plus lol.

Bon j'espère que vous avez profité de mes tentatives d'humours, car j'ai bien l'intention d'assombrir l'atmosphère d'ici peu (je crois avoir dit quelque part que j'adorais faire souffrir mes persos dans mes fics, non ? XD). Vous êtes prévenu :p

(Je ne suis vraiment pas du genre à réclamer, mais je ne suis plus très loin des 100 reviews…j'offre un drabble/ficounette de son choix à celui/celle qui me fait passer la barre des 100 ;D Sinon, pas grave, j'attendrais le prochain chapitre ^^)