Disclaimer: Je malmène encore ces pauvres personnages, mais ils ne m'appartiennent pas, étant l'entière propriété de J.K. Rowling.

Pairing: Hermione Granger / Severus Snape, mais je m'autorise quelques dérives ^^

Rating : T, mais au vu des idées qui remplissent mon esprit tordu, cela à te fortes chances de passer au M !

Note de l'auteur : Rah, je suis vraiment DESOLEE pour l'attente ! *rougit fort* Malheureusement, il y a parfois des chapitres qui ne veulent pas s'écrire, et celui-ci en était un. Je l'ai finalement fini, donc j'espère que vous ne m'en voudrez pas trop.

Alors, puisque vous avez été plusieurs à vous poser des questions, je voulais éclaircir un ou deux points, concernant le serment (qui est quand même important pour cette histoire XD). Severus a juré sur sa vie qu'il devait coucher avec une née moldue vierge, c'est pour ça qu'il cherche à séduire Hermione. Le problème, c'est qu'Hermione, elle n'est plus vierge, et ça, il ne le sait pas XD Ai-je un esprit totalement tordu ? Tout à fait :D Je sais que ça peut rendre confu (même moi des fois je comprends pas ce que je fais mdr), alors n'hésitez pas à me demander s'il y encore quelque chose qui semble bizarre XD

Je vous remercie du fond du cœur pour toute vos reviews, qui ont énormément aidé à me motiver quand ma muse semblait ne pas vouloir écrire ce chapitre du tout XD

Merci également à Sandra, qui corrige toutes mes bêtises sans se plaindre, et qui a en plus gagné le drabble cadeau ! XD (que j'écrirai un jour, promis mdr)


RaR :

Eileen19 : Je crois que dire qu'il est pessimiste dans le cas présent serait un euphémisme XD Le pauvre, je le malmène vraiment, il n'est pas rendu, surtout pas vu la façon dont il s'y prend :p Tout ce que je dirais c'est que, peut-être qu'en arrêtant d'essayer, les choses se feront d'elles mêmes…mais je n'en dirais pas plus XD
Pour ce qui est de la virginité disparu d'Hermione, cela ne resta pas un mystère éternellement, crois moi… l'identité du partenaire de la jeune fille non plus (quoi que j'ai semé de nombreux indices depuis le début XD). Désolé pour l'attente, et un énorme merci pour ta review :))

Maude : Aaaaah ma tite Maude, dois-je répéter encore et toujours combien j'adore tes reviews ? Non ? Oui ?? J'ADORE ! :D Merci merci merci ^^ Je suis contente que tu es plus 'sentie' Hermione dans ce chapitre, c'était le but XD J'espère sincèrement que la suite continuera de te captiver, je vais tout faire pour, sois en sur !! Poutous !!

Justabook : Et quel plaisir pour moi de lire ta review ! Tu combles mon cœur d'auteur de fanfic, sois en sûr :D Je sais que je place Severus dans des situations très inhabituels, mais c'est ce qui m'a tellement motivé à écrire cette fic ^^ Je suis habituée à lire Hermione voulant à tout pris séduire Snape, mais jamais le cas contraire... Toute cette histoire délirant vient de là, le reste est provoqué par mon esprit tordue XD Un gros merci pour ta review :)

Sandra : Haha XD J'adore trouver de nouveaux moyens de tuer les élèves XD (m'enfin tu me diras, si on me demandait mon avis, Severus faisant cours torse nu en exposant particulièrement bien son tatouage super sexy suffirait à tuer la gente féminine…mais c'est peut-être un fantasme personnel, aussi). Alors sinon, non, Hermione n'est plus vierge, comme reprisé dans la ptite note au dessus, désolé XD Personne ne veut qu'il meure, même pas moi…rien n'est joué :p
Comme toujours, merci du fond du cœur :))

_x : Merci pour ta review ! Désolé pour l'attente, je suis un vrai boulet, et en plus, je suis sadique XD Hermione finit par réagir dans ce nouveau chapitre, tu verras ^^

Ramdam : Merci pour tes reviews ! :D Je ne veux bien entendu pas te spoiler sur la fin de cette histoire…mais je ne risque pas, car je n'ai aucune idée de ce qu'il va se passer au final XD Rien n'est définitif dans sa situation actuelle, je dirais donc que ça dépendra de mon humeur ce jour là *rire sadique à la Voldy*


A l'approche de la nuit


Chapitre Sept: D'infimes progrès

Hermione se doutait que dans d'autres circonstances, elle aurait été quelque part attendrie par le soutien bruyant et immature de ses meilleurs amis.

Mais elle devait avouer que si cela avait été adorable durant leur première et deuxième année, elle pensait secrètement qu'ils étaient à présent trop âgés pour se livrer à un concours d'insultes sur Severus Snape. Tout ce qu'elle aurait voulu à cet instant, c'était manger un peu de son dîneren silence, pour qu'elle puisse se calmer et rassembler toute sa concentration pour l'épreuve à venir.

« Ses cheveux sont tellement graisseux que même les elfes de maisons refuseraient de les utiliser pour nettoyer les sols. » Ron.

« J'ai entendu dire qu'il n'y avait aucun miroir dans ses appartements parce qu'ils se brisaient tous dès qu'il leur montrait ses dents. » Harry.

Hermione ferma brièvement les yeux, sentant une migraine envahir son crâne, à l'opposé du calme intérieur qu'elle était sensée atteindre.

« Je n'arrive toujours pas à croire que tu as récolté une retenue la vieille de notre premier match. Tu parles d'un exemple, capitaine. » Ginny.

Cette remarque ne plut guère à Harry, qui commença immédiatement à argumenter avec véhémence, blessé par le manque de soutien que lui offrait sa petite amie.

Hermione ne prêta aucune attention ce qu'ils disaient, bien sûr, perdue dans ses pensées…ce qui était tout aussi conseillé qu'une migraine avant une leçon d'Occlumancie. Cependant, une sensation bien trop familière chatouilla l'arrière de sa nuque ; elle redressa automatiquement la tête, s'apprêtant à glisser son regard vers la table des professeurs.

Mais dès qu'elle cessa de fixer son assiette, ses yeux rencontrèrent ceux de Ron, assis en face d'elle. C'était sans aucun doute la première fois en trois mois qu'il la regardait directement sans tourner rouge vif. La veille, elle aurait été intérieurement ravie de cette amélioration ; mais après ce qu'il s'était passé en cours de potions, et avec ce qui l'attendait, Ron et 'tout ce qui allait avec' était plus qu'elle ne pouvait gérer à l'heure actuelle. Espérant que cela le replongerait dans son mutisme et gêne habituel, elle lui offrit donc un sourire. Peut-être cela aurait-il le même effet que Snape avait eu sur elle un peu plus tôt ?

Au lieu de le troubler, cela sembla le rassurer d'avantage, à en juger par le sourire qu'il lui offrit en retour. Immédiatement, un malaise diffus l'envahit ; elle semblait être particulièrement intolérante aux sourires, aujourd'hui.

Ron dû voir l'ombre qui passa sur son visage, car son expression redevint instantanément sérieuse, et ses joues se colorèrent légèrement.

« Est-ce que…ça va ? » demanda t-il doucement.

Elle aurait voulu secouer la tête et laisser le tourbillon d'émotions qui grossissait en elle prendre le dessus. Elle aurait voulu aller s'enfermer dans son dortoir et ne pas en sortir avant que quelqu'un lui ai affirmé que sa vie ne deviendrait pas plus étrange qu'elle ne l'était déjà. Elle voulait remonter le temps, à une époque où la seule chose qui accaparait son esprit étaient ses cours et ses résultats scolaires.

A la place, elle se força à sourire légèrement, hochant la tête : « Ca va… je n'ai simplement pas particulièrement envie d'avoir mon esprit fouillé par Snape, ce soir. »

Ron pinça ses lèvres, semblant vouloir lui demander quelque chose d'autre, mais n'étant clairement pas sûr de sa réaction. Certes, il n'avait pas choisit sa soirée pour décider de recommencer à lui parler normalement, mais elle savait que les efforts devaient être fait des deux côtés, si elle voulait sauver ce qu'il restait de leur amitié. Elle lui offrit donc un regard interrogatif, le poussant à dire ce qui le tracassait.

« Est-ce que Snape…est-ce qu'il…est-ce qu'il a vu qu'on… » Balbutia t-il, le rouge atteignant à présent ses oreilles.

« Ron ! » le réprimanda t-elle immédiatement à voix basse, vérifiant frénétiquement qu'Harry et Ginny étaient toujours plongés dans leurs préliminaires verbales et n'avaient rien entendu. Puis se retournant vers le rouquin : « Ce n'est vraiment ni le moment, ni l'endroit pour avoir cette conversation. »

« Mais Hermione, » protesta t-il faiblement, « il va bien valoir qu'on- »

« Je dois me préparer pour ma retenue, désolée » le coupa t-elle tout en se levant précipitamment du banc, son dîner à peine entamé.

Alors qu'elle se dirigeait vers la sortie d'un pas pressé, elle pouvait sentir plusieurs regards sur elle. Et elle savait qu'ils ne provenaient pas tous de la table qu'elle venait de déserter.

***

Immobile devant son bureau, Severus était plongé dans ses pensées. Littéralement.

La Pensine de Dumbledore avait retrouvé la place qu'elle occupait toujours lorsqu'il était obligé de donner une leçon d'Occlumancie. Que ce soit avec Potter, dans l'espoir désespéré et futile que cela puisse repousser le Seigneur des Ténèbres, ou avec Granger. Dans l'espoir que… Dans l'espoir que quoi, exactement ?

En débutant sa journée, il avait été tellement déterminé à faire avancer les choses, de quelque façon qu'il soit. Convoquer Granger pour une nouvelle 'leçon privée' lui avait semblé être une idée potable sur le moment. Tout comme l'idée de lui sourire, de lui donner un Optimal, ou encore de lui…donner des points.

Merlin en était témoin, il avait complètement perdu la raison. Merlin et toute sa classe de septième année en était témoin.

Il retint difficilement une grimace de dégoût en repensant au spectacle qu'il avait offert à ses élèves, quelques heures plus tôt. Plus il tentait de se rappeler ce qui avait motivé ses gestes, plus il devenait perplexe. Soit, flatter l'ego de Granger aurait été futé, s'il avait été n'importe quel autre professeur ; un professeur qui ne la tyrannisait pas depuis près de sept ans et dont elle ne se méfiait pas, avec raison. Vu la façon dont il s'y était pris, il n'était pas difficile de comprendre pourquoi cela n'avait fait qu'aggraver sa méfiance. Comment aurait-il réagit, si Potter était soudainement venu lui faire un gros câlin au milieu de son cours, lui disant qu'il lui pardonnait toute ses années de sadisme et souhaitait devenir son ami ?

Il frissonna violemment à cette image, ne parvenant pas à masquer son dégoût cette fois-ci.

Non, ses premières tentatives d'approche avaient totalement échouées, et allaient surement lui compliquer la tâche. Car il avait été loin de la 'convoquer' dans son bureau pour une leçon. Il lui avait hurlé dessus et avait ordonné une retenue. Après avoir passé la première partie du cours à se montrer aimable et courtois.

Cela ne l'étonnerait guère si elle décidait de ne pas venir du tout, craignant pour sa sécurité.

Mais il savait quelque part pertinemment qu'elle viendrait. Elle tenait trop à respecter le règlement pour oser l'affronter d'une telle façon. Il rappelait encore la fois où elle avait assisté à son cours, l'hiver dernier, alors que les trois-quarts du château étaient cloués au lit à cause d'une épidémie de grippe. Elle n'avait pas été épargnée, mais avait cependant décidé que sa fièvre, son nez coulant et ses quintes de toux ne l'empêcheraient pas d'assister à ses cours. A l'époque, il avait pensé –avec exaspération- que c'était une bonne chose qu'il enseignait DCFM cette année ; s'il l'avait vu penchée au-dessus d'un chaudron dans cette état, ajoutant des ingrédients en provenance de son nez sans même sans rendre compte, il aurait surement frôlé la crise de nerf.

Epoque bénite.

Seulement cinq jours de ce calvaire mental, et il regrettait déjà le temps où il pouvait la critiquer à tord et à travers intérieurement –ou à voix haute, d'ailleurs. Ceux qui affirmaient qu'on ne réalisait pas combien on appréciait quelque chose avant de l'avoir perdu avaient bien raison. Ce qui le ramenait encore et toujours (et encore et encore et encore…) au même problème.

Il était dans une impasse, régressant plus qu'il ne progressait. Il devait coûte que coûte parvenir à se faire 'apprécier' par Granger, et continuer de lui donner des points n'était clairement pas une solution. Lui jeter un Imperium en et finir une bonne fois pour toute n'en était pas une non plus.

Et cette fois-ci, ce fut la Pensine qui lui offrit une autre de ses idées 'brillantes'. Idée qu'il tenta désespérément d'ignorer et d'enfouir au fond de son esprit, échouant lamentablement.

Lorsque trois petits coups légers se firent entendre à sa porte deux minutes plus tard, il eu le pressentiment que la soirée s'annonçait forte en rebondissement.

« Entrez, » l'appela t-il pourtant de sa voix la plus neutre, tout en se retournant pour faire face à la porte.

Elle se glissa dans la pièce, son teint à nouveau très pâle. « Bonsoir, monsieur. » Dit-elle doucement, et il remarqua instantanément qu'elle n'osait pas soutenir son regard.

Il eu presque envie de lever les yeux au ciel. Pourquoi était-elle si craintive ? Soit, son cours de potions avait eu de quoi la troubler, mais la pire chose qu'il avait faite avait été de lui donner dix points… Pas de quoi mouiller sa robe de sorcier.

« Bonsoir, Miss Granger, » répondit-il presque aimablement.

Ses yeux s'écarquillèrent, tout en restant rivés au sol. Apparemment, exclure le sarcasme de ses paroles la traumatisait au plus haut point. Et pourtant, ce n'était pas l'envie qui lui manquait, loin de là. Plusieurs remarques bien senties lui chatouillaient le fond de la gorge depuis qu'elle ouvert la porte, mais il s'efforçait de rester courtois. Instinct de survie, Severus, ne cessait-il de se répéter, instinct de survie.

Il la vit plonger la main dans sa poche pour en sortir sa baguette, prête à recevoir son attaque mentale ; lui, cependant, ne bougea pas un muscle, continuant de l'observer les bras croisés. Finalement, après près d'une minute supplémentaire de ce silence d'une lourdeur à peine supportable, elle osa relever les yeux vers lui. A présent, la perplexité semblait prendre le dessus sur la crainte. Bien. Qu'elle se 'détende' un peu.

« Qu'avez-vous fait depuis votre dernière leçon ? » lui demanda t-il finalement.

Elle fronça les sourcils, incrédule. « Pardon ? »

A nouveau cette envie de rouler des yeux. « Comment-vous êtes vous entrainée, miss Granger. Je ne doute pas une seule seconde que vous avez renforcé vos efforts depuis que vous avez découvert ce que cela faisait d'avoir son esprit violemment pénétré. Dites-moi ce que ce que vous avez fait pour travailler votre défense. »

Son bras droit, qu'elle avait tenu légèrement levé devant elle jusqu'à présent, se rabaissa enfin, alors que la totalité de son corps semblait se détendre encore davantage. Le simple fait de réaliser qu'il n'allait pas l'attaquer dans l'immédiat semblait grandement la rassurer.

« Je vide mon esprit tous les soirs avant de m'endormir, » répondit-elle enfin d'une voix qui ressemblait beaucoup plus à celle qu'elle utilisait habituellement durant ses cours. « Ce n'est pas toujours évidant, mais dès que je réalise que mes pensées dérivent et m'entraînent vers le sommeil, je me force à me réveiller et recommence. »

Lentement, il leva un sourcil, lui offrant sa plus belle expression sceptique. « Dans ce cas-là, je doute que vous ayez dormi beaucoup ces dernières semaines. » Ses joues prirent de la couleur, et il retint son envie de laisser un sourire sarcastique naître sur son visage. « Personne ne peut totalement vider son esprit au moment de s'endormir, Miss Granger, » expliqua t-il enfin. « Le processus du sommeil est fait d'une telle façon que vous donnez contrôle total de votre corps à votre cerveau à cet instant, et votre esprit accapare toute votre attention. Un bon Occlumens apprend avec le temps à déterminer ce que ses rêves vont lui montrer. Quiconque parvenant à contrôler ses rêves a un pouvoir beaucoup plus puissant sur ses pensées lorsqu'il est éveillé. »

La perplexité avait à présent fait place à une surprise difficilement dissimilée. Elle ne s'était clairement pas attendue à ce qu'il lui fasse une véritable leçon d'Occlumancie. Même sans l'aide de sa baguette, il pouvait deviner sans mal ce qui lui passait par la tête à cet instant ; elle devait se dire qu'il n'avait jamais donné de tel conseil à Harry. Mais en toute honnêteté, il n'avait jamais eu besoin de se montrer aimable envers Harry dans l'espoir de pouvoir coucher avec lui.

Hum. Cette pensée était vraiment perturbante.

« Quoi d'autre, » demanda t-il sèchement pour faire disparaître le dégout soudain qui l'avait envahit.

Il pouvait presque voir les rouages fonctionner à toutes vitesses à l'intérieur de son crâne, cherchant ce qui pourrait l'impressionner le plus. Comme quoi, il arrivait à faire ressortir son côté Miss-Je-Sais-Tout quand il voulait.

« Et bien, dans un des livres que j'ai pu lire dans la Réserve, il est conseillé de se concentrer sur une image en particulier lorsque quelqu'un cherche à pénétrer votre esprit. » Reprit-elle de son ton le plus académique. « Une image qui représente le refus, l'isolation. Cela peut paraître un peu cliché, mais je me suis entraînée à visualiser un épais mur de briques. »

« Cliché ou non, cela n'a pas d'importance, » nota t-il tout en sortant sa baguette de sa poche. « Tout ce qui compte, c'est que vous parveniez à vous concentrer assez fermement sur cette image pour que sa force soit propulsée contre l'intrus qui fouille votre tête. Fermez les yeux. »

Elle qui avait été si désireuse d'éviter de croiser son regard quelques minutes plus tôt, elle le fixait à présent avec des yeux écarquillés par l'incrédulité…mêlé à une bonne dose de méfiance.

« Monsieur ? » Elle ne cherchait plus à cacher son trouble, et cela lui donna à nouveau l'envie de lui lancer un sourire narquois.

« Vos yeux, miss Granger, fermez les. Ne soyez pas si craintive, le Directeur sait que vous êtes ici, après tout. » Tout comme ses deux meilleurs amis affublés d'un exaspérant complexe de super héro.

Après un dernier regard suspicieux bien appuyé, elle ferma les yeux.

« Je veux que vous vous imaginiez ce mur, » lui dit-il de sa voix qu'il utilisait habituellement pour décrire l'art subtile des potions. « Dans ses moindres détails. Je veux que vous le voyiez comme si vos doigts pouvaient le toucher si vous tendiez la main. » Tout en parlant, il avait commencé à s'avancer vers elle.

Au lieu de voir les traits de son visage se contracter sous l'effet de la concentration, comme cela aurait été le cas pour beaucoup, elle releva son menton, et son expression se détendit. Ce détail en lui-même prouvait qu'elle avait tenté cette visualisation à de nombreuses reprises, durant des moments de relaxation. Ce qui était à la fois une bonne et mauvaise chose. Une bonne, car cela ne pouvait que lui être bénéfique sur le long terme, et une mauvaise, car votre esprit était rarement attaqué lorsque vous étiez confortablement installé dans votre lit. A moins d'être Harry Potter, bien sûr.

« Dites-moi ce que vous voyez, » lui ordonna t-il d'une voix qui n'avait pourtant rien de dure, tout en continuant de s'approcher, lentement, silencieusement.

« Le mur est immense. » Décrit-elle sans un instant d'hésitation ; la méfiance, qui avait dominé dans sa voix depuis son arrivée, avait à présent disparu. Elle était totalement concentrée sur l'exercice. « Si je levais les yeux, je pourrais peut-être en voir la fin, mais je préfère rester concentrer sur ce qui est en face de moi. Les briques sont faites de différentes couleurs, passant du rouge sombre à un orange beaucoup plus clair. Elles sont de tailles différentes, aussi. Le ciment est gris et épais, blanc à certains endroits. Des traces d'érosions sont clairement visibles sur les pierres, mais le mur est fort et solide. Résistant. Rien ne peut passer à travers.»

Il était à présent en face d'elle, moins d'un mètre les séparant. Elle n'avait toujours pas réalisé à quel point il était proche, cependant. Pour la première fois, il prit conscience de sa taille ; le haut de sa tête semblait à peine atteindre son menton. Une étrange voix lui murmura que c'était la taille parfaite. Qu'il suffirait qu'elle fasse un pas pour venir se nicher dans le creux de son cou. Mais il la fit taire cette voix sans hésitation, conscient que cela n'aidait en rien à cet instant. Il était temps de voir à quel point ses nouvelles défenses étaient efficaces.

Et pour cela, il allait devoir la prendre au dépourvu. Totalement au dépourvu.

Sa main droite enserrant toujours sa baguette, il leva sa main libre vers le visage de la jeune fille et prit son menton entre ses doigts, sans un instant d'hésitation. Elle sursauta violemment et rouvrit instantanément les yeux. Mais avant même que la surprise qui les écarquillaient ne puissent commencer à déformer les traits fins de son visage, il avait fermement fixé son regard au sien. Un simple sort informulé, et il était happé dans son esprit.

La première sensation qui l'accueillit fut celle de se retrouver durement plaqué contre un mur, effectivement. Ce qui aurait été un progrès phénoménal si l'effet de surprise ne l'avait pas totalement déconcentré. Sa protection mentale s'effrita en l'espace d'un instant, et le tourbillon de pensées et de souvenirs déferla. Il put encore une fois entrevoir brièvement des images de lui-même, échos de son dernier cours de potions, qui prouvaient à quel point il l'avait troublé. Mais un autre souvenir, légèrement plus ancien, s'imposa de lui-même sans qu'il n'ait à se concentrer. Souvenir sur lequel elle s'était certainement penché juste avant d'entrer dans son bureau, cela ne faisait aucun doute.

Elle était dans les airs, chevauchant une créature affolée, et la panique avait également pris possession d'elle.

Leur groupe, qui seulement deux minutes plus tôt avait été stratégiquement réparti, était à présent éparpillé dans le ciel noir, et les cris remplissaient l'air. Cris d'angoisse et de colère, incantations et sortilèges se mêlant dans un brouhaha indescriptible. Un instant, elle agrippait fermement Kingsley, et le suivant, il avait disparu, touché par un sortilège d'expulsion qui avait failli l'arracher elle aussi du Sombral. Alors qu'elle s'accrochait désespérément à l'encolure squelettique de l'animal, elle entrevit la silhouette sombre de Kingsley qui tombait à toute vitesse sous le champ de bataille aérien, avant qu'il ne disparaisse soudainement. Elle n'eut même pas l'occasion de ressentir une once de soulagement à l'idée qu'il avait réussi à transplaner avant de s'écraser au sol, car un nouveau sort –vert cette fois-ci, la frôla de justesse. Son mouvement d'esquive fut si brutal qu'elle sentit sa paire de lunettes glisser de son nez, tombant à son tour sans qu'elle ne puisse les rattraper.

Dans la panique totale qui avait suivit l'arrivée des Mangemorts, elle avait presque oublié qu'elle n'était plus réellement elle-même à cet instant, et que sans ses lunettes, le monde autour d'elle ne serait plus qu'une succession violente d'images floues et indiscernables les unes-des autres. Mais son ouïe, elle, était plus opérative que jamais.

« C'est lui, il est là !! »

La panique qu'elle ressentait encoreune seconde plus tôt n'était plus rien comparée à la terreur viscéral qui explosa en elle alors qu'elle réalisait ce que ce nouveau cri voulait dire. Voldemort en personne était à proximité, et elle était seule, sans plus aucune protection, et sans aucune visibilité.

Les cris redoublèrent d'intensité tout autour d'elle, et elle put entendre la voix furieuse de Maugrey, avant qu'un nouveau corps ne tombe non loin d'elle. Les mouvements étaient incessants et incompréhensibles, et elle dirigeait sa monture par pur instinct, évitant plus d'un sort sans même le vouloir. Ce n'était pas sensé se passer comme ça, Voldemort n'était pas sensé savoir la date du départ de Harry ! La peur était en train de prendre totalement possession d'elle lorsqu'elle se sentit être violemment expulsée du Sombral, commençant une descente qui se terminerait par une rencontre violente et mortelle avec le sol.

Mais sa chute fut brutalement ralentie par une autre sorte de choc, qui n'en était pas moins douloureux pour autant. Dans un brouillard de douleur, elle pouvait sentir des bras l'agripper fermement, ainsi que quelque chose de dur et ferme sous elle : un balai. Cela ne calma en rien sa panique, qui ne fit qu'augmenter. C'était un Mangemort ! Elle avait l'apparence d'Harry, et venait d'être interceptée par un Mangemort qui allait la livrer à son maître ! Elle commença à remuer avec force, sentant qu'il ne faudrait pas grand-chose pour qu'elle ne recommence sa chute libre, et elle préférait cette mort à des heures de tortures.

« Arrête de bouger, tu vas nous tuer tous les deux !! » Hurla alors son assaillant, et elle cessa tout mouvement sur le champ, reconnaissant instantanément sa voix. Harry !

Mais était-ce vraiment Harry ? Ils avaient été six à boire du Polynectar, moins d'une heure plus tôt, et Harry n'était pas sur un balai au moment de partir, il était avec Hagrid sur la moto. Si ce n'était pas Harry, cela pouvait être-

Le blocage mental refit soudainement son apparition, et il fut brutalement arraché du souvenir. Granger y avait mis toute sa volonté, et n'ayant pas cherché à la contrer d'une quelconque façon, cela se ressentit comme une brève mais intense douleur dans son propre crâne, alors qu'il était toujours plongé dans sa tête. N'étant pas le moins du monde enchanté par le progrès soudain de son 'élève', et étant surtout contrarié par la douleur inutile qui en avait résulté, il fixa toute sa volonté sur une partie complètement opposé de son esprit, qui était par conséquent totalement dénué de protection. Instantanément, de nouvelles images de son enfance s'offrirent à lui.

A nouveau, c'étaient les souvenirs les plus émotionnellement chargés qui étaient à porté de 'mains', et il dut retenir son envie vicieuse de la forcer à revivre chaque moments où elle avait pleuré, pour la plus insignifiante des raisons. Mais il reprenait rapidement le contrôle de ses propres émotions, habitué à gérer ses accès de contrariété dans les situations les plus délicates. Après tout, il avait une mission, une mission pour le moins vital, il devait arrêter de chercher à l'oublier ou à tout saccager parce qu'elle se montrait résistante. Poussant presque un soupir mental, il laissa donc des souvenirs plus calmes et chaleureux prendre le dessus.

Elle était pelotonnée contre papa, sur le canapé du salon, alors que « La Petite Sirène » chantait sa chanson pour la millième fois à la télé –elle adorait vraiment trop ce film ! Papa avait passé un bras autour d'elle, et elle se sentait si bien, enfermée dans une bulle de chaleur, sa joue reposant contre le tissu doux de son pull. Paboum, paboum, paboum, elle pouvait entendre chaque battement calme de son cœur, alors qu'il fredonnait en même temps qu'Ariel. Il connaissait toutes les paroles, malgré ses plaintes continuelles concernant le visionnage excessif de ce film.

Maman enfonça son doigt dans le saladier avant de le remonter à sa bouche, à présent coloré par la pâte. Elle goûta le résultat, avant de froncer les sourcils, prenant un air exagérément pensif.

« Hum, j'ai comme l'impression qu'il manque quelque chose, qu'est-ce que tu en penses Mimi ? »

Maman la regarda enfoncer à nouveau la cuillère dans la pâte, qu'elle s'empressa ensuite de recommencer à lécher, prenant son air le plus innocent, sachant qu'une grande partie de son visage était recouvert de chocolat. Elle adorait le sourire de maman, ses cheveux en batailles qui ne tenaient jamais dans une queue de cheval, et surtout ses yeux bleus pétillant, qu'elle aurait tellement voulu avoir, mais elle avait ceux de papa , et c'était pas trop grave.

« Je crois que le problème vient sûrement du fait que tu as mangé tout le chocolat » rigola maman avant de lui ébouriffer les cheveux avec tendresse, cheveux tout aussi incontrôlable que les siens.

Elle pouvait toucher le ciel, elle en était sûre. Elle montait, montait, montait, ses pieds tendus au maximum, alors qu'elle agrippait les cordes de ses deux mains. Puis elle redescendait, repliant ses jambes, et sentant ce délicieux creux dans son ventre alors qu'elle s'élevait à nouveau, dans l'autre sens. Elle repartait ensuite, sentant le vent contre son visage, sifflant dans ses oreilles, et c'était presque aussi exaltant que ce qu'elle ressentait lorsqu'elle était sur la glace et qu'elle glissait en unisson avec la musique.

« Regarde, papa ! » cria t-elle en direction de son père, qui suait de l'autre côté du jardin, afféré à son jardinage annuel –il y avait un moment où les mauvaises herbes prenaient vraiment trop le dessus sur les quelques lits de fleurs qu'ils avaient planté.

Il releva la tête et regarda dans sa direction, plus par habitude que par curiosité –elle avait neuf ans et savait faire de la balançoire toute seule depuis qu'elle avait trois ans.

Alors, lui souriant à pleine dent, ses pieds à nouveau tendus devant elle, elle lâcha prise et s'envola dans les airs.

« Hermione ! » cria t-il après un instant de choc initial, instant durant lequel sa fille continua de flotter dans les airs au lieu d'aller s'écraser au sol. Elle se laissa retomber dans l'herbe en douceur, après avoir tracer un arc parfait, arrivant en face de son père qui avait couru vers elle. Elle continuait de sourire, tellement fière d'avoir réussi à lui montrer ce qu'elle savait faire.

La salle de classe réapparue brutalement autour d'eux, mais cette fois-ci, Granger n'avait même pas cherché à apposer une quelconque barrière. Severus s'était abruptement retiré de son souvenir, inexplicablement choqué par ce qu'il venait de voir.

Il y eu un instant de battement confus durant lequel aucun d'eux de bougea, à l'exception de la prise d'oxygène précipitée de Granger, dont il tenait toujours le menton, leurs regards étant fermement bloqués l'un dans l'autre.

Puis, instinctivement, elle repoussa durement son bras et recula précipitamment de plusieurs pas, en lâchant presque sa baguette.

« Vous ! » s'écria t-elle, outrée et toujours visiblement secouée par l'expérience. « Vous n'avez pas le droit de- »

« Silence, Granger, » la coupa t-il sans même prendre la peine d'utiliser une voix moqueuse ou d'ajouter une remarque sarcastique. Il continua de la fixer, ses sourcils légèrement froncés par l'incrédulité, et à nouveau, il put sentir et voir le trouble de la jeune fille augmenter exponentiellement sous son regard perçant.

Mais ce qu'elle ne savait pas, c'était à quel point elle venait de le troubler. Et cela à cause de ce dernier souvenir, lors duquel elle s'était envolée dans les airs et avait atterri avec grâce, sans une aucune égratignure, bien avant qu'elle ne commence Poudlard.

Tout comme Lily l'avait fait, près de trente ans plus tôt.

***

Tout aussi brusquement qu'elle s'était retrouvée confrontée à ses propres souvenirs, la salle de classe refit soudainement son apparition, et elle se retrouva à fixer des yeux sombres, qui ne se trouvaient qu'à quelques centimètres des siens.

Snape. Les yeux de Snape. Ses doigts sur son visage. Elle prit une bruyante inspiration, avant de reprendre subitement ses esprits et de se dégager de sa poigne, reculant précipitamment.

« Vous ! » s'écria t-elle, toujours sous le choc de son intrusion, autant mentale que physique. « Vous n'avez pas le droit de- »

« Silence, Granger. » La coupa t-il sans ménagement. Mais elle nota instantanément que sa remarque était dénuée de toute trace de méchanceté ou de sarcasme. Tout comme cela avait été le cas seulement quelques minutes plus tôt, lorsqu'il lui avait livré de véritables conseils concernant l'Occlumancie.

Et à présent, il la fixait à nouveau intensément, ses sourcils légèrement froncés, comme si quelque chose en elle le troublait inexplicablement.

Elle sentit une chaleur un peu trop familière envahir son visage, et elle détourna finalement les yeux. Elle les ferma même brièvement, se rappelant les souvenirs qu'il venait de lui faire revivre, et qu'il avait lui aussi vu, ou faillit voir, par conséquent.

Il l'avait prise totalement au dépourvu, le sal traître ! Lui disant de fermer les yeux et de se concentrer sur une image, tandis qu'il s'approchait silencieusement dans le but de la surprendre complètement. Elle avait été tellement choquée de le voir si proche d'elle quand elle avait rouvert les yeux qu'elle avait presque put sentir son cœur manquer un battement dans sa poitrine. Mais ce qui la troublait le plus était l'intensité qu'elle avait put voir dans son regard juste avant qu'il ne glisse ses doigts sur son menton et pénètre son esprit. Elle avait croisé plus d'une fois son regard depuis le début de la semaine, mais cela était complètement différent. Peut-être était-ce à cause de sa proximité, qui lui avait fait prendre conscience de sa carrure tout comme de son odeur, bien malgré elle. Mais une infime part d'elle réalisait que son trouble provenait d'un sentiment beaucoup plus viscéral que la surprise.

Sans pouvoir se retenir, elle sentit la chaleur s'accentuer au niveau de ses joues, tout comme son agacement.

L'énervement remplaçant rapidement sa gêne, sa fierté de Gryffondor ayant été durement froissée, elle releva les yeux vers lui avec défi. Qui était-il, pour se permettre de la perturber autant sans raison apparente, du jour au lendemain ? Lui qui l'avait rabaissé à la moindre occasion pendant plus de six ans, et qui à présent changeait d'attitude sans aucun avertissement ou aucune raison. Lui qui se permettait d'envahir sa tête et de fouiller ses souvenirs les plus intimes après lui avoir donné une fausse impression de confiance. Peut-être apparaissait-elle comme une fille soumise aux décisions des garçons qui partageaient son quotidien, mais il ne savait rien d'elle. Il ne savait pas que ce n'était jamais Harry ou Ron qui prenaient les décisions dans leur Trio, ce n'était jamais eux qui réfléchissaient rationnellement et intelligemment. C'était elle, toujours elle, elle qui leur avait sauvé la vie un nombre incalculable de fois, et le jour où elle se laisserait contrôler par un homme n'était pas encore arrivé. Elle s'était laissée aller au trouble qu'il provoquait en elle assez longtemps, il était temps qu'elle se ressaisisse.

Son changement d'attitude dut transparaître d'une quelconque façon sur son visage, car pour la deuxième fois de la soirée, il lui offrit son célèbre haussement de sourcil inquisiteur. Le reste de son expression demeurait cependant complètement impassible, comme à son habitude.

« Un problème, miss Granger ? » finit-il par demander, et cette fois-ci, le sarcasme dans sa voix était immanquable.

« Non, professeur, aucun. » Répondit-elle sans un instant d'hésitation et sur le même ton, levant sa baguette devant elle.

Ne ressentant visiblement pas le besoin de l'avertir au vu de son regain d'audace, il leva à son tour sa baguette et se mit en position, s'exclamant brusquement : « Legilimens ! »

Mais elle avait attendu son attaque, et était plus que prête à lui rendre la monnaie de sa pièce. S'il y avait bien une chose qu'elle avait retenu des comptes-rendus d'Harry concernant ses leçons avec Snape, c'était son récit de l'unique fois où il avait réellement réussi à protéger son esprit.

Protego ! pensa t-elle avec force, et l'onde magique s'expulsa instantanément de sa baguette, prouvant son aisance dans l'utilisation des sortilèges informulés.

Sa victoire fut totale lorsqu'elle se sentit irrémédiablement et brutalement happée par une force inconnue. L'instant d'après, elle était confrontée à une avalanche de pensées et d'émotions qui n'étaient pas les siennes.

Incapable de contrôler quoi que ce soit, et ayant littéralement le souffle coupé par l'intensité de ce qui était en train de se passer, elle vit défiler dans sa propre tête les souvenirs du professeur Snape.

La première image qui se matérialisa clairement fut celle d'une fillette sur une balançoire, lâchant prise pour s'élancer dans les airs, retombant ensuite avec grâce. L'espace d'une seconde, elle cru que c'était un souvenir de son souvenir à elle, qu'il avait vu seulement quelques minutes plus tôt. Mais il y avait de trop nombreuses différences. Le lieu n'était pas le même, ce n'était pas son jardin, il y avait une autre petite fille présente, et celle qui venait d'atterrir en douceur sur l'herbe possédait une magnifique chevelure rousse.

Elle pouvait ressentir l'excitation du jeune Snape, alors qu'elle observait la scène à travers ses yeux d'enfants. C'était la plus étrange des sensations !

Avant qu'elle n'ait pu deviner l'identité de la fillette, cependant, le tourbillon d'images reprit de plus belle, et l'excitation disparue, remplacée par un sentiment beaucoup plus sombre, beaucoup plus douloureux. La peur, la colère, l'incompréhension, et un visage, toujours le même visage, celui d'un homme aux yeux sombres et aux airs bourrus qui semblait étrangement familier. Dans la seconde qui suivit, elle sut sans le moindre doute qu'il s'agissait de son père, et qu'elle le haïssait, Merlin, elle le haïssait.

Non. Il le haïssait. Sa mère criait, sa mère pleurait, et il pleurait aussi, hurlant à son père d'arrêter. Douleur, encore cette douleur et cette colère, si intense et profonde.

Alors qu'elle avait l'impression qu'elle allait elle aussi se mettre à hurler d'une minute à l'autre, complètement dépassée et terrassée par ce qui était en train de se passer, le flot d'images et d'émotions se stoppa à nouveau sur un souvenir en particulier, et beaucoup plus agréable.

La salle de classe de potions n'avait pas changé, si ce n'était pour son professeur. Ce n'était pas Snape bien entendu, mais Slughorn, qui semblait être beaucoup plus jeune que le sorcier qu'elle avait connu l'an passé. Mais très vite, la dissociation entre ses pensées et celles de Snape disparue à nouveau, et elle fut incapable de rester totalement détachée, revivant ce qu'il avait vécu.

Il découpa ses ingrédients avec précision et assurance, avant de les ajouter à son chaudron bouillonnant. De tous les cours qu'il avait eu depuis le début de la semaine, c'était vraiment son préféré. Il avait déjà finit le manuel, et prévoyait d'écrire à sa mère dès le lendemain pour qu'elle lui envoie celui de deuxième année.

« Sev, je n'y comprend rien. » Gémit alors une voix derrière lui, et il empêcha difficilement un sourire de naître sur ses lèvres, avant de se retourner pour faire face à une autre enfant, qui fixait son étalage d'ingrédient avec des yeux paniqués. C'était cette même chevelure rousse. C'était elle qui avait sauté de la balançoire, et Snape la connaissait bien, de toute évidence ; son cœur n'aurait pas accélérer de cette façon dans sa poitrine si elle avait été une inconnue.

Jusqu'à présent, elle avait été particulièrement –voir exceptionnellement- compétente à chaque cours auquel elle avait assisté. Elle lui avait elle-même raconter combien le professeur McGonagall avait été impressionnée hier durant son premier cours de métamorphose. Les élèves naturellement doués n'étaient pas une rareté en soit à Poudlard, mais cela surprenait toujours plus quand il s'agissait d'un ou d'une née-moldue. Il s'en fichait, bien sûr, il avait toujours su qu'elle était exceptionnelle.

Elle semblait avoir dû mal à saisir le concept des potions, cependant, une pratique –voir un art- qui ne requérait presque jamais l'utilisation de leur baguette.

« Ne t'en fais pas, » lui dit-il avec assurance, lui offrant un sourire. « Si tu suis mes conseils, tu deviendras bientôt la meilleure élève de cette classe. »

Son expression angoissée se radoucit, et ses yeux, deux magnifiques yeux verts, brillèrent de gratitude.

« Eh, Evans ! Si tu veux mon avis, continues de trainer avec Snivellus, et tu seras bientôt la fille la moins populaire de tout Poudlard. » S'exclama alors quelqu'un d'autre de l'autre côté de la classe.

Il se retourna vivement vers le garçon et son camarade, qui venaient tous deux d'éclater de rire à la suite de sa remarque, et la colère explosa en lui lorsqu'il fixa son regard sur son ennemi aux cheveux ébouriffés et aux lunettes rondes.

Le choc fut tellement brutal pour Hermione qu'elle se sentit quitter la tête de son professeur. Peut-être avait-il initié cette coupure forcée, mais le résultat était le même. Cette fois-ci, elle se retrouva à nouveau au sol, comme lors de sa première séance, complètement vidée par ce qu'il venait de se passer.

« La Legilimancie n'est pas un art qui peut être pratiqué avec légèreté, Miss Granger, » lui dit Snape de sa voix la plus glaciale. Comme si de rien n'était, comme si elle ne venait pas de voir certains de ses souvenirs, comme si elle n'avait pas ressenti ce qu'il ressentait seulement quelques secondes plus tôt. « Cet exercice est exclusivement réservé à ceux qui métrise l'Occlumancie à la perfection, ce qui est loin, très loin, d'être votre cas. Dans le futur, évitez de suivre les conseils de Potter, vous devriez le savoir. Je ne tolérais plus aucune intrusion forcée de mon esprit, est-ce bien clair ? »

Se relevant avec difficulté, ses jambes toujours un peu trop tremblantes, elle finit de se redresser et hocha la tête, n'osant plus soutenir son regard. « Oui, monsieur, » dit-elle doucement.

« Ce sera tout pour ce soir. Votre prochain cours aura lieu la semaine prochaine, même jour, même heure. »

A ces mots, elle lui lança un regard méfiant, n'osant à peine croire qu'il la laissait partir aussi facilement, après ce qu'elle avait eu l'audace de faire. Mais il s'était déjà détourné d'elle, s'étant placé devant la Pensine qu'elle avait vu posé sur son bureau.

« Dehors, avant que je ne change d'avis. » Lui lança t-il pourtant, comme s'il avait lu dans ses pensées. Ironiquement.

Elle ne se le fit pas répéter deux fois, se précipitant presque sur la porte.

Deux minutes plus tard, alors qu'elle montait les escaliers qui la mèneraient jusqu'à la tour Gryffondor avec hâte, elle ne put s'empêcher de repenser à ce qu'elle avait vu et ressenti. A ce garçon aux cheveux ébouriffés et aux lunettes rondes qui lui était si familier, et à cette petite fille qui avait tant captivé son professeur. A ses yeux verts émeraude, qu'elle aurait pu reconnaître n'importe où.

Les parents de Harry. James et Lily.

Lily, qui avait de toute évidence été proche de Snape à un moment donné de sa vie, et qui avait finit par épouser celui qui s'était moqué d'elle sans retenue devant toute sa classe. Elle savait bien entendu que James Potter et Severus Snape avait été les 'Harry et Draco' de l'époque, mais jamais il ne lui était venu à l'esprit que Snape et Lily avaient pu se côtoyer, encore moins être amis. Et Harry avait toujours placé ses défunts parents sur un tel piédestal qu'elle n'avait jamais pu les imaginer autrement que comme étant extrêmement proches. Mais elle ne savait rien d'eux, après tout. Elle se demanda si Harry était au courant des débuts mouvementés de ses parents.

Ce qu'elle réalisait également à cet instant, avec encore plus de force qu'habituellement, c'était qu'elle ne connaissait absolument rien du professeur Snape. Il avait été ce garçon profondément torturé émotionnellement, voir physiquement. Il avait ressentit cette haine intense envers son propre père, ainsi qu'un désir incontrôlable de protection pour deux femmes. Sa mère. Et Lily. Repenser à toutes ses émotions lui redonnait presque le vertige.

Il y avait plus, tellement plus que ce qu'il laissait paraître.

Inexorablement, cette violente réalisation attisa terriblement sa curiosité légendaire…oubliant temporairement l'étrange comportement du maître de potions, qui l'avait tant perturbé seulement quelques heures plus tôt.

Et n'ayant aucun moyen de savoir que cela était exactement la raison pour laquelle Snape l'avait laissé pénétrer son esprit et fouiller ses souvenirs, sans apposer la moindre résistance.


N/A : J'ai écris un bon bout de ce chapitre sur papier avant de le taper, et à l'origine, Severus expliquait en long et en large pourquoi il allait la laisser voir ses souvenirs…mais j'ai réalisé que j'en avais marre de ses monologues intérieurs. Et si moi j'en ai marre, alors que je suis l'auteur, cela veut dire que cela aurait gonflé mes lecteurs aussi mdr Donc voilà, tout est dans le sous-entendu, j'espère que ça ne parait pas trop étrange, moi ça a du sens dans ma tête lol

Aussi, de façon non surprenante, ceci n'est au final que la moitié du chapitre planifié sur papier haha. Je ne sais sincèrement pas comment je fais pour écrire autant et…ne pas avancer en faite O_o Je me frustre, vous n'avez pas idée XD En plus la deuxième partie devait être assez marrante, Debbie devait refaire des siennes, décidant de s'en prendre à Hermione cette fois-ci mouhahaha, mais bon, ce sera pour la prochaine fois :)

D'ailleurs, en parlant de prochaine fois (je préviens tout de suite, ceci est une note de l'auteur à rallonge), je peux affirmer cette fois-ci que la suite n'arrivera pas avant début décembre. Ca ne changera pas de d'habitude, me direz-vous, sauf que j'ai une raison cette fois, une vraie, et moi ça me fait me sentir moins coupable XD

Voyez-vous, durant le mois de Novembre se déroule quelque chose appelé 'NaNoWriMo' (National Novel Writing Month, demandez à google :p) ; en gros, c'est un défi personnel entrepris par des milliers de personnes dans le monde entier tous les ans en Novembre : Ecrire une histoire de 50,000 mots en un mois. Et 50,000, c'est beaucoup. Vu que je veux vraiment avancer dans cette fanfic et pouvoir ENFIN écrire tous les trucs croustillants que j'ai en tête depuis des mois, j'ai décidé d'utiliser NaNoWriMo pour faire progresser cette fic. Donc si tout va bien (je vais tenté de faire le double, 100,00 mots X_X), la prochaine fois que je posterais, j'aurais PLEIN de chapitres en avance (disons minimum 5, ce qui est du jamais vu chez moi lol) et je pourrais donc posté à intervalle très régulier et beaucoup moins long XD Vous comprendrez donc pourquoi je n'aurais pas temps de relire et corriger quoi que ce soit, ni de poster, durant Novembre.

Elle est pas belle ma vie ? XD Yep, vous avez le droit de n'en avoir rien à faire bien sûr.

Donc voilà, désolée de vous abandonner pour encore un mois avec un chapitre aussi peu palpitant (il y a quand même eu d'infimes progrès, non ?), mais je vous promets de me faire pardonner ;) Souhaitez moi bonne chance, j'en ai bien besoin *déjà prête à s'arracher les cheveux*