A l'approche de la nuit
Disclaimer: Je malmène encore ces pauvres personnages, mais ils ne m'appartiennent pas, étant l'entière propriété de J.K. Rowling.
Pairing: Hermione Granger / Severus Snape, mais je m'autorise quelques dérives ^^
Rating : T, mais au vu des idées qui remplissent mon esprit tordu, cela à te fortes chances de passer au M !
Note de l'auteur : Et bien et bien… Après bien des tumultes, je poste enfin le chapitre 8 !! Je ne m'éterniserais donc pas dans cette note, je pense que celle postée dans le 'chapitre' précédent explique tout ^^ Sachez simplement qu'après ces deux petites semaines de vacances (bien méritées), je suis motivééééée, donc la suite devrait arrivée bien plus rapidement :D
Un gros merci à tous pour votre soutien, pour vos reviews, et tout simplement pour vos lectures :))
Je vous préviens, ce chapitre est IMMENSE. J'ai pensé plusieurs fois à le diviser, mais la première partie toute seule ne me plaisait pas du tout en guise de chapitre. Donc armez-vous de courage XD Surtout si vous n'aimez pas Debbie, car elle est partout dans celui là XD
Et bien sûr, MERCI à Sandra, qui a corrigé cet interminable chapitre. Merci poulette XoXoXo
RaR :
Eileen19 : Merci beaucoup pour tes deux reviews :) Je sais que je suis passée un peu pour une hystérique dans ma note, mais j'étais…en effet légèrement hystérique au moment de son écriture XD Mais je me suis calmée, promis :p J'espère que ce (looong) chapitre te plaira ! ;D
Maude : Comment ça, mes phrases sont longues ?? LOL ! Nan, je rigole, hein, je le sais XD Je te jure, je me bats contre mon cerveau à chaque fois pour mettre des points mdr Des fois j'en oublis comment j'avais commencé le début de ma phrase *pleine de bêtises* Sinon, c'est bête, mais ça m'a fait PLAISIR de lire que tu n'étais pas fan de Twilight !! On est tellement peu nombreuse à ne pas être tombées sous le charme des vampires qui scintillent, faut se soutenir mdr Et bien entendu, un gros merci pour tes encouragement, aussi bien sur ffnet que sur facebook:))) J'espère qu'après toute cette attente, ce chapitre ne te décevra pas ! Poutous XoXo
Poussinette : Merci beaucoup pour ta review et tes encouragements! :D J'espèce que ce nouveau chapitre te plaira :)
Ramdam : J'espère que ce n'était pas 'trop longtemps' XD Je me déculpabilise en me disant qu'à présent, la mise à jour va être beaucoup plus rapide ^^ Merci !
Sophie : Un grooos merci pour ta review !! Ca me fait toujours sautillé de joie quand j'ai de nouveau lecteur (et qu'ils me review mdr) Oui, il ne m'en faut pas beaucoup pour être heureuse concernant l'écriture ^^ Je suis heureuse que mon histoire te plaise ! Je prends beaucoup de plaisir à l'écrire, et gardé les personnages le plus fidèle possible à ceux de JKR est un des aspects qui me tient le plus à cœur, donc merci !! La suite est enfin là, j'espère qu'elle te plaira ;))
Chapitre Huit : Embûches
Debbie s'ennuyait.
Chez n'importe qui d'autre, l'ennui n'était pas une mauvaise chose en soit. Cela pouvait même mener à d'excellentes idées, que l'esprit produisait toujours au moment le plus inattendu. Mais lorsqu'il s'agissait d'un esprit clairement dérangé comme celui de Deborah Perfild…mieux valait éviter de lui donner ce genre d'opportunité. Car il en ressortait très rarement quelque chose de bon.
Elle était tellement habituée à avoir tout ce qu'elle voulait, quand elle le voulait, que le contraire l'irritait au plus au point. Elle avait depuis longtemps compris que c'était pour cette raison que Severus l'avait toujours autant fasciné. De par son refus inné à se plier à son pouvoir, il la rendait folle.
Ou un peu plus qu'habituellement, tout du moins.
Elle avait su en revenant à Poudlard, qu'il s'opposerait à nouveau à elle, comme il l'avait fait avec tellement de véhémence vingt ans plus tôt. Elle avait su que de réapparaître dans sa vie, après être passée pour morte pendant toutes ces années, ne le pousserait absolument pas à lui faire confiance. Après tout, la confiance était une chose qui n'avait jamais existé entre eux. Ils avaient été amis, amants, voir presque ennemis, mais à aucun moment il n'avait abaissé sa garde assez longtemps pour lui faire confiance.
Il savait ce dont elle était capable ; il l'avait vu utiliser son pouvoir sur les autres assez souvent pour avoir conscience de l'étendu de ses capacités. Il savait également qu'il était totalement immunisé, et cela ne faisait que le rendre encore plus méfiant. Elle était une manipulatrice née, cela ne pouvait pas mener à quelque chose de positif. Qu'il refuse son aide concernant sa…'situation délicate' n'était donc pas une surprise en soit, elle s'y était attendue.
Mais cela ne faisait rien pour apaiser son impatience et son ennui.
Pour le moment, tout s'était déroulé comme elle l'avait prévue. Il avait finit par accepter ce qu'il avait à faire, avait fait les vérifications nécessaires, et en avait par conséquent conclu que Hermione Granger était la seule personne résidant à Poudlard qui puisse l'aider à survivre.
Ce qu'il ignorait totalement, c'était le fait que cela avait été le choix de Debbie, et que la jeune fille ne lui serait d'aucune aide au final.
Debbie avait fait ce choix parce qu'elle savait qu'elle adorerait le spectacle que cela lui offrirait. Deux personnes qui aimaient tellement le contrôle et l'ordre, se rapprochant malgré leurs différences et s'attachant l'un à l'autre. Elle était impatiente de voir ce que cela donnerait lorsque Severus réaliserait qu'elle n'était plus aussi pure que ce qu'il croyait ; elle, en contrepartie, réaliserait au même moment qu'il avait seulement cherché à l'utiliser.
Et cela lui briserait le cœur. Ou la rendrait folle de rage. Dans les deux cas, Debbie était impatiente de découvrir la tournure que prendraient les évènements.
Mais le mois d'Octobre touchait déjà presque à sa fin, et les choses étaient visiblement en train de stagner lamentablement. Severus refusait de lui parler de quoi que ce soit concernant son 'plan' pour séduire Hermione, mais au vu de son humeur ces derniers jours, cela ne semblait pas être concluant. Elle avait bien entendu également remarqué le trouble excessif qui avait envahi la jeune fille ces derniers jours. Ces deux là étaient tellement tendu chacun de leur côté, c'en était presque triste à voir.
Presque.
Car Debbie s'ennuyait. Mais elle ne s'ennuyait jamais bien longtemps.
Lorsqu'un élément de son plan ne prenait pas la direction voulue, elle modifiait simplement sa trajectoire. Severus refusait tout contact avec elle dernièrement, parce qu'il avait la possibilité de le faire.
Hermione n'avait pas cette chance, cependant.
Oui, il était tant qu'elle se divertisse un peu.
***
Hermione, ainsi que tout le reste de l'école, vit un des batteurs de Serpentard être expulsé violemment et projeté au sol. Ce qui n'était pas quelque chose de si inhabituel en soit, considérant le fait qu'il s'agissait du premier match de Quidditch de la saison, opposant Gryffondor à Serpentard.
Le problème venait du fait que le match n'avait pas encore commencé quand cela se produisit.
Les gradins étaient pleins à craquer bien sûr, tous les élèves étant comme toujours exagérément excités à l'idée de voir les deux maisons rivales s'affronter, espérant secrètement que cela tournerait au bain de sang.
Apparemment, la bataille avait déjà commencé dans les vestiaires.
Tout comme les professeurs McGonagall et Snape, Hermione quitta hâtivement son siège et s'empressa de rejoindre le lieu de l'altercation. Au moment où elle atteignait la scène de l'incident, les quatorze joueurs étaient dehors, clairement regroupés en leur camp respectif. C'était une bonne chose que la majorité des joueurs n'aient pas leur baguette sur eux, ou il y aurait sans aucun doute eu plus d'un mort à cet instant.
Harry et Ron retenait Dean, qui essayait visiblement de s'en prendre à nouveau au batteur de Serpentard –dont elle n'avait aucune idée du nom. Avant qu'elle n'ait pu comprendre de quoi il retournait, les professeurs obligèrent tout le monde à retourner dans les vestiaires, où une belle réprimande les attendait, cela ne faisait aucun doute.
Hermione se glissa également à l'intérieur, prenant soin de rester hors de la pièce d'où la voix de McGonagall s'élevait avec puissance, n'ayant aucune envie qu'elle tourne sa colère sur elle. Elle voulait simplement aller parler aux garçons. Non seulement pour satisfaire sa curiosité bien sûr, mais également pour s'assurer qu'ils ne feraient rien de stupide durant le match –qui aurait quand même lieu, elle n'en doutait pas une seule seconde.
Elle les adorait, mais ils pouvaient se montrer tellement impulsifs et immatures quand il s'agissait des Serpentards…ou du Quidditch. Ces deux éléments rassemblés n'étaient jamais une bonne combinaison.
Toujours près de la sortie, elle écoutait les élèves des deux maisons expliquer avec véhémence leurs versions différentes de l'histoire, parlant tous en même temps ; elle aurait été incapable de dire de quoi il retournait.
« Silence ! » s'exclama McGonagall d'une voix bien trop aigue qui ne présageait rien de bon. « Ce comportement est totalement inadmissible ! J'ai peine à croire que la plupart d'entre vous auront fini leurs études dans quelques mois, alors que j'ai l'impression d'être confrontée à des premières années ! Potter, ayez l'obligeance de m'expliquer pourquoi Mr Thomas a ressenti le violent besoin de… »
Mais à cet instant, Hermione n'entendait plus vraiment ce que disait son professeur de métamorphose, son attention dérivant.
Elle avait une soudaine envie d'aller vers un tour près de la salle des douches.
Sans hésiter une seule seconde, elle se décolla donc du mur contre lequel elle était adossée, et se dirigea vers la salle en question, intriguée.
Lorsqu'elle passa l'ouverture, elle tomba nez à nez avec le professeur Perfild. Et n'en fut pas surprise le moins du monde.
« Bonjour professeur, » lui dit-elle d'une voix aimable et chaleureuse, lui offrant un sourire confiant.
« Bonjour Hermione, » lui répondit cette dernière, souriant à son tour. « Je crois avoir vu le professeur Snape entrer dans les vestiaires, non ? »
A la mention du nom de son professeur de potions, le cœur d'Hermione s'accéléra alors subitement sous sa poitrine et un délicieux creux se forma dans son ventre. Elle sentit ses joues s'enflammer, incapable d'empêcher son sourire de s'agrandir.
« Oui, il discute avec les joueurs… » répondit-elle d'une voix rêveuse, son regard glissant sur les douches qui décoraient le mur, imaginant à quoi son professeur ressemblerait sous le jet d'eau brûlant. De ce fait, elle ne remarqua pas l'étrange sourire qui avait pris place sur les lèvres de Deborah Perfild.
« Tu devrais discuter avec Severus dès que les autres seront partis, Hermione. » Lui suggéra son professeur sans démunir de son sourire, et Hermione pensa que cela était une excellente idée, en effet. Excellente idée. « Je sais que tu en meurs d'envie. »
***
Severus n'arrivait pas à y croire.
S'il n'avait pas tenu à conserver son rôle de personnage froid, austère et inexpressif, il se serait bien lui aussi défoulé sur ces imbéciles.
Mais voir Minerva se déchainer sur eux, au point où son teint habituellement pâle tourna presque au violet, était une délicieuse catharsis. Il ne dit donc pas un mot, même lorsqu'elle entreprit d'enlever des points aux élèves de sa maison à lui. Après tout, Stockins avaient bien mérité son humiliation publique, après avoir insulté la mère de Dean Thomas, qui était un né-moldu ; Severus favorisait toujours ses élèves, ce n'était un secret pour personne, mais ce que tous ignoraient, c'était qu'il avait une horreur sans nom des discriminations concernant les nés-moldu. Même si personne ne le lui ferait jamais avouer à voix haute. Il savait exactement d'où lui venait cette fibre morale exagérée –et exceptionnelle.
Finalement, Minerva se tourna vers lui, affichant toujours un teint pivoine. « Penses-tu qu'ils méritent de jouer après un tel comportement? »
Il haussa faiblement les épaules, prenant son air le plus désintéressé. « Je ne pense pas que repousser le match d'une ou deux semaines réussisse à les faire grandir, malheureusement. Cela risquerait même d'aggraver leur puérilité. » Il se retint d'ajouter que de toute façon, elle tenait trop à voir ce match pour l'annuler, quelle qu'en soit la raison.
Elle finit donc par donner des retenus aux principaux coupables, et une nouvelle couche d'avertissements à l'ensemble du groupe, avant de sortir d'un pas étonnamment vif et surtout clairement mécontent, les joueurs de Gryffondor sur les talons.
Cependant, avant que les Serpentard n'aient pu sortir à leur tour, il les rappela à l'ordre. Donnant deux semaines de retenues supplémentaires à Stockins pour avoir « humilier leur maison d'une telle façon », se mordant la langue pour ne pas leur dire combien leurs préjudices concernant la pureté de leur sang ne les mèneraient jamais nulle part.
A part au service du Seigneur des Ténèbres.
Ses élèves avaient beau être favorisés, ils n'en restaient pas moins terrorisés par son côté glacial et implacable lorsqu'il l'utilisait sur eux plutôt que sur les élèves des trois autres maisons. Sagement, ils sortirent donc du vestiaire sans oser dire quoi que ce soit.
Il resta quelques instants immobile au milieu de la pièce, retenant son envie de pousser un lourd soupir. Même après toutes ces années, après tout ce qu'il avait vu et entendu, la stupidité des élèves de cette école continuait de l'accabler et de le surprendre, de la plus mauvaise des façons.
Ne souhaitant pas y accorder une minute de plus de son attention, il quitta donc la pièce, se dirigeant vers la sortie. Un bruit le stoppa en chemin, cependant.
Une douche venait de se mettre en marche dans une pièce adjacente.
Cette fois-ci, il soupira véritablement, fermant brièvement les yeux. Tous les joueurs de Quidditch étaient bien entendu sur le terrain à présent, et tout élève n'étant pas dans l'équipe n'était pas autorisé à trainer dans les vestiaires. Suivant le même fil d'idées, ils n'étaient donc pas autorisés à utiliser les douches, encore moins durant un match.
Que Merlin lui en soit témoin, s'il trouvait un couple un peu trop aventureux en train d'expérimenter les douches, il déposerait sa démission.
Mais lorsqu'il atteignit l'entrée des douches, la surprise le stoppa net, étant honnêtement choqué par ce qu'il voyait.
Hermione Granger se trouvait au milieu de la pièce, baguette sortie, pointée vers les douches. A intervalles réguliers, elle la pointait vers une des paumes de douches, puis passait à la suivante, arrêtant l'une à l'instant même où l'eau commençait à couler de l'autre. De là où elle se trouvait, elle aurait dû être trempée, mais elle semblait être protégée par un quelconque bouclier magique. L'eau retombait autour d'elle sans même frôler sa peau. Elle se rendit immédiatement compte de son arrivée cependant, tournant la tête dans sa direction, et n'en fut pas troublée le moins du monde. Gardant son regard rivé sur lui, elle continua à 'jouer' avec les douches, ne semblant pas trouver son propre comportement étrange d'une quelconque façon.
« Qu'est-ce que vous faites là ? » lui demanda t-il immédiatement, après un instant de stupeur.
« Je m'entraîne. » Répondit-elle le plus simplement du monde, lui offrant un sourire. Et ne bougeant pas d'un muscle, l'eau continuant de couler tout autour d'elle telle un voile de pluie.
Quelque chose n'était définitivement pas normale. Cette situation était si étrange qu'il se sentait beaucoup plus troublé qu'il n'aurait dû par ce qu'il avait devant les yeux.
« Cessez-de vous entraîner. » Lui ordonna t-il immédiatement, usant de son ton le plus glacial pour faire bonne mesure.
Sans même broncher, elle s'exécuta, le jet d'eau se stoppant enfin. Malheureusement, elle continua de rester là, immobile et souriante, le fixant sans rien dire.
Cela ne lui plut pas du tout.
Dehors, il entendit le coup de sifflet qui annonçait le début du match.
« Auriez-vous l'obligeance de m'expliquer pourquoi vous avez décidé de vous entraîner dans les douches des joueurs de Quidditch, alors qu'un match se déroule à l'extérieur ? » L'irritation, due au fait qu'il avait été pris totalement au dépourvu et qu'il détestait ce sentiment, était à présent clairement décelable dans sa voix.
« Je vous attendais. »
A nouveau, sa réponse était calme et posée, trop calme et posée. Et son sourire…Ce sourire qu'il n'arrivait pas vraiment à décrypter, et qui n'aurait surtout jamais dû se trouver sur ses lèvres. Tout ceci était en contradiction totale avec le comportement qu'elle avait affiché la veille, durant sa leçon d'Occlumancie. Ou avec son comportement en général, ces six dernières années.
Il n'y avait qu'une explication logique.
« Je pense que vous savez tout aussi bien que moi que la consommation d'alcool est interdite chez les étudiants, Miss Granger. »
C'était la première fois depuis le début de cette étrange rencontre qu'il utilisait son nom comme il l'avait toujours fait, de façon condescendante et presque moqueuse. Cet élément familier lui redonna un sens de réalité qu'il avait perdu en entrant dans la pièce, et il apprécia grandement le sentiment.
Elle, cependant, ne réagit pas du tout comme elle l'aurait dû.
Bien que ses joues rougissent avec ardeur, son sourire s'agrandit davantage, devenant presque…aguicheur ?
Et pire : elle commença à avancer vers lui, usant d'une démarche lente et clairement destinée à être sensuelle.
Il dû user de toute sa bonne volonté pour ne pas laisser ses émotions transparaître sur son visage, le gardant plus impassible que jamais… retenant également son envie soudaine de faire quelques pas en arrière.
« J'ai beaucoup réfléchi, professeur, » lui dit-elle doucement, continuant de raccourcir la distance qui les séparait.
« Suis-je sensé être surpris par cette révélation, venant de vous ? » répondit-il sans un instant d'hésitation d'un ton railleur, espérant que s'il conservait ses airs austères, elle reprendrait ses esprits. Maintenant plus que jamais, il était persuadé qu'elle avait ingurgité une dose beaucoup trop importante d'alcool.
Un pas, deux pas, un petit gloussement amusé, un regard coquin –et une soudaine nausée du côté de Severus. « J'ai réfléchi à ce qu'il s'est passé hier soir, durant notre…leçon. » Continua t-elle comme s'il n'avait rien dit.
Elle était en face de lui à présent, son regard levé vers le sien. « J'ai ressenti votre douleur, » murmura t-elle. « J'ai compris à quel point vous aviez mal, et cela a été une véritable révélation. »
Il savait qu'il devait bouger, d'une quelconque façon. Mais il restait figé sur place, incapable de dire ou de faire quoi que ce soit. Elle n'était pas dans son état normal, il n'avait pas besoin d'être un géni pour s'en rendre compte, mais quelque chose dans son regard le bloquait totalement.
Quelque chose qu'il n'avait jamais vu auparavant dans le regard d'une femme le regardant, jamais avec une telle intensité.
« Laissez-moi vous réconforter… » Souffla t-elle, levant les mains pour les poser sur son torse. Mais avant qu'elle n'ait pu frôler le tissu de ses robes, il avait agrippé ses poignets entre ses doigts, les enserrant avec force, alors qu'il sondait son regard.
Il connaissait la nature de cette lueur.
La faim. Un désir si profond que c'en était presque douloureux. Un désir qui ne pouvait être assouvi que par le plaisir des corps, un plaisir qu'elle attendait clairement avec avidité.
Et tout devint soudainement bien trop clair.
Il resserra sa poigne autour de ses poignets, sa propre mâchoire se serrant durement, et elle poussa un petit soupir, entre la douleur et le plaisir.
« Debbie. » Grogna t-il, la colère grossissant en lui à une vitesse effrayante.
Ignorant sa poigne, elle approcha son visage du sien, se mettant sur la pointe des pieds. « Mon nom est Hermione, » sourit-elle avec malice, et il pouvait sentir son souffle sur sa peau.
Mais il la repoussa durement, la relâchant, et elle tituba en arrière. Malgré ses gestes violents, elle continuait de sourire. Imperturbable, elle entreprit de revenir s'accoler à lui, mais il réagit avant qu'elle n'atteigne sa destination.
Plongeant la main dans sa poche, il en ressortit sa baguette et lança : « Legilimens ! »
Il n'y eu bien sûr aucune résistance, son esprit s'ouvrant à lui comme si elle n'avait attendu que ça. Sachant exactement ce qu'il voulait voir, la scène recherchée lui apparut presque instantanément.
Elle était à l'entrée des vestiaires, écoutant se qu'il se passait entre professeurs et joueurs, quant elle ressentit l'envie soudaine d'aller faire un tour dans les douches.
Sans aucune surprise, ni pour Hermione ni pour lui, elle y trouva Debbie. Et c'était là que ses ennuis débutaient. Etant dans son esprit, il pouvait par conséquent savoir ce qu'elle avait ressentit avec exactitude à chaque moment donné. Il ne se laissait bien entendu jamais dépassé par ces émotions étrangères ; c'était une réaction digne d'un débutant.
Mais à cet instant, c'était exactement ce qui lui permettait de savoir avec certitude ce qu'il s'était passé. Bien que la présence de Debbie dans les douches soit une preuve parfaite en soit.
Elle trouvait son professeur de Défense Contre les Forces du Mal dans un lieu totalement inapproprié, et n'en était pas surprise le moins du monde. Et lorsque cette dernière prononça son nom, le résultat fut pour le moins explosif. C'était comme si toutes ses hormones avaient été activées en même temps, et cela n'avait absolument rien de naturel. Il écouta Debbie suggérer à la jeune fille d'attendre que les vestiaires se vident pour avoir une discussion avec lui, et il ressentit cette suggestion.
C'était une telle violation des sentiments de la jeune fille qu'il sentit sa colère atteindre un niveau supérieur. Il se força à sortir de sa tête, avant qu'elle ne commence à ressentir ce qu'il ressentait –ce qui pouvait parfois arriver lors d'émotions trop intense durant la Legilimancie.
La fin brutale de l'échange surpris Granger qui, comme toujours, n'avait pas réagit positivement à sa présence forcée dans son esprit. Bien que cette fois-ci, elle avait été clairement prête à lui montrer tout ce qu'il voulait.
Elle s'affaissa, et par pur réflexe, il la rattrapa, l'empêchant de s'écrouler au sol. Appuyée ainsi contre lui, elle releva des yeux légèrement vitreux vers les siens, avant de lui offrir le plus doux des sourires.
« Oubliette… » Prononça t-il alors sans un moment d'hésitation, ignorant le timbre soudain trop rauque de sa voix.
Et son regard se voila.
***
Snape parcourait les couloirs d'un pas rapide et furieux, ses robes tourbillonnant avec panache autour de ses pieds.
Chaque personne qu'il croisait, élèves, professeurs ou fantômes, s'éloignait de lui avec hâte, n'ayant besoin que d'un regard dans sa direction pour savoir qu'il était d'humeur meurtrière, et qu'il ne valait mieux pas se trouver dans les parages lorsque sa colère exploserait.
Il traversait couloirs après couloirs, montaient les escaliers et passaient à travers les passages secrets, usant de gestes un peu trop brusques et bruyants, étant officiellement un adepte des réactions excessivement dramatiques. Il était clair que quelqu'un allait payer pour son humeur noire, et ce quelqu'un se trouvait dans l'aile Ouest du château.
Lorsqu'il atteignit enfin la porte du bureau, il considéra un instant l'idée de tout simplement entrer et de se déchainer. Mais il préféra lui donner une fausse impression de confiance. Bien qu'il doutât à cet instant qu'elle soit dupe une seule seconde. Peu importait, tout ce qui voulait, s'était se défouler.
Il frappa donc, bruyamment, contre le bois de la porte. Moins de trente secondes plus tard, celle-ci s'ouvrait, pour révéler Debbie, qui ne sembla effectivement pas surprise le moins du monde par sa présence et son regard haineux.
Elle ne sembla pas trop surprise non plus lorsqu'il l'agrippa violemment par la gorge avant d'aller l'écraser durement contre son bureau.
« Je pense que les élèves vont se demander ce que nous faisons, Severus, » lui lança t-elle d'une voix étranglée, n'ayant portant toujours pas l'air étonné ou choqué.
Sans la quitter des yeux une seule seconde, il fit un rapide mouvement de sa baguette et la porte claqua derrière lui. Il en profita également pour resserrer sa poigne, ressentant l'intense envie à cet instant de serrer jusqu'à ce que le dernier souffle quitte les poumons de cette satanée sorcière.
« Tu es réellement devenu un assassin sans remord, alors… » Gargouilla t-elle, son teint devenant légèrement violacée.
L'espace d'une seconde, il pensa qu'elle avait totalement raison, en effet ; il était devenu cet être hideux et meurtrier. Un cadavre de plus ou de moins, qu'est-ce que cela pouvait faire après tout ?
Mais dans la seconde qui suivait, il l'avait relâché, non pas sans une dernière poussée de façon à ce que l'arrière de son crâne percute durement son bureau. Il s'éloigna d'elle, tentant de reprendre le contrôle de ses émotions, la respiration saccadée, alors qu'elle était prise d'une quinte de toux.
Il n'était pas un tueur dénué de conscience. Il n'était pas un être sans âme. Chaque personne qu'il avait été dans l'obligation de tuer le hantait toujours, d'une façon où d'une autre. Malgré sa colère bien méritée, Debbie ne s'ajouterait pas à sa liste de fantômes. Il valait mieux que cela.
Ou du moins, il l'espérait vraiment.
« Merlin, Sev'… » Toussa Debbie derrière lui, d'une voix rauque. « Rappelles-moi de ne plus te laisser entrer dans mon bureau sans activer un bouclier de protection avant. »
Il se retourna vers elle, le teint plus ténébreux que jamais, ses doigts le picotant. L'envie de lancer un sortilège impardonnable était forte. Après tout, un Endoloris tuait rarement. Il rendait fou, certes, mais quelque chose en lui, lui soufflait que Debbie était déjà sur la bonne voie, même s'il ne pouvait le prouver de façon constante.
« Ne t'avise plus jamais de recommencer. » La prévint-il d'une voix sombre et menaçante.
Elle continua de se masser la gorge, une grimace de douleur déformant ses traits. Malgré cette évidence claire, elle ne semblait pas plus perturbée que cela par ce qu'il venait de se passer. Il détestait penser qu'il était à ce point prévisible à ses yeux.
« Je pense que je devrais être celle à faire cette remarque, » le contra t-elle ironiquement, un nouveau sourire réapparaissant déjà sur ses lèvres.
Il plissa les yeux, incapable de rester totalement insensible face à son attitude si…calme.
« Tu l'as bien cherché, Debbie. » répliqua t-il, malheureusement incapable de trouver mieux à cet instant.
« Plait-il ? » Oh, cet air innocent. Il avait envie de lui arracher son sourire et de lui enfoncer au fond de la gorge.
Vraiment, il n'aurait pas dû la relâcher aussi rapidement.
« Tu sais très bien ce que je veux dire. Je t'ai dit de rester en dehors de cette histoire. »
Instantanément, ses yeux bleus glacials s'assombrirent, malgré le sourire qui restait obstinément accroché à ses lèvres. « Tu veux savoir ce qu'il se serait passé si j'étais 'restée en dehors de cette histoire', Severus ?
Il ne répondit pas, serrant sa mâchoire de frustration et de colère, cette dernière ne l'ayant toujours pas déserté.
Elle se décolla enfin du bureau contre lequel elle était restée appuyée depuis qu'il l'avait presque étranglé, et s'avança vers lui, son sourire disparaissant avec chaque pas qu'elle faisait.
« Je vais te dire ce qu'il se serait passé, » reprit-elle d'un ton froid et dénué d'émotion, son regard rivé au sien. « Cette année scolaire se serait déroulée comme toutes tes autres années scolaires ces quinze dernières années. Tu te serais montré vicieux et exécrable envers tes élèves et tes collègues, t'enfermant plus que jamais dans ta bulle de solitude, t'apitoyant sur toi-même à cause de la misérable tournure qu'a pris ton existence. Peut-être que ton Maître aurait gagné encore davantage de pouvoir, ou peut-être pas. Cela n'aurait rien changé ; tu serais resté un moins que rien. Et lorsque mai serait venu, tu aurais lentement agonisé durant ce jour de printemps, incapable de faire quoi que soit pour empêcher la mort de te prendre. Tu serais mort seul et pathétique, condamné à être cet adolescent hideux et mal-aimé, rebuté à la seconde place jusqu'à ton dernier souffle. »
La fin de sa tirade fut ponctuée par une gifle sonore, qu'il lui infligea sans réfléchir, et surtout sans une seconde d'hésitation ou de remord. Sa tête partie violemment sur le côté, mais elle ne bougea pas de sa position, comme si elle avait attendu cette réaction de sa part.
Ce qui, encore une fois, ne fit qu'aggraver son sentiment de haine soudaine.
« Ne joues pas ce genre de jeu avec moi, Debbie. » Siffla t-il, alors qu'elle retournait son visage vers lui, sa joue écarlate et flamboyante, tout comme son regard. « Je t'ai peut-être laissé avoir un certain pouvoir sur moi à une époque de ma vie, mais cette époque, et tout ce qui va avec, est depuis longtemps révolue. »
Une étrange lueur brilla brièvement dans son regard, mais elle la camoufla vite, autorisant son satané sourire à reprendre sa place sur ses lèvres.
« Qui essais-tu donc de tromper ? » se moqua t-elle, approchant son visage du sien, sans une ombre de méfiance. « Tu es exactement tel que tu l'étais à l'époque, Severus, et c'est précisément la raison pour laquelle tu vas devoir mettre Hermione dans ton lit. »
Sa main se releva à la vitesse de l'éclaire, prête à frapper à nouveau. Mais il la stoppa à mi-chemin, contenant son nouvel excès d'émotion. Surtout qu'il ne savait pas exactement pourquoi il voulait tellement la frapper à cet instant.
A part le fait qu'elle était incroyablement agaçante et provocante.
Il referma donc sa main en un poing, avant de laisser son bras retomber à ses côtés, ses ongles s'enfonçant dans la chaire de ses paumes.
« Je suis peut-être condamné à devoir 'la mettre dans mon lit', mais je ne suis certainement pas condamné à supporter tes intrusions ininterrompues dans ma vie. » Dit-il enfin, d'une voix qui semblait presque calme.
Elle laissa un rire faussement amusé lui échapper, secouant doucement la tête, comme si ce qu'il venait de dire était particulièrement drôle, de son point de vue.
« Est-ce la raison pour laquelle tu es tellement furieux ? » demanda t-elle, moqueuse.
« Je suis furieux parce que je ne te permettrais pas te manipuler ainsi une élève, la faisant agir de manière totalement inappropriée, et la forçant à faire ce genre de chose contre son gré, » répliqua t-il sans attendre.
« Ah, parce que ce n'est pas ce que tu as l'intention de lui faire faire ? »
Il prit une bruyante inspiration, lui offrant son plus beau regard menaçant.
« Si tu es si 'doué' dans ce domaine, et que tu es si sûr de toi concernant ta survie, ce que tu as vu aujourd'hui n'était qu'un aperçu de son comportement dans quelques mois. » Continua t-elle.
« Ce que j'ai vu, c'est une élève habituellement réservée et méfiante s'offrant soudainement à moi sans aucune inhibition. »
Elle s'approcha encore un peu plus de lui. Sa proximité lui rappela instantanément ce qu'il s'était passé ce matin, d'une façon qu'aucuns mots échangés ne pouvaient égalée.
« Ce que tu as vu, c'est une jeune femme amoureuse, brûlante de désir, et mourant d'envie d'offrir son corps à tes mains expertes… » susurra t-elle, glissant une main entre ses jambes.
Il s'éloigna d'elle brusquement, comme si ce contact avait été douloureux. Ce qui n'était pas si loin de la vérité.
Il voulait rester fou de rage, mais un côté de lui devait reconnaître que ce qu'elle venait de lui le troublait, d'une façon qu'il n'arrivait pas à expliquer. Il ne voulait plus y penser. Ce que Debbie avait fait était mal, il le savait, et il la détestait pour cela.
Il ne voulait pas que Hermione soit forcée à faire quoi que ce soit avec lui. Que Granger ne soit pas forcée.
Hermione ? Granger ? Il sentait une migraine s'insinuer rapidement sous son crâne.
« Je ne veux plus que tu la manipules, Debbie, » finit-il par lui dire, de son ton le plus sérieux, soutenant son regard. « Je sais que c'est une demande presque irréalisable, connaissant ton amour pour la manipulation, mais je pense que tu as assez de marionnettes dans ce château pour te défouler. »
Elle leva un sourire exagérément curieux. « Te serais-tu déjà attaché à ta petite née-moldue ? »
Immédiatement, il grimaça de dégoût. Un peu trop rapidement, même, et il savait que Debbie l'avait remarqué. « J'ai cette élève en horreur. Cette situation est aussi difficile pour moi qu'elle le sera pour elle. Malgré mon code moral bancal, je conserve quelques principes, et forcer quelqu'un à s'offrir à vous n'est pas un concept que je tolère. »
Elle leva les yeux au ciel : « Si tu le dis, Severus. » Puis, le regardant à nouveau avec sérieux. « Je vais faire un marché avec toi. »
Ce fut à son tour de pousser un petit rire sans joie : « Non merci. Je pense que j'ai retenu la leçon la première fois. »
« Ne joue pas les mijaurées, veux-tu ? » le contra t-elle sans attendre. « Si tu souhaites vraiment que je n'utilise plus ma persuasion sur Hermione, il va falloir que tu acceptes de me laisser une… alternative. »
« Tu es folle. »
« Qui ne l'ai pas de nos jours ? » sourit-elle.
Il l'observa silencieusement pendant quelques secondes, tentant de peser le pour et le contre. Se demandant surtout ce qu'elle avait en tête.
« Je te préviens, je n'accepterai pas de faire un quelconque serment magique avec toi, » la prévint-il.
« Oh, Severus… » soupira t-elle, semblant presque à bout de patience à présent. Mais cela pouvait également faire parti de son acte. « Veux-tu cesser d'être aussi méfiant, juste une minute ? Quand comprendras-tu que je suis de ton côté ? »
« Debbie, » dit-il en plissant les yeux, comme s'il avait du mal à croire ce qu'elle venait de dire. « Tu m'as fait faire un serment inviolable me forçant à prendre la virginité d'une née moldue. Je crois que j'ai tous les droits d'être méfiant. »
Elle fit une grimace désolée, qui ne semblait pas si sincère que cela. « La jeunesse…on fait tous des erreurs. Comme…devenir serviteur du plus grand mage noir qui ait jamais existé, par exemple. Tu n'as pas besoin de moi pour te causer des ennuis, Severus, tu y arrives très bien tout seul. »
Il ferma brièvement les yeux, son envie de se saisir de sa baguette et de la faire brûler vive devant ses yeux étant revenue avec force. Il ne savait même plus pourquoi il perdait son temps à avoir cette conversation avec elle.
Ah oui. Elle avait obligé…Granger à lui faire un lamentable numéro de séduction, qui avait été plus traumatisant qu'autre chose, au final. Ce qui l'avait obligé lui, à user d'un sort contre cette même élève. La situation était déjà assez compliquée sans qu'il ne doive en plus se demander si Hermione agissait de son plein gré, ou sous les ondes magiques de Debbie. Granger.
GRANGER.
« Que veux-tu ? » demanda t-il enfin, d'un ton qui prouvait à quel point il appréciait de céder à son chantage.
« Je veux que tu me laisses savoir ce que tu as en tête. » répondit-elle immédiatement, et il lui offrit un regard sceptique. « Ne t'en fais pas, je ne suis pas assez stupide pour penser que l'on va redevenir 'meilleurs amis pour la vie' durant les semaines et mois qui vont suivre, nous avons depuis longtemps dépassé ce stade. Mais je veux que tu cesses de me fuir comme la peste et que tu me traites comme si j'étais un ennui de plus dans ta vie… et ne t'avise pas de dire que je suis un ennui de plus dans ta vie. »
Elle avait clairement vu son expression et compris ce qu'il allait dire. Il referma la bouche, soupirant face à la tournure involontaire que prenait les évènements.
« Crois-le ou non, Severus, je peux t'aider. » continua t-elle, son expression étant plus sincère que tout ce qu'il avait vu ce soir là. « Je peux parler à Hermione. Je peux l'aider à réaliser que tu es bien plus que le vampire froid et sans cœur que tu cherches tellement à être aux yeux de tous. »
« Qu'est-ce qui te dis que je vais te croire ? »Lui demanda t-il après un court silence. « Que je vais sincèrement penser que tu peux être dans la même pièce qu'elle sans lui donner des envies soudaines de venir faire un tour dans mes appartements, au milieu de la nuit ? »
« Une chose qui s'appelle ' le contrôle', Severus. » Répliqua t-elle sur le même ton. « Nous savons tous deux que tu connais ce mot, et que tu sais l'utiliser. Tout comme tu ne passes pas ton temps à lire l'esprit de tous les gens qui passent près de toi, je ne suis pas constamment en train de manipuler l'entière population de ce château. »
Il en doutait grandement. A son âge et à son niveau, il était sûr qu'elle le faisait inconsciemment à certains niveaux. Après tout, la totalité des élèves la respectait et ne disait que du bien de ses leçons, et les autres professeurs semblaient à peine remarquer sa présence. Comme si elle était invisible.
Ce qu'elle était loin d'être, malheureusement pour lui.
« Et en quoi cela m'aiderait, exactement, que tu prennes le thé avec Granger ? Tu ne penses pas qu'elle va se méfier, si tu te mets soudain à parler de moi, sans raison valable ? »
« Tu es un homme, Severus. Ne pose pas de questions dont tu ne pourrais pas comprendre les réponses. »
Il poussa un soupire exaspéré, « Ce que tu veux, c'est avoir des séances en tête à tête avec Granger ? »
« Ainsi qu'avec toi, » précisa t-elle avec un hochement de tête.
« Te serais-tu soudainement reconvertie en marieuse ? » demanda t-il de sa voix la plus sarcastique et railleuse.
Au lieu de sourire, elle le regarda avec le plus grand des sérieux, avant de lui répondre : « N'est-ce pas ce que j'ai toujours été ? »
Après tout, si, c'était ce qu'elle avait toujours été. D'abord avec Lily, de si nombreuses années auparavant, et à présent avec Hermione. Granger.
Une part de lui continuait pourtant de penser qu'il ne pouvait pas se permettre de lui faire confiance, qu'il ne savait toujours pas ce qu'elle voulait vraiment dans cette histoire, ou ce qu'elle avait fait de sa vie pendant les vingt années où il l'avait cru morte.
Mais une autre partie de lui -qui ne restait jamais silencieuse bien longtemps, dernièrement, pensait que si elle pouvait l'aider à survivre, il allait bien devoir baisser sa garde, d'une façon où d'une autre.
Il n'était plus à cela près, après tout.
***
Hermione secoua la tête, tentant de reporter son attention sur le livre de Runes qui était ouvert devant elle, calé entre son assiette de gigot et son verre de jus de citrouille.
Etrangement, depuis le match de Quidditch, elle avait un mal fou à se concentrer longtemps sur quelque chose en particulier… encore moins lorsqu'elle essayait de faire plusieurs choses à la fois. Comme de manger son déjeuner tout en tentant de retenir cette page de Runes anciennes, sur lequel elle risquait d'être interrogée le mois prochain.
« Hermione, tu as un bout de patate sur la joue. »
Hermione releva brusquement la tête vers Ron. « Hein ? » Le bout de pomme de terre, qui s'était effectivement trouvé sur son visage, glissa et alla décorer la manche noir de sa robe. Le rouquin poussa un gloussement, secouant la tête d'un air mi-amusé, mi-attendri.
« Tu es vraiment distraite en ce moment, » commenta t-il.
« J'ai mes règles, » répondit-elle sans un instant d'hésitation, se concentrant à nouveau sur son livre de runes, après avoir brièvement nettoyé sa manche « Cela a tendance à me rendre particulièrement irritable et inattentive. »
Comme prévu, sa remarque replongea Ron dans un mutisme spectaculaire, et elle remercia son statue de femme, pour une fois. Elle parvenait encore moins à se concentrer avec Ron qui essayait de démarrer une conversation avec elle, comme cela avait été le cas tout le weekend. « Hermione, tu as vu comment j'ai arrêté le but de Zabini, à telles minutes du match ? Hermione, qu'est-ce que t'as pensé de mon piqué, après que Ginny ait lâché le Souaffle ? Hermione, tu trouves pas que je suis encore plus doué que l'an dernier ? »
Bien sûr, ceci était un peu caricaturale des questions que lui avait posé son meilleur ami à la suite du match de samedi, mais ce n'était pas si éloigné de la vérité.
En toute honnêteté, si Hermione avait répondu vaguement à ses questions, c'était parce qu'elle ne se rappelait pas exactement se qu'il s'était passé durant le match de Quidditch.
Elle se souvenait parfaitement s'être rendue sur le terrain et s'être assise dans les gradins. Elle avait également vu l'altercation qui avait pris place avant le début du match, mais après ça, ses souvenirs étaient…flous.
Pour ne pas dire complètement inexistant.
En vérité, elle n'osait pas avouer –surtout pas aux garçons et à Ginny- qu'elle s'était endormi pendant le match. Elle n'avait presque pas dormi la nuit d'avant, totalement accaparée par ce qu'il s'était passé durant sa leçon d'Occlumancie, et avait effectivement piqué du nez durant le match sanglant qui avait opposé Gryffondor à Serpentard. Elle était revenue à elle juste à temps pour voir Harry attraper le Vif d'Or, scellant le score à 270 contre 90, victoire pour Gryffondor bien sûr.
Mais Harry n'était pas particulièrement satisfait de ce résultat, qu'il trouvait bien trop serré –malgré sont talent, Ron avait laissé passer neufs buts. Sa relative déception ne l'avait pourtant pas empêché de disparaître avec Ginny pendant trois heures après le match. Malheureusement pour le reste de l'équipe, leur capitaine avait ensuite annoncé que le weekend prochain, weekend d'Halloween et également de la première sortie à Prés-Au-Lard, serait passé sur le terrain de Quidditch, pour revoir en détail tout ce qu'ils avaient raté durant ce match.
Hermione, durant ces trois heures, avait été occupée à chercher sa baguette, incapable de croire qu'elle avait pu égarer un objet d'une telle importance. Elle ne se séparait jamais de sa baguette, pas depuis que Harry avait pensé perdre la sienne durant la coupe du monde de Quidditch… et encore moins depuis que Voldemort était de retour et qu'il menaçait de tuer tout et n'importe quoi. Et effectivement, après avoir fouillé la salle commune et les dortoirs dans leurs moindres recoins –garçons et filles, elle avait réalisé qu'elle s'était trouvé dans sa poche tout le long.
Effectivement, elle avait été très distraite ces derniers jours.
Et curieusement, le stress qu'elle avait ressenti sans presque un instant de répit par rapport au changement de comportement de Snape avait complètement disparu. Elle n'arrivait pas à déterminer si cela était du à ce qu'elle avait vu vendredi soir, ou si elle s'était simplement fait une raison.
Tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle osait à présent glisser ses yeux sur la table des professeurs sans angoisser à l'idée de croiser son regard. D'ailleurs, les rares fois où elle l'avait fait aujourd'hui, il ne l'avait jamais regardé. Ce qui en soit était normal…sans vraiment l'être, considérant son attitude la semaine passée. Elle savait que ce nouveau changement de comportement aurait dû la troubler encore davantage, mais à l'heure actuelle, elle s'en fichait un peu.
Etant presque trop détachée, mais qu'importe. Elle voulait vraiment travailler sur ses runes.
Le reste de l'après-midi se déroula sans encombre. Elle aida les garçons à compléter leur devoir de Botanique, qu'ils devaient rendre le lendemain matin bien entendu, après avoir corrigé leur dissertation de Défense Contre les Forces du Mal, qu'ils devaient rendre plus tard dans la journée. Cours qui, comme toujours, se déroula sans aucun évènement particulier, tous les élèves se montrant extrêmement attentif et respectueux envers leur professeur.
Ce ne fut que lorsque la fin des cours fut annoncée par le son de la cloche que les choses se compliquèrent un peu. En effet, alors qu'elle et les garçons passaient devant le bureau du professeur Perfild, cette dernière posa une main douce sur le bras d'Hermione pour retenir son attention.
« Hermione, cela vous dérangerait-il de rester quelques minutes de plus ? » lui demanda t-elle avec sourire chaleureux, auquel Hermione ne put que répondre.
« Non, pas du tout, » puis se tournant vers les garçons, « commencez à manger sans moi. »
Ils se contentèrent d'hocher la tête et de disparaître -ce n'était pas la première fois qu'un professeur demandait à Hermione de rester à la fin d'un cours, et ils savaient pertinemment que ce n'était jamais une mauvaise chose dans ces cas là.
Lorsque la porte se referma enfin sur le dernier élève, Hermione offrit sa mine la plus interrogatrice –mais polie- à la sorcière.
« Je tenais à vous féliciter pour votre travail, miss, » lui dit-elle finalement, s'asseyant sur son bureau. « Ce n'est que ma première année dans l'enseignement, mais j'ai moi-même été élève ici pendant sept ans, et on rencontre rarement des élèves aussi douée que vous. »
Hermione se sentit rougir violemment, empêchant difficilement un sourire flatté d'éclairer son visage. Ce n'était bien sûr un mystère pour personne que Hermione était la meilleure élève de leur promotion, voir du château à l'heure actuelle ; mais si elle apparaissait bien souvent comme pompeuse, avec sa manie de lever tout le temps la main et de donner des réponses parfaites, elle était loin de se sentir aussi sûr d'elle. Elle avait toujours l'impression qu'elle ne faisait pas assez, ou pas assez bien. C'était bien pour cette raison que n'importe quel compliment de la part d'un professeur était toujours extrêmement gratifiant.
Et elle se sentait encore plus contenté à cet instant ; il y avait quelque chose de si agréable dans la façon dont le professeur Perfild lui souriait.
« Merci, » dit-elle d'un ton plus que modeste, replaçant une mèche de cheveux derrière son oreille de façon très clichée.
« Enfin, je suis persuadée qu'on vous fait souvent la remarque. Je me souviens que lorsque j'étais à l'école moi-même, ma meilleure amie était en tête dans toutes les matières, et les professeurs ne tarissaient pas d'éloges à son égard. Mais elle est toujours restée extrêmement modeste. »
La curiosité d'Hermione se retrouva instantanément piquée. « Qui était-ce ? » demanda t-elle sans même y réfléchir, avant de se mettre à nouveau à rougir furieusement, d'embarras cette fois-ci. « Désolée, vous n'êtes pas obligée de répondre à cette question bien entendu… »
Debbie secoua une main l'air de dire 'ce n'est pas grave du tout', toujours souriante : « Je suis sûre que vous avez entendu parler d'elle, connaissant votre meilleur ami. Il s'agissait de Lily Potter, connu à l'époque sous le nom de Lily Evans. »
Hermione la fixa avec un étonnement non dissimilé. Bien sûr, elle avait su que la mère d'Harry était très douée lorsqu'elle était à Poudlard, en particulier après avoir entendu Slughorn le répéter sans cesse durant ses fêtes, l'an passé. Mais jamais elle n'aurait pu imaginer qu'elle et Deborah Perfild ait pu être dans la même classe.
Immédiatement, son esprit étant ce qu'il était, de nouvelles connections se firent sans même qu'elle n'y réfléchisse, mettant les morceaux de puzzle en place.
« Vous étiez dans la même promotion que le professeur Snape, alors ? » A nouveau, sa question était sortie de sa bouche sans un instant de réflexion, et elle plaqua brutalement une main devant sa bouche cette fois-ci, atterrée par son comportement.
« Je suis désolée, » répéta t-elle. « Je ne suis habituellement pas aussi… » Elle allait dire 'curieuse', mais elle savait très bien que cela aurait été un mensonge. La curiosité était sa seconde nature, et elle avait le sentiment que son professeur le savait, à en juger par son sourire compréhensif.
« Il n'y a pas de mal, » la rassura t-elle. « Je me doute que d'entendre parler de vos professeurs à l'époque où ils étaient étudiants eux-mêmes est toujours intriguant. Je me rappelle encore de l'époque où on spéculait continuellement sur une éventuelle histoire d'amour secrète entre le professeur Dumbledore et le professeur McGonagall... ne leur dites pas que j'ai dit ça, bien sûr.»
Hermione ne put empêcher un rire idiot lui échapper à cette remarque, ce qui lui valut de se couvrir à nouveau la bouche.
Perfild se mit un peu plus à l'aise, croisant ses jambes et ses bras, et prenant un air plus conspirateur. Inspirée par son attitude, Hermione s'assit également sur la table la plus proche derrière elle, impatiente d'entendre ce qu'elle avait à dire.
« Severus Snape était également de la même année que nous, effectivement, » commença t-elle, son sourire étant devenu à présent presque nostalgique. « Il était à Serpentard bien sûr, comme vous pouvez vous en doutez, alors que Lily et moi étions à Gryffondor. Beaucoup pourrait croire que de par ce fait, nous ne nous côtoyons que durant les cours communs, mais il n'en était rien. Lily et Severus étaient déjà amis lorsqu'ils ont débuté Poudlard, et leur répartition dans des maisons différentes n'a pas changé grand-chose. Lily et moi sommes très vite devenu amies par la suite, ce qui ma mener à devenir également ami avec lui. »
Hermione était fascinée. Même en ayant vu les souvenirs de Snape, deux jours plus tôt, qui avaient prouvé une relation amicale entre lui et Lily, elle avait du mal à croire qu'ils avaient réellement été aussi proche.
Quand on le voyait à présent, si solitaire et asociale, il était difficile de croire qu'il avait un jour été si proche d'une personne qui était décrite par tous comme ayant été pleine de vie et adorée de tous. Cela dû se lire son visage, car Perfild reprit :
« Beaucoup ne comprenait pas cette amitié bien sûr. La rivalité entre les maisons de Gryffondor et de Serpentard existe depuis la création de cette école, et se perpétue de génération en génération. Mais il y a toujours des exceptions à la règle. C'était vraiment quelque chose de particulier à voir, cela ne faisait aucun doute. » Elle parlait sans plus vraiment la voir à présent, son regard voilé par un défilé de souvenir que Hermione pouvait presque voir de ses propres yeux. « Aucun d'eux n'avait sa langue dans sa poche, et cela menait souvent à des 'discussions explosives', qui ressemblaient beaucoup à des disputes. Lily était extrêmement doué en cours, mais les potions resta leur lieux de compétition principal jusqu'à la fin de nos études. » Elle sourit avec tendresse, se rappelant tous ces cours passés à leur côté. « Le professeur Slughorn adulait Lily, parce qu'elle possédait quelque chose que Severus ne posséderait jamais : la popularité, un chemin tout tracé vers la notoriété, et une capacité à se faire aimé de tous sans même le vouloir.
Severus était un prodige des potions, tout le monde le savait dans notre classe, mais le professeur Slughorn ne l'a jamais vraiment reconnu, du fait de sa personnalité si…à part. » Un rire attendri lui échappa, étant clairement à des années de cette classe à présent. « Je me souviens encore de la tête de Slughorn quand il a remarqué ce que Severus faisait avec son livre de Potions Avancées, l'année après nos BUSES. Il avait pratiquement réécris chaque recette de ce livre, donnant de nombreuses alternatives, raturant et donnant son avis sur chaque ingrédient utilisé. »
« OH !! » s'exclama brusquement Hermione, sortant brutalement son professeur de sa rêverie.
A nouveau, Hermione n'aurait habituellement jamais réagit aussi vivement devant un professeur, ou pour ce genre de raison, mais ce soir, c'était comme si elle n'avait plus aucune inhibition.
Devant l'air plus qu'interrogateur de Perfild, Hermione expliqua avec ferveur : « Je connais ce livre !! Harry l'a utilisé toute l'année passée ! Il était le meilleur de la classe à chaque leçon, et le professeur Slughorn était subjugué par son 'supposé' talent. J'adore Harry, ne me méprenez pas, mais si vous aviez été son partenaire de potions pendant les cinq années précédentes, vous auriez compris pourquoi cette situation était à la fois risible et agaçante. »
Perfild sourit et hocha la tête, comprenant parfaitement ce qu'elle voulait dire. Puis, Hermione fronça les sourcils, se souvenant soudain de la raison pour laquelle Harry s'était brusquement débarrassé de son livre de potions.
« Le professeur Snape n'a pas fait que de réécrire les recettes dans son livre…il y avait également de nouveaux sortilèges à l'intérieur, qu'il avait de toute évidence inventé, et certains étaient bien trop avancés et penchés vers la magie noir pour avoir leur place dans un livre de potions de Poudlard. » Son ton était redevenu plus froid, se souvenant de l'air ébahi et sous le choc de Harry, alors qu'il était couvert de sang, après l'altercation avec Malfoy.
L'expression du professeur s'était également assombrie légèrement, et elle baissa légèrement la tête, comme pour accepter les réprimandes silencieuses de son élève. « Son côté associable n'était pas l'unique raison de son manque de popularité. Il était fasciné par les forces du mal, et était très doué dans leur pratique. Cela ne me choque pas vraiment d'apprendre que vous avez lu des choses aussi sombres dans son livre ; il l'utilisait vraiment pour tout, y ajoutant même des pages secrètes que personnes à part lui ne pouvait lire. Bien entendu, il ne s'est jamais séparé de son livre assez longtemps pour laisser l'occasion à qui que se soit de chercher à dénicher ses secrets. »
Le silence s'installa entre elles après qu'elle eu fini de parler, mais ce silence n'était pas particulièrement lourd et désagréable. Hermione, plongée dans ses pensées, avaient à peine remarqué le fait que son professeur ne parlait plus, ou qu'elle la fixait à présent avec une intensité un peu trop déplacée.
« Enfin, tout ceci est de l'histoire ancienne, » finit-elle par dire d'un ton qui annonçait clairement la fin de cette conversion, secourant à nouveau la main. Puis, fixant Hermione dans les yeux avec le plus grand des sérieux, elle ajouta: « Cela va de soit que vous ne raconterez pas ce que je vous ai dis sur le professeur Snape à qui que ce soit, en particulier au principal intéressé. »
Hermione ne put retenir un rire sans joie de lui échapper, faisant une grimace sceptique : « A moins que j'ai soudainement des envies suicidaires, non, vous pouvez me faire confiance, il n'en saura rien. »
Elle pensa brièvement à son prochain cours d'Occlumancie, au fait qu'il pourrait le découvrir sans lui laisser le choix, mais étrangement, cette idée ne l'angoissa pas plus que ça. Cette discussion, bien que particulière et inhabituelle, lui donnait un sentiment de confiance particulier.
« Bien, » conclu Perfild d'une voix satisfaite, se relevant et se dirigeant vers la porte. « N'allez pas croire que je discute de la vie passée des professeurs avec tous les élèves, Hermione. Vous êtes extrêmement intelligente, et de toute évidence très mature pour votre âge, je sais que vous utiliserez ces informations à bon escient. »
Hermione ne réalisa même pas à quel point cette dernière remarque était étrange ; tout ce qu'elle pensait à cet instant, c'était à quel point elle avait faim et qu'elle était impatiente de retrouver la Grande Salle. Elle remercia donc son professeur et lui souhaita une bonne soirée, avant de sortir dans le couloir.
Alors qu'elle se dirigeait vers la Grande Salle d'un pas léger et insouciant, elle pensa qu'elle avait bien envie de jeter un nouveau coup d'œil au livre du Prince de Sang-Mêlé, après tout.
***
« Tu dois bien avoir une idée d'où il se trouve, non ? » insista Hermione, pour ce qui semblait être la dixième fois de la soirée.
Harry, assit de l'autre côté de la table dans leur salle commune, soupirant pour la dixième fois : « Hermione…tu sais que tu es vraiment exaspérante aujourd'hui ? Tu t'es comportée de façon étrange toute la soirée.»
Ron, assis à ses côtés, lui lança un regard appuyé, secouant discrètement la tête : « Crois-moi, tu ne veux pas savoir pourquoi elle est comme ça ces jours-ci »
Hermione leva les yeux au ciel, avant de lancer un regard exaspéré à Ron : « Ronald, si tu as l'intention de te marier un jour et d'avoir des enfants, il va bien falloir que tu t'habitues au cycle menstruelle des femmes. »
A ces mots, les oreilles du rouquin prirent la même couleur que ses cheveux, et il reporta instantanément toute son attention sur son devoir de botanique. Ginny, elle, éclata de rire, avant de tapoter le dos de Harry avec fierté. « Mon petit ami a déjà tout compris, je suis très fière de lui. Je pense qu'il ne s'appelle pas le Survivant pour rien, après m'avoir supporté durant mes règles. »
« Oh, par pitié, arrêteeeeez… » gémit Ron, le visage à présent pressé contre sa copie.
Harry avait lui aussi prit un teint nettement plus rosé, mais il semblait tolérer le sujet de discussion mieux que son meilleur ami ; il secoua la tête d'un air résolu, préférant ne rien dire.
Ginny avait de toute évidence dit vrai, Harry était un Survivant, et il comprenait qu'il était intelligent de se taire lorsque le sexe féminin se mettait à parler de leurs hormones et de leurs problèmes mensuels.
Mais Hermione n'avait pas oublié le sujet initial de cette discussion.
« Harry. Tu as toi-même déposé le livre dans la salle des Objets Perdus, tu dois bien avoir une vague idée d'où il se trouve, » continua t-elle d'insister.
« Le but en le cachant dans cette salle était de s'assurer que personne ne puisse le retrouver, » répliqua Harry d'un ton las. « Surtout pas Snape. Et je te rappelle que ce jour-là, je venais de vider Malfoy de trois litres de son sang sans le vouloir, et malgré mes sentiments plus que négatifs à son égard, cela ne m'avait pas vraiment réussi. »
« Réfléchi. » Lui dit-elle d'une voix sans appel. « Si je ne retrouve pas ce livre, Snape va me mettre en retenue jusqu'à la fin de l'année. »
Hermione était par principe opposée au mensonge. Elle détestait qu'on lui mente, et suivant le même raisonnement, elle ne voulait pas mentir aux autres, en particulier à ses meilleurs amis.
Mais y être opposé ne voulait pas dire qu'elle ne savait pas mentir, au contraire. Elle n'était pas la plus douée dans ce domaine, mais elle savait se débrouiller quand il le fallait.
Et raconter à ses amis que Snape avait vu un souvenir de l'an passé dans lequel elle lisait son livre de potions avait été l'idée la plus plausible qui lui était venu durant le diné.
Apparemment, Snape n'aurait pas du tout apprécié le fait que son livre se soit retrouvé entre les mains du Trio, et voulait le récupérer expressément.
Si un des garçons lui avait fait cette remarque, elle les aurait immédiatement contré en leur disant que cela n'avait aucun sens ; après ce qu'il s'était passé avec Malfoy, Snape avait clairement compris qu'il s'agissait de son livre, ou il n'aurait pas autant insisté à le récupérer, ce jour-là où Harry avait dû le cacher. Mais à nouveau, Harry et Ron ne raisonnaient pas comme elle, et de ce fait, ils n'y avaient vu que du feu.
Malheureusement, Harry se montrait peu coopératif concernant sa récupération.
Mais il ne voulait clairement pas que Hermione ait des soucis supplémentaires avec Snape à cause de son obstination à garder le silence concernant l'emplacement du livre. Elle se sentit vaguement coupable, d'utiliser ainsi sa loyauté à des fins totalement personnelles, mais elle ne s'en voulu pas trop longtemps.
Elle ne savait même pas vraiment pourquoi elle avait tellement envie de trouver ce bouquin, mais elle le devait.
Elle le devait.
C'était simplement un autre défi qui lui avait été offert sur un plateau d'argent, et elle ne pouvait rien faire pour y résister.
Harry finit par pousser un lourd soupir vaincu après une nouvelle minute de silence, et Hermione lui offrit son plus beau sourire.
***
C'était la première fois de l'année qu'Hermione utilisait son statut de Préfète-en-Chef pour déroger au règlement... si on pouvait considérer sa présence dans le couloir du septième étage comme étant une infraction.
Il était vrai que les élèves n'étaient pas sensés se trouver hors de leur lit ou de leur salle commune après le couvre-feu, mais son obligation à patrouiller dans les couloirs lui assurait une immunité presque totale.
Elle passa donc trois fois devant le mur nu, pensant avec force à la salle qui se trouvait cachée quelque part dans le château, remplie de ces objets si extraordinaires parce qu'ils avaient été si compromettant pour leurs propriétaires.
Comme prévu, la porte apparue devant ses yeux après son troisième passage.
Hermione l'ouvrit sans un instant d'hésitation, puis la referma rapidement derrière elle. Lorsqu'elle posa enfin son regard sur ce qui l'entourait, sa bouche s'ouvrit sous le choc. Harry lui avait –finalement- raconté ce qu'il avait vu en détail, mais de le voir de ses propres yeux, c'était incroyable.
Elle avança lentement, glissant son regard sur les rayons qui semblaient s'étendre à l'infini dans cette salle plus grande qu'une cathédrale. Il y avait de tout, vraiment de tout. Un nombre si imposant de bouquins que Hermione aurait eu de la lecture jusqu'à la fin de sa vie, et plus encore. Alors que son regard passait sur tous ces objets, elle se demanda se qui avait poussé ces élèves à cacher ces livres dans cette salle.
A sa droite, il y avait un chaudron à première vu neuf ; pourquoi ce chaudron devait-il absolument être déposé ici en secret ? Ou encore cette plume antique, sur une étagère à sa gauche ? Il y avait bien sûr des objets beaucoup plus nuisibles, comme les nombreuses bouteilles d'alcool en tout genre qu'elle pouvait voir sur les étagères et au sol… ou encore quelque chose ressemblant à des chaînes, qui ne devaient pas avoir été utilisées dans le bureau de Rusard.
Hermione était subjuguée, tous ses sens en alerte, et sa curiosité piquée à son maximum. Elle avait envie de regarder tous ces objets les uns après les autres et de découvrir les secrets qui se cachaient derrière leur présence dans cette pièce. Mais ce n'était pas la raison principale de sa venue, et elle le savait.
De façon surprenante, elle trouva rapidement le chemin que lui avait difficilement décris Harry -qui avait en toute sincérité eu du mal à se rappeler où il avait caché le livre. Après avoir erré pendant plus dix minutes entre les allées, elle finit par trouver l'objet que Harry avait décrit avec le plus de détails.
Il s'agissait d'un diadème, qui bien qu'ayant pris la poussière, conservait une beauté certaine. Il lui semblait étrangement familier, comme si elle l'avait déjà vu quelque part. Mais elle pouvait très bien avoir vu une gravure d'un diadème similaire dans l'un des livres qu'elle avait lu, et des livres, elle en avait lu des centaines.
Fixant l'objet, Hermione ressentit soudain une irrésistible envie de le soulever du buste sur lequel il reposait, et de le poser sur sa tête –dans le simple but d'imaginer ce que cela faisait de pouvoir porter un tel bijou. Mais elle s'abstint au final, se forçant à reporter ses pensées sur ce qu'elle recherchait.
Elle ouvrit donc l'armoire qui se trouvait en face d'elle, et moins d'une minute plus tard, elle tenait le livre du Prince de Sang-Mêlé entre ses doigts.
Silencieuse et pensive, elle glissa une main sur sa couverture pour effacer la légère couche de poussière qui s'y était déjà déposé durant ces quelques mois. Elle l'ouvrit à une page aléatoire, et comme elle s'en souvenait, les deux pages étaient noircies d'annotations en tout genre.
Alors qu'elle passait son doigt sur les lignes raturées du manuel, et observait les marges remplies de pensées parfois très aléatoires voire incohérentes, Hermione se demanda comment elle n'avait pas pu réaliser qu'il s'agissait de Snape la première fois qu'elle avait posé les yeux sur ce livres, l'an dernier. L'écriture était minuscule, en patte d'araignée, mais soignée et méticuleuse, ce qui l'avait mené à penser que son propriétaire était une fille à l'époque.
Mais à présent, elle pouvait reconnaître l'écriture bien particulière du professeur Snape, seulement légèrement modifiée par vingt années passées à corriger des copies.
Etrangement satisfaite, elle finit par ranger le livre dans son sac, avant de prendre la direction de la sortie… non pas sans avoir lancé un dernier regard intrigué vers le diadème.
***
« Miss Granger! » S'exclama une voix près de sa table. « Quelle surprise de vous voir ici sans vos amis. »
Hermione, qui avait été complètement plongée dans ses pensées, avala presque sa gorgée de Bièraubeurre de travers en relevant la tête vers le professeur McGonagall. Cette dernière venait de toute évidence de rentrer dans le pub, et lui offrait à présent un sourire sincère, bien qu'un peu incrédule.
Effectivement, Hermione attablée au Trois Balais sans aucun des garçons à ses côtés était quelque chose d'extrêmement rare.
« Bonjour, professeur. » S'empressa t-elle de répondre une fois que sa boisson fut descendue dans sa gorge. « Harry et Ron sont restés au château pour leur entraînement de Quidditch. »
« Ahh, » sourit McGonagall. Ce n'était un mystère pour personne que le professeur de Métamorphose était une fan acharnée de l'équipe de Gryffondor. Mais elle secoua cependant doucement la tête, sans se démunir de son sourire : « Cela m'aurait beaucoup plus étonné si vous m'aviez dit que messieurs Potter et Weasley avaient décidé de passer l'après-midi à étudier à la bibliothèque. »
Hermione rit doucement et avec sincérité, hochant la tête d'un air résigné qui voulait tout dire : « Leurs priorités ne m'étonnent plus vraiment. »
« Tant que vous continuez à les forcer à travailler et ne les laisser pas copier vos notes trop souvent, je ne me fais pas trop de soucis. Bonne après-midi, Hermione. »
« A vous aussi, professeur. » Répondit-elle poliment, avant que McGonagall ne s'éloigne de sa table.
Hermione reporta donc son attention sur sa Bièraubeurre presque vide, en reprenant une gorgée. Et rapidement, ses pensées recommencèrent à dériver.
Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle avait décidé de descendre au village malgré l'absence de ses amis ; après toutes ces années, elle connaissait les rues et les boutiques sur le bout des doigts, et les lieux n'étaient plus vraiment attirants. Mais elle n'avait pas voulu resté enfermé au château, préférant profiter de ce dernier jour d'Octobre, qui était sans l'ombre d'un doute également un des derniers jours de beau temps de l'automne. Elle avait également apprécié la perspective d'une après-midi passée seule avec ses pensées, sans rien ni personne pour l'empêcher de réfléchir convenablement.
Car elle devait avouer qu'aujourd'hui, ses pensées se retournaient constamment vers sa dernière leçon d'Occlumancie, qu'elle avait eu la veille. Des trois cours qu'elle avait eues jusqu'à présent, celui-ci avait de loin été le plus calme et le moins angoissant. Premièrement, cela venait du fait qu'elle n'était pas arrivée stressée et au bord de la crise de nerfs. Elle s'était vraiment calmée concernant l'attitude de Snape, et la curiosité qu'elle ressentait en ce qui le concernait y était pour beaucoup.
Elle avait passé beaucoup trop de temps à feuilleter son ancien livre de potions durant les jours qui avaient précédé sa leçon –en secret, se demandant si elle parviendrait un jour à dévoiler un des secrets qui y étaient enfouis –selon Deborah Perfild. Elle n'avait pas activement tenté de dévoiler quoi que ce soit en vérité. Majoritairement, elle s'était contentée de lire les inscriptions, les mots prenant un sens particulier maintenant qu'elle savait qu'il s'agissait du Maître de Potions.
L'an passé, elle avait été tellement obnubilée par le fait que Harry la battait à plate couture en Potions, qu'elle avait à tout prix cherché à prouver que ce livre était malsain. Elle était passée à côté de tellement de choses, choses qui avaient sans aucun doute subjugué Harry à l'époque. Rien que cette manie de tout réécrire à sa façon, améliorant les potions et leurs préparations de façons remarquables, sans se soucier de l'avis des autres –encore moins de celui de l'auteur du livre… cela en disait plus sur la personnalité de Severus Snape que son attitude au cours de ces sept dernières années n'avait pu le faire.
La veille, ce dernier s'était montré étonnamment aimable durant leur leçon. 'Aimable' était peut-être un grand mot, mais il n'avait été ni sadique, ni exagérément courtois, comme il l'avait été la semaine passée. Il lui avait à nouveau posé des questions sur ses exercices personnels, et lui avait donné quelques conseils.
A trois reprises, il avait pénétré son esprit, et à chaque tentative, elle s'était opposée à lui avec force, utilisant toute sa volonté. Sans son stresse constant, il était tellement plus facile de se concentrer. A chaque fois, il était bien entendu parvenu à passer ses défenses, mais contrairement aux fois précédentes, il ne s'était pas attardé dans sa tête ; il n'avait même pas laissé un seul souvenir se dévoiler.
Ce changement l'avait surpris, mais elle avait été silencieusement reconnaissante. Car c'était ce qui l'avait tellement angoissée dans le passé, cette peur qu'il puisse voir ses souvenirs les plus intimes, ceux qu'elle ne voulait partager avec personne, pas même avec elle-même parfois. Il n'avait à aucun moment cherché à lui faire revivre des moments douloureux de sa vie, n'avait pas posé de questions ou fait une quelconque remarque, à l'exception de celles concernant l'Occlumancie en elle-même.
Grâce à cette étrange clémence, elle ne s'était pas retrouvée au sol une seule fois, n'avait même pas bougé de sa position initiale. Il lui avait donné des conseils pour améliorer ses défenses après chaque essai, et à sa troisième tentative, il avait vraiment dû forcer pour briser sa barrière mentale.
Après ce début de succès, il lui avait dit qu'elle pouvait partir. Perplexe, elle lui avait demandé pourquoi elle ne pouvait pas essayer une nouvelle fois –comme toujours, ce sentiment de réussite la rendait très ambitieuse. Il avait levé un sourcil inquisiteur, et elle s'était empressée de préciser qu'elle n'était pas encore épuisée et qu'elle voulait continuer à faire des progrès.
« Même si vous ne le réalisez pas encore, vous avez épuisé pratiquement la totalité de votre force mentale, » avait-il simplement répondu. « Cela serait inutile de continuer si vous me laissez entrer dans votre tête sans plus aucune résistance. »
Puis, comme à son habitude, il s'était détourné d'elle sans un mot de plus ; le signal était clair. Elle était sortie en silence, toujours extrêmement satisfaite malgré cette fin abrupte.
De la même façon, les cours de potions s'étaient déroulés sans un aucun incident. Elle avait récolté un Acceptable à son devoir –pourtant parfait, elle le savait, ainsi qu'un E à sa potion réalisée la semaine passée. Elle avait hésité à lever la main au début lorsqu'il posa des questions, avant de finalement céder à ce vieux réflexe. Il l'avait en retour royalement ignoré, semblant lui aussi être incapable de résister à ce vieux réflexe.
Un bruyant éclat de rire plus loin dans la salle sortie Hermione de ses pensées ; encore une fois, elle s'était complètement déconnecté de la réalité, plongé dans ses souvenirs. Elle secoua doucement la tête, comme si cela allait réellement éclaircir ses esprits, avant de jeter un coup d'œil à sa montre. Elle décida qu'elle avait passé assez de temps à l'intérieur, et qu'il était temps d'aller faire un tour vers la Cabane Hurlante –une autre veille habitude dure à ignorer.
Lorsqu'elle sortie, l'air froid l'engloba immédiatement malgré le ciel toujours bleu, mais la température avait été beaucoup plus élevée à l'intérieur du pub. Elle resserra sa cape autour d'elle, enfouissant son visage dans le col de son pull en laine, gardant son regard fixé sur ses pieds. Elle connaissait le raccourci vers la Cabane par cœur, et avait à peine besoin de regarder où elle allait.
Bien que la faisant grelotter légèrement, l'air froid avait vraiment fini d'éclaircir ses idées. La vérité était qu'elle se sentait bien, même très bien. Et de façon paradoxale, cela la troublait.
Elle qui avait été si angoissée une semaine plus tôt, non seulement par son travail scolaire, mais surtout par la Guerre et Voldemort, qui était étrangement silencieux, par les Horcruxes, qui étaient toujours cachés et hors d'atteinte, et également par Snape, bien entendu. Snape et son comportement…
Mais aucun de ces soucis ne l'avait angoissé durant la semaine qui venait de s'écouler, et c'était tout simplement inhabituel. Si elle était honnête avec elle-même, elle se devait de reconnaître que sa difficulté à se concentrer en début de semaine avait été presque suspicieuse ; elle reprenait vraiment tous ses sens aujourd'hui, et cela lui apparaissait comme une évidence à présent. Elle n'avait pourtant rien fait qui puisse provoquer ce genre de réaction. Elle n'avait rien bu de suspect, et elle doutait fortement qu'elle soit sous l'emprise d'un sortilège quelconque. Qui aurait bien pu vouloir la mettre sous leur emprise de toute fa-
Elle sortie soudainement de ses pensées lorsqu'elle sentit une main agripper son bras avec force, avant qu'elle ne soit brutalement tirée sur le côté, entraînée dans l'allée sombre qu'elle venait tout juste de dépasser.
Malgré son intense surprise, elle essaya instantanément de plonger sa main dans sa poche pour récupérer sa baguette, mais derrière elle, son assaillant avait déjà passé un bras dur et musclé autour d'elle, bloquant totalement ses bras, et son autre main vint recouvrir sa bouche, étouffant son cri de détresse.
« Chhhhhh, petite sang de bourbe… » murmura alors une voix rauque dans son oreille, et sa peur augmenta de façon remarquable. La voix lui semblait familière, mais elle était incapable de se rappeler à qui à elle appartenait. Ce dont elle était sûre sans un soupçon de doute, cependant, c'était qu'elle appartenait à un Mangemort.
Moins de trente secondes plus tard, après qu'il l'eut entraînée encore plus profondément dans l'allée, il l'a retourna et la plaqua violemment au mur. Malgré la douleur qui transperça son dos, elle confirma immédiatement l'identité de son agresseur.
Macnair.
Une de ses mains à nouveau plaquée contre sa bouche, elle était dans l'incapacité totale de faire savoir sa présence. Il l'écrasait à l'aide de son propre corps, empêchant tout mouvement. Tout ce qu'elle pouvait faire, c'était le fixer avec des yeux exorbités par l'horreur et la peur.
« Harry Potter devrait savoir qu'il n'est pas prudent de laisser ses amis vagabonder hors de Poudlard sans protection, » rigola t-il. Son visage n'était qu'à quelques centimètres du sien, et son souffle chaud et putride contre sa joue provoqua une violente vague de dégout en elle, suivit par un hoquet de nausée qui la souleva. Mais il la maintenait avec tellement de force contre le mur qu'elle bougea à peine. « En particulier quand il s'agit d'une vermine comme toi, » grogna t-il, avant d'éloigner son visage assez longtemps pour cracher au sol.
Dans la grande majorité des cas, un sorcier ou sorcière dénué de leur baguette dans ce genre de situation se retrouvait totalement impuissant, incapable de penser à un moyen de se libérer sans l'aide de la magie.
Mais Hermione, en plus d'être extrêmement vive d'esprit et intelligente, était effectivement une 'Sang-de-Bourbe.' Et de ce fait, elle avait vécu les douze premières années de sa vie complètement immergée dans le monde des moldus.
Elle était une sorcière au plus profond de son âme, et la moindre fibre de son corps était habituée par la magie ; mais elle était également moldue, et ce depuis sa plus tendre enfance.
Alors, oubliant sa panique, ou plutôt l'utilisant pour augmenter ses gestes, elle releva sa jambe de toutes ses forces, comme elle l'avait vu si souvent dans les films. Son genou alla durement écraser la partie la plus sensible du corps masculin, qui était présente chez sorciers et moldus.
Cela eu l'effet escompter ; le Mangemort se recroquevilla instinctivement sur lui-même, juste assez longtemps pour qu'elle se libère de sa poigne et cherche à se mettre à courir. Mais elle avait à peine fait un mètre qu'il l'avait agrippé furieusement par les cheveux, l'attirant à nouveau à lui avec tellement de force qu'elle ne pu retenir un cri perçant, mélange de douleur et de terreur.
Avant qu'elle n'ait pu comprendre ce qu'il se passait, elle était au sol, ses deux mains bloquées au-dessus de sa tête, alors qu'il s'était assis sur ses jambes, l'écrasant de façon insupportable et l'empêchant à nouveau de bouger. Elle rouvrit à nouveau la bouche pour hurler, hurler à plein poumons pour que quelqu'un vienne la sortir de cet enfer, mais rien ne sorti de sa bouche.
Elle réalisa alors qu'il lui avait lancé un sortilège de silence sans qu'elle ne s'en rende compte, et cette fois-ci, la terreur explosa en elle de façon démesurer. Personne ne l'entendrait, elle était bloquée au sol, avec un Mangemort fou de rage au-dessus d'elle.
Elle tenta de se débattre, tenta de toutes ses forces, l'adrénaline fusant à toute vitesse dans ses veines, mais c'était inutile, complètement inutile. Tous ces efforts étaient vains.
Il fit alors quelque chose qui la fit stopper tout mouvement. Il cracha à nouveau.
Sauf que cette fois-ci, il cracha directement sur son visage, un dégout profond déformant ses traits déjà haineux.
Hermione avait souvent été insultée au cours de sa vie à Poudlard, depuis ce jour en deuxième année quand Malfoy l'avait traité de 'Sang-de-Bourbe'. Ron en avait été si furieux qu'il s'en était rendu malade. Elle avait appris à ne plus faire attention à ce genre de remarque, même si ce n'était bien sûr jamais agréable.
Mais jamais elle ne s'était sentie aussi rabaissée qu'à ce moment, alors qu'elle pouvait sentir le liquide visqueux glisser le long de sa joue.
« Quand mon Maître régnera, toutes les sous-races dans ton genre finiront torturées, violées et tuées, » pesta t-il avec un dédain insupportable, ses yeux remplis de folie et d'écœurement. Puis, il approcha à nouveau son visage du sien, si près qu'elle pouvait voir chaque imperfection sur sa peau graisseuse. « Et c'est exactement ce que je vais te faire, sale petite sang de bourbe. Mais au lieu de te tuer, je vais te laisser en vie, juste assez longtemps pour que tu ailles raconter à Potter ce que je t'ai fais. Pendant ce temps, j'irais m'occuper de tes parents. »
Il ricana en voyant ses yeux s'écarquillés encore plus, alors qu'elle secouant violemment la tête, un des seuls mouvements qu'elle pouvait encore faire. « Ne t'en fais pas, je m'occuperais bien d'eux, en particulier de ta mère. Je laisserais ton père regarder, bien sûr. Et quand j'en aurais fini, je les rendrais fous, les tuerais, et t'enverrais leurs cadavres. » Il s'approcha encore plus, avant de lécher sa joue, celle qui avait été jusqu'à présent dénué de salive, et souffla dans son oreille : « Où que tu ailles, après ça, quoi que tu fasses, je te retrouverai. Et sois en sûre, je finirai ce que je vais commencer aujourd'hui. »
Incapable pour faire quoi que ce soit pour se libérer, tous ses membres tendus et tremblant d'une telle façon qu'ils en étaient douloureux, Hermione ferma les yeux. Elle savait qu'il pensait chaque mot qu'il venait de lui dire, et qu'il les mettrait en exécution sans un instant d'hésitation.
Elle avait toujours su qu'être la meilleure amie de Harry Potter aurait un jour des conséquences désastreuses. Elle s'était dit que cela faisait malheureusement 'parti du jeu'. Pensées tellement stupides, tellement insupportable à cet instant. Malgré tout, elle avait toujours été prête à en assumer les conséquences. Parce que c'était sa décision, sa responsabilité.
Mais pas ses parents. Pitié, pas ses parents.
Si elle en avait eu la capacité à cet instant, elle aurait été prête à le supplier de les laisser hors de tout ça. Elle savait pertinemment que ce genre de comportement ne ferait que renforcer le plaisir malsain de ce fou, mais elle s'en fichait. Elle l'aurait supplié, elle l'aurait supplié.
Mais elle ne pouvait rien faire, rien faire à part sentir ses mains sur son corps, entendre ses robes se déchirer, entendre sa respiration rauque et excitée. Elle était complètement impuissante et sans espoir.
Alors, silencieusement, elle commença à pleurer.
***
*l'auteur espère que vous êtes toujours en vie*
N/A : Aaaaaaah, un bon vieux cliffhanger comme vous les aimez tous XDDDD Enfin, moi je les adore en tout cas, mouhahaha ! *sadique*
Bon, après ce looooooong chapitre, nous allons abandonner Hermione dans son allée avec Macnair, et espérer que quelqu'un va l'aider :p (et que je ne sois pas trop sadique)
La suite devrait arriver beaucoup plus rapidement :) Le prochain chapitre est prêt, il a juste besoin d'un peu de correction, ce qui devrait être facile, ma motivation étant de retour ^^
Concernant ce chapitre : Si vous vous demandez pourquoi j'ai ramené le livre de Potions de Sevy, vous le saurez plus tard (beaucoup plus tard). Vous serez également heureux d'apprendre –je n'en doute pas- que j'expliquerai d'où vient Debbie et surtout ce qu'elle va devenir XD
Pardonnez moi aussi les délires passagers dans ce chapitre, je blâme les circonstances dans lesquelles il a été écrit XD Quelqu'un a vu mon clin d'œil débile à 'La Cité de la Peur' ? (un cookie à celui qui trouve XD)
Allez, poutous !!! Et envoyez des reviews, ça aidera beaucoup Hermione :D *tellement heureuse d'être sadique*
