A l'approche de la nuit
Disclaimer: Je malmène encore ces pauvres personnages, mais ils ne m'appartiennent pas, étant l'entière propriété de J.K. Rowling.
Pairing: Hermione Granger / Severus Snape, mais je m'autorise quelques dérives ^^
Rating : T, mais au vu des idées qui remplissent mon esprit tordu, cela à te fortes chances de passer au M !
Note de l'auteur : Coucou tout le monde ! ^^ Oui, bon, je n'arrive toujours pas être ultra rapide concernant la mise à jour de cette histoire, désolée, mais j'ai tout de même été plus rapide que la dernière fois XD Et puis en toute sincérité, cette période de fête à été EXTREMEMENT chargé X_X Mais j'ai bon espoir que je vais continuer à m'améliorer ^^
Je tenais à vous remercier du fond du cœur pour toutes vos reviews ! Vous m'avez vraiment rendu très heureuse (comme toujours, je remarque que les gens reviews beaucoup plus lorsqu'Hermione est maltraitée mdr).
J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira. J'ai personnellement pris énormément de plaisir à travailler dessus :)
Sandra, merci BEAUCOUP pour ton travail de béta !!! Tu as l'œil pour dénicher mes franglais XD
RaR :
Randam : Merci à toi ! :D Et voilà ton cookie *tend un gros cookie virtuel, mais délicieux* Vive la Cité de la Peur XDDD
Sandra : Je comprends tout à fait pourquoi tu ne supportes pas Debbie…malheureusement, elle m'est bien utile, donc elle reste mdr Ne t'en fais pas, les interactions Hermione/Severus vont très vite devenir indépendantes de ses actions, cependant XD Et libère Sevy, Hermione a besoin de lui !! MDR XD Merci pour tout !
Justabook : Merci beaucoup :D Tu vois, encore un chapitre bien long, j'espère que tu l'apprécieras ^^
Poussinette : Je pense que le début de ce chapitre va te plaire, au vu de tes désirs XD Un petit indice aussi : mes clins d'œil sont souvent plus que de simples clins d'œil *sifflote* Un gros merci à toi pour ta review, pour tes emails, et encore désolée pour l'attente !
Eileen19 : Merci beaucoup pour ta review, comme toujours ! :D Même si je suis désolée de t'avoir laissé sur cette note négative pendant 3 semaines *s'auto-flagelle* Cette suite devrait te contenter, je pense ;-)
Maude : Un gros merci pour ta review, miss ! :D Par contre, je ne suis pas sûr d'avoir tout compris, en particulier ta dernière remarque : « Euh...je comprends ** all pas Hermione...mais bon j'imagine que tu vas m'expliquer! » Je serais heureuse de t'expliquer…si je savais de quoi tu parlais LOL ^^ Concernant les longueurs, je sais que j'ai tendance à en faire et à trop blablater parfois, et vraiment, je fais des efforts ! :D Sinon, vous auriez des chapitres de 50 pages mdr Merci en tout cas, j'apprécie vraiment les critiques sensés comme les tiennes, qui me poussent à améliorer mon style ;)
Sophie : Vraiment merci pour ta review :) Tu pouvais parier, effectivement, je pense que tu aurais gagné une belle somme XD Ta remarque concernant le diadème m'a donné un sourire tout à fait stupide (pour ne pas dire débile), parce que…non, je ne dirais rien, tu verras :D Je te dirais simplement la même chose qu'à Poussinette un peu plus haut : mes clins d'œil sont rarement que des clins d'œil *haha*
Superfan : Que dire à part : Merci ! Merci ! Merci ! Merci ! Merci ! Merci ! :D
Khalie : Merci pour ta review ! :D Comme toujours, ça me fait très plaisir de savoir que tu as apprécié ^^ J'avoue avoir pris beaucoup de plaisir à écrire la scène dont tu parles…je suis normalement beaucoup plus dans mon élément dans les descriptions et pensées internes, mais je me rends compte que j'adore écrire les 'disputes' et confrontations verbales XD Ecrire Severus est tout simplement un vrai plaisir ! Mais ça tu dois le savoir ;) Ne te fais pas trop de soucis pour lui, je pense qu'il a réellement retenu sa leçon :D
Chapitre Neuf : L'Ange Noir
Ce n'était un mystère pour personne que Severus Snape n'aimait pas enseigner. La façon pour la moins cruelle dont il traitait la totalité de ses étudiants en était une preuve plutôt convaincante. Seuls les élèves de Serpentards se retrouvaient majoritairement épargnés, simplement parce qu'il était directeur de leur maison…et qu'il prenait un plaisir presque sadique à faire rager Minerva dès qu'il le pouvait, en vidant le sablier des Gryffondors tout en remplissant celui des Serpentards.
Il n'avait certainement pas choisit cette carrière par amour, même si sa réelle passion pour les potions lui permettait de tolérer les interminables heures de cours. Lorsqu'il avait rejoint 'le camp de Dumbledore', tellement d'années auparavant, devenir professeur à Poudlard avait été logique, et initialement temporaire. Il avait été un double espion déjà à cette époque, et être en contact constant avec Dumbledore avait été capital.
Puis Lily était morte, et il avait perdu toute envie de faire quoi que ce soit.
Alors il avait continué à enseigner. Devenant sans l'ombre d'un doute le professeur le plus redouté des étudiants au fil des ans, sa mauvaise réputation se transmettant de génération en génération ; pendant quelques années creuses, il en était même presque venu à apprécier ce titre de 'sadique graisseux'.
Jusqu'à ce que Potter junior débarque, sosie conforme de son exécrable père, autant dans sa façon d'agir que dans son physique…à l'exception de ses yeux.
Ses satanés yeux qui lui rappelaient sans cesse qu'il avait causé la mort de Lily, que son idiotie avait entraîné son meurtre, et l'avait par conséquent condamné à accepter l'offre de Dumbledore.
'Protéger le garçon.'
Bien trop souvent, Severus avait le sentiment que le Directeur ne réalisait pas à quel point cela lui coutait de respecter cet accord. Car il n'aurait eu aucun scrupule à laisser le gamin tomber de son balais durant sa première année, ou encore à le laisser entre les mains des Mangemorts au Ministère, deux ans plus tôt. La haine qu'il ressentait envers Potter était complètement réciproque, et il savait parfaitement qu'aucune confiance n'existerait jamais entre eux.
Mais il avait promis. Après la mort de sa mère, après la mort de Lily, il avait promis qu'il protégerait la vie du garçon jusqu'à son dernier souffle s'il le fallait.
Rien ne l'interdisait de le détester par la même occasion, cependant.
Et à cet instant, ce qu'il détestait particulièrement était le village de Prés-au-Lard, encore une fois à cause de Potter.
Dumbledore lui avait demandé de se porter 'volontaire' pour patrouiller durant chaque sortie au village cette année, dans le seul but de garder un œil sur le Piteux Espoir du Monde Magique. Après près de vingt-cinq ans, Severus connaissait le village dans ses moindres recoins, et ne pouvait sincèrement plus en supporter la vue.
Et pour aggraver les choses, il savait avec certitude que Potter n'était même pas descendu au village. Il l'avait vu, accompagné de son toutou roux, prendre la direction du terrain de Quidditch, balais sur l'épaule. Mais il n'avait plus le choix à présent, il devait aller faire sa ronde. Et il n'était vraiment pas de bonne humeur. Il détestait être obligé de perdre son après-midi à parcourir les mêmes rues, encore et encore et encore, à vérifier que des élèves trop imprudents n'essayaient pas d'entrer dans la Cabane Hurlante. Et faire du baby-sitting n'était pas sur sa liste de choses à faire aujourd'hui.
Il aurait préféré se concentrer sur les recherches qu'il avait commencé le week-end passé.
Depuis ce que Debbie avait fait à Granger, samedi dernier, Severus n'avait plus supporté l'idée qu'elle puisse se balader dans le château et contrôler tout le monde comme bon lui semblait, simplement parce qu'elle en avait le pouvoir.
Il avait toujours su que Debbie ne possédait pas cette fibre morale qui l'aurait rendu inoffensive, malgré ses pouvoirs. Elle était totalement dépourvue de cette capacité à ressentir de la culpabilité à l'idée de manipuler le monde à sa façon, et c'était cela qui la rendait potentiellement dangereuse. Il avait donc décidé qu'il était temps que quelqu'un lui apprenne cette leçon qu'elle n'avait jamais reçu, de toute évidence.
Il savait qu'il existait des moyens de se protéger de son pouvoir – mis à part le fait d'être immunisé naturellement, comme lui- et il avait tenté d'en découvrir plus sur ces divers moyens . Mais même s'il trouvait le bon sortilège ou la bonne potion, cela nécessiterait un travail monstre pour immuniser la totalité du château contre l'influence de Debbie. Sur le court terme, cependant, cela pouvait protéger Granger contre les futures tentatives de la sorcière.
Mais ce n'était pas l'unique solution. Il pouvait également supprimer ses pouvoirs, ou du moins les canaliser assez pour qu'elle ne puisse plus contrôler n'importe qui. A ce qu'il avait découvert jusqu'à présent, cela risquait d'être un processus long et hasardeux, mais il avait le sentiment que sur le long terme, cela serait plus que positif.
C'était donc la raison pour laquelle il aurait préféré resté enfermé dans son laboratoire à tester certaines des potions qu'il avait découvert à ce sujet, plutôt que de devoir patrouiller dans le village.
Lorsqu'il finit par prendre la direction de Prés-au-Lard, au milieu de l'après-midi, il réalisa pourtant très vite que sa venue ne serait peut-être pas si inutile que cela. Cette constatation fut causée par le picotement particulier qui traversa son bras gauche. Sensation qui était la raison même pour laquelle Dumbledore tenait tellement à ce qu'il garde un œil sur Potter.
Car il était le seul professeur de l'école à avoir la Marque des Ténèbres de tatouée sur son bras.
Ce n'était définitivement pas la douleur lancinante qu'il ressentait à chaque fois que le Seigneur des Ténèbres les appelait, mais la sensation était clairement concentrée sur la Marque, et était loin de lui être étrangère. En plus de permettre à leur Maître de les appeler quand bon lui semblait, elle permettait aux Mangemorts de se 'reconnaître' entre eux. Quand deux Mangemorts étaient à proximité, mais trop éloignés l'un de l'autre pour se voir, ce picotement presque douloureux traversait leur bras de façon continue, jusqu'à ce que les deux sorciers ne soient plus séparés que par cinq ou six mètres.
Il n'était pas difficile de comprendre pourquoi Dumbledore trouvait cet 'outil de détection' particulièrement utile en ce qui concernait la protection de son Champion à Lunettes.
Potter avait beau ne pas se trouver au village à cet instant, aucun Mangemort –à part lui-même, n'aurait dû s'y trouver non plus. Le Seigneur des Ténèbres avait été plus que clair à ce sujet. Il régnerait bientôt sur le monde magique de façon ouverte, lorsque le Ministère tomberait entre ses mains, et ses Serviteurs seraient alors libres de s'amuser comme ils le voulaient avec les élèves de Dumbledore. Mais pour le moment, ils devaient conserver un profil bas, seul Snape étant autorisé à approcher le vieux fou ou Potter, de toute évidence.
Mais la sensation dans son bras ne pouvait mentir. Il y avait un Mangemort à Prés-au-Lard, et cela ne prévoyait absolument rien de bon.
Il avançait à présent d'un pas rapide dans la rue principale, sondant les groupes d'élèves qui marchaient autour de lui, tous de bonne humeur et l'ignorant royalement –ce qui était une sage décision. Son agacement avait à présent disparu, remplacé par une inquiétude diffuse, ainsi qu'une colère naissante. Il n'était peut-être plus le Mangemort le plus 'populaire' aux yeux du Seigneur des Ténèbres, mais il était certain que si ce dernier avait décidé de faire quoi que soit à proximité de Poudlard, il aurait prévenu son agent principal, pour augmenter ses chances de réussites. Son 'collègue' était clairement ici de son plein gré, agissant sans l'accord de leur Maître, et il savait parfaitement qu'il en paierait lui aussi les conséquences, quoi qu'il arrive.
Et Severus détestait être puni sans raison.
Le picotement s'intensifia alors qu'il quittait la partie la plus populaire du village pour prendre un raccourci qui menait à la Cabane Hurlante ; peu d'élève connaissait ce chemin, qui passait entre les maisons, en une succession d'allées sombres et étroites. La sensation devint encore plus évidente, preuve qu'il s'approchait. Il accéléra définitivement son allure lorsqu'il entendit un bruit de commotion plus loin ; c'étaient des sons étouffés et indistincts, mais il était assez expérimenté dans ce domaine pour reconnaître une attaque lorsqu'il en entendait une.
Moins d'une minute plus tard, il débouchait dans l'allée où se déroulait ce qui était clairement une agression.
Il reconnu immédiatement Macnair, qu'il n'avait que trop souvent vu dans cette position. Ce dernier était au sol, écrasant de son poids ce qui semblait être une élève, au vu du sac de bonbons qui s'était vidé de son contenu sur le sol boueux.
Macnair maintenait les mains de sa victime au-dessus de sa tête, tendit que sa main libre commençait à déchirer les couches de vêtements de la jeune sorcière. Et Severus réalisa plusieurs choses à cet instant.
La première était qu'il connaissait parfaitement l'identité de cette sorcière. La deuxième était que cette constatation fit exploser une rage folle en lui.
Une fois encore, ce fut cette chevelure touffue qui lui fit comprendre de qui il s'agissait, même sans qu'il puisse voir son visage, même éparpillé ainsi au sol, dans la boue.
Sa baguette se retrouva sortie et tendue devant lui en un instant, et dans la seconde qui suivait, Macnair se retrouvait violemment expulsé dans les airs, atterrissant durement plusieurs mètres plus loin. Avant qu'il n'ait eu le temps de se redresser, ou même de pointer sa baguette dans sa direction, Severus l'avait rejoint, passant devant Hermione sans même lui accorder un regard.
Lorsque Macnair redressa la tête et reconnu l'identité de son assaillant, ses yeux se plissèrent, noirs de colère.
« Tu vas regretter ça, Sn- »
Mais avant qu'il n'ait pu terminer sa pathétique menace, Severus s'était penché, l'avait agrippé par le col de sa robe, avant de le redresser, pour mieux aller le plaquer durement contre le mur dans un bruit mat.
« As-tu perdu l'esprit ?! » siffla t-il avec colère.
Macnair le fixait avec des yeux écarquillés non seulement par la colère, mais surtout par la surprise. Le corps à corps était quelque chose que les sorciers utilisaient extrêmement rarement durant une altercation ; les duels étaient innés chez eux, même si dans la majorité du temps, le code de conduite n'était pas respecté bien entendu. Mais ils préféraient s'envoyer des sortilèges dans le dos plutôt que d'en venir aux mains, comme de vulgaires moldus.
Il pouvait donc comprendre sa surprise ; surtout que tous les Mangemorts savaient à quel point 'Snape' était 'propre et posé', ne se joignant presque jamais aux tortures et aux amusements collectifs, préférant rester dans l'ombre, le visage fermé et inexpressif. Et voilà que Snape utilisait la force physique.
Mais Severus s'en fichait. Il était fou de rage, et à cet instant, faire souffrir Macnair de façon physique était extrêmement plus satisfaisant que de lui lancer un Endoloris ou de faire de lui un cadavre.
Le Mangemort reprit très vite ses esprits cependant, et le repoussa avec force, pointant immédiatement sa baguette dans sa direction dès qu'il fut assez éloigné de ses mains.
« C'est toi qui a perdu la raison, Snape ! » explosa t-il, une expression dégoutée déformant ses traits. « Tu te bats comme une de ces vermines, maintenant ?? »
Severus ignora cette remarque, continuant de le fixer de son regard le plus ténébreux. « Tu attaques une élève, une élève de Dumbledore, à moins de deux kilomètres du château ? Alors que le Seigneur des Ténèbres nous a expressément interdit ce genre de comportement ? »
« Ce n'est qu'une écœurante sang de bourbe, ça n'aurait fait aucune différence, à part rendre notre monde plus propre. »
Sa baguette fouetta l'air avant même qu'il ne réfléchisse à ce qu'il faisait, et Macnair se retrouva à nouveau projeter en arrière, poussant un cri de douleur. Il porta une main à son visage, qui était à présent marqué d'une vilaine plaie sanglante qui l'avait coupé en diagonale.
Hors de lui, Macnair ne prit même pas la peine de se redresser avant de riposter et de lui lancer un sortilège. Mais Severus l'avait attendu de pied ferme, et bloqua son sort sans la moindre difficulté, se reprochant à nouveau du Mangemort. Ce dernier tentait de se redresser de façon un peu bancale, retirant sa main à présent rouge vif, du sang dégoulinant sur ses robes.
« Je me verrais dans l'obligation de partager cet incident avec le Seigneur des Ténèbres lors de notre prochaine réunion, Macnair. Il sera très déçu de ton comportement, tu peux en être certain. Et nous savons tous les deux qu'il déteste être déçu. »
Un rire sans joie échappa à Macnair, qui avait l'air presque fou à cet instant, avec ses yeux exorbités et son visage barbouillé de sang : « Et qu'est-ce que tu crois qu'il dira quand je lui raconterais que tu protèges la vermine ? »
« Aurais-tu oublié que cette 'vermine' est la meilleure amie de Harry Potter ? » contre-attaqua Severus, d'un ton qui était beaucoup trop calme pour être plausible. Aucun d'eux n'avait abaissé leur baguette.
« Non, loin de là, » répondit-il avait un sourire mauvais, et toujours aussi fou. « C'est pour cette raison que je voulais m'en occuper. Sans ses amis, Potter n'est rien. Le Maître le sait, et pourtant, il ne fait rien pour s'en débarrasser. »
Un sourire sans joie s'étira sur les lèvres de Severus, avant qu'il ne susurre : « Tu sais à quel point Il apprécie être critiqué, Macnair, surtout lorsqu'il s'agit du sujet 'Harry Potter'. Encore une information qui risque de lui déplaire. »
Le sourire de Macnair avait disparu, et son visage pali encore davantage derrière les traînées écarlates qui parcouraient sa peau. « Tu sais très bien ce que je voulais dire. »
Son sourire devint encore plus sarcastique: « Oh oui, parfaitement. Mais le Maître a été clair. Nous ne ne devons pas nous montrer au grand jour, surtout pas aux alentours de Poudlard, et encore moins attaquer Harry Potter ou ses proches. Le moment viendra où tu pourras faire ce que tu veux, mais ce jour là n'est pas encore arrivé. Retourne donc dans ton trou et occupe-toi de cette blessure avant que tu ne te vides de ton sang. »
Le regard de Macnair en disant long sur ce qu'il pensait, et sur ce qu'il aurait voulu lui répondre pour oser le menacer de cette façon. Mais finalement, il dut réaliser que continuer cette 'discussion' était inutile, et qu'il risquait surtout d'agraver son cas. La fuite devait sembler être la meilleure solution, car quelques instants plus tard, il disparaissait dans un 'POP', et Severus se retrouva à fixer l'autre bout de l'allée, à présent vide.
Il resta quelques secondes immobile, son cœur battant toujours un peu trop furieusement contre ses tempes, l'adrénaline fusant toujours dans son sang. A cet instant, même le silence autour de lui semblait bourdonner.
Et ce fut ce silence qui le ramena à la réalité, réalisant soudain qu'il était loin d'être seul dans l'allée.
Il se retourna, et son regard tomba immédiatement sur la jeune fille, à quelques mètres de lui. Il s'était attendu à la trouver roulée en boule au sol, pleurant de tout son soûl après ce qu'il lui était arrivé, ou surtout ce qui lui serait arrivé s'il n'était pas arrivé à temps.
Mais à son grand étonnement, elle s'était rassise, et avait fermemant resserré sa cape autour de ses épaules tremblantes. Et surtout, elle le fixait. Sans sciller. Silencieusement.
Son teint était extrêmement pâle, et il n'avait jamais vu une expression aussi sombre sur son visage. Ses joues étaient humides, mais elle était loin de pleurer de façon convulsive, comme il s'y était attendu.
Au moins trente secondes supplémentaires passèrent sans qu'aucun d'eux ne prononcent un mot, continuant de se fixer avec le plus grand des sérieux. Puis, il réalisa soudain de quoi il s'agissait, et leva à nouveau sa baguette.
« Finite Incantatem, » prononça t-il d'une voix plate.
Il aurait dû y penser plus tôt ; Macnair aimait entendre ses victimes crier, mais dans un lieu aussi public, il n'avait pas voulu être interrompu.
Malgré le fait qu'elle avait retrouvé la capacité de parler, Hermione ne dit pas un mot pour autant. Finalement, ce fut lui qui brisa ce silence qui devenait plus que pesant.
« Vous êtes une imbécile, » lui dit-il alors de son ton le plus froid.
La colère qu'il avait ressenti en réalisant que Macnair s'attaquait à elle était en train de réapparaître en lui, un peu trop rapidement. Car lorsqu'il était entré dans l'allée et l'avait vu écrasée ainsi au sol, sa rage soudaine n'avait pas seulement été dirigée contre son agresseur, mais également contre elle.
Elle ne réagit même pas à sa remarque; elle ne dit rien, et sa seule réaction fut d'entreprendre de se relever. Lorsqu'elle parvint finalement à se remettre sur ses pieds, il réalisa à quel point elle tremblait.
L'espace d'un instant, il crut même qu'elle allait à nouveau s'écrouler au sol, sous le choc de ce qu'elle venait de vivre. Mais elle resta sur ses deux pieds, évitant à présent de croiser son regard. Etrangement, ce manque de réaction plus évidente ne fit qu'aggraver son agacement. Au moins, si elle s'était mise à pleurer de façon hystérique, il aurait eu une bonne raison d'être aussi irrité. Le fait qu'elle soit si…calme, en dépit des réactions incontrôlables de son corps, avait le don de l'énerver encore davantage.
C'était complètement paradoxale, mais pas étonnant le moins du monde, venant de lui.
« Je vous pensais plus fûtée, » reprit-il donc, usant de son ton le plus réprobateur et légèrement dédaigneux. « Où était donc votre célèbre cervelle, lorsque vous avez décidé de vous balader toute seule, dans une partie du village à peine fréquenter ? »
Sa question étant clairement réthorique –et inapropriée, son absence de réponse ne le surprit pas. Après un autre moment de silence, cependant, elle hocha doucement la tête, comme s'il avait ajouté quelque chose d'autre. Ou peut-être comme si elle se répondait à elle-même.
Finalement, les yeux toujours rivés au sol, elle finit par dire : « Ai-je la permission de partir ? »
L'espace d'un instant, il cru avoir mal entendu, ce qui le poussa à froncer légèrement les sourcils : « Pardon ? » ne put-il s'empêcher de demander.
Après un autre instant de silence, elle glissa à nouveau son regard vers le sien. Un regard qui était glacial, tout comme le fut son ton lorsqu'elle reprit la parole : « Apparemment, vous avez décidé que le moment était approprié pour me faire la morale. Mais si cela ne vous dérange pas trop, j'aimerai vraiment retourner au château, et informer le Directeur du fait qu'un Mangemort a tenté de me violer et de me tuer à Prés-au-Lard. Ne vous en faites-pas, je n'oublierai pas de préciser que je ne parle pas de vous. »
Et sur ces mots, elle se retourna et commença à s'éloigner de lui d'un pas rapide, marchant sur les friandises qu'elle avait dû acheter moins d'une heure plus tôt.
Trois secondes. Ce fut le laps de temps qu'il passa, totalement immobile au milieu de cette allée, incapable de bouger, tellement ses mots l'avaient surpris. Bien entendu, Hermione Granger avait déjà tenté de répondre à ses rémarques à de très nombreuses reprises depuis l'an passé, en particulier ces dernières semaines ; mais ses réparties avaient toujours manqué d'un petit quelque chose qui aurait pu les rendre vraiment efficaces.
Mais le fait qu'elle parvienne à le rendre muet, même l'espace de trois petites secondes, prouvait qu'elle y était parvenu cette fois-ci.
Elle venait de marquer un point, c'était indéniable.
***
Hermione continua de trembler longtemps après avoir quittée l'allée sombre qui ressurgirait surement dans ses cauchemars.
A moins de cent mètres des grilles du domaine, elle dut s'arrêter précipitamment pour pouvoir vomir sa Bièraubeurre et les quelques bonbons qu'elle avait picoré.
Incapable de faire quoi que soit d'autre, elle passa ensuite les dix minutes qui suivirent sur le bas côté, genoux repliés contre sa poitrine, pleurant de tout son soûl, jusqu'à ce qu'elle ait épuisé sa réserve de larmes et que sa gorge lui fasse mal. Lorsque ses violents sanglots s'arrêtèrent enfin, elle ne bougea pas pour autant, restant immobile au sol. Elle ne pleurait plus, mais ne réfléchissait pas vraiment non plus.
« Hermione ?! »
Redressant finalement la tête à l'appel de son nom, elle se retrouva à fixer le regard extrêmement inquiet de Neville, qui venait de s'accroupir précipitamment devant elle.
« Hermione, qu'est-ce qu'il s'est passé ?? » Elle pouvait voir ses yeux écarquillés la détailler avec une inquiétude croissante, son teint de plus en plus pâle.
Elle se doutait de l'état qu'elle devait afficher. Elle se sentait sale et boueuse, et savait parfaitement qu'elle était sale et boueuse, que ses robes étaient à moitié déchirées, et qu'elle devait sans l'ombre d'un doute sentir le vomi.
Et peut-être le cracha de Macnair, aussi.
Par réflexe, elle s'essuya durement la joue, ignorant le fait qu'elle avait déjà fait ce geste une bonne vingtaine de fois auparavant. Ignorant également la question de Neville.
« Je dois aller voir Dumbledore, » dit-elle d'une voix éteinte, tentant à présent de se redresser à nouveau, évitant le regard du jeune homme.
Il essaya immédiatement de l'aider à se lever, mais elle eu un mouvement de recul instinctif qui sembla parler de lui-même. Il ne posa pas de question, cependant, et elle lui en était silencieusement reconnaissante.
Finalement, lorsqu'elle fut à nouveau sur ses pieds, il répondit, d'une voix clairement angoissée : « Dumbledore n'est pas là. Le professeur Chourave m'a dit ce matin qu'il était absent pour la journée. Hermione, tu as besoin d'aller à l'infirmerie. »
Ce n'était pas une question, mais une affirmation.
Elle secoua vigoureusement la tête. Elle n'avait pas besoin de voir l'infirmière, elle savait très bien qu'elle n'était pas blessée. Pas physiquement, tout du moins. Ce dont elle avait besoin, à cet instant, c'était de voir Dumbledore. Mais de toute évidence, elle allait devoir patienter pour cela.
Neville, qui avait passé plus de six ans à ses côtés, même s'ils n'étaient pas les meilleurs amis du monde, savait pertinemment que rien ni personne ne pouvait persuader Hermione Granger de faire quelque chose contre son gré. A nouveau, il n'insista donc pas. Cependant, il finit par lui dire d'un ton catégorique : « Laisse-moi te ramener à la salle commune, et j'irais chercher Harry et Ron. D'accord ? »
Harry et Ron. Elle sentit l'angoisse sourde qui l'envahissait toujours s'apaiser légèrement à la pensée de ses amis. Elle hocha donc la tête, et ils finirent par se remettre en marche vers le château.
Elle pouvait sentir le regard de Neville sur elle ; son besoin de savoir ce qui lui était arrivé, et surtout de l'aider davantage, était presque palpable. Mais elle l'ignora, tout comme elle ignora les regards choqués et inquiets des autres élèves qu'ils croisèrent alors qu'ils montaient les sept étages qui les mèneraient à la tour Gryffondor.
Finalement, après ce qui lui sembla être des heures, Neville la laissa dans la salle commune, avant de ressortir presque en courant. La pièce était remplie de premières et de deuxièmes années qui n'étaient pas encore autorisés à se rendre au village, et il n'y avait plus un seul siège de libre devant la cheminée.
Mais lorsqu'elle s'avança et posa son regard sur son fauteuil préféré, occupé par un élève de deuxième année dont elle ne se souvenait pas du nom, ce dernier n'eut besoin que d'un regard dans sa direction avant de se lever d'un bon et de lui dire de prendre sa place, l'air paniqué. En temps normal, elle aurait insisté pour qu'il reste où il était –certains jeunes élèves agissaient étrangement envers Ron et elle, simplement parce qu'ils étaient les 'meilleurs amis de Harry Potter'. A cet instant, cependant, elle n'avait pas la force de parler ou de faire quoi que soit, à part s'assoir.
Elle prit donc place dans le fauteuil, se recroquevillant sur elle-même, et attendit que ses amis arrivent, la tête posée sur ses genoux, le regard perdu dans le feu qui crépitait dans l'antre.
Elle n'aurait jamais pu manquer l'arrivée des garçons.
Egaux à eux-mêmes, ils débarquèrent en courant, encore vêtus de leurs tenus de Quidditch, dégoulinant de sueur et de boue.
« Dehooooors, bande de nains !! » Hurla Ron à l'assemblée d'élèves qui les fixaient avec des yeux ronds d'étonnement. Ceux-ci ne se le firent pas répéter deux fois, courant soit vers l'escalier qui menait aux dortoirs, soit vers la sortie.
« Ron ! » le réprimanda t-elle immédiatement. « Tu es Préfet, tu n'as pas le droit de les obliger à sortir ! » C'était fou comme elle ne pouvait pas s'empêcher d'agir comme une Préfète-en-Chef, quelques soient les circonstances. C'était un peu triste, quand elle y pensait.
« Ouais, et bien tu sais quoi ? C'est parce que je suis Préfet que je peux leur dire de sortir et qu'ils m'écoutent. »
« Ou bien c'est simplement parce que Harry est dans la pièce, » nota Ginny avec sagesse, apparaissant derrière les garçons.
Mais ce moment de 'rigolade' s'estompa immédiatement lorsqu'ils se rendirent vraiment compte de l'état dans laquelle elle se trouvait.
Ginny, dont le teint avait pâli dès l'instant où elle avait posé les yeux sur elle, fut la première à venir s'accroupir devant elle, son visage à présent déformé par l'inquiétude. « Qu'est-ce qu'il s'est passé ? » demanda t-elle doucement.
Elle évita de la toucher d'une quelconque façon, et elle lui en était reconnaissante. Tout comme lorsque Neville avait tenté de le faire, elle avait l'impression qu'elle se serait mise à hurler si cela avait été le cas.
Hermione avala difficilement sa salive, se demandant si elle allait parvenir à raconter ce qui lui était arrivé sans éclater à nouveau en sanglots. Elle n'avait aucune envie de se remettre à pleurer, mais elle avait le sentiment qu'elle n'avait plus aucun contrôle sur son corps à cet instant. Ses mains tremblaient toujours.
Finalement, elle glissa son regard vers Harry. L'expression extrêmement grave qu'il affichait lui donna le sentiment qu'il avait déjà une idée de qui avait pu se passer.
« C'est Macnair, » dit-elle enfin d'une voix tremblante. « Il était à Prés-au-Lard, apparemment bien décidé à se débarrasser de moi. »
***
Lorsque Dumbledore rentra finalement, plusieurs heures plus tard, la nuit était tombée sur le château. Harry, qui avait passé la fin de la journée à attendre de pieds ferme devant la gargouille -tout en tentant de contrôler sa colère, vint chercher Hermione après avoir expliqué ce qu'il s'était passé au Directeur.
Ron insista pour les accompagner, malgré les protestations de Hermione, qui affirmait pouvoir y aller seule, qu'elle appréciait leur inquiétude, mais qu'elle était sincèrement capable de parler à Dumbledore sans risquer de se faire à nouveau attaquer. C'était une cause perdue, bien entendu. La culpabilité était clairement visible dans les yeux et expressions de ses amis, du fait qu'ils avaient préféré passer la journée à jouer au Quidditch plutôt que l'accompagner, et elle savait que leur désir de protection était une réaction naturelle.
Elle espérait simplement qu'aucun élève n'aurait la malchance de la percuter malencontreusement dans les jours qui suivraient, car le malheureux se retrouverait sans aucun doute victime de cinq sortilèges différents.
Mais elle comprenait leur attention, et l'appréciait à un certain degré. Le problème venait du fait qu'à cet instant, tout ce dont elle rêvait, c'était d'une bonne nuit de sommeil, qui arriverait peut-être à la débarrasser des émotions toujours trop négatives qui l'envahissaient depuis ce qui lui était arrivé.
C'était bien sûr impossible, et elle le savait. Pas dans l'immédiat, tout du moins. A l'heure actuelle, elle allait devoir revivre ce qui lui était arrivé, dans le but de pouvoir avoir une sérieuse discussion avec Dumbledore concernant les menaces de Macnair.
Sans surprise, Dumbledore affichait un air plus que grave lorsqu'ils arrivèrent à son bureau. La présence de Mme Pomfresh à ses côtés n'était pas surprenante non plus, même si Hermione sentit son humeur s'assombrir encore davantage à la vue de l'infirmière.
« Hermione, j'ai pris l'initiative de faire venir Pompom, j'espère que vous ne m'en voulez pas, » expliqua t-il inutilement.
« Je ne suis pas blessée, » répondit-elle immédiatement, redoutant l'idée d'un quelconque examen physique à cet instant. « Vraiment. Il y a eu plus de peur que de mal. »
Clairement, personne dans la pièce n'était dupe, mais ils furent tous assez intelligents pour ne faire aucune remarque.
Mme Pomfresh, habituée aux protestations des étudiants, contourna tout de même le bureau pour venir la rejoindre, et lui fit discrètement signe de s'approcher d'elle, l'éloignant des garçons –qui étaient toujours étrangement silencieux.
« Es-tu sûre que ça va ? » lui demanda doucement l'infirmière, avec un regard inquiet.
Hermione savait que physiquement, elle n'affichait réellement aucune trace de son agression. Elle avait passé un très long moment sous le jet brûlant de la douche, quelques heures plus tôt, se débarrassant de la boue qui s'était asséchée dans ses cheveux et sur sa peau. L'eau n'avait pas réussi à effacer la sensation du cracha sur son visage, cependant, pas plus que la sensation du corps lourd du Mangemort sur elle.
« Oui, » répondit-elle cependant, sans un moment d'hésitation. « Vraiment. »
Elle hocha lentement la tête, clairement peu convaincue, mais n'ajouta rien. Elle enfonça pourtant sa main dans l'une de ses nombreuses poches, et en ressorti une énorme tablette de chocolat, qui provenait clairement de chez Honeydukes.
Instantanément, une image traversal'esprit d'Hermione. Lorsque Macnair l'avait agrippé si soudainement, elle n'avait même pas réalisé qu'elle avait lâché le paquet de friandises qu'elle avait acheté pour les garçons. A présent, cependant, elle put parfaitement voir le sac en papier tomber brusquement de ses mains, son contenu s'éparpillant au sol.
Elle avala difficilement sa salive, prenant la tablette qui lui était clairement destinée.
« Manges-en plusieurs morceaux avant de te coucher. J'y ai ajouté quelques gouttes de potions, cela t'aidera à vider ton esprit. »
« Merci… » Murmura t-elle, enfonçant le chocolat dans sa poche.
Au vu de la sensation nauséeuse qui envahissait soudainement son estomac, elle savait pertinemment qu'elle n'y toucherait pas. Finalement, l'infirmière quitta la pièce après un dernier salut poli vers le Directeur.
« S'il vous plaît, asseyez-vous, » leur dit Dumbledore, en désignant les chaises.
Toujours éreintée et légèrement nauséeuse, Hermione s'exécuta sans attendre, les garçons restant obstinément debout, l'un d'eux à chaque côté de son siège.
« Ne soyez pas ridicules, » les réprimanda t-elle de son ton le plus terre à terre, qui leur était tellement familier qu'elle put presque voir une partie de la tension qui les habitait quitter leurs corps. Les pauvres, ils ne savaient vraiment pas quoi faire dans cette situation, et cet élément familier était clairement rassurant. « Le pire qu'il puisse m'arrivé à l'instant serait que je tombe de ma chaise. Assis. »
Ce qu'ils firent, finalement. N'ayant plus d'excuse, Hermione n'eut pas d'autre choix que de glisser son regard dans celui de Dumbledore qui, égal à lui-même, avait posé ses yeux bleus perçant sur elle.
Malgré son état d'esprit plus que particulier ce soir-là, sans compter sa fatigue, Hermione força son esprit à se fermer et se protéger, comme elle avait appris à le faire durant ses leçons. Après tout, c'était exactement la raison pour laquelle il avait demandé à ce qu'elle apprenne l'Occlumancie, non ? Pour que son esprit ne soit pas violé par quiconque ayant le pouvoir de le faire.
« Harry m'a expliqué que vous avez été attaquée par un Mangemort cet après-midi, Hermione ? » Commença t-il finalement d'une voix douce.
Etrangement, cette entrée en la matière l'agaça. Bien sûr qu'il savait ce qui lui était arrivé, pourquoi aurait-il fait venir l'infirmière, autrement ?
« Oui, » répondit-elle donc d'un ton un peu trop sec. « Macnair avait apparemment planifié son attaque à un certain degré. Je pense qu'il aurait été plus satisfait s'il était tombé sur Harry, mais une 'sang de bourbe' faisait l'affaire, selon ses dires. »
A ces mots, elle sentit les garçons se tendre à ses côtés, et elle résista à l'envie de leur lancer des regards exaspérés. Elle pouvait comprendre que son attitude ne devait pas les aider à se sentir plus à l'aise, mais elle avait de bonnes raisons pour être aussi…à fleur de peau, à cet instant.
« Je suis vraiment désolé, Hermione, » soupira le Directeur, et il avait l'air plus que sincère. « Cela va de soit que j'aurais préféré que rien tout cela n'arrive, mais dans les temps actuels, il est difficile de- »
« Ce n'est pas pour moi que j'ai peur, » le coupa t-elle immédiatement, avant qu'il ne se lance dans un long discours sur la guerre et ses désavantages. « Je sais exactement quels risques je cours, à être la meilleure amie de Harry Potter. Je pense que nos diverses aventures et mésaventures au cours de ces six dernières années m'ont plutôt bien appris la leçon. Pour le moment, j'ai peur pour mes parents. »
Elle sentit trois paires d'yeux étonnées la fixer. Elle n'avait pas parlé des menaces faites envers ses parents aux garçons. Elle garda obstinément ses yeux fixés sur Dumbledore.
« Il les a menacé, » expliqua t-elle, de son ton le plus sérieux et le plus grave. « Il m'a dit qu'une fois qu'il en aurait fini avec moi, il irait chez eux, violerait ma mère devant les yeux de mon père, avant de les torturer jusqu'à ce qu'ils deviennent fou. Puis il les tuerait, et ferait en sorte que je vois leurs cadavres. »
Un silence de plomb suivit cette révélation, l'air devenant électrique autour d'eux. A ses côtés, elle pouvait sentir le trouble de ses amis augmenter dramatiquement.
« Je veux que vous les protégiez, » dit-elle au vieux sorcier d'un ton sans appel. « J'ai peut-être été chanceuse, mais qui sait où il est à cet instant ? Si ça se trouve, mes parents sont déjà morts à l'heure actuelle. »
« Hermione… » Dit Ron doucement à ses côtés, faisant un mouvement, comme s'il allait poser une main sur son bras. Mais elle se tendit immédiatement, lui lançant un regard définitif ; sa main retomba.
« Je vais bien entendu envoyer une escorte au domicile de vos parents sur le champs, » consentit Dumbledore.
« Non, vous ne comprenez pas, » insista t-elle alors que le Directeur se levait de son siège. Son ton était si amer par rapport au reste de la discussion que le vieil homme s'immobilisa immédiatement ; elle en sursauta presque elle-même, mais reprit sans attendre : « Je veux que vous les protégiez. Je ne veux pas que vous vous contentiez d'envoyer un ou deux Aurors chez eux pour vérifier qu'ils sont encore en vie, ou même que vous placiez des sorts de protections sur la maison. Croyez-moi, j'ai déjà fait le nécessaire depuis longtemps. Je veux que vous les mettiez à l'abri, je veux qu'ils soient évacués, que Voldemort et ses partisans n'aient aucun moyen de mettre la main sur eux. »
A nouveau, un lourd silence s'installa après qu'elle eut fini de parler. Puis, Dumbledore répondit : « Je comprends votre inquiétude, Hermione, vraiment, » commença t-il enfin, son expression étant plus fatiguée et lasse que jamais. « Malheureusement, il n'y a pas grand-chose que nous puissions faire, à part protéger leur lieux de résidence. Vos parents sont moldus, et de ce fait, nous ne pouvons les obliger à quoi que ce soit. Il existe de trop nombreux décrets à ce sujet et- »
« Vous avez protégé les Dursley. »
A la surprise de tous, c'était Harry qui avait coupé le Directeur. Hermione, qui jusqu'à présent avait gardé son attention totalement rivée sur Dumbledore, remarqua alors le changement d'attitude chez son meilleur ami.
Son expression était devenue sombre et froide, prenant un air sérieux qu'elle n'avait que rarement vu sur son visage. Elle se souvint subitement de la discussion qu'elle avait eue avec Ginny dans le Poudlard Express, deux mois plus tôt, de la façon dont la rouquine avait défendu Harry, racontant combien il prenait ses obligations aux sérieux, malgré le comportement d'adolescent normal qu'il affichait parfois.
Mais à cet instant, alors qu'Harry fixait Dumbledore avec gravité, ses yeux verts lançait des éclairs, sa maturité en ce qui concernait la Guerre et ses conséquences était indéniable. Il n'avait dit que cinq mots, mais Hermione comprenait à cet instant pourquoi Harry était le sauveur qu'ils attendaient tous.
« C'est exact, » répondit Dumbledore avec un hochement de tête, son regard à présent posé sur Harry. « Mais la situation était quelque peu différente. »
« De quelle façon ? » répliqua immédiatement Harry, de ce même ton froid et sans appel.
Dumbledore ouvrit la bouche pour répondre, mais Harry ne lui en laissa pas le temps, répondant pour lui : « Vous allez me dire que les Dursley, ces gens qui m'ont toujours considéré comme un fardeau, qui m'ont fait dormir dans un placard pendant dix ans, et qui ne m'ont jamais montré le moindre signe d'affection, valent plus que les parents de Hermione ? Des parents dévoués et aimants ? »
« Bien sûr que non, Harry, je- » tenta le Directeur, mais Harry ne semblait pas décidé à être interrompu, sa voix devenant de plus en plus forte, et clairement agacée.
« Ron et Hermione sont à mes côtés depuis le début, et je serais sans l'ombre d'un doute mort dès ma première année s'ils n'avaient pas été là pour m'aider. Et malgré tout ce qu'ils ont dû subir du fait de ma tendance à les entrainer dans des dangers mortels, ils sont toujours à mes côtés, et je sais qu'ils le seront jusqu'à la fin. Jusqu'à cet affrontement final que tout le monde attend. Je sais que je suis le pion le plus important dans cette partie d'échec à laquelle vous jouez, mais soyez certain que je me sacrifierais n'importe quand pour sauver ma tour et mon cavalier, prophétie ou non. »
Sa dernière remarque, plus que le reste, troubla clairement Dumbledore, qui n'avait aucun moyen de comprendre à quoi il faisait allusion. Hermione, quant à elle, sentit une puissante vague d'affection envers Harry déferler en elle, réalisant immédiatement qu'il faisait allusion à cette partie d'échec géante qu'ils avaient joué, tant d'années auparavant. Son petit discours dans sa totalité l'avait énormément touché, mais sa dernière réflexion l'ému au plus au point.
Sans pouvoir se contrôler, elle sentit les larmes envahir ses yeux avec force, et malgré ses efforts pour les contenir, plusieurs gouttes salées glissèrent sur ses joues rougies, traces humides qu'elle se dépêcha d'effacer d'un geste rapide.
Dumbledore n'avait pas remarqué son excès d'émotions, pas plus que Harry. Ils se fixaient toujours, comme s'ils étaient les seuls personnes présentes dans la pièce. Clairement, la conversation silencieuse qu'ils étaient en train d'avoir englobait des choses que ni Ron ni Hermione ne pouvaient comprendre.
« Je suis désolé que tu vois les choses de cette façon, Harry, » dit finalement Dumbledore, de son ton le plus sincère, voir presque attristé. « Tu sais à quel point j'estime ton opinion, et je serais plus qu'heureux d'avoir une discussion à ce sujet avec toi. Mais je ne pense pas que le moment soit approprié. J'aimerai parler quelques minutes avec Hermione, à présent, seul à seul. »
Hermione, qui fixait à nouveau son meilleur ami, vit sa mâchoire se crisper. L'espace d'un instant, elle crut qu'il allait simplement rester immobile, croiser ses bras avec défi, et agir avec rébellion, comme il l'avait si souvent fait durant leur cinquième année.
Mais Harry avait définitivement muri depuis cette époque. Bien malgré lui, pensa t-elle avec regret. Car il hocha finalement la tête, de façon un peu trop sèche, avant de se lever.
Ron, qui avait observé l'échange silencieusement, sentant que rien de ce qu'il pourrait dire n'aiderait, en fit de même, le teint pâle et l'air dépité.
« On t'attend dehors, » lui dit Harry avec un regard appuyé, et elle eut le désir fou de le serrer dans ses bras, à cet instant, malgré sa réticence envers un quelconque contact physique. Elle s'abstint, cependant, car elle avait le sentiment que si elle le faisait, elle risquait réellement de se remettre à pleurer de façon incontrôlable. Et elle savait que le pauvre Harry ne saurait vraiment pas quoi faire dans ce cas là.
Les garçons disparurent donc dans l'escalier, la laissant seule avec le Directeur. Ce dernier s'était retourné et avait discuté avec l'un des nombreux portraits qui décoraient les murs de son bureau, et son occupant quitta rapidement son cadre. Finalement, Dumbledore se tourna à nouveau vers elle.
« Des Aurors seront envoyés d'ici peu chez vos parents, » lui dit-il. Et n'ajouta rien.
« Vous n'allez pas assurer leur protection, alors. » Ce n'était clairement pas une question.
Une minute plus tôt, elle aurait été prête à hurler pour que Dumbledore fasse quelque chose, pour qu'il fasse plus. Mais l'intervention de Harry lui avait donné un sentiment de fatalité presque terrassant, qui rendait sa gorge un peu trop douloureuse. Il y avait quelque chose dans l'humilité que Harry affichait qui avait le pouvoir de remettre son monde entier en perspective.
Car il avait raison. Dans le grand jeu d'échec qui se jouait entre le Bien et le Mal, entre Dumbledore et Voldemort, Hermione et surtout ses parents –ses parents moldus- n'étaient rien.
« Je peux assurer que certains de nos Aurors patrouillent autour de leur maison tous les jours, si cela peut vous rassurer, » dit-il enfin, mais son ton laissait présager qu'il doutait lui-même de l'utilité de ce genre d'initiative. « Je peux également aller leur parler en personne, si vous le désirez. Je peux tenter de leur expliquer la situation. »
Elle secoua la tête, accablée. « C'est inutile. Je leur ai déjà expliqué sans entrer dans les détails la situation dans laquelle se trouve le monde magique. Ils savent que nous sommes en guerre, et que nous sommes du bon côté…et que ceux se trouvant de l'autre côté de la balance sont vraiment dangereux. Ils savent aussi, à un certain degré, que Harry est célèbre et qu'il attire les dangers. Mais j'ai évité de trop entrer dans les détails. Je ne veux pas qu'ils deviennent paranoïaques, à se faire constamment du souci pour moi. »
Mais Hermione savait pertinemment que ses parents se faisaient déjà constamment du souci pour elle, qu'elle soit la meilleure amie du Survivant ou non n'y changeait rien. Car comme l'avait si bien dit Harry, ils étaient des parents aimants, et l'inquiétude envers elle était inévitable.
Le silence, clairement inconfortable à présent, se serait sans l'ombre d'un doute étiré pendant de longues minutes jusqu'au retour du portrait, si trois coups n'avaient pas été frappés à la porte.
« Entrez, » invita Dumbledore d'une voix lasse.
La porte s'ouvrit, et Severus Snape entra dans la pièce. Instantanément, le cœur d'Hermione se mit à battre un peu plus vite dans sa poitrine, et elle fut incapable de le quitter des yeux.
Lorsqu'elle avait sentit Macnair être éjecté loin d'elle, plus tôt dans l'après midi, elle avait eu peine à y croire. Elle avait redressé la tête juste à temps pour voir Snape fondre sur l'autre Mangemort ; il était arrivé juste à temps pour la sortir d'une situation plus que délicate, tel un ange noir.
Malgré son état de choc à ce moment là, elle se souvenait parfaitement de la façon dont il s'était défoulé sur son agresseur. Elle l'avait vu faire, et pourtant, elle n'arrivait toujours pas à assimiler cette réaction tellement…moldue, oui.
Elle doutait fortement du fait qu'il avait pu agir aussi durement pour des raisons évidentes –comme le fait que Macnair ait tenté de la violer, par exemple. Non, à en juger par la façon dont il n'avait ressenti aucun scrupule à lui faire la morale par la suite, elle ne pensait pas que son énervement ait quoi que soit à voir avec elle, mais avait été dû au fait que cela n'avait pas été en norme avec les plans machiavélique de leur Maître. C'était ce qu'il avait dit à Macnair, après tout.
Quoi qu'il en soit, il l'avait sauvé. Avant de la rabaisser, alors qu'elle s'était déjà sentie sur le point de s'écrouler. Mais à quoi aurait-elle dû s'attendre, venant de lui ?
C'étaient pour toutes ces raisons qu'elle fut celle qui détourna vivement les yeux lorsqu'il glissa finalement son regard vers elle, réalisant qu'elle était dans la pièce. Elle se concentra intensément sur Fumseck, qui dormait paisiblement sur son perchoir, la tête enfouie dans ses plumes.
« Severus, » le salua amicalement Dumbledore, malgré la note de fatigue qui résonnait toujours clairement dans sa voix.
« Monsieur, » répondit Snape, et Hermione sentit plus qu'elle ne vit son regard retourné se poser sur le Directeur.
« Que me vaut l'honneur de cette visite nocturne ? » lui demanda le vieil homme, tandis que Hermione osait glisser à nouveau ses yeux sur les deux hommes, tous deux debout.
« J'étais venu vous informer de l'incident dans lequel Miss Granger s'est trouvée, plus tôt cet après-midi, » répondit-il d'un ton dénué de toute émotion, mais qui semblait clairement dire que sa visite était inutile, de toute évidence.
Hermione, quant à elle, était très loin d'être dénuée d'émotions à ce sujet, et lorsqu'elle entendit sa réponse, un petit rire sans joie lui échappa.
Snape plissa les yeux, la regardant à présent avec froideur. « Un problème, miss ? »
Elle se contenta de jeter un regard à sa montre, geste qui voulait clairement dire qu'il était peut-être un peu tard pour informer le Directeur d'un 'incident' qui s'était produit près de cinq heures plus tôt. Apparemment, son insinuation était tout à fait claire, car les yeux de Snape se plissèrent encore davantage, avant qu'il ne lui dise :
« J'apprécie de moins en moins votre insolence, Miss Granger. Ne vous méprenez surtout pas, ce qui vous est arrivé aujourd'hui ne vous protège en rien d'une future retenue, loin de là. »
« Severus. » Le stoppa Dumbledore d'un ton sévère et sans appel. « Je pense que ce que Hermione a subit aujourd'hui la protège en effet d'une quelconque retenue dans les jours à venir.
Le professeur de potions se renfrogna, et Hermione en aurait presque sourit, si elle ne s'était pas sentie aussi épuisée, autant physiquement qu'émotionnellement.
« Comment cela se fait-il que vous soyez au courant de ce qui est arrivé à Hermione ? » demanda finalement Dumbledore, lançant un regard interrogatif à la jeune fille, qui se sentit rougir légèrement.
« Apparemment, Miss Granger ici présente a dû occulter le fait que sans mon arrivé, Macnair aurait sans l'ombre d'un doute terminé ce qu'il avait commencé. C'est également ce que j'ai précisé à Messieurs Potter et Weasley, que j'ai rencontré au pied de la gargouille. Ils semblaient eux aussi ne pas avoir été informés de ce léger détail. »
« Hermione ? » demanda calmement Dumbledore. Son ton n'était même pas réprobateur, mais Hermione sentit tout de même l'agacement grandir à nouveau en elle.
« Vous m'avez insulté, » dit-elle au Maître de Potions, avec un regard noir et réprobateur.
« Sottise, » répondit-il sans un moment d'hésitation. « Je n'ai rien fait de la sorte. »
« Vous m'avez traité d'imbécile, tout en insinuant que je n'avais pas de cervelle et que cela avait provoqué mon attaque. »
Il pinça les lèvres. « Soit. Mais vous l'aviez bien cherché. »
« Je venais de me faire agresser !! »
« C'est bien pour cette raison que je vous ai traité d'imbécile. Sincèrement, il n'y a que vous pour réussir à vous faire agresser par un Mangemort à Prés-au-Lard. »
« Cessez-vous donc d'être complètement sadique et dépourvu de cœur, de temps en temps ?? »
« Pas que cela vous regarde d'une quelconque façon, Miss Granger, mais non, je ne ressens absolument aucune pitié pour ceux qui recherchent les ennuis. »
« Vous ne ressentez aucune pitié tout court, oui. »
« Suis-je sensé me sentir vexé par cette remarque ? »
« Je suppose que non, professeur, étant donné que la vexation est une émotion, chose qui vous est totalement étrangère. »
« … »
« Vous avez fini ? »
D'un même mouvement, ils tournèrent leur tête et attention vers le Directeur, qui avait posé sa question d'une voix plus lasse qu'amusée. Ce qui était étrange, même Hermione pouvait s'en rendre compte. Elle aurait pensé que ce genre de ridicule spectacle verbal était exactement le genre de chose qui aurait fait sourire Dumbledore, en temps normal. Mais de toute évidence, ce n'était pas le cas ce soir.
« Désolée… » murmura t-elle, coupable, ayant soudainement l'impression d'avoir à nouveau douze ans, venant de se faire réprimander par un professeur. Un sentiment qu'elle détestait au plus au point, cela allait de soit.
« Bien. Severus, je suppose que vous me ferez le rapport de votre réunion à ce sujet ? »
« Bien entendu, » répondit ce dernier d'un ton totalement neutre, comme si rien n'était arrivé.
Leurs phrases avaient beau être cryptées, Hermione savait pertinemment à quoi ils faisaient allusion. Et à cet instant, elle n'avait absolument aucune envie d'entendre quoi que soit à ce sujet.
Ce dont elle avait besoin, c'était d'une nouvelle douche brûlante, avant de retrouver son lit.
Comme s'il avait entendu ses prières silencieuses, le portrait qui avait quitté son cadre quelques minutes plus tôt refit son apparition, et tous purent entendre son rapport.
« Christopher et Jane Granger sont en parfaite santé ; deux Aurors sont stationnés devant leur demeure jusqu'à demain. »
« Merci, Laurent, » lui dit Dumbledore, d'un ton qui semblait sincèrement rassuré.
Hermione sentit un énorme poids se soulever de sa poitrine en entendant les mots du portrait, mais son inquiétude n'avait pas disparu pour autant. Pourtant, elle savait qu'elle n'obtiendrait rien de plus ce soir. Elle était bien trop exténuée pour dire ou faire quoi ce soit.
« Je vais y aller, monsieur, maintenant que je sais que mes parents vont bien, » dit-elle d'une voix basse et fatiguée.
Dumbledore hocha doucement la tête
« Encore une fois, je suis vraiment désolé Hermione. » lui dit-il, et se fut à son tour de hocher la tête, avant de se diriger vers la porte.
« Pas si vite, miss Granger, » la rappela Snape, et elle se figea sur place, avant de se tourner vers lui. « J'ai bien peur que vous ne deviez descendre avec moi. J'ai renvoyé Potter et Weasley dans leur dortoir avant de monter, et j'ai malheureusement dû 'promettre' que je vous raccompagnerais. Il semblerait qu'ils doutent que vous puissiez survivre à l'épreuve de monter cinq étages sans escorte. »
Hermione le fixa pendant plusieurs secondes, n'appréciant guère son sarcasme, mais s'en fichant aussi, d'une certaine façon, persuadée qu'il mentait. Mais de toute évidence, son silence et son air sincèrement démotivé voulait tout dire.
Finalement, elle soupira et ferma les yeux, vaincue.
***
Aux yeux de Severus, raccompagner Hermione Granger à sa tour était tout aussi plaisant que de la sauver des griffes de Macnair. Cela allait sans dire qu'il aurait préféré ne pas se trouver dans ce couloir, à cet instant.
En vérité, il aurait souhaité se trouver le plus loin possible d'elle. Il pensait sincèrement qu'il l'avait assez vu aujourd'hui, et qu'elle lui créait beaucoup trop de soucis. Beaucoup plus que nécessaire. Mais accepter de la raccompagner avait été le seul argument qui avait empêché ces deux abrutis de remonter en courant dans le bureau du Directeur pour ramener la jeune fille avec eux.
C'était pourquoi il était à présent condamné à traverser les couloirs sombres et silencieux du château, Hermione marchant à ses côtés. Ou Granger. Quoi que cela n'avait plus trop d'importance aujourd'hui. Il était fatigué de se corriger mentalement à chaque fois qu'il y pensait.
Malheureusement, il devait reconnaître qu'il y pensait un peu trop souvent.
De temps à autres, il lançait des regards discrets dans sa direction, comme pour juger la température de l'eau. Elle qui avait été si vive et animée quelques minutes plus tôt dans le bureau, lorsqu'ils s'étaient disputés de façon tout à fait ridicule, son teint était à présent devenu très pâle ; la faible lumière créée par son lumos ne faisait que rendre sa peau encore plus laiteuse.
La colère qu'il avait ressentie cet après-midi avait en grande partie disparue, remplacée par une tout autre sorte de sentiment, qu'il n'aimait vraiment pas du tout. Car cela ressemblait beaucoup trop à de la culpabilité, causée par la façon dont il l'avait traité juste après son agression. Et la culpabilité était vraiment un sentiment qu'il exécrait. Il avait déjà assez de raisons pour se sentir coupable quotidiennement, sans qu'elle vienne s'ajouter à sa liste.
Mais quoi qu'il en soit, il n'était pas prêt de lui faire ses excuses. Il était bien trop têtu et fier pour avouer ce genre d'erreurs.
« Je suis désolée. »
Il s'arrêta presque lorsqu'elle parla, reportant immédiatement son regard sur elle. « Pardon ? » demanda t-il immédiatement, n'étant pas sûr d'avoir bien entendu.
« Je suis désolée, » répéta t-elle, continuant d'avancer, les yeux rivés sur les ténèbres devant elle. « Je n'aurais jamais dû provoquer cette dispute idiote devant le Directeur. Et surtout, j'aurais dû prendre le temps de vous remercier pour m'avoir sortie de…de la situation dans laquelle je me trouvais… »
Cette fois-ci, il s'arrêta réellement, ayant peine à y croire. Elle avait fait plusieurs pas de plus avant de réaliser qu'il ne la suivait plus.
Se retournant, elle demeura immobile, le fixant. Ils étaient tous deux éclairés par le halot qui se dégageait de leur baguette respective, séparés par un mur de ténèbres.
A en juger par son expression légèrement troublée, elle ne comprenait pas son arrêt soudain. Et comment lui en vouloir ? Il ne se comprenait pas non plus.
Il ne comprenait pas grand-chose aujourd'hui.
La vérité était qu'il n'avait aucune envie de ressentir quoi que soit lorsque Hermione Granger était concernée. Mais à cet instant, il réalisait que ce souhait était bien trop idyllique. Dès l'instant où il avait décidé –ou plutôt que le destin avait décidé- de faire d'elle sa 'chance de survie', il avait cessé de la voir comme la simple élève qui passait son temps à l'irriter, avec ses manies et son attitude.
Cela faisait à peine deux semaines que les choses avaient commencé à changer, mais ce court laps de temps avait été suffisant pour qu'il commence à questionner la personne qu'elle était… ainsi que la personne qu'il était. Chose qu'il avait toujours évité de faire, depuis si longtemps. Il redoutait ce qu'il pourrait découvrir. Ce qu'il était devenu.
Mais malgré son instance à vouloir conserver un masque froid et impassible, malgré son désir de ne rien changer…pourquoi avait-il donc réagit si vivement, quelques heures plus tôt ? Profondément, il savait pertinemment que sa colère n'avait pas seulement été du au fait qu'elle s'était fourrée dans une telle situation en premier lieu. Il y avait plus. Un amas de pensées indistinctes et troublantes.
Il ne savait vraiment plus quoi penser, et cela le rendait inconfortable.
Il finit par secouer doucement la tête, tous deux se fixant toujours, immobiles au milieu des ténèbres. « Vous êtes vraiment une imbécile, vous savez ? » Il avait dit ces mots d'un ton dénué de toute nuance, si ce n'était une fatigue qui semblait les éreinter tous les deux, à cet instant.
Cette fois-ci, elle sembla comprendre ce qu'il sous entendait par cette remarque, car elle lui offrit l'ombre d'un sourire. « Je sais, » répondit-elle à voix basse, avant de se remettre à marcher.
Moins d'une seconde plus tard, il lui emboitait le pas.
Son regard restant fixement rivé sur cette forme qui éclairait la nuit.
***
Hermione n'arrivait pas à dormir.
Au vu de ce qu'il lui était arrivé la vieille, c'était compréhensible. N'importe qui dans sa situation aurait été sujet à des cauchemars pour le moins violents et réalistes. Mais ce n'était pas seulement ça. Ce n'était pas les cauchemars. Pour faire des cauchemars, il fallait déjà s'endormir en premier lieu. Or, elle avait beau se tourner et se retourner dans son lit, rien n'y faisait.
Elle s'était endormie comme un bébé la nuit précédente, totalement exténuée après les événements de la journée ; mais à son réveille, elle s'était sentit à peine reposée. Elle avait passé la journée plongée dans ses cours et ses leçons, ignorant les regards légèrement inquiets de ses amis, préférant rester dans un monde où elle savait qu'elle n'avait pas à réfléchir à ce qu'il s'était passé.
Mais lorsque la nuit était à nouveau venue, elle avait réalisé que demeurer dans le déni n'était pas si facile que cela. Elle ne pouvait pas arrêter de penser à ses parents, à ce que Macnair avait menacé de leur faire. Son cœur se brisait un peu plus dans sa poitrine à chaque fois qu'elle imaginait sa mère être victime de cette brute sanguinaire, ou son père, secoué de spasmes incontrôlables, hurlant, alors qu'un endoloris faisait brûler chaque muscle de son corps.
La vérité était qu'elle avait prit sa décision dans le bureau de Dumbledore, après l'intervention de Harry. Elle devait avouer que le refus du Directeur n'était pas surprenant en soit, même si cela n'en était pas moins douloureux, de savoir que la survie de ses parents n'était pas assez importante pour pousser le vieux sorcier à agir.
Mais pour Hermione, leur survie était capitale. Ils méritaient plus. Ils méritaient d'être protégés.
Si Dumbledore ne voulait pas l'aider, elle allait devoir prendre les choses en mains, sans son soutien. Elle était sûre qu'elle pouvait compter sur ses amis, quoi qu'elle décide. Harry avait été très clair en ce qui concernait sa loyauté. Et dès le lendemain, elle en parlerait avec lui et Ron.
Une chose était sûre, cependant ; si elle ne parvenait pas à dormir un peu, elle n'arriverait jamais à tenir la cadence.
Soupirant pour la énième fois de la nuit, elle éclaira sa montre à l'aide sa baguette. 2h54. Et dire qu'elle devait se lever dans quatre heures… A ce rythme là, elle ferait mieux de ne plus essayer du tout. S'avouant vaincue, elle s'extirpa de sous ses couvertures, avant de sortir l'ancien livre de potions de Snape de sa cachette –sa table de nuit. Le plus silencieusement possible, et elle se glissa ensuite hors du dortoir.
Elle descendit dans la salle commune, complètement déserte et ténébreuse, à cette heure de la nuit. Même le feu, qui semblait pourtant être éternel durant la journée et les dernières heures du soir, s'était éteint, pas même une braise éclairant l'antre. Elle s'approcha et le ralluma d'un rapide coup de baguette.
Instantanément, une bouffée de chaleur s'en éleva et l'enroba, la réchauffant des pieds à la tête. Soupirant de contentement, malgré sa fatigue, elle alla se caller dans son fauteuil préféré, non pas sans avoir attrapé une des draperies aux couleurs de sa maison qui trainait aux pieds d'une table. Ainsi pelotonnée confortablement, elle ouvrit à nouveau le bouquin.
« Ce livre est la propriété du Prince de Sang-Mêlé, » pouvait-elle lire sur la première page. Elle glissa son doigt sur l'encre, si profondément imprimée dans le papier après toutes ces années qu'elle avait le sentiment que rien ne pourrait la faire baver. Elle s'imagina un jeune Snape, penché sur l'ouvrage flambant neuf, notant cette inscription avec soin, mais aussi avec beaucoup de fierté.
Harry et Ron avait pensé pendant si longtemps qu'il s'agissait d'un véritable 'Prince', malgré les arguments contraires de Hermione. Elle avait plutôt eu tendance à penser qu'il s'agissait d'une fille, de par son écriture si soignée. Et puis, il y avait eu un tel savoir dans ce livre –en dépit de sa noirceur non pardonnable – qu'elle n'avait pu s'empêcher de penser à elle-même.
Ce surnom à lui tout seul donnait une impression de noblesse, qu'il avait sans l'ombre d'un doute recherché. Il était non seulement fier d'être un sang-mêlé, et non un sang pur, mais il avait également préféré utiliser le nom de sa mère pour mettre ses découvertes et son travail par écrit, plutôt que celui de son père. Elle savait qu'il l'avait détesté avec véhémence ; ce qu'elle avait ressenti en partageant ses souvenirs lui serrait encore l'estomac, quand elle y pensait.
Elle se retrouva à imaginer à quoi son enfance avait pu ressembler. A ce qu'elle avait vu et senti, son père avait été violent. Après les recherches qu'elle avait fait l'an passé, elle savait que sa mère avait été sorcière ; son père avait donc été moldu. Elle avait lu quelque part que la violence physique était plus récurrente dans les familles moldues que dans celles de sorciers…non pas que les sorciers soient incapables de violences, bien entendu. Mais c'était tellement typique d'un moldu, de taper sur sa femme et son enfant pour évacuer son propre mal être.
Parfois, elle se retrouvait réellement partagée entre ces deux mondes. Elle avait grandi comme une moldue, comme elle l'avait pensé avec tellement de force durant son agression ; cela était toujours une partie d'elle, même après plus de six années passées à Poudlard. Elle avait eu la chance de grandir dans une famille saine, qui lui avait toujours fourni tout l'amour et le soutien qu'elle avait pu désirer. Il y avait eu des moments de noirceurs, bien sûr, comme lorsque sa mère avait perdu sa petite sœur, ou quand sa grand-mère paternelle était décédée, seulement six mois avant son entré à Poudlard, ce qui avait totalement dévasté son père.
Mais elle savait qu'elle aurait pu connaître bien pire, tellement pire. Snape avait vécu dans une famille seulement à moitié moldue, et cela avait déjà résulté en de nombreux traumatismes, elle n'en doutait pas. Quand elle y pensait, c'était une triste réalisation. Sorciers ou moldus, les humains finissaient toujours par en venir à la violence.
Et Dumbledore qui continuait de croire, presque avec candeur, que l'amour était la plus grande force qui puisse exister, et qu'elle vaincrait tout le reste.
Ce fut avec ses mains toujours posées sur la première page du cahier que Hermione s'endormit, sans même s'en rendre compte.
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N/A : J'ai beaucoup hésité sur l'endroit où je devais finir ce chapitre. Initialement, je l'avais coupé ici, pour ensuite décider d'ajouter un bout du chapitre suivant, et créer un nouveau cliffhanger XD Mais je me suis dit que vous alliez vraiment me détester mdr Et puis, même si je sais que beaucoup aiment les longs chapitres, j'ai peur que TROP d'informations dans un chapitre soit parfois TROP :p M'enfin, ne vous plaignez pas trop, celui-ci fait encore 21 pages, et les prochains ne sont pas mieux ! XD
Malgré le manque d'avancement évident, ce chapitre me plait bien quand même (ce qui est rare ! J'ai tendance à détester ce que je fais après l'avoir écrit lol). J'espère qu'il vous aura plus :) Et au cas où vous ne l'auriez pas compris, Severus n'est pas le seul personnage masculin que j'adule. Harry est mon héro, malgré son manque de SEXYNESS évidente mdr
Dans le prochain, Hermione va tenter d'aller mettre ses parents à l'abri. Y arrivera t-elle ? Peut-être… Beaucoup d'interaction Hermione/Severus dans le prochain également :)
Promis, je me dépêche ! Continuez de m'envoyer des reviews, elles me rendent délirantes de joie, et me motivent énormément XD
Gros poutous ! Et bonne année à tous !! :D
PS : J'utilise rarement mes histoires pour faire de la pub, car je pense sincèrement que toute histoire mérite d'être reconnue…mais une fanfic en particulier sur notre couple préféré me plait ENORMEMENT, et je trouve qu'elle manque terriblement de review malgré sa qualité. Alors si vous aimez les Hermione et Severus bien écrites et réalistes, et que comme moi, vous êtes persuadé que Severus a survécu à la morsure de Nagini, allez lire «Recommencement» par Coincidence. Elle mérite vraiment plus de reconnaissance à mon avis !
