A l'approche de la nuit
Disclaimer: Je malmène encore ces pauvres personnages, mais ils ne m'appartiennent pas, étant l'entière propriété de J.K. Rowling.
Pairing: Hermione Granger / Severus Snape, mais je m'autorise quelques dérives ^^
Rating : T, mais au vu des idées qui remplissent mon esprit tordu, cela à te fortes chances de passer au M !
Note de l'auteur : Non, non, vous ne rêvez pas ! Après presque HUIT MOIS d'absence totale, je mets cette fic à jour ! Si si, c'est vrai XD Que dire ? Je suis déééééésoléééééeee ! Je suis une auteur impardonnable ! Avec encore 8 chapitres 'pré-écrits' en plus, je mérite des coups de pieds au derrière :D Mais savez ce que c'est…on se laisse emporter par le tourbillon de la vie, on devient temporairement (à nouveau) obsédé par d'autres passions qu'Harry Potter (comme Buffy ou House XD), notre muse est plus inspirée, on part 'définitivement' des USA après avoir vécu 2 ans là bas et on est tellement déprimée qu'on veut plus rien écrire…ce genre de chose :) Mais bonne nouvelle, 4 mois en France m'ont suffit, je RENTRE in the States dans une semaine, étrangement, ma muse est revenue, et je suis à nouveau à fond dans le HGSS ^^ En bref, IL Y A DE L'ESPOIR !
Aussi, je réponds normalement à tous mes reviewers, mais étant donné le temps qui s'est écoulé…ce sera donc un remerciement commun cette fois ! Merci à Lunashura, Gribouille1, Cissaspae, Ellana-san, Ortence, Poussinette, Eileen19, sandra, Me, xMaladictx, randam, khalie, maude, cixy, Alatariel Melawen, MAHA1959, Magri, Doomsday'Snape, tchoubidou eeeeet vous pouvez particulièrement remerciez Silf, qui m'a laissé une review…hier soir XD J'ai réalisé qu'il y avait encore des gens qui liraient, même après tant d'absence, donc UN GROS GROS MERCI A TOUS !
Et maintenant, un petite résumé, car je me doute qu'il n'y en a pas beaucoup qui seront motivés à tout relire XD (au pire, le dernier pour se remettre dans le bain ?) Severus chéri, il a fait un Serment inviolable quand il était en cinquième année avec Debbie, une fille de Gryffondor totalement obsédée par notre Snape, et qui a en plus le pouvoir d'utiliser les gens comme des marionnettes (sauf Severus). Elle arrive à lui faire promettre de 'coucher avec une née moldue vierge à Poudlard' (=Lily). Sauf que 20 ans plus tard, il l'a toujours pas fait, et que s'il le fait pas avant mai de cette année là, il mourra. Il va donc devoir séduire Hermione (qui n'est en fait plus vierge, mais chut). Entre temps, Hermione se fait attaquer par un Mangemort, qui menace ses parents Dumbledore ne veut/peut pas l'aider à protéger ses parents. Elle va donc prendre les choses en main (en compagnie de Severus), et les envoie en Australie…malheureusement, ils meurent dans l'avion qui les emmène là bas…Voilà :D
Je reviens donc avec un chapitre très gai XD
Dernière note : Je n'ai pas envoyé ce chapitre à ma beta ! Et oui, après tout ce temps, je me sens un peu bête de l'emailé et de lui dire « Coucou, ça va depuis 8 mois ? Dis, tu me corriges ce chapitre ? » XD J'éditerais si je le fais corriger correctement ^^
Chapitre Onze : Désillusions
Automne 1977
Il avait su qu'elle viendrait.
Non, ce n'était pas tout à fait exact. Il avait espéré qu'elle viendrait. Car même dans cette situation, malgré sa douleur, sa colère, et son incompréhension totale, il pensait toujours à elle.
Il avait été assis sur le parapet de la Tour d'Astronomie depuis un long, très long moment, lorsqu'il avait entendu sa voix derrière lui.
« Tu sais que tu vas te tuer à faire ça ? »
Il n'eut pas besoin de se retourner jamais il ne pourrait oublier sa voix. Ignorant sa remarque, il porta à nouveau la cigarette à ses lèvres, avant d'en prendre une longue bouffée. Lorsqu'il expira, il observa le long et fin nuage de fumée s'évanouir dans le ciel noir.
Et puis elle se retrouva près de lui, accoudée aux pierres, et une simple inspiration suffit à emplir son esprit et ses poumons d'une toute autre odeur que celle émanant de la cigarette. Son odeur. Il retint le désir soudain de fermer les yeux, douloureusement. Combien de temps avait passé depuis qu'elle avait été assez proche de lui pour qu'il puisse respirer cette fragrance si particulière ?
Il n'avait aucune envie de faire le calcul, mais il savait que cela faisait définitivement plus d'un an.
Il ne lui demanda pas pourquoi elle était là. Il en connaissait la raison les rumeurs parcouraient toujours Poudlard à une telle vitesse. Il n'avait également aucune envie de lui demander qu'elle était ses réelles motivations. A quoi bon s'infliger une douleur supplémentaire ?
Réalisant qu'il n'était pas prêt d'initier la conversion, elle fit donc le premier pas :
« Je suis vraiment désolée pour ta mère, Severus… » dit-elle alors doucement, et il pouvait sentir son regard sur lui. « Dès que j'ai appris, j'ai… »
Elle fut incapable de finir sa phrase, et la détermination de Severus flancha ne pouvant s'en empêcher plus longtemps, il tourna son regard vers elle, mais elle avait baissé les yeux, l'air misérable. Après quelques instants de silence supplémentaire, cependant, elle leva à nouveau la tête, et leurs regards se rencontrèrent.
Instantanément, il sentit ses entrailles se tordre et son cœur s'accélérer dans sa poitrine. Peu importait combien d'années passeraient, ou le gouffre qui continuerait de s'agrandir entre eux, ses yeux auraient toujours un pouvoir sans limite sur lui.
Piqué au plus profond de son être par cette simple constatation –qui n'était pourtant pas nouvelle- il détourna à son tour les yeux, reportant son regard sur le lointain paysage nocturne, et glissa à nouveau la cigarette entre ses lèvres.
Le silence s'étira, d'une façon qui devait la rendre inconfortable. Le silence n'avait jamais été un problème pour lui c'était même son atmosphère préférée. Lily, d'un autre côté, était bien trop pleine de vie et d'énergie pour le laisser s'installer dans une conversation. Plus jeune, il avait passé des heures à l'écouter parler, de tout et de rien, se concentrant plus sur les détails de son visage que sur ses mots, qu'il enregistrait tout de même dans un recoin de son esprit. C'était pourquoi il savait avec certitude que ces deux minutes de silence, qui semblaient s'étirer à l'infini, prendraient très bientôt fin. Elle ne pourrait pas le supporter plus longtemps.
Gagné.
« Tu as décidé de m'ignorer, maintenant ? » finit-elle par demander, d'une voix définitivement irritée.
Cette remarque le força à glisser à nouveau les yeux dans sa direction, incapable de ne pas ressentir un pincement douloureux en entendant sa remarque : « C'est très hypocrite de ta part, tu ne trouves pas ? »
Elle soutint son regard pendant quelques secondes, avant de baisser les yeux, ses joues prenant une teinte nettement plus rosée. Tout comme lui, elle était loin d'avoir oublié la façon dont leur amitié avait pris fin, de façon plus qu'abrupte, il y avait de cela plus d'un an. Il avait tenté, par tous les moyens, de se faire pardonner. Il avait été jusqu'à la supplier, à plusieurs occasions.
Et elle, elle l'avait ignoré. Hypocrite, en effet.
« Tu n'étais pas obligée de recommencer à me parler simplement parce que ma mère est morte, » continua t-il d'un ton presque froid. Ces mots, malgré le nombre de fois qu'il se les était répétés, lui semblaient toujours tellement étranges.
« Je… » commença-t-elle, avant de se stopper, poussant un soupir légèrement tremblant. « Je sais à quel point tu l'aimais, Severus, et c'est le genre de tragédie que je ne souhaite à personne… surtout pas à toi. »
A quel point tu l'aimes, la corrigea-t-il intérieurement, sentant cette insupportable boule douloureuse refaire son apparition dans sa gorge.
Tout ceci était tellement surréel. Il avait lu la lettre du Ministère, il avait entendu les paroles de Dumbledore, et pourtant… Depuis qu'il était entré à Poudlard, il ne rentrait chez lui que pour les vacances d'été il était habitué à ne pas voir sa mère pendant de longs mois, plusieurs semaines passant parfois sans aucune nouvelle. Cela rendait la réalité dure à accepter.
Et pourtant, il savait. Il savait. La façon dont elle était morte était sa plus grande preuve.
« Mon père l'a battue, » annonça-t-il alors d'une voix trop plate pour être crédible, lançant son mégot de cigarette dans le vide avec un peu trop de force. « Il l'a battue jusqu'à son crâne se fracture en deux endroits, sans parler des autres os qu'il a brisé, avant de la laisser inconsciente au sol. Avec une hémorragie interne. »
Cette fois-ci, ce furent ses doigts qu'il sentit contre sa peau, alors qu'elle glissait sa main sur la sienne. L'espace d'un instant, il voulu presque la retirer, car il savait que tout contact était dangereux tout ce qu'il risquait d'arriver, c'était de voir ses pitoyables espoirs à peine endormis se réveiller à nouveau. Mais il ne bougea pas.
« Severus… » Murmura-t-elle, incapable une fois encore de trouver les mots justes.
« La police n'a pas réussi à le localiser, » continua-t-il, comme si elle n'avait pas parlé. « Il y a tellement de sortilège qui peuvent le localiser… Je pourrais le retrouver en moins de dix minutes. »
Et je lui ferais payer, pensa t-il, avec une rage qu'il pouvait à peine contenir, à la simple pensée de son père.
Ses doigts se resserrèrent autour des siens, presque durement. « Ne fais pas ça. Cela ne sert à rien, tu gâcherais ta vie. Il n'en vaut pas la peine. » Sa voix était tendue, presque nerveuse, comme si elle savait ce qui lui passait par la tête.
Il l'avait envisagé, après tout. Combien de fois l'avait-il envisagé, en plus de dix-sept ans ? Combien de fois, au cours de ces dernières vingt-quatre heures ?
Il glissa sa main hors de la sienne, continuant d'éviter son regard. « Je ne suis pas un tueur, » fut tout ce qu'il répondit.
Ce qu'il pensait en réalité était 'Je ne suis pas comme lui.' Car c'était une de ses plus grandes terreurs secrètes bien entendu, de se voir devenir comme son père. Froid, méprisant, violent.
Son autre grande terreur –voir sa mère mourir sous les coups de son père, étant devenu réalité, c'était celle-ci qui lui causerait le plus de cauchemar, à présent.
« Je sais, Severus, » répondit Lily, « mais je sais aussi à quel point tu… » Elle laissa sa phrase en suspend.
Il se tourna vers elle, son masque froid toujours en place : « 'A quel point je' quoi ? A quel point je HAIS ce salopard ? » Il laissa un rire froid lui échapper, détournant les yeux il ne voulait pas voir l'étincelle qui brillerait dans ses yeux émeraudes quand il prononcerait les mots suivants. « Je vois que tu as quand même retenu une ou deux choses dans tout ce qu'on s'est dit pendant six ans. »
Il ne vit pas l'étincelle douloureuse que ses mots causèrent, non, mais il pu presque la sentir. C'était comme si une vague glaciale venait de s'élever entre eux.
« Ce que tu dis n'est pas juste, » dit-elle d'un ton à présent aussi froid que le sien. « Tu sais très bien que je me souviens de toutes nos discussions. De toutes les heures qu'on a passé ensembles. Et tu sais également pourquoi on a arrêté de se parler. »
« Tu veux dire la raison pour laquelle tu as arrêté de me parler, » la corrigea-t-il avec sarcasme, lui offrant son plus beau sourire mesquin. « Comment va Potter, en fait ? »
Le rouge lui monta une nouvelle fois aux joues, violemment l'espace d'une seconde, il cru bien qu'elle allait le gifler.
« Ca n'a absolument rien à voir, et tu le sais parfaitement, » répliqua-t-elle avec véhémence.
« Ah. Donc toutes ces rumeurs qui courent dans le château, disant que tu lui nettoies son balai après chaque entraînement de Quidditch sont fausses alors ? »
Cette fois-ci, elle le gifla, et le son résonna dans la nuit.
La douleur fut brève, mais intense, et l'espace d'un instant, il apprécia cette douleur physique. Car il comprenait ce genre de peine, et surtout, il savait qu'elle disparaîtrait totalement avant même que l'heure ne passe.
Il ferma les yeux, et les garda fermés un long moment, sa gorge étant redevenue atrocement douloureuse. Il avala convulsivement.
Il ne pleurerait pas devant elle. Jamais devant elle.
« Severus… » murmura-t-elle d'une voix enrouée. « Je suis désolée… »
Rouvrant finalement les yeux, il réalisa avec surprise que c'était elle qui pleurait. Il la fixa, éberlué, incapable de dire quoi que ce soit.
Elle garda son regard baissé sur ses mains, reniflant doucement. « Malgré ce que tu penses, j'ai réellement arrêté de te parler pour les raisons que je t'ai donné à l'époque et… et je sais que malheureusement, ces raisons là sont loin d'avoir changé… Mais cela ne change rien au fait que mon meilleur ami me manque. »
Ces mots, s'il les avait entendu seulement quelques jours plus tôt, lui aurait fait un bien fou. Malgré l'aspect négatif qui résonnait dans ses paroles, il aurait été tellement motivé par cette minuscule note d'espoir qui en ressortait qu'il aurait fait des pieds et des mains pour reconquérir sa confiance.
Mais à présent…
A présent, tout ceci était simplement quelque chose d'autre qui l'empêcherait de dormir la nuit, remplissant sa tête de mots et de pensées incohérentes et insupportables.
« Tu me manques aussi, Lily… » finit-il pourtant par dire, incapable de cacher le creux dans sa voix lorsqu'il prononça son nom. « Et elle aussi… »
Il ne dit rien de plus, ayant trop peur de se laisser aller, de laisser la tempête qui envahissait ses entrailles l'engloutir. Il était également incapable de glisser à nouveau ses yeux dans les siens, car il savait que ce qu'il y trouverait l'engloutirait tout autant.
Alors, chacun ignorant le regard de l'autre, elle passa un bras autour de lui, et posa doucement sa tête sur son épaule.
Et il la laissa faire.
L'espace de cette rencontre, ils pouvaient prétendre qu'ils étaient toujours amis.
Novembre 1997
Jamais Hermione n'avait eu l'impression que son corps pesait aussi lourd.
La seule chose qui se rapprochait le plus de cette sensation avait été son réveil en fin de deuxième année, après qu'elle se soit retrouvée paralysée pendant plusieurs semaines à cause du Basilique. A cette époque, son corps avait été raidi et légèrement douloureux, rien qu'une potion de Mme Pomfresh n'avait pu soigner.
A présent, elle doutait qu'un quelconque breuvage parvienne à apaiser la douleur qui enserrait son cœur.
Elle ne voulait pas ouvrir les yeux. Cela faisait un long moment à présent qu'elle s'était réveillée, sortant d'un sommeil sans rêve –un souvenir flou semblait indiquer qu'une potion prévue à cet effet lui avait été administrée.
Elle était réveillée, et avait parfaitement conscience de ce qu'il se passait. Ou plutôt de ce qu'il s'était passé. C'était bien pour cette raison qu'elle ne voulait pas ouvrir les yeux. Elle s'accrochait à cet espoir fou, qui lui murmurait à l'oreille que si elle restait ainsi, roulée en boule sous les draps, ignorant le reste du monde, le reste du monde l'ignorerait en retour.
Mais tout ceci n'était que balivernes, et elle le savait parfaitement.
Il y eu un mouvement à ses côtés la respiration demeura lourde et profonde, cependant, prouvant que la personne se trouvant allongée à ses côtés était toujours profondément endormie. Cela ne la dérangeait pas particulièrement, que quelqu'un ai passé toute la nuit avec elle, quelque soit son identité mais c'était une autre des raisons pour laquelle elle voulait rester dans les ténèbres.
Elle ne voulait pas parler à qui que ce soit. Tout ce qu'elle voulait, c'était resté au fond de son lit. Ou qu'on lui lance un 'Oubliette', peut-être.
Mais cette simple pensé lui rappela instantanément la raison pour laquelle ses parents s'étaient trouvés dans cet avion en premier lieu, et une vague de douleur déferla en elle elle se recroquevilla un peu plus sur elle-même, comme si elle pouvait disparaître dans le matelas. Mais le mal était fait, et les mots résonnaient en elle sans répit.
Parents. Avion. Parents. Avions. Parents. Avions. Parents. Avions…
C'était tellement stupide, quand elle y pensait.
Les risques de mourir dans un accident d'avion étaient si faibles. Cela était une telle coïncidence, que ses parents, sous de nouvelles identités, se soient retrouvés dans cet avion-là. Plus elle y pensait, plus elle réalisait la rapidité avec laquelle elle avait accepté la nouvelle. C'était comme si les jours qui avaient précédés l'annonce de leur mort avaient été emplis de ce terrible doute.
Mais pourquoi devait-elle y croire, après tout ? C'était peut-être la faute des Mangemorts ils avaient découverts ce qu'elle avait fait, et avaient décidé de masquer leur action en faisant passer leurs meurtres pour un accident.
Malheureusement, cette pensée en elle-même était tout aussi stupide que la façon dont ses parents avaient –apparemment- trouvé la mort. Elle était loin de penser rationnellement à cet instant.
Elle rouvrit finalement les yeux, incapable de rester une seconde de plus enfermée dans sa propre tête. Elle ne vit que ses propres draps, ce qui n'était pas étonnant, à la façon dont elle était recroquevillée sur elle-même.
Bougeant lentement, ne voulant pas réveiller la personne endormie derrière elle, elle se retourna, jusqu'à ce qu'elle puisse finalement le voir.
Harry était bel et bien profondément endormi, prostré au bord du lit, comme s'il avait cherché à lui laisser le plus d'espace possible. Un bras replié et calé sous sa tête lui servait d'oreiller. Ses cheveux étaient plus désordonnés que jamais, et il n'avait pas enlevé ses lunettes, qui avaient pris un angle particulièrement étrange. Malgré ses mèches rebelles et la pénombre générale –mais pas totale, ce qui voulait dire que le jour était levé – sa cicatrice était toujours aussi visible.
Non pas pour la première fois, elle se demanda quel effet cela faisait, de porter un tel souvenir du jour le plus affreux de sa vie sur son visage, exposé à la vue de tous. Mais pour la première fois, elle eut une toute autre appréciation de la chose…voir même de son meilleur ami.
Dans un silence total, seulement brisé par ses lourdes respirations, elle resta immobile à le fixer, l'observant dormir. De le voir si calme et détendu, cela lui fournit un éphémère moment de calme intérieur, son esprit se vidant enfin.
Et puis, sans aucune raison particulière, il ouvrit les yeux. Et de la trouver ainsi, à le fixer sans siller, cela dû le surprendre…à en juger par sa prise d'oxygène soudaine et bruyante, avant qu'il ne se redresse vivement.
Et tombe pour le moins lourdement du lit.
Par pur réflexe, Hermione se redressa à son tour. « Harry ! »
Il réapparu immédiatement, les joues en feu et l'air plus embarrassé que jamais.
« Ça va, ça va… » marmonna-t-il, recalant ses lunettes sur son nez.
En d'autre circonstances, elle aurait sans aucun doute rit, face à ce réveil pour le moins brutal. Mais à l'heure actuelle, elle n'avait absolument aucune envie de rire. Car l'anormalité de cette situation était prouvée par le simple fait que Harry se soit trouvé à dormir dans son lit en premier lieu. Cette pensée la poussa à poser la question suivante.
« Comment-ça se fait que tu ai pu monter dans le dortoir des filles ? » Sa voix était neutre, plus fatiguée qu'intéressée.
Comme quoi, quelle que soit la situation, sa satanée curiosité ne disparaissait jamais totalement.
Toujours légèrement gêné, Harry s'assit au bord du lit, posant un regard sérieux sur elle. « Autorisation exceptionnelle. Dumbledore a désactivé le sort pour que je puisse monter quand je suis rentré. »
Hermione aurait sans doute dû lui demander où il était allé, pour qu'il doive rentrer, mais sa vague de curiosité semblait s'être évanouie aussi rapidement qu'elle était apparue. A la place, un malaise sourd et désagréable reprit sa place, malaise qu'elle ressentait avec de plus en plus de force depuis qu'elle s'était réveillée. Elle baissa donc les yeux, incapable de soutenir le regard de son ami.
Elle savait exactement pourquoi il était ici, et ce n'était pas seulement parce qu'il était son ami et qu'il s'inquiétait pour elle. Ce n'était pas Ron qui était venu dormir à ses côtés, et ce n'était pas non plus à cause de ce qu'il s'était passé entre eux cet été. C'était Harry qui était là, peut-être de son plein gré, peut-être sous la suggestion de quelqu'un.
Il était là, car de ses rares amis, il était le seul dont les parents étaient morts. Comme elle. Cette pensée à elle seule lui brisa le cœur elle sentit son visage se contracter douloureusement, exprimant le chagrin qui traversait l'ensemble de son être en discontinu à présent.
Etait-ce la façon dont cela commençait ? Elle allait finir par craquer, et dès qu'elle se mettrait à pleurer, elle ne pourrait plus s'arrêter ?
Mais quelque chose se réveilla dans son esprit. Un autre souvenir flou, qui datait de la nuit dernière, du moment où elle avait appris la mort de ses parents. Elle avait déjà craqué. Elle avait pleuré, sangloté, comme si cela ne prendrait jamais fin.
Et elle l'avait fait entre les bras de Snape.
Au lieu de la déranger ou de la faire paniquer, comme cela aurait été le cas seulement un mois plus tôt, cela lui donna un étrange sentiment de…normalité. Comme si craquer entre les bras de son professeur de Potions avait été quelque chose de toute à fait logique. Ce qui n'était pas réellement le cas.
Mais après tout, ses parents n'étaient pas non plus sensés mourir dans un accident d'avion en direction de l'Australie.
« Est-ce que ce serait stupide de ma part d'imaginer que tu es resté à mes côtés pour me dire à mon réveil que tout ceci n'était qu'un terrible cauchemar ? » demanda-t-elle doucement, la gorge serrée, avant de finalement relever les yeux vers lui.
L'expression sur le visage de Harry parlait d'elle-même, et elle fut obligée de refermer brièvement les yeux.
Ce retour brutal à la réalité lui éclaircissait réellement les idées à présent –malheureusement- et les pièces du puzzle commençaient à s'assembler et à prendre sens. Harry était venu s'allonger à côté d'elle quand il était rentré. Ce qui voulait dire qu'il voulait lui montrer quelqu'un chose à son réveil.
Quelque chose qu'elle avait besoin de voir.
« Tu as été dans le monde des Moldus, » dit-elle alors, en rouvrant les yeux. Ce n'était pas une question.
L'air grave, Harry hocha la tête. « J'y suis allé dès que Dumbledore nous a appris la nouvelle. Il ne voulait pas me laisser sortir, mais je ne lui ai pas vraiment laissé le choix. » Une autre remarque qui aurait dû la faire sourire, s'imaginant parfaitement la scène. « Finalement, il a accepté, en me faisant accompagner de trois Aurores. »
Il se détourna brièvement et se pencha pour attraper quelque chose qui était par terre l'espace d'une seconde, Hermione pensa qu'il s'agissait peut-être de sa baguette, qui était tombée en même temps que lui. Mais lorsqu'il se redressa, ce qu'il tenait entre ses mains était…un journal. Et à en juger par les photos immobiles qu'elle pouvait voir à l'arrière page, il ne s'agissait pas d'un journal sorcier.
Immédiatement, son cœur s'accéléra dans sa poitrine, et une vague de nausée la traversa lorsqu'elle réalisa de quoi il s'agissait. Sa respiration s'accéléra également, suivant le rythme de son cœur.
« Tu n'as pas besoin de le lire, Hermione, » lui dit Harry d'une voix douce. « Mais…j'ai pensé que tu aimerais…en avoir le cœur net, et savoir ce qu'il s'est vraiment passé. Après…après la mort de Sirius, j'ai tenté par tous les moyens de me prouver qu'il n'était pas réellement…parti. Et chaque retour à la réalité était encore plus douloureux. Je souhaiterai t'éviter ce genre de peine. »
Hermione avala convulsivement sa salive, se sentant incapable de parler à cet instant. Elle jeta un coup d'œil au journal, puis à Harry, avant de détourner les yeux, essuyant rapidement une larme qui avait roulé sur sa joue.
« Est-ce que… » Sa voix se coinça dans sa gorge, et elle prit une inspiration tremblante. « Est-ce que ça explique… »
Mais elle fut incapable de terminer, la boule obstruant sa gorge étant devenue si douloureuse et immense que plus aucun son, à part peut-être un gémissement, ne pouvait s'échapper d'elle de nouvelles larmes glissèrent sur ses joues, et elle ne prit même pas la peine de les essuyer cette fois-ci.
Il hocha solennellement la tête, son expression contractée et tendue de toute évidence, la voir ainsi le faisait souffrir. « Je sais que ça ne t'expliquera pas pourquoi c'est arrivé…rien ne pourra jamais vraiment l'expliquer totalement… mais ils expliquent les…raisons de l'accident. »
A ces simples mots, un violent sanglot s'échappa d'elle, et elle enfoui son visage contre ses genoux repliés. Jusqu'à présent, elle était parvenue à garder une certaine contenance quelque part, une partie d'elle continuait d'espérer que tout ceci était une erreur, une grossière erreur, cela devait être une erreur voyons. Mais les mots de Harry venaient de confirmer sa plus grande peur.
La réalité.
Sans un mot de plus, Harry glissa plus près d'elle et l'entoura de ses bras, la serrant fermement contre lui. Et elle pleura. Elle pleura pendant un temps indéterminé, jusqu'à ce que sa gorge, déjà douloureuse, l'élance avec tellement de force qu'il lui était difficile d'avaler sa salive. Finalement, lorsque ses pleurs se résumèrent à de simples hoquets, elle se décolla de lui, remarquant du coin de l'œil qu'il évitait de croiser son regard. Si elle avait cherché à le regarder plus en détail, elle aurait peut-être remarqué qu'elle n'était pas la seule à avoir les yeux rougis. Mais elle comprenait pourquoi il ne voulait pas laisser sa propre faiblesse apparaître.
« Je vais descendre, » dit-il d'une voix rauque en se relevant, tentant de renifler discrètement. « Prends autant de temps que tu veux…On t'attendra en bas aussi longtemps qu'il le faudra. »
Puis, comme frappé par une inspiration soudaine, il se baissa et déposa un baiser sur son front. Lorsqu'il se redressa, elle lui offrit l'ombre d'un sourire, qui exprimait parfaitement sa reconnaissance. Puis, il sortit, et elle se retrouva seule dans la chambre.
Seule avec le journal.
Elle fixa l'objet qui se trouvait à seulement quelques centimètres de ses mains pendant un temps indéterminé, un violent combat faisant rage en elle. Elle voulait lire, et découvrir la vérité, tout en redoutant cette idée avec ferveur. Elle ne voulait pas, vraiment pas; elle voulait simplement oublier. Etait-ce si difficile à comprendre ?
Finalement, après un autre long moment de contemplation immobile, elle tendit une main légèrement tremblante vers le journal et s'en saisit. Elle le retourna, et immédiatement, l'image en première page provoqua la monter de nouvelles larmes dans ses yeux. Il s'agissait de toute évidence d'un cliché présentant les restes de l'avion, flottant au milieu de l'océan Pacifique.
Elle plaqua le journal contre sa poitrine, se forçant à prendre une profonde respiration pour tenter de retrouver un certain calme, avant de ramener l'article devant ses yeux et de commencer à lire.
***
La tension qui régnait dans la pièce était presque palpable, avant même que Dumbledore les rejoigne.
Debout près de la cheminée, Severus observait ses collègues, silencieusement, notant les regards sombres que certains s'échangeaient. Ils savaient. Ils ignoraient peut-être les détails de la situation, mais le Directeur avait demandé ce genre de 'réunion exceptionnelle' assez souvent dans le passé pour que tous sachent parfaitement ce qui allait suivre.
Il y avait eu un décès, voir plusieurs, et cela avait sans aucun doute un rapport avec un élève de l'école. Depuis le retour officiel du Seigneur des Ténèbres, cela avait été le cas un peu trop souvent. Dumbledore regroupait le corps enseignant, et annonçait la nouvelle les professeurs discutaient et partageaient leurs émotions, se mettant d'accord sur le fait que l'élève en question serait traité avec respect et attention dans les semaines à suivre. Toujours le même refrain, qui avait toujours laissé Severus froid et inexpressif cela ne l'aidait pas à améliorer sa réputation dans le corps enseignant bien sûr, mais il s'en fichait. La mort était une réalité qu'il avait accepté depuis si longtemps qu'il n'arrivait plus à se souvenir d'un temps où elle n'avait pas fait parti de sa vie. Il n'avait pas de temps ou de pensées à gaspiller sur un pauvre malheureux en deuil.
Alors pourquoi ses pensées ne cessaient-elles de se tourner inlassablement sur la personne qui serait bientôt au centre de la discussion ?
Hermione Granger envahissait bien trop souvent ses pensées, depuis quelques temps, et il n'était pas sûr d'apprécier ce phénomène. Mais ce n'était pas comme s'il pouvait simplement recommencer à l'ignorer. Surtout pas après ce qu'il s'était passé la veille, dans son bureau.
Car aussi dérangeant –pour ne pas dire humiliant- que cela puisse être, il se savait troublé par ce qu'il avait vu. Alors qu'il n'avait vraiment aucune raison de l'être. Il avait vu tellement de gens pleurer au cours de sa vie, la moitié rien que dans sa salle de classe et par sa faute. Il avait vu des femmes sangloter sur les corps sans vie de leur mari ou de leurs enfants, avant qu'elles soient elles-mêmes tuer par des Mangemorts. Pourquoi donc le fait de voir Hermione littéralement se briser entre ses bras ne le laissait pas indifférent ? C'était exactement l'effet qu'il avait recherché, après tout, quand il avait tenté par tous les moyens de la ramener à la réalité. Peut-être était-ce sa proximité à ce moment là, et l'intensité de son chagrin…mais à nouveau, rien qu'il n'ait pas déjà connu dans le passé. Ou bien cela était dû au fait que si peu de temps auparavant, il avait entre-aperçu le monde dans lequel elle avait grandi, le monde qu'elle venait de voir s'écrouler sous ses yeux, en apprenant la mort de ses parents.
Ou était-ce autre chose ? Quelque chose en rapport avec ce qu'il avait à faire ?
Mais il ne pouvait se résoudre à penser que son trouble avait quoi que ce soit à voir avec le Serment. A cet instant, l'idée même de devoir faire quoi que ce soit avec la jeune fille en deuil lui donnait la nausée. C'était tellement…immoral. Ce genre de pensée, venant de lui, était presque risible. Cependant, malgré les rumeurs et ses actions, il possédait une certaine dose de moralité. Il n'aurait simplement jamais pensé que sa fibre morale ressurgirait aussi souvent -et avec tellement de force- lorsqu'il s'agissait de Hermione-je sais tout- Granger.
Non pas pour la première fois depuis qu'il s'était placé près de la cheminé, Severus fut tiré de ses pensées par la désagréable sensation que quelqu'un l'observait. Il ne cherchait pas à croiser ce regard, pourtant, sachant pertinemment qu'il s'agissait de Debbie. Il n'avait absolument aucune envie de subir ses petites remarques aujourd'hui.
Dumbledore entra enfin dans la salle, et les murmures de discussions s'éteignirent immédiatement, tous les regards se fixant sur le vieux sorcier.
« Merci à tous d'être venus, » commença le Directeur sans préambule, d'une voix clairement fatiguée et tendue. « Comme vous devez malheureusement l'avoir compris, il y a eu de nouveau décès. Il s'agit des parents de Miss Hermione Granger. »
A cette annonce, comme Severus s'y était attendu, des exclamations choquées se firent entendre, et des masques horrifiés prirent place sur le visage de la plupart des professeurs. Hermione était bien entendu très populaire dans le corps enseignant.
« Etait-ce des Mangemorts ? » demanda alors le professeur Vector, dont le teint très pâle. Tous savaient ce qu'elle insinuait. Car tous savaient qu'Hermione Granger était de descendance Moldue –en plus d'être la meilleure amie d'Harry Potter.
Dumbledore secoua la tête. « Non. Il s'agit en réalité d'un accident d'avion, d'un accident…naturel. Il y a toujours la possibilité que les Mangemorts soient responsables de cet accident, mais cela me semble très peu probable. »
Il laissa les professeurs échanger encore quelques murmures avant de reprendre : « Inutile bien sûr de préciser que Miss Granger va avoir besoin de soutien et de compréhension, dans les semaines à suivre. Il y a également le problème de l'enterrement de ses parents, qui aura lieu dès demain, dans le monde Moldu. Je souhaiterais que l'un de vous l'accompagne, autant pour sa protection que pour lui apporter un support émotionnel. »
« J'accompagnerai Miss Granger. »
A la surprise de tous –en particulier de lui-même -c'était Severus qui avait parlé.
Il se maudit immédiatement, bien qu'il prenne soin de ne pas laisser le moindre trouble transparaître à travers son masque imperturbable.
Ce fut d'abord un silence choqué qui s'installa dans l'assemblée, avant que la voix de Minerva McGonagall s'élève, presque outrée : « Sans vouloir paraître insultante, je ne pense pas ce que tu sois le candidat idéal pour ce genre de responsabilité, Severus. »
Il tourna un regard très froid sur la vieille sorcière, qui en frissonna presque : « Je ne suis pas moins inepte que toi, Minerva. Je ne pense pas que Miss Granger ai besoin d'être maternée, dans ce genre de situation. Tu risquerais de l'étouffer sous tes cajoleries. »
Les joues jusqu'alors pâles de la Directrice de Gryffondor s'empourprèrent instantanément. « Je pense personnellement qu'un minimum de compassion durant un deuil est définitivement préférable à des remarques acerbes et moqueuses. Nous savons tous que tu ne portes pas Hermione Granger dans ton cœur. Tu ne ferais qu'aggraver sa détresse. »
« S'il vous plait, » les rappela alors Dumbledore à l'ordre d'un ton bien plus sec qu'habituellement. « Ce n'est absolument pas le moment pour ce genre de rivalités idiotes. Severus, merci de vous être proposé. Si vos collègues veulent bien quitter la salle, nous pourrons discuter des modalités. »
Un autre moment de flottement suivit la –choquante- acceptation de Dumbledore, avant que sorciers et sorcières commencent à se diriger vers la sortie. Severus vit du coin de l'œil que Debbie cherchait toujours son regard –il sortirait par l'autre porte, pour être sûr de ne pas tomber sur elle. Minerva bougea également, mais elle ignora totalement la porte, se rapprochant du Directeur d'un pas vif et clairement énervé.
« Albus, » s'exclama-t-elle, usant de ce ton qui terrifiait tellement ses élèves. « Je me dois d'insister. Hermione va avoir besoin de soutien, de chaleur et d'une épaule sur laquelle pleurer. La laisser en compagnie de Severus me semble totalement- »
Mais Dumbledore leva sa main gauche, la stoppant dans sa tirade, et lui offrant son regard le plus appuyé. « Je comprends votre inquiétude, Minerva, mais je pense aussi que vous sous-estimez votre collègue, ou que vous le voyez comme plus cruel qu'il ne l'ai vraiment. »
« Ou que vous oubliez le fait que ce collège se trouve à moins d'un mètre de vous, » ajouta Severus de son ton le plus sarcastique. A chaque seconde qui passait, il regrettait de plus en plus son offre irréfléchie. Mais à présent, son irritation envers Minerva McGonagall était elle qu'il aurait préféré donner cinquante points à Poufsouffle plutôt que de lui donner raison en se rétractant.
« Je souhaiterais parler à Severus seul à seul, à présent, » répéta enfin Dumbledore au professeur de métamorphoses, dont les joues étaient toujours joliment colorées.
Malgré son outrage, elle dû comprendre qu'elle avait perdu cette bataille, car elle finit par sortir à son tour, non pas sans un dernier reniflement indigné.
Severus, qui l'avait regardé partir en retenant un sourire satisfait, reporta son attention sur Dumbledore. Ce dernier le fixait à présent de son habituel regard perçant.
« Y a-t-il une raison particulière qui vous pousse à vouloir accompagner Miss Granger ? » demanda t-il d'un ton neutre mais Severus n'était pas dupe, il savait que derrière son calme légendaire, le vieux fou devait être tout aussi surpris que les autres par son initiative tellement…inattendue.
« Non, monsieur, » répondit-il sans un instant d'hésitation. Il n'éprouva pas le besoin d'argumenter.
Son regard devint presque dubitatif, avant qu'il n'ajoute : «J'ose espérer que vous avez réalisé que je suis au courant de l'escapade de Miss Granger, durant laquelle elle a modifié la mémoire de ses parents avant de les envoyer vers l'Australie. Ou bien que je sais que vous l'avez accompagné cette nuit là, en dépit du fait que vous ne m'en avez rien dit. »
Severus fut à peine surpris par cette révélation. Il connaissait Dumbledore depuis si longtemps qu'il savait qu'il était pour ainsi dire impossible de lui cacher quoi que ce soit. Il se contenta donc d'hocher la tête, n'éprouvant à nouveau aucun remord, ni l'envie de s'expliquer.
« Je pense qu'il serait préférable de ne pas partager cette information avec Miss Granger, » s'entendit-il pourtant dire au Directeur. « Elle se culpabilise sûrement déjà assez pour que vous veniez la sermonner. »
« Loin de moi l'idée de la sermonner, » répondit immédiatement Dumbledore, d'une voix un peu plus ferme. « Mais j'insiste sur le fait que les temps ne sont pas favorables à ce genre d'initiative, Severus. Vous auriez dû dissuader l'enfant de- »
« Ce qui est fait est fait. » Le coupa t-il durement, son irritation étant revenue brutalement. Le fait qu'il parle d'Hermione comme d'une enfant n'aidait vraiment pas. « Je ne regrette rien, à part peut-être le fait qu'elle doive à présent vivre avec le sentiment qu'elle a causé la mort d'êtres aimés. »
Dumbledore le fixait à présent avec un regard qu'il aurait qualifié d'indescriptible. « Finalement, vous avez eu raison de vous porter volontaire, » dit-il d'un ton étonnamment léger. « Vous comprendrez ses peines beaucoup mieux qu'aucun autre enseignant. »
Et avant même que le trouble provoqué par cette remarque ne s'installe totalement dans l'esprit de Severus, Dumbledore avait dirigé la conversation vers les détails de la journée de demain.
***
Hermione était en train de découvrir qu'à présent, le plus anodin des gestes pouvait faire ressurgir la douleur avec force. Non pas que ce mal-être lui laisse un instant de répit aujourd'hui, mais il y avait des moments plus difficiles que les autres. Des moments durant lesquels elle pouvait presque toucher ce manque viscéral qui se créait si durement en elle. Pour se sentir, cinq minutes plus tard, comme envelopper par un étouffant brouillard qui apaisait brièvement sa peine.
Comme dans le bureau de Dumbledore, par exemple. Alors qu'il lui offrait ses condoléances et des mots de réconfort dont elle n'avait rien à faire, qu'il lui expliquait que ses parents seraient 'enterrés' demain, qu'elle avait bien sur la permission de s'y rendre, à condition d'être accompagnée, elle l'avait à peine entendu son cœur avait saigné moins fort, malgré des mots comme 'notaire', 'testament' et 'cimetière'. Elle n'avait pas réagit lorsqu'il lui avait dit que nul autre que Severus Snape l'accompagnerait. Elle avait bien ressentit l'envie fugace de lui demander pourquoi Snape, pourquoi lui, mais avait très vite réalisé qu'elle s'en fichait. Elle avait été bien trop embourbée dans le brouillard pour penser à son professeur de potions et à ce qu'il avait fait pour elle la nuit dernière.
A présent, elle était de retour dans son dortoir, ayant décidé de préparer quelques affaires pour le lendemain. Ce faisant, elle avait ouvert son armoire, pour en extraire la petite valise qu'elle utilisait habituellement pour rentrer chez elle durant les vacances scolaires autres que celles d'été.
Ce geste lui fit tellement de mal qu'elle dut se rassoir précipitamment sur son lit, la respiration soudainement rapide et laborieuse. Car il n'y aurait plus jamais de 'vacances scolaires chez ses parents', n'est-ce pas ? Il n'y aurait plus du tout de visites, plus de moments simples, plus de réconfort, plus d'attache.
Plus de famille.
C'est ainsi que Lavande la trouva, au bord d'une crise d'angoisse sur son lit.
Elle releva les yeux vers sa camarade, dont l'expression était un curieux mélange entre la gêne et la compassion. Elle ne savait clairement pas ce qu'elle devait faire. Venir lui faire un câlin, peut-être ? Lui demander si 'ça allait' ? Faire comme si de rien n'était ? Toutes ces possibilités semblaient aussi idiotes les unes que les autres. Elles n'avaient jamais été amies, avaient pour ainsi dire été 'rivales' l'espaces de quelques mois, l'année passée, lorsque Lavande sortait avec Ron, et qu'Hermione se préoccupait encore de ce genre de trivialité. Mais à cet instant, elles étaient simplement de jeunes filles, une mal à l'aise, l'autre dévastée, ne sachant pas vraiment comment interagir dans ce genre de situation.
« Je suis vraiment désolée pour tes parents, Hermione… » murmura finalement Lavande, et Hermione la remercia dans un souffle. Elle le faisait automatiquement, aujourd'hui. Remercier les gens. Ou même respirer.
Avant que le silence ne revienne, plus lourd et plus inconfortable que jamais, Lavande s'était presque précipitée sur l'armoire d'Hermione, avant d'ouvrir ses tiroirs à vêtements et de commencer à choisir quelques vêtements pour elle, qu'elle plaçait sans hésiter dans la petite valise au sol. Elle parla sans un instant de répit, de tout et de rien, comme elle le faisait habituellement avec Parvati, ce qui avait toujours eu tendance à énormément agacer Hermione –qui aurait préféré pouvoir lire en silence. Mais aujourd'hui, elle accueillait ce bruit de fond avec gratitude, car il semblait l'aider à garder son esprit vide. Et pourtant, la réalité la rattrapa bien trop vite.
« Sais-tu ce que tu veux porter, demain ? » lui demanda alors Lavande, qui avait fini de fouiller ses tiroirs.
« Je n'ai rien d'approprié… » murmura-t-elle finalement, se sentant à nouveau nauséeuse. Après tout, la dernière fois qu'elle avait dû se rendre à un enterrement, elle avait eu onze ans, et c'était bien entendu sa mère qui avait-
Lavande sembla hésiter quelques secondes, avant d'aller ouvrir ses propres tiroirs à vêtements, qui regorgeaient d'habits, à l'opposé de ceux d'Hermione, qui n'avait jamais pris la peine d'acheter quoi que ce soit de stylé, étant donné qu'elle devait porter des robes noirs à longueur de journée…et puis elle n'avait jamais aimé faire du shopping de toute façon.
Lavande finit par en ressortir un ensemble noir, étonnamment sobre, connaissant la garde-robe habituelle de sa colocataire. Mais elle comprit vite pourquoi elle avait de tels vêtements dans ses tiroirs.
« Ma grand-mère est morte le mois dernier, elle était Moldue. Je pense qu'un simple sort d'ajustement devrait suffire. Enfin, si tu es d'accord, bien sûr. »
Hermione la fixa, comme si elle voyait la jeune fille pour la première fois. Quand elle y réfléchissait, ce n'était pas très loin de la vérité. Cela faisait près de sept ans qu'elles partageaient la même chambre, mais les mondes dans lesquels elles évoluaient étant tellement différents qu'elle n'avait jamais pris le temps de réellement lui parler.
« Je ne savais pas pour ta grand-mère, » dit-elle enfin d'une voix faible. « Je suis désolée. »
Lavande baissa les yeux, jouant avec le col de la veste noire qu'elle tenait toujours. « Tu ne pouvais pas savoir…Ce n'est pas comme si on était les meilleures amies du monde. » Elle lui offrit un sourire triste, et étrangement, Hermione eut l'impression qu'elle allait se remettre à pleurer. Elle préféra donc mettre fin à ce moment un peu trop inconfortable et personnel.
« L'ensemble est parfait, merci Lavande… »
Et effectivement, après quelques coups de baguettes, ce dernier lui allait comme un gant, et fut ajouter à sa valise.
Valise qui se trouvait à présent à ses pieds, alors qu'elle entendait, immobile, que Snape arrive.
Seulement trois heures après avoir vu le Directeur, elle se trouvait à nouveau dans son bureau. Ce dernier lui avait plusieurs fois proposé de s'assoir, l'informant que 'Severus serait peut-être un peu en retard'. Mais elle avait ignoré chacune de ses remarques, préférant rester debout.
Elle n'était pas sûre de la raison pour laquelle elle ignorait le vieil homme, à cet instant. Etait-ce simplement à cause de son deuil, ou était-ce plus que ça ? Etait-ce du au fait que quelque part, elle commençait à le considérer comme étant presque tout aussi coupable qu'elle, concernant la mort de ses parents ?
« Je n'ai pas oublié ce qu'il vous ait arrivé le mois dernier, Hermione, » lui avait-il d'un ton grave, le matin même, quand il lui avait indiqué qu'elle allait devoir être accompagnée. « Et vous êtes en état d'extrême vulnérabilité. Il serait impensable de vous laisser sortir du domaine sans quelqu'un pour assurer votre protection. »
Cette remarque avait fait naître une colère sourde en elle, de façon brutale et impressionnante, comme si ses mots venaient d'embraser quelque chose d'extrêmement noir et vicieux en elle. Elle était venue lui demander de l'aide à peine quelques semaines plus tôt, le suppliant presque qu'il protège ses parents. Et il avait refusé, sans même y réfléchir, prétextant un problème 'd'éthique' entre Moldus et sorciers. A présent, il la faisait suivre, par ce qu'elle allait 'simplement' assister à l'enterrement –sans corps- de ses parents.
S'il avait accepté de l'aider en premier lieu, elle n'aurait jamais ressenti le besoin viscéral de les protéger par tous les moyens. Elle n'aurait jamais eu de raison de les envoyer vers leur mort.
Ce sentiment presque haineux s'était dissipé rapidement alors qu'il lui parlait des formalités de la journée à venir, et elle s'était laissé entraîner par le brouillard qui fluctuait en elle.
Mais à présent qu'elle se trouvait à nouveau seul avec Dumbledore, à devoir supporter son ton compatissant et ses regards désolés, elle pouvait sentir le goût amère de la colère envahir le fond de gorge.
De toute évidence, il mettait son attitude froide et distante sur le dos de son deuil, et elle se demanda brièvement quelle excuse il se trouverait lorsqu'assez de temps serait passé pour qu'elle se soit 'remise' du choc initial, et qu'elle continuerait à l'ignorer. Quelque part, elle se doutait qu'il était extrêmement doué pour se trouver des excuses.
Elle commençait à voir le fameux 'Grand Sorcier du Bien' sous un tout autre jour. Y avait-il d'autres facettes de sa personnalité qui n'était pas aussi agréable que ce que le monde sorcier clamait ?
Etait-ce vraiment possible qu'elle soit en train de se poser ce genre de questions, alors que les corps de ses parents avaient disparu par sa faute dans l'océan Pacifique ?
Son cerveau ne lui laisserait vraiment jamais une seule minute de tranquillité.
Severus Snape la sauva en quelque sorte de son propre débat mental, en entrant simplement dans le bureau.
Leurs regards se croisèrent brièvement, mais elle rabaissa rapidement les yeux. Elle était trop exténuée et déprimée pour avoir vraiment réfléchi à ce qu'il s'était passé dans son bureau la vieille, mais elle était assez en prise avec la réalité pour ressentir une certaine gêne en y repensant, et se retrouver dans la même pièce que lui n'aidait pas.
Tout ce dont elle se souvenait avec clarté, c'était d'avoir pleurer comme elle n'avait jamais pleuré, et elle était pour le moins certaine qu'elle l'avait fait contre lui. Par terre ? Sans aucun doute.
Elle se sentit rougir malgré elle, et elle se maudit pour avoir le cran de réagir ainsi dans de telles circonstances. Malheureusement, une fois encore, elle n'avait qu'un contrôle relatif sur ses émotions et ses pensées aujourd'hui.
« Bonsoir Albus, Hermione, » dit-il d'un ton formel, et Hermione nota immédiatement l'utilisation de son prénom.
Elle jeta un coup d'œil au directeur pour voir comment il réagissait à cette appellation, mais ce dernier avait conservé le même air grave et sérieux. Après tout, au vu des circonstances, cela semblait en effet plus…respectueux d'appeler quelqu'un par son prénom lorsque ses parents étaient morts. Mais c'était si étrange de penser que Snape puisse vouloir se montrer respectueux en son égard.
Après ce qu'il avait fait pour elle hier, plus rien n'était vraiment surprenant, pourtant.
« Bonsoir, Severus, » répondit finalement Dumbledore d'une voix fatiguée. « Le Portoloin est prêt à vous emmener au Chaudron Baveur dès que vous le déciderez. »
« Rien de mieux que le présent, » répondit le Maître de Potions, d'un ton qui lui ressemblait déjà plus, ayant agrémenté ses mots d'une légère note sarcastique.
« Hermione ? » demanda le Directeur. « Etes-vous prête ? »
Elle releva la tête pour poser un regard glacial sur lui, un sourcil levé. Que pensait-il donc qu'elle entendait, depuis plus de dix minutes ?
Elle pouvait sentir le regard de Snape sur elle, et elle était presque sur qu'il savait ce qui lui passait lui par la tête à cet instant, sans même user de Legilimancie.
« Oui monsieur, » répondit-elle finalement, se forçant à garder un ton poli. Elle attendait avec impatience le moment où elle pourrait PARTIR de cette pièce de malheur.
« Très bien, » Dumbledore se saisit d'un morceau de parchemin vierge. « Portus. »
Il le tendit ensuite devant lui, et Hermione s'en saisit en même temps que Snape. Dans l'instant qui suivait, elle se sentait tirée par le nombril, une sensation qu'elle n'avait jamais aimé, mais qui était largement moins désagréable que d'utiliser la Poudre de cheminette. La sensation disparue aussi rapidement qu'elle était venue, et elle se retrouva au milieu du Chaudron Baveur, Snape à ses côtés.
« Je vais aller parler à Tom, attendez moi ici, » lui dit-il d'un ton sans appel, et elle fut heureuse de lui obéir.
Durant les brèves minutes qu'il passa loin d'elle, Hermione ne prit même pas la peine de regarder ce qui l'entourait, préférant garder son regard rivé sur le mur en face d'elle, l'esprit à nouveau vide…si ce n'était pour cet étrange brouillard.
Elle ne détourna les yeux de ce point invisible que lorsqu'elle le vit revenir dans son champ de vision. Il lui tendit une clé qui portait le numéro 214. « Je serais dans la chambre 215, » précisa t-il d'un ton neutre. Puis, après un instant de pause : « Souhaitez vous…diner ? »
Elle ne prit même pas en compte la façon dont il avait prononcé ce mot 'diner', comme si lui faire cette proposition lui causait une sorte de traumatisme.
« Non, » répondit-elle sans hésitation, prenant soin de ne pas le regarder, et attrapant sa clé. « Je suis fatiguée, je vais simplement aller me coucher, si cela ne vous dérange pas. »
« Pas du tout, » répondit-il d'une voix à nouveau dénuée d'émotion.
Elle n'attendit pas plus longtemps. Après un léger hochement de tête, elle se dirigea vers l'escalier, sans un regard en arrière.
Le laissant seul dans le couloir.
***
Severus ne dormait pas.
Bien sûr qu'il ne dormait pas. Il avait toujours un mal fou à s'endormir lorsqu'il était dans ses propres appartements le faire dans un lieu étranger, dans une situation tellement inhabituelle, cela relèverait presque de l'impossible. Et pourtant, ce n'était pas faute d'avoir essayé. Cette journée lui semblait juste interminable, et allait de pire en pire.
Il s'était douté qu'Hermione ne serait pas particulièrement bavarde, étant donné les circonstances. Il s'était d'ailleurs attendu à la voir pleurer toutes les cinq minutes, ou peut-être de façon discontinue, comme c'était parfois le cas chez certaines personnes. Après ce qu'il avait vu la veille, il pensait pouvoir supporter tout et n'importe quoi à ce niveau, venant d'elle. Cela aurait finit par l'irriter, sans l'ombre d'un doute –il y avait des limites à ce qu'il pouvait supporter, mais il n'aurait pas fait de remarques. Il avait conscience qu'il ne se serait jamais trouvé dans une telle situation, s'il avait s'agit de n'importe quelle autre élève.
Il n'aurait jamais laissé une autre élève sangloter dans ses bras pendant près de vingt minutes.
Lorsque Dumbledore était finalement entré dans son bureau, vingt-quatre heures plus tôt, elle pleurait encore contre lui. Il n'avait aucune idée du moment précis où il avait bougé ou changé de position, mais à ce moment là, il s'était trouvé assis au sol, les bras autour d'elle, alors qu'elle continuait de déverser ses larmes contre son torse. Etrangement, il n'avait à aucun moment tenté de lui parler, d'essayer 'peut-être' de lui offrir des mots de réconfort, ou de tout simplement lui dire de se reprendre.
Non, il était resté immobile et silencieux, et le seul son que l'on pouvait entendre entre les murs de pierres était celui de ses sanglots brisés.
S'il avait été surpris d'une quelconque façon à son arrivée, Dumbledore ne l'avait pas montré. Il s'était agenouillé près d'eux, n'éprouvant lui aucune gêne à lui parler. A chaque mot qu'il prononçait, Severus avait senti les doigts de la jeune fille s'enfoncer un peu plus durement dans ses bras, comme si le son de sa voix aggravait sa douleur.
Alors, pour mettre fin à sa souffrance –pour un temps au moins, Severus avait prononcé un sort informulé. La prise sur ses bras s'était relâchée, ses sanglots s'étaient éteins, et elle était devenue molle entre ses bras. C'était Potter, arrivé quelques minutes plus tard, qui avait tenu à la porter lui-même jusqu'à son dortoir.
Il n'avait pas revu Hermione depuis, jusqu'à ce qu'il la rejoigne dans le bureau de Dumbledore.
Il devait avouer qu'au vu de sa réaction de la veille, il avait été légèrement surpris par le calme apparent de la jeune sorcière. Pas un mot, pas une larme non plus. Et la seule émotion qu'il avait cru voir traverser son visage avait été une émotion sombre, coléreuse, qu'elle avait semblé diriger vers Dumbledore.
Elle l'avait tout de même laissé de façon pour le moins abrupte ce soir. L'espace d'une seconde, il avait été presque tenté de la suivre et de lui dire qu'elle pourrait avoir la politesse de lui dire bonne nuit –simplement pour avoir le plaisir de lui faire une remarque, n'importe quel remarque. Mais il était resté là, les bras ballants, se sentant incroyablement stupide. Se demandant par Merlin ce qu'il était en train de faire. Il avait donc été acheté une bouteille de Whisky pur feu au bar, avant de monter dans sa chambre.
Au final, il n'en avait bu que deux verres, avant de faire disparaître la bouteille d'un coup de baguette. Il était très loin d'être accro à la boisson, mais il savait que s'il commençait, il finirait la bouteille avant même de s'en rendre compte. Il était depuis longtemps immunisé assez efficacement contre les effets de l'alcool, ayant rapidement réalisé qu'être soûl en compagnie d'autres Mangemorts ne serait pas si plaisant, si le Seigneur des Ténèbres choisissait ce moment pour pénétrer son esprit.
Tout ce qu'il voulait, c'était dormir. Dormir, de façon à ce que demain arrive plus vite, que cette nouvelle journée –qui s'annonçait tout aussi réjouissante que celle qui se terminait à peine, passe et disparaisse…qu'il puisse rentrer au château, et oublier toute cette histoire.
Mais il savait très bien qu'il ne pourrait jamais 'oublier toute cette histoire'. Car cette histoire était maintenant une partie intégrante de la vie d'Hermione, et affecterait toutes ses actions des mois à venir.
Les quelques mois qu'il lui restait à lui.
Poussant un lourd soupir exaspéré, il changea à nouveau de position, glissant un bras sous l'oreiller, et appréciant la fraîcheur qui s'y trouvait. Le matelas grinçait à chaque mouvement qu'il faisait, et cela avait le don de l'énerver au plus haut point. S'il avait s'agit d'un hôtel, il aurait pu comprendre mais il était dans une auberge de sorciers. Il avait du mal à croire que son propriétaire ne connaisse pas un sort qui lui permettrait de corriger ce genre de défaut.
Cette pensée le fit soupirer à nouveau. Voilà qu'il était rendu à méditer sur les grincements de son matelas.
Il adorait ses insomnies.
Alors qu'il contemplait l'idée d'utiliser un sort d'isolement sur lui-même, pour ne plus à avoir entendre les bruits de son matelas, un tout autre son perça la nuit, étouffé, mais bien réel. Il se redressa vivement sur son lit, baguette en main. Il s'agissait d'un son de détresse, d'un gémissement implorant, en provenance de la chambre voisine.
La chambre d'Hermione.
Il s'abstint pourtant de sortir de son lit, ne fit pas un geste de plus, à part écouter un peu plus intensément. Mais il savait déjà pertinemment de quoi il retournait. Elle faisait un cauchemar.
Effectivement, moins de trente secondes plus tard, elle gémissait à nouveau, balbutiant des mots de supplication que le mur étouffait trop pour qu'il puisse distinguer quoi que ce soit de cohérent. Non pas qu'il désire savoir précisément ce qu'elle disait. Ses rêves à lui étaient déjà bien trop souvent noircis par les horreurs qui parsemaient sa vie pour qu'il veuille y ajouter celles des autres.
Mensonges… susurra une voix dans son esprit.
Car il était intrigué. Elle avait semblé si…détaché, aujourd'hui, tellement à l'encontre de ce qu'il avait attendu d'elle. Mais il savait que les apparences étaient souvent trompeuses. Elle pouvait se forcer –ou pas- à paraître calme et au contrôle total de ses émotions durant la journée. Mais la nuit…
La nuit avait le pouvoir de vous retirer toutes vos forces et de vous mettre à genoux devant l'inévitable, devant l'incontrôlable. Les ténèbres parvenaient toujours à faire ressortir vos souffrances, d'une façon ou d'une autre.
Il pouvait toujours l'entendre pleurer dans son sommeil. Mais il ne bougea pas. Qu'aurait-il pu faire, de toute façon ? Aller frapper à sa porte ? Se glisser silencieusement dans sa chambre et la réveiller doucement ?
La réconforter ?
Pfff. C'était tellement stupide que cette simple image lui fit lever les yeux au ciel –ou au plafond.
Non, il n'y avait rien qu'il pouvait faire. Il était condamné à l'écouter pleurer, espérant qu'il trouverait rapidement ce sommeil qui continuait de le fuir, lui.
N/A : Et voilà, un de plus ! Désolé de revenir avec un chapitre qui contient aussi peu de 'vrais scènes' Hermione/Snape, c'est loin d'être mon préféré, mais il était nécessaire ^^ Dans le prochain, il ne sont QUE tous les deux, je me rattraperais XD La suite TRES TRES bientôt ! Il était déjà révisé, donc j'ai plus qu'à le corriger… je dirais donc à ce weekend :) Les reviews sont vraaaaaaaaiement les bien venues ! Que j'arrête de me ronger les ongles en pleurant 'plus personne va lire ma fiiiikeuuhhh' :p
PS: Je viens de réaliser que ffnet avalait tous mes 'points virgules'... c'est bien dommage, car j'aère souvent mes phrases comme ça, et au final ici, ça donne des phrases mal ponctuées *grrr*
