Disclaimer: Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer.

A/N: Bonjour à toutes! Aujourd'hui est un jour spécial, et pas seulement parce que c'est le chapitre le plus long que j'ai écris pour cette histoire, mais aussi parce que - wait for it - vous allez enfin savoir comment Jasper a eu ses cicatrices!!!! Et oui, je l'avais promis, j'ai planché dur sur cette explication, pour qu'elle soit la plus plausible possible, tout en tenant compte des suggestions que certaines d'entre vous avaient faites dans leurs reviews! Alors je ne vous retiens pas plus longtemps, bonne lecture!!! :o)


Chapitre 21 – Retour à Forks

Le réveil avait sonné de bonne heure, et c'était à regret qu'il nous avait fallu quitter les bras de l'autre pour aller se préparer. Notre avion décollait vers huit heures, mais il nous fallait nous présenter à l'embarquement deux heures avant, et comme l'avait souligné Jasper, nous étions à Houston, donc grosse ville, donc monde. Résultat des courses, il était quatre heures du matin, et après une rapide douche revigorante, nous étions en chemin pour l'aéroport. J'avais fait mes au-revoirs à la maison de mes rêves, me promettant de revenir bientôt.

Une fois sur place, Jasper s'occupa de tout ce qu'il y avait à faire, que ce soit enregistrer de nouveau les bagages, récupérer les billets d'avion, vérifier la porte d'embarquement, tout quoi. Moi j'étais encore trop ensommeillée pour gérer tout ça. Il était beaucoup trop tôt pour déjà être si réactif. Même si j'avais descendu la moitié de la cafetière à moi toute seule ce matin. Pourtant mon homme semblait tout à fait éveillé et au summum de ses capacités. Il avait l'habitude de se lever tôt pour son travail avait-il dit… Mouais, je ne voyais pas très bien comment on pouvait prendre l'habitude de se lever aux aurores, mais bon…

Une fois prêt à embarquer, j'émergeai en arpentant les couloirs donnant sur des boutiques. Mais ma bonne humeur ayant malheureusement décidé de rester dans la maison du bonheur, je finis par m'affaler dans un siège en attendant l'avion, ma tête contre l'épaule de Jasper qui prenait déjà ma main dans la sienne. Heureusement qu'il revenait à Forks avec moi. Sinon je n'y serais jamais arrivée. Ca aurait été trop difficile de devoir tout quitter d'un coup. Après ces quelques jours passés avec lui, j'avais pris conscience de la vitesse avec laquelle je m'étais habituée à sa présence à mes côtés, et combien il me manquerait une fois rentré chez lui. Il nous faudrait nous envoyer des tonnes d'emails pour palier au manque. Combien de temps mettrions-nous avant de nous revoir ? Combien de semaines s'écouleraient avant que je puisse de nouveau sentir ses bras autour de moi, entendre sa voix me murmurer des mots doux à l'oreille, ses lèvres caresser les miennes ? Soupir…

« Pourquoi tu soupires mon ange ? »

« Je ne veux pas rentrer, et encore moins te laisser repartir après… »

« Allons, une chose à la fois. Pour le moment nous allons rentrer chez toi, et profiter du temps qu'il nous reste ensemble d'accord ? »

« Oui, mais ce ne sera plus que pour quelques jours. Comment ça se passera une fois que tu seras reparti ? »

« Je ne sais pas Alice. Je te l'ai déjà expliqué, avec mon travail je ne sais jamais d'avance quand je serai disponible. »

« Je ne veux pas être séparée de toi Jazz… Ce serait trop dur… »

Il détourna un instant le regard. Je savais très bien à quoi il pensait. Pour lui aussi ce serait dur, et il mourrait d'envie de me demander de venir le rejoindre définitivement à Houston. Mais parce qu'il savait que ma famille et mes amis étaient à Forks, et que je n'avais aucune autre raison que lui pour venir là-bas, alors il ne dirait rien. Pourtant, j'y réfléchissais de plus en plus, et en était venue à me demander si ce n'était pas la meilleure option pour nous, pour moi. Je le savais, c'était précipité, et j'avais besoin d'en discuter avec Bella, et Edward aussi. Eux sauraient me dire sincèrement si cette solution était trop précipitée ou non.

Le vol fut silencieux, probablement parce que je m'endormis quelques minutes après le décollage, ma main toujours dans celle de Jasper. C'était incroyable comme j'arrivais à m'assoupir rapidement lorsqu'il était près de moi. Comme si je me sentais en totale sécurité avec lui, et que je n'avais pas à me faire du souci. Le soir, au lit, c'était pareil. Je venais me blottir contre lui, et il venait m'enlacer tendrement, et on pouvait être sûr que deux minutes plus tard j'étais profondément endormie.

Lorsque je rouvris les yeux, nous venions d'atterrir à Seattle, et déjà il nous fallait courir pour récupérer nos valises et retrouver la voiture. Je pris le volant cette fois-ci, un peu plus reposée qu'avant de partir. En revanche Jasper s'assoupit pendant le trajet, et je pris plaisir à le regarder dormir de temps à autre. Ca lui allait si bien cette expression de sérénité… Deux heures plus tard, je me garai devant ma maison, et vérifiai que sa voiture de location était toujours bien dans mon garage. A la seconde où j'arrêtai le moteur il se réveilla, et il s'occupa de décharger notre véhicule pendant que j'ouvrais la porte et faisais le tour du propriétaire. Il faisait un peu cru chez moi comparé à Houston. Je rallumai donc le chauffage, et jetai un œil au courrier arrivé le samedi. Des factures, et de la publicité. Rien n'avait changé ici. Il ne s'était écoulé que deux jours depuis mon départ, et pourtant j'avais l'impression d'être partie des semaines…

Pendant que Jasper amenait nos bagages dans la chambre, je passai un coup de fil à mon frère pour l'avertir de mon retour. Il pourrait ainsi prévenir Bella et éventuellement mes parents.

« Oui allo ? »

« Ed' ? C'est Alice. »

« Salut petite sœur. Bien rentrée ? »

« Oui à l'instant. Désolée du manque de nouvelles, j'ai été pas mal occupée. Tu es à l'hôpital là ? »

« Oui, j'ai été appelé pour une urgence cette nuit. Je préviendrai Carlisle si tu veux. »

« Merci. Et Bella aussi. Je vais lui envoyer un message, mais si tu la vois dis le lui quand même ! »

« Pas de problème. Jasper est avec toi ? »

« Il reste encore deux trois jours. Mais je ne sais pas si je vais le laisser repartir… »

« Tâche de passer à la maison avec lui. Je suis sûr qu'Esmée adorerait rencontrer ton nouveau petit ami. Sans parler de ton père. Bon faut que je te laisse, on a besoin de moi en réa. ++ »

Je raccrochai, contente qu'il se charge de prévenir tout le monde de mon retour. J'envoyai également un message à Bella, même si je savais pertinemment qu'elle serait à l'hôpital également, sans possibilité de consulter son téléphone avant plusieurs heures. Comme ça Edward le lui annoncerait en personne, et je serais à l'origine d'un de leur moment de complicité, hihi ! Moi machiavélique ? Jamais de la vie, je travaillais pour que ça marche entre eux. D'ailleurs une fois Jasper reparti à Houston, il me faudrait m'y remettre rapidement, j'avais l'impression que les dernières semaines avaient été plutôt calmes entre eux… Ca ne pouvait se passer comme ça, pas après tous les obstacles qu'il nous avait fallu franchir ensemble pour… Oui bon je m'emballais peut-être un peu là… Mais il me faudrait probablement intervenir, c'était sûr.

Ils ne se rendaient pas compte de la chance qu'ils avaient. Ils vivaient tous les deux à Forks, travaillaient dans le même hôpital, dans le même corps de métier, et en plus il n'y avait strictement rien qui s'opposait à leur amour. Ils se connaissaient depuis vingt ans, savaient plus ou moins les secrets de l'autre, et Bella était déjà connue et appréciée de mes parents. Non vraiment, c'était du gâchis que de laisser la situation se tasser de la sorte ! Si j'avais la chance d'avoir Jasper sur place tous les jours, alors je ne le lâcherais pas d'une semelle !!! Mais eux, non. Environ un mois de relation, et j'étais persuadée qu'ils n'avaient pas échangé plus qu'un ou deux baisers. Bon j'exagérais, mais tout de même, ils étaient rudement coincés ! Pas comme moi me direz-vous… Oui mais moi c'était différent, avec Jazz ça avait été la passion qui s'était exprimée, le désir et cette attirance avaient été plus fort que ma raison…

« Voilà, j'ai remis les bagages dans ta chambre et j'ai rouvert les volets des différentes pièces. »

« Merci, tu es le meilleur… »

« Je t'en prie. Tu as appelé ton frère ? »

« Oui, je viens de raccrocher, il était à l'hôpital. Il va prévenir Bella et mon père aussi surement. »

« Bien. Mais en parlant de ton père, ne voulais-tu pas qu'on aille le voir pour que je le rencontre ? »

J'étais béate d'admiration devant lui. Non seulement il était l'incarnation du Prince Charmant, mais en plus il semblait être du genre gendre idéal… Ah… Et voilà, j'étais de nouveau tombée amoureuse de lui. Comment faisait-il pour toujours dire ou faire les choses que j'aimais le plus ? Avait-il un super pouvoir qui lui permettait de savoir ce dont j'avais envie ou quoi ?! Le faire rencontrer mon père et Esmée… Elle l'adorerait, aucun doute. Exactement le genre de garçon qu'elle considèrerait comme adéquat pour moi. Grand, beau, jeune, tout à fait ce qu'il me fallait dirait-elle. Mon père, lui, verrait davantage le côté sécurité financière avec une bonne situation, son côté sérieux, et son intellect assez développé. Oui j'en étais sure, Jasper était le gendre idéal pour tout parent qui se respectait.

Je lui sautai donc au cou en lui disant que j'adorerais que nous allions voir mon père. Il suggéra que j'appelle à la maison pour savoir à quelle heure nous pourrions passer. Je m'emparai alors du téléphone et appelai la maison. Esmée décrocha rapidement, et fut heureuse de m'entendre un peu. C'était vrai que je ne l'appelais pas assez souvent, et pourtant elle était pratiquement comme ma mère pour moi. Je ne l'avais certes jamais appelée « maman », mais elle avait joué ce rôle depuis que j'étais toute petite. Et je savais qu'elle se faisait autant de soucis pour moi que pour son propre fils. Je n'avais aucune idée de quel genre d'homme avait pu être le père d'Edward, car elle s'était toujours conduite comme si mon père avait été le seul dans sa vie, et leur amour faisait plaisir à voir. Grace à elle il avait repris goût à la vie, et avait connu de nouveau le bonheur. Alors je lui devais vraiment beaucoup. D'où ma culpabilité pour ne pas l'avoir contactée ces derniers temps…

Elle fut enchantée lorsque je lui parlais de passer les voir avec Jasper, et me confirma que mon père serait à la maison pour déjeuner. Nous étions donc formellement invités. Je savais qu'à peine le combiné raccroché, elle serait une véritable tornade blanche à la maison, nettoyant et préparant un repas royal dont elle avait le secret. J'informai Jasper de la situation, et il sembla approuver. Comme il était encore tôt à Forks – merci le décalage horaire – alors nous optâmes pour une sieste bien méritée pour être frais et dispos un peu plus tard.

Et frais et dispos nous étions deux ou trois heures après, encore tendrement enlacés sur mon lit. Mon compagnon était déjà réveillé quand j'ouvris les yeux, m'expliquant qu'étant habitué à voyager à travers le monde, il gérait bien mieux les changements d'horaires, et qu'il avait donc besoin de moins de sommeil que moi pour récupérer. Après un doux baiser que j'aurais voulu ne jamais interrompre, je retrouvai avec bonheur mon armoire renfermant mes chères tenues et autres trésors. Après avoir consulté mon meilleur spectateur, j'optai pour un petit pantalon noir et une tunique à carreaux bleus et noirs, agrémentée d'une ceinture resserrée à la taille. Parfait. Un bandeau dans les cheveux cacherait la misère, et un peu de maquillage dissimulerait les cernes laissées par des nuits magiques où le sommeil n'avait pas exactement sa place…

Jasper s'était également arrangé, troquant son vieux jeans contre un autre beaucoup plus chic, et remplaçant sa chemise à carreaux si texane par une autre, bien plus sobre et élégante. Il se rasa de près, et tenta de discipliner ses boucles blondes, en vain. Il était beau comme un dieu, et si nous n'avions pas rendez-vous pour déjeuner, je lui aurais volontiers sauté dessus… Après un dernier baiser nous nous mîmes en route, et je constatai que j'étais sans doute plus nerveuse que lui à l'idée de le présenter à ma famille.

« Tu sembles si calme, comment fais-tu ? Moi-même je suis un paquet de nerfs ! »

« Je suis nerveux, évidemment. J'ai juste appris à maîtriser mes émotions, c'est tout. Tout se passera bien de toute façon, je suis sûr que tes parents sont des gens tout à fait agréables. »

Il était incroyable. C'était à se demander s'il était vraiment réel tant il était parfait. Non vraiment, je ne disais pas ça parce que j'étais amoureuse de lui, enfin si, ça aussi, mais je voulais dire, quelle personne peut se vanter d'être aussi maîtresse de ses émotions, et appropriée en toute circonstance ? Jamais un faux pas, une parole déplacée, ou un truc de travers. Il était l'incarnation de l'homme idéal. Il travaillait dur, était beau garçon, était un amant attentif au moindre de mes désirs, n'était que gentillesse et romantisme, et le top du top, il était amoureux de moi…

Maintenant j'en étais convaincue, mes parents ne le laisseraient plus repartir avant qu'il ne m'ait demandé de l'épouser… Et puis, soudain, alors que nous étions presqu'arrivés dans la rue où vivaient mon père et Esmée, il se redressa brutalement de son fauteuil et se tourna vers moi.

« Alice, arrête-toi s'il te plaît. »

« Quoi ? »

« Fais ce que je te dis. »

Intriguée, je me garai sur une place de parking à proximité. Qu'est-ce qui lui prenait tout à coup ? Une montée de stress ? Un changement d'avis de dernière minute ? A moins qu'il ne se soit rendu compte que ses chaussures n'allaient pas du tout avec son pantalon ? Non, ça ne pouvait pas être ça, je l'avais conseillé moi-même à ce sujet…

« Jazz, que se passe-t-il ? »

« Il faut que je te parle d'abord. »

« Hmm ? »

J'étais complètement perdue et confuse là. A quoi jouait-il au juste ? Me parler ? Maintenant ? Mais de quoi ? Etait-ce lié à sa rencontre avec ma famille ? Etait-ce finalement trop tôt pour lui ? Ou pire, se rendait-il compte qu'on était allé trop vite et qu'il avait changé d'avis à mon sujet ?... Ma gorge se serra à cette pensée plus que désagréable…

« Alice, avant de rencontrer tes parents, il faut que tu saches quelque chose sur moi. Quelque chose d'important. »

« Tu es marié ? »

« N… Non ! »

« Alors tu m'as trompée pendant ton voyage en Europe ! »

« Bien sûr que non ! Quelle idée ! »

« Tu veux rompre avec moi ? »

« Alice, calme toi, ça n'a rien à voir allons. Je te l'ai déjà dit, je suis fou de toi… Mais justement, simplement te dire 'je t'aime' n'est pas suffisant. Ce serait trop facile et injuste vis-à-vis de toi alors que tu t'es ouverte à moi… »

« Jazz, je ne comprends rien de ce que tu racontes… »

« Ce que je veux dire, c'est que tu ne sais presque rien de moi, de mon passé, alors que je sais déjà beaucoup de choses du tien. Que diras-tu à ton père lorsqu'il te demandera comment j'ai eu ces cicatrices ? »

Je restai silencieuse un instant. Oui, c'était vrai, je ne savais que peu de choses de lui, mais quelle importance ? Pour moi, je considérais que ma vie avait commencé quand nous nous étions rencontré. Que tout ce qu'il s'était passé auparavant ne comptait pas, n'avait jamais réellement existé. Alors pourquoi ne pouvait-il pas en être de même avec lui ? Ce qu'il avait vécu par le passé n'était visiblement que tristesse et douleur, alors pourquoi ne pas simplement oublier tout ça et dire que tout n'avait commencé qu'un mois et demi auparavant ?

Parallèlement, je savais que si la conversation sur ses cicatrices devait avoir lieu, alors maintenant était le moment tant désiré. Je n'aurais plus de meilleure opportunité. Je devais donc la saisir tout de suite…

« Mon père ne me demandera rien, parce qu'il est un homme perspicace, et qu'il n'est pas son genre de fourrer son nez dans les affaires des autres. Maintenant oui, si tu veux m'en parler, je crois que le moment est bien choisi… Outre le fait qu'on soit garé sur un parking de supermarché tout sauf romantique… »

Il sourit, amusé. Mais ses yeux exprimèrent ensuite de la tristesse, et son sourire retomba bien vite. Je pressai sa main dans les miennes, l'encourageant à continuer.

« Que penses-tu qu'il me soit arrivé Alice ? »

« Je ne sais pas, je n'ai jamais rien vu de tel avant… »

« Ca n'aurait jamais dû arriver. Tout était de ma faute… Tu ne le sais surement pas, mais quand j'avais dix-neuf ans, je me suis engagé dans l'armée de réserve. Comme volontaire. J'étais jeune, et je pensais réellement et naïvement que je pourrais changer les choses à l'aide de mon savoir acquis à force de lecture. La veille de mon vingt quatrième anniversaire, j'ai reçu une lettre de l'armée Américaine. J'étais envoyé en Irak pour une mission à durée variable allant de un à six mois. »

« Tu es allé en Irak ??? »

« Oui. A l'époque, j'étais tout juste sorti de l'université, doctorat en poche, et je pensais sérieusement pouvoir faire des découvertes historiques inouïes sur le sol oriental. Alors malgré les supplications de ma fiancée de l'époque, j'y suis allé… »

J'avais tiqué à la mention du mot « fiancée »… Le disait-il à l'ancienne pour dire compagne, ou bien comptait-il réellement épouser cette fille que je détestais déjà cordialement ? Je savais bien qu'il avait eu une vie sentimentale avant de me rencontrer, seulement c'était difficile d'imaginer qu'il avait pu être aussi tendre et attentionné avec une autre que moi… Je le voyais tout à fait allongé sur son lit à Houston, une jeune femme aux longs cheveux blonds et à la peau mate caressant son visage, partageant les mêmes moments d'intimité que nous deux pas plus tard qu'hier…

« Arrivé sur place, j'ai très rapidement déchanté. Je m'étais imaginé le soleil, le désert, une équipe prête à travailler avec moi sur un site archéologique prometteur etc. … A la vérité, ce qui m'attendait n'était que poussière, tristesse et certes une équipe, mais de militaires plus entraînés à descendre de l'Irakien qu'à fouiller des sites… »

« Qu'est-ce que tu as fait alors ? »

« Je les ai formés, j'ai appris à les connaître, et en à peine un mois, j'étais devenu leur ami, leur égal, et ils étaient capable d'accomplir le travail qui nous était demandé. Tout allait bien, les fouilles avançaient doucement, mais surement. Et puis j'ai commencé à m'impatienter. Je voulais des résultats, quelque chose de concret à ramener à mes supérieurs lors de mon rapport hebdomadaire. Alors j'ai commencé à participer aux recherches, et j'allais travailler la nuit et tôt le matin sur le site. Sauf que comme je te l'ai dit, mes collègues étaient devenus mes amis, et pour m'aider ils sont venus me rejoindre à ces heures indues. »

Je voyais bien au vu de son regard, de l'expression de son visage qu'il revivait la scène en même temps qu'il me la racontait. Les images devaient défiler devant ses yeux pour la millionième fois, et je sentais que ça lui était douloureux de s'en rappeler. Sa main était toujours entre les miennes, et il ne la retirait pas. Je comprenais maintenant que ces cicatrices avaient été obtenues pendant la guerre, restait à savoir comment…

« Une nuit, nous étions tous au travail. Il faisait noir, et la chaleur estivale était étouffante. Nous avions donc renoncé à nos équipements de protection pour quelques heures, et pour être libres de nos mouvements. »

« A ce point ? »

« Oui, mais c'était une erreur, je n'aurais jamais dû laisser les gars me suivre. Je n'aurais jamais dû les laisser ôter leurs équipements… Sans ça alors peut-être… »

Sa voix se brisa soudain, et il se prit la tête entre les mains. J'avais une vague idée de ce qui avait pu se passer ensuite, mais il fallait qu'il me le dise lui-même, il fallait que ça vienne de lui comme pour l'exorciser de ses vieux démons.

« Que s'est-il passé Jazz ? »

« Il faisait nuit, on n'y voyait plus très bien. Joe, l'un de mes éclaireurs, a voulu creuser à un endroit en pensant y trouver quelque chose. Je n'ai pas fait attention que c'était légèrement hors des limites de notre périmètre de sécurité. Il a commencé à creuser… Et quelques secondes plus tard, c'était terminé… Il était tombé sur une bombe Alice… Une bombe enterrée là par l'un des deux camps, et qui avait choisi ce soir-là pour exploser… »

« Oh mon Dieu… »

« Tous mes hommes sont morts sur le coup. J'ai survécu miraculeusement. Mes bras et mes jambes étaient brisés, les médecins pensaient même qu'il n'y avait plus rien à faire pour moi. Pourtant j'ai survécu. On disait que je ne remarcherais plus jamais, que j'aurais des séquelles à vie. Tout ce qu'il me reste de cet accident, ce sont ces cicatrices causées par les éclats d'obus. Je suis responsable de la mort de ces hommes Alice, et ces blessures sont là pour me le rappeler tous les jours… »

J'étais bouche bée. Je me doutais que ces blessures avaient dû être causées par quelque chose de douloureux, mais une histoire pareille… Il ne disait plus rien à présent, probablement plongé dans ses pensées les plus sombres. Il avait accepté de revivre ces moments difficiles pour moi. Il avait finalement consenti à partager son plus gros secret avec moi, et aussi horrible fut-il, n'était-ce pas là la plus belle preuve d'amour qu'il m'ait apportée jusqu'ici ?

Je devais dire quelque chose, seulement les mots ne venaient pas. Que pouvais-je bien dire qui l'aiderait à se sentir mieux ? Ne t'en fais pas, ça va aller ? Non il ne fallait pas être ridicule, la vie de ces hommes ne leur serait pas rendue parce qu'il était désolé, pas plus qu'il ne se sentirait mieux après… Lui dire que j'étais là ? Non, ce n'était pas entièrement vrai, puisque c'était surement à l'époque qu'il aurait eu besoin d'aide, et je n'étais pas là… Mais j'étais présente pour lui aujourd'hui, et j'avais réellement envie qu'il sache que quoi qu'il fasse ou dise, alors il pouvait compter sur mon soutien à ses côtés… Comment lui faire comprendre tout l'amour que j'éprouvais pour lui, et combien mon cœur débordait de ce sentiment depuis que je l'avais rencontré, simplement désireux de le partager avec lui ?

Délicatement et sans un mot, je pris alors son visage entre mes mains, le forçant à me regarder. Il fut surpris de ma réaction, mais ne se dégagea pas.

« Jasper, je t'aime. »

Il resta silencieux quelques secondes, assimilant ce que je venais de lui dire. Car je savais qu'il comprendrait toutes les implications de ces quelques petits mots. Ils voulaient simplement dire que quoi qu'il ait fait, dit, pensé, ça n'avait aucune importance aujourd'hui, parce que nous étions ensemble. Parce que je l'aimais chaque instant un peu plus, et que quoi que les gens puissent en penser, il était l'homme de ma vie, un homme que j'étais prête à soutenir contre vents et marées.

Il sembla enfin revenir à la réalité, et déjà son visage s'adoucissait. Il porta sa main à son visage, la posant sur la mienne. Elle était chaude, et moite. Pourtant j'aimais par-dessus tout sentir sa paume contre mes doigts, et m'émerveiller de combien nos mains se complétaient à la perfection…

« Alice… »

« Non, pas d'Alice… Je suis sérieuse Jazz, je t'aime, follement, de tout mon cœur. Et rien de ce que tu pourras me dire ne changera mes sentiments pour toi. »

« Je t'aime aussi. J'avais simplement peur que tu ne regrettes d'aller si loin avec moi en découvrant la vérité sur mon passé. Et je ne voulais pas te mentir non plus… »

Je ne répondis pas à sa dernière remarque. A la place de ça, je vins poser mes lèvres avec tendresse sur les siennes, et laissai mes doigts prendre naturellement place dans ses cheveux. Notre baiser fut d'abord chaste, et respectueux, comme solennel. Puis la passion s'empara de nous et sans le klaxon inopiné de la voiture derrière qui attendait pour la place, nous aurions certainement été trèèèès en retard au déjeuner de mes parents…

« Tu veux toujours que je rencontre ta famille malgré tout ? »

« Jasper, tu n'as rien fait de criminel ! »

« Je suis responsable de la mort de ces hommes, je n'ai pas été un bon chef d'équipe. Si j'avais été plus humble, alors je ne les aurais pas emmenés avec moi à la recherche de trésors enfouis au milieu de la nuit sur un potentiel champ de mines… »

« Tu ne pouvais pas savoir… Et pour être honnête, je suis désolée pour la mort de ces hommes, mais tout cela nous a permis de nous rencontrer, donc ça a eu du bon tu ne crois pas ? »

Il acquiesça en silence, réfléchissant à ce que je venais de dire. J'attendis encore quelques minutes, avant de finalement reprendre la route pour chez mon père. L'autre voiture s'impatientait de plus en plus… Je savais qu'il se blâmerait probablement toute sa vie pour ce qui était arrivé. Et d'une certaine façon il n'avait pas complètement tort. Il était en partie responsable de cet incident. En voulant absolument impressionner ses chefs, il avait mis sa vie et celle de son équipe en danger, et ça avait failli lui coûter la sienne… Le sort avait voulu qu'il survive, et il le vivait comme une punition, un fardeau qu'il lui faudrait traîner toute sa vie. Mais ce qu'il fallait qu'il comprenne, c'était qu'à présent, il n'était plus seul, et qu'aussi petite et faible que j'en avais l'air, il pouvait compter sur moi, et s'appuyer sur mon épaule quand il en aurait besoin… Parce qu'il était là pour moi, j'étais aussi là pour lui…

Nous l'avions finalement franchi, ce nouveau pas dans notre relation. Prochaine étape, rencontrer ma famille. Un jeu d'enfants à côté de tout cela…


Et voilà, un beau petit pavé rien que pour vous. Ca mérite bien quelques reviews non? Allez, parce que franchement, sur 86 inscrites en alerte, sans parler de toutes celles qui postent en anonyme, je suis sure que vous pouvez faire mieux que 25-30 reviews par chapitre. On prend les paris? Allez, si vous dépassez les trentes, je poste la suite demain, sinon il faudra attendre un jour de plus! :p

Et oui, Wilka la sadique fait son grand retour! ^^ A très vite et mille mercis pour votre soutien à toute épreuve!