Disclaimer: Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer.
A/N: Alors tout d'abord, je dois dire que je suis bluffée. Vous vouliez réellement lire le chapitre suivant! Ou bien l'histoire des cicatrices de Jasper vous a vraiment passionnée! Quelle que soit la raison, je suis super contente que vous ayez réagi, et posté avec autant d'ardeur!!! J'espère qu'il ne me faudra pas jouer de nouveau la carte du chantage dans le futur, parce que je déteste ça (et ça pénalise injustement les posteuses régulières)! Enfin bref, vous l'avez largement mérité, j'ai reçu bien plus de trente reviews, en fait pratiquement quarante, alors chose promise, chose due! Voici donc le chapitre de la présentation aux parents. Sans doute un peu plus léger que le précédent, j'espère qu'il vous plaira! Bonne lecture à toutes et encore merci!
Chapitre 22 – Présentation aux parents
Je m'arrêtai devant la maison familiale. J'y avais passé une grande partie de mon enfance, et je n'y avais que des souvenirs heureux. J'avais ma propre chambre à l'étage qu'Esmée continuait d'entretenir pour chacune de mes visites. J'avais beau lui expliquer qu'ayant ma maison, je n'avais plus besoin d'une chambre quand je venais les voir. Mais c'était plus fort qu'elle sans doute… Elle restait ce que j'avais de plus proche d'une mère, et je l'adorais vraiment. Lorsque mon père l'avait épousée en secondes noces quelques temps après la mort de sa première femme, ma mère, beaucoup avait pensé qu'il avait fait ça par dépit, ou encore pour que j'ai un semblant d'équilibre dans ma vie. La réalité était toute autre. Mon père avait terriblement souffert de la perte de sa jeune épouse, mais au lieu de se laisser submerger par le chagrin, il s'était accroché de toutes ses forces à son souvenir à travers moi, et faisait de son mieux pour ne pas m'affecter dans mon développement. Et puis il avait un jour rencontré Esmée à l'hôpital – elle s'était cassé le poignet en tombant d'un balcon qu'elle restaurait – où il n'était encore que chef des internes, et ça avait été le coup de foudre. Il avait longtemps combattu ce sentiment qu'il trouvait inapproprié, et puis un jour, ils en avaient discuté, et étaient parvenus à la même conclusion. Ils s'aimaient sincèrement, étaient tous les deux seuls avec un enfant à charge, et rien ne les empêchait de partager leur existence ensemble. C'était ce qu'ils avaient fini par faire, et ça durait depuis une vingtaine d'années à présent…
Je sortis de la voiture, et vérifiai rapidement l'état émotionnel de Jasper. Il semblait s'être repris, fidèle à lui-même, et me sourit affectueusement. Bon, il était prêt à rencontrer mon père et Esmée. C'était le moment de vérité. Je sonnai à la porte, et attendis. On ne tarda pas à venir nous ouvrir. Je respirai profondément, aussi nerveuse que si c'était moi qui rencontrais sa famille.
« Alice ! Je suis si contente que tu sois venue !!! »
« Bonjour Esmée ! Je suis contente d'être là moi aussi. Je te présente Jasper, mon petit ami. Jasper, voici Esmée, la mère d'Edward. »
Tendant une main amicale, Jasper passa en ce que j'appelle le mode gendre idéal. Il fit un signe de tête respectueux envers Esmée et la remercia pour l'invitation. Cette dernière avait d'abord été surprise de l'apparence de mon compagnon, comme tous les gens par ailleurs. Mais devant sa politesse et sa déférence légendaire, elle ne put que fondre, et nous fit aussitôt entrer à l'intérieur. Elle nous emmena au salon où nous pûmes mieux discuter. Il ne lui fallut pas plus de dix minutes pour être conquise par le charme de Jasper. Je savais que son côté chevaleresque la rendrait toute chose, et elle sembla sincèrement intéressée par ses récits concernant l'art égyptien à l'époque des pharaons. Oui parce qu'Esmée et l'art, c'était toute une histoire. Un peu comme moi et les vêtements, ou moi et les chaussures, ou même moi et les sacs à mains ou… Oui bon je m'arrêtais là…
Elle nous informa que mon père avait été retenu plus longtemps que prévu à l'hôpital, mais qu'il serait là pour le déjeuner. Jasper s'enquit de savoir si elle avait besoin d'aide dans la préparation du repas, ou pour mettre la table, mais après l'avoir remercié une dizaine de fois, elle me suggéra de lui montrer ma chambre, puisqu'elle était restée telle que je l'avais laissée en quittant la maison pour l'université. Mon homme se montra fort intéressé à l'idée de découvrir ma chambre d'adolescence, et je dus céder à sa demande. J'étais un peu embarrassée, car évidemment, à seize-dix sept ans, nos goûts sont parfois assez différents de ceux qu'on a une dizaine d'années plus tard. Sans parler des posters qui devaient toujours être accrochés aux murs… Pitié qu'elle ne les ait pas laissés…
J'ouvris finalement la porte, pour me retrouver dans mon ancienne chambre. Les murs étaient toujours recouverts de ce papier rose assez lumineux que j'avais tant insisté pour avoir, et malheureusement pour moi, les posters de chanteurs de boys bands au succès assez discutable ornaient toujours le dessus de mon lit et de mon bureau. Il y avait aussi cette affiche de l'acteur fort en vue de l'époque… Bon sang que je me sentais vieille d'un coup… Jasper fit quelques pas dans la pièce, regardant tout autour de lui. Avec sa manie de ne jamais montrer ce qu'il ressentait, je n'arrivais pas à déterminer ce qu'il pensait. Allait-il se moquer de moi devant le style très girly de ma chambre ? Ou bien la trouverait-il mignonne ? J'étais un peu nerveuse par rapport à son jugement. Je voulais tellement toujours lui plaire…
« Alice, cette chambre… »
« Et bien ? »
« C'est… Comment dire… C'est tellement toi ! »
Il se retourna, un sourire aux lèvres. Je penchai la tête sur le côté, pas trop sure de ce qu'il voulait dire par là. Est-ce que c'était un reproche ? Ou un compliment ? Ou une déclaration neutre qui empêchait de porter un jugement négatif ? Il savait comment tourner ses phrases le bougre…
« Et qu'entends-tu par là ? »
« C'est tellement plein de vie, de couleurs, c'est exactement comme toi. Tu es quelqu'un de si enthousiaste, si pleine de vie, un vrai petit rayon de soleil. Et ta chambre reflète bien ton caractère. C'est ce que j'aime chez toi… »
Adorable… Cet homme était extraordinaire. Il savait exactement ce que j'avais envie d'entendre. Mes bras vinrent alors se refermer sur lui dans une douce étreinte. Ma vie amoureuse était parfaite. J'avais finalement retrouvé la stabilité dont j'avais besoin, ma relation semblait partie sur des bases solides et sincères, et ma famille approuvait mon choix, ou quasiment. Je plongeai mes yeux dans les siens, essayant d'y discerner des projets d'avenir commun. Il m'aimait disait-il, mais envisageait-il lui aussi de passer sa vie entière avec moi ? Ou bien était-ce encore trop tôt pour lui ? Ca aurait été compréhensible au fond, car après le week-end que nous venions de passer, j'avais l'impression que nos vies avaient été mises en avance rapide… Mais ce n'était pas une mauvaise chose. Car j'étais vraiment heureuse quand il était à mes côtés, et mon seul souhait était d'apprendre à mieux le connaître. En me révélant l'origine de ses cicatrices nous avions fait un grand pas, mais j'en voulais plus. Je voulais tout savoir de lui. Son enfance, ses parents, leur séparation, sa relation avec Rosalie, s'il avait eu beaucoup de petites amies avant moi etc.… Après tout, il avait bien parlé d'une fiancée non ? Je devais savoir ! Est-ce que moi aussi je serais un jour sa fiancée ? Est-ce que je viendrais habiter à Houston ? Pourrais-je réellement percer en tant que mannequin grâce à Rosalie ? Autant de questions sans réponse qui furent interrompues par l'arrivée de mon père.
« Alice, ma princesse ! »
« Papa ! »
Je délaissai un instant les bras de mon compagnon pour ceux de mon père. Carlisle Cullen était sans conteste l'homme le plus important dans ma vie. Même si j'avais décidé de porter le nom de jeune fille de ma mère en hommage pour elle – Melissa Brandon – mon père était mon héros. Pendant de nombreuses années lorsqu'on me demandait ce que je voulais faire quand je serais grande, ma réponse restait invariablement « je me marierai avec mon papa et on sera heureux jusqu'à la fin des temps… ». Cela faisait toujours sourire les gens, qui m'expliquaient gentiment que mon papa était déjà marié à Esmée. Enorme coup dur pour moi, et généralement je me mettais à pleurer et il accourait à ma rescousse pour me consoler. C'était finalement Edward qui un jour m'avait correctement raconté comment ça se passait dans la vraie vie, et que les petites filles ne pouvaient jamais se marier avec leur papa parce que leur amour n'était pas le même. Il avait réellement fait un effort pour être compréhensible et ne pas me faire pleurer, m'expliquant que mon père m'aimerait toujours très fort, jusqu'à la fin de sa vie, et que moi aussi, seulement cet amour là n'était pas le même que celui qu'on éprouvait pour une personne avec qui on se mariait. Il avait dit qu'un jour, je rencontrerais ce genre de personne, que je tomberais amoureuse de lui, et qu'alors je l'épouserais et nous aurions des enfants.
Son explication de l'époque m'avait fascinée, si bien qu'à chaque fois que j'avais un nouvel amoureux à l'école, je le ramenais à Edward et je lui demandais si j'allais l'épouser et avoir des enfants avec lui. Cela faisait beaucoup rire notre famille à l'époque… Il fallait m'imaginer, moi, petite fille haute comme trois pommes, tirer par la main ou la manche un petit garçon guère plus âgé que moi pour l'emmener voir mon grand frère… C'était finalement Bella qui m'avait avoué avoir compris la première comment ça fonctionnait, puisqu'elle avait arrêté de vouloir se marier avec son père le jour où elle était tombée amoureuse d'Edward.
Et là, blottie dans les bras de mon père, tout était comme avant. Je n'aurais jamais à me battre pour garder son amour, il était à moi, pour toujours. Et là, tout de suite, je ressentis quelque chose d'étrange. C'était comme si d'un coup mon cœur s'était scindé en deux, la moitié restant acquise à mon père, tandis que l'autre battait ardemment pour Jasper. Je ressentis une once de culpabilité, parce que du coup c'était un peu comme de trahir le seul homme à ne m'avoir jamais laissée tombée… Mais l'amour que j'éprouvais pour Jasper était différent, plus profond, plus intime, le grand Amour quoi ! C'était drôle comme soudain les mots de mon frère me revinrent en mémoire… Et puis j'entendis un raclement de gorge un peu embarrassé, et je me rappelais que je n'avais toujours pas fait les présentations officielles !
« Oh, pardon ! Papa, je te présente Jasper, mon petit ami dont je t'ai déjà parlé. Jazz, voici Carlisle Cullen, mon père. »
« Jasper, je suis ravi de faire enfin votre connaissance. Nous avons beaucoup entendu parler de vous par Bella et Edward… »
« Le plaisir est pour moi Mr. Cullen. Il me tardait de voir quel genre d'homme pouvait bien avoir élevé une si charmante fille… »
« Oh, le mérite ne me revient pas intégralement, ma femme a fort bien œuvré ! Mais descendons à la salle à manger, je crois que le déjeuner est prêt. Et Esmée m'en voudrait de vous monopoliser tous les deux ici… »
Les présentations dûment effectuées, je retrouvai ma place auprès de Jasper et pris joyeusement le bras qu'il me tendait. Tout cela commençait fort bien ! Nous redescendîmes rejoindre Esmée qui s'activait presque frénétiquement autour de la table. Elle nous installa pour être face à eux, et déjà les hommes s'étaient trouvé des intérêts communs.
« Mais dîtes moi jeune homme, si vous travaillez à Houston, alors vous devez avoir entendu parler du célèbre conservateur de musée Aro Stinson ? »
« Bien entendu Mr. Cullen, j'ai même déjà eu l'opportunité de travailler avec lui. Un homme d'une culture incomparable, sans doute le meilleur conservateur de musée de sa génération. Tout est question d'art et d'investissement de soi avec lui, l'argent n'est qu'un détail. J'aime cette façon de penser. L'argent ne devrait pas être un motif pour faire ce genre de métier. Mais vous savez de quoi je veux parler, vous dirigez un hôpital… »
« Bien parlé mon garçon, effectivement je crois également que dans nos métiers, il est question de vocation plus que d'intérêts financiers. Même si de confortables revenus n'ôtent rien au charme de la place… »
« Si vous vous inquiétez de savoir si je suis en mesure de parer aux besoins de votre fille, alors soyez rassuré, mes revenus sont tout ce qu'il y a de plus correctes. Je possède ma propre maison que j'aurai terminé de payer d'ici deux ans, et j'ai remboursé intégralement mon prêt d'étude. »
« Fort bien… Car vous devez comprendre que je ne désire que le meilleur pour ma petite Mary Alice… »
« Papa, je te l'ai déjà dit, j'ai laissé tomber le Mary devant. Et tu exagères, on ne parle pas mariage, Jasper est simplement ici parce que je voulais que vous le rencontriez tous les deux une fois… »
Il était important que je réoriente un peu la conversation, ou sinon ils auraient terminé le repas en rédigeant notre contrat de mariage… Non que cela m'ennuie réellement, mais bon, il fallait bien que quelqu'un se montre un peu raisonnable non ? Comment ça je n'étais pas la meilleure personne dans ce cas ? Bien sûr que je pouvais être mature et adulte comme Jasper la plupart du temps ! En fait, c'était surtout que je m'inquiétais de nouveau de voir la vitesse où les choses arrivaient entre nous. Seulement un mois et demi… Comment avions-nous pu vivre tant de choses en si peu de temps ?! Et puis pourquoi diable me posais-je ce genre de questions alors que je devrais simplement me réjouir d'avoir trouvé mon âme sœur ?! Satanée conscience qui ne pouvait pas s'empêcher de fourrer son nez dans mon bonheur ! Si on pouvait résilier l'abonnement…
Prenant néanmoins conscience de la situation, la conversation reprit un tournant plus neutre, à savoir les projets de vacances de mes parents. Beaucoup, beaucoup mieux, d'autant que Jasper était à même de les conseiller sur bien des destinations, lui-même ayant déjà fait plusieurs fois le tour de la Terre de par son métier.
« Avez-vous une préférence quelconque ? »
« J'aurais bien aimé aller en Europe… Après tout, mes grands-parents étaient venus d'Angleterre un peu avant la première guerre. Il serait intéressant d'aller y faire une sorte de pèlerinage… »
« Et je suis certain que Mme Cullen apprécierait un passage par Paris, capitale de la mode et des arts… Le musée du Louvre est un véritable bijou de la civilisation française… je ne manque jamais de m'y arrêter lors de mes voyages professionnels. »
« Ah… Paris… »
« Je t'y emmènerai un jour Alice, c'est promis. Je sais combien ça compte pour toi. »
Paris… Un véritable rêve de petite fille pour moi… J'avais toujours voulu y aller un jour, pour visiter tous ces monuments illustres, et faire les Champs Elysées boutique après boutique, et manger dans les plus grands restaurants, et pouvoir porter des tenues de grands couturiers sans avoir peur du regard des gens dans la rue… Alors la simple idée de m'y rendre, en plus en compagnie de Jasper… Mon Dieu ce serait le bonheur total ! Nous pourrions nous promener main dans la main le long de la Seine, et aller nous embrasser sur le Pont des Arts si romantique au coucher du soleil - selon les différents guides que j'avais pu lire… Et il me raconterait l'histoire de tous ces bâtiments si connus, ma main dans la sienne, et ce serait magique…
Ah, que de projets d'avenirs forts plaisants. Restait maintenant à faire tenir notre relation à distance pendant encore quelques mois, le temps pour moi de décider si oui ou non j'étais prête à tout quitter ici pour aller m'installer avec lui au Texas. Sa maison et l'atmosphère que nous y avions créée ce week-end me manquait déjà, mais je ne pouvais non plus nier cette sensation agréable que j'éprouvais en me trouvant ici, entourée par les gens que j'aimais. Je savais néanmoins qu'il ne serait jamais possible pour Jasper de quitter son travail à Houston, et même si par amour il venait à le faire, alors je me sentirais coupable de l'avoir privé de sa passion. Surtout qu'il était tellement plus simple pour moi de venir le rejoindre que le contraire ! Ah si seulement tout pouvait être moins compliqué !!
« Alice ? Tu rêves ? »
« Ah euh, non, je pensais excuse-moi, tu disais ? »
« Je te demandais si tu avais pensé à ce qu'allait devenir votre relation une fois Jasper de retour au Texas… »
« Je n'aime pas beaucoup y penser, mais je me dis que si nous nous appelons tous les jours, et que nous faisons l'effort de venir voir l'autre aussi souvent que possible, alors nous pourrons considérer que notre relation est solide et qu'un rapprochement géographique serait envisageable. »
Tous me regardèrent avec un air de surprise non dissimulée. Quoi, qu'avais-je dit ? Ma langue avait-elle fourché ? Avais-je mal utilisé un mot ? Parce que ça m'arrivait souvent, et en général les gens me regardaient de cette façon après. Exactement comme cette fois où lors d'une soirée mondaine qu'accueillait l'hôpital j'avais malencontreusement parlé « d'érections volcaniques » au lieu d'irruptions… Rien que d'y repenser j'étais morte de honte… Enfin ça faisait encore rire les gens de ma famille chaque fois qu'Edward le racontait… Bref, tout ça pour dire, pourquoi étaient-ils tous silencieux et surpris ?
« Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit ? »
« Je crois que tu viens tous de nous surprendre par la profondeur et le réalisme de ce que tu viens d'exprimer mon ange… »
Je ne savais pas si je devais prendre ça comme un compliment, ou si au contraire je devais me vexer et cesser de parler à toutes les personnes assises autour de cette table. Pensaient-ils tous vraiment que j'étais si simple et superficielle ? Que je n'avais pas conscience des enjeux de cette relation, et de ce qu'elle pouvait m'apporter ? Croyaient-ils réellement que j'étais si idiote que je n'ai pas réfléchi à tout ce qu'impliquait cette liaison longue distance ?... Bon, d'une certaine façon, il était vrai que je n'avais pas toujours réfléchi avant d'agir… Comme lors de notre week-end à Seattle, où je m'étais abandonnée entre ses bras alors que je ne le connaissais que depuis quelques heures. Ou quand j'avais accepté de venir avec lui à Houston sans savoir ce qui m'y attendait. Mais chaque fois, je n'avais fait que suivre mon cœur en faisant taire la petite voix qui me murmurait de ralentir la cadence. Ca ne voulait pas dire que je ne l'avais pas entendue !!!
« Alors c'est bien dommage que vous me voyiez toujours comme cette fille superficielle que j'ai pu être du temps de James… Mais je suis capable de penser par moi-même vous savez… Et depuis le début, le moins qu'on puisse dire c'est que j'ai réellement réfléchi à cette relation… Alors je vous saurai gré de ne pas me prendre pour une idiote ! »
« Ne t'énerve pas ma chérie, c'est juste qu'Esmée et moi, nous sommes agréablement surpris par ton raisonnement. Il était très posé et mature, et nous sommes très fiers de toi. Visiblement cette histoire te fait beaucoup de bien. »
« En effet. Je sais que la distance va être un obstacle majeur, mais je suis bien décidée à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour que nous restions ensemble. »
« Et moi aussi. »
« Parfait, il n'y a donc aucune raison que vous échouiez. »
Sur ces bonnes paroles j'acquiesçai en silence, mordant avec énergie dans le chausson aux pommes préparé avec brio par Esmée. Si je savais cuisiner au moins un dixième aussi bien qu'elle, alors ce serait fabuleux ! Je pourrais préparer de bons petits plats à Jasper pour quand il rentrerait d'une rude journée de travail. Je porterais alors une tenue sexy sous mon tablier et… Oups, je m'égarais là…
Le repas se termina sur une note bien plus légère, et après un bon café fraîchement moulu – en fait je n'en savais rien mais j'avais toujours eu envie de le dire – nous décidâmes de mettre les voiles et de rentrer chez moi. Jasper salua une dernière fois mes parents, les remerciant encore pour l'invitation, et tandis qu'il discutait avec mon père, Esmée me confia qu'elle trouvait mon amoureux absolument parfait, et que surtout pour rien au monde je ne devais le laisser filer. Et elle avait raison, je n'y comptais pas non plus !!! A son tour mon père m'embrassa affectueusement, me murmurant à l'oreille que j'avais trouvé quelqu'un de bien, et qu'il était heureux de me voir si épanouie, quelque soit le temps depuis lequel nous nous connaissions. D'une certaine façon c'était un énorme soulagement que d'avoir son approbation, parce que je ne savais pas ce que j'aurais fait si jamais il ne l'avait pas aimé !
Ils nous raccompagnèrent jusqu'à la voiture, et tandis que je laissais les clefs à Jasper, ce dernier m'offrit son plus beau sourire. Il était heureux et soulagé lui aussi. Aucun mot ne fut échangé avant d'être assez loin de la maison. Ce ne fut que lorsque nous eûmes quitté le quartier et qu'il se fut engagé dans le centre ville qu'enfin nous recommençâmes à discuter.
« Il faut absolument que je te le demande Alice, qu'est-ce que ton père t'a dit tout à l'heure avant que l'on reparte ? »
« Il m'a dit que j'avais trouvé quelqu'un de bien, et qu'il était heureux de me voir si épanouie. Je crois qu'il t'aime bien… »
« Tu ne peux pas savoir à quel point ça compte pour moi. Généralement les gens me jugent d'abord sur mon apparence, et ne cherchent pas à en savoir plus. Mais ton père, j'ai senti tout de suite qu'il voulait voir qui j'étais, et surtout si je pouvais te rendre heureuse. S'il s'en est aperçu, alors je ne pouvais rien souhaiter de plus… »
« Esmée aussi semble beaucoup t'apprécier. Et les compliments que tu lui as fait ne sont surement pas étranger à sa réaction… »
« Je n'ai fait que dire la vérité. Elle est une maîtresse de maison accomplie, et ses talents culinaires sont tout bonnement spectaculaires. Et je dois ajouter qu'elle a très bon goût en matière d'art… »
« Bon c'est officiel, je suis au milieu d'un rêve et je vais me réveiller. Jasper Whitlock, tu es trop parfait pour ne pas être le produit de mon imagination ! Dis-moi que tu as au moins un défaut… »
« J'en ai des tas… Mais tu auras tout le temps de les découvrir, crois-moi ! »
J'avais du mal à y croire. Car mon Jasper – et j'étais fière de pouvoir le qualifier comme mien – était l'homme idéal, celui qui me faisait sourire, qui me rendait heureuse jours après jours, et cerise sur le gâteau, qui avait plu à ma famille ! Il ne me restait plus qu'à le présenter à Bella et le tour serait joué ! D'ailleurs une idée machiavélique venait de se former dans mon esprit… Et si demain ou après-demain, après le travail, on se faisait un « double-date » ? Oh oui ce serait une super idée !! On irait manger un morceau tous les quatre, et peut-être se faire un ciné ou quelque chose après ça ! Ca aiderait un peu mon frère et ma meilleure amie dans leur poursuite laborieuse du bonheur, et moi ça me ferait une soirée mémorable de plus en compagnie de l'homme de mes rêves !
Vite, mon téléphone pour envoyer un texto à Bella…
Et voilà, un nouveau chapitre de bouclé! Attention hein, je n'ai pas dit bâclé!! ^^ Je ne peux pas vous promettre un autre chapitre ce week-end, ça dépendra de mon emploi du temps. Je vais faire de mon mieux, d'autant que cette idée de double-date ne m'est venue qu'en écrivant le dernier paragraphe, alors faut que je mette ça en place! ^^
Allez, je vous laisse, n'oubliez pas de reviewer, maintenant que je sais que vous pouvez le faire, vous n'avez plus d'excuses! A très vite! :o)
