Disclaimer: Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer.

A/N: Pardon pardon pardon!! Je sais, je suis impardonnable d'avoir disparu pendant plus de quinze jours, mais vraiment, j'étais débordée entre le boulot et le pas boulot... Ce n'est pas une excuse je sais. Pour me faire pardonner, je vous ai écrit un grand chapitre cette fois ci. Comme annoncé dans le dernier, il s'agit en partie du rendez-vous Bella&Edward/Alice&Jasper. J'espère que vous aimerez. Bonne lecture! :o)


Chapitre 23 – L'amour sous toutes ses formes

J'avais tout préparé. Tout était absolument parfait, réglé, calculé, étudié. Notre rendez-vous à quatre devait se dérouler sous les meilleurs hospices. J'avais tout passé en revue avec une Bella aussi impatiente que moi. Une chance que je n'ai pas eu à briefer Jasper avant le rendez-vous, parce que je n'aurais jamais eu le temps de m'occuper de tout sinon. Il était convenu que nous nous retrouvions tous le samedi vers onze heures devant l'hôpital où travaillaient nos deux tourtereaux, soit l'heure où Edward finissait sa garde. D'accord, ce n'était pas cool de notre part de lui imposer cette sortie alors qu'il quittait tout juste le boulot, et de deux jours et deux nuits de veille, mais je n'avais pas eu trop de choix concernant la date. En plus Jasper devait repartir bientôt pour Houston, donc c'était maintenant ou jamais. J'avais décidé de porter mon nouveau jeans acheté en compagnie de mon cher et tendre, avec un chemisier à carreaux qui rappelait beaucoup celui qu'il portait lors de notre week-end texan. Lui aussi avait décidé de la jouer simple avec un jeans et un polo, mais de toute façon quoi qu'il porte il était toujours à tomber.

A onze heures tapantes nous étions devant l'hôpital, flirtant outrageusement en attendant l'arrivée de Bella et Edward. Ces derniers ne nous firent pas attendre trop longtemps, et vinrent finalement nous rejoindre. Mon amie était radieuse, alors que mon frère avait une mine affreuse. Je décidai de faire les présentations puisque c'était la première fois que Bella rencontrait Jasper.

« Bella, je te présente Jasper. Jazz, voici Bella, ma meilleure amie. Pas besoin que je te présente Edward… »

« Non en effet. Je pense que la première impression a été assez hum… marquante … Enchanté de finalement rencontrer l'illustre Bella ! »

Il tendit une main amicale à mon amie, et elle la serra chaleureusement. Il semblait lui plaire. J'avais noté son petit mouvement de surprise en constatant à quel point il était marqué par les cicatrices malgré mes descriptions. Elle fit cependant bonne figure et afficha un sourire poli. Edward le salua à son tour, sans doute soulagé que cette rencontre se fasse finalement dans les formes.

Nous décidâmes d'un commun accord – en fait Bella et moi puisque c'était ce que nous avions prévu depuis le début – de commencer ce rendez-vous par un verre au café du coin. Histoire de mieux faire connaissance avec Jasper. Enfin eux, pas moi. Evidemment. Alors qu'ils discutaient tous plaisamment, j'observais mes compagnons autour de la table. Il y avait d'abord Jasper, absolument parfait, plein de confiance, et qui semblait faire bonne impression. Exactement comme lorsque je l'avais présenté à mon père, il savait ce qu'il fallait dire ou faire pour plaire à l'assemblée. Et de par son impressionnante culture – qui eût pu deviner qu'il savait tant de chose en médecine ?! – il conquit rapidement mon frère. En moins d'une heure, ces deux là semblaient être devenus les meilleurs amis du monde, plaisantant sur des choses dépassant mon entendement.

Car en effet, Edward semblait un autre homme. Quelques minutes auparavant, il avait l'air plus ennuyé qu'autre chose par ce rendez-vous un peu forcé, et surtout la fatigue se lisait sur son visage. A présent, il avait bien meilleure mine, et était fort animé. Rien à voir avec la fois où je lui avais présenté James… Nooooon, rien à voir. Déjà il n'avait pas ce petit tic au coin de l'œil qu'il faisait quand il était contrarié… Et il ne soupirait pas non plus d'agacement, ce devait être une bonne chose… Peut-être que c'était un autre signe pour me faire comprendre que c'était l'homme de ma vie ?

Enfin il y avait Bella, totalement fascinée par l'élocution de Jasper, et qui le harcelait de questions comme l'aurait fait ma mère. D'ailleurs je soupçonnais que son compagnon apprécie moyennement son intérêt pour mon petit-ami. Pas de panique frérot, sa curiosité était purement maternelle, je savais pertinemment que Jasper n'était pas le genre d'homme pour lequel craquait Bella. En fait elle n'avait qu'un seul genre d'homme, et c'était Edward. Mais ça pas besoin d'être Einstein pour le deviner. Enfin, peut-être que si, si on considérait qu'ils avaient mis une vingtaine d'années avant de se déclarer…

J'en profitai pour observer un peu leur comportement à tous les deux. La dernière fois que je les avais vus tous les deux ensemble, c'était dans les débuts de leur relation. Y avait-il eu du changement ? Pas vraiment. Alors qu'à plusieurs reprises Jasper m'avait pris la main ou passé son bras autour de mes épaules avec affection, rien de tout cela ne transpirait chez eux. Pour un peu, on aurait dit qu'ils n'étaient que des amis… Non mais ce n'était pas croyable !! Allait-il falloir que je les pousse moi-même dans les bras de l'autre, au sens propre du terme ??? A ce rythme on pouvait espérer un mariage d'ici une cinquantaine d'années !!! Il me fallait agir. Je me levai donc de ma chaise.

« Si vous voulez bien m'excuser une minute… »

« Attends, je viens avec toi Alice. »

Et nous nous dirigeâmes vers les toilettes ensemble, laissant les hommes seuls un moment.

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JPOV

Alice s'était éclipsée un moment avec son amie, me laissant seul avec Edward. Cela ne m'ennuyait pas du tout, il était rare de pouvoir converser avec une personne si cultivée. Notre dernière rencontre n'avait pas exactement été ce que j'aurais voulu, et je comptais bien faire tout ce qui était en mon pouvoir pour faire bonne impression. Car j'avais rapidement compris qu'Alice tenait énormément à lui, et il semblait vraiment être un grand-frère protecteur.

« Je n'ai jamais vraiment compris ce truc qu'ont les filles à toujours aller aux toilettes par deux… »

« Je pense qu'elles utilisent ce prétexte pour parler de nous… En tout cas ça ressemblerait bien à Alice…»

« Tu as surement raison. Ma sœur a l'air d'avoir remonté ses standards en matière d'homme, ce n'est pas une mauvaise chose… Si tu avais connu le précédent… »

Le précédent, James. Je ne l'avais certes jamais rencontré, mais une chose était certaine, je le haïssais cordialement. Mais je lui étais redevable aussi. Oui, car d'une certaine façon sans ses ignobles agissements, alors jamais je n'aurais rencontré celle qui faisait battre mon cœur aujourd'hui… Néanmoins je ne pouvais lui pardonner la façon dont il avait traité Alice ces dernières années, au point qu'elle ait gardé une bien piètre image d'elle-même en conséquence… J'imaginais facilement le genre d'homme qu'il pouvait être. Le badboy typique qui attire les filles par son côté rebelle, et qui une fois qu'il a eu ce qu'il voulait les traite plus bas que terre… Totalement inconcevable. J'étais peut-être vieux jeu, mais ce n'était pas ainsi que j'avais été élevé. On m'avait appris à respecter les femmes autour de moi, à les voir comme des êtres à la douceur et à la pureté indescriptibles, descendues sur terre pour panser les blessures infligées par la vie aux hommes. Nous devions donc nous faire un devoir de les protéger, de les aimer, et de subvenir à leurs besoins. C'était imagé, bien sûr, mais ça résumait bien la fascination qu'Alice exerçait sur moi. Même si ce genre de comportement m'avait causé bien des souffrances par le passé. Avec elle, c'était différent, j'avais toute confiance en elle. Elle ne jouerait pas avec mes sentiments comme Maria…

« Je suis content que tu ne me juges pas sur notre première rencontre. Je tiens réellement à Alice… »

« Je m'en suis aperçu. Et elle semble partager ce sentiment elle aussi. J'espère juste que la distance n'aura pas raison de votre relation. »

« Nous trouverons une solution, j'en suis persuadé… Et sinon, Bella et toi, c'est assez récent pour ce que j'en ai entendu non ? »

« Oui. C'est assez idiot en fait, parce que d'après Alice, Bella s'intéressait à moi depuis longtemps. Et je n'avais rien remarqué, alors que je l'avais toujours trouvée charmante. »

« Mais il n'est jamais trop tard. Ca se passe bien entre vous ? »

« Oui oui, ça va. »

Euh… Avais-je mal entendu ? Juste 'ça va' ? C'était pousser la réserve un peu loin non ? Lorsqu'on me demandait comment ça se passait avec Alice, je répondais généralement 'super', ou 'mieux que tout ce que j'avais pu imaginer', enfin ce genre de chose ! J'étais de nature réservée, mais là, c'était le pompon !!!

« Ca va ? C'est tout ? Enfin je veux dire, excuse-moi, mais tu ne devrais pas être en train de lutter à chaque instant pour ne pas la toucher, l'embrasser, tout ça quoi ? Sans vouloir entrer dans les détails, avec Alice nous sommes assez passionnés, alors toutes les occasions sont bonnes pour partager quelques instants de tendresse… »

« Bella n'est pas comme ça. Elle est toute en retenue. J'ai l'impression qu'elle n'a pas besoin de toute cette affection lorsqu'on est en public. Elle sait les sentiments que je lui porte et ça lui convient. »

« Tu es en train de me dire que vous n'avez pas encore dépassé la 'première base' ??? »

« La quoi ? »

« Je comprends mieux ce que voulait dire Alice à présent. Vous n'avez jamais, enfin tu sais quoi ! »

Il me regarda comme si je lui avais demandé s'il avait déjà cambriolé une banque, ou tué quelqu'un. Il semblait outré par la simple idée de passer une nuit d'amour avec sa petite amie. Et dire que je me trouvais légèrement prude parfois… Invraisemblable, je ne voyais pas d'autre terme ! Alice m'avait expliqué que leur relation avait commencé peu de temps après la nôtre. Quelques jours après si j'avais bien compris… Donc ça faisait pas loin de deux mois qu'ils étaient ensemble. Deux mois sans qu'ils n'aient été plus loin que le baiser. Ouah… Si Emmett avait été là, il serait parti dans un fou rire monumental, exactement comme la fois où j'avais eu le malheur de lui raconter que j'avais attendu trois semaines avant de conclure avec ma petite amie de l'époque. Pour la petite histoire, je n'avais que dix-sept ans, et j'étais bien plus introverti qu'aujourd'hui…

« Pourquoi tout le monde semble trouver impossible que deux personnes soient en couple mais n'éprouvent pas le besoin de s'envoyer en l'air toutes les trente secondes ?! »

« Loin de moi l'idée de te juger Edward, mais tu es certain de ne pas au moins désirer plus de cette relation ? Je veux dire, Bella semble être une jolie jeune femme… »

« Fin de la conversation Jasper. Tu ne voudrais pas perdre tous les points que tu as su marquer jusque là…»

Et voilà, moi et ma grande bouche, je l'avais vexé. J'aurais mieux fait de m'en tenir à la médecine, ça m'aurait gardé dans ses bonnes grâces. Maintenant je devais passer pour un obsédé sexuel aux intentions bien peu honorables envers sa petite sœur. Je ne valais donc pas mieux que James en fait…

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APOV

Fort heureusement, Bella avait de suite compris mon stratagème pour lui parler en privé. Afin de sauver les apparences, j'entrepris de me remaquiller en même temps.

« Alors, que penses-tu de mon chéri ? »

« Oh Alice, il est formidable ! Je comprends mieux pourquoi tu souhaites tant le garder ! »

« N'est-ce pas ?! Il est parfait ! Je te jure, plus qu'un gentleman, le Prince Charmant ! Et rends-toi compte, Eddie l'aime déjà bien !!! »

« C'est vrai qu'Edward n'accorde pas facilement sa confiance… »

« A propos, je voulais te demander, vous êtes en froid avec mon frère ou quoi ? »

« Non pourquoi ? »

« Ben je ne sais pas, je vous trouve bien distants… »

« Ah tu as remarqué ? »

« Ce n'est pas difficile Bella… Même Jasper passe pour un pervers à côté ! Et pourtant il n'est pas du genre mains baladeuses ! »

Elle soupira d'un air résigné. Apparemment, tout allait bien entre eux, ils se voyaient tous les jours à l'hôpital, déjeunaient ensemble, passaient parfois des soirées à écouter de la musique ou à se regarder des vieux films, mais c'était tout. Et lorsqu'ils échangeaient un baiser, chaque fois Edward y mettait fin pour revenir à leur position d'origine. Elle était un peu perdue. Se pouvait-il qu'il ne soit pas attiré par elle ? Peu probable au vu de la façon dont il la regardait. De la timidité ? C'était pire que maladif à ce niveau là ! Je pensais quand même qu'une fois officiellement ensemble, les choses se décanteraient toutes seules ! Par exemple, autant Jasper était un gentleman aux manières irréprochables en public, autant dans l'intimité il n'avait pas hésité à me montrer combien je lui plaisais, et ce dès le premier jour !

« Je ne sais pas ce que je dois faire Alice. Je ne suis pas du genre agressive, et il n'a pas l'air de beaucoup se bouger non plus de son côté… »

« Ne t'inquiète pas, je suis certaine qu'il agit comme ça pour une bonne raison ! Je vais t'aider, c'est promis. Après tout tu as aussi le droit de t'amuser de temps en temps ! »

Sur ces bonnes paroles, je suggérai de retourner retrouver les garçons qui ne manqueraient pas de se demander ce qui nous prenait autant de temps. Je m'assis donc de nouveau près de Jasper, dont le bras vint naturellement se poser autour de ma taille pour m'attirer plus près de lui sur la banquette. Le simple frôlement de ma jambe contre la sienne me rendait folle, et je luttais de toutes mes forces pour ne pas me jeter sur lui en public.

Bella me lança un regard entendu, auquel je répondis d'un petit signe de tête. C'était vrai que ça n'aurait pas été très malin de ma part de trop en faire devant elle alors qu'elle n'aspirait qu'à un peu de tendresse de mon idiot de frère. Ce dernier ne semblait pas avoir relevé quoi que ce soit, et se tenait toujours à une distance respectable – peut-être un peu trop pour un petit ami – de Bella. Il pourrait au moins passer son bras autour de ses épaules, qu'on comprenne qu'ils étaient ensemble ! Non mais franchement ! La conversation reprit agréablement entre nous quatre, et le temps défila à vitesse grand V. Tant et si bien que lorsque le téléphone de Jasper sonna dans sa poche, nous fûmes tous surpris de l'heure qu'il était.

Il s'isola un moment pour prendre l'appel, son travail m'informa-t-il. Je me retrouvai donc seul avec Edward et Bella pendant quelques instants.

« Alors, sincèrement, qu'est-ce que vous pensez de Jasper ? »

« Je dois admettre qu'il semble être quelqu'un de bien. Si ce n'est sa position sur la scène politique actuelle, je pense qu'il est un bon petit ami pour toi. »

« Oh oui Alice, je le trouve formidable ! Il est gentil, attentif à tes besoins, et il a l'air fou de toi ! Tu as trouvé la perle rare, garde là bien ! »

« Je sais, Jazz est parfait. Dans tous les domaines !!! »

« Tous ? »

« Absolument… »

Je savais très bien que nous n'aborderions pas le sujet directement, et encore moins dans un café public où passait n'importe qui. Mais mon amie avait compris où je voulais en venir, et fit mine d'être envieuse de ma situation, histoire de mettre la puce à l'oreille de son compagnon.

Jasper revint finalement s'asseoir à notre table après quelques minutes, l'air sombre. Ca ne présageait rien de bon…

« Jazz, quelque chose ne va pas ? »

« Un problème au bureau. Ils veulent que je rentre ce soir pour Houston, afin de gérer la crise dès demain matin. »

« Tu dois rentrer ? Mais il nous restait encore quelques jours…»

« Je suis désolé Alice… »

Ma voix s'était brisée. Je savais qu'il devrait repartir d'ici quelques jours… Je savais aussi que nous ne pourrions pas toujours ignorer que ce moment arriverait. Pourtant, il était arrivé, et plus tôt que prévu… J'étais dévastée, et surtout pas préparée. Après avoir rapidement quitté mon frère et mon amie, nous rentrâmes à la hâte à la maison où je l'aidai à refaire sa valise. Aucun mot ne fut échangé nous concernant, et ce fut dans un silence pesant que je l'accompagnai à l'aéroport de Seattle, promettant d'aller rendre sa voiture de location restée dans mon garage dès que possible.

*

* *

Un peu plus d'un mois s'était écoulé depuis notre rendez-vous à quatre. Très exactement trente trois jours, dix heures, quarante deux minutes et vingt six secondes depuis que je l'avais raccompagné à l'aéroport pour Houston. La séparation avait été déchirante, et j'avais lutté de toutes mes forces pour ne pas pleurer comme un bébé. Du jour au lendemain, plus de soirées en amoureux, plus de sorties, plus rien. Je m'étais retrouvée toute seule, dans ma chambre, regardant d'un œil humide une photo prise avec mon téléphone. Je m'étais sentie vide, triste, et terriblement seule. J'avais guetté son appel pour me dire qu'il avait atterri avec impatience, juste pour entendre de nouveau le son de sa voix. J'étais devenue complètement accro à lui, à sa présence, à sa douceur, à sa gentillesse, tout quoi…

Durant ces trente-trois longs jours, nous avions toujours fait en sorte de nous appeler quotidiennement, même pour quelques minutes. J'avais littéralement explosé mon forfait téléphone, et songeais sérieusement à en trouver un plus adapté. Nous avions repris nos habitudes d'avant en nous envoyant des emails assez fréquemment, rendant son charme à notre relation. Dans chacun d'eux, il m'assurait de ses sentiments pour moi, me promettant de bientôt revenir me voir. Et de mon côté j'avais commencé à économiser pour un futur voyage à Houston. J'en avais discuté avec Bella. Bien que déçue de ne pas avoir pu mieux connaître Jasper comme nous l'avions prévu, elle s'était réellement montrée d'un grand soutien après qu'il soit parti. Elle avait aussi compris que j'étais follement amoureuse de lui, et nous avions parlé de mon idée d'aller le rejoindre là-bas.

Car je songeais de plus en plus à aller vivre avec lui. Ca avait beau paraître prématuré, je ne pouvais pas m'empêcher d'y penser. Je pourrais retrouver un travail à Houston, et peut-être me faire un nom là-bas. C'était une grande ville, le climat était bien plus clément qu'à Forks et je serais avec Jasper… Mais cela impliquait de laisser derrière moi ma famille, et surtout ma meilleure amie… Pourtant, lorsque je m'étais confiée à elle, elle n'avait pas eu la réaction que je m'étais imaginé. Au lieu de me dire que c'était insensé et bien trop rapide, elle s'était contentée de hocher la tête, soufflant un simple « je peux comprendre… ». Pourtant je m'étais attendue à un sermon en bonne et due forme ! Elle m'avait au contraire encouragée à suivre mes sentiments, si c'était là que mon cœur me menait. Néanmoins nous avions toutes deux convenues qu'il serait plus raisonnable que je mette quelques sous de côté par précaution, et pour ne pas dépendre entièrement de Jasper financièrement. Au moins le temps de me trouver un travail…

Je n'avais pas encore parlé de mes projets de déménagement à Jasper. J'attendais de pouvoir le revoir tout d'abord, de voir comment notre couple tiendrait la distance pendant cette nouvelle séparation. Et comme je m'en étais doutée, c'était terriblement difficile, et long, et il me manquait atrocement… Comment accueillerait-il ma décision de venir le rejoindre à Houston ? C'était la grande question…

NOUVEAU MESSAGE.

Hello cowboy,

Comment vas-tu ? Trop déçue qu'on n'ait pas pu se parler hier soir, mais je suppose que notre timing était mauvais. Pas grave, je t'écris à la place, et ça nous fera plus de choses à nous raconter la prochaine fois. Alors, comment ça se passe finalement ? Tu pars pour Tokyo ce week-end ou pas ? Tu en as de la chance… J'aimerais bien aller là-bas un jour ! Tu m'emmènes dans ta valise ? Je me ferai toute petite on me verra même pas !

Ici c'est calme, au magasin la boss ne nous lâche plus, je ne sais pas ce qu'elle a, elle est tout le temps sur notre dos… J'aimais mieux quand elle voyageait en nous laissant seuls pour tenir la boutique ! Enfin bon, je pense que ça ne durera plus très longtemps maintenant. En fait, tu vois, j'ai décidé quelque chose, mais je veux en parler avec toi d'abord. Mais pas par mail, ce serait 'inapproprié' comme tu dis… Je t'en parlerai la prochaine fois qu'on s'aura au téléphone. Tu me manques… Ah sinon, j'ai racheté une nouvelle nuisette que je réserve pour nos retrouvailles, tu m'en diras des nouvelles !!! Oh et tu sais, Bella m'a dit qu'avec Edward, ça avait progressé un peu, l'autre soir il l'avait invitée à sortir au cinéma, et elle m'a confiée n'avoir pas vu grand-chose du film ! Il serait temps que ces deux là passe à l'étape supérieure tu ne crois pas ? Plus ou moins deux mois de relation, et ils n'ont toujours pas passé une nuit complète ensemble… Vraiment désespérant, au moins autant que le dressing de Bella…

Mais je m'égare. J'ai eu mon père au téléphone ce matin, et je lui ai demandé pour ton livre. Il a dit qu'il allait s'en occuper et qu'il te recontacterait. Je lui ai donné ton numéro de portable, comme ça ce sera plus simple. Ca ne t'ennuie pas ?

Bon, allez, ma maison ne va pas se nettoyer toute seule, je vais m'y atteler sérieusement. Je t'embrasse fort, et pense bien à toi,

XXX

Alice.

PS : Vivement que l'on se revoit, je ne peux plus attendre !!! I love you !!!

ENVOYER.

Et voilà, comme ça il aurait un petit message pour plus tard. Je coupai mon ordinateur, et comme annoncé précédemment, je me mis à mon ménage. Ca tiendrait mon esprit occupé pendant quelques heures… Du moins jusqu'à ce que mon téléphone ne sonne et que nous nous parlions encore une partie de la nuit/du matin pour lui.

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JPOV

Mon réveil me tira du lit. Ma tête me faisait affreusement mal, résultat d'une petite soirée en compagnie de mon beau-frère la veille. Il venait de décrocher le plus gros contrat de sa carrière, et avait décidé que nous devions fêter ça dignement. Rose était restée à la maison avec les enfants, et il était venu chez moi avec vin, whisky et autres alcools en tout genre. Comme si à mon âge je ne savais pas encore que les mélanges ne faisaient pas bon ménage… Enfin bref… Nous avions fêté, tant et si bien que je n'avais pas pu appeler Alice avant d'aller dormir, et je n'étais pas certain d'être capable de mettre un pied hors de mon lit avant un moment. Le temps que mes tempes arrêtent de battre le rythme de mes pulsations avec autant d'ardeur… Heureusement que ma douce ne m'avait pas vu dans cet état, elle aurait probablement été en colère…

Elle me manquait affreusement. Depuis que j'étais rentré à la maison, j'avais l'impression que ma vie était scindée en deux parties distinctes. Il y avait les moments où je pouvais lui parler, et où je me sentais revivre, et puis il y avait ceux où je ne pouvais pas lui parler. Et alors mon existence toute entière se mettait dans une sorte de pilotage automatique, comme si rien ne valait plus la peine d'être vécu. Heureusement mon travail me gardait bien occupé, sinon j'aurais sombré dans la déprime… Il m'était impossible de savoir quand j'aurais la possibilité de retourner la voir à Forks, plusieurs voyages internationaux se profilant dans les semaines à venir.

Je m'en étais excusé plusieurs fois par email, et par téléphone aussi, parce que cela me rendait moins disponible. Et la dernière chose que je voulais qu'elle croie était que je m'éloignais d'elle sciemment. Si seulement elle vivait moins loin ! Je nourrissais l'espoir que d'ici quelques temps nous pourrions nous rapprocher l'un de l'autre, mais les circonstances ne jouaient pas vraiment en notre faveur… Entre elle qui avait toute sa famille et ses amis à Forks, et moi la mienne à Houston, les conditions d'un déménagement probable n'étaient pas exactement à notre avantage. Mais je gardais espoir, et m'investissais pleinement dans cette relation longue distance. Elle était la bonne, j'en étais sûr ! Et comme disait ma grand-mère en son temps, le grand Amour ne vient pas sonner à votre porte tous les jours, il faut le saisir quand il se présente !

Un rapide coup d'œil à mon réveil m'indiqua qu'il était déjà suffisamment tard et qu'il fallait vraiment que je sorte de mon lit. Le bruit de l'eau dans la salle de bain m'informa qu'Emmett était debout lui aussi, et je fis l'effort surhumain de mettre un pied à terre. La position assise me parut un calvaire. Plus jamais je ne toucherai à une bouteille d'alcool fournie par Em, plus jamais ! Encore heureux que je n'ai pas besoin de passer au bureau avant l'après midi !!!

Je titubai plus que je ne marchai vers la cuisine et préparai une tournée de café. Et aussi d'aspirine. Au passage je récupérai mon portable et allumai mon ordinateur. Espérons qu'Alice ne soit pas fâchée que je ne l'aie pas rappelée la veille ! Une petite enveloppe clignotait sur l'écran. J'ouvris mes emails et découvris avec soulagement qu'elle ne me tenait pas rigueur de mon absence. Elle avait pris une décision. Devais-je m'inquiéter du sérieux de cet email ? Avait-elle décidé de rompre ? La distance avait elle finalement eu raison de ses sentiments pour moi ? Ca paraissait peu probable, vu qu'elle me parlait d'une certaine petite tenue probablement très seyante qu'il me tardait déjà de découvrir… Mmm… L'imaginer dévêtue, allongée sur mon lit… Non Jasper, un peu de tenue et de concentration… Mais elle me manquait tellement ! Plus d'un mois que je ne l'avais pas vue. Un mois sans pouvoir la prendre dans mes bras, et l'embrasser et... Hum, oui bref…

Je calculai mentalement le décalage horaire entre chez elle et ici, et décidai qu'elle devait surement être déjà debout. Je composai machinalement le numéro de son portable, et attendit.

« Allo ? »

« Hello Sweetie ! »

« Jazz ! Oh je suis contente de t'entendre ! Tu vas bien ?»

« Oui, ça va. Je suis désolé de ne pas t'avoir appelée hier, j'ai été pris en otage par Emmett. »

« Je vois. Laisse-moi deviner, alcool et mal de crâne ? »

« Désolé… »

« Ca va, ce n'est pas comme si j'avais été sur place. Et puis tu t'es puni tout seul. Sinon, tu as eu mon email ? »

« Oui, je viens de le lire. Je répondrai après. Je voulais juste d'abord entendre ta voix. »

« Sweet ! Tu me manques… »

« A moi aussi. Si je le pouvais je sauterais dans le premier avion vers Seattle… Mais j'ai encore du travail ici. »

« Justement, je voulais te parler de ça. Tu as un peu de temps ? »

« Jazzy ! Le petit déjeuner est servi !!! »

Et là je me figeai. Pas parce qu'Emmett venait de sortir à moitié nu de la salle de bain, ça j'avais l'habitude depuis l'époque où nous étions colocataires à l'université. Ce n'était pas non plus à cause du petit nom assez ridicule qu'il m'avait donné, on s'y faisait avec le temps… Non, c'était plutôt le fait qu'il ait pris une voix haut perché, assez semblable à celle d'une femme. Et ce juste au moment où j'étais au téléphone avec Alice, qui elle ne connaissait pas les compétences cachées de mon beau-frère… Et qui avait certainement entendu Emmett…

« Du travail hein ? Finalement je vais peut-être te laisser, tu m'as l'air fort occupé… A plus tard.»

« Attends Alice ce n'est pas- »

Trop tard, elle avait raccroché, probablement vexée et en colère. Combattant de toutes mes forces la colère et le mal de crâne combinés, je me dirigeai d'un pas décidé vers la cuisine dans l'intention de régler son compte à l'abruti qui servait de mari à ma sœur… Il allait comprendre sa douleur, famille ou pas…


Et voilà! Ca vous a plu? Vous ne m'en voulez plus? Allez, s'il vous plaîîîît une tite review pour me montrer que vous ne m'avez pas abandonnée!!!

A bientôt! :o)