Disclaimer: Les personnages appartiennent à Stephenie Meyer.

A/N: Ou l'art d'écrire un chapitre qui m'échappe complètement. En effet, j'étais partie sur un truc totalement différent, et je ne sais pas où est-ce que ça a dérappé, bref mon clavier s'est mis à écrire tout seul sans me demander mon accord. ^^ Non sérieusement, j'avais autre chose en tête à l'origine, mais finalement je me suis dit que ça passerait pas si mal comme ça. Vous comprendrez ce que je voulais dire une fois au bout de ce chapitre. C'est un peu décousu par moment, j'avoue avoir écrit en plusieurs fois, mais j'espère que ça vous plaira quand même, et que vous ne serez pas déçues!


Chapitre 35 – En attendant Noël…

JPOV

Trois mois que le mariage de James et Victoria était passé. Trois mois que je retournais la question dans ma tête. Etait-ce le bon moment ? Etait-ce toujours trop tôt ? Etait-elle prête ? Et si elle disait non ? Trois mois que je me demandais si je pourrais demander Alice en mariage. Je n'en pouvais plus d'attendre, je l'aimais, je la voulais pour moi seul, je voulais faire ma vie avec elle. C'était aussi simple que ça. Je savais qu'elle était la bonne, alors pourquoi s'embarrasser des convenances ?

Mon dieu, plus je m'écoutais plus je me faisais peur. Evidemment qu'il fallait s'embarrasser des convenances ! Je ne pouvais pas simplement l'épouser sans prendre en considération les circonstances de notre relation. Et en admettant que je décide bel et bien de faire ma demande, comment m'y prendre ? Quel genre de choses s'étaient-elles imaginées pour nous ? Devais-je faire ça à l'ancienne, et l'emmener dîner dans un grand restaurant avec musique et fleurs etc ? Ou bien la surprendre, en l'emmenant en voyage à l'étranger, et poser un genou à terre alors que nous nous promènerions dans les rues de Paris ? A moins qu'elle ne préfère quelque chose de plus intimiste, tous les deux, dans le confort de notre maison…

Ahhhh comment savoir ?! Et une autre question se posait, à savoir me dirait-elle oui ? Je paraissais si certain qu'elle accepterait, mais si elle disait non ? Si elle se rendait compte que ce n'était pas ce qu'elle voulait ? Et si elle décidait de me quitter, parce qu'elle n'était pas prête pour ça ? Non, c'était impossible, je ne m'en remettrais jamais… Bon, dans un premier temps, on allait partir sur l'idée qu'elle accepterait d'accord ? On improviserait ensuite sur la potentielle réponse… Et la bague… Comment choisir la -

« Tout va bien Jazz ? Tu as l'air pensif. »

« Hmm ? Hein, non, ça va, je réfléchissais c'est tout. »

« Des soucis ? »

« Non rien ne t'en fais pas, le boulot… »


APOV

Le boulot. C'était systématiquement sa réponse ces derniers temps. Chaque fois que je lui demandais ce qui le tracassait, il me répondait invariablement, le boulot. C'était impossible. Il me cachait forcément quelque chose. Pourtant à première vue, tout semblait aller parfaitement bien entre nous. Pas de dispute, de bons moments passés ensembles, des nuits magiques, non, tout allait bien. Alors pourquoi s'échappait-il de plus en plus souvent dans ses pensées ? Avait-il des doutes quant à notre avenir ? Pensait-il qu'il faisait une erreur en restant avec moi ?

Cette simple idée m'arracha un frisson et je vins resserrer mon étreinte entre ses bras. Une autre de ces habitudes que nous avions prises depuis que j'avais emménagé avec lui. Le soir, nous aimions regarder la télévision enlacés dans le canapé, et maintenant que l'hiver approchait, j'aimais nous recouvrir d'une couette bien chaude accompagnée de petites douceurs trouvées à la cuisine. Régulièrement il nous arrivait de terminer notre nuit ainsi lovés, ses bras étant le meilleur endroit possible pour m'endormir.

L'hiver s'était installé sur Houston, et même s'il ne faisait pas vraiment froid, surtout si on comparait avec Forks, j'aimais à penser que nous fêterions notre premier Noël ensemble. Habituellement, j'avais toujours essayé de célébrer ce moment particulier avec ma famille, mais cette année exceptionnellement, Jasper et moi avions décidé de faire ça juste tous les deux. Rosalie et les enfants passeraient surement à la maison récupérer leurs cadeaux, et nous passerions un bon moment.

Ce qui m'amena à penser, il fallait faire quelque chose pour décorer la maison. Je supposais que Jasper n'avait probablement même jamais acheté de sapin pour mettre dans son salon, alors ne parlons pas de décorations… Ce serait l'occasion de lui faire une belle surprise. Ca et lui trouver un cadeau digne de ce nom… Parce que ce n'était pas le tout, mais je n'avais toujours aucune idée de ce que je pourrais lui offrir… Une montre ? Non, il en avait déjà une très jolie au poignet. Un livre ? Son bureau en était rempli, et j'aurais été bien incapable de savoir ce qu'il voudrait. Un vêtement ? Non, ça c'était plutôt pour moi, lui ne s'embarrassait pas de ce genre de détails. Il n'y avait qu'à voir son armoire… Des tenues de marque certes, mais toujours les mêmes, et surement depuis des années…

Pas facile du tout de lui trouver un cadeau qui lui plaise!!! Et le connaissant, j'étais sure qu'il saurait trouver quelque chose de formidable pour moi, comme à chaque fois qu'il m'offrait un présent… Il allait me falloir batailler ferme pour être à la hauteur. Dès demain, j'appellerais Rosalie. Après tout c'était son frère, elle saurait bien me tuyauter un peu…

« Jazz, il est tard, je vais aller me coucher. Tu viens ? »

« J'arrive de suite, je regarde juste la fin du reportage. »

« Tu ne tardes pas hein ? »

Je l'embrassai alors suggestivement, et visiblement fus convaincante puisqu'il attrapa aussitôt la télécommande pour éteindre la télévision avant de reprendre mes lèvres pour un baiser enflammé et m'emmena dans notre chambre à coucher. Ou l'art de savoir dresser son homme… Enfin, je me comprends.

Ce fut la sonnerie du réveil qui me tira de mon doux sommeil. Il était déjà l'heure de se lever, et comme tous les jours c'était la croix et la bannière pour sortir du lit. Pas vraiment envie de quitter les bras de l'homme de ma vie pour aller affronter la civilisation… En plus aujourd'hui, j'allais devoir faire une séance photo pour un magazine destiné à des personnes âgées… Pas que ce soit dégradant, au contraire, mais bon, côté vêtements il existe un peu plus excitant quand même… Mais bon, dans la mesure où j'étais plutôt nouvelle dans le métier, je prenais ce qu'on voulait bien me donner. Et avec l'argent que je recevais, j'essayais de participer aux dépenses du couple, même si Jasper refusait que je paye un loyer ou quelque chose de ce genre. C'était fou cette fierté sudiste et masculine qui l'empêchait de me laisser participer… Je savais bien qu'il gagnait assez d'argent pour nous deux, mais en me payant tout, il me donnait l'impression de m'entretenir… Et je n'étais pas une maîtresse ou une courtisane! Du coup c'était décidé, cet après-midi en sortant de la séance photo, j'irais acheter moi-même les décorations de Noël, et je lui ferais la surprise pour son retour.

Sur ces belles pensées, je mis un pied hors du lit, et rejoignis la salle de bain pour une bonne douche revigorante. Une fois douchée, habillée et légèrement maquillée, direction la cuisine pour un petit café bien nécessaire. Jasper dormait toujours, et je décidai de lui laisser un peu de répit avant d'aller le réveiller. Il m'avait prévenue qu'il rentrerait plus tard ce soir suite à une audioconférence avec des collègues Asiatiques. Parfait, ainsi je pourrais m'activer à la décoration de la maison sans qu'il le sache. Mais déjà l'heure tournait et il me fallait partir. J'entrepris de réveiller un Jasper guère motivé, avant de vite rejoindre mon travail…

Quelques heures plus tard, je sortais du studio bien décidée à faire des emplettes. Je me rendis donc à la boutique de décorations, et achetai un magnifique sapin – artificiel, je ne me voyais pas ramasser les aiguilles dans le salon tous les jours – que j'imaginais déjà trônant près de la cheminée. A peine arrivée à la maison j'entrepris de l'installer, ce qui me valut bien des misères compte tenu de ma petite taille, et commençai à déballer les différents paquets aux mille couleurs achetés pour l'occasion. Je voulais vraiment que Jasper ait la surprise de sa vie en rentrant à la maison ce soir ! Il y avait des guirlandes, des boules de Noël, des petits angelots, des petites bougies et même de quoi faire une crèche sur le buffet.


JPOV

La journée était enfin terminée. J'avais cru que ça n'arriverait jamais. Pourquoi fallait-il toujours assister des réunions à des heures si avancées, alors que personne n'avait jamais envie de rentrer tard ?! Dire qu'à une époque j'étais le premier à les organiser… Un rapide coup d'œil à ma montre, il était déjà tard, ça risquait de faire juste pour passer à la bijouterie comme j'en avais eu l'intention ce matin. J'avais d'abord attendu qu'Alice parte travailler avant de me lever. J'avais besoin de réfléchir, et pour ça il me fallait être seul. J'avais eu l'intention de le faire la veille au soir, mais elle avait su s'y prendre et me faire changer d'avis… Hum… Oui oui, faible volonté je savais…

Une fois qu'elle avait quitté la maison, j'avais commencé à cogiter sur la meilleure façon de faire ma demande. Quelque soit la manière, alors il me faudrait aller chercher une bague. Fort heureusement, pour lui avoir déjà offert des bijoux, je connaissais sa taille, ce serait donc un souci de moins. Restait le problème du choix. Pendant la journée au bureau, j'avais surfé sur l'internet – oui oui pas bien mais bon, aux grands maux les grands remèdes – pour étudier un peu les différents modèles. Et lorsqu'après d'épuisantes recherches, pour la plupart infructueuses, j'avais enfin trouvé une bague qui me plaisait, alors cette réunion s'était rappelée à moi, et j'avais réalisé que j'allais devoir me dépêcher si je voulais aller à la bijouterie la voir de mes yeux.

J'avais donc filé au chez le joailler lui demander de me présenter la bague en question. Elle était parfaite. Un solitaire d'une pureté éclatante, monté sur un anneau en or blanc. Exactement ce que je voulais. Depuis toujours, le diamant symbolisait la pureté et l'éternité. C'était l'image que je m'étais faite d'Alice. Mon amour pour elle grandissait chaque jour au point qu'il ne pourrait plus jamais décroître, et n'était entouré que des meilleures intentions du monde. Par cette bague je souhaitais réellement lui prouver mon engagement total et éternel. Quel que soit son prix, ce serait celle-ci. Par chance elle était pile à la taille du doigt d'Alice, ce qui n'était pourtant pas chose fréquente. Je la fis mettre dans un petit écrin que je cachai dans le seul endroit qu'elle ne fouillerait jamais, mon attaché case. C'était plein de documents totalement ennuyeux et incompréhensibles pour elle, aucune chance qu'elle vienne fouiner ici…

Un coup d'œil à ma montre m'indiqua que l'heure tournait, et qu'il était plus que temps de rentrer sous peine de la voir s'inquiéter. Je l'avais prévenue que j'avais un meeting ce soir, mais je ne souhaitais pas la voir se faire du souci ou m'attendre pour dîner. Déjà à l'approche de la maison je sentais la tension monter. Quel serait le meilleur moment pour lui demander ? Notre anniversaire de rencontre n'était encore pas pour maintenant, et c'était trop loin pour que je puisse patienter si longtemps… La prochaine fête n'était autre que Noël… Notre premier Noël tous les deux… Ca pourrait faire la parfaite occasion. Elle serait tout à sa joie de célébrer ce jour à Houston, et ne verrais probablement rien venir. Je pourrais faire passer la bague parmi les nombreux paquets que je lui destinais, et là, quand elle s'y attendrait le moins, je lui poserais LA question. Oui ce serait parfait.

Satisfait, je passai la porte de la maison avec entrain…


APOV

J'entendis le bruit de la voiture dans l'allée. Parfait, il rentrait pile au bon moment, je venais de terminer. Je me hâtai de débarrasser le dernier carton du salon pour le cacher dans mon dressing et attendis. Il poussa la porte, sifflotant gaiement. Il semblait de bonne humeur, encore mieux !

« Mon ange je suis ren- »

Il était sans voix. Il n'en avait même pas terminé sa phrase. Mission accomplie Alice ! Il fit un pas, puis deux, regardant tout autour de lui. Je trépignais d'impatience de savoir ce qu'il en pensait. Mais une chose était sure, il ne s'y attendait pas du tout. Alors je décidai d'accélérer un peu la procédure et vins me pendre à son cou pour l'embrasser. Il me rendit mon étreinte, encore sous le choc.

« Alors ? Qu'est-ce que tu en dis ? »

« Alice c'est… »

« Impressionnant ? Merveilleux ? Incroyable ? Je te laisse choisir»

« … fort décoré… »

Pff, il allait falloir élargir sa gamme d'adjectifs, parce que ça faisait un peu léger. Et puis, c'était quoi cette remarque ? Ca fait 'décoré'… Oui bah on s'en serait douté… Ah ces hommes aucun tact ! Voyant que je n'étais pas ravie de sa réaction, il ramassa sa mâchoire qui traînait encore par terre et se reprit.

« Non excuse-moi, je voulais dire… C'est absolument incroyable ! Toutes ces décorations, tu as fait ça toute seule ? »

Ah bien, maintenant il me servait le refrain qu'on aurait sorti à une petite fille de huit ans. Et tu as fait ça toute seule comme une grande ? Oh, que c'est mignon ! Sérieusement, ses chances de partager ma couche cette nuit s'amenuisaient à vue d'œil…

« Jazz, enfin ! Tu es capable de me faire des compliments à en tomber, mais franchement, quand il s'agit de choses de la vie courante, tu crains. »

« Heu… Pardon. Toute la décoration de la maison est magnifique, vraiment. Je suis juste un peu surpris, c'est la première fois que je 'fête' réellement Noël ici. »

« Tu n'as jamais décoré ta maison ? »

« Non, je travaillais pour Noël d'habitude. »

Un cas désespéré, vraiment. Mais ça expliquait son manque d'enthousiasme face à mon travail acharné. Il retira sa veste et posa sa mallette dans son bureau avant de venir me rejoindre au salon. Il s'en voulait à présent, c'était clair. Je l'avais fait se sentir coupable. Parfois, j'oubliais que sa vie d'avant était vraiment différente de maintenant. Je ne pouvais pas lui demander de changer du jour au lendemain. Pendant des années il avait été seul, reclus. Il y avait bien eu sa sœur, mais sans doute n'avait-il pas voulu la déranger, ça lui ressemblait bien. Tout ceci était donc nouveau pour lui, je ne devais pas le prendre personnellement. Il était temps d'agir en adulte, pour changer…

Pour lui montrer que je ne lui en voulais pas, je l'attirai sur le canapé, l'embrassai avec douceur avant de me blottir dans ses bras.


JPOV

Bon, elle n'était pas fâchée. Heureusement, car je n'avais pas vraiment assuré sur ce coup là. J'avais tellement été surpris par la déco du salon que les mots m'avaient manqué. C'était au-delà du descriptible. Elle avait fourni un travail de fou pour un tel résultat, c'était évident. Le sapin était magnifique, vert et bien fourni, on aurait presque dit un vrai. Elle avait accordé les guirlandes avec les boules de Noël, sans parler des petits angelots et des bougies répartis ça et là. Des guirlandes de polystyrène pendaient du plafond, ainsi que des petites étoiles argentées. Elle avait également collé des pochoirs en gel aux fenêtres, et un cd de chants de Noël passait sur la platine. Et ce n'était que le salon, je pouvais deviner que le même traitement avait été accordé au reste de la maison.

Et moi j'avais évidemment ruiné sa joie de me faire la surprise par mon manque de réaction. Quel idiot. Heureusement je me consolais en disant que je saurais me faire pardonner le jour J en sortant ma précieuse bague. Ca effacerait bien mes quelques maladresses non ? J'avais pris soin de ranger l'écrin dans la mallette et de placer celle-ci dans le petit bureau pour plus de sécurité. Mon seul souci à présent était de trouver la manière dont j'allais lui faire ma demande… Et comment allais-je bien pouvoir me concentrer quand deux petites mains s'aventuraient déjà sous ma chemise, m'empêchant d'aligner deux pensées cohérentes ?!

« Alice… »

Elle leva sur moi un regard totalement angélique – hum – et me demanda s'il y avait un problème. Je grommelai quelque chose d'incompréhensible avant d'une nouvelle fois céder à ma faible nature d'homme. J'aurais bien le temps de penser plus tard. Quand elle cesserait de me tourmenter de la sorte. Enfin, au moins maintenant j'avais la certitude qu'elle ne m'en voulait pas !


APOV

Quelques heures avaient passé, et pourtant nous étions toujours sur le canapé du salon, enlacés. Nous n'avions même pas pensé à dîner. Pourtant tout était déjà prêt, je m'en étais assurée avant qu'il ne rentre. Mais comme à chaque fois que je le laissais faire, il me faisait absolument tout oublier. Du moins tout ce qui n'était pas lui ou moi. Le cd de musique s'était terminé il y avait un bon moment déjà, mais je n'avais pas eu envie de me lever pour éteindre la chaîne ou pour en remettre un autre. J'étais bien là, entre ses bras, avec sa chemise pour seul vêtement. Oui parce que j'adorais porter ses affaires après. Une habitude très clichée, mais j'aimais ça. Ca sentait son odeur, et j'y étais complètement accro. Dessinant du bout du doigt l'une de ses nombreuses cicatrices, je levai la tête pour me noyer dans son regard. Une nouvelle fois il semblait plongé dans d'intenses réflexions, mettant de la distance entre nous. Ca ne pouvait pas continuer comme ça, je devais savoir !

« Jazz ? »

« Mmm ? »

« Tu es songeur, des soucis ? »

« Non, rien. Je pensais à un truc au boulot… »

Encore une fois des paroles évasives… Quelque chose n'allait pas. Il ne pouvait pas décemment penser à son travail après le moment qu'on venait de partager tous les deux. Impossible. Vraiment, moi j'en étais totalement incapable. Et l'idée qu'il me mente m'était insupportable. Alors je fis ce que je pensais être le mieux, à savoir le confronter.

« Jazz, ne dis pas qu'il n'y a rien. Je vois bien qu'il y a quelque chose, tu es bizarre ces jours-ci… »

« Non, ne t'inquiètes pas je vais bien, je… »

« Est-ce que tu ne m'aimes plus ? »

Ca pouvait paraître stupide comme question, mais il fallait envisager cette possibilité, aussi douloureuse soit-elle. Ca ferait mal, certes, mais il fallait que je sache. Peut-être que cette absence de réaction face à la déco tout à l'heure était même liée à son comportement.

« Quoi ? Non voyons, c'est ridicule ! »

« Alors tu m'as trompée ? »

« Alice ! »

« Alors dis-moi ce qui ne va pas ! J'en ai assez de faire l'autruche ! Je vois bien que quelque chose te tracasse depuis plusieurs jours ! Si tout va bien entre nous, alors tu dois pouvoir m'en parler ! »


JPOV

Mais où était-elle allée pêcher des idées pareilles ? Ne plus l'aimer ? La tromper ? Enfin c'était insensé, je ne vivais, ne respirais que pour elle. Elle avait déduit tout ça de quelques instants de réflexion ? En plus, le comique de l'histoire c'était que j'étais en train de réfléchir à comment j'allais la demander en mariage… Mais je ne pouvais décemment pas lui dire. Comment me tirer de cette embrouille monstrueuse sans révéler la vérité ?!

Ses yeux montraient combien elle était inquiète et sérieuse à ce sujet. Et me rappelaient aussi combien je l'aimais. Finalement, depuis des jours que je me torturais l'esprit à chercher comment rendre ce moment parfait, n'était-il pas sous mes yeux ? Je voulais dire, certes, faire ma demande à Noël pouvait paraître idéal, avec les cadeaux et tout. Mais quelle meilleure preuve d'amour pourrais-je lui donner à présent qu'en lui demandant de devenir ma femme, tout de suite ?

« Très bien, puisque tu insistes, je vais te dire ce qui me perturbe depuis un moment déjà… »


APOV

Mon cœur battait à tout rompre. Il avait dit qu'il m'aimait toujours, et qu'il ne m'avait pas trompée. Pourtant j'étais inquiète. Terriblement angoissée. Et s'il me quittait ? Ca n'avait pas de sens, mais je n'arrivais pas à m'ôter cette idée de la tête… Il était vrai que je n'étais pas facile à vivre tous les jours, que j'avais une passion déraisonnable pour les vêtements et les chaussures, et que je savais me montrer particulièrement irritante. Avais-je atteint les limites de sa patience ?

Il se leva alors du canapé, me demanda d'attendre un instant. Qu'allait-il faire ? Allait-il m'amener une valise pour que je m'en aille ? Ou allait-il m'annoncer une nouvelle choquante dont je n'allais pas me remettre…

Il revint ensuite au salon, s'assit sur la petite table pour me faire face, et prit mes mains dans les siennes. Maintenant j'avais peur, et je regrettais d'avoir ouvert la bouche alors que nous savourions ce moment de calme quelques instants plus tôt.

« Alice, tu as raison, il y a une explication à mon comportement de ces derniers temps… Je voulais attendre un peu avant de t'en parler, mais finalement tu as raison, autant mettre les choses au clair tout de suite. »

« Jazz… »

« Tu sais, ça fait des semaines, pour ne pas dire des mois, que je réfléchis à la meilleure façon de faire ça. Mais en fait, je crois qu'il n'y en a pas… »

Je n'aimais vraiment pas la manière dont ce discours commençait… Ca ne laissait présager rien de bon, surtout qu'il arborait cet air sérieux qu'il n'utilisait que dans le cadre de son travail. Il ne plaisantait pas. Il allait rompre avec moi, je le sentais, d'ailleurs les larmes me montaient déjà aux yeux, et je luttais de toutes mes forces pour rester digne.

« C'est pour ça que je pense que le mieux est de rester simple, et de te dire les choses. »

Je n'arrivais plus à soutenir son regard, alors je fermai les yeux, mordant ma lèvre nerveusement en espérant que le choc ne serait pas trop douloureux.

« Je t'aime, c'est tout. Epouse-moi. »

« ………….. »

La Terre appelait la lune. Youhou ! Pas de réaction. Pas de douleur non plus. Avais-je bien entendu ses mots ? Il n'était pas en train de rompre avec moi ? Il… L'épouser ??!! Je rouvris brusquement les yeux, incapable de prononcer le moindre son, les mots restant coincés dans ma gorge. Il… venait de me demander de l'épouser ? Là, dans le salon, alors que j'étais tout échevelée par nos ébats précédents, seulement vêtue de sa chemise ? Le mariage ?

Il était à présent agenouillé devant moi, un petit écrin tendu avec espoir. A l'intérieur, une bague absolument magnifique brillait fièrement sur son petit coussin. Une bague qu'il me demandait de porter en signe d'engagement éternel envers lui… Ce moment, auquel j'avais rêvé un million de fois depuis notre rencontre, était en train d'arriver.

Pas de grand discours, pas de grande démonstration. Juste lui, moi, notre maison. Et cette bague incroyablement parfaite. Il venait de me demander d'unir ma destinée à la sienne, déposant son cœur à mes pieds, alors que je n'étais ni jolie, ni à mon avantage, et lui-même ne portait que son pantalon remis à la hâte. Comme il l'avait dit, il m'aimait, tout simplement. Je ne pus retenir un instant de plus les larmes de couler, de bonheur et de soulagement cette fois-ci.

« Alice, je ne crois pas être assez fort pour rester stoïque plus longtemps… »

Je repris aussitôt mes esprits. Il attendait une réponse. Mais bien sûr ! Quelle idiote, je n'étais probablement pas la seule à avoir le cœur qui s'emballait ! Epouser Jasper, devenir Mme Whitlock… Je ne pouvais nier y avoir déjà songé. Et l'idée me plaisait assez… En devenant sa femme, je n'aurais plus à m'inquiéter qu'il change d'avis sur notre relation. Nous pourrions envisager de fonder une famille, avoir des enfants, être heureux… Mais de nouveau je m'égarais, il attendait que diable !

« Jazz, ne me dis pas que tu as envisagé une seconde que je pourrais te dire non ? »

« Et bien je dois reconnaître que pendant une fraction de seconde… »

« Jasper ! »

Il me fixa un instant, soulagé, avant d'esquisser un sourire et de capturer mes lèvres pour un baiser passionné. Mais il ne me laissa pas le temps d'approfondir cette étreinte, se saisissant de ma main pour y glisser la bague. Elle m'allait parfaitement. Pas besoin de la faire ajuster, il avait choisi la bonne taille. Non que ce soit surprenant, il avait toujours su ce qui m'allait.

J'étais fiancée, pour de bon… Je venais de faire un pas de plus vers le bonheur avec un grand B. J'allais épouser Jasper… En fait, cette demande était encore plus magique que tout ce que j'aurais pu m'imaginer. Certes il n'y avait pas de fioritures ou de grands chambardements, mais nous étions ensemble, chez nous, entourés par la magie de Noël… Je vivais un rêve éveillée !

Quand Bella allait apprendre ça ! D'ailleurs mon téléphone, où l'avais-je mis ? Il fallait que je l'appelle pour lui annoncer la nouvelle !!


Pfiou, ça n'a pas été facile, mais ce morceau là est maintenant passé! Alors, qu'avez-vous pensé de cette demande finalement? j'ai cherché pendant des heures une façon originale de présenter ce moment si magique. Et puis à la fin, je me suis rappelée qu'à l'origine, Jasper et Alice sont un couple assez privé, qui ne sont pas du genre à s'exposer en public. Alors cette version ne collait pas mal à leur caractère. Enfin à mon sens, libre à vous de m'exposer vos points de vue.

Ah, et avant que j'oublie, merci à tous ceux et celles qui review régulièrement, et les autres aussi d'ailleurs, ça me fait toujours tellement plaisir vous n'avez pas idée! Et Nyah-Cullen, promis, je vais essayer de réduire les effets de ponctuation, parce que c'est vrai que j'en abuse assez souvent, merci de me l'avoir souligné! ^^