Disclaimer: Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer.
A/N: Je ne vais pas trop m'étendre sur le sujet, faute de temps, à vous de juger! Bonne lecture!
Chapitre 38 – Incompréhension
APOV
« C'est à se demander si tu souhaites vraiment ce mariage ! »
« Ne sois pas ridicule ! »
« Parce que maintenant vouloir t'épouser est ridicule ! C'est parfait ! De mieux en mieux ! »
Tout comme lorsque j'étais adolescente, je me réfugiai dans la chambre, fermant la porte derrière moi pour ne pas qu'il m'y rejoigne. J'en avais assez. Des jours que cette dispute revenait, encore et encore. Je ne lui demandais pas grand-chose pourtant, mais non, Monsieur jouait les butés, et rejetait systématiquement chacune de mes propositions sans la moindre explication. Si au début je me contentais d'accepter ses décisions et passais à autre chose, à présent j'en avais plus que marre, et commençais à me demander s'il n'y avait pas de raison cachée derrière ses refus.
J'étais consciente que depuis que Jasper avait décroché sa promotion trois mois auparavant, il avait été fort occupé, et toute dévouée à le soutenir, j'avais mis de côté nos projets d'avenir pour l'aider à se focaliser sur ses objectifs. C'était normal, et je ne regrettais absolument pas l'avoir fait. Seulement maintenant, un trimestre s'était écoulé, il avait pris ses marques, et même si le travail n'allait pas en s'amenuisant, j'avais espoir qu'il revienne quelque peu sur un autre point important dans sa vie, à savoir sa décision de faire de moi son épouse… Sauf qu'apparemment, ce n'était plus dans ses projets du moment.
Cela faisait maintenant deux semaines que chaque fois que j'abordais le sujet d'une éventuelle date pour notre mariage, il soupirait, ou bien prétextait ne pas avoir entendu. Je ne comprenais pas sa réaction. Avant cette histoire de promotion, il m'avait fait sa demande, et m'avait répété maintes fois qu'il m'aimait, et qu'il voulait passer le restant de ses jours à mes côtés. Et là, c'était tout juste s'il ne donnait pas l'impression d'être ennuyé par ma présence… Et cela me brisait le cœur, parce que je ne le comprenais pas. J'en avais parlé avec Bella, et celle-ci avait tenté de me remonter le moral, promettant de bientôt venir me voir à Houston. Se pouvait-il qu'il ait changé d'avis ? Je regardai la bague de fiançailles qui brillait à mon doigt. Regrettait-il sa décision ? Les paroles de la femme de Richard me revenaient en mémoire. Elle avait dit qu'après le mariage, son époux avait changé, et que leur relation était devenue aussi vide qu'une coquille d'huître… Etions-nous en train de prendre ce chemin ? Jasper ne me voyait-il déjà plus que comme un accessoire que l'on emmène en soirée pour parader ? A cette pensée les larmes me montèrent aux yeux. Ma poitrine me brûlait, et je priai de toutes mes forces que cette épreuve ne soit qu'un mauvais rêve dont j'allais me réveiller.
Je ne sortis pas de la chambre pour aller dîner ce soir là, et finis par m'endormir à force d'avoir pleuré. Jasper vint me rejoindre durant la nuit, mais aucun de nous deux ne parla de peur de réanimer la dispute. Je détestais ça…
Lorsque je rouvris les yeux, mon réveil était en train de sonner. Je me hâtai de l'éteindre, de peur de réveiller Jasper. Mais un rapide coup d'œil de l'autre côté du lit m'indiqua qu'il s'était déjà levé, et devait même déjà être parti travailler. Le pas lourd, je rejoignis la salle de bain où l'image que me renvoya le miroir me fit frissonner. Rose allait me tuer quand elle verrait la tête que j'avais. Mes yeux étaient rougis par les larmes, et j'avais vraiment mauvaise mine. Bien évidemment je ne pouvais pas lui raconter pour nos fréquentes disputes avec Jasper, c'était son frère, elle ne pourrait pas prendre position… Si elle me demandait, je me contenterais de sourire, et comme les autres fois elle croirait que mes cernes étaient dues à des ébats nocturnes, et tout rentrerait dans l'ordre… Je terminai donc de me préparer rapidement, les mots échangés la veille venant me hanter à chaque instant.
JPOV
Lorsque je poussai la porte de mon bureau, mon esprit était à cent mille lieues de la réunion du conseil qui m'attendait dans une heure ou deux. Je rejouais la scène de la veille dans ma tête, encore et encore, essayant de comprendre pourquoi les choses avaient dégénéré avec Alice. J'étais rentré du travail éreinté, et peut-être un peu énervé aussi. Pourtant, comme à son habitude, elle était venue m'accueillir chaleureusement, et nous avions discuté de nos journées respectives. Elle m'avait raconté en détail comment s'était passée sa séance photo, et combien le photographe était pointilleux, et que les vêtements étaient désagréables à porter, mais qu'elle avait fait bonne figure etc etc. J'avais décroché en cours de conversation, trop fatigué pour suivre avec attention.
Et puis elle avait enchaîné sur l'organisation du mariage, redemandant une nouvelle fois si j'avais réfléchi à une date. Ca avait achevé de m'agacer. J'avais eu une journée éprouvante, je venais d'user le reste de mon énergie à l'écouter me parler de son travail, et elle voulait maintenant qu'on se lance dans les préparatifs du mariage ? Non, pas ce soir, c'était de trop. Tout ce que je voulais, c'était me poser dans ce canapé, et regarder n'importe quel feuilleton idiot à la télé, ma douce Alice blottie entre mes bras jusqu'à ce qu'il soit temps d'aller se coucher.
Mais elle avait mal pris ma réaction. Je n'arrivais pas à me souvenir avec exactitude de la manière dont j'avais formulé ma réponse lorsqu'elle m'avait demandé pour la date. Quelque chose comme, « pas ce soir Alice »… Et elle s'était emportée, et le ton était monté rapidement. Mon énervement avait pris le relais, et les mots étaient sortis plus vite que je ne l'aurais voulu. Vexée, elle était partie se réfugier dans la chambre et avait claqué la porte assez fort pour me signifier que je n'étais pas le bienvenu. J'avais alors passé la majeure partie de la soirée à ruminer dans le fauteuil, espérant vainement qu'elle sortirait de son repère. Plusieurs fois j'avais voulu aller frapper à sa porte, pour m'excuser, ou au moins essayer de tirer au clair cette affaire, mais l'entendre pleurer m'avait brisé le cœur, et m'avait forcé à réfléchir.
La situation semblait s'être dégradée depuis quelques temps. Cela semblait faire une éternité que nous n'étions pas simplement allés nous promener au parc, ou allés au restaurant tous les deux. Et je ne parlais pas de la dernière fois où j'avais eu ses faveurs… J'avais été occupé avec mon nouveau poste, au point de rentrer à la maison fourbu et vidé chaque soir. Mais elle avait paru comprendre la situation, et s'en était accommodée. Alors pourquoi exploser soudain ? Evidemment que je voulais l'épouser ! Mais tous ces préparatifs, c'était juste de trop. Bien sûr que je voulais qu'elle ait le mariage de ses rêves…
Je l'aimais plus que tout, seulement… Seulement ? Pourquoi devait-il y avoir un 'seulement' ? Je l'aimais. J'aimais Alice, je ne pouvais pas douter de cela. En faire ma femme était tout ce que je désirais, bien plus que ce travail pour lequel j'étais en train de la sacrifier… Mais quand bien même j'accepterais de finalement commencer à organiser la cérémonie, qu'est-ce qui me prouverait que j'arriverais à la rendre heureuse une fois mariés ? Qu'est-ce qui changerait par rapport à maintenant si nous avions la bague au doigt ? J'aurais toujours autant de travail, je ne pouvais pas me voiler la face… je n'aurais probablement pas toujours envie de faire toute sorte d'activités une fois rentré à la maison le soir… Et si nous venions à agrandir notre famille par la suite, serais-je capable d'être un bon mari et père ? Pourrais-je leurs consacrer le temps qu'ils mériteraient ?
La vérité, c'était que j'avais peur. Peur de ne pas être à la hauteur, peur de ne pas la mériter. Alice était tout ce que je pourrais jamais rêver d'avoir. Elle était mon soleil, mon oxygène, ma vie. Mais moi, au fond, que lui apportais-je si ce n'était tracas et larmes ? En quoi m'épouser lui apporterait-il le bonheur ? Serait-elle heureuse en menant cette existence de 'femme de', condamnée à subir les différents désagréments engendrés par ma carrière plus qu'envahissante ?...
D'un autre côté, j'étais faible. Je ne pouvais pas la laisser partir, je l'aimais trop. J'avais besoin d'elle, de sa présence à mes côtés… Mais j'avais conscience que laisser la situation pourrir toute seule était également malsain. Que faire alors ?
APOV
J'étais rentrée à la maison un peu plus tard que d'habitude. J'avais pensé que faire un peu de shopping après le travail égaierait un peu mon humeur. Mais finalement, même après avoir acheté une nouvelle paire de chaussures, et cet adorable petit ensemble qu'il y avait en vitrine, je ne me sentais pas vraiment mieux.
Je déposai mes sacs dans la chambre sans même les déballer, et vins m'asseoir sur le canapé, recroquevillée de sorte que mon menton reposait sur mes genoux. Il finirait bien par rentrer, et nous parlerions, j'allais y veiller… Sur la table basse, une photo de nous deux prise quelques jours après sa promotion trônait fièrement. Il avait suggéré que nous partions en week-end tous les deux, et ni une ni deux, nous avions fait nos bagages, direction Miami où nous avions passé un moment formidable. J'avais demandé à un passant de nous prendre en photo devant la plage, parce que c'était cool… Ces instants de bonheur me semblaient soudain bien loin…
Le bruit de la clef dans la serrure, il rentrait. Mon cœur bondit dans ma poitrine quand il franchit le seuil, mais je n'eus pas le courage de lever les yeux vers lui, me contentant de regarder avec nostalgie le petit cadre. Silencieusement, il retira sa veste et me rejoignit au salon. Il s'assit sur le canapé à distance raisonnable, aussi peu sûr que moi.
« Alice, je te demande pardon pour hier… Je ne voulais pas que ça se passe comme ça… »
« Je ne le voulais pas non plus… Mais je ne comprends pas pourquoi chaque fois que j'aborde le sujet tu te mets en colère… Est-ce que j'ai fait quelque chose qui te fasse douter ?»
« Non, bien sûr que non ! »
« Alors quoi ? Tu ne veux plus qu'on se marie ? »
« … »
« Je vois. »
« Non, ce n'est pas ce que tu crois ! Alice je- »
« Ca va Jasper, j'ai compris. »
Il avait bien changé d'avis. Il ne voulait plus m'épouser. Je ne comprenais pas pourquoi, mais là tout de suite, je n'étais pas prête à entendre ses explications. Ce que je fis ensuite me fit l'effet d'un coup de poignard. Les yeux embués de larmes, je retirai le solitaire qui habillait mon doigt, et le déposai silencieusement sur la table de salon. Mon monde s'écroulait, en même temps que mon cœur se brisa. Je me rassis sur le canapé, mes jambes ne me soutenant plus. Et maintenant ?
Et voilà! Un chapitre assez court, mais que j'ai volontairement coupé pour pouvoir poster ce week-end. Je vais tâcher de finir la suite au plus tôt, mais un petit cliffangher de temps en temps ça ne fait pas de mal non? ^^
A très vite, et n'oubliez pas vos reviews!!!
