Disclaimer: Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer.
A/N: Pfiou, ce chapitre aura été dur à écrire. Trop d'idées qui se bousculent, et voilà ce que ça donne! J'espère que ça aura été à la hauteur de vos attentes, parce que visiblement cette séparation d'Alice et Jasper vous a autant bouleversées que moi! Du coup, j'ai travaillé deux fois plus dur pour avoir quelque chose de - je l'espère - plausible! Alors bonne lecture!
Chapitre 40 – La Bataille des Sentiments
SEMAINE 4
APOV
Pour la cinquantième fois, je venais de relire l'email de Jasper. Alors c'était tout, il avait juste peur de ne pas être assez disponible pour moi ? C'était tout ce qu'il lui fallait pour me quitter ? Désolé mon bonhomme, mais c'était loin d'être suffisant pour moi ! J'étais plus résolue que jamais à le ramener sur le droit chemin, à savoir l'autel ! Non mais sérieusement, c'était quoi ce genre de craintes ? Surtout que généralement, c'était la femme qui avait des doutes avant de se faire passer la bague au doigt ! Et pas de chance, moi je n'en avais aucun. J'aimais Jasper de toutes mes forces, et j'allais le lui montrer !
Et puisque la manière douce ne semblait pas avoir de prise sur lui, alors j'emploierai la manière forte ! Et pour mettre en œuvre la phase B de mon plan de génie pour le récupérer, j'allais avoir besoin d'aide. Et par aide, j'entendais Rosalie. Ca n'allait pas être facile, mais elle était la seule qui pourrait me rapprocher de Jasper. Je l'avais donc invitée à venir me rejoindre dans le salon de thé de l'hôtel où je résidais afin de lui expliquer la situation. Si elle n'était pas venue me voir jusque maintenant, c'était que Jasper ne lui avait rien dit à notre sujet.
J'étais donc assise à une table en train de réfléchir aux derniers détails de mon plan d'action quand elle arriva finalement. L'expression sur son visage était assez éloquente. Malgré le maquillage, je ne devais pas avoir bonne mine… J'allais en prendre pour mon grade…
« Bonté divine Alice ! Qu'est-ce qu'il t'est arrivée ?! »
« Bonjour Rose. Assieds-toi, on va discuter. »
« Discuter de quoi ? »
Comme je ne répondais pas, elle s'assit en face de moi, cherchant à comprendre. Comment lui annoncer calmement que son frère et moi étions séparés depuis quatre semaines ? Pas évident, et pourtant je devais y arriver si je voulais requérir son aide…
« Alice, ta bague… »
« C'est justement de ça dont je voulais te parler. Il n'y a plus de mariage. »
« Quoi ?! »
A présent ses yeux sortaient presque de leur orbite. Bravo Alice, très diplomate comme approche… Mais je devais garder mon calme, même si dire à voix haute que les fiançailles n'étaient plus d'actualité m'avait un peu secouée. Combien de fois ces dernières semaines m'étais-je prise à regarder mon annulaire vide, espérant y revoir briller le magnifique solitaire qui aurait dû s'y trouver…
Calmement, en essayant de ne pas perdre mes moyens, j'expliquai la situation à Rosalie. Celle-ci eut la décence de ne pas m'interrompre, et de m'écouter jusqu'au bout. Elle était visiblement aussi choquée que moi, et lorsque je me tus finalement, elle garda quelques secondes de silence.
« Rose… Je suis désolée de ne pas t'en avoir parlé avant. Je voulais être sure que c'était bien ce qu'il voulait… »
« Mais quel abruti !!!! Et ça se dit un homme ?! Je vais aller te le secouer moi, tu vas voir ! Je te jure qu'il va comprendre sa douleur !!! »
La surprise passée, elle était maintenant en colère. Cela me rassura quelque peu, la Rosalie que je connaissais était bien là. Restait maintenant à la convaincre de m'aider, et à ne pas ôter la vie de son précieux frère. Et à mon avis, ça n'allait pas être chose facile ! Peut-être aurais-je dû me débrouiller autrement?
« Rosalie non ! Je ne t'ai pas demandée de venir pour ça. En fait, j'ai bien réfléchi, et je ne compte pas abandonner la partie. »
« Evidemment ! Mon imbécile de frère ne peut pas te quitter pour des raisons aussi bidon ! »
« Merci de me soutenir, mais tu sais je ne te demande pas de prendre parti. Ton frère reste ton frère, tu n'as pas besoin d'en faire trop… En fait, je voulais simplement savoir si tu m'aiderais lorsque je te le demanderai… »
« T'aider ? »
« Oui. Pour l'instant, je veux renouer le contact avec lui par email, petit à petit. Et lorsqu'il sera en de meilleures dispositions, j'aurai besoin que tu m'aides à faire quelque chose. Mais attention, il faudra que tu fasses exactement ce que je te demanderai sans poser de questions. Je peux compter sur toi ? »
« Evidemment ! Mais pourquoi ne veux-tu pas me laisser lui parler ? Je pourrais peut-être lui faire entendre raison ? »
« C'est de Jasper dont on parle. Lorsqu'il a une idée en tête, personne ne peut l'en faire changer d'avis. Et je ne voudrais pas être la cause d'une brouille entre vous, je sais combien vous comptez l'un pour l'autre. Si tu m'aides quand j'en aurai besoin, alors ce sera déjà beaucoup pour moi. »
« Très bien. Si c'est tout ce que tu souhaites, alors c'est bon pour moi. Après tout, nous sommes amies non ?! Qu'est-ce que je devrai faire ?»
« Merci. »
Ouf, tempête évitée de justesse. Et c'était bon de savoir qu'elle me voyait comme son amie. Après tout, bien qu'installée à Houston depuis un bon moment, elle restait ma seule véritable amie sur place. Si je la perdais, alors je perdais tout… Je lui expliquai donc le pourquoi de ma requête, à laquelle elle adhéra avec enthousiasme…
SEMAINE 5 - LUNDI
JPOV
Encore une journée de travail qui s'achevait. A une époque, j'aurais été extatique à l'idée d'avoir pu accomplir ce que je faisais maintenant. Au lieu de ça, je me contentais de faire mon devoir, puis de rentrer à la maison où m'attendaient mes idées noires. Les affaires d'Alice étaient toujours ici, et une petite partie de moi-même espérait qu'elles y restent. Tant que ses chaussures, ou certaines tenues étaient là, alors ça voulait dire que le lien n'était pas complètement rompu. C'était idiot, je le savais bien, surtout que c'était moi qui avais coupé les ponts. Je n'avais plus eu de ses nouvelles après mon dernier message. Avais-je achevé de la convaincre que notre relation était terminée ?...
BIP BIP BIP.
Un message sur mon téléphone.
« Vas voir tes emails, A. »
Un message d'Alice ? Comme par hasard, pile quand je pensais à elle. Enfin, pas que ce soit quelque chose d'exceptionnel, puisqu'elle occupait mon esprit jour et nuit. Elle me demandait d'aller consulter mes emails ? Pourquoi donc ? Intrigué, j'obtempérais, et allumai mon ordinateur. Cela faisait longtemps que je ne l'avais pas consulté. En fait, depuis qu'Alice était partie, puisqu'hormis quelques exceptions très rares, elle était la seule à m'écrire des emails sur cette boîte. Les autres utilisaient ma messagerie professionnelle, ou m'appelaient directement.
1 NOUVEAU MESSAGE.
« Jazz,
Presque cinq semaines que j'ai quitté la maison. Tu me manques tu sais. J'ai bien reçu ton message de l'autre jour… A moi aussi ça m'a fait du bien de te lire. J'espère que tu prends tout de même bien soin de toi, il ne serait pas bon que tu tombes malade.
Tu dis ne pas te sentir capable de me rendre heureuse…
Tu dis avoir peur de me délaisser…
Tu dis que ta carrière est trop importante…
Pourtant moi ce que j'entends, c'est que tu m'aimes encore, que tu veux que je t'appartienne, que je te rends heureux. Alors ça n'a pas de sens. Ca n'en a aucun. Je sais que tu es quelqu'un de fort. Tu as dû par le passé affronter des choses bien pires que ces quelques doutes. Alors oui, il se peut que le chemin soit rude, et qu'il nous faille passer par des épreuves difficiles. Mais n'est-ce pas là le lot de tous les couples ? Est-ce que tu ne nous crois pas capable de dépasser tout cela, ensemble ? Moi je suis persuadée que nous le pouvons. Nous avons réussi à abattre la barrière de la distance, qui me semblait pourtant insurmontable… Nous avons réussi à te faire accepter de mon frère, et pourtant ce n'était pas gagné…
Alors es-tu bien certain que les craintes qui s'emparent de toi sont bien légitimes ? Oui tu as du travail, et je ne te demande pas de le sacrifier pour moi. Ce serait grotesque, et terriblement égoïste de ma part. Tout ce que je veux de toi, c'est une chance. Une chance de comprendre comment nous fonctionnons, et de trouver une solution à nos problèmes. Alors s'il te plaît, n'abandonne pas, pas encore, et laisse-moi te convaincre que notre amour est assez fort pour dépasser tout cela.
Je t'aime,
Alice. »
Une nouvelle soirée d'intense réflexion se profilait devant moi… Devais-je lui répondre ?
SEMAINE 5 - MARDI
APOV
Je venais de me lever, pleine d'espoir. J'avais fait un rêve la nuit dernière. J'avais rêvé que Jasper me revenait. Il m'attendait en bas de mon hôtel, un bouquet de fleur à la main, et nous nous embrassions alors qu'une fine pluie se mettait à tomber. A quelques détails prêts, j'aurais cru revivre le presque baiser que nous avions échangé lors de notre rencontre à Seattle. Un sourire se dessina sur mon visage comme je me remémorais la scène. Oui, c'était exactement la même situation, sauf que dans la réalité le portier de l'hôtel était venu nous interrompre, et qu'à l'époque Jasper et moi n'étions même pas encore vraiment ensembles… Sur ces douces rêveries, j'ouvris ma messagerie dans l'espoir d'y voir une réponse de Jasper.
1 NOUVEAU MESSAGE.
« Alice,
Pourquoi t'acharner à vouloir sauver quelque chose qui à terme ne pourra que te faire du mal ? Lorsque tu énumères ces obstacles que nous avons dû franchir, tu parles d'un « nous »… Mais quand on y réfléchit bien, n'es-tu pas la seule à t'être battue ? Je veux dire, la distance, n'est-ce pas toi qui l'as abattue en venant vivre avec moi ? Encore une fois, c'est toi qui as réussi à convaincre ton frère de me faire confiance, et c'est encore toi qui m'as encouragé pour atteindre mes objectifs… Toujours toi. Qu'ai-je réellement fait qui t'ait aidée, toi ?
Rien. Parce que je suis un être faible, et lâche. Jamais je n'aurais pu quitter Houston pour venir m'installer à Forks… Et je n'aurais jamais trouvé les mots pour convaincre les gens du bienfondé de notre relation… Je suis quelqu'un de renfermé, d'asocial, et de plutôt ennuyeux. Toi par contre, où que tu ailles, tu brilles, tu attires les gens. C'est pourquoi tu mérites mieux que moi…
Je t'en prie, pour ton propre bien, comprends ce que je fais…
Jasper. »
Je soupirai. Visiblement, les choses s'annonçaient compliquées. Cet homme était un véritable mystère parfois. Un jour il était le plus attentionné des fiancés, et le lendemain, il se transformait en une sorte d'énigme torturée et incompréhensible. Mais pourtant, malgré tout ça, je l'aimais. Et qui était-il pour juger qui je méritais ? Alors non non non mon cher, pour mon propre bien, je n'allais pas essayer de comprendre ce que tu faisais…
SEMAINE 5 - MERCREDI
JPOV
1 NOUVEAU MESSAGE.
« Jasper,
Si j'étais encore capable de pleurer, alors ton dernier message aurait achevé de me vider de toutes mes larmes. Malheureusement pour toi, j'ai dépassé ce stade. Mon cœur a déjà suffisamment souffert, si bien que les mots ne me heurtent plus autant.
Tu sembles te reprocher bien des choses, que je ne comprends pas. Jamais la cause de cette dispute n'a été ta différence de caractère avec moi. Oui, je le reconnais, nous sommes différents. Mais n'est-ce pas là notre plus grande force ?
Tu te dis lâche, renfermé et asocial. Mais c'est faux. Ce n'est pas là la description du Jasper que j'aime tant. A mes yeux, tu es un homme merveilleux, doux et fort. Chaque jour que nous avons passé ensemble, tu as toujours tout fait pour me faire sourire, pour me rendre heureuse. Rappelle toi nos week-ends en amoureux, nos sorties au cinéma, nos petits rendez-vous de dernière minute après le travail. Et je ne parle pas de nos nuits… Ta présence me manque terriblement, je ne dors plus. D'ailleurs ce serait bien inutile, puisque tu n'es pas là près de moi.
Alors non, je ne veux pas comprendre ce que tu es en train de faire. Je te l'ai déjà dit, je t'aime, et je n'abandonnerai pas, pas encore.
Ton Alice pour toujours… »
ENVOYER.
Elle ne comprenait toujours pas. Que pouvais-je lui dire de plus ? Ma détermination commençait à vaciller, et je ne pouvais pas me permettre d'être faible maintenant. Faisais-je vraiment fausse route ? Y avait-il une chance pour que je puisse réellement la rendre heureuse ?... A moi aussi elle me manquait… Elle me manquait tellement…
SEMAINE 5 – JEUDI
APOV
1 NOUVEAU MESSAGE.
« Alice,
A quoi sommes-nous en train de jouer, à nous envoyer ces messages qui ne mènent nulle part ?... Je pense qu'au fond, nous ne faisons que nous faire du mal. Toi en t'accrochant désespérément à une illusion, et moi en remuant le couteau dans la plaie.
Je t'en prie, pour nous deux, cesse d'insister.
Jasper. »
ENVOYER.
Bien, ses barrières commençaient à s'effondrer devant moi. Je devais m'accrocher, rien qu'un tout petit peu. Si je pouvais tenir bon encore quelques jours, alors peut-être…
SEMAINE 5 – VENDREDI
JPOV
Toute cette semaine, bien malgré moi, je m'étais pris à guetter tous les petits messages d'Alice. Parce que même si leur contenu n'était pas ce que j'aurais voulu, ils me permettaient d'avoir un contact, même éphémère, avec elle. J'en étais arrivé à rentrer plus tôt à la maison juste pour consulter ma messagerie.
« Jazz,
Loin de moi l'idée de te faire du mal par ces messages quotidiens. Mais je suis d'accord, en effet, ils ne nous permettent pas de nous comprendre. Alors je te propose de nous rencontrer pour de bon, afin de discuter de tout cela une dernière fois. Si cela ne fonctionne vraiment pas, alors je n'insisterai plus… Je te rendrais cette liberté que tu sembles si prompt à vouloir retrouver…
S'il te plaît, demain, à 15h. Je viendrai à la maison.
Je t'aime,
Alice. »
La retrouver ? En chair et en os ? Serais-je seulement capable de me tenir dans la même pièce qu'elle ? Arriverais-je à maintenir mes positions pendant toute une conversation ? Que ferais-je si jamais je venais à céder ? Je ne le pouvais pas, sinon toute cette douleur n'aurait servi à rien. Cependant au fond de moi, je voulais la revoir plus que tout. Je devais voir ça comme une épreuve. Un challenge… Oui, je le devais. Je lui renvoyai donc un message pour lui confirmer ma présence, et me replongeai dans mes intenses réflexions quotidiennes.
SEMAINE 5 – SAMEDI
RPOV
J'avais attendu le coup de fil d'Alice toute la semaine. Je m'étais fait bien du souci ces derniers jours. Lorsque je l'avais rencontrée au café de l'hôtel, j'avais été choquée de la voir dans cet état. Ses joues étaient creusées, des longues cernes noires ornaient ses yeux rougis par les larmes, et on voyait bien qu'elle n'allait pas bien malgré l'apparente sérénité qui émanait d'elle. Elle m'avait expliqué ce qu'il s'était passé avec Jasper, et j'avais manqué de tomber de ma chaise. Cela faisait un mois qu'ils s'étaient séparés, et je ne m'étais aperçu de rien ! Lorsqu'Alice avait demandé des vacances, je n'avais pas du tout deviné qu'elle allait mal, et le manque de nouvelles de mon frère ne m'avait pas alarmée, ce n'était pas le genre à beaucoup appeler. Si j'avais su !
Et puis je ne comprenais pas l'attitude de Jasper. Il aimait Alice, c'était aussi évident que le nez au milieu de la figure. Alors d'où lui étaient venus ces doutes ridicules ?! Peur de ne pas être à la hauteur ? Certes l'ouragan Maria avait fait ses ravages par le passé, détruisant le peu de confiance en lui qu'il avait à l'époque. Mais tout de même, ça datait de plusieurs années, et il m'avait semblé qu'avec Alice il s'était reconstruit. Ils avaient pourtant l'air si heureux ensemble ! C'en était presque fatiguant de les voir tout le temps à jouer les amoureux transis, même Emmett l'avait remarqué ! Et les enfants adoraient Alice…
C'était pourquoi quand elle m'avait appelée hier soir pour me dire qu'elle avait réussi à organiser une rencontre avec Jasper, j'avais de suite accepté de l'aider. Ces deux là étaient faits l'un pour l'autre, et mon frère aurait intérêt à comprendre que je ne tolèrerais aucune autre fille pour être la tante de mes petits anges ! Non mais ! Ce n'était pas tous les jours qu'on trouvait une perle pareille, et qui en plus savait faire la différence entre deux collections de haute couture !!!
Mon rôle était très simple. Je devais aller voir Jasper pour évaluer les dégâts, et essayer de le rendre présentable pour son rendez-vous avec Alice. Ensuite je devais m'arranger pour mettre la main sur la robe qu'elle m'avait décrite être celle de leur premier rendez-vous, une robe grise et noire resserrée à la taille. Elle était censée être dans la penderie de droite, troisième robe en partant de la gauche. C'était impressionnant de voir l'organisation dont elle pouvait faire preuve pour ses vêtements, alors que pour le reste…
Voilà, j'étais arrivée devant la maison. Les volets étaient ouverts, Jasper devait donc déjà être debout. Etonnant quand on savait qu'il n'était pas vraiment du matin lorsqu'il ne travaillait pas… Je me garai dans l'allée, et allai frapper à sa porte. J'entendis du bruit à l'intérieur, puis finalement il vint ouvrir. Juste Ciel !!! On aurait dû me prévenir avant !!!
Devant moi se tenait ce que je devinais être les restes de mon frère. Je retirais ce que j'avais dit, Alice semblait tout droit sortie d'un magazine de mode à côté de Jasper. Déjà, c'était à se demander à quand remontait son dernier passage par la salle de bain. Sérieusement, il avait une espèce de barbe mal entretenue qui cachait une partie de son visage. Un véritable homme des cavernes. Et ses cheveux qui lui tombaient sur les yeux qu'est-ce que c'était que ce travail !!! A en juger par les traits tirés qui marquaient son visage, pas difficile de deviner qu'il ne devait pas beaucoup dormir non plus… Et il était allé travailler comme ça ces dernières semaines ?! Ca devait être joli…
« Non mais tu t'es vu ? Tu es passé sous un bus ou quoi ?! »
« Rose. Salut. »
« Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? Je n'ai plus de nouvelles depuis des semaines ! »
« Alice est partie. »
Sa voix était vide, monocorde. Comme s'il n'était pas vraiment là. Il me laissa tout de même entrer, et je pus constater que son manque d'entretien s'étendait également à sa maison. Partout traînaient des papiers, des cartons, des pulls. Seule la table basse du salon semblait être épargnée. Dessus reposait un petit objet brillant. Je m'en approchai, et reconnus la bague de fiançailles d'Alice. Il n'avait pas eu le courage de l'en enlever, preuve que ses sentiments pour elle étaient toujours aussi fort.
Choquée par une telle négligence – en même temps je piquais une crise quand Emmett rentrait du foot avec notre fils les chaussures sales – je poussai Jasper dans la salle de bain et entrepris de le rendre correct. Si Alice le voyait dans cet état, elle ne s'en remettrait pas. Il ne posa pas de question, se contentant de suivre les indications que je lui donnais. Un vrai pantin. A bien y penser, c'était exactement comme lorsqu'il était revenu de l'hôpital à l'époque. Juste après son accident, quand Maria l'avait quitté. Il était tellement mal en point, nous avions tous pensé qu'il ne s'en remettrait pas… Et puis il avait rencontré Alice, et il était comme revenu à la vie…
Je m'éclipsai pendant qu'il prenait sa douche, et en profitai pour récupérer les affaires demandées par Alice. Je glissai la robe dans mon sac, et revins récupérer mon frère. L'eau dégoulinait partout sur son corps, et comme un enfant, il me fallut l'essuyer et lui sécher les cheveux. Lorsque je m'emparai d'une brosse pour le coiffer, il eut un sursaut de vie, et m'attrapa le poignet. Je le regardai sans comprendre.
« C'est celle d'Alice… »
Voilà qui était plus clair. Tout ce qui la lui rappelait le faisait souffrir. Et pourtant tout dans cette maison respirait sa présence, que ce soit les meubles, la décoration, ou ses affaires… Ses yeux n'exprimaient que tristesse et désespoir, et je dus lutter de toutes mes forces pour ne pas lui dire le fond de ma pensée. Bon sang, il était malheureux comme les pierres sans elle, et elle était malheureuse sans lui, pouvait-on faire plus clair ?!
« Jasper, si tu l'aimes autant, pourquoi ne pas te battre pour elle ? »
« Je ne saurai pas la rendre heureuse. »
« Et où est-ce que tu as vu ça ?! Tu es médium ? »
« Je l'ai fait pleurer, beaucoup trop. »
« Et alors ? Sais-tu combien de fois Emmett m'a fait pleurer depuis qu'on se connaît ? Est-ce pour cela qu'on s'est séparés ?! Non, alors tu vas me faire le plaisir de te ressaisir, et d'arranger les choses. Parce que je ne tiens pas à te ramasser à la petite cuillère comme la dernière fois. »
Il ne sembla pas réagir, continuant de regarder droit devant lui. J'achevai de l'arranger, puis pris congé. Enfin, non sans lui avoir dit de m'appeler s'il y avait du nouveau. Et je lui rappelai aussi que j'étais là, s'il avait seulement besoin de parler. Parce que j'étais sa sœur, et que ça faisait partie de mes attributions pour autant que je me souvienne. Je quittai donc la maison et filai voir Alice pour lui amener les affaires qu'elle m'avait demandé. Ca n'allait pas être une partie de plaisir !
APOV
Et voilà, c'était le moment de vérité. J'étais devant la porte de cette maison qui avait abrité parmi les plus beaux souvenirs de ma vie, hésitant à frapper. Est-ce que ce serait la dernière fois que j'y mettrais les pieds ? Je priais de toutes mes forces que ça ne soit pas le cas. Mes mains tremblaient. Rosalie m'avait prévenue que le spectacle n'était pas beau à voir, mais qu'elle avait fait son possible pour éviter les dégâts. Etait-il si mal en point ? Le seul moyen de le savoir, c'était encore de me jeter à l'eau. Je frappai donc deux coup brefs sur la grande porte. Il vint m'ouvrir, et je pris une grande respiration. Un mois que nous ne nous étions pas vus.
« Oh mon Dieu Jasper ! »
Les mots étaient sortis tous seuls, sans que je ne puisse m'en empêcher. Il avait l'air si… Je ne trouvais même pas de mots pour le décrire. Mais ce n'était pas joli, Rosalie avait eu raison. Instinctivement ma main se porta à sa joue, dans une tentative de douceur. Ses yeux étaient cernés, il manquait de sommeil. Et il avait maigri je pouvais le voir à travers ses vêtements trop larges. Il ferma les eux une seconde à ce contact, puis eut un mouvement de recul pour me laisser entrer.
« Jazz, pourquoi est-ce que tu t'infliges ça ?! Pourquoi tu NOUS infliges ça ?»
« Il le faut. Je ne veux pas que tu souffres. »
« Alors c'est raté. Parce que je ne veux être avec personne d'autre que toi… »
Tout en disant cela, j'étais venue le rejoindre sur le canapé où il s'était assis, et avais pris sa main dans la mienne. Etablir le contact, surtout ne pas flancher. Je devais garder mon calme, et ne pas simplement me jeter à son cou comme j'en mourrais d'envie après cette longue séparation…
« Alice, comment dois-je te le dire ? »
« Est-ce que tu ne veux plus de moi ? »
« Quoi ? N… Non, ce n'est pas ça… Mais… »
« Mais quoi alors ? Je t'en prie, explique-moi, parce que ça ne fait pas sens dans ma tête. De quoi as-tu si peur pour ainsi nous faire autant de mal à tous les deux ? Est-ce à cause de nos disputes ? C'est le mariage ? Tu ne te sens pas prêt à le faire ? »
Il baissa les yeux un moment, comme pour chercher ses mots. Cela ne présageait de rien de bon. Intérieurement, j'étais terrifiée à l'idée qu'il me rejette, et mette un terme définitivement à notre relation. Parce que je savais que s'il me rejetait encore, alors c'en serait fini. Finalement son regard se plongea dans le mien, ferme et intransigeant.
« Alice. Nous deux, c'était une erreur… Depuis le début. »
Avant même que le message n'atteigne mon cerveau, la gifle était partie. Et visiblement, il ne s'attendait pas à une telle réaction de ma part. Et encore moins à ce que l'instant d'après, je me jette dans ses bras pour l'embrasser passionnément.
JPOV
Je savais bien qu'avec le manque de sommeil mon esprit ne réagissait pas de manière très vive ces derniers temps, mais comment étions-nous passés d'une gifle monumentale à une étreinte ardente et fougueuse ? D'autant plus que malgré moi, mon corps s'était comme réveillé tout seul, mes bras venant l'enlacer avec douceur, tandis que mes lèvres se repaissaient des siennes avec délectation. Je ne comprenais pas, j'avais pourtant réussi à formuler à haute voix cette phrase si douloureuse à prononcer… Avec ça, elle aurait dû abandonner la partie, et partir. Au lieu de ça, elle était maintenant entre mes bras, presqu'à bout de souffle… Je savais que j'aurais dû la repousser, et pourtant j'en étais incapable. Je savourais ce contact tant désiré ces dernières semaines… La chaleur de son corps, sa si petite silhouette blottie contre moi, combien de fois l'avais-je rêvée ?... Elle aussi avait maigri, je pouvais le sentir. J'avais reconnu la robe qu'elle portait aujourd'hui… C'était la même que celle qu'elle portait à notre premier rendez-vous… Et à l'époque elle la remplissait bien plus que maintenant… Elle s'était elle aussi laissée dépérir par ma faute… Pourquoi ?...
J'essayai de la repousser avec douceur, il fallait que je lui demande pourquoi. Mais elle refusait encore, s'emparant de mes lèvres encore et encore, effrayée à l'idée que cette étreinte soit la dernière. Lui étais-je vraiment si indispensable ? Ne pourrait-elle réellement pas tourner la page si je la quittais, même en sachant que c'était pour son bien ? Je devais l'entendre me le dire… Parce que cette pensée me semblait parfaitement improbable…
« Alice… »
« Jazz, s'il te plaît, je t'en prie… Ne dis plus jamais ça… Plus jamais… »
Elle pleurait à présent, à chaudes larmes. Par ma faute… Parce que j'avais dit que nous étions une erreur… Bien évidemment que je ne le pensais pas. Elle était la plus belle chose qui me soit arrivée de toute ma vie. J'avais seulement essayé de l'aider à se détacher de moi… Mais une nouvelle fois, j'avais fait les choses de travers, et ça n'avait pas eu l'effet escompté. Alice… Mon Alice…
Une fraction de seconde, je l'imaginais effectivement tourner la page dans les bras d'un autre homme que moi… Une flamme de colère brûla alors en moi, me faisant réaliser que je ne pouvais pas même penser qu'elle soit avec un autre… Mais n'était-ce pas de l'égoïsme pur et simple que de lui demander de rester avec moi, surtout après lui avoir dit toutes ces choses ignobles ?
« Plus jamais… plus jamais ça… »
Les larmes coulaient toujours sur son visage, mais les sanglots avaient cessé. Lorsque je vis le maquillage qui dessinait de longues traces noires sur ses joues, le déclic se fit en moi. Je ne pouvais pas la laisser… C'était impossible… Instinctivement, je passais ma main sur sa joue, essuyant ses larmes. Elle ne dit rien, se contentant de me regarder avec appréhension. Ses petites mains agrippaient nerveusement sa robe, attendant le verdict.
« Excuse-moi… Je n'aurais jamais dû dire ça… »
« Je t'aime. »
« Moi aussi je t'aime. Pardon… »
« Idiot… »
Ensuite, Alice fit quelque chose que je n'attendais pas. Je la vis s'agenouiller devant moi, se saisissant de la bague de fiançailles restée sur la table basse. Elle essuya les restes de larmes d'un revers de manche, puis afficha une moue déterminée. Je ne comprenais pas où elle voulait en venir.
« Jasper Whitlock, maintenant que tu as fini tes bêtises, me feras-tu l'honneur d'être mon mari ? »
Alors alors alors? J'avoue, je suis impatiente de connaître vos réactions!!! Pleaaaaase review!!!
A bientôt pour la suite! :)
