Disclaimer: Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer.
A/N: Et voilà, nouveau chapitre à lire! Pas facile d'essayer de se mettre à la place de Bella et Edward, mais on fait au mieux. J'espère que ça vous conviendra, et que vous me laisserez plein de reviews (merci à vous toutes pour tous vos gentils petits mots, je ne le dis pas assez mais ils sont ce qui me fait continuer d'écrire!!!) En attendant bonne lecture et à très vite!
Chapitre 43 – Opération de sauvetage
APOV
J'étais maintenant dans l'avion qui me ramenait à Forks. Evidemment, les au revoir avec Jasper avaient été déchirants, passons sur le côté larmoyant. Ce n'était qu'une séparation de quelques jours, et pourtant ça me paraissait énorme. Notre dispute avait vraiment ébranlé les fondations de notre relation, si bien qu'il nous était à présent réellement difficile de nous éloigner l'un de l'autre de peur qu'une autre crise n'apparaisse. C'était idiot, mais bon… Enfin je ne pouvais pas me plaindre, Jasper avait fait preuve de beaucoup de compréhension par rapport à ce voyage, et le fait qu'Edward m'accompagne y avait bien aidé. Oui parce que j'avais décidé que ma loque de frère viendrait avec moi. Si je voulais les rabibocher, je n'avais pas vraiment le choix, il devait venir avec moi. Et puis il n'en aurait pas fait plus en restant à Houston. Et il fallait l'admettre, l'idée de laisser Edward et Jasper seuls dans la même maison pendant trois ou quatre jours ne me rassurait pas. Dieu seul savait dans quel état je les aurais retrouvés tous les deux à mon retour.
« Tu penses faire la tête encore longtemps ? Que je sache si je dois dormir pendant le vol… »
« Très drôle Alice. Peut-être que si la nuit dernière tu avais employé ton temps à te reposer alors tu ne serais pas fatiguée maintenant. »
Je savais très bien à quoi il faisait allusion. Mais je n'en avais pas honte. Jasper et moi avions tenu bon jusque la veille, c'était déjà un miracle. Et puis il fallait bien que je lui donne de quoi attendre mon retour. Et puis je n'avais pas à me justifier. Pour autant que je sache, j'étais chez moi, et Edward mon invité. Donc s'il n'était pas content de la façon dont j'occupais mes nuits, il pouvait tout aussi bien aller à l'hôtel. Non mais ! Mon doux Jasper… Je n'étais pas enchantée à l'idée de le laisser seul dans cette grande maison. Pour un peu j'espérai qu'il aurait énormément de travail pour ne pas qu'il ressente trop mon absence…
« Excuse-moi d'avoir une vie amoureuse saine et épanouie. Mais on devrait peut-être travailler à la tienne maintenant tu ne crois pas ? »
« Je ne vois pas ce qu'il y a à dire ou faire. Elle est partie, et je n'ai plus de ses nouvelles depuis. »
« As-tu seulement essayé de l'appeler ? »
« Elle ne répondrait pas… »
Désespérant. Tellement désespérant que j'avais envie de le frapper. Comment espérait-il recoller les morceaux s'il ne faisait pas d'efforts de son côté ?! La tâche s'annonçait rude. Mais je ne perdais pas espoir, j'arriverais à les réconcilier. Comment je n'en avais aucune idée, mais j'y arriverais. Je savais que Bella n'était pas contre l'idée de faire un pas vers Edward. Le réel problème, c'était lui et son esprit buté.
Puisqu'il ne semblait pas d'humeur à bavarder, je me tournai contre le hublot et entrepris de faire un petit somme. Rien de tel après une nuit agitée… Lorsque je rouvris les yeux, mon frère me secouait gentiment pour me dire qu'on était à Seattle. J'avais prévenu mon père de notre arrivée, et il devait venir nous récupérer à l'aéroport. J'étais contente de le revoir, et avec un peu de chance il saurait me conseiller pour aider Edward au mieux. Je le repérai tout de suite, abandonnant mon frère et les bagages pour venir lui sauter dans les bras. Il m'embrassa affectueusement, et aida à porter le « lourd » chargement que constituais mes valises. Une fois dans la voiture j'appelai immédiatement Jasper pour le prévenir que nous étions arrivés, et que je le rappellerais dans la soirée.
« Voilà, Jasper te passe le bonjour papa, et il s'excuse de ne pas avoir pu se joindre à moi. »
« Ce n'est pas grave ma chérie, comme ça je t'aurai rien que pour moi comme au bon vieux temps ! »
« Oui ! Jazz a beaucoup de travail depuis qu'il a eu sa promotion tu sais ! C'est difficile pour lui de trouver du temps de libre. Mais j'ai quand même une bonne nouvelle ! On a enfin fixé une date pour le mariage ! »
« Vraiment ? C'est fantastique, Esmée va être ravie d'entendre ça ! »
« Ca en fera au moins une de contente ! »
Ou l'art de ruiner l'ambiance. Edward n'avait pas été emballé d'apprendre que Jasper et moi avions décidé de nous marier d'ici l'été. Il trouvait que c'était encore une fois trop précipité, et qu'étant donné les circonstances, nous aurions dû attendre. Mais vu qu'il n'approuvait pas réellement mon fiancé en général, j'avais décidé d'ignorer ses commentaires ironiques et désagréables. Et je savais qu'en effet, Esmée serait folle de joie et qu'elle m'aiderait pour tout préparer à temps. Après tout, quelle mère n'aimait pas voir sa fille se marier ?! Il me tardait d'en parler à Bella, qui je le savais me soutiendrais quoi qu'il en soit. J'espérais seulement qu'elle viendrait à mon mariage au bras de mon frère…
Le trajet se passa sans encombre, agrémenté par la conversation entre mon père et moi, Grincheux se contentant de soupirer bruyamment chaque fois que je mentionnais mon chéri. Une fois à la maison familiale Esmée m'accueillit à bras ouverts et s'isola avec moi dans ma chambre pour se mettre au courant des dernières nouveautés. Je lui racontais pour Jasper et moi, et comme prévu elle fut enchantée pour le mariage, et voulut savoir où en était son fils. Je lui expliquais brièvement la situation, et elle promit de faire tout ce qui était en son pouvoir pour m'aider à le remettre sur pieds. Elle adorait Bella, et espérait sincèrement que les choses allaient s'arranger. En plus l'idée d'être grand-mère la taraudait depuis un moment, alors cela la motivait d'autant plus à vouloir les voir se réconcilier.
Une fois seule dans ma chambre – toujours décorée à l'effigie des stars et tendances de l'époque où je vivais ici – je réfléchis à ma stratégie d'action. Que pouvais-je bien faire à présent que j'étais à Forks ? Dans un premier temps, il me fallait aller voir Bella, si j'étais là c'était pour elle. Mais je ne pouvais rien faire tant que je n'aurais pas convaincu Edward d'accepter de discuter du réel problème entre eux, à savoir ce bébé. Parce que depuis une semaine, je l'entendais me dire qu'elle lui manquait, que sans elle il n'était rien et blablabla. Sauf que pas une fois il n'avait mentionné l'existence du bébé… Etait-ce à dire qu'il n'en voulait vraiment pas ? Pourquoi ? Je voulais dire, il était assez âgé pour être père, avait une bonne situation professionnelle, et avait toujours fait preuve de savoir faire avec les enfants à l'hôpital. Alors quel était le problème ?
Bien décidée à démêler ce sac de nœuds, je frappai avec détermination à la porte de sa chambre. Il me répondit d'entrer d'une voix lasse. Pas de changement dans son attitude, il était allongé sur son lit, admirant le plafond comme s'il s'agissait d'une œuvre d'art. Parfaitement pitoyable. Je m'assis à ses pieds, comme lorsque j'étais petite.
« Eddie, ça ne peut pas continuer comme ça. »
« Pourquoi pas ? J'ai perdu la seule chose à laquelle je tenais … »
« Je peux te poser une question ? Pourquoi es-tu si opposé à l'idée d'avoir ce bébé avec Bella ? Je veux dire, tu l'aimes non ? »
« Evidemment que je l'aime ! Mais… Je… Je ne suis pas prêt pour… Pour ça… »
« Tu sais Edward, avec ou sans toi, elle aura ce bébé. Donc quoi que tu décides, tu seras quand même le père… Tu souhaites vraiment que cet enfant grandisse sans avoir de père ? Tout comme toi avant que Carlisle et moi n'arrivions dans ta vie ? »
Je savais que j'avais visé juste. Je savais que l'absence d'un père dans les jeunes années de sa vie avait toujours été un point sensible. Ce que je ne comprenais pas, c'était pourquoi il s'apprêtait à reproduire ce schéma avec son propre enfant. Il se redressa pour me faire face, et sembla réfléchir quelques instants. Visiblement il était troublé par ma dernière constatation.
« Alice, tout allait parfaitement bien entre nous, pourquoi est-ce que nous ne pourrions pas simplement oublier cet incident et faire comme si rien n'était arrivé ?... »
« Parce que, que tu le veuilles ou non, c'est arrivé ! Même si Bella se résolvait à avorter, elle porterait pour toujours le poids d'avoir mis fin à cette petite vie. Qu'est-ce qui te bloque tant ? Je ne comprends pas… »
« Tu ne peux pas comprendre. Je ne peux pas être père, je ne suis pas prêt… »
Pas prêt… Quel argument bidon. Combien d'hommes avant lui l'avaient sorti ?! C'était tellement simple pour un homme. Il ne vivait pas une grossesse, il ne savait pas ce que ça faisait de sentir son corps changer pour accueillir un enfant. Il ne pouvait pas comprendre ce besoin presqu'incontrôlable de vouloir protéger coûte que coûte cette vie.
« L'est-on jamais ? »
« Hein ? »
« Edward, réfléchis une minute, penses-tu être jamais prêt à être père ? Il y aura toujours des circonstances qui feront que tu voudrais attendre. Que ce soit ta carrière, la sienne, votre couple, ce ne sera jamais le bon moment. Bella et toi vous aimez à la folie. Vous avez tous les deux des situations financières stables, et des familles pour vous soutenir. Quel est le problème ? »
« Imagine que ça t'arrive Alice ! Ce n'est pas aussi simple ! »
« J'y ai réfléchi figure toi ! J'en ai même parlé avec Jasper, parce que je voulais savoir si ce genre de crise risquait de nous arriver à nous aussi. Mais contrairement à toi, il ne m'aurait jamais forcé la main pour prendre une décision si critique ! Mets-toi à la place de Bella, tu lui demandes de mettre fin à une vie. Tu lui demandes de renoncer à une maternité qu'elle désire parce que ce bébé est une partie de l'homme qu'elle aime ! Parce qu'elle souhaitait de tout son cœur faire sa vie avec toi et que vous fondiez votre propre famille ! Alors ne me dis pas que tu n'agis pas de manière égoïste, et que tu sais mieux que tout le monde ! Tu es juste comme un enfant gâté en train de faire un caprice ! »
J'étais vraiment en colère à présent. Parce que c'était exactement ce dont il s'agissait. Il était en train de faire un caprice. Il n'avait avancé aucun argument valable pour expliquer son refus de devenir père. Il ne voulait juste pas avoir à partager Bella avec ce bébé. C'était parfaitement puéril de sa part, et surprenant. De nous deux, Edward avait toujours été le plus mûr et le plus sérieux. Jamais il n'avait fait de bêtises graves, il avait fait de brillantes études, avait décroché la reconnaissance des siens dans tout ce qu'il avait entrepris. Mais depuis qu'il avait commencé à fréquenter Bella, il avait comme perdu pied. Il avançait à tâtons, et n'osait pas avancer. Et au premier obstacle sur la route, il voulait abandonner. Pitoyable ! Jasper et moi n'étions peut-être pas le meilleur exemple d'un couple idéal, mais au moins nous finissions toujours par discuter des choses, et n'abandonnions pas facilement. Enfin notre dernière querelle mise de côté.
Voyant qu'il était inutile d'essayer de le raisonner maintenant, je quittai sa chambre, le laissant méditer mes dernières paroles. Peut-être comprendrait-il où je voulais en venir. J'attrapai mon sac et mon portable, et me mis en route pour aller voir Bella. A défaut de comprendre mon frère, je pourrais au moins aller voir comment se portait ma meilleure amie. J'empruntai donc la voiture d'Esmée avec son accord, et roulai jusque chez Charlie.
BPOV
Alice venait de m'appeler pour dire qu'elle venait me voir. Sa visite allait me faire du bien. Je n'étais pas fière de l'admettre, mais je ne me sentais vraiment pas au top de ma forme toute seule, et j'avais besoin de la présence de mon amie. Elle m'avait assuré que Jasper n'avait pas été contrarié qu'elle vienne me voir, mais je savais que ce n'était pas aussi simple. Elle avait fini par m'avouer qu'ils avaient traversé une passe difficile tous les deux, et qu'à présent tout était rentré dans l'ordre. Mais je savais qu'elle disait ça pour me rassurer, sans doute leur relation était elle encore fragilisée. Alors lui infliger cette séparation temporaire, c'était égoïste de ma part. Je m'en voulais de ne pas être assez forte pour affronter tout ça toute seule, alors qu'elle l'avait bien fait quelques mois plus tôt.
Charlie était sorti, nous serions donc seules pour quelques heures. J'entrepris de préparer du café pour elle, et un jus de fruits pour moi, seul liquide qui passait sans trop de problème. A croire que ce bébé comprenait ce par quoi je passais actuellement. J'entendis bientôt le bruit de la voiture qui se garait dans l'allée, et me dépêchai d'aller lui ouvrir.
Elle était aussi radieuse que d'habitude, et respirait la bonne humeur. Je savais qu'elle en rajoutait un peu pour la forme, mais j'appréciai l'attention. Nous nous tombâmes dans les bras, et je pus constater qu'elle avait en effet souffert de cette rupture. Bien qu'elle m'ait assuré avoir repris le poids qu'elle avait perdu, je n'en étais pas certaine. Jasper devait surement s'en inquiéter. Je ne fis cependant aucune remarque, et l'invitai à entrer sans attendre.
« Je suis tellement contente de te voir… Tu m'as manqué tu sais ! »
« A moi aussi. Je suis désolée de ne pas t'avoir appelée plus tôt. Je ne savais vraiment plus où j'en étais. Pas que je sois plus avancée maintenant… »
« Ne t'en fais pas, je suis là, et on va réussir à mettre un peu d'ordre dans cette histoire je te le promets. »
APOV
Je ne savais pas encore comment, mais je gardai une voix assurée pour ne pas qu'elle ait des doutes. Tout d'abord nous nous installâmes à la cuisine autour d'un café – du moins pour moi, histoire de bavarder un peu. Elle me raconta comment les 'retrouvailles' avec Charlie s'étaient passées, et je ne pus m'empêcher de rire en imaginant la scène. Avec toute cette histoire, pas difficile de deviner que mon frère n'était pas prêt de mettre un pied chez lui ! Son père était du genre à accueillir Edward avec un fusil entre les mains ! Elle avait parlé à sa mère, qui s'était empressée de lui proposer de venir la rejoindre à Jacksonville. Mais Bella avait gentiment décliné son offre, s'accrochant au mince espoir que les choses allaient s'arranger avec Edward.
« Dis, je peux te demander quelque chose ? »
« Oui, j'aime toujours ton idiot de frère… »
« Je m'en serais douté. Tu serais prête à lui donner une seconde chance s'il s'excusait pour sa réaction ? Je veux dire, pas lui pardonner en un jour, mais tu penses réellement que vous pourriez essayer d'aller de l'avant tous les deux ? »
« Je le souhaite de tout mon cœur Alice, mais pour l'instant j'ai cru comprendre que tant qu'il y avait ce bébé il ne voulait rien entendre. »
« Je sais, il est assez buté. Mais je crois que son refus repose sur les mauvaises raisons. Si tu es d'accord, je vais essayer de le raisonner. »
Elle m'offrit un maigre sourire, preuve qu'elle-même n'y croyait pas vraiment. Finalement, rien n'avait vraiment changé entre eux. Depuis le premier jour, ils n'avaient jamais su communiquer correctement. Que ce soit les non-dits, les malentendus, ou encore leurs réserves respectives, ils finissaient toujours par tomber dans une impasse. Parfois je me demandais s'ils n'étaient pas un cas désespéré. Je voulais dire, en ce qui me concernait, lorsqu'il y avait quelque chose qui coinçait avec Jasper, il y en avait toujours un de nous deux qui cherchait à instaurer le dialogue. C'était souvent moi, mais il était arrivé à mon homme de chercher à comprendre d'où venait le problème. Comme cette fois où j'étais fâchée après lui parce qu'il avait passé sa journée de congé au téléphone alors qu'il avait promis de se consacrer à moi. Plutôt que de dire que j'étais fatigante et difficile, il s'était assis au salon avec moi, et avait demandé à comprendre la raison de ma colère. Nous en avions discuté, et avions pu passer une fin de journée des plus agréables.
Mais le problème ici, c'était que Bella était trop introvertie pour lancer la conversation, et Edward trop fier et buté pour faire le premier pas. A ce rythme nous n'avancerions pas. Il fallait les forcer à sortir de leurs coquilles, et les faire se confronter. Certes la conversation pourrait être houleuse, peut-être même que certains mots seraient douloureux, mais au moins les choses seraient claires. En fait, tout ce qu'il leur fallait, c'était parler. Exprimer leurs peurs respectives, mettre des mots sur les vrais problèmes. Comment allais-je bien pouvoir m'y prendre pour faire ça ?
Pendant ce temps, du côté d'Edward…
EPOV
Quelle heure était-il ? Non que ça ait de l'importance… En fait ça n'en avait aucune, puisque je n'avais pas l'intention de bouger d'ici… Mais je savais que ma mère finirait par venir me tirer de mon trou pour avaler quelque chose. Je n'avais pourtant pas faim. Je n'avais d'ailleurs envie de rien de tout. Plus rien n'avait d'intérêt maintenant qu'elle était partie. Pourquoi avait-il fallu que tout cela arrive ? Pourquoi était-elle tombée enceinte ?! D'une certaine façon, je m'en voulais, c'était de ma faute si c'était arrivé. Après tout, elle me faisait confiance...
Et maintenant elle attendait un enfant… Mon enfant… Je pouvais encore voir l'espoir et le bonheur dans ses yeux au moment où elle m'avait annoncé la nouvelle. Elle semblait si heureuse… Etait-ce à dire qu'elle ne l'était pas avant ça ? Nous étions pourtant bien, tout se déroulait tranquillement. Nous vivions sous le même toit depuis peu, et notre vie défilait sans accroc… Nous étions heureux, du moins je l'étais. N'était-ce pas assez pour elle ? Elle n'en avait jamais parlé avant.
Je repensai à la conversation d'avec Alice un peu plus tôt. Elle non plus ne comprenait pas mes réticences. Mais d'un autre côté, je devais reconnaître que ce qu'elle avait dit m'avait secoué. J'avais toujours souffert de n'avoir pas connu mon père dans mon enfance. Certes, Carlisle avait pourvu à ce rôle en épousant ma mère, et je le considérais comme tel depuis, mais je n'avais pas oublié que pendant mes dix premières années, ce n'était que ma mère et moi. Et ma sœur avait raison, je m'apprêtais à faire subir le même sort à cet enfant.
Je lui avais dit ne pas être prêt pour ça. C'était vrai, je n'avais aucune idée de la manière dont on gérait un bébé, encore moins lorsqu'il s'agissait du sien. Bella serait parfaite dans ce rôle, elle avait cette douceur et cette gentillesse innée qui en ferait une mère exemplaire… Je ne pourrais probablement pas être à la hauteur pour cela. J'avais déjà du mal à m'occuper de moi-même, alors d'un bébé ? Et peut-être était-ce de l'égoïsme, mais j'aurais voulu avoir Bella pour moi encore un peu. Nous avions mis du temps afin d'instaurer ce lien, cette intimité entre nous, alors de me voir tout cela retiré si rapidement, c'était de trop. Mais ne pas l'avoir du tout était encore plus difficile.
Je pensais qu'en allant rendre visite à Alice, alors je me sentirais mieux, que la distance nous aiderait à y voir plus clair. Mais pas du tout. Ca avait été encore plus dur, parce que j'avais eu sous les yeux l'image d'un couple heureux et épanoui. Ma sœur m'avait confié sortir d'une crise importante d'avec Jasper. Si j'avais su ça plus tôt, pour sûr que je serais intervenu. Depuis le début ce type ne m'inspirait pas confiance. Et lorsqu'elle m'avait annoncé qu'ils allaient se marier, j'avais hésité à lui faire part de mes doutes. Elle semblait si heureuse ! Ils étaient restés un mois sans se voir… Un mois, c'était énorme… Ca faisait à peine une semaine qu'entre Bella et moi c'était fini, et pourtant j'avais l'impression que ça faisait des mois… Bella…
APOV
Plusieurs heures s'étaient écoulées, et j'étais maintenant en chemin pour rentrer. J'avais décidé de passer rapidement à ma maison, voir si tout était en ordre pendant mon absence. Mon père y venait régulièrement, mais j'avais besoin de voir par moi-même. J'en profiterais pour appeler un peu Jasper, au moins il n'y aurait personne autour pour commenter ou soupirer derrière moi. Cela me fit tout drôle de me retrouver seule dans mon ancienne chambre, mon téléphone à la main. Ca me rappela l'époque où nous vivions à des kilomètres l'un de l'autre, et où ces quelques minutes de discussion quotidienne étaient tout ce que nous avions. Je m'installai sur le lit, comme avant, et composai son numéro. Il décrocha à la première sonnerie. Son téléphone devait être dans sa poche en permanence tel que je le connaissais…
« Allo Alice ? »
« Hello toi ! Tu vas bien ? »
« Oui, ça va, je rentre tout juste à la maison. Tu es allée chez Bella ? »
« J'en reviens, j'ai fait une halte dans ma maison. Ca fait drôle de te parler depuis là, comme avant. Tu te rappelles ? »
« Tu me manques déjà… »
« A moi aussi, mais je rentrerai vite, c'est promis. J'ai bien parlé avec Bella, et un peu avec Edward. Tout n'est pas perdu, mais ça risque d'être compliqué… »
« Tu es sure que c'est une bonne idée de t'en mêler ? Ton frère n'avait pas l'air enchanté que tu reviennes avec lui… »
« Ca ira ne t'en fais pas. Il faut juste qu'il comprenne que ses raisons pour rejeter cet enfant sont mauvaises, et après tout ira bien. Bella n'attend qu'un geste de sa part pour revenir tu sais ! Ces deux là sont faits l'un pour l'autre, ils ne savent juste pas communiquer. Pas comme nous ! »
« Comme toi tu veux dire. Je ne suis guère doué pour les grandes explications tu le sais. »
« Mais tu y travailles, c'est déjà bien. Ah d'ailleurs, j'ai dit à mon père et Esmée pour le mariage. Ils sont ravis ! Et ils ont insisté pour qu'il ait lieu à Forks, tradition oblige ! »
« Tu en es sure ? Nous aurions plus de place à Houston, et tu bénéficierais de davantage de services par rapport à Forks. Y a-t-il seulement un traiteur ou une salle de réception ? Et où logeront les invités ? Il n'y a pas tellement d'hôtels par chez toi… »
« Ne t'inquiètes pas. Je ne veux pas d'un mariage Hollywoodien, Forks sera très bien. Et oui, nous avons des hôtels et des traiteurs ici. Il y a même l'électricité et l'eau courante ! Méchant va… »
« Je plaisantais mon cœur. Si c'est ce que tu veux ça me va. De mon côté il n'y aura pas grand monde à inviter outre ma sœur et sa famille. Et une cérémonie intimiste me conviendra tout à fait. Je pensais juste que tu voulais quelque chose de grandiose. »
« Ce sera grandiose Jazz, puisque nous serons tous les deux… Il me tarde d'y être… Tu as déjà regardé les magazines que je t'ai laissés pour notre voyage de noces ? »
« Je t'ai dit que je m'en occupais, fais moi confiance. Nous aurons un beau voyage. Juste toi et moi pendant quinze jours… »
« Le bonheur… Ces vacances nous feront le plus grand bien ! Tu as pu déjà poser tes jours ? J'ai fait ma demande au boulot, ils ont dit qu'ils allaient faire leur possible pour boucler ma partie avant que nous ne partions. Comme ça je n'aurai pas trop d'heures à rattraper à mon retour. Et toi ça va aller ? Ils pourront se passer de toi pendant deux semaines ? »
« Il faudra bien, tu l'as dit toi-même, interdiction d'emmener mon téléphone. »
J'eus un petit rire. J'avais en effet exprimé le souhait de ne pas le voir pendu au téléphone pendant toute notre lune de miel. Je le connaissais, il était un véritable accro du boulot, et aurait bien été capable d'organiser des audioconférences depuis notre chambre d'hôtel. Alors je lui avais fait promettre de laisser son BlackBerry à la maison, en échange de quoi j'avais promis de ne pas appeler Bella non plus. Chacun ses sacrifices !
Nous discutâmes encore un peu de choses et d'autres pendant quelques temps, si bien que lorsque je raccrochai, il commençait déjà à faire sombre. Je me dépêchai de tout refermer et me hâtai de rentrer à la maison où tous m'attendaient. Edward était également au salon lorsque j'arrivai, sans doute curieux de savoir comment allait Bella. Tout n'était pas perdu, j'en était persuadée…
Et voilà! Alors, qu'en avez-vous pensé? pas trop de Jasper dans ce chapitre, et probablement pas trop dans le suivant non plus, mais bon, vu que je centre un peu plus sur Edward et Bella, c'était obligé. Comment pensez-vous qu'ils vont se réconcilier? Et qu'adviendra-t-il du bébé?
Comme d'habitude, n'hésitez pas à me faire vos suggestions et commentaires, je ne connais pas de meilleurs moyens d'évoluer et de vous faire plaisir! :)
A très vite! ++
