Disclaimer: Tous les personnages sont la propriété de Stephenie Meyer, rien de nouveau sous le soleil.

A/N: Chapitre un peu plus court aujourd'hui, et qui à mon sens n'est pas capital, sauf qu'il est nécessaire au bon déroulement de l'histoire. J'espère que ça vous plaira quand même, et que vous me laisserez pleiiiiiin de reviews à la fin! Bonne lecture!


Chapitre 44 – Conversations

APOV

Que pouvais-je bien faire à présent ? Ca faisait maintenant deux jours que j'étais à Forks, et les choses n'avançaient pas beaucoup. J'avais bien pu parler avec Bella, et j'avais pu comprendre qu'elle souhaitait sincèrement se réconcilier avec Edward, mais lui n'avait pas l'air de trop savoir où il en était. J'avais essayé de renouer le dialogue, mais en vain. Jasper m'avait conseillé de le laisser cogiter tout ça seul, car c'était ainsi que fonctionnaient les hommes. Il fallait les laisser absorber les informations, et alors quand ils étaient prêts ils sortaient de leur trou pour agir. Mais combien de temps allait-il falloir à ce gros nigaud pour comprendre que Belle et lui ferait un couple merveilleux, sans compter des parents formidables ?! Et s'il prenait trop de temps et qu'elle se lassait de l'attendre ? Non non ce n'était pas possible. Il fallait qu'ils se remettent ensemble. Ils étaient destinés l'un à l'autre. J'avais déjà tout prévu ! Un mariage en grandes pompes, un adorable petit garçon dont ma future fille serait amoureuse, une jolie maison en retrait de Forks, et un jardin de fleurs dont Bella s'occuperait avec soin… Toute leur vie était déjà planifiée, droit devant eux, et pourtant ils semblaient s'éloigner du chemin qui y menait…

Oui d'accord, c'était mon idée de ce que serait leur vie à deux. Et rien ne prouvait qu'elle aurait un garçon et moi une fille. Et oui je voulais vraiment qu'Edward épouse Bella parce que comme ça nous serions de la même famille… Mais par-dessus tout, je voulais qu'ils soient heureux tous les deux. Ils méritaient autant l'un que l'autre d'avoir enfin leur part de bonheur, et ça me désolait de les voir ainsi.

Je soupirai donc pour la énième fois en changeant la chaîne de la télévision, attirant l'attention de mon père qui passait par là. Il vint s'asseoir dans le fauteuil à côté de moi, et m'adressa un sourire compatissant.

« Quelque chose ne va pas Princesse ? »

« Moi ça va bien papa, mais je m'inquiète pour Edward et Bella. Pourquoi ne peuvent-ils pas simplement accepter les choses et avancer ? »

« Si nous connaissions la réponse à cette question, alors cette dispute n'aurait plus lieue d'être tu sais… Je pense qu'Edward a besoin de temps pour se rendre compte de la grossesse de Bella. »

« Mais pourquoi ? Je veux dire, il dit qu'il n'est pas prêt. C'est ridicule comme excuse ! »

« Tu dis cela parce que tu es une femme Alice. Tu es conditionnée naturellement pour comprendre ce genre de chose. Mais mets-toi à sa place. Il vivait une relation idyllique avec une femme qu'il aimait par-dessus tout. Tout à coup elle lui annonce qu'il va devoir la partager avec un autre. C'est assez perturbant tu ne crois pas ? »

« Mais ce n'est pas comme si elle allait cesser de l'aimer… »

« C'est ce point qu'il n'a pas encore compris… Il pense qu'avec ce bébé, Bella va réduire de moitié les sentiments qu'elle a pour lui. Même comme tu le dis, c'est faux. Elle l'aimera toujours autant, et donnera un amour tout différent à son enfant. Il a juste besoin de s'en rendre compte. »

« Mais cela fait souffrir Bella… »

« Je sais, c'est triste, parce que j'aime beaucoup Bella moi aussi. Mais nous ne pouvons pas forcer ton frère à voir les choses avec nos yeux. Il doit y arriver par lui-même. Tu sais lorsque tu es née, j'ai moi aussi eu beaucoup de mal à me faire au changement. Ta mère passait tout son temps à s'occuper de toi, à t'habiller, te nourrir, te bercer. J'ai eu l'impression de ne plus exister pour elle. Un soir j'ai explosé, et je lui ai demandé si notre relation avait encore un sens puisque je n'y trouvais plus ma place. »

« Vraiment ? Maman et toi vous êtes vraiment disputés ? »

« Oui. Mais plutôt que de se disputer avec moi, ta mère t'a alors mise dans mes bras, a déposé un baiser sur ma joue et est partie à la cuisine préparer ton biberon. Lorsque tu as commencé à babiller en tendant tes petits bras vers moi, j'ai compris. Elle ne m'aimait pas moins, tout comme je ne l'aimais pas moins. Je venais juste de réaliser tout l'amour que j'avais pour toi, sans qu'il n'empiète d'aucune façon sur les sentiments que je portais à ta mère. Nous devions seulement apprendre à conjuguer ces deux sortes d'amour ensemble… Edward va devoir faire la même chose. Il va devoir comprendre qu'il pourra aimer cet enfant sans cesser d'aimer Bella, et vice-verça.»

C'était magnifique, j'en avais presque les larmes aux yeux. J'espérais vraiment pouvoir un jour ressentir tout ça à travers ma relation avec Jasper. Cette sagesse, cette sérénité, ces sentiments m'étaient encore inconnus, parce que nous vivions tout intensément. Un jour peut-être… Mon père aimait sincèrement Esmée, mais je savais aussi qu'il avait profondément aimé ma mère, et qu'il l'aimerait toujours. Cette anecdote laissait-elle entendre qu'Edward finirait lui aussi par comprendre ? Je le souhaitais de tout mon cœur…


EPOV

Je n'avais pas voulu surprendre la conversation entre Carlisle et sa fille. Mais ça avait été plus fort que moi. Lorsque j'avais entendu qu'ils parlaient de moi, il avait fallu que j'écoute, simple réflexe naturel. J'avais toujours eu un immense respect pour le nouveau mari de ma mère. En effet, depuis le premier jour où il était venu à la maison, il nous avait toujours bien traités, et n'avait jamais essayé de m'imposer sa présence. Jamais il ne s'était fait passer pour mon père, tout en restant disponible chaque fois que j'en avais eu besoin. On pouvait le dire, Carlisle était ce qu'il y avait de plus proche d'un père pour moi. J'avais eu peur au début lorsque ma mère m'avait annoncé qu'il allait venir habiter avec nous, emmenant sa fille de cinq ans avec lui. Je n'étais pas franchement emballé à l'idée d'avoir une petite sœur. Mes quelques amis de l'école m'avaient raconté toutes les misères engendrées par ces petits monstres. Mais ça ne s'était pas passé comme je le craignais. Mary Alice était une enfant très discrète et timide – difficile à croire quand on voyait le phénomène aujourd'hui – et je m'étais rapidement pris d'affection pour elle. Souvent elle s'asseyait à côté de moi, sa poupée à la main, pendant que je jouais du piano, m'observant pendant des heures…

Et penser qu'aujourd'hui c'était une jeune femme forte et indépendante, sur le point de se marier à un homme qu'elle disait aimer… Ce n'était pas que je n'aimais pas Jasper. Il la rendait heureuse, et semblait bien la traiter. En fait, c'était plutôt le fait qu'il me la vole qui me rendait si réfractaire à l'accepter. Pendant les vingt dernières années, j'avais été le seul à qui elle parlait, se confiait, ou auprès de qui elle venait chercher refuge. Enfin hormis Bella, mais c'était différent… A présent elle n'avait plus besoin de moi, tout comme Bella n'aurait bientôt plus besoin de moi. Elle aurait ce bébé qui remplirait sa vie, sans que j'y trouve ma place…

Je fis demi-tour et rejoignis ma chambre en réfléchissant aux paroles avisés de Carlisle. Etait-il réellement possible de partager le cœur d'une personne de la sorte ? La mère d'Alice avait elle vraiment été capable de donner autant d'amour à son mari qu'à sa fille ? C'était difficile à croire… L'arrivée d'un enfant dans un couple bouleversait tout, et peu y survivaient en fin de compte. Alice m'avait dit qu'elle avait discuté de la situation avec Jasper, lui demandant comment il réagirait si elle lui annonçait qu'elle était enceinte. Soit disant avait-il dit qu'il en serait heureux et qu'il l'aurait soutenue dans cette nouvelle aventure. Mon œil ! Il avait surement dit ça pour obtenir ses faveurs oui ! Quel homme pouvait être sincèrement heureux de devoir abandonner sa femme au profit d'un enfant ? Il faudrait que je lui dise le fond de ma pensée tiens… Oui, j'allais lui expliquer qu'on ne mentait pas effrontément à ma petite sœur…


APOV

Ca m'avait fait du bien de discuter un peu avec mon père. C'était vrai que depuis que j'étais partie vivre à Houston, nos conversations s'étaient faites plus rares, et je ne m'étais pas rendue compte à quel point ça me manquait. Il savait toujours quoi dire ou faire pour me remonter le moral, et en cela Jasper lui ressemblait beaucoup. Peut-être était-ce l'une des raisons qui m'avait poussée vers lui. Ah, il me manquait… Ca ne faisait que deux jours et pourtant je ressentais comme un vide en moi, comme s'il me manquait une partie de moi-même. Et je ne pouvais pas l'appeler pour l'instant, il devait être au bureau, probablement occupé à donner des directives et à signer toutes sortes de papiers importants. Je l'avais vu faire par téléphone une paire de fois. Il était diablement sexy en boss un tantinet tyrannique… Si j'avais un patron comme lui, aucun doute que je passerais mon temps à me faire convoquer… Oui enfin j'espérais aussi que son assistante ne soit pas aussi délurée que moi en pensée. Sinon il me faudrait intervenir, et remettre les choses en place. Par chance j'avais pu voir la secrétaire en question l'autre jour, et elle n'était pas exactement un canon de beauté. Pas de risque qu'elle me vole mon Jasper. Enfin pas autant que si c'était une grande blonde à forte poitrine – même s'il me soutenait que ce n'était pas son genre de femme… Hum, mouais.

Que pouvais-je bien faire maintenant ? Bella était à l'hôpital aujourd'hui, mon frère ronchonnait toujours dans sa chambre, et mon père venait de sortir. En temps normal, j'aurais répondu que je serais allée faire les boutiques. Sauf que j'avais promis à Jasper de ne pas faire d'achats inutiles. En même temps, une nouvelle paire de chaussures ne pouvait pas être inutile puisqu'elle me permettrait d'avoir l'air élégante en toute circonstance, et ainsi donner une bonne image des femmes de Houston. J'avais également vu ce petit ensemble gris clair en allant chez Bella la veille, il irait parfaitement avec mon chemisier blanc acheté avec Rosalie la semaine passée… Etait-ce vraiment superflu ? Après tout, on avait toujours besoin d'un petit ensemble gris pour les évènements professionnels non ? Je devisai quant au degré d'importance à donner à ces articles quand Esmée rentra de courses. Je l'aidai à ranger ses paquets à la cuisine, réalisant que ça faisait longtemps que ça n'était pas arrivé.

« Ca doit te faire drôle maintenant qu'Edward et moi ne vivons plus à la maison. Je veux dire en temps normal bien sûr… »

« Ca a fait bizarre au début. Mes deux oisillons avaient quitté le nid, et je me retrouvais toute seule. Mais maintenant j'apprécie de pouvoir passer un peu de temps seule avec ton père. Ca nous rappelle nos premiers rendez-vous, avant que vous ne veniez vivre avec Edward et moi… Les années ont passé si vite… Regarde-toi, tu es une jeune femme maintenant, et tu vas te marier… »

« Oui, je sais, c'est fou n'est-ce pas ? Je me surprends encore chaque fois que mes yeux se posent sur ma main… »

« Jasper est un gentil garçon, vous serez très heureux ensemble, j'en suis persuadée… »

« Je le pense aussi. En tout cas, il me rend heureuse. Chaque jour, il me rappelle qu'il m'aime par un petit mot, un petit geste, je ne pourrai jamais m'en lasser. »

« C'est bien, c'est de cela dont il s'agit… Des preuves au quotidien, exactement comme le fait ton père. Je m'estime très chanceuse d'avoir eu la possibilité de refaire ma vie avec lui. Et d'avoir gagné une fille comme toi, je n'aurais pas pu rêver mieux ! Mais assez parlé de moi, comment avancent les préparatifs du mariage ? »

C'était tellement bon d'avoir quelqu'un avec qui en parler librement ! Bella n'était pas vraiment d'humeur à parler rubans et traiteur, et je ne voulais pas saturer Jasper trop vite. Esmée était la confidente idéale pour ce genre de chose ! La conversation roula donc sur tout un tas de détails cruciaux pour l'organisation de ce qui serait le plus beau jour de ma vie, et nous finîmes dans sa chambre à regarder des photos de son mariage avec mon père. J'adorais les albums photos. C'était le meilleur moyen de voir la véritable identité des gens. On pouvait en dire beaucoup sur leur personnalité rien qu'en observant leur sourire, ou leur regard. C'était tellement amusant de me revoir à cinq ans, toute fière de porter une robe de princesse rose bonbon ! Et ces petites ballerines, adorables !!! Esmée portait une robe crème magnifique, et son bouquet de roses rouges était sublime. Mon père était très élégant dans son costume de cérémonie, et c'était amusant de voir qu'Edward semblait déjà aussi coincé à dix ans. Il n'avait pas tellement changé en fait !

Prise dans mes souvenirs, je ne réalisai pas tout de suite que mon portable sonnait. Ce fut Esmée qui me ramena sur terre en me tendant l'appareil. Je m'en emparai rapidement, et fut heureuse de voir qu'il s'agissait de Jasper. Je décrochai immédiatement.

« Jazz ! Je suis contente que tu appelles ! »

« Je suis content aussi de t'entendre. Tu vas bien ? »

« Ca va. J'étais en train de regarder les photos de mariage d'Esmée et de mon père. Oh Jazz j'espère qu'on sera aussi beau et heureux pour le nôtre ! »

« Ca ne fait aucun doute que tu seras le point de mire de cet évènement mon cœur… Dis-moi, si je t'appelle, c'est pour te dire que ton frère m'a appelé tout à l'heure… »

« Hein ? Edward ? »

« Oui, ce n'était pas ton idée ? »

« Non, pas du tout. Qu'est-ce qu'il te voulait ? »

« Oh, rien, nous avons parlé de choses et d'autres. Je pensais que c'était toi qui lui avait conseillé de m'appeler. Apparemment pas. Ca n'a pas d'importance. Toujours aucune idée de quand tu rentres à la maison ? C'est atrocement vide ici sans toi… »

« Tu me manques aussi. Je ne devrais plus tarder à rentrer. J'ai l'impression de ne pas avoir fait avancer grand-chose en fait. J'ai parlé aux deux, mais Edward semble si accroché à ses convictions… Tu crois que j'ai fait une erreur en venant ici ? »

« Tu as aidé Bella, elle avait besoin de toi. Ne te blâme pas, tu es une bonne amie et sœur. »

« Et toi un formidable fiancé. On a fini avec les compliments ? J'irai voir à l'agence de voyage pour prendre mon billet retour demain d'accord ? Et je te tiendrai au courant pour les horaires. »

La conversation se poursuivit encore quelques minutes afin de déterminer l'aspect plus pratique de mon retour, puis je raccrochai le téléphone. Même si je n'avais pas réussi à réconcilier Bella et Edward, je serais contente de rentrer à Houston, où l'homme de ma vie m'attendait. Maintenant que j'y pensais, il avait mentionné qu'Edward l'avait appelé. Etrange, surtout quand on savait qu'il ne l'appréciait pas beaucoup. Peut-être une question d'ordre archéologique ? Non, ça paraissait peu probable. Je me demandais ce dont ils avaient bien pu parler… C'étaient-ils encore disputés ? Etait-ce au sujet de notre mariage ? Ca semblait peu probable, son esprit n'étant focalisé que sur Bella…

Je pris congé d'Esmée et allait me rendre dans la chambre de mon frère quand celui-ci en sortit précipitamment, l'air agité. Il s'arrêta brusquement à ma hauteur, une lueur de vie dans le regard. Quelle mouche l'avait donc piqué ?!

« Alice, j'ai besoin de ton aide. »


Et voilà, les choses se mettent en place, reste plus qu'à écrire la suite. Comment ça elle est pas encore écrite? Ben non, pas encore une ligne de prête... :p Mais pas d'inquiétude, je vais m'y mettre dès que possible, et vous n'aurez pas à attendre trop longtemps... A votre avis, que va faire Edward? (Non ce n'est pas un stratagème bidon pour me donner des idées, je sais déjà très bien ce que je compte faire faire à Eddie)

N'oubliez pas les reviews, à très vite ++