Disclaimer: Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer

A/N: Désolée pour le délai, mais vacances bien méritées, et reprise en fanfare ont eu raison de ma motivation à écrire ces derniers jours! En plus j'ai eu beaucoup de mal à me placer du point de vue d'Edward et Bella, n'y étant pas vraiment habituée ^^. J'espère que ce sera à la hauteur de votre attente! Bonne lecture à toutes, et merci beaucoup pour toutes vos adorables reviews qui sont toujours si gentilles!


Chapitre 45 – Un petit coup de pouce

EPOV

Il n'y avait aucune hésitation à avoir, je devais le faire. J'avais agi comme un idiot, et même si cela m'était difficile à admettre, Jasper avait eu raison. J'étais dans un tel état de fébrilité que je ne me sentais pas vraiment capable de prendre le volant. C'était pourquoi Alice tombait à point nommé. J'étais sûr qu'elle m'aiderait, et qu'elle ne poserait pas de questions. Tout l'intérêt d'avoir une sœur aussi dévouée qu'elle. A peine avais-je requis son aide qu'elle avait de suite demandé ce qu'elle pouvait faire, sans chercher à savoir ce que j'avais en tête. Et dans un sens, heureusement, parce que je ne savais pas encore exactement ce que j'allais bien pouvoir inventer. J'avais certes pris une décision, mais récupérer Bella allait être une toute autre paire de manches…

Je montai dans la voiture, laissant Alice s'installer au volant. Et maintenant ? Elle me demanda notre destination. Question légitime… Sauf que je n'en avais aucune idée. Bella était à l'hôpital, et je ne pouvais pas y débouler comme ça la bouche en cœur. Il me fallait un plan…

« Alice, je vais récupérer Bella… »

« Cela me semble être tout à fait acceptable. Donc direction l'hôpital ? »

« Non, je… Je ne peux pas y aller comme ça. »

« Si tu le dis… J'ai une idée. Tu me fais confiance ? »

J'acquiesçai en silence. Alice et ses grandes idées. Pour être tout à fait honnête, j'étais un peu inquiet, pour la bonne et simple raison que chaque fois que j'avais suivi ma sœur dans ses délires, nous avions toujours finis par avoir des problèmes. Comme cette fois où elle avait eu cette illumination, à quinze ans, d'aller passer le week-end à Atlantic City, croyant que ce serait « cool ». Sauf que par un concours de circonstances nous avions finis au poste de police, et nos parents étaient venus nous récupérer et nous avaient passé un savon monumental. Pourquoi ? Mais parce qu'Alice avait omis de leur demander la permission avant… Mais là, c'était différent. Je savais qu'elle ne ferait rien qui entacherait mes chances de me remettre avec Bella, et au fond, s'il y avait bien un moment où il me fallait lui faire confiance, c'était bien maintenant ! Elle mit donc la voiture en route, et conduisit un moment sans qu'aucun de nous ne prononce un mot. Mon esprit fonctionnait à cent à l'heure, essayant de trouver les mots qu'il me faudrait prononcer. Jasper m'avait clairement fait comprendre que je faisais la plus grosse erreur de ma vie, en tant qu'amant, mais surtout en tant qu'homme. Il m'avait fait comprendre que ma fierté ne me réchaufferait pas pendant mes longues soirées d'hiver, et que seul un abruti fini quitterait une femme aimante et douce pour la simple raison qu'elle attendait son enfant.

J'allais devenir père, que je le veuille ou non. Dans quelques mois, une petite vie allait venir au monde, une petite vie possédant la moitié de mon code génétique, et qui m'appellerait peut-être papa. Une petite vie qui compterait sur moi, et dont j'aurais la responsabilité de préparer à une existence pas toujours facile, mais qui serait également remplie de joies. Je devais laisser le crédit de ces belles paroles à mon futur beau-frère, et me rappeler que le jour de son mariage avec ma sœur, je lui revaudrai bien par un bon toast… Il saurait la rendre heureuse, j'en étais sûr à présent. Il ne pouvait pas avoir prétendu tous ces bons sentiments, j'étais convaincu qu'il en avait pensé chaque mot. Et maintenant c'était mon tour de me prendre par la main et de faire ce qu'il fallait. Alice s'occuperait de la mise en scène – ce à quoi elle prenait toujours grand plaisir – et moi je devrais me concentrer sur le contenu.

La voiture s'arrêta finalement. Nous n'étions pas à l'hôpital, mais devant l'appartement que je partageais avec Bella avant toute cette affaire. Je ne comprenais pas… Alice me regarda en souriant, confiante.

« Voilà le plan grand dadais. Tu vas rentrer chez toi, prendre une douche et enfiler ton plus beau costume. Ensuite tu vas réfléchir à ce que tu dois dire. Pendant ce temps, je vais filer chez le fleuriste acheter des roses, et tu t'occuperas de répartir tous les pétales dans la maison jusqu'à la pièce où tu voudras lui parler. Quand tu auras fini, j'irai la chercher, et je l'amènerai ici. Après, ce sera à toi de jouer. Désolée si ça te paraît un peu juste, mais c'est tout ce que j'ai pu trouver en un délai si court. »

Je répondis timidement à son sourire, et m'exécutai. C'était un plan simple, et classique, mais je savais Bella sensible à ce genre d'attention. Elle aimait le romantique, et n'avait pas vraiment besoin de dramatique, surtout dans son état. Cela me fit bizarre de revenir dans l'appartement. Il paraissait si vide, et pourtant si similaire au jour où elle en était parti. Mais le temps n'était pas aux souvenirs, j'avais du travail. Tout d'abord, une bonne douche. Cela me remettrait les idées en place. Et en effet, en sortant de la salle de bain je me sentais déjà un homme nouveau. Serviette aux hanches, j'entrepris de parcourir mon dressing, qui même si ridicule à côté de celui de ma sœur, recelait de quelques trésors dont j'étais assez fier. J'aimais être élégant, et la folie d'Alice pour la mode venait peut-être de là… Je sortis un costume Hugo Boss noir que j'aimais particulièrement, puis me ravisai. Etait-il réellement nécessaire que je sois sur mon trente et un ? Ce n'était pas comme si j'allais lui demander de m'épouser… Et peut-être se sentirait-elle mal à l'aise si j'étais trop bien habillé alors qu'elle porterait encore son uniforme de sage-femme…

Je décidai donc d'opter pour un simple jeans bleu, et un pull brun que je savais qu'elle aimait me voir porter. Simple mais élégant. A peine sortais-je de ma chambre qu'Alice déboula avec une montagne de roses dans les bras. Comme à son habitude, elle voyait les choses en grand. Je n'osai imaginer ce qu'allait être son mariage. Et je plaignis Jasper aussi pendant quelques instants…

« Voilà, j'ai les fleurs, j'ai déjà commencé à détacher une bonne partie des pétales pendant que j'attendais que les feux passent au vert. Tu finiras, et tu les mettras dans la maison à ta convenance. Je vais aller chercher Bella, je lui ai envoyé un message pour lui dire que je devais lui parler de quelque chose d'important. »

« Merci Alice. »

« Ne me remercie pas Edward, pas encore. Le plus dur reste encore à faire… Ca ira si je te laisse maintenant ? »

« Oui, maintenant c'est à moi de jouer… »

« Tu sais que ce n'est pas un jeu n'est-ce pas ? »

« Ne t'inquiète pas, je sais ce que je dois faire… Tu as fait plus que ta part petite sœur, maintenant tu dois rentrer chez toi, ton fiancé t'attend… »

Elle me regarda sans rien dire un moment, avant de finalement venir m'embrasser avec émotion. D'une certaine façon, elle était encore ma petite sœur qui venait pleurnicher dans ma chambre quand les garçons de l'école l'embêtaient… Puis elle se releva, réajusta mon pull, et sortit de chez moi. J'observai un instant la montagne de roses qui s'étalait sur ma table de salon. Au travail !


APOV

Je refermai la porte derrière moi. J'avais confiance en Edward, je savais qu'il y arriverait, j'espérais juste que tout se passerait bien. Bella aimait mon frère, aucun doute là-dessus, restait à savoir si ces deux handicapés des sentiments réussiraient à formuler correctement leurs regrets… Je lui avais mis le pied à l'étrier, le reste ne dépendait plus de moi. Bella allait surement avoir quelques réserves à vouloir le laisser parler, mais je savais qu'au fond d'elle-même elle n'attendait que ça.

Je me garai au parking de l'hôpital plus rapidement que je ne l'aurais cru. Je devais laisser un peu de temps à Edward pour mettre en place tous les préparatifs, donc je décidai d'attendre un peu à l'intérieur de la voiture avant d'entrer. J'en profitais pour converser par texto avec Jasper qui visiblement n'était pas aussi occupé que ce qu'il laissait entendre. Mais cela avait certainement à voir avec le contenu parfaitement inapproprié de mes messages…

Finalement après une dizaine de minutes je me présentai à la réception de l'hôpital, et demandai si Bella était déjà sortie. Cette dernière me rejoignit presqu'aussitôt, légèrement inquiète. Il fallait dire que le message que j'avais laissé sur son répondeur pouvait paraître un peu alarmant, et compte tenu de son état, ce n'était pas forcément la réaction la plus maline que j'avais eu… Mais j'avais dû faire au mieux…

« Alice, est-ce que tout va bien ? Ton message… »

« Ca va Bella, je vais bien. Mais il fallait absolument que je te vois. Tu viens avec moi ? »

Un peu déboussolée, elle me suivit sans trop comprendre, et s'installa à mon côté dans la voiture. Un coup d'œil à mon portable m'indiqua qu'Edward était prêt, et je nous mis en route pour leur appartement. Je n'osai imaginer l'état d'esprit de mon frère à ce moment… Et le pire, c'est que j'allais devoir attendre à la maison que l'un des deux m'appelle pour me raconter comment ça s'était passé ! Après un trajet qui me parut une éternité de par son pesant silence, je m'arrêtai finalement en face de l'appartement des tourtereaux – je l'espérais – bientôt réconciliés. Bella me regarda sans comprendre, complètement perdue.

« Alice, je ne comprends pas, pourquoi m'as-tu emmenée ici ? Qu'est-ce qu'il se passe ? »

« Entre Bella, je crois qu'il y a quelqu'un qui souhaite te parler… »

Elle me fixa intensément, essayant de percer à jour mon 'secret', puis soupira bruyamment avant de sortir de la voiture. Je sortis à mon tour et la regardai entrer dans la bâtisse. Pourvu que tout se passe sans encombre… Ces deux là étaient tellement faits l'un pour l'autre… Je décidai d'attendre un peu dehors, juste au cas où.


BPOV

C'était à n'y rien comprendre. D'abord il y avait eu ce message plus qu'inquiétant qu'Alice m'avait laissé sur mon portable, disant qu'il fallait absolument qu'elle me voit, que c'était important. Ensuite elle était venue me chercher à la sortie de mon travail, pour me conduire ici, sans me donner de raison. Lorsqu'elle s'était arrêtée devant mon ancien appartement, mon cœur avait fait un bon dans ma poitrine. Quelqu'un voulait me parler avait-elle dit… Pas très difficile de deviner qui, et c'était justement ce qui était effrayant. Revoir Edward après tout ce qu'il s'était passé, ça me paraissait tellement surréaliste !

Je montai les escaliers menant à notre ancien chez-nous récemment délaissé. Tout était toujours pareil, les rampes d'escalier en ronce de noyer, les murs couverts de marbre rose, le concierge au rez-de-chaussée… J'arrivai finalement en haut, et je m'immobilisai. Il était derrière cette porte, Alice me l'avait dit. Il voulait me parler. Voulait-il que nous fassions la paix, et essayions de régler nos différents ? Et si en fait il voulait seulement rompre une bonne fois pour toute avec moi ? Pas que ça change grand-chose à la situation actuelle, mais ça me tuerait… J'aimais Edward, c'était l'homme dont j'étais amoureuse depuis vingt ans, et nous avions mis tellement de temps pour nous donner une chance… Pourquoi avait-il fallu que tout soit chamboulé si vite ? Pourquoi n'avions-nous pas eu plus de temps pour nous?

Je portai ma main à mon ventre encore plat qui abritait pourtant une petite vie, et m'excusai silencieusement. Non, je ne devais pas penser de cette façon. Ce bébé était un bonheur, un cadeau du ciel, et si Edward ne pouvait pas le comprendre, alors il n'aurait aucun droit sur cet enfant…

Je frappai, ignorant si j'étais vraiment censée le faire ou non. Personne ne répondit, bien que j'entende du bruit venant de l'intérieur. Je renouvelai l'opération, sans réponse. Alice était-elle sure en disant qu'il voulait me parler ? Ou bien était-ce encore une manigance pour nous forcer à nous voir ? Autant en avoir le cœur net… Je poussai alors la porte qui n'était pas verrouillée, et entrai. Je fus immédiatement surprise par l'odeur de parfum qui enveloppait l'entrée. Je fis un pas, et m'aperçus que j'avais marché sur quelque chose. Je baissai les yeux, et découvris des pétales de rose…

Des pétales de rose ? Qu'est-ce que ça faisait là ? A bien y regarder, il ne semblait pas y en avoir que dans l'entrée… Je suivis l'espèce de chemin qu'ils formaient, traversant les pièces de cet immense appartement une à une. Edward avait toujours eu la folie des grandeurs, quoi qu'il puisse en dire. Un trait de famille sans doute. Les pétales semblaient monter à l'étage, vers notre chambre. Malgré moi, mes mains se mirent à trembler à l'idée de le voir. Pouvais-je réellement le faire ? Lorsque je me retrouvai devant la porte, j'entendis du bruit de l'autre côté. Il était là, sans aucun doute. Il devait être au moins aussi nerveux que moi.

Une nouvelle fois, je pris une profonde inspiration, avant de pousser doucement la porte de la chambre. Les pétales s'y arrêtaient net, laissant place à mon Edward… Il était assis au bord du lit, les cheveux en bataille comme d'habitude, se tordant les mains. Il leva finalement les yeux sur moi, révélant un visage creusé par de nombreuses nuits sans sommeil.

« Bonjour Bella… »

« Edward… »


APOV

Cela faisait un quart d'heure qu'ils étaient là-haut, et aucun n'en était encore sorti. Pas de cris non plus, c'était bon signe. Quoi que ces murs avaient l'air épais, je n'aurais sans doute rien entendu depuis là. Enfin bref, ma mission s'arrêtait là, il était temps pour moi de rentrer à la maison. Je passerais à l'agence de voyage la plus proche pour réserver mon billet retour aussi, Jasper me manquait atrocement. Il me tardait de le revoir, et qu'il me serre dans ses bras. Là il me dirait combien il m'aimait et combien je lui avais manqué, et pendant quelques instants je ne penserais plus à rien d'autre qu'à nous… J'en avais tellement besoin…

Je remontai donc en voiture et me mis en route. En chemin, je me remis à penser aux préparatifs de mon mariage, espérant que mon frère et ma meilleure amie seraient des nôtres ensemble. Bella était ma demoiselle d'honneur, et Edward mon témoin. J'avais besoin d'eux deux, je ne pouvais pas faire autrement. En plus d'ici quelques mois je serais la tante d'un petit bébé probablement adorable, il fallait donc que cette opération de la dernière chance fonctionne, comme entre Jasper et moi.

A peine franchissais-je la porte de la maison qu'Esmée et mon père me tombèrent dessus, curieux de savoir quelle mouche avait piqué Edward. Il était vrai que pour eux, l'histoire s'était arrêtée à leur fils sortant en trombe de sa chambre, me demandant de l'aide. Cela pouvait paraître assez inquiétant quand on y réfléchissait bien. Je leur expliquai donc toute l'affaire, promettant de leur donner des nouvelles dès que j'en recevrais. Car j'avais bien espoir que Bella appellerait rapidement.

Mais à mon grand regret, il se passa une soirée entière sans nouvelles, avant qu'enfin mon portable ne se mette à sonner…


Alors, ça vous a plu? Je ne sais pas trop si je dois réellement écrire la confrontation Bella/Edward. Est-ce que ça vous intéresserait vraiment? Pensez-vous que je maîtrise suffisamment leur psychologie respective pour me lancer là-dedans? Ou est-ce qu'un simple résumé d'Alice vous conviendrait? Faites le moi savoir par review, que je puisse m'y mettre au plus vite! Et pas de panique pour celles qui m'ont demandé, j'ai encore l'intention de continuer cette fic, j'ai encore quelques idées en réserve! ^^

Je vous dis à très bientôt! ++